Le Saviez-Vous ► Les triptans: le médicament qui a permis de comprendre la migraine


Les migraines ont longtemps eu pour traitement la saignée. Un traitement qui n’est pas sans risques quand on y a recours trop souvent. C’est par la suite qu’on a mieux compris les maux de tête et des traitements plus adéquats
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Les triptans: le médicament qui a permis de comprendre la migraine

 


Jacques Beaulieu

Chroniqueur et communicateur scientifique

 

Nous avons souvent vu la découverte de nouveaux médicaments faisant suite à l’augmentation des connaissances sur une maladie donnée. Ainsi les études sur la biologie des animaux avaient permis de mettre en lumière le rôle du pancréas et subséquemment celui de l’insuline dans le contrôle du diabète. La plupart du temps, c’est dans cet ordre que la pharmacopée s’élargit. Mais les triptans font exception. Pour bien les comprendre, commençons par la maladie.

La migraine

Il semble bien que la migraine ait existé de tous temps. Dans le Papyrus de Thèbes datant du VIIIème siècle avant Jésus-Christ on y lit:

«Le mal de tête comme la terrible tornade, personne n’en sait le cours, personne n’en sait la durée, ni les limites.»

 Pour les Grecs anciens, l’origine remonterait jusqu’au dieu Zeus (le plus grand de tous les dieux) qui fut saisi d’un si violent mal de tête qu’il demanda à Héphaïstos (dieu de la forge) de lui ouvrir le crâne avec une hache. De sa tête fendue, sortit Athéna (déesse de la guerre). Voilà un remède qu’on ne recommanderait absolument pas au commun des mortels. Hippocrate, le père de la médecine occidentale, souffrait lui-même de migraine. Il décrivait ainsi son mal:

«Dans certains cas, la tête entière est douloureuse. D’autres fois, la douleur siège à droite ou à gauche, parfois elle naît dans le front.»

 Et son remède pour la traiter: les saignées.

Parlant de remèdes, il y en eut de plus farfelus tel que le témoigne cet extrait tiré d’un livre que j’ai eu le bonheur de cosigner avec le neurologue Michel Aubé (Dr Michel Aubé, Jacques Beaulieu, La migraine Un cerveau en détresse, Éditions Publistar, Montréal 2004).

« Par exemple, cette recommandation de traitement a été trouvée sur un papyrus égyptien: «Le médecin façonnera de glaise un crocodile portant des yeux de faïence et tenant des brins de paille dans la bouche; il l’attachera sur la tête du malade avec un tissu délicat sur lequel il aura inscrit le nom des dieux… Et le médecin priera.»

Les traitements au Moyen-Âge

Le traitement le plus efficace fut longtemps celui de la saignée. Ainsi, Isabelle de Valois, fille d’Henri II, roi de France et épouse de Philippe II, roi d’Espagne, mourut des suites des trop nombreuses saignées auxquelles elle se soumettait pour échapper à ses migraines. En réalité cette idée de la saignée tenait de l’observation que la migraine devait être reliée à une augmentation de la pression artérielle au cerveau. En ouvrant le circuit sanguin, la pression diminuait et le mal s’estompait.

Un premier grand acteur, un Newyorkais

L’ère moderne allait fort heureusement changer les choses. Du début jusqu’au milieu du vingtième siècle, les travaux du Dr Harold Wolff au Cornell Medical Center du New York Hospital, allaient accorder quelques fondements scientifiques à cette thèse. Le Dr Wolff était diplômé de médecine en 1923 de la célèbre université Harvard. Il avait étudié la neurologie auprès des grands maîtres au John Hopkins et avait même passé un an en Russie avec Yvan Pavlov, un père de la psychologie moderne. Concentrant ses recherches sur la circulation sanguine cérébrale, Wolff avait remarqué une dilatation des vaisseaux sanguins au niveau de la tempe chez ses patients lors d’une crise migraineuse. Il avait aussi noté que l’administration d’ergotamine, un vasoconstricteur découvert en 1918 à partir d’un champignon, l’ergot de seigle, apportait aussi une diminution importante et souvent une disparition de la douleur migraineuse. Il voyait donc la migraine comme un orage vasomoteur qui commençait par un resserrement des artères (ce qui provoquait entre autre les auras) à laquelle succédait une vasodilatation. Concurremment à ces étapes, se créait une inflammation des parois artérielles déclenchant un signal de douleur.

