Maître Renard, un allié naturel contre la maladie de Lyme


Alors que la maladie de Lyme était presque qu’inexistante au Québec, on entend de plus en plus parler des risques d’être piqué par des tiques. Alors qu’est-ce que peut faire les renards et les martres pour diminuer les risques ? Une nouvelle génération de tique, s’accroche aux souris ou autres petits animaux, les prédateurs mangent les petits animaux … Voilà l’importance d’éviter la baisse des populations de renards et de martres
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Maître Renard, un allié naturel contre la maladie de Lyme

 

Un renard roux

Un renard roux Photo : iStock

La présence de prédateurs comme le renard ou la martre aide à combattre les infections véhiculées par les tiques, telles que la maladie de Lyme, affirment des scientifiques néerlandais. Pourquoi? Parce qu’ils chassent les souris porteuses des infections sur lesquelles les tiques se fixent.

Explications.

Un texte d’Alain Labelle


C’est au mois d’août qu’une nouvelle génération de larves de tiques Ixodes scapularis, également connue sous les noms de « tique du chevreuil » et de « tique à pattes noires », éclot et apparaît dans les forêts, les boisés et les herbes hautes d’Amérique du Nord. Dès lors, elles sont à la recherche de leurs premiers repas de sang.

Très souvent, dans les régions du continent où les maladies transmises par les tiques sont à la hausse, elles se nourrissent de souris à pattes blanches et de petits mammifères, faciles d’accès puisqu’ils se trouvent près du sol, reconnus pour transmettre des agents pathogènes aux humains comme la bactérie Borrelia burgdorferi, à l’origine de la maladie de Lyme.

De l’importance des prédateurs

Les travaux du chercheur Tim R. Hofmeester et de ses collègues de l’Université Wageningen montrent que la hausse des maladies liées à la tique serait liée à une baisse des prédateurs traditionnels des souris, dont la seule présence les rendait beaucoup plus craintives, mais aussi plus rares.

Moins de souris signifie que les tiques larvaires, qui ne sont toujours pas infectées, pourraient se nourrir à partir d’autres animaux qui ne sont pas porteurs de la bactérie. Une réalité qui permet de diminuer les risques de transmission chez les humains, puisque ceux-ci peuvent uniquement être infectés à partir de tiques qui ont précédemment été nourries par des hôtes infectés.

Encore mieux, les tiques ne pourraient pas trouver cet important premier repas dont elles ont besoin pour survivre et se reproduire. De ce fait, leur nombre diminuerait.

L’étude

Les auteurs de ces travaux publiés dans les Annales de la Royal Society ont vérifié leur théorie en étudiant 20 parcelles forestières d’un hectare aux Pays-Bas présentant des densités de prédateurs différentes. Ils voulaient ainsi mesurer la présence de prédateurs comme les renards et les martres.

Certains de ces terrains étaient des aires protégées, d’autres des espaces où la chasse au renard était permise.

Durant deux ans, les chercheurs ont également trappé des milliers de souris et compté le nombre de tiques qu’elles avaient. Ces tiques ont aussi été testées afin de savoir si elles étaient porteuses de la bactérie de la maladie de Lyme.

Leurs observations confirment leur théorie : plus le nombre de renards (Vulpes vulpes) et de martres (Martes foina) est important, plus le nombre de tiques infectées est faible.

De plus, les chercheurs ont été étonnés de constater que les souris présentes sur les terrains à forte prédation présentaient un nombre moins important de tiques.

La raison? Les rongeurs s’exposent moins au danger, ce qui réduit les possibilités de contamination avec les tiques.

Selon les chercheurs, les changements dans l’abondance des prédateurs ont donc des effets en cascade sur le risque de maladie transmise par les tiques.

http://ici.radio-canada.ca/

Le Pékan, nouvelle victime des trafiquants de marijuana


L’étude porte sur les pékans aux USA, mais il y a aussi des populations de pékan au Canada et je pense qu’eux aussi sont victimes d’empoisonnement volontaire par ceux qui cultivent de la marijuana. Si la production de cette drogue augmente, les animaux sont-ils plus en danger ? Tout cela pour faire un « trip’ !
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Le Pékan, nouvelle victime des trafiquants de marijuana

 

 

Ce Pékan présente de graves troubles neurologiques après l'ingestion d'un rodenticide. © IERC ECOLOGY / Youtube

Ce Pékan présente de graves troubles neurologiques après l’ingestion d’un rodenticide. © IERC ECOLOGY / Youtube

Les trafiquants de drogue empoisonnent les pékans, une petite espèce de mammifère carnivore d’Amérique du Nord, pour protéger leurs cultures de marijuana.

DROGUE. Le Pékan (Pekania pennanti) est un petit mammifère carnivore d’Amérique du Nord dont la population diminue de manière préoccupante ces dernières années. Dans une étude publiée sur PlosONE en novembre 2015, des chercheurs ont donc voulu identifier les principales causes de mortalité de cet animal en Californie (États-Unis). Pour cela, ils ont étudié entre 2012 et 2014 les cadavres de 167 Pékans provenant de deux populations distinctes géographiquement et génétiquement. Ils ont ainsi pu établir que dans 70 % des cas, les animaux meurent de la prédation et que la mort naturelle représente 16 % des causes de mortalité. Mais 10 % de ces petits mammifères périssent à la suite d’un empoisonnement. Un chiffre loin d’être insignifiant. D’autant plus que, ces trois dernières années, la mortalité causée par l’ingestion de produits nocifs a augmenté de 57 %. En cause, les trafiquants de marijuana : ces derniers dispersent des rodenticides tout autour de leurs cultures de drogue… établies sur l’habitat naturel du Pékan. Leur but est donc de faire disparaître l’occupant.

Hémorragies et troubles neurologiques

Afin d’être sûrs d’attirer un maximum d’animaux, ils déposent également des morceaux de nourriture dans les alentours, comme du poisson ou du bacon. L’un des poisons les plus efficaces contre les Pékans est l’anticoagulant rodenticide (ARs) qui entraîne une déficience en vitamine K, essentielle à la coagulation sanguine. L’ingestion de cette substance provoque dès lors de sévères hémorragies chez ce petit mustélidé (même famille que les belettes ou les furets). Dans l’un des cadavres étudiés, les chercheurs ont dénombré pas moins de six rodenticides différents ! Un mâle a été découvert vivant mais présentant d’importants troubles neurologiques (voir vidéo ci-dessous). Il était complètement léthargique et présentait une ataxie : l’animal était incapable de se déplacer correctement à cause du manque de coordination de ses mouvements. Il a finalement été euthanasié. Les chercheurs recommandent de nettoyer complètement les sites où des cultures de marijuana ont été établi par le passé. En 2015, la population californienne de Pékan, qui dénombre environ 250 spécimens, a été considérée comme menacée par le California Endangered Species Act. Les chercheurs ont tenu à préciser que si l’étude porte sur une seule espèce, d’autres sont également touchées par ces pratiques des trafiquants comme les renards roux de Sierra Nevada.

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