Le Saviez-Vous ► Épicerie: 50 pièges du supermarché révélés par ses employés


 

L’épicerie prend une bonne partie de notre budget. Il est bon de savoir certaines choses comme si les rabais valent la peine. Les petites astuces pour nous faire dépenser un peu plus. Quelques conseils pour économiser etc …
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Épicerie: 50 pièges du supermarché révélés par ses employés

Les paniers d'épicerie sont de plus en plus gros.

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Michelle Crouch

Des experts de l’industrie alimentaire, des analystes et des employés de supermarchés vous révèlent des stratégies pour économiser de l’argent, tout en demeurant en bonne santé et en battant les supermarchés à leurs propres jeux.

Nous sommes bien conscients du rôle que les sens jouent dans le marketing

Lorsque vous passez la porte de l’épicerie, vous sentez l’odeur du pain ou du poulet cuisant lentement dans les départements de la boulangerie ou des charcuteries. C’est que nous savons que ces odeurs font travailler vos glandes salivaires. Vous devenez alors un client beaucoup moins discipliné et vous aurez tendance à acheter davantage.

Paco Underhill, expert en consommation

Ce n’est pas un hasard si les paniers d’épicerie deviennent de plus en plus gros…

Nous avons doublé leur taille pour faire un test et les clients ont acheté 19 % de plus de marchandises. Les paniers d’épicerie sont donc bel et bien plus gros qu’avant!

– Martin Lindstrom , consultant en marketing

Plus les gens achètent, plus ils consomment

Vous aviez l’habitude d’acheter un paquet de six canettes de boissons gazeuses par semaine afin de les boire en une semaine. Désormais, vous devez acheter un paquet de 12 canettes par semaine, car c’est le format standard que l’on retrouve dans tous les supermarchés. Vous allez donc probablement boire 12 canettes par semaine. Assurez-vous de ne pas changer vos habitudes alimentaires en raison des formats de produits que vous achetez.

– Jeff Weidauer , ancien président-directeur général de supermarchés et vice-président du marketing pour une société de services au détail

Le consommateur moyen a tendance à retenir le prix de seulement quatre articles

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Le consommateur moyen a tendance à retenir le prix de seulement quatre articles

Le lait, le pain, les bananes et les œufs : 85 % des acheteurs n’ont aucune idée de ce que tous les autres articles coûtent et ne savent pas s’ils font une bonne affaire ou non lorsqu’ils les achètent.

– Martin Lindstrom

Les fruits et légumes à l'entrée du supermarché.

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Le rayon des fruits et légumes est situé à l’entrée du supermarché

Ses couleurs vives vous mettent de bonne humeur et vous incitent à acheter davantage. Je recommande donc de commencer à faire vos achats dans le milieu du magasin, parmi les conserves, dans un décor plus calme et fade.

– Phil Lempert, expert de l’industrie de l’alimentation

Plus de 60 % des consommateurs se débarrassent d’articles de leur panier avant de passer à la caisse

Pour contrer ce phénomène, les épiceries ont ainsi aménagé des files d’attente plus étroites pour la caisse, avec peu d’espace sur les tablettes. Il n’y a donc plus de place pour déposer les produits que vous ne désirez plus acheter.

– Martin Lindstrom

Nous vous laissons flâner… et c’est bon pour les affaires

À preuve : les clients me disent à la caisse : « je m’étais seulement arrêté pour acheter des oeufs », et ils ressortent avec 250 $ de marchandises dans leur panier.

– Jason Swett, ancien commis-emballeur et caissier d’épicerie

Pour économiser de l’argent, portez des écouteurs et écoutez de la musique entraînante

Plusieurs magasins font jouer de la musique avec un rythme qui est beaucoup plus lent que le rythme cardiaque moyen, ce qui vous fait passer plus de temps dans le magasin et acheter 29 % plus de marchandise.

– Martin Lindstrom

Des marges de profit astronomiques?

Le supermarché moyen fait environ 1,5 % de bénéfices nets par an. Ce n’est pas très élevé comme profit : les magasins de vêtements peuvent réaliser des gains de plusieurs fois ce pourcentage.

– Phil Lempert

Certaines épiceries utilisent des détecteurs de chaleur…

Leur objectif? Connaître la position des clients dans le magasin afin de déterminer quand il y aura un possible achalandage accru à la caisse. Ils peuvent ainsi positionner des caissiers à l’avance pour répondre à la demande.

– Jeff Weidauer

Soyez prêt à payer lorsque vous passez à la caisse.

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Ayez votre argent ou votre carte de débit/crédit en main lorsque vous passez à la caisse

Certains magasins minutent chacune des transactions. Si vous prenez trop de temps à notre caisse, nous pourrions nous faire réprimander par notre supérieur.

– Aimee Brittain , ancienne caissière d’épicerie

D’après mon expérience, la sécurité et l’hygiène alimentaire sont les plus importantes priorités

Cela est surtout vrai en ce qui a trait aux aliments frais. Les employés doivent stériliser les planches à couper toutes les 4 heures. Ils doivent aussi noter toutes les fois où les planches sont lavées. Certains employés essaient parfois de se dérober à cette tâche, mais il est de mon devoir de surgir à l’improviste dans les différents départements pour vérifier le journal de bord.

– Linda King, anciennement chef de département et directrice de magasin

 

Votre supermarché jettent les plats préparés non vendus.

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Une chose qui m’a choquée…

Les mets préparés dans le département du prêt-à-manger, comme le poulet rôti ou les pommes de terre et les différentes salades, sont jetés à la fin de la journée. Les magasins ne peuvent pas garder la nourriture et plusieurs ne la donnent même pas à leurs employés.

