Le Saviez-Vous ► Si l’homme vivait dans l’espace, à quoi ressemblerait-il ?


 

Question importante si on songe à coloniser d’autres planètes qui dureront plusieurs années de voyage. Avoir un enfant dans l’espace sous l’apesanteur aura-t-il une incidence sur l’ADN du bébé. Ce sont des hypothèses qui issus d’expériences sur la santé des astronomes et des animaux. Les résultats ne sont pas vraiment encourageants
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Si l’homme vivait dans l’espace, à quoi ressemblerait-il ?

Astronautes

Officiellement, la Nasa refuse de dire si des astronomes ont déjà eu des relations sexuelles dans l’espace.

© NASA/SIPA

« Supposons que des hommes et femmes partent dans l’espace sans retour. Ils se reproduisent normalement. Étant toujours en apesanteur, à quoi ressemblerait l’être humain au bout de quelques générations ? ».

• Partir dans l’espace sans retour

Les projets pour coloniser l’espace sans retour sont rares à l’heure actuelle, la seule mission « sérieusement » envisagée est baptisée « Mars One », lancé en 2012 par les Néerlandais Bas Lansdorp et Arno Wielders (ingénieur et physicien). Elle consiste à… coloniser Mars. Le milliardaire Elon Musk, fondateur de la société SpaceX, rêve lui aussi d’envoyer des individus sur la planète rouge, mais prévoit un trajet retour (si les colons parviennent à fabriquer sur place le carburant nécessaire !). Ces projets sont critiqués par plusieurs scientifiques, qui soulignent les nombreux obstacles technologiques et financiers à surmonter

• Se reproduire normalement

Peut-on avoir une relation sexuelle dans l’espace ? La question peut prêter à sourire, mais la Nasa a réellement réalisé des expériences en ce sens… sur des animaux. Le premier accouplement officiel en apesanteur a eu lieu en 1994 : il s’agissait de médakas (Oryzias latipes), une espèce de poisson abondante dans les rizières et couramment élevée en aquarium. La célèbre astronaute française Claudie Haigneré a participé à une expérience similaire en 1996, mais sur le triton, l’objectif étant là encore de déterminer si la fécondation naturelle et le développement embryonnaire d’un vertébré pouvaient avoir lieu en micropensanteur. Ces travaux ont permis de révéler des anomalies à certains stades du développement embryonnaire, au niveau de la division cellulaire et de la fermeture du tube neural.

Et chez l’homme ? Officiellement, la Nasa ne se prononce pas sur des possibles relations sexuelles entre astronautes dans l’espace. Même si en 1992, Mark Lee et Nancy Jan Davis, un couple marié, a participé à la même mission spatiale... Pour autant, l’Agence spatiale américaine s’intéresse vraiment à la question de la conception d’un bébé en microgravité. Une étude publiée en 2010 par trois scientifiques génère des désillusions : dans l’état actuel des choses, les radiations solaires semblent bien trop dangereuses pour la gestation. Les rayons cosmiques frappant un vaisseau au cours d’un long voyage réduiraient la concentration des spermatozoïdes chez l’homme et stériliseraient sans doute un œuf fécondé. Quand bien même le fœtus atteindrait son terme, son ADN aurait sans doute subi des mutations rendant les femmes stériles. Heureusement pour la survie de notre espèce, il reste toujours la fécondation in vitro.

• Étant toujours en apesanteur, a quoi ressemblerait l’être humain au bout de quelques générations ?

Nous n’avons pas connaissance d’une quelconque publication scientifique sur ce sujet à l’heure actuelle. Probablement car la fécondation dans l’espace est déjà un frein à l’heure actuelle. Toutefois, de nombreuses études montrent que les missions de longue durée dans l’espace présentent des risques pour la santé : en effet, en l’absence de force gravitationnelle, les cellules de l’organisme sont moins contraintes, ce qui perturbe leur organisation et leur stabilité qui se sont construites en corrélation avec la pesanteur terrestre. Sans oublier la forte exposition aux rayonnements cosmiques.