Puis un autre son de cloche, cette fois du côté de l’Italie

Le Dr Frederigo Sicureti, neurologue et directeur du Centre des céphalées à l’université de Florence, observa pour la première fois une augmentation de divers dérivés de la sérotonine dans les urines des patients souffrant de migraine. Au milieu des années 1960, d’autres savants tels James.W. Lance d’Australie et Robert W. Kimball apportèrent de la crédibilité à cette thèse. Le cerveau des migraineux se comporte comme s’il était à un moment donné incapable de retenir sa sérotonine. Ce neurotransmetteur est apparu des plus précocement dans l’évolution des êtres vivants. Il contribue avant tout à la préservation de l’énergie de l’organisme. Une absence ou une diminution de la sérotonine conduira donc à une hyperexcitabilité des fonctions cérébrales. Et c’est un phénomène qui concorde parfaitement à l’augmentation des perceptions visuelles, auditives et olfactives rencontrée chez les personnes au début de leur crise migraineuse. Celle-ci ne serait donc plus un phénomène tant relié à la circulation sanguine cérébrale qu’un problème relevant d’un neurotransmetteur: la sérotonine.

Le triptan, le médicament qui trancha la question

C’est à partir de cette hypothèse qu’un chercheur britannique, Patrick Humphrey, orienta sa carrière. Diplômé de l’École de pharmacie de l’université de Londres en 1968, il obtient son Ph.D en pharmacie du célèbre St Mary’s Hospital Medical School toujours à Londres. Puis il joint les rangs de la pharmaceutique Allen et Hanburys à Ware en Grande-Bretagne (acheté depuis par GlaxoSmithKline) pour initier un projet sur les migraines. Depuis le tout début de ses études universitaires, son intérêt envers les neurorécepteurs était notable. Ce sont ses travaux qui, en 1990, aboutiront en la synthèse du premier médicament antimigraineux de la classe des triptans: le sumatriptan.

Dans un article publié en 2008, dans The Journal of Head and Face Pain, Patrick Humphrey décrit ainsi sa découverte:

«Les triptans sont une classe de médicaments désignés et développés spécifiquement pour le traitement des migraines aiguës. Ce sont des molécules synthétiques qui activent sélectivement deux sous types de récepteurs semblables ((5-HT1B and 5-HT1D) pour la 5-hydroxytryptamine aussi appelé : sérotonine.

Le prototype des triptans, le sumatriptan fit sa première apparition en Europe en 1991 et a révolutionné les traitements de cette maladie bien handicapante qui affecte des millions de personnes à travers le monde. En tant que première médication hautement efficace et bien tolérée pour traiter la migraine, elle représenta une véritable percée médicale. Plusieurs médecins décrivent encore tant en privé que dans les forums publics les témoignages élogieux de leurs patients qui n’hésitent pas à qualifier leurs premières expériences de miraculeuses et qui expliquent avec quelle rapidité les douleurs sont disparus lors d’une crise de migraine suite à l’injection souscutanée du sumatryptan. Ces cliniciens ont obtenu de nombreux témoignages de patients (souvent des femmes) qui souffrant d’une crise migraineuse au moment d’une rencontre importante ou d’un événement spécial et qui ont quand même pu y participer grâce au sumatryptan ce qu’ils n’auraient certainement pas pu faire en absence de ce médicament. » (Patrick P.A. Humphrey PhD, DSc, OBE, The Discovery and Development of the Triptans, a Major Therapeutic Breakthrough, The Journal of Head and Face Pain, Vol. 48, issue 5, page: 685-687, May 2008)

Dr Humphrey a essayé le sumatryptan avec son épouse qui souffrait de graves maux de tête à l’arrivée de chacune de ses périodes menstruelles. Le fait que le médicament soulagea la douleur fit réaliser au couple qu’il s’agissait de migraines menstruelles. Patrick Humphrey avoua avoir reçu bien souvent des baisers (amicaux, précise-t-il) de femmes qui avaient vu s’évanouir leurs migraines suite à sa découverte. Plus sérieusement, il reçut de nombreux honneurs, dont un titre honorifique de professeur à l’Université Harvard ainsi qu’une médaille de la Royal Society’s Mullard. En 1999, il reçut la récompense OBE (Order of the British Empire) pour services rendus à la recherche sur la migraine.