– Aimee Brittain

Les épiceries ne peuvent pas rivaliser avec les prix de Walmart

Que font-ils alors? Ils s’entourent de gens qui sont passionnés par la nourriture. Ils embauchent des bouchers qui sont habiles à découper la viande, forment des gestionnaires qui sont experts en fruits et légumes et travaillent avec des nutritionnistes qui donnent des séminaires sur les habitudes alimentaires saines.

– Jeff Weidauer

La plupart des épiceries s’allouent un budget pour venir en aide à des causes locales…

Les supermarchés sont généralement intéressés à faire partie de la communauté. Si votre école ou un organisme dans lequel vous vous impliquez doit tenir une collecte de fonds, n’oubliez pas d’en parler à l’épicerie la plus proche.

– Jeff Weidauer

Le client a toujours raison

Si vous placez un pain seul dans un sac, certaines personnes se fâcheront parce qu’elles veulent que vous le mettiez avec leurs autres produits d’épicerie. D’autres clients, toutefois, se fâchent si vous ne mettez pas le pain dans un sac séparément… Vous perdez donc chaque fois!

– Jason Swett

Le lait est à l'arrière, mais pas pour la raison que vous croyez

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Le lait est à l’arrière, mais pas pour la raison que vous croyez

Le lait n’est pas placé à l’arrière de l’épicerie pour que vous deviez marcher dans les allées pour y arriver. La vraie raison est une simple question de logistique. Le lait doit être immédiatement réfrigéré à son arrivée ; les camions déchargent leur marchandise à l’arrière, les réfrigérateurs sont donc là pour que nous puissions les remplir aussi rapidement et facilement que possible.

– Jeff Weidauer

 

80 % des articles que vous achetez reviennent chaque semaine

Conservez donc votre reçu. Il vous montrera un article précédemment acheté et le prix que vous aviez payé la dernière fois. Vous pourrez désormais savoir quand quelque chose est en vente. Ce sera le bon moment pour en faire le plein.

– Phil Lempert

 

Si vous avez besoin d’un gâteau, ne l’achetez pas la journée même

Nous devrons vous en donner un de la vitrine. Ces gâteaux reposent souvent là depuis un certain temps. Si vous commandez à l’avance, nous ferons le gâteau pour vous ce jour-là ou la veille et il sera beaucoup plus frais.

– Lindsay Smith , ancienne décoratrice de gâteau et ouvrière boulangère d’une épicerie

Croyez-le ou non…

Mes années de recherches m’ont appris que la pomme que vous voyez dans l’étalage au supermarché est âgée en moyenne de 14 mois… ou plus.

– Martin Lindstrom

Croyez-le ou non (bis)…

… Certains fromages exposés derrière le comptoir des charcuteries sont aussi offerts dans le réfrigérateur des produits laitiers. L’emballage n’est pas aussi chic, mais ils sont beaucoup moins chers.

– Phil Lempert

 

L'effet de l'eau sur les fruits et légumes.

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L’eau qui est vaporisée sur vos fruits et légumes…

L’eau sur ces aliments peut les faire paraître plus frais, mais peut aussi les faire mûrir trop vite. L’eau ajoute également du poids à un article, assurez-vous de secouer les légumes qui ont des feuilles avant de les mettre dans votre panier.

– Martin Lindstrom

Nous recyclons les fruits et légumes qui ne se vendent pas à temps

Les fruits et légumes qui n’ont pas été vendus assez vite sont utilisés dans nos mets préparés.

– Bradley McHugh

Au supermarché, optez pour ce qui est à moitié prix

On lit souvent ce genre de phrase alléchante : « achetez-en un et obtenez le deuxième à 50 % de rabais ». Ce genre de solde n’est pas bon, car les 2 articles ne sont qu’à 25 % de rabais chacun. Presque tout est réduit à 50 % à un moment ou un autre. Attendez un meilleur moment pour faire vos réserves.

– Teri Gault

Attention aux soldes trompeurs

Et, à mon avis, très trompeuses. Par exemple, on offrait 50 % sur un paquet de 10 onces de jambon en charcuterie, mais on affichait le carton du rabais entre les paquets de 10 onces et ceux de 16 onces. Les clients attrapaient souvent le mauvais paquet et payaient le plein prix.

– Jason Swett

Les aliments en vrac sont-ils plus avantageux?

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Les clients pensent que lorsqu’ils achètent en vrac, ils font nécessairement une meilleure affaire

Ce n’est pas toujours le cas. Dans le département des fruits et légumes, les poivrons individuels sont presque toujours moins chers que ceux des emballages multiples. Les avocats en vrac sont aussi généralement moins chers que ceux regroupés dans des sacs en filet.

– Teri Gaule

 

La promotion de 10 items pour 10 $ est l’une des plus efficaces

Quand un magasin fait cette promotion, le volume des articles achetés grimpe en flèche, même si cette promotion augmente le prix de l’article. Nous allons prendre une boîte de thon en conserve à 89 sous, afficher « 10 pour 10 $ », et au lieu d’acheter six conserves de 89 sous, les gens vont acheter dix conserves pour 10 $.

– Jeff Weidauer

Les produits au bout des allées.

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Les aliments au bout des allées ne sont pas en rabais

Si quelque chose est exposé au bout des allées, il ne s’agit pas nécessairement d’une bonne affaire. C’est souvent le contraire. Les bouts des allées sont vendus à des entreprises qui désirent promouvoir un produit spécifique.

– Paco Underhill

Ce n’est pas parce qu’un item est annoncé dans votre circulaire qu’il est en rabais

Il y a beaucoup d’articles qui sont plein prix dans les circulaires. Vérifiez si le prix indiqué est bien réduit ou non.

– Teri Gaule

Les épiceries ne possèdent généralement pas les meilleurs prix sur le lait

Le lait que vous trouvez dans les pharmacies et les marchés du coin est généralement de 30 à 50 sous moins cher pour un format de 2 litres. Vous pourrez même en trouver qui est produit localement et sans hormone.