Ainsi, les astronautes voient leur organisme fragilisé : leur système immunitaire se dérègle, ce qui les rend plus vulnérables aux agents pathogènes, le risque de perte osseuse et de fracture augmentent, leurs capacités aérobiques (servant à produire de l’énergie à partir d’oxygène) diminuent. Leur masse musculaire fond, au niveau des jambes en particulier, d’où la nécessité de faire plusieurs heures d’exercice par jour pour ne pas perdre en force et en coordination : Thomas Pesquet teste actuellement une machine baptisée MARES dont la fonction est de mesurer la perte de masse musculaire liée à la microgravité et de trouver des exercices pour la limiter. Perdant de la masse musculaire et sous-estimant leurs besoins nutritionnels, les astronautes laissent prévoir que l’homme de l’espace sera plus mince qu’actuellement.

D’autres effets, encore moins visibles de l’extérieur, ont été constatés chez des astronautes effectuant des missions longue durée : leurs battements cardiaques deviennent irréguliers, et leur cœur… plus rond ! Ce qui rend cette pompe moins efficace. Sa santé mise à rude épreuve, il est également fort à parier que l’homme de l’espace devra trouver un moyen d’améliorer sa perception visuelle et son orientation spatiale, car ces deux éléments sont perturbés par la microgravité. Enfin, les rayonnements cosmiques n’épargnent pas le système nerveux de l’astronaute, et seraient à l’origine de maladies dégénératives. Pour coloniser l’espace, l’être humain devra trouver des solutions à ces multiples problèmes.

https://www.sciencesetavenir.fr

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Le Saviez-Vous ► Que se passe-t-il si on meurt sur Mars?


Si Mars One réussit a amener des gens pour coloniser la planète Mars qu’arrivera-t-il avec les corps de ceux qui mourront en terre martienne. D’après les constations, il n’y a pas de bactéries pour décomposer les corps ? Alors la crémation ? Avec quoi ? Le compostage ? Point de vue morale cela peut être difficile à concevoir
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Que se passe-t-il si on meurt sur Mars?

 

Le cratère Santa Maria sur Mars photographié par la Nasa | Reuters

Le cratère Santa Maria sur Mars photographié par la Nasa | Reuters

Repéré par Alix Fieux

Attention spoiler. Votre corps pourrait se conserver longtemps. Très longtemps.

Il est tout à fait possible qu’une personne aujourd’hui vivante sur notre Terre puisse un jour mourir sur Mars. C’est en tout cas le souhait qu’a fait Elon Musk. Le millionnaire âgé de 41 ans a annoncé que son plus grand regret serait de ne pas pouvoir un jour poser les pieds sur la planète rouge de son vivant. Le magazine Atlas Obscura s’est donc demandé de ce qu’il adviendrait d’un corps humain laissé sans vie sur Mars.

Et la réponse est plutôt suprenante. À l’inverse d’une dépouille qui, sur notre planète se décomposerait assez rapidement, un cadavre sur Mars peut en réalité se conserver très très longtemps. En effet, sur Terre, les bactéries affluent au bout de quelques heures seulement autour de nos corps sans vie et se nourrissent de matière organique pour alimenter leur propre survie. Or, sur la surface martienne, nous ne connaissons pas encore d’éléments biologiques de ce type.

Très longue conservation

 

Qui plus est, sachez que les nuits sur Mars sont plutôt froides: le froid polaire stoppe le travail et la prolifération des bactéries, agissant comme un agent conservateur sur notre peau et nos organes. Au risque de vous faire peur, c’est donc un processus long proche de la momification qui risquerait de s’opérer, si un corps venait à jour à périr sur Mars. À ce rythme, on pourrait imaginer trouver des os humains encore composés plus de 100 millions d’années après le décès.

D’ailleurs, on peut aisément imaginer que si le scénario d’une mort humaine sur la surface martienne se produisait, le corps serait enterré. Au froid, et au sec, la dépouille pourrait même se conserver encore plus longtemps.

Crémation ou compostage des corps?

 

Mais alors, pourquoi n’a-t-on jamais trouvé de traces de vie sur la surface martienne? Impossible à cet égard de répondre catégoriquement, mais les scientifiques expliquent partiellement l’absence de toute trace de vie –même ancienne– par le fait qu’il existe sur Mars des rayonnements ionisants à des niveaux inédits sur Terre, détruisant rapidement toute matière organique.