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Pourquoi certains aliments vous donnent mal à la tête


Certains aliments peuvent donner des migraines, des maux de tête. Le point commun, les nitrates. Certaines personnes n’arrivent pas à transformer ces nitrates. On soupçonne que les des bactéries présentes dans la bouche en seraient responsables
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Pourquoi certains aliments vous donnent mal à la tête

 

Pourquoi certains aliments vous donnent mal à la tête

Le chocolat et le vin blanc ont la réputation d’être la source de maux de tête.Capture d’écran Gentside

Fromage, chocolat, vin blanc, pain, tous ces aliments ont beau être appétissants, ils ont la fâcheuse réputation de favoriser les maux de tête chez les personnes qui y sont sensibles. Mais pourquoi? De précédentes recherches ont mis en évidence que tous avaient un point commun: ils contiennent une quantité non négligeable de nitrates.

Or, une fois dans l’organisme, ces nitrates sont transformés en oxyde nitrique et ce composé joue un rôle clé dans la survenue de la migraine et des maux de tête. Néanmoins, certaines personnes semblent bien plus sensibles que d’autres à ce phénomène. Selon une nouvelle étude parue dans la revue mSystems, ceci pourrait être dû aux bactéries présentes dans leur bouche.

«Il y a cette idée que certains aliments déclenchent des migraines, comme le chocolat, le vin et en particulier les aliments contenant des nitrates. Nous avons donc pensé qu’il y avait peut-être une connexion entre le microbiote des personnes et ce qu’elles mangent», explique dans un communiqué, Antonio Gonzalez, principal auteur de l’étude. 

PLUS DE 2000 ÉCHANTILLONS ANALYSÉS

Pour en savoir plus, ce scientifique et ses collègues de l’University Of California de San Diego ont utilisé des données provenant de l’American Gut Project, l’une des plus vastes bases de données scientifiques créées aux États-Unis. Ils ont ainsi pu analyser 172 échantillons oraux et près de 2000 échantillons fécaux issus de personnes saines ayant participé au projet.

Chacun de ces participants avait été interrogé quant à sa tendance ou non à souffrir de migraines et de maux de tête. En analysant les bactéries présentes dans les échantillons, les scientifiques n’ont, dans un premier temps, pas constaté de réelles différences entre les migraineux et les non-migraineux quelle que soit la nature des échantillons.

En revanche, quand ils se sont penchés sur la capacité des bactéries à transformer le nitrate, de nettes différences sont apparues. Les migraineux ont semblé présenter bien plus de bactéries réductrices de nitrates dans leur bouche que les non-migraineux. Une augmentation, bien que moins importante, est également apparue dans les échantillons fécaux.

DES BACTÉRIES QUI FAVORISENT LA MIGRAINE?

«Les bactéries présentes dans la cavité orale pourraient contribuer à créer des niveaux d’oxyde nitrique déclencheurs de migraine», écrivent ainsi les scientifiques dans leur étude.

Néanmoins, ces derniers n’ont mis en évidence qu’une simple association entre certaines bactéries et les migraines. Difficile donc pour le moment de prouver que les bactéries sont directement responsables des maux de tête.

Les scientifiques espèrent que leurs résultats incitent à réaliser des recherches supplémentaires sur la façon dont les bactéries orales pourraient être connectées aux migraines.

En attendant, «si vous suspectez que les nitrates vous causent des migraines, vous devriez essayer de les éviter dans votre alimentation», a conseillé Antonio Gonzalez.

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Maladie de Horton : ce qu’il faut savoir


Une maladie qui n’est pas fréquente et qui touche sur les femmes de plus de 50 ans. Donc les hommes aussi peuvent en souffrir
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Maladie de Horton : ce qu’il faut savoir

La maladie de Horton se manifeste par des maux de tête insupportables, accompagnés de douleurs dans la mâchoire qui irradient toute la face. Sans traitement rapide, elle peut entraîner de graves complications. Heureusement, sa prévalence est rare : Elle est estimée à 1 pour 1 000, chez les personnes âgées de plus de 50 ans.

