Cactus le chien a couru plus de 130 km lors du Mara­thon des Sables dans le Sahara


Cactus est un chien assez particulier, il aime courir. Pendant le Marathon des Sables dans le Sahara au Maroc, Cactus s’est joint aux coureurs. Il aurait couru 136 km depuis son village jusqu’au fil d’arrivée. Sa présence a du sûrement encourager les coureurs à aller jusqu’au bout.
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Cactus le chien a couru plus de 130 km lors du Mara­thon des Sables dans le Sahara

 

par  Laura Boudoux

 

Le bien nommé Cactus a rejoint les coureurs du Mara­thon des Sables pour la seconde étape de l’édi­tion 2019, lundi 8 avril.

La course, connue dans le monde entier pour ses condi­tions extrêmes, se déroule au Maroc, à travers le Sahara. Le chien s’est présenté le jour de la seconde étape de 32 kilo­mètres, ne quit­tant plus les mara­tho­niens. Il a parti­cipé dans la foulée à la troi­sième épreuve de 37 kilo­mètres, courant ainsi près de 4 h 30, rapporte le Huffing­ton Post Magh­reb.

Les orga­ni­sa­teurs de la 34e édition du mara­thon ont égale­ment eu la joie d’aper­ce­voir Cactus le mercredi, toujours en forme et plein d’éner­gie après ses 76 kilo­mètres de course. En tout, Cactus aurait parcouru envi­ron 136 km depuis son village jusqu’à la ligne d’ar­ri­vée du mara­thon. Le chien a même reçu une médaille, et alors que les coureurs s’at­ten­daient à le voir rentrer chez lui, le chien était toujours présent sur le campe­ment jeudi et vendredi.

D’après le New York Times, Cactus est un chien « nomade » habi­tué des longues distances, sous le soleil écra­sant du désert maro­cain. Plusieurs coureurs ont témoi­gné, expliquant que la présence du chien les avait aidés à trou­ver le meilleur chemin au milieu des dunes de sable.

« Il m’a dépassé, je ne pouvais pas suivre le rythme ! J’ai suivi ses empreintes à la trace, en me disant qu’il savait certai­ne­ment où se trou­vait le sable compact », explique ainsi le Londo­nien Theo Holzap­fel.

Le 13 avril, Cactus a fina­le­ment quitté le Mara­thon des Sables avec ses maîtres, sous les applau­dis­se­ments des coureurs.

https://twit­ter.com/mara­thonD­sables/status/1117010582950023168

Sources : Huffing­ton Post Magh­reb / New York Times / Twit­ter

https://www.ulyces.co/

Des chutes de neiges inhabituelles dans le désert marocain


Il n’y a pas juste en Amérique ou en Europe que la température joue avec le climat, au Maroc aussi, il fait plus froid et la neige recouvre des milieux arides qui sont plus habitué à la sécheresse ou à la chaleur
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Des chutes de neiges inhabituelles dans le désert marocain

 

Depuis le week-end dernier, une intense vague de... (PHOTO AFP)

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Depuis le week-end dernier, une intense vague de froid touche le Maroc – la deuxième en quelques semaines – et a déclenché des chutes de neige inhabituelles sur des régions arides du pays.

PHOTO AFP

 

Agence France-Presse
Zagora

De la neige sur les dunes de sable et les palmiers: les villes de Zagora et Ouarzazate, aux portes du désert dans le sud marocain, sont actuellement recouvertes d’un épais manteau blanc, phénomène météorologique inhabituel dû à une vague de froid venue du nord de l’Europe.

Des images qui ont fait le tour des réseaux sociaux montrent ces deux villes et celle de Taroudant, dans le sud du royaume également, sous la neige.

«La dernière fois qu’il a neigé à Zagora, c’était dans les années 1960! Ici, on est plus habitué aux vagues de chaleur et à la sécheresse qu’à la neige (…) c’est la stupéfaction chez les habitants», a déclaré un résident de Zagora, une localité située à près de 700 km de Rabat, par-delà le massif du Haut-Atlas.

Depuis le week-end dernier, une intense vague de froid touche le Maroc – la deuxième en quelques semaines – et a déclenché des chutes de neige inhabituelles sur des régions arides du pays.

«On n’a pas toujours l’habitude de voir la neige dans ces régions. Cela est dû à une masse d’air froide en provenance de l’Europe du nord qui est descendue jusqu’au désert», a expliqué à l’AFP Houcine Youaabeb de la Météorologie nationale.  Selon lui, «le froid se maintiendra jusqu’à jeudi»

L’intérieur du pays, plus habitué aux hivers rigoureux avec ses grands massifs montagneux, est également touché par cette vague de froid.

http://www.lapresse.ca

Les femmes-mulets «font un travail inhumain»


Ce n’est pas des photos chats qu’on aime tant voir, mais la dureté des femmes qui a travers le monde font un travail surhumain pour quelques dollars. Des femmes-mulet, un nom insultant je trouve. Pour éviter les taxes aux frontières Maroc-Espagne, pas moins de 15 000 femmes font le trajet a pied (seule 4 000 pourra traverser la frontière) pour porter des marchandises sur le dos qui peuvent peser entre 40 à 90 kilos qu’elles donnent a des contrebandiers en Espagne pour la modeste somme de 15 dollars qu’ils iront remettre au Maroc pour les revendre dans les souks. Malheureusement, il arrive des incidents des femmes seront piétinées. Il y a des hommes aussi qui font la même chose, mais il ne semble pas avoir de mort de leur côté. C’est triste de voir que pour gagner leur vie, elles ruinent leur santé
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Les femmes-mulets «font un travail inhumain»

 

«En septembre 2017, une équipe de l’AFP est partie du côté marocain, à Fnideq, à quelques kilomètres de la frontière avec l’enclave espagnole de Ceuta. Nous avons essayé de travailler du côté marocain mais les autorités locales nous l'ont interdit. Le lendemain matin, nous sommes donc passés du côté espagnol. Nous sommes arrivés à 5h du matin, car c’est l’heure à laquelle commence le commerce. Du côté du Maroc, des files d’attentes interminables étaient déjà formées.»