Pour disposer d’un corps, les explorateurs de Mars devraient recourir à la crémation ou à une décomposition délibérée. À titre d’exemple, Mars One, un projet qui vise à l’installation d’une colonie humaine sur la planète a déjà évoqué la crémation des premières dépouilles humaines sur Mars. Mais cela reviendrait à extraire ou fabriquer deux composants jusqu’ici inexistants sur Mars: l’oxygène et le carburant.

Communication

 

Une option moins conventionnelle est également évoqué: le compostage des corps humains. Cependant, à en croire un bioéthicien spatial interrogé par Slate.com, l’éventualité est peu probable pour des raisons morales évidentes :

«Il y a des sociétés qui ont désespérément besoin d’engrais et qui n’ont jamais utilisé leurs cadavres à cet effet». 

Pourtant il y a quelques années, certaines astronautes ont déjà bu de l’urine recyclée. Est-ce donc à imaginer qu’une fois le tabou de la mort dépassé, nous pourrons sans problème composter des corps humains? Cela reste à voir.

Chris Hadfield, le premier astronaute canadien à avoir marché dans l’espace s’est également intéressé au sujet de la mort dans l’espace. Il a tiré de son expérience quelques réponses à ces questions rares mais essentielles, lorsqu’elles surviennent: Que faire avec le cadavre et son odeur? À quelle vitesse un corps se décomposera-t-il? Comment la famille de la personne doit-elle être avisée? Comment l’équipe de relations publiques doit-elle répondre? Bien sûr, rien de tel que le vécu pour répondre de manière certaine à toutes ces interrogations. Mais prendre les devants pour prévoir une fin de vie est toujours conseillé.

http://www.slate.fr/

La vie sur Mars serait plus dure que vous ne le pensez


Je suis d’avis qu’humainement parlant et ce même si la technologie était plus performante que l’homme n’est pas fait pour habiter Mars. Il y a trop de danger et l’isolement des gens qu’il a quitté sur la terre serait psychologiquement trop difficile à supporter
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La vie sur Mars serait plus dure que vous ne le pensez

La

Une promenade sur Mars ressemblerait à ceci. Tentant, n’est-ce pas? Capture d’écran Gentside

Qui n’a jamais rêvé d’aller visiter Mars? La planète rouge est d’ailleurs dans la ligne de mire de toutes les agences spatiales, qui espèrent y poser une mission habitée avant la fin du siècle. La société privée Mars One pense même pouvoir installer une colonie sur Mars avant 2030. Mais à quoi ressemblerait la vie là-bas? Attention, ce ne sera pas de tout repos.

UN ENVIRONNEMENT HOSTILE

La planète rouge ne dispose en effet ni d’air, ni d’eau, ni de ressources nutritives. L’absence de magnétosphère et d’atmosphère la rend constamment exposée aux rayons ultraviolets du Soleil. Il s’agit donc d’un environnement extrêmement hostile dans lequel des équipements de pointe sont de mise pour espérer survivre. Une simple balade sur la surface martienne sans radioprotection pourrait être mortelle.

Le mieux serait donc d’envisager des habitations souterraines. Ajoutez à cela les désagréments du voyage. Estimé à 5 voire 10 mois, l’aller vers la planète rouge représente des risques pour les astronautes. Actuellement, les implications d’une telle expédition sur l’organisme humain n’ont pas encore été clairement mesurées même si des problèmes ont déjà été soulignés: l’affaiblissement de la vision par exemple.

Enfin, pensez aux difficultés psychologiques liées à l’isolement. Sur Mars, les astronautes se retrouveront certainement livrés à eux même. Les communications radio vers la Terre seront assez compliquées en raison d’un décalage de 4 à 20 minutes, dépendant de la distance entre les deux planètes. Il sera donc difficile d’envisager d’appeler vos proches pour discuter avec eux et avoir le soutien moral dont vous pourriez avoir besoin.

QUELQUES ASPECTS PLUS AMUSANTS

Malgré toutes ces difficultés, la vie martienne devrait également comporter quelques aspects un peu plus amusants comme l’absence de gravité. Cette caractéristique est en effet capable de transformer n’importe quel explorateur spatial en un véritable super-héros capable de sauter aussi haut qu’un kangourou ou de soulever des objets très lourds qu’il ne pourrait pas porter sur Terre.