– Teri Gaule

Vous aimez la pizza du département du prêt-à-manger?

Il est fort probable que vous puissiez retrouver la même pizza au rayon des surgelés, pour environ la moitié du prix.

– Bradley McHugh , gérant de la viande et des charcuteries et commis pour une épicerie indépendante

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Au comptoir de la poissonnerie…

La plupart des produits qui sont étiquetés « préalablement congelé » en petits caractères sont des produits qui sont probablement vendus dans le rayon des produits congelés pour environ 40 % de moins cher.

– Phil Lempert

J’ai goûté à chacun des produits de notre comptoir de charcuteries…

En fait, il existe très peu de différences entre ce qui a été préemballé et ce que nous tranchons pour vous. La plupart du temps, c’est exactement le même produit de charcuterie. Vous paierez toutefois environ 3 $ de plus par kilo pour le même produit que nous le tranchons pour vous.

– Bradley McHugh

Le sac en papier utilisé pour les pains.

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Quand vous achetez du pain frais…

Nous vous le donnons dans un sac de papier brun. Pourquoi ? Parce que le pain rassit plus rapidement ainsi. Vous reviendrez donc à l’épicerie plus vite pour en racheter. Une solution simple et rapide : placez votre pain dans un sac en plastique et hermétique tout de suite en rentrant chez vous.

– Lindsay Smith

Notre pain français était exactement le même que notre pain italien …

Qui est aussi le même que notre pain de ménage. Ils ont tous été préparés avec la même pâte, puis façonnés dans une forme différente.

– Lindsay Smith

S’il y a une vente sur les produits de boulangerie…

Même si vous n’en avez pas besoin avant quelques semaines pour une occasion spéciale, demandez si vous pouvez l’acheter maintenant. Dans plusieurs endroits, vous pourrez présenter votre reçu quelques semaines plus tard et obtenir votre commande.

– Un décorateur de gâteau dans une épicerie

Si vous apercevez un item de la boulangerie…

ou de la boucherie qui expire le lendemain, dîtes simplement : « Ceci expire demain. Est-ce que vous allez le mettre en rabais ? » Très souvent, ils vont vous faire le rabais sur-le-champ. Vous leur ferez une faveur, car ils doivent le jeter de toute façon.

– Teri Gaule

Les employés d’épicerie sont prêts à faire beaucoup de choses pour vous si vous le demandez

Le boucher peut attendrir la viande pour vous, le boulanger vous couper un morceau de pain et le fleuriste vous offrira gratuitement de la verdure pour aller avec votre bouquet de fleurs. Dans certains magasins, le commis de la poissonnerie pourra même enrober votre poisson de farine ou d’un mélange cajun puis le frire pour vous. La première fois qu’ils ont fait ça pour moi, je ne pouvais pas le croire.

– Teri Gaule

Le produit que vous voulez n’est pas disponible en magasin?

Parlez-en au gérant. Beaucoup de supermarchés peuvent faire une commande spéciale pour vous. Ils vont même pouvoir vous fournir ce produit régulièrement si vous en avez besoin.

– Jeff Weidauer

Essayez d'aller à l'épicerie le lundi ou le mardi plutôt qu'en fin de semaine.

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Si vous le pouvez, faites vos courses lorsque le magasin n’est pas achalandé

Des études montrent que la plupart des consommateurs achètent plus quand le magasin est bondé parce qu’ils veulent inconsciemment faire partie du groupe. Le lundi et le mardi sont les meilleurs jours pour faire vos emplettes. Quoi que vous fassiez, évitez le week-end.

– Phil Lempert

Achetez une grosse pièce de viande et faites-la trancher sur place

Nous pouvons couper un rôti pour en faire des cubes à ragoût, tout un contre-filet désossé en filets de style New York, ou un steak de flanc en lanières à faire sauter. J’ai vu des gens acheter un gros rôti et faire hacher la moitié pour des hamburgers, l’autre moitié pour un ragoût et garder l’os pour faire une soupe. Cela peut vous faire économiser environ 30 % par rapport à l’achat de viande préparée.

– Bradley McHugh

 

Un morceau de viande étiqueté Angus ne veut pas dire qu’il sera bon

Ce que vous voulez vraiment est un morceau de viande de qualité. Surveillez les termes choisis, la date d’emballage, la coupe et, lorsqu’affichée, la provenance. Demandez conseil à votre boucher.

Kari Underly, ancien boucher d’épicerie

Essayez de voir à quel moment votre boucher met les paquets de viande en rabais

Dans la plupart des magasins, c’est entre 8 h et 10 h du matin.

– Teri Gaule

L’un de nos secrets les mieux gardés…

Vous obtiendrez un filet mignon à bien meilleur marché en achetant le T-bone entier. Chaque T-bone possède un petit filet mignon sur l’os et un morceau de steak style New York sur le côté. La différence de prix peut être de 6 $ à 10 $ le kilogramme.

– Bradley McHugh

Si vous vous inquiétez de ce qui se cache dans votre viande hachée…

Achetez un morceau de rôti quand il est en vente et demandez à votre boucher de le hacher pour vous sur place. Le rôti de surlonge fait d’excellents hamburgers.

– Kari Underly

Les inspecteurs des aliments ne sont pas tous formés pour les épiceries

Les instructeurs nous formaient surtout sur la façon d’inspecter les restaurants. Il n’y avait, par contre, que très peu de formation axée sur les épiceries. Ils nous ont emmenés dans une épicerie, une seule journée, sans même nous expliquer avec précisions les particularités des équipements compliqués que les employés utilisent. Je dois admettre que, quand je regarde certaines de ces machines lors mes inspections, je me dis : « Oui, ça me semble bon. » Mais je ne sais pas vraiment ce que je cherche.