T F

«En septembre 2017, une équipe de l’AFP est partie du côté marocain, à Fnideq, à quelques kilomètres de la frontière avec l’enclave espagnole de Ceuta. Nous avons essayé de travailler du côté marocain mais les autorités locales nous l’ont interdit. Le lendemain matin, nous sommes donc passés du côté espagnol. Nous sommes arrivés à 5h du matin, car c’est l’heure à laquelle commence le commerce. Du côté du Maroc, des files d’attentes interminables étaient déjà formées.»

Crédit: Fadel Senna / AFP

Fanny Arlandis

Le 16 janvier 2018, deux «femmes-mulets» sont mortes dans une bousculade au poste-frontière entre Ceuta et le Maroc. Ces femmes traversent chaque jour la frontière pour transporter sur leur dos entre 40 et 90 kilos de marchandises. Le photographe de l’AFP Fadel Senna les a photographiées en septembre 2017. Il revient pour Slate sur le travail «inhumain» mené par ces femmes.

«Les longues files d’attentes étaient composées de femmes, celles que l'on appelle les "femmes-mulets". Au Maroc, on les appelle les "hamalates" (porteuses), de l’autre côté de la frontière les "mujeres mulas" (femmes-mulets). Elles vont jusqu’à Ceuta à pied pour aller chercher de la marchandise. Elles se dirigent vers la zone industrielle qui se trouve juste de l’autre côté de la frontière. Des commerçants chargent eux-mêmes ses femmes (la plupart sont marocains) et elles retournent sur leur pas pour repasser la frontière vers le Maroc.»

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«Les longues files d’attentes étaient composées de femmes, celles que l’on appelle les « femmes-mulets ». Au Maroc, on les appelle les « hamalates » (porteuses), de l’autre côté de la frontière les « mujeres mulas » (femmes-mulets). Elles vont jusqu’à Ceuta à pied pour aller chercher de la marchandise. Elles se dirigent vers la zone industrielle qui se trouve juste de l’autre côté de la frontière. Des commerçants chargent eux-mêmes ses femmes (la plupart sont marocains) et elles retournent sur leur pas pour repasser la frontière vers le Maroc.»

Crédit: Fadel Senna / AFP

«L’enclave espagnole de Ceuta dispose d’un statut de "port franc". Quand la marchandise est transportée à pied, elle n’est pas soumise à une taxe. Les femmes portent un paquet qui pèse entre 40 et 90 kilos sur leur dos. Certaines en ont même une deuxième qu’elles font rouler par terre.»

T F

«L’enclave espagnole de Ceuta dispose d’un statut de « port franc« . Quand la marchandise est transportée à pied, elle n’est pas soumise à une taxe. Les femmes portent un paquet qui pèse entre 40 et 90 kilos sur leur dos. Certaines en ont même une deuxième qu’elles font rouler par terre.»

Crédit: Fadel Senna / AFP

«Elles reviennent ensuite au Maroc en passant à pied la frontière pour gagner environ dix euros. Elles donnent ensuite leur marchandise aux contrebandiers qui la ramène sur le marché marocain pour la vendre au souk. Les femmes peuvent transporter toutes sortes de marchandises, du tissu, de l’électroménager, de l’alimentaire... il y a de tout.»

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«Elles reviennent ensuite au Maroc en passant à pied la frontière pour gagner environ dix euros. Elles donnent ensuite leur marchandise aux contrebandiers qui la ramène sur le marché marocain pour la vendre au souk. Les femmes peuvent transporter toutes sortes de marchandises, du tissu, de l’électroménager, de l’alimentaire… il y a de tout.»

Crédit: Fadel Senna / AFP

«Quand elles se dirigent normalement en file vers la frontière, tout se passe bien. Malheureusement, les autorités des deux côtés leur mettent parfois la pression pour éviter le bazar et cela créé des mouvements de foule, qui créent à leur tour la panique. C’est comme cela que des femmes meurent régulièrement.»

Le 16 janvier, deux marocaines d’une quarantaine d’années, Ilham et Souad, originaires de Fnideq, sont mortes bousculées. En 2017, au moins quatre autres porteuses étaient aussi décédées piétinées.

T F

«Quand elles se dirigent normalement en file vers la frontière, tout se passe bien. Malheureusement, les autorités des deux côtés leur mettent parfois la pression pour éviter le bazar et cela créé des mouvements de foule, qui créent à leur tour la panique. C’est comme cela que des femmes meurent régulièrement.»

Le 16 janvier, deux marocaines d’une quarantaine d’années, Ilham et Souad, originaires de Fnideq, sont mortes bousculées. En 2017, au moins quatre autres porteuses étaient aussi décédées piétinées.