Autre particularité intéressante: la présence de deux petites lunes dans le ciel martien. Les satellites naturels se nomment Phobos et Deimos et sont très différents de notre Lune. Phobos orbite autour la planète rouge près de trois fois par jour tandis que Deimos met près de 30 heures pour terminer un tour complet. Les nuits martiennes devraient offrir un spectacle prodigieux.

http://fr.canoe.ca/

Mars One: cinq raisons de douter


Un projet aussi ambitieux que Mars One peut-il être réalisable d’ici 9 ans ? Comme plusieurs, j’en doute ! On donne les raisons, l’argent, la technologie, le facteur humain et autres problèmes que ce projet à a faire face.
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Mars One: cinq raisons de douter

 

Les habitations du projet Mars One... (PHOTO BRYAN VERSTEEG, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

Les habitations du projet Mars One

PHOTO BRYAN VERSTEEG, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

PHILIPPE MERCURE
La Presse

Mars One dévoile aujourd’hui la liste des 100 candidats en lice pour un aller simple vers la planète rouge. Au-delà du battage médiatique, des experts clament que le plan de l’entreprise est truffé d’énormes problèmes. Voici cinq raisons pour lesquelles ceux qui sont choisis aujourd’hui pourraient ne jamais partir… ou regretter leur départ.

L’argent

L’entreprise Mars One affirme pouvoir envoyer quatre êtres humains sur Mars d’ici 2024 avec un budget 6 milliards US. L’an dernier, en comparaison, un groupe d’experts avait estimé qu’une mission humaine vers Mars de la NASA coûterait de 80 à 100 milliards US.

Mars One explique ses coûts moindres par le fait qu’elle sous-contractera aux entreprises privées la conception des équipements nécessaires à son projet.

«J’estime que ces gens n’auront pas l’argent nécessaire à un tel projet. Je ne les prends pas très au sérieux, honnêtement», a lancé à La Presse John Logsdon, expert des programmes spatiaux à la George Washington University.

À 6 milliards US, la conquête de Mars ne serait guère plus onéreuse que la construction du nouveau pont Champlain (jusqu’à 4 milliards US).

La technologie

L’une des grandes prétentions de Mars One est qu’elle pourra réaliser sa mission au moyen de «technologies qui peuvent être achetées à des fournisseurs actuels», sans en développer de nouvelles.

Cette thèse a été rejetée en bloc par tous les experts consultés par La Presse.

«On n’est pas prêts, sur le plan technologique, à aller sur Mars, tranche Richard Léveillé, qui a déjà été rattaché à l’Agence spatiale canadienne et qui est aujourd’hui chercheur associé à l’Université McGill. Ce genre de mission implique de lancer des programmes entiers de développement.»

Les contrats

La journaliste australienne Elmo Keep a passé un an à fouiller les dessous de Mars One. Selon elle, cette entreprise, qui planifie à n’en pas douter la mission spatiale la plus ambitieuse de l’histoire, ne compte que… trois employés.

Mars One dit vouloir sous-contracter la conception de ses systèmes. Sauf qu’en épluchant la liste des fournisseurs mentionnés par Mars One, Mme Keep a découvert que la plupart n’avaient jamais signé la moindre entente. Lockheed Martin a réalisé des travaux préliminaires détaillant les spécifications techniques d’un véhicule non habité.

«Nous maintenons les canaux de communication ouverts avec Mars One et attendons un signal pour la prochaine phase du programme», a expliqué à La Presse Gary Napier, porte-parole de Lockheed Martin.

Le seul autre contrat technique semble le lier à Paragon Space Development, chargé des combinaisons pour les astronautes.

L’oxygène

Mars One prévoit faire pousser des plantes pour nourrir les astronautes dans l’unité où ils vivront. Or, l’équipe de Sydney Do, du MIT, a calculé que cette façon de faire conduirait à la mort par suffocation des astronautes au bout de 68 jours. La cause, complexe, est liée au rejet trop élevé d’oxygène par les plantes.

