30 ans après, la trace de l’Exxon Valdez perdure sur la planète


Il y a 30 ans, l’Exxon Valdez, un pétrolier un banc de glace en Alaska. Avec des grands vents, le pétrole s’est répandu très vite et a fait des dommages irréparables à la faune. Malgré les 10 mille bénévoles qui ont travaillé pendant 4 ans et 2 milliards de dollars dépensés. La vie marine a continue à souffrir. C’est une bonne chose qu l’Exxon Valdez revient à la surface lors des discutions pour des projets d’oléoduc dans un territoire que la vie est fragile.
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30 ans après, la trace de l’Exxon Valdez perdure sur la planète

 

Un oiseau couvert de pétrole, après la catastrophe.

Des milliers d’oiseaux ont été mazoutés au cours de la catastrophe. Photo: La Presse canadienne / AP/Jack Smith

 

Alexis Gacon

Le 23 mars 1989, le pétrolier Exxon Valdez quitte le terminal de Valdez en Alaska. À son bord, 180 000 tonnes de pétrole brut. Alors que le commandant John Hazelwood a quitté la passerelle de navigation et laissé les commandes à son lieutenant, le pétrolier se fracasse sur le banc Bligh Reef. Plus de 35 000 tonnes de pétrole brut sont déversées. C’était il y a 30 ans, mais les plages de l’Alaska en subissent encore les effets.

Le jeune lieutenant inexpérimenté n’a jamais réussi à dévier la trajectoire du bateau à temps, et le commis à l’aide aux manœuvres du centre de trafic maritime, assoupi, n’a jamais répondu à ses appels.

Ici le Valdez, vous devriez nous voir sur votre radar… on vient d’échouer Appel du Capitaine John Hazelwood au centre de trafic maritime

Quelques jours après le début du déversement, des vents de 120 km/h ont fini de disperser la nappe de pétrole, pour en faire la plus importante catastrophe pétrolière d’alors, en Amérique du Nord.

Carte animé du déversement de pétrole à Valdez, en Alaska. On voit la marée s'étendre près de la côte.

Évolution de la marée noire d’Exxon Valdez, en mars 1989. Photo : Radio-Canada / Design Ouest

10 000 bénévoles se mobilisèrent pendant quatre étés pour le nettoyage, et la facture grimpa jusqu’à près de deux milliards de dollars.

Le hareng ne s’en est pas relevé

Opération de récupération du pétrole en mer dans le détroit du Prince William, une semaine après le déversement.

Opération de récupération du pétrole en mer dans le détroit du Prince William, une semaine après le déversement. Photo : AFP / CHRIS WILKINS

Mais le coût le plus élevé fut pour la nature. Pour la faune de l’Alaska, les chiffres pèsent lourd : 12,9 millions de harengs, 1,9 million de saumons, 250 000 oiseaux, 2 800 loutres et plus de 300 phoques périrent.

En 2003, des chercheurs écrivent dans la revue Science que les effets du déversement sont plus dévastateurs que prévu. Le pétrole a stagné plus longtemps en « quantité étonnamment importante […] dans des réservoirs souterrains sous des sédiments ».

Les saumons ont particulièrement écopé. Leur mortalité est demeurée accrue quatre ans après la catastrophe. Les chercheurs estiment qu’il a fallu 30 ans pour que les espèces des rivages, telles que les moules, se rétablissent complètement.

Quant aux harengs, Craig Tillery, sous-procureur général de l’Alaska, affirme que leur population n’est jamais revenue au niveau d’avant la catastrophe.

Et si les plages ont l’air propres, il suffit de creuser quelques mètres pour retrouver 50 tonnes de pétrole enfouies dans le sol, entre une couche de gravier poreuse et une autre plus profonde, imperméable.