Crédit: Fadel Senna / AFP

«Elles sont très nombreuses, mais le nombre d’entrées est limité –c’est aussi cela qui crée des mouvements de foule. Elles sont plus de 15.000 à faire ce travail. Mais en 2017 les autorités ont instauré un système de jetons qui n’autorise que 4.000 femmes à passer la frontière chaque jour et elles n’ont le droit qu’à un trajet. Les douaniers font passer les femmes petit à petit mais on a l’impression qu’ils sont vite débordés.»

T F

«Elles sont très nombreuses, mais le nombre d’entrées est limité –c’est aussi cela qui crée des mouvements de foule. Elles sont plus de 15.000 à faire ce travail. Mais en 2017 les autorités ont instauré un système de jetons qui n’autorise que 4.000 femmes à passer la frontière chaque jour et elles n’ont le droit qu’à un trajet. Les douaniers font passer les femmes petit à petit mais on a l’impression qu’ils sont vite débordés.»

Crédit: Fadel Senna / AFP

«Il y a aussi des hommes qui font ce travail mais on en entend moins parler et je n’ai pas connaissance d’hommes qui seraient morts bousculés. Il y a une nouvelle règle qui veut qu’un jour ce soit les femmes qui passent la frontière, le lendemain les hommes.»

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«Il y a aussi des hommes qui font ce travail mais on en entend moins parler et je n’ai pas connaissance d’hommes qui seraient morts bousculés. Il y a une nouvelle règle qui veut qu’un jour ce soit les femmes qui passent la frontière, le lendemain les hommes.»

Crédit: Fadel Senna / AFP

«Ce qui marque, c’est que ces femmes ont tous les âges. C’est difficile d’imaginer qu’elles portent autant de charges pour si peu d’argent. Le commerce est légal mais la manière dont on demande à ces femmes de faire ce travail est problématique, inhumain. Et les contrebandiers jouent avec les lois.»

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«Ce qui marque, c’est que ces femmes ont tous les âges. C’est difficile d’imaginer qu’elles portent autant de charges pour si peu d’argent. Le commerce est légal mais la manière dont on demande à ces femmes de faire ce travail est problématique, inhumain. Et les contrebandiers jouent avec les lois.»

Crédit: Fadel Senna / AFP

«Chacune de ces femmes a une expression triste et épuisée, on peut d’ailleurs voir la dureté de leur travail sur les photos. Nous n’avons eu que très peu de contact avec ces femmes lors de la prise de vue. Elles sont trop occupées par leur passage, concentrées pour ne pas crouler sous le poids de ce qu’elles transportent.»

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«Chacune de ces femmes a une expression triste et épuisée, on peut d’ailleurs voir la dureté de leur travail sur les photos. Nous n’avons eu que très peu de contact avec ces femmes lors de la prise de vue. Elles sont trop occupées par leur passage, concentrées pour ne pas crouler sous le poids de ce qu’elles transportent.»

Crédit: Fadel Senna / AFP

http://www.slate.fr/

Le Saviez-Vous ►Les plus grandes espionnes des deux guerres mondiales


Pendant les deux guerres mondiales, des femmes ont joué des rôles importants dans l’espionnage. Qu’elles soient du bon ou du mauvais côtés, elles ont eu beaucoup de courage pour participer en secret en recueillant des informations. Certaines sont mortes tragiquement alors que d’autres ont passé au travers
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Les plus grandes espionnes des deux guerres mondiales

 

Mata Hari, la « Madonna » de l’époque, devenue espionne et contre-espionne, a été exécutée le 15 octobre 1917 par l’armée française pour haute trahison. © photo news.

Loïc STRUYS

De nombreuses femmes ont marqué l’histoire des conflits mondiaux pour leur rôle secret et discret, exercé au contact de l’ennemi au péril de leur vie. Loin de l’image glamour des espionnes magnifiées par les grandes fictions du 7e art, toutes ont laissé une trace dans l’Histoire, à l’image de Mata Hari, dont on célèbre ce 15 octobre 2017 le 100e anniversaire de la mort. Retour non-exhaustif sur les grandes figures féminines de la résistance, de l’espionnage et du contre-espionnage des conflits de 14-18 et 40-45.

Mata Hari, l’ensorceleuse devenue espionne

Danseuse, aventurière et espionne, Matha Hari tombait il y a cent ans jour pour jour sous les balles de l’armée française, condamnée à mort pour espionnage et haute trahison. Jusqu’à cette fin tragique à 41 ans, celle qui est née aux Pays-Bas sous le nom de Margaretha Geertruida Zelle, avait réuni autour de sa personne une fascination jusqu’alors encore inconnue.

Considérée comme la « Madonna » de l’époque, Mata Hari est la première à jouer avec l’imaginaire des hommes du Paris libertin de la Belle-Epoque en exécutant des numéros de danses inspirées de sa vie aux Indes Néerlandaises et qui firent sa renommée.  

Courtisane, prostituée, elle côtoie les riches et les puissants d’un monde au bord de l’implosion. Engagée par la France pour espionner le Haut commandement allemand en Belgique, elle est arrêtée par les services secrets français qui l’accuse de collaborer avec l’ennemi sous le code H-21, un nom utilisé pour tenter de séduire un militaire germanique en janvier 1917.

H-21

L’interception par l’armée française d’un message radio du militaire allemand à Berlin décrivant les activités de H-21, conduit à son arrestation le 13 février 1917. Malgré une enquête sommaire, un bref procès et ses piètres performances d’indic’, l’ancienne idole des Folies Bergère est exécutée le 15 octobre 1917 sans que les doutes sur sa culpabilité ne soient levés.