Maladie de Horton : les femmes plus touchées que les hommes

La maladie de Horton est diagnostiquée, dans six cas sur dix, chez une femme, notamment en raison du nombre plus élevé de femmes dans la population âgée de 80 ans et plus, âge à partir duquel le plus de cas de maladies de Horton sont décelés.

Des migraines ou maux de tête à répétition, ainsi que des douleurs dans la mâchoire, mais aussi, des troubles de la vision, voire une cécité partielle, ou un dédoublement de la vison, peuvent être les signes de la maladie de Horton, du fait de l’inflammation des artères temporales, caractéristique de la maladie. Le malade, fatigué, est également souvent fiévreux lors des crises.

Maux de tête à répétition : il faut consulter

Une fois diagnostiquée, la maladie est traitée à l’aide de corticoïdes et d’anti-inflammatoires stéroïdiens. Un traitement rapide permet de réduire rapidement les symptômes et de retrouver une vie normale, mais les corticoïdes, comme toujours, ne sont pas sans effets secondaires. Les doses administrées sont donc progressivement réduites, mais il arrive qu’il faille relancer le traitement si les symptômes de la maladie réapparaissent. 

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Le Saviez-Vous ► Il était une fois la maladie: pour l’amour d’un père, l’ASPIRIN


L’aspirine a une petite histoire, qui commença par la volonté de soulager les douleurs et la fièvre. L’aspirine fut le premier médicament vendu en comprimés solubles
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Il était une fois la maladie: pour l’amour d’un père, l’ASPIRIN

 

 

Hippocrate, cinq siècles avant Jésus-Christ, prescrivait l’écorce et les feuilles de saule blanc pour combattre douleur et fièvre. Chez les Romains, Pline le Jeune (61 – 114 après J.-C.) ainsi que le célèbre Claude Galien né en Grèce, mais qui aménagea à Rome en 162 (approximativement 129 – 201 après J.-C.) en préconisaient l’usage pour les mêmes motifs.

L’ASPIRIN au XVIIIe siècle

Plus près de nous, en 1763, un révérend de l’Église anglicane britannique, le Père Edward Stone, présenta une publication à la Société des Sciences vantant les mérites de l’écorce de saule pour traiter la fièvre. Il avait entendu parler de la découverte de la quinine et lorsqu’il constata le goût amer de l’écorce de saule, il en déduit qu’elle aussi devait avoir des applications thérapeutiques. Il avait administré une décoction de cette écorce à 50 patients souffrant de fièvres et ceux-ci en avaient été soulagés.

Puis, en 1825, deux Italiens les pharmaciens F. Fontana et B. Rigatelli réussissent à isoler une forme plutôt impure de la salicyline. Le principe actif du saule fut isolé dans sa forme pure pour la première fois en 1829, par le pharmacien français, Pierre-Joseph Leroux. À partir de 1,5 kilogramme d’écorce, il avait isolé 30 grammes d’acide salicylique. Mais la substance provoquait de fortes brûlures d’estomac. Son utilisation fut donc vite oubliée. En 1853, l’un des pères de la chimie moderne, le français Charles Gerhardt fut le premier à faire réagir de l’acide acétique avec le salicylate de soude. Il fut donc le premier à obtenir de l’acide acétylsalicylique (AAS). Mais Gerhardt qui effectuait aussi des recherches sur une autre substance, la quinine, ne vit pas le potentiel de l’AAS.

Le chimiste allemand Karl Johann Kraut trouva aussi quelques années plus tard un moyen de produire de l’AAS, mais personne n’est convaincu du potentiel clinique de cette substance amère et irritante.

La véritable naissance de l’ASPIRIN

Félix Hoffman

En 1897, un jeune chimiste allemand, Felix Hoffman voulait soulager les souffrances de son père atteint d’un rhumatisme chronique sévère. Le 10 octobre 1897, il réussit à obtenir de l’AAS assez pur à partir d’une autre plante: la spirée ulmaire. Il vint certes en aide à son père, mais ses notes vont être tablettées pendant plus d’un an chez son employeur: la société Bayer. Il faut comprendre que Bayer était à l’époque une compagnie qui s’intéressait surtout à développer et produire des colorants. Elle commençait tout juste alors à s’intéresser aux produits pharmaceutiques.