– Un inspecteur en aliments

La viande hachée préemballée doit être surveillée

La viande hachée emballée des étalages peut provenir de centaines de vaches. Si une seule de ces vaches a la bactérie E. coli sur sa peau, elle est maintenant dans aussi votre hamburger. Si vous demandez à un boucher d’épicerie de hacher de la viande à hamburger sur place, la viande proviendra d’une seule vache. Il y a toujours un risque de contamination, mais c’est un risque beaucoup plus faible.

– Bill Marler, avocat en sécurité alimentaire

Tout le monde manipule les fruits et légumes

J’ai vu des clients échapper un fruit, le ramasser et le remettre dans l’étalage. J’ai vu des enfants prendre une bouchée de pomme et la remettre ensuite à sa place. Il m’a fallu beaucoup de temps pour commencer à manger des fruits et des légumes frais à nouveau après avoir travaillé dans une épicerie.

– Aimee Brittain

On manque parfois de temps pour faire le ménage

Les employés me disent souvent qu’ils ne disposent pas de suffisamment de temps pour nettoyer correctement. Le résultat : j’ai vu quelques infestations sévères de souris, qui vivaient dans le réfrigérateur à lait.

– Un inspecteur en aliments

Certaines épiceries ne nettoient pas les paniers.

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Certains commerces ne nettoient pas les paniers d’épicerie

J’ai vu des paniers d’épicerie souillés par des bébés ou par du jus de poulet cru qui avait coulé de son emballage. Voilà pourquoi j’ai toujours avec moi des lingettes désinfectantes lorsque je vais faire mon épicerie.

– Aimee Brittain

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Le Saviez-Vous ► Du berceau à la tombe Gate­way Drug : une histoire du Happy Meal


Lors du 14 janvier dernier à cause du Shutdown, Donald Trump a servi à la Maison Blanche du Mcdonald à des joueurs de football.. De quoi faire frémir Michelle Obama !!! C’est une des raisons de revenir sur l’histoire des Happy Meal, ce que nous appelons en français les Joyeux festin pour enfants. En passant, l’origine de ces Joyeux festin n’est pas tout à fait américain, mais l’idée viens du Guatémala. C’est toute une stratégie pour habituer très jeune les enfants a aimer la malbouffe. Malgré les scandales, les oppositions sur les jouets, les calories, les Joyeux festin sont difficile à détrôner.
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Du berceau à la tombe Gate­way Drug : une histoire du Happy Meal

 

 

Pour les enfants, le menu iconique de Ronald est le premier d’une longue série de repas à McDonald’s. Il façonne ainsi leur dépendance à la marque.

 

par Ulyces

Du drive à la Maison-Blanche

Dans la luxueuse salle de récep­­tion de la Maison-Blanche, un major­­dome s’attèle à allu­­mer chaque bougie des chan­­de­­liers rococo qui ont été dispo­­sés sur une impo­­sante table laquée. Les rideaux lourds, les tapis épais et le portrait d’Abra­­ham Lincoln accro­­ché au mur contri­­buent à créer une atmo­­sphère feutrée et solen­­nelle, malgré la dizaine de jour­­na­­listes présents pour l’évé­­ne­­ment. Anachro­­nisme un brin gros­­sier, des boîtes colo­­rées estam­­pillées McDo­­nald’s jurent avec les plats en argent sur lesquelles elles ont été amon­­ce­­lées.

 

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Donald Trump s’ap­­prête ce lundi 14 janvier 2019 à rece­­voir les cham­­pions des Clem­­son Tigers, une équipe univer­­si­­taire de foot­­ball améri­­cain origi­­naire de Caro­­line du Sud.

« Ce ne sont que des bonnes choses, de la bonne nour­­ri­­ture améri­­caine. Si c’est améri­­cain, j’aime ça ! » clame-t-il aux jour­­na­­listes qui lui demandent s’il préfère le Filet-O-Fish ou le Big Mac. 300 burgers, des frites par milliers, et quelques pizzas : ce jour-là, le président améri­­cain sert sa « nour­­ri­­ture favo­­rite », qu’il a d’ailleurs payée de sa poche. Plus tard, les joueurs défi­­le­­ront devant les sauces Deluxe et les couverts en argent dans leurs élégants costumes, les plateaux en plas­­tique du DoMac ayant été rempla­­cés par des assiettes en porce­­laine.

Donald Trump explique avoir fait ce choix de menu à cause du manque d’em­­ployés dispo­­nibles à la Maison-Blanche, suite au shut­­down du gouver­­ne­­ment qui a débuté le 22 décembre. En refu­­sant de signer une loi budgé­­taire qui n’in­­clue pas les crédits néces­­saires à l’érec­­tion d’un mur à la fron­­tière mexi­­caine, le milliar­­daire a imposé la ferme­­ture de certaines admi­­nis­­tra­­tions en atten­­dant qu’un accord soit trouvé. La passion du Président pour McDo­­nald’s était déjà connue. Comme nombre d’Amé­­ri­­cains, Donald Trump a été nourri par la chaîne de fast-food dès l’en­­fance.

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Les accros au McDo d’aujourd’­­hui seraient-ils donc les initiés au Happy Meal d’hier ?

Une étude publiée en 2009 souligne le fait que, « contrai­­re­­ment aux substances telles que l’al­­cool et la nico­­tine, où la consom­­ma­­tion initiale débute souvent à l’ado­­les­­cence, les aliments riches en matières grasses et en sucre sont initia­­le­­ment ingé­­rés pour la plupart des gens pendant l’en­­fance ou petite enfance ».

Un condi­­tion­­ne­­ment précoce à la malbouffe qui empê­­che­­rait l’édu­­ca­­tion du palais et le lais­­se­­rait à son état primaire.