Depuis lors, certains estiment que l’armée française, engluée dans une guerre statique et victime d’importantes mutineries, a fait de Mata Hari un bouc émissaire. Un siècle plus tard, le mystère demeure. Un siècle plus tard, elle incarne toujours le symbole dramatico-romantique de l’espionnage en temps de guerre.

Gabrielle Petit envoyait des renseignements aux alliés au nez et à la barbe de l’Occupant. © photo news.

Gabrielle Petit, la patriote belge

Il s’agit sans doute de la plus célèbre espionne belge. Gabrielle Petit, née à Tournai le 20 février 1893, a 21 ans lorsque la Première Guerre mondiale éclate. Après un bref passage par la Croix-Rouge, celle qui fut confiée par son père à des religieuses est recrutée par les services secrets anglais.

Son rôle est de récolter des renseignements sur les positions et mouvements des troupes allemandes dans sa région natale et le nord de la France et de les transmettre à Londres. D’après des documents retrouvés à sa mort, Gabrielle Petit écrivait ses précieuses informations sur un papier aussi fin qu’une feuille de cigarette qu’elle glissait ensuite dans des cartes postales dont elle avait au préalable décapé la surface illustrée. Après avoir recollé le tout, elle expédiait son courrier vers Londres, au nez et à la barbe des Allemands.

Soupçons et zeppelin

Soupçonnée une première fois par la police secrète allemande d’activités illégales, elle est relâchée et adopte le nom d’emprunt de Mademoiselle Legrand. Son dernier message à destination des alliés date du 31 janvier 1916. Elle y mentionne le crash d’un zeppelin allemand à Mainvault (Ath), sans pouvoir l’expédier: elle est arrêtée le jour-même. Emprisonnée à Saint-Gilles, Gabrielle Petit résiste aux interrogatoires musclés, refuse de demander grâce à l’ennemi et est finalement condamnée à mort. Elle est fusillée par les Allemands au Tir National de Schaerbeek, le 1er avril 1916.

Symbole de la résistance en territoire occupé, Gabriel Petit a droit à des funérailles nationales en 1919 auxquelles assiste la Reine Elisabeth qui dépose la croix de l’ordre de Léopold sur son cercueil. De nombreuses statues à son effigie et des rues ou squares à son nom lui rendent encore aujourd’hui hommage dans plusieurs villes du pays.

Sa mort eut une onde de choc similaire à l’exécution de l’infirmière anglaise Edith Cavell, le 12 octobre 1915 à Bruxelles, pour avoir aidé des soldats alliés à fuir la Belgique.

Elsbeth Schragmüller a emporté son secret dans la tombe. L’identité de celle qui était surnommée « Mademoiselle Docteur » ou « la sirène blonde d’Anvers » n’a été révélée qu’en 1945, soit plus de 25 ans après la fin de la Première Guerre mondiale. © photo news.

Elsbeth Schragmüller, Mademoiselle Docteur

Elsbeth Schragmüller est considérée à son époque comme l’une des femmes les plus intelligentes de son pays, l’Allemagne. Un titre mérité pour avoir été l’une des premières à obtenir un diplôme universitaire et le titre de docteur en Sciences politiques à Fribourg.

En 1914, au lendemain du déclenchement de la guerre, elle rejoint Bruxelles à l’âge de 26 ans et se rend à l’hôtel où séjourne « Goltz Pacha », le baron Colmar von der Goltz, fraîchement nommé gouverneur militaire de Belgique et connu pour sa violente répression de la résistance belge. Celui qui suscitera plus tard l’admiration d’Adolf Hitler confie à Elsbeth le contrôle et l’évaluation des lettres envoyées par les soldats belges à leur famille pour espérer y trouver une tentative d’invasion britannique sur nos côtes.

Recruteuse de Mata Hari

Son travail remarquable la propulse à la tête de l’antenne anversoise du Geheimer Nachrichtendienst (Service de Renseignements secrets de l’Allemagne), le plus important centre de renseignement allemand sur le front ouest. Eduquée en français par sa grand-mère, celle que l’on surnomme « Mademoiselle Docteur » gère la section « France » et est chargée du recrutement et de la formation des espionnes.

Assistée d’une certaine Clara Benedix ou agent AF05, elle enrôle de nombreuses espionnes connues dont Mata Hari. Considérée comme la reine de l’espionnage, ses ennemis ne la connaissent que sous les noms de « Mademoiselle Docteur » ou « la sirène blonde d’Anvers », suscitant de nombreuses légendes autour de sa personnalité et de son parcours.

Beaucoup la soupçonnent d’être accro à la morphine, de fricoter avec le camp des alliés ou d’être décédée dans un asile au terme de la guerre. Là encore, « Fräulein Doktor » parvient à conserver une forme de mysticisme; en 1918, elle reprend sa carrière académique et de conférencière à l’université de Fribourg. Elle publie le contenu de ses travaux scientifiques dans de nombreuses revues spécialisées avant de déménager à Munich, où elle décède (probablement) d’une tuberculose à 52 ans.

Ce n’est qu’en 1945 que l’identité de « Mademoiselle Docteur » est révélée, lorsqu’un vieux dossier des renseignements allemands passent entre des mains américaines. Elle est la seule femme gradée à avoir occupé un rôle militaire dans l’armée allemande durant la guerre de 14-18.

Athlète de haut niveau, Violette Morris, ci-dessous au volant de son véhicule inscrit au Bol d’Or, a bousculé les moeurs en adoptant une attitude Garçonne et en se déclarant ouvertement bisexuelle. À l’étroit dans cette France bien-pensante, « La Morris » a préféré collaborer avec l’ennemi et intégrer sa police secrète, ce qui lui vaudra le surnom de « Hyène de la Gestapo ». © photo news.