Le déversement est peut-être un des pires, car le matériau des plages a permis la pénétration du pétrole. Michel Bouffadel, ingénieur environnemental au New Jersey Technology Institute

Le spectre de l’Exxon Valdez hante le projet de l’oléoduc Trans Mountain

L’entreprise a fini par payer pour la catastrophe. En 2008, après une longue bataille juridique, Exxon a dû verser 2,5 milliards à l’état de l’Alaska et aux résidents de la côte sud.

Ce traumatisme a aussi généré des changements dans l’industrie. Désormais, la double coque est obligatoire sur tous les pétroliers, et la navigation électronique est devenue la norme. Les effets sont positifs : le nombre de déversements dans le monde a radicalement diminué depuis 1989, passant de 45 à 6 en 2018.

Mais le fantôme de l’Exxon Valdez rôde encore. Selon Robert Hage, de l’Institut canadien des affaires mondiales, il est toujours évoqué au cours des discussions sur les projets d’oléoduc

« On voit les mêmes débats sur la question de Trans Mountain, on ne peut oublier l’Exxon Valdez », soutient-il.

Après la catastrophe, l’Exxon Valdez a repris la mer. Banni des eaux américaines, il a mis le cap sur l’Europe. Après une flopée d’avaries, il a fini sa course démantelé sur les côtes indiennes par 500 ouvriers, selon la revue Nature.

Avec les informations de Dominique Arnoldi

https://ici.radio-canada.ca/

21.000 oiseaux morts : une hécatombe historique sur le littoral Atlantique


Avec les changements climatiques, les tempêtes de plus en plus fréquentes, de plus en plus violentes ne font pas juste des victimes humaines, des oiseaux y perdent leurs plumes et leur vie. Ceux qui réussirent à passer au travers, épuisés se retrouvent en terre inconnue loin de toute nourriture. Heureusement, que plusieurs survivants a plumes tombent dans les mains des bénévoles pour reprendre des forces
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21.000 oiseaux morts : une hécatombe historique sur le littoral Atlantique

Épuisés et dénutris après les tempêtes de début d’année, des dizaines de milliers d’oiseaux marins sont venus s’échouer sur les plages de l’Atlantique. Un appel aux bénévoles a été lancé pour recenser les cadavres et sauver les bêtes toujours en vie.

C’est une bilan historique. 21.000 cadavres d’oiseaux ont été recensés sur le littoral Atlantique depuis fin janvier. Un chiffre qui devrait s’alourdir puisque des milliers d’autres dépouilles ont été observées flottant au large. Ce phénomène rarissime est en lien direct avec les tempêtes qui se sont succédées sur la côte Atlantique depuis le mois de décembre.

«Jusqu’en 1900, on n’a aucune trace» d’un échouage aussi massif, explique Nicolas Gendre, ornithologue à la ligue de protection des oiseaux (LPO). «Après les tempêtes, on trouve toujours quelques cadavres d’oiseaux» mais jamais autant qu’aujourd’hui, précise-t-il. Aujourd’hui, des interrogations subsistent encore pour expliquer un phénomène d’une telle ampleur.

Parmi les espèces les plus touchées: le Macareux moine avec plus de 12.000 individus morts, le Guillemot de troïl et, dans une moindre mesure, le Pingouin torda. 2800 oiseaux marins ont quant à eux été secourus et placés dans des centres pour être soignés.

Selon Nicolas Gendre, les oiseaux marins ont «essentiellement souffert d’un manque de nourriture».

Les tempêtes auraient déplacé les oiseaux vers des zones moins riches en nourriture. L’ornithologue explique que la forte houle a demandé beaucoup d’énergie aux oiseaux qui doivent se maintenir à la surface pour survivre. Sans nourriture, ils se sont épuisés rapidement. L’association Hegalaldia expliquait récemment au Figaro que beaucoup oiseaux mouraient d’hypothermie après s’être échoués.

«L’eau de mer se glisse entre leurs plumes et ils ne parviennent plus à maintenir leur température corporelle assez haute».