Selon M. Do, il est possible de régler le problème en construisant une autre unité pour les plantes, mais cela demandera de transporter d’énormes quantités de systèmes supplémentaires. De façon générale, les chercheurs du MIT calculent que l’implantation d’une colonie permanente sur Mars nécessitera des envois de pièces «qui prendront des proportions ingérables» et feront exploser les coûts de lancement.

Les participants

Se rendre sur Mars et y vivre constituerait la mission spatiale la plus exigeante lancée par des êtres humains. Or, ceux qui l’accompliront ne sont pas des astronautes professionnels, mais des gens choisis parmi le grand public.

«C’est une dimension inquiétante du projet», croit Richard Léveillé, de McGill, qui souligne que la formation, les expertises diverses et la capacité de résistance au stress des astronautes ne se retrouvent pas chez n’importe qui.

Ce serait aussi la première fois que des gens quitteraient la Terre sans espoir de la revoir un jour.

http://www.lapresse.ca/

Irons-nous sur Mars en vaisseau-couchettes ?


Le projet Mars One est toujours d’actualité. C’est un très long voyage qui demande beaucoup d’organisation. La NASA semble aller dans la direction des films de science-fiction et voit un grand avantage a faire le voyage en dormant
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Irons-nous sur Mars en vaisseau-couchettes ?

 

L’ article ci-dessous vient de paraître dans le deuxième numéro d’un nouveau magazine consacré à la recherche, Thinkovery (148 p., 15 €), émanation papier du site Thinkovery.com, dont j’ai déjà parlé ici et qui propose des vidéos où les scientifiques exposent leurs résultats de manière pédagogique. La rédaction a bien voulu me confier une chronique intitulée « L’imaginaire des sciences », dans laquelle je confronte la science-fiction à la réalité…  Je remercie Thinkovery de m’autoriser à reproduire ce texte.

Pierre Barthélémy

Quel point commun entre 2001, Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick, Alien, le huitième passager de Ridley Scott et le plus récent Interstellar de Christopher Nolan ?

Au-delà de la réponse évidente – la promenade spatiale –, ce qui relie ces trois films, c’est la manière dont les astronautes passent une partie du voyage : ils roupillent. Ou plutôt, ils hibernent.

Etant donné les distances véritablement astronomiques qui séparent les différents corps du Système solaire (sans parler des années-lumière qu’il faudrait parcourir pour se rendre autour d’autres étoiles), il y a un véritable intérêt à ne rien faire pendant le parcours et la NASA, qui garde l’expédition vers Mars dans un coin de son agenda, l’a bien compris, qui envisage sérieusement de passer de la fiction à la réalité.

Via son Institute for Advanced Concepts, l’agence spatiale américaine a ainsi confié à la société SpaceWorks l’étude d’un projet de voyage vers la Planète rouge – six mois pour l’aller, six mois pour le retour –, au cours duquel les astronautes seraient placés en biostase, quelque part entre sommeil et coma. A l’occasion du 65e Congrès international d’astronautique qui s’est tenu début octobre 2014 à Toronto, SpaceWorks a, par la bouche de l’ingénieur Mark Schaffer, fait le point sur l’avancée de ses travaux. L’idée consiste à placer les explorateurs spatiaux dans un état de torpeur en faisant baisser de 3 à 5°C leur température corporelle, afin de réduire et de ralentir leur métabolisme. Rien de bien sorcier là-dedans puisqu’on s’inspire directement de pratiques médicales éprouvées depuis plusieurs années :

« Des protocoles existent dans la plupart des grands hôpitaux pour induire une hypothermie thérapeutique chez des patients », a expliqué Mark Schaffer.

La manœuvre est en général pratiquée chez les personnes ayant subi un arrêt cardiaque – afin de préserver leur encéphale le temps que le cœur reparte – ou un accident vasculaire cérébral, mais aussi chez les nourrissons dont le cerveau n’est pas assez oxygéné. Suite à l’accident de ski dont a été victime Michael Schumacher fin 2013, le CHU de Grenoble a ainsi eu recours à cette technique pour protéger le cerveau de l’ancien champion du monde de Formule 1. Simplement, dans le cadre de l’hypothermie thérapeutique, les patients ne sont maintenus que quelques jours dans cet état de torpeur.