Violette Morris, sportive et collabo

Violette Morris n’est pas faite pour la vie parisienne bourgeoise que ses origines lui prédestinent. Cette fille d’un baron capitaine de cavalerie rompt son mariage acté en 1913 pour rejoindre  le front, par patriotisme et goût de l’action.

Tour à tour infirmière et estafette, elle vit au milieu des champs de bataille les plus meurtiers (Verdun, la Somme) dont elle revient avec un langage fleuri, une affection pour les vêtements masculins et des convictions arrêtées sur la place de la femme dans la société de l’époque. Au terme de la Grande guerre, Violette adopte le look Garçonne et s’adonne à de nombreux sports: football, athlétisme, courses automobiles, équitation, tennis, haltérophilie, boxe.

Baptisée « La Morris », elle accumule les titres pendant de nombreuses années, bien aidée par un physique d’athlète (166 cm pour 68 kg). Pourtant, la jeune femme vit et s’habille comme un homme, vide trois paquets de cigarettes par jour et bouscule les moeurs en se déclarant bisexuelle. Ce style de vie lui coûte sa place aux JO de 1928, les premiers à accueillir des épreuves féminines.

Sa licence lui est retirée pour « atteinte aux bonnes moeurs » et le port de la culotte en rue, tenue contraire à une ordonnance de 1800 qui invite les femmes à se vêtir d’un pantalon. Obligée de cesser toute activité sportive, « La Morris » rate sa reconversion dans le commerce d’accessoires pour automobiles et vélos, échec qu’elle attribue à son propriétaire d’origine juive ce qui contribuera à nourrir son antisémitisme naissant. 

« Hyène de la Gestapo »

1936, JO de Berlin. Violette Morris est l’invitée d’honneur du IIIe Reich. Adepte de la pensée nazi, elle est remarquée par les services secrets allemands séduits par ses relations dans le milieu sportif et du tout-Paris. Un an plus tard, elle est enrôlée et confie de nombreux renseignements sur les plans de défense des villes françaises, dont une partie des plans de la ligne Maginot, ou sur les équipements de l’armée. 

Sous l’Occupation, son rôle s’intensifie auprès de la Gestapo et des renseignements SS qui lui confient le recrutement d’espions et l’infiltration des premiers réseaux de la résistance. De 1942 à 1944, Violette Morris gagne son nom de « Hyène de la Gestapo » pour sa participation aux séances de torture de l’antenne française de la police politique hitlérienne. Sa réputation alerte les services anglais et françaises qui ordonnent aux services gaullistes de l’abattre.

Le 26 avril 1944, des maquisards l’attendent sur une route de campagne et canardent le véhicule qu’elle occupe avec une famille de collabos notoires. Après avoir réchappé par chance à plusieurs opérations, « La Morris » s’est définitivement tue.

Joséphine Baker se servait de ses partitions musicales pour dissimuler des renseignements soutirés aux officiels rencontrés au cours de voyages à travers l’Afrique et le Moyen-Orient. © photo news.

Joséphine Baker, des cabarets à la Résistance

À jamais associée au music hall, aux années folles, à une image de « négresse sauvage » volontairement caricaturale pour répondre à l’attente du public parisien de la deuxième moitié des années 20, Joséphine Baker s’est engagée auprès de la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale.

La reine du Charleston, originaire d’un bidonville de Saint-Louis, domestique débarquée en 1924 à 19 ans à Paris, devient agent du contre-espionnage dès 1939, se mobilise pour la Croix-Rouge, donne des concerts pour l’effort de guerre et transforme le domaine du château des Milandes (Périgord) pour héberger les déplacés et résistants.

Des partitions comme camouflage

En novembre 1940, « Capitaine Joséphine » s’engage dans les services secrets de la France libre (« Ce pays qui m’a tout donné ») et lutte pour la victoire des Alliés depuis le Maroc, où elle séjourne de 1941 à 1944. Sa célébrité lui sert de couverture et durant sa tournée, en Jeep, où elle chante pour les troupes et porte la voix de la France libre de Marrakech à Damas en passant par Le Caire, elle dissimule dans ses partitions musicales les nombreuses informations soutirées aux officiers qu’elle rencontre.

En Egypte, elle convainc le Roi Farouk de rejoindre le camp allié. Alors que la grande offensive des alliés est proche, elle devient officiellement militaire le 30 mai 1944 en tant que rédactrice de première classe et rédactrice de propagande. Le 6 juin 1944, elle survit à un accident d’avion, obligé d’amerrir au large de l’Italie, et doit la vie sauve à une unité de l’armée sénégalaise. En octobre 44, elle débarque à Marseille et poursuit sa lutte contre une Allemagne nazie au bord de la capitulation.

Décorée de la Médaille de la résistance, des insignes de chevalier de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre, elle restera gaulliste jusqu’à sa mort, en 1975.

Noreen Riols, soixante ans de silence

1943. Noreen, 17 ans, étudiante au lycée français de Londres, se trouve confrontée au même dilemme que ses congénères qui ne faisaient pas médecine: intégrer l’armée ou travailler dans une usine d’armement. Le choix est vite faite: issue d’une famille de marins, fan du « chapeau » de la Navy, Noreen opte pour une carrière militaire.