« Nous forgeons notre goût en grande partie dans l’en­­fance. Son éduca­­tion commence in utero, puis elle se fait par l’ex­­pé­­rience », confirme la diété­­ti­­cienne nutri­­tion­­niste Magali Walko­­wicz.

« Les enfants ne doivent pas manger tels ou tels aliments parce qu’ils les aiment, mais apprendre à les aimer parce qu’ils les mangent. S’ils consomment trop souvent des aliments au goût stan­­dar­­disé, cette éduca­­tion sera compro­­mise », explique-t-elle, assu­­rant qu’il est « très facile d’en­­tre­­te­­nir l’ap­­pé­­tence des enfants pour de tels aliments ».

Les jeunes sont donc la cible parfaite des Happy Meal, conçus d’après Magali Walko­­wicz par « des entre­­prises agro-alimen­­taires qui dépensent des millions pour créer des aliments qui enchantent les papilles gusta­­tives des enfants, qui les confortent dans leur gour­­man­­dise primaire et déclenchent des sensa­­tions addic­­tives ».

Steven Witherly, scien­­ti­­fique en alimen­­ta­­tion, a ainsi publié en 2007 une étude dans laquelle il détaille ce qui rend certains aliments – telles que les frites – plus addic­­tifs que d’autres.

Il explique que l’in­­dus­­trie agro-alimen­­taire inves­­tit avant tout dans « l’oro­­sen­­sa­­tion mémo­­rable, qui corres­­pond au ressenti lorsque vous mangez un aliment conçu pour créer une sensa­­tion en bouche mémo­­rable pour votre cerveau et géné­­rer une envie de reviens-y », résume Magali Walko­­wicz.

Si l’on ajoute à ces recettes savam­­ment étudiées un marke­­ting d’une redou­­table effi­­ca­­cité, il est envi­­sa­­geable que le Happy Meal laisse une trace indé­­lé­­bile dans la vie des consom­­ma­­teurs.

« Avoir régu­­liè­­re­­ment en bouche des aliments étudiés pour leurs plaire condi­­tionne les enfants à en consom­­mer. Ce qui entre ensuite en jeu, c’est le souve­­nir des expé­­riences alimen­­taires, et c’est ici que la psycho­­bio­­lo­­gie de la malbouffe joue vrai­­ment contre les enfants, car leur cerveau enre­­gistre ces sensa­­tions », explique Magali Walko­­wicz.

Confron­­tés à une publi­­cité McDo­­nald’s, « leur cerveau déclen­­chera les souve­­nirs du moment où ils en ont mangé, et cela peut provoquer des réponses physiques, comme la sali­­va­­tion et la faim de cet aliment ».

Le menu de Ronald sera alors vu à tout jamais comme une comfort food aussi déli­­cieuse et rassu­­rante que la made­­leine de Proust ou les coquillettes au jambon.

Cajita feliz

 

Pour atti­­rer les familles dans ses restau­­rants, McDo­­nald’s a d’abord cher­­ché à se donner une image de tonton sympa. Mais le Happy Meal n’est pas né chez l’Oncle Sam. Tout a commencé dans les années 1970, au Guate­­mala, sur les banquettes de la fran­­chise tenue par Yolanda Fernán­­dez de Cofiño.

En 1974, son époux achète les droits pour ouvrir le tout premier restau­­rant McDo­­nald’s du pays. Pour l’ai­­der, madame Fernán­­dez de Cofiño décide d’aban­­don­­ner son rôle de mère au foyer, et les ventes finissent enfin par décol­­ler. Alors qu’elle tient la seule et unique caisse de son restau­­rant, Yolanda Fernán­­dez de Cofiño assiste au ballet des mères de famille, obli­­gées d’ache­­ter en grande quan­­tité pour combler leurs enfants.

 « Elles gaspillaient beau­­coup d’argent. Moi qui ai cinq enfants, j’ai pensé : “Il faut créer un menu spécial pour les petits, avec un hambur­­ger, des pommes de terre, un petit Sundae, et un bonbon ou un petit cadeau, pour que la mère n’ait plus l’im­­pres­­sion d’avoir dila­­pidé son argent” », raconte-t-elle.

Yolanda Fernán­­dez de Cofiño

Elle invente alors l’an­­cêtre du Happy Meal, « le menu de Ronald », et finit par le présen­­ter lors d’une conven­­tion, devant des respon­­sables améri­­cains du marke­­ting. L’idée de Yolanda Fernán­­dez de Cofiño remonte jusqu’au siège de McDo­­nald’s à Chicago, et inspire les respon­­sables de la marque, qui font alors appel à Bob Bern­­stein et à son agence de pub, Bern­­stein-Rein.

 « Ils se sont occu­­pés d’ajou­­ter une boîte, des jouets de première classe, et c’est comme ça qu’est née la Cajita Feliz [le nom du Happy Meal en Amérique latine] », résume la femme d’af­­faires.

En 1977, Bob Bern­­stein colla­­bore ainsi avec des illus­­tra­­teurs pour concoc­­ter le packa­­ging idéal. Une première version du Happy Meal est testée la même année à Kansas City où elle remporte un franc succès. La jolie boîte contient alors un burger, une portion de frites, un soda et des cookies.

Le premier Happy Meal vendu à grande échelle appa­­raît fina­­le­­ment en 1979. Il décline le thème du cirque. En plus de leur menu, les enfants découvrent dans la boîte un pochoir, un porte-monnaie et une gomme. La même année, McDo­­nald’s trouve le parte­­naire d’une vie pour sa nouvelle inven­­tion : le cinéma. Le Happy Meal revêt alors les couleurs du film Star Trek, offrant aux enfants des images et des puzzles à l’ef­­fi­­gie de Spock. Un emblème de la culture pop améri­­caine est né.