Or, comme le reconnaît Mark Schaffer, « pour des missions humaines vers Mars, il faudra repousser ce maximum à 90 ou 180 jours ».

Le protocole présenté par SpaceWorks prévoit de refroidir les astronautes grâce au système RhinoChill de la société américaine BeneChill : un tuyau diffusant un produit réfrigérant est introduit dans la cavité nasale car seule une membrane la sépare du cerveau. En se diffusant, ce produit fait baisser la température de l’encéphale puis du reste du corps, le sang rafraîchi dans la matière grise gagnant ensuite tout l’organisme. Placées sous monitoring, les marmottes de l’espace seraient alimentées par intraveineuse et, leur système digestif se mettant lui aussi en sommeil, il faudrait uniquement récupérer leur urine. Un système robotisé activerait quotidiennement la stimulation électrique des muscles pour les empêcher de fondre pendant le voyage. C’est joli sur le papier mais SpaceWorks n’a pour l’instant pas précisé comment on validera l’innocuité du protocole « Belle au bois dormant » sur de si longues périodes…

Ce que la firme américaine a en revanche calculé avec précision, c’est le bénéfice qu’il y aura à envoyer vers Mars des dormeurs dans un vaisseau-couchettes. Outre le fait qu’on ne risque pas d’avoir de disputes à bord, le gain de place et de poids qu’entraîne l’hibernation générale est considérable. Moins de mètres cubes, d’électricité, de nourriture : pour un équipage de quatre personnes, on pourrait ainsi économiser plus de 50 % de la masse du vaisseau et passer d’un gros « bidon » de 475 mètres cubes et de 41,3 tonnes à une structure de 105 m3pour 19,8 t. Par ricochet, il faudrait aussi moins de carburant pour expédier tout ce matériel dans l’espace. Quand on sait que le prix du kilo mis en orbite tourne autour des 10 000 dollars, rabioter 20 tonnes revient à économiser quelque 200 millions de billets verts… Quant aux futurs explorateurs martiens, on leur conseillera juste de ne pas vexer le « taulier » informatique qui les surveillera : on se souvient que, dans 2001, Odyssée de l’espace, le superordinateur Hal fait une hécatombe parmi les membres d’équipage en désactivant leurs caissons d’hibernation.

http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/

Rétrospective : 12 événements qui ont marqué la science en 2014


Rétrospective : 12 événements qui ont marqué la science en 2014

 

L’humanité atterrit sur une comète, la cigarette électronique gagne en popularité et le plastique envahit le Saint-Laurent. Notre rétrospective scientifique de l’année 2014.


MISSION ACCOMPLIE POUR ROSETTA

La mission Rosetta est sans conteste la prouesse scientifique de l’année. Maintenue en hibernation depuis son lancement il y a 10 ans, la sonde se réveille en janvier afin de s’approcher de la comète Tchouri, où elle larguera en novembre le robot Philae. Celui-ci ne réussira toutefois pas à s’ancrer dans le sol de l’astre. Philae mènera quand même pendant deux jours une série d’expériences destinées à mieux comprendre la formation du système solaire.

Photo : ESA/Impression artistique


COMMOTIONS : JEUNES CERVEAUX EN PÉRIL

Le football est la passion de milliers de jeunes Québécois. C’est aussi un sport où le risque de commotions cérébrales est très élevé, autant sinon plus que le hockey. L’émission Enquête révèle en janvier que ni le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) ni Football Québec – les deux organismes chargés d’encadrer les jeunes – n’ont la moindre idée du nombre de commotions que les joueurs subissent. L’émission montre également que même si les écoles sont censées les déclarer, le RSEQ n’emploie aucun responsable de la sécurité. – ICI.radio-canada.ca/commotions


DIRECTION MARS (ORION ET MARS ONE)

L’intérêt de l’humanité pour la planète voisine de la Terre ne se dément pas. Le début de l’année marque aussi le lancement de Mars One, un projet dont l’objectif est d’envoyer un équipage de quatre personnes tous les deux ans vers Mars, le premier groupe devant arriver en 2025. Quatre Québécois participent au projet, qui se voudra aussi une téléréalité. Plus sérieusement, la NASA réussit en décembre le premier test de la capsule Orion, qui devrait envoyer des humains sur Mars en 2030

Photo : NASA/Impression artistique


LA NOUVELLE COQUELUCHE DES FUMEURS

En 2014, la cigarette électronique fait un tabac au Québec et au Canada. Au-delà de sa popularité grandissante, un débat s’amorce sur l’innocuité et l’efficacité de cette nouvelle façon de réduire la dépendance aux produits du tabac.