Mais sa maîtrise des langues étrangères la conduit vers une autre adresse et un autre destin: elle débarque au 64 Baker Street, QG des services secrets de Winston Churchill, et devient l’agent Baxter. Son rôle: espionne au sein de la « section F » (pour France) pour soutenir et organiser la résistance intérieure, en transmettant notamment les fameux messages codés diffusés sur les ondes de la BBC.

Alcool et jolies filles

Chargée d’évaluer les aptitudes des agents secrets à garder le silence, sous l’influence de l’alcool ou en présence de jolies femmes, l’agent Baxter, spécialisée en sabotage, voit son rêve d’être parachutée en territoire ennemi s’envoler. Le jour du débarquement, il lui revient d’acheminer à la BBC la célèbre phrase « les carottes sont cuites », annonçant le départ des navires vers les côtes normandes.

À la fin de la guerre, le gouvernement dénigre subitement les agents de l’ombre.

« On était censé ne jamais avoir existé », expliquera-t-elle plus tard. « J’avais signé un document qui m’interdisait d’en parler pendant soixante ans ».

En 2000, le secret est enfin levé, mais l’ancienne espionne devra attendre plus de dix ans pour recevoir les honneurs qu’elle mérite. Décorée de la médaille des volontaires de la Libération et de la Légion d’honneur, Noreen Riols, née à Malte en 1926, est toujours en vie.

L’une des missions de Noreen Riols était d’acheminer les messages transmis par la BBC. © ap.

Noreen Riols a été contrainte de garder le silence sur son rôle d’agent secret durant soixante ans. © ap.

 

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Le viol collectif d’une jeune fille dans un bus indigne le Maroc


C’est plus que l’indignation que des adolescents agressés sexuellement une jeune femme ayant un handicap mental dans un autobus. Le pire, c’est que malgré les cris, les larmes, personnes sont venus à son secours et encore moi le chauffeur qui a continuer sa route. Pour moi, ils sont tous coupables de non-assistance à une personne en détresse. Le chauffeur devrait perdre son permis. Dans un autobus, c’est un endroit qu’on doit se sentir en sécurité
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Le viol collectif d’une jeune fille dans un bus indigne le Maroc

 

Illustration. © thinkstock.

Le Maroc est sous le choc après la diffusion d’une vidéo montrant un groupe de jeunes agresser sexuellement dans un bus une jeune femme, atteinte d’un handicap mental selon les autorités, qui ont fait état de l’arrestation des agresseurs lundi.

Diffusées dimanche sur les réseaux sociaux, les images ont suscité une salve de réactions indignées sur les réseaux sociaux et dans les médias au Maroc. On y voit un groupe d’adolescents, torse nu, en train de bousculer violemment une jeune femme en pleurs dans un bus, la touchant dans des parties intimes de son corps, tout en s’esclaffant.

La victime, à moitié dénudée, pousse des cris de détresse, alors que le bus continue de rouler, sans qu’aucun passager n’intervienne. La scène a eu lieu à Casablanca, métropole économique du royaume, précise la presse locale.

La société chargée du transport en commun M’dina Bus, a indiqué que « l’agression s’est déroulée ce vendredi 18 août » et que les agresseurs avaient été « appréhendés ce lundi 21 août. »

La police a confirmé dans un communiqué l’arrestation des six auteurs, âgés entre 15 et 17 ans, qui ont été placés sous surveillance policière.

La même source a également confirmé que la victime, 24 ans, était atteinte d’un handicap mental, et relevé qu’elle n’avait avant la diffusion de la vidéo reçu aucune plainte, ni de la part de la jeune femme agressée ni de la part du chauffeur.

Indignation

« Horreur à Casablanca », « des monstres commettent un crime odieux », écrit la presse locale, qui tire la sonnette d’alarme sur le phénomène du harcèlement des femmes dans l’espace public. L’association Touche pas à mon enfant a lancé lundi un appel à témoins afin « de traduire en justice cette horde barbare qui s’est attaquée lâchement à une jeune fille ».

Des internautes ont, eux, appelé à un sit-in le 23 août à Casablanca pour exprimer leur indignation. D’autres, en revanche, s’en sont pris à la victime, prenant la défense des agresseurs.

Au Maroc, marcher seule dans la rue relève parfois du parcours du combattant. Ou plutôt de la combattante: elles y subissent fréquemment remarques désobligeantes et insultes. Selon les chiffres officiels, près de deux Marocaines sur trois sont victimes de violences. Et les lieux publics sont les endroits où la violence physique à leur égard est la plus manifeste.

Début août, une autre vidéo montrant une horde de jeunes hommes traquer une jeune femme marchant seule dans la rue à Tanger (nord) avait déjà suscité l’indignation dans le pays.

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L’origine de l’homme moderne nous réserve-t-elle d’autres surprises?


Pour ceux qui s’intéressent comme moi à l’archéologie, dans le domaine de l’évolution humaine, ces quelques mois ont été vraiment fructueuse. Avec des nouvelles technologies, la collaboration internationale fait reculer l’apparition de l’homme de plusieurs milliers d’années
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L’origine de l’homme moderne nous réserve-t-elle d’autres surprises?

 

L'évolution humaine représentée par une illustration

Illustration de l’évolution humaine Photo : iStock

En quelques mois seulement, 2017 a étonné les anthropologues de la planète : l’analyse d’outils et d’ossements fossilisés a fait reculer à au moins trois reprises l’apparition de notre espèce sur Terre et en Amérique. Une année exceptionnelle pour la science puisqu’elle bouleverse les théories acquises à ce jour.