Des traces de mazout ont également été observées sur certains individus échoués. Par temps de tempête, de nombreux bateaux sortent en mer pour dégazer. La LPO a lancé mercredi un appel d’urgence aux bénévoles afin de recenser les bêtes échouées. La ligue demande aux bénévoles de marquer d’une ficelle à la patte les cadavres d’oiseaux, le tout munis d’une paire de gants jetables. Les opérations devraient se dérouler les deux premiers week-end de mars.

 

http://www.lefigaro.fr/

Déversement de mazout à Pointe-Noire: le bilan revu à la hausse


Depuis une semaine Sept-Îles vit dans le cauchemar environnemental. Des litres de mazout déversé dans les eaux qui affecte la faune et la flore ainsi que toute l’économie reliée a cet endroit et encore sous la direction d’une compagnie américaine
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Déversement de mazout à Pointe-Noire: le bilan revu à la hausse

 

Vue aérienne du déversement de mazout des installations... (Photo fournie par Dominique Séguin)

Vue aérienne du déversement de mazout des installations de Cliff Natural Resources

PHOTO FOURNIE PAR DOMINIQUE SÉGUIN

FANNY LÉVESQUE

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Sept-Îles) Les autorités ont revu à la hausse vendredi la quantité de mazout lourd déversé il y a une semaine dans la baie de Sept-Îles, à la suite d’un incident survenu aux installations de Cliffs Natural Resources, à Pointe-Noire. Le ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP) ne parle plus de 2000, mais bien de 5000 litres d’hydrocarbures qui auraient fui des bassins de rétention de la minière.

Vendredi, l’organisme d’intervention d’urgence environnementale SIMEC a enfin été en mesure de confiner la nappe de mazout, qui s’était répandue au large après que de forts eurent raison des premières estacades.

«Ce qu’il reste sur la baie, c’est iridescent, c’est une fine pellicule d’hydrocarbures», a expliqué le porte-parole du Ministère, Frédéric Fournier.

«Durant les prochains jours, le travail sera de récupérer les contaminants.»

Les effectifs seront d’ailleurs accrus en fin de semaine pour suffire à la tâche. Vendredi, plus d’une centaine d’hommes étaient à pied d’oeuvre, dont plusieurs employés de Cliffs, qui ont prêté main-forte aux équipes environnementales. Des sous-traitants affichaient aussi des offres d’emploi pour recruter rapidement de la main-d’oeuvre.

Réaction de Cliffs

Le géant américain, qui exploite des mines de fer à Fermont et à Wabush, a réagi officiellement pour une première fois vendredi, par voie de communiqué. Critiquée par plusieurs citoyens pour son manque de transparence, la minière se défend d’avoir concentré ses efforts sur la mise en place de son plan de mesures d’urgence plutôt que sur la communication, bien que des représentants étaient disponibles pour les médias.

«La priorité des premières minutes, des premiers jours a vraiment été d’organiser la séquence des travaux», a fait savoir la porte-parole de l’entreprise, Arlène Beaudin. «Maintenant que la phase nettoyage est amorcée, nous avons pu libérer plus de temps.» Cliffs s’engage désormais à fournir un bilan des opérations tous les deux jours.

Malgré sa sortie, la minière ne commentera pas les circonstances entourant l’incident qui a causé le déversement de 450 000 litres de mazout à ses installations, en raison de l’enquête interne qui se poursuit.

Le MDDEFP enquête aussi en parallèle pour déterminer la responsabilité de l’entreprise. Le ministre Yves-François Blanchet doit venir à Sept-Îles dimanche pour constater l’ampleur des dégâts.

Par mesure préventive, Pêches et Océans Canada a fermé la pêche récréative et sportive de la rivière Sainte-Marguerite à la rivière Moisie, incluant l’archipel des Îles. Pour l’heure, bien peu de détails sont connus à propos des éventuelles répercussions du déversement sur la faune et la flore dans le secteur.

http://www.lapresse.ca