Spirée Ulmaire

Un an plus tard, un autre chimiste de la même compagnie, Arthur Eichengrunt, entreprend des études cliniques préliminaires sur l’AAS élaborée par Hoffman. S’utilisant lui-même comme cobaye initial, il étend ses recherches avec quelques amis puis quelques médecins et même un dentiste. Ce dernier d’ailleurs constate l’efficacité du produit avec un patient soulagé d’une terrible rage de dents. Fort de ces arguments, il convainc Bayer de procéder à des essais cliniques à plus grande échelle. Les résultats sont des plus positifs, tant et si bien que le 6 mars 1899 Bayer obtient le brevet pour un nouveau médicament: l’ASPIRIN.

Le nom vient de A pour acétyl, SPIR pour l’acide spirique (Hoffman avait extrait l’AAS à partir d’une plante: la reine-des-prés ou en latin Spiraea ulmaria), et in parce que plusieurs suffixes d’appellation de médicaments se terminaient en in ou ine, exemple: quinine, morphine, etc.

Dès sa lancée, l’ASPIRIN alors sous la forme d’une poudre blanchâtre aux médecins s’affiche comme numéro 1 de la vente de médicament au monde. L’entrée au vingtième siècle verra la poudre se transformer en comprimés solubles. C’est le premier médicament qui est vendu sous cette forme.

Quelques grandes dates dans l’évolution de l’ASPIRIN

1915: ASPIRIN est fabriqué sous forme de comprimés et devient disponible en vente libre.

1920: ASPIRIN est utilisé pour traiter la douleur associée aux rhumatismes, au lumbago et à la névralgie.

1952: Lancement de l’ASPIRIN croquable pour enfant.

1969: Le comprimé ASPIRIN atteint la lune. En effet, il fait partie de la trousse pharmaceutique apportée lors du voyage des astronautes qui souffrent souvent de maux de tête et de douleurs musculaires provoqués par les longues périodes d’immobilité durant le voyage.

1974: On commence à découvrir le mode d’action de l’ASPIRIN sur les prostaglandines qui agissent sur l’inflammation et la douleur. Le prix Nobel fut attribué au chercheur britannique J. Wayne pour avoir découvert que l’AAS inhibait une enzyme nommée cyclo-oxygénase (COX) responsable de la production de la prostaglandine.

1981: Santé Canada reconnaît l’ASPIRIN en usage quotidien comme mesure préventive de l’infarctus du myocarde chez les hommes ayant déjà subi une première attaque. Il est aussi recommandé chez les hommes qui ont subi un premier ICT (ischémie cérébrale transitoire) pour réduire le risque d’AVC.

1987: Santé Canada inclut les femmes dans la prise d’ASPIRIN pour prévenir un AVC suite à une ITC. La recommandation s’étend aussi à tous les patients souffrants d’angine instable pour réduire les risques de décès prématurés.

1998: Arrivée au Canada de l’ASPIRIN. Enrobé à faible dose (81mg) en prévention cardiaque quotidienne sous surveillance médicale.

2001: L’utilisation de l’ASPIRIN est officiellement reconnue pour le traitement immédiat d’un infarctus du myocarde aigu présumé. L’administration de l’ASPIRIN dans les quatre premières heures suivant une crise cardiaque peut réduire jusqu’à 25% les risques de décès.

6 mars 2009: l’ASPIRIN souffle ses 110 bougies.

D’autres applications assez surprenantes sont en cours d’études. Ainsi l’ASPIRIN aurait des effets bénéfiques dans le traitement des cancers du côlon. L’American Cancer Society fait état d’une diminution de 40% de ces cancers par l’AAS. Dans une autre étude publiée en décembre dernier, la prise quotidienne d’AAS sur une longue période réduirait de 21% le risque d’apparition de toutes les tumeurs solides.

Les côtés sombres de l’ASPIRIN

L’association entre le syndrome de Reye et la prise d’ASPIRIN chez les enfants au début des années 1980 fit en sorte que l’on ne recommande plus depuis ce temps la prise d’ASPIRIN chez les enfants particulièrement dans le traitement de la fièvre lors d’infections virales. L’autre effet secondaire, et celui-là est connu depuis les tous débuts du médicament, a trait aux douleurs gastriques et aux ulcères d’estomac dont souffrent souvent ceux qui doivent prendre de l’ASPIRIN sur de longues périodes. Les COX1 ont pour effet de participer à la production du mucus qui protège la paroi de l’estomac. L’AAS qui inhibe cette classe de COX, réduit donc cette protection naturelle de la paroi stomacale.