« C’est simple, je ne me suis pas rendue compte que j’avais inventé quelque chose de si impor­­tant », déclare aujourd’­­hui Yolanda Fernán­­dez de Cofiño.

En 1987, McDo­­nald’s trouve un nouvel allié et s’as­­so­­cie à Disney pour placer dans ses Happy Meal des figu­­rines Cendrillon, mais le plus gros succès arrive en 1997. Le fast-food place alors les Teenie Beanie, ces peluches à l’ef­­fi­­gie d’ani­­maux irré­­sis­­tibles, dans ses boîtes en carton. McDo­­nald’s en vend 100 millions en un an. Certains maga­­sins, à court de peluches, assistent à des scènes d’émeute, de bagarres et d’in­­ter­­ven­­tions poli­­cières.

Tama­­got­­chi, Furby, Barbie, Hot Wheels, et autres figu­­rines Space Jam : Ronald est ensuite toujours là où les enfants l’at­­tendent, et sait exac­­te­­ment quels jouets sont au cœur de leurs caprices. Au fil du temps, les collec­­tions deviennent cultes, s’im­­posent comme des emblèmes qui se vendent encore aujourd’­­hui à prix d’or sur eBay.

Mais après l’ex­­ci­­ta­­tion des années 1990 vient fina­­le­­ment la prise de conscience, lors de la décen­­nie suivante. L’obé­­sité infan­­tile est au cœur du débat, chaque calo­­rie est comp­­tée, et le gras saturé, le sel et le sucre conte­­nus dans le Happy Meal deviennent le mal incarné. En 2002, dix adoles­­cents déposent plainte contre McDo­­nald’s, esti­­mant que la chaîne et son redou­­table marke­­ting sont respon­­sables de leurs problèmes de santé. Premier géant alimen­­taire accusé d’un tel fait, la firme, empê­­trée dans une mauvaise campagne de presse, doit prendre des mesures.

Le siège du palais

Des mesures forcées, mais elles aussi très bien marke­­tées. En 2004, McDo­­nald’s vante ainsi un choix de menu plus large et plus sain pour son Happy Meal, qui comprend des pommes, des portions de frites plus petites, ou encore une brique de lait à 1 % de matière grasse. De la poudre aux yeux, si l’on en croit les diété­­ti­­ciens :

« McDo­­nald’s met en avant le nombre de calo­­ries idéal de ses menus et ses efforts nutri­­tion­­nels sur le choix des viandes, pois­­sons, et blé, mais le Happy Meal n’est abso­­lu­­ment pas un menu adapté aux besoins nutri­­tion­­nels d’un enfant », estime ainsi Magali Walko­­wicz. « Lorsqu’on se penche sur la qualité des calo­­ries du Happy Meal, c’est plutôt inquié­­tant. Le menu tel qu’il est composé par les enfants est très riche en glucides à fort impact sur la glycé­­mie », souligne-t-elle.

Les critiques ne faiblissent donc pas. Et de plus en plus de respon­­sables dénoncent le marke­­ting agres­­sif de la marque.

 « On est révolté par les marchands de tabac qui font de la publi­­cité auprès des jeunes, mais nous restons les bras croi­­sés lorsque les firmes alimen­­taires font de même. Pour­­tant, nous pour­­rions affir­­mer que les effets néfastes d’une mauvaise alimen­­ta­­tion sur la santé publique sont compa­­rables à ceux du tabac », souli­­gnait en 2013 Kelly Brow­­nell, profes­­seur de psycho­­lo­­gie et santé publique à Yale.

Le youtu­­beur le plus regardé au monde aime aussi le Happy Meal
Crédits : Ryan’s Toys Review/YouTube

Présent dans les écoles améri­­caines, à la télé­­vi­­sion, à travers les dessins animés et les jouets, McDo­­nald’s est omni­­pré­sent dans la vie des enfants, afin de pouvoir se rappe­­ler à leur bon souve­­nir lorsqu’ils seront adultes. Dans l’étude McDo­­nald’s and Chil­­dren’s Health: The Produc­­tion of New Custo­­mers menée en 2007, un scien­­ti­­fique montrait que les enfants de trois à cinq ans issus d’une famille à faibles reve­­nus préfé­­raient ainsi le goût des hambur­­gers, du poulet, des frites, des carottes ou du lait s’ils pensaient que les produits prove­­naient de McDo­­nald’s, que cela soit avéré ou non.

Une tendance qui prouve que les enfants « asso­­cient la marque aux aliments qu’ils aiment, tandis qu’elle crée un poten­­tiel à vie d’obé­­sité et de surcon­­som­­ma­­tion de produits riches en graisses et peu nutri­­tifs », expliquait Corpo­­ra­­tions and Health Watch dans son rapport.

L’or­­ga­­ni­­sa­­tion souli­­gnait égale­­ment que plus de la moitié des enfants de 9 à 10 ans inter­­­ro­­gés pensaient que « Ronald McDo­­nald savait très bien ce qu’il y avait de mieux à manger pour eux ».

« Le déve­­lop­­pe­­ment de la publi­­cité adres­­sée aux enfants a été motivé par des efforts pour augmen­­ter non seule­­ment la consom­­ma­­tion actuelle, mais aussi celle du futur. En misant sur le fait que les souve­­nirs nostal­­giques d’une marque conduisent à toute une vie d’achats, les entre­­prises prévoient désor­­mais des stra­­té­­gies de campagnes “du berceau à la tombe” », explique le jour­­na­­liste d’in­­ves­­ti­­ga­­tion Eric Schlos­­ser dans son livre Fast Food Nation: The Dark Side of the All-Ameri­­can Meal.