Un texte de Daniel Blanchette Pelletier

Des restes humains, des outils en pierre et des ossements d’animaux fossilisés, retrouvés sur le site archéologique de Djebel Irhoud, au Maroc, ont permis de situer l’être humain sur le continent africain il y a environ 315 000 ans, soit 100 000 ans plus tôt qu’on le croyait.

La conclusion de l’équipe de chercheurs à l’origine de cette découverte sans précédent se retrouve dans de nouvelles études publiées récemment dans la revue Nature.

La datation des sédiments a été obtenue par thermoluminescence, une méthode qui consiste à dater d’autres objets retrouvés sur le site, plutôt que les ossements, comme des morceaux de galets brûlés par le feu à l’époque.

« En les chauffant à nouveau, l’énergie emmagasinée dans le silex est libérée. Et on peut la comparer, en calculer l’irradiation, et déterminer l’âge de l’occupation du site archéologique », explique Daniel Richter, de l’Institut allemand Max-Planck d’anthropologie évolutionniste, qui a daté les fossiles retrouvés au Maroc.

« C’était la seule façon de procéder pour dater d’aussi vieux ossements », ajoute le chercheur, qui se dit surpris d’en être arrivé à un chiffre aussi reculé dans le temps.

Les dents ont pour leur part été datées grâce à la résonance de spin électronique (une autre méthode de datation) pour contre-vérifier les résultats obtenus.

Un bond de 100 000 ans

Reconstruction faciale réalisée à partir des fragments d'un crâne d’Homo sapiens trouvé à Jebel Irhoud, au Maroc.

Reconstruction faciale réalisée à partir des fragments d’un crâne d’Homo sapiens trouvé au Maroc   Photo : Hublin/Ben-Ncer/Bailey

Le plus vieil être humain moderne connu à ce jour remontait à environ 200 000 ans. Ses restes avaient été retrouvés en Éthiopie. L’Afrique de l’Est était depuis considérée comme le berceau de l’humanité.

Les travaux effectués au Maroc bouleversent donc deux fois plutôt qu’une : l’être humain est non seulement beaucoup plus âgé qu’on le croyait, mais il était aussi présent dans toute l’Afrique.

D’autres surprises en Amérique

Au début de l’année, des travaux menés à l’Université de Montréal ont permis de chiffrer la présence de l’humain en Amérique à plus de 20 000 ans, grâce à l’analyse au radiocarbone d’artéfacts provenant de grottes dans le nord du Yukon.

L’être humain aurait donc peuplé le continent 10 000 ans plus tôt qu’on le croyait au départ. Sauf que, peu après, des travaux, cette fois menés aux États-Unis, ont donné lieu à une autre théorie, selon laquelle les premiers hommes avaient plutôt foulé le sol de l’Amérique il y a 130 000 ans.

Les os du mastodonte découverts en 1993 près de San Diego

Les os du mastodonte découverts en 1993 près de San Diego Photo : La Presse canadienne

La professeure au département d’anthropologie de l’Université de Montréal Ariane Burke qualifie de formidables les avancées de la science depuis le début de l’année, bien qu’il ne soit pas si étonnant, selon elle, que des artéfacts et des sites archéologiques soient redatés.

Ce qui fait l’éclat et attire l’attention en 2017, c’est qu’on repousse encore plus loin les origines de l’homme. Ariane Burke, archéologue et anthropologue

« Au fil des années, on ajoute des précisions sur des dates imprécises avec l’objectif d’affiner notre chronologie », ajoute-t-elle.

Les fragments de Djebel Irhoud, au Maroc, ont été retrouvés en 2004. Il a ensuite fallu plus de 10 ans pour les dater et contrevérifier les résultats obtenus avant d’être présentés la semaine dernière.

Le site archéologique avait révélé ses premiers secrets dans les années 60, mais c’est justement parce que les chercheurs de l’Institut Max-Planck doutaient des chiffres obtenus à l’époque qu’ils ont repris les fouilles. Les sédiments qui y étaient restés ont donc fait l’objet de nouvelles analyses.

« Depuis une vingtaine d’années, on a vu beaucoup de progrès dans les méthodes de datation, explique Ariane Burke. Les sites fouillés plus récemment peuvent être repris, parce que des sédiments ont été laissés en place en prévoyant qu’il y aurait peut-être des avancés dans les techniques archéologiques qui nous permettraient de revenir sur les lieux et de poser de nouvelles questions ».

Faire le point

L’archéologie n’a pas fini de révéler tous ses secrets sur l’être humain. Daniel Richter concède lui-même qu’avec le perfectionnement des technologies, d’autres découvertes pourraient le surprendre à nouveau.

De très vieux fossiles se cacheraient d’ailleurs toujours en Afrique, ce qui s’explique, selon plusieurs archéologues, par le manque de fouilles sur le continent.

La professeure Burke cite d’ailleurs un quatrième cas, en 2017, qui a cependant moins retenu l’attention : celui de la découverte, en Afrique du Sud, de nouveaux restes de l’Homo naledi, un cousin de l’Homo sapiens. Si on estimait à l’origine qu’il avait vécu il y a environ un ou deux millions d’années, il a plutôt été daté récemment entre 236 000 et 335 000 ans et aurait donc cohabité avec l’homme moderne, bouleversant l’ordre établi dans la chaîne de l’évolution.

« Je pense qu’on peut s’attendre à d’autres nouveautés et découvertes. On a une espèce qui a une portée géographique très vaste », poursuit Ariane Burke, en rappelant que des collaborations internationales et le perfectionnement des technologies permettent justement d’écrire l’histoire de l’être humain avec plus de précision.