Au milieu des années 1950, la FDA approuve l’utilisation de l’acétaminophen, un antidouleur et un antipyrétique qui offre une meilleure protection de l’estomac. Malheureusement, l’acétaminophen ne présente pas les propriétés anti-inflammatoires de l’AAS. En 1961, les docteurs John Nicholson et Colin Burrows des Laboratoires Boots, en Angleterre, identifièrent une nouvelle classe de médicaments aux propriétés anti-inflammatoires et analgésiques prometteuses. Il s’agit de l’ibuprophène qui présente aussi des propriétés anti-inflammatoires tout en étant un peu moins protecteur pour la paroi de l’estomac.

Au début des années 1990, des chercheurs ont découvert qu’il existait une deuxième classe de COX, baptisée COX2 qui, tout en agissant comme anti-inflammatoire, n’avait aucun effet sur la formation du mucus dans l’estomac. Des médicaments furent donc mis au point comme anti-COX2, comme le Vioxx et le Célébrex. Malheureusement le premier dut être retiré du marché dès le début des années 2000 à cause d’effets négatifs sur la fonction cardiaque.

D’autres avenues sont à l’étude. Ainsi l’étanercept et l’infliximab ont fait leur apparition vers la fin des années 1990. Ces antagonistes du facteur de nécrose tumorale (TNF) sont utilisés dans le traitement des polyarthrites rhumatoïdes. Mais le fait qu’ils soient injectables et surtout leurs coûts, qui se situent entre dix mille et vingt-quatre mille dollars par année, réduisent leur utilisation de beaucoup.

La bonne vieille ASPIRIN est donc loin d’être battue sur le terrain du traitement de la douleur, de la fièvre et de l’inflammation. Elle a même connu des percées dans la prévention des maladies cardiovasculaires et des maladies cardiaques et de nos jours présente des avenues intéressantes dans le traitement et la prévention de certains cancers. L’AAS: une molécule aux multiples surprises.

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La météo influence-t-elle notre santé ?


La météo influence notre état de santé. Chaque saison, le froid, la chaleur, l’humidité, vent ont des répercussions sur notre corps que ce soit des maladies cardiaques, les rhumatismes, l’asthme, les allergies, des dépressions et encore bien d’autres maux
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La météo influence-t-elle notre santé ?

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© iStock

– par Isabelle Gonse

Les rhumatismes qui se réveillent lorsque le temps change, les virus qui se propagent avec le froid, le vent qui provoque des migraines… On invoque souvent la météo pour expliquer nos problèmes de santé… Mais qu’en est-il vraiment ?

À en croire la sagesse populaire, le lien entre les conditions climatiques et nos petits et grands bobos n’est plus à prouver. La fréquentation des cabinets médicaux et des services d’urgence augmente d’ailleurs par temps froid, humide ou trop chaud. Si le lien entre la météo et certaines maladies comme l’infarctus est prouvé, pour d’autres il est plus aléatoire et ne s’explique que de façon indirecte : par mauvais temps on sort moins, on fait moins d’exercice, on mange plus gras… La qualité de vie perçue et le moral s’en ressentent. Voici ce que l’on sait à ce jour sur l’influence des différents types de temps

Le froid sec augmente les problèmes cardiaques et respiratoires

Plus la température diminue en-dessous de 0°C, plus les hospitalisations et les décès par infarctus augmentent. C’est ce que montre une récente étude canadienne (1). Le froid entraine une contraction des vaisseaux, il augmente lapression artérielle et la viscosité du sang, tandis que le rythme cardiaque s’accélère, d’où plus de risque de caillots et de thrombose, donc d’infarctus. Ce mécanisme favorise aussi les crises d’angine de poitrine et les accidents vasculaires cérébraux. L’inhalation d’air froid peut déclencher une crise d’asthme, surtout en cas d’effort, en entrainant une constriction des bronches et un spasme respiratoire. En hiver, les muqueuses du nez et de la gorge se défendent moins bien contre les agressions. Et comme on a tendance à rester confiné à l’intérieur et à moins aérer, les germes prolifèrent et les infections se propagent. Le froid peut aussi provoquer des crevasses (il dessèche la peau), des engelures ou un syndrome de Raynaud (il contracte les vaisseaux).