Pour certains, la solu­­tion passe notam­­ment par le retrait des jouets des Happy Meal, qui motivent souvent les enfants plus que la nour­­ri­­ture.

« Il existe de nombreuses preuves en science sociale sur les effets des jouets gratuits. Cette nour­­ri­­ture est faite pour promou­­voir une consom­­ma­­tion addic­­tive et compul­­sive chez les enfants et les adultes », estime ainsi le profes­­seur de droit Joel Bakan dans son livre Child­­hood Under Siege.

La solu­­tion est-elle donc de bannir carré­­ment les Happy Meal de la vie des enfants ? Pas néces­­sai­­re­­ment, assure Magali Walko­­wicz.

« Trop frus­­trés, ils pour­­raient adop­­ter un compor­­te­­ment alimen­­taire anar­­chique dès qu’ils seront sans surveillance », explique la diété­­ti­­cienne. « Il faut leur apprendre que le McDo­­nald’s n’est pas là pour nour­­rir leur orga­­nisme mais pour leur faire plai­­sir, qu’il doit être occa­­sion­­nel. S’ils ont une vraie éduca­­tion nutri­­tion­­nelle, ils s’en détour­­ne­­ront d’eux mêmes tôt ou tard, car lorsque l’on a un palais éduqué à la vraie nour­­ri­­ture, au véri­­table goût des aliments, le McDo­­nald’s n’est tout simple­­ment pas possible ! » affirme-t-elle.

Quant à la passion du président améri­­cain pour la marque, peut-être vient-elle fina­­le­­ment d’ailleurs que d’une boîte Happy Meal.

 « Trump et l’in­­dus­­trie de la fast-food sont moti­­vés exac­­te­­ment par la même chose : la cupi­­dité pure », explique Eric Schlos­­ser. « Peut-être que son amour pour la junk food aidera à persua­­der les enfants à ne jamais s’en appro­­cher… » espère-t-il avec ironie.


Couver­­ture : Gate­­way drug.

 

https://www.ulyces.co/

Ces hormones qui nous font acheter


Nos hormones, des images, la beauté, la force fait du consommateur une victime de la surconsommation, il y aurait même une possibilité de la manipulation biologique qui est à mon sens une stratégie monstrueuse
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Ces hormones qui nous font acheter

 

Exposer les clients à des photos d’hommes musclés ou de femmes séduisantes suffirait à les pousser à la surconsommation. Telle est la conclusion d’une étude qui ouvre grand la voie à la manipulation biologique de nos préférences. Explications avec Stéphane Mailhiot.

Stéphane Mailhiot

Photo : iStockPhoto

Vous rentrez du centre commercial avec vos emplettes. Vous avez acheté plus que prévu. Et vous avez aussi opté pour des produits plus luxueux et plus ostentatoires qu’à l’habitude. Votre partenaire vous interroge sur votre soudain matérialisme. Vous répondez que c’est la faute… des hormones et du portier.

C’est en tout cas la conclusion de l’étude de Tobias Otterbring relatée dans Harvard Business Review. Le chercheur a comparé la consommation des clients avec et sans la présence d’un homme imposant physiquement à l’entrée d’un commerce. Alors que la présence de l’hercule n’a pas modifié le comportement d’achat des femmes, elle a incité les hommes à dépenser beaucoup plus. En présence de ce rival très visible, ils ont acheté en moyenne 165 dollars de biens, par rapport à seulement 92 dollars chez les autres. Une augmentation des achats aussi importante qu’inconsciente.

La différence de facture est attribuable au prix moyen des achats qui a crû de 80 %, alors que le nombre d’articles passés à la caisse a peu varié. Selon les chercheurs, c’est la volonté de ces messieurs de signaler leur statut face à ce concurrent potentiel qui les a fait ouvrir leur portefeuille et a mené à l’acquisition de biens plus luxueux.

La responsable biologique de ce comportement inconscient serait la testostérone. Dans un autre test en laboratoire, des chercheurs ont démontré que la prise de dosettes de l’hormone sexuelle masculine changeait la préférence des hommes pour certaines marques de prestige. Ces hommes ont par exemple choisi un jean perçu comme plus réputé plutôt qu’un produit moins prestigieux, mais de qualité équivalente. Les hommes « boostés » à la testostérone ont par ailleurs mieux réagi aux publicités centrées sur le prestige, alors que leur réceptivité aux messages de qualité ou de promesse de pouvoir est demeurée inchangée. Le niveau prétest de testostérone des quelque 250 participants révélait déjà une importante corrélation avec une recherche de statut dans la préférence de marques.

Hormonothérapie au centre commercial

Les marques peuvent influencer nos hormones. Par exemple, le niveau de testostérone grimpe dans certains contextes, comme les compétitions sportives (surtout quand elles sont remportées), ou après des expériences de consommation ostentatoire, comme la conduite d’une voiture luxueuse (plutôt que notre habituelle minifourgonnette). Étant donné que l’hormone sexuelle tend aussi à augmenter en présence de partenaires potentielles, l’utilisation des femmes-trophées dans certains magasins de grand luxe ne surprend guère.

L’influence des hormones sur la consommation féminine est déjà démontrée alors que la préférence de vêtement et de nourriture fluctue en fonction du cycle hormonal. Les femmes seraient, comme les hommes « testostéronés », à la recherche de prestige à l’approche de l’ovulation. Le mécanisme en cause serait analogue : la volonté d’établir son statut social pour attirer de meilleurs partenaires.

Créer le contexte idéal pour l’achat est au cœur de la pratique marketing. Le fait que certains environnements tendent à nous faire sécréter certaines hormones ouvre la porte à une manipulation biologique de nos préférences et soulève une série de questions éthiques.