Photo : iStockphoto


LE BIG BANG RETRACÉ

Des physiciens américains révèlent en mars la première détection directe des ondes gravitationnelles primordiales, c’est-à-dire les toutes premières secousses du big bang qui a marqué la naissance de l’Univers. Cette découverte est considérée comme une avancée majeure en physique.

Photo : iStockphoto


DU SANG JEUNE POUR RAJEUNIR

En mai, des chercheurs ont démontré que du sang de jeunes souris, ou même juste un facteur de ce sang connu sous le nom de GDF11, peut rajeunir les muscles et le cerveau de souris âgées. Cette découverte a conduit à un essai clinique dans lequel des patients atteints de la maladie d’Alzheimer reçoivent du plasma de jeunes donneurs. Photo: iStockphoto


DES MINIROBOTS QUI AGISSENT COMME DES FOURMIS

En août, des chercheurs américains de l’Institut Wyss de l’Université Harvard annoncent la création des Kilobots, des minirobots inspirés des abeilles et des fourmis capables de s’auto-organiser. Les minuscules engins sont en mesure de communiquer entre eux et de se rassembler pour créer des formes particulières, comme des étoiles de mer.

Photo : Science/Mike Rubenstein


MANIPULER LA MÉMOIRE

En utilisant l’optogénétique, une technique qui manipule l’activité des neurones à l’aide de rayons lumineux, des chercheurs ont montré en août qu’ils pouvaient manipuler spécifiquement des souvenirs chez la souris. Dans leurs expériences où ils effaçaient des souvenirs existants et en implantaient d’autres faux, ils sont allés jusqu’à changer le contenu émotionnel d’un souvenir chez la souris de bon en mauvais et vice-versa.

Photo : iStockphoto


LA MALADIE DE LYME GAGNE DU TERRAIN AU QUÉBEC

Présente dans plus de 65 pays, la maladie de Lyme fait son entrée au Québec depuis quelques années. En octobre, l’émission Découverte dresse un portrait de la situation et montre que la maladie gagne sans cesse du terrain grâce à une tique et à une souris. ICI.Radio-Canada.ca/lyme


LE PLASTIQUE ENVAHIT LE SAINT-LAURENT

Une équipe de chercheurs de l’Université McGill a découvert une nouvelle source de pollution dans le fleuve Saint-Laurent : des microbilles de plastique. Les chercheurs en ont trouvé en grande concentration dans les sédiments du grand fleuve. L’émission Les Années lumière consacre un reportage à cette réalité en octobre. 


LA PEUR EBOLA

Encore inconnue du public il y a peu de temps, la maladie ou la fièvre d’Ebola devient, en 2014, « le » grand sujet de santé, déclenchant l’inquiétude, sinon la panique quand on la voit sortir d’Afrique, où elle avait toujours été confinée depuis sa découverte, au Congo, en 1976. La communauté scientifique est interpellée et accélère des essais de médicaments prometteurs, comme le ZMapp, et de vaccins, dont l’un a été mis au point au Canada. – ICI.Radio-Canada.ca/ebola


LE CLIMAT À L’HEURE DE LIMA

La 20e conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, réunie à Lima au Pérou en décembre, approuve les éléments de base d’un futur traité mondial sur le climat, qui devra être conclu à la conférence de Paris fin 2015. En novembre, les États-Unis et la Chine avaient annoncé leur intention de mener conjointement un projet sans précédent de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES).

Photo : iStockphoto ICI.Radio-Canada.ca/climat

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Pourquoi 200.000 personnes sont-elles prêtes à aller mourir sur Mars?