Le froid humide aggrave les douleurs rhumatismales

S’il y a bien un domaine où la météo a la réputation de jouer un rôle important, voire de servir de baromètre, c’est dans les rhumatismes. Une majorité de personnes souffrant de douleurs articulaires se plaignent de l’influence du temps sur la douleur et la raideur. Elles sont augmentées par le froid, l’humidité, la baisse de pression à l’approche du mauvais temps, ou plus rarement par la chaleur… La sensibilité à la pression atmosphérique (ressentie aussi parfois lors d’un vol en avion) s’explique : l’air appuie avec une certaine force sur les tissus, réduisant leur congestion quand ils sont inflammatoires. L’humidité, la pluie et le brouillard augmentent aussi les infections respiratoires : ils font retomber sur la terre les bactéries, virus et polluants transportés par le vent.

Le vent favorise la migraine, les AVC et l’asthme

Selon la médecine chinoise, le vent chamboule l’équilibre énergétique. Vent d’autan, mistral, tramontane, foehn… On dit de certains vents qu’ils « rendent fou ». Ce qui est sûr, c’est que le vent augmente l’irritabilité et favorise maux de tête,migraines et insomnies. La fréquence des accidents vasculaires cérébraux (AVC) augmente en hiver par temps anticyclonique (température basse, faible humidité), surtout lorsque la vitesse du vent est importante. Plus il souffle fort, plus la température ressentie est basse, d’où une exacerbation des problèmes de santé liés au froid.

En saison pollinique, du printemps à l’automne, un temps sec et venteux transporte les allergènes et augmente le risque d’allergies respiratoires (rhinite, asthme allergique) et de conjonctivite.

La chaleur entraîne déshydratation et accidents cardiaques

La chaleur peut être dangereuse si elle se transforme en canicule (par exemple à Paris, plus de 31°C le jour et 21°C la nuit trois jours d’affilée). Les jeunes enfants, les personnes âgées ou souffrant d’une maladie chronique sont particulièrement exposés au risque de déshydratation : fatigue, risque de confusion, coup de chaleur, mais aussi crampes, coliques néphrétiques… Et augmentation des crises chez les personnes souffrant de schizophrénie ou de dépression.

Une augmentation de la chaleur, même modérée (de 20°C à 25°C sur 2 jours) est associée à plus de décès par défaillance cardiaque, accident vasculaire cérébral et arythmie (2). Ceci s’expliquerait notamment par une hausse de la charge de travail du cœur, une déshydratation et un appauvrissement en sel.

La pollution joue aussi un rôle

Elle amplifie encore les conséquences de la météo sur la santé, de façon différente selon la saison :

– Pollution à l’ozone : l’été, par temps chaud et ensoleillé : elle aggrave surtout les problèmes respiratoires.

– Pollution aux particules fines : l’hiver, par temps nuageux sans vent : elle augmente surtout le risque cardiovasculaire.

(1) Étude canadienne présentée au congrès de l’ESC en septembre 2015 (Liu S.)

(2) Étude allemande portant sur 188 000 personnes, publiée dans la revue Heart en 2014 (Breitner S.)

Pour aller plus loin

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Les aliments à consommer et à éviter pour soulager un mal de tête


Soulager des maux de tête sans médicaments, c’est peut-être possible. L’alimentation peut en être la cause, mais aussi la solution
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Les aliments à consommer et à éviter pour soulager un mal de tête

 

Votre alimentation joue un rôle majeur quant à la force de votre système immunitaire.

Certains aliments peuvent aider à soulager une migraine, tandis que d’autres peuvent l’empirer. Vous voudrez notamment éviter la caféine, les agrumes, les noix et les sucres raffinés. Il est également déconseillé de consommer des aliments qui contiennent du tannin (le vin rouge, les raisins rouges, le chocolat et certains thés), de la tyramine (les fromages vieillis, la viande fumée ou salée, et la sauce soya), des sulfites et des nitrites (les aliments transformés).