« C’est ça la science, résume-t-elle. On émet des hypothèses, on les teste, puis on les ajuste. C’est un domaine très enrichissant et en plein mouvement ».

Les découvertes de cette année en archéologie et en anthropologie montrent qu’une chose est certaine : l’histoire de l’humain réserve encore des surprises.

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Homo sapiens prend un coup de vieux


Alors qu’on croyait avoir écrit la lignée humaine, il semble qu’il faut réécrire les livres d’histoire pour reculer la présence d’Homo Sapiens en Afrique. En effet, au Maroc, une découverte de tailles de restes humains et d’outils qui dateraient de 315 000 ans.
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Homo sapiens prend un coup de vieux

 

Photo : Musée d’histoire naturelle de Londres

Des outils et des restes fossilisés de cinq Homo sapiens datant de 315 000 ans, mis au jour au Maroc, font reculer de 100 000 ans le moment de l’apparition de notre espèce.

Radio-Canada avec Agence France-Presse

Un texte d’Alain Labelle

C’est un véritable tremblement de terre qui secoue aujourd’hui le monde de l’anthropologie. Non seulement cette découverte fait reculer notre entrée en scène sur la surface de la Terre, mais elle montre aussi que des changements dans notre biologie et nos comportements sont apparus dans tout le continent africain, et pas seulement en Afrique de l’Est.

Cette découverte représente la racine même de notre espèce, l’Homo sapiens le plus vieux jamais trouvé en Afrique ou ailleurs. Jean-Jacques Hublin, Institut Max Planck de Leipzig

Les fossiles, notamment une face humaine et une mandibule, ont été découverts lors de fouilles réalisées en 2004 sur le site de Jbel Irhoud dans le nord-ouest du Maroc.

Une mandibule découverte au Maroc.

Une mandibule découverte au Maroc.   Photo : (Jean-Jacques Hublin/MPI-EVA

L’équipe d’anthropologues menée par le Français Jean-Jacques Hublin a été très surprise de constater que le visage d’un de ces premiers Homo sapiens ressemblait à celui « de quelqu’un que l’on pourrait rencontrer dans le métro ».

Toutefois, sa boîte crânienne était encore assez différente de celle de l’homme actuel.

Les fossiles des premiers Homo sapiens trouvés au Maroc (à gauche) affichent une forme de crâne plus allongée que celle des humains modernes (à droite).   Photo : NHM Londres

Il reste encore une longue évolution avant d’arriver à une morphologie moderne. Jean-Jacques Hublin

Ce site est bien connu des paléontologues. Déjà, en 1968, il a livré le fossile d’un jeune Homo sapiens, appelé d’Irhoud 3, dont l’âge est initialement estimé à 40 000 ans, puis à 160 000 ans.

Le Pr Hublin doutait de la véracité de cette datation. Il a donc entrepris de nouvelles fouilles en 2004.

Des restes appartenant à au moins cinq individus – trois adultes, un adolescent et un enfant – ont été mis au jour.

La datation des fossiles a été obtenue au moyen de la thermoluminescence, une technique très connue et utilisée depuis les années 80.

Reconstruction faciale réalisée à partir des fragments d'un crâne d’Homo sapiens trouvé à Jebel Irhoud, au Maroc.

Reconstruction faciale réalisée à partir des fragments d’un crâne d’Homo sapiens trouvé à Jebel Irhoud, au Maroc.   Photo : Hublin/Ben-Ncer/Bailey

Des Homo sapiens en Afrique de l’Ouest

Les hommes de Jebel Irhoud détrônent Omo I et Omo II, découverts à Omo Kibish en Éthiopie et datant d’environ 195 000 ans. Également en Éthiopie, trois crânes fossilisés datant d’environ 160 000 ans avaient été découverts près du village de Herto, en pays Afar.

Toutes ces découvertes réalisées dans la même région laissaient à penser que tous les hommes actuels descendaient d’une population qui vivait en Afrique de l’Est.

Or, cette théorie est mise à mal par les découvertes de Jebel Irhoud.

En outre, des outils trouvés sur le site avec nos ancêtres – des éclats et surtout des pointes retouchées – sont typiques de la grande étape de la Préhistoire africaine.

On a déjà retrouvé ce type d’outils, également datés de 300 000 ans, un peu partout en Afrique sans savoir qui avait pu les fabriquer. Daniel Richter, Institut Max Planck deLeipzig

Les présents travaux permettent d’associer la présence des outils à celle de l’Homo sapiens.

Très certainement avant 300 000 ans, avant Jebel Irhoud, une dispersion des ancêtres de notre espèce sur l’ensemble du continent africain avait déjà eu lieu. Toute l’Afrique a participé au processus. Daniel Richter

Un buisson, pas un arbre généalogique

De nombreux groupes très différents ont donc coexisté, non seulement dans des régions éloignées les unes des autres, mais peut-être également dans des régions proches.

Ainsi, de nombreux groupes d’Homo sapiens archaïques, mais également d’autres espèces humaines comme l’Homo erectus, les néandertaliens, les denisoviens et peut être les Homo naledi auraient coexisté.

Il y a donc eu pendant longtemps plusieurs espèces d’hommes à travers le monde, qui se sont croisées, ont cohabité, échangé des gènes… Antoine Balzeau paléoanthropologue

Ces récentes découvertes remettent en question la vision linéaire de l’évolution humaine « avec une succession d’espèces qui viennent les unes au bout des autres », conclut Jean-Jacques Hublin.

Elles sont l’objet de deux études publiées dans la revue Nature.

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