Mars One est-ce seulement un rêve éphémère ? Il est difficile pour moi, de comprendre comment des gens veulent risquer le tout pour le tout malgré les dangers mortels pour aller coloniser Mars. Peut-être qu’un jour nous serons capables d’aller dans ce vaste espace admirer les planètes et les étoiles de plus près. Le voyage aller-retour sur la lune serait comme aller en vacances dans un pays étranger. En attendant, le projet Mars-One, ne réponds pas aux septiques qui parmi eux, sont qualifiés pour bien comprendre l’enjeu d’une telle mission
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Pourquoi 200.000 personnes sont-elles prêtes à aller mourir sur Mars?

 

Mars, après le passage de Curiosity Photo Wikimedia CC par la NASA

Ils se sont portés volontaires pour un voyage sur Mars, sans retour. Qu’est ce qui ne tourne pas rond chez eux?

Partir dans l’espace est à la mode: Matthew McConaughey à la recherche d’une nouvelle planète à coloniser, certaines vedettes en quête d’un joli point de vue sur la Terre… ou encore des volontaires pour un aller-simple vers la planète Mars. L’organisation néerlandaise à but non lucratif Mars One a décidé fin 2012 de lancer une colonisation de la planète Mars d’ici 2023. Moins d’une trentaine d’hommes et de femmes partiront au final, mais plus de 200.000 candidats passionnés et déterminés, si l’on en croit les organisateurs en tout cas.

Mais pourquoi ces personnes décident-elles de tout quitter, y compris la Terre? Pour Fagin, candidat et étudiant en ingénierie aérospatiale à l’université de Purdue interrogé par Popular Science, Mars offre une expérience exceptionnelle et inédite:

«N’importe qui peut voir l’océan. N’importe qui peut visiter les forêts. Ce sont des choses magnifiques, mais aussi des lieux communs. Je vais avoir la chance de voir un lever de Soleil sur Mars. De me tenir au pied du Mont Olympe, l’une des plus grandes montagnes du système solaire. Je vais avoir la chance de voir deux Lunes dans le ciel. Je ne me vois pas être nostalgique d’une vie que 6 ou 7 milliards de personnes expérimentent en ce moment.»

Et pourtant, il est difficile de comprendre la motivation de ces volontaires, étant donné leur destin. Famine, asphyxie, problèmes de transports… Nous vous avions fait la liste de ce qui attendait ces candidats s’ils s’envolaient vers la planète rouge. Mais en plus des conditions climatiques difficiles (-60°C en moyenne), cette mission souffre d’un problème de taille: la capacité technique de Mars One à réaliser ce projet.

Pour Elmo Keep, qui le raconte sur Matter, les volontaires manquent cruellement de détails sur l’organisation du vol et sur sa réalisation.

Comment Mars One, cette organisation assez opaque il faut le dire, qui fait fabriquer son matériel par des sous-traitants et reste évasif sur les détails de son projet, peut-elle espérer mener à bien cette mission?

D’autant plus que, comme le rappelle Popular Science, «le planning temporel de la mission est ambitieux», et repose sur les constructeurs et leurs capacités à amener les innovations techniques nécessaires.

Le commandant Chris Hadfield, connu (entre autres) pour avoir interprété Space Oddity de David Bowie depuis la Station spatiale internationale, a de forts doutes sur le sérieux de l’organisation.

«Ces candidats doivent poser des questions immédiatement. Je veux voir les spécificités techniques l’appareil qui quittera la Terre. Comment vont fonctionner la combinaison sur Mars? Montrez-moi comment elle est pressurisé, comment elle est refroidie. Comment sont faits les gants? […] Vous ne pouvez pas juste aller au supermarché de l’espace et achetez ces choses-là.»

Pas de quoi effrayer Leila Zucker, physicienne d’une quarantaine d’années et candidate au voyage :

«Personne d’entre nous ne prévoit de mourir, mais nous savons que cela peut arriver. Vous n’aurez pas ma vie pour rien, mais je suis prête à la donner pour mon rêve», a-t-elle dit lors d’une conférence organisée par Mars One, avant d’entonner avec les autres candidats une chanson qui disait, entre autres, que «Mars One montre le chemin vers les étoiles».

http://www.slate.fr