Une carence en vitamines et en minéraux peut entraîner des maux de tête. L’apport quotidien recommandé varie selon l’âge et le sexe, mais les adultes ont généralement besoin de consommer de 310 à 420 mg de magnésium et de 1.1 à 1.3 mg de vitamine B2 par jour.

Si vos maux de tête sont plus sérieux, vous devrez peut-être vous tourner vers une médication, mais porter attention aux aliments consommés peut parfois faire toute la différence.

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Le paradoxe du somnambule : il souffre de migraine mais ne ressent pas la douleur


Les somnambules sont sujets aux maux de tête, mais les blessures parfois graves pendant leurs promenades la nuit sont sans douleurs durant leur sommeil
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Le paradoxe du somnambule : il souffre de migraine mais ne ressent pas la douleur

 

La sculpture "Sleepwalker" qui se dresse sur le campus du Wellesley College dans le Massachusetts aux Etats-Unis. ©DARREN MCCOLLESTER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

La sculpture « Sleepwalker » qui se dresse sur le campus du Wellesley College dans le Massachusetts aux Etats-Unis. ©DARREN MCCOLLESTER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Par Hugo Jalinière

Si les personnes somnambules souffrent plus fréquemment de migraines, il se trouve que durant leur promenade nocturne, la perception de la douleur disparaît chez nombre d’entre eux. Quelle que soit l’origine ou la gravité de la blessure.

SOMMEIL. Si vous voyez un somnambule se cogner l’orteil contre la table basse du salon, pas d’inquiétude, il n’a probablement rien senti… Ce choc anodin et pourtant si douloureux qu’il vous plierait en deux n’a que peu de chance de perturber ceux qui marche en dormant. C’est en tout cas ce que semble suggérer une étude menée par des chercheurs français de l’hôpital Gui-de-Chauliac à Montpellier. L’équipe dirigée par le Pr Yves Dauvilliers a mis en lumière « l’énigme clinique » de la douleur chez les somnambules : un véritable paradoxe. En effet, les chercheurs établissent qu’alors que cette population est plus sujette aux maux de tête et migraines, environ 80% d’entre elles ne ressentiraient pas la douleur due à d’autres causes lors d’une crise de somnambulisme. En cause ? Un état dissociatif propre à leur trouble du sommeil qui peut modifier non seulement la conscience et le comportement, mais aussi la perception de la douleur.

Les somnambules plus sujets aux migraines

C’est en voulant mener une étude sur la fréquence des douleurs chroniques, maux de têtes et migraines chez les somnambules que l’attention des chercheurs s’est déportée sur ce paradoxe. S’ils ont bien constaté que les patients se plaignaient en moyenne quatre fois plus de maux de tête et dix fois plus de migraines, l’étude menée sur 100 somnambules comparés à 100 personnes ne souffrant pas de troubles du sommeil a donc révélé autre chose. Les somnambules les plus sujets aux douleurs chroniques lorsqu’ils sont éveillés sont aussi ceux les moins sensibles à la douleur lors de leurs promenades nocturnes. Ainsi, sur les 47 personnes s’étant blessées parfois sérieusement pendant leur sommeil, la douleur n’en a réveillé que 10. Pour les 37 autres, ils se sont recouchés comme si de rien n’était… jusqu’à leur réveil, lors duquel la douleur se réveillait elle aussi.

Des blessures sérieuses, mais indolores 

Parmi les exemples cités par les chercheurs, certains sont assez incroyables. Ainsi le cas de ce patient qui est retourné se coucher après avoir sauté du troisième étage et avoir subi de multiples fractures. Ou de cet autre qui s’est cassé la jambe après être tombé du toit de sa maison sur lequel il cherchait à grimper et qui ne s’est finalement réveillé que le lendemain matin. Les chercheurs pointent ainsi un problème de nociception, ce processus sensoriel à l’origine du message nerveux qui provoque la douleur et qui sert normalement d’alerte à l’organisme. Ces travaux parus dans la revue spécialisée Sleep font ainsi l’observation d’un paradoxe qui nécessitera des recherches plus poussées avec un protocole spécifique afin de déterminer quel étrange tour le cerveau joue aux promeneurs nocturnes.

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