Attention, manipulation possibleLa simple présence d’images peut influencer nos préférences. Être exposé à des photos d’hommes costauds suffit à pousser les hommes à une consommation plus ostentatoire et à choisir, par exemple, des vêtements arborant des logos plus imposants. De la même façon, lors de tests, les femmes ayant regardé des images de femmes séduisantes ont eu tendance à surconsommer des produits pour maintenir leur poids, à privilégier l’activité physique extrême et même à opter pour des produits de beauté moins discrets, comme les autobronzants.

Puisque l’effet de modèles imposants se fait surtout sentir chez les hommes plus petits, certains commerces pourraient attribuer des vendeurs particulièrement grands aux hommes de petite taille, dans l’espoir que leur volonté de rivaliser leur fasse ouvrir leur portefeuille. Au-delà de l’aspect moral de la chose, il faudrait évaluer le niveau de satisfaction de ces clients quant à l’expérience entière et projeter leur propension à remettre les pieds dans le magasin. Une manipulation à court terme ou une fidélité à long terme ?

https://lactualite.com/

Chirurgie plastique : Youtube, source de… désinformation ?


À moins d’accidents ou une nécessité médicale, je ne suis pas très favorable à la chirurgie esthétique en générale. Enfin, ceux qui veulent y recourir, ce serait une mauvaise idée d’aller voir sur YouTube, car d’après les spécialistes beaucoup de vidéos sont truffés d’erreur et fait par des gens non qualifiés alors que les plus sérieuses fait par des professionnels sont tout autant une question de marketing
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Chirurgie plastique : Youtube, source de… désinformation ?

 

 

hugo_34/shutterstock.com

Certaines vidéos publiées sur Youtube sur la chirurgie esthétique faciale seraient truffées d’erreurs. A l’origine ? Un contenu créé par des professionnels du marketing plus que du médical.

Selon des chercheurs du New Jersey (Etats Unis), beaucoup de vidéos mises en ligne sur Youtube à propos de la chirurgie esthétique faciale seraient un puits de désinformation. Pour le prouver, l’équipe du Pr Boris Paskhover, spécialisé dans la chirurgie plastique réparatrice de la face, a passé en revue les 240 vidéos les plus vues sur le sujet. Au total, ces publications ont fait 160 millions de vues sur la plateforme internet.

L’accès à ces supports est on ne peut plus simple, si l’on souhaite s’informer sur cette chirurgie. Les mots-clés à taper pour tomber sur ces vidéos ne sont autres que « augmentation des lèvres », « rhinoplastie », « chirurgie de l’oreille », « lifting »…

Pour évaluer la fiabilité de ces supports, les scientifiques ont utilisé l’échelle DISCERN, spécifique au contenu médical publié sur Youtube ou par d’autres médias.

94 vidéos non médicales

Résultats, « la plupart sont intégrées à des campagnes de marketing menées par des professionnels non qualifiés sur le plan médical », détaillent les scientifiques. Dans le détail, « 94 vidéos ont été élaborées hors secteur médical. Sources d’informations solides, 72 autres vidéos réalisées par des médecins certifiés obtiennent un score relativement élevé sur l’échelle DISCERN ».

« Cependant, même des vidéos mises en lignes par du personnel médical compétent peuvent faire l’objet d’une campagne marketing », rappelle le Pr Paskhover. « Les patients et médecins utilisant Youtube pour sa visée pédagogique doivent se servir de ce média avec précaution, et rester conscients du risque potentiel de désinformation. La majorité des personnes qui postent sur Youtube ont quelque chose à vendre, il ne faut pas l’oublier. »

  • Source : JAMA Facial Plastic Surgery, le 16 août 2018
  • Ecrit par : Laura Bourgault – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

https://destinationsante.com/

La gomme à mâcher sans sucre prévient la carie ?


Sur l’emballage de certaines gommes sans sucre, on dit que cela aide pour la santé des dents car cela pourrait aider à diminuer le risque de caries. Est-ce vrai ?
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La gomme à mâcher sans sucre prévient la carie ?

 

GETTY IMAGES

Cet argument marketing s’appuie-t-il sur des preuves scientifiques solides ?

La gomme à mâcher a toujours été associée à une haleine fraîche, mais depuis quelques années, on vante de plus en plus ses vertus en matière de prévention de la carie dentaire, notamment sur ses emballages et dans les publicités. Cet argument marketing s’appuie-t-il sur des preuves scientifiques solides ?

La réponse du Détecteur de rumeurs.

Gomme à mâcher et santé bucco-dentaire

Disons-le d’emblée, une gomme à mâcher qui contient du sucre ne prévient pas la carie dentaire, elle y participe ! Toutefois, mâcher de la gomme sans sucre peut participer à une bonne santé bucco-dentaire pour les individus à risque de développer des caries dentaires ou dans les situations où il est impossible de se laver les dents après un repas riche en sucre.

 

Plusieurs études ont été publiées à ce sujet depuis les années 1990, la plupart effectuées sur des enfants d’âge scolaire en bonne santé à qui, pendant 5 à 20 minutes, on faisait mâcher de la gomme non sucrée après les repas (Santé Canada a publié en 2014 un résumé de ces études). Conclusion : mâcher de la gomme diminuerait les risques de développer la carie dentaire de 42 %. Toutefois, si on retranche de ce groupe la population à risque, les résultats sont beaucoup moins significatifs : la réduction du risque n’est que de 13 %. Une diminution jugée toutefois pertinente par Santé Canada, qui autorise les énoncés sur les actions thérapeutiques, sur les emballages et dans les publicités de gomme à mâcher depuis janvier 2014.

La salive et le Xylitol

Selon le Dr Daniel Kandelman, professeur honoraire à la Faculté de médecine dentaire de l’Université de Montréal et consultant expert auprès de l’Organisation mondiale de la santé, c’est l’action combinée de la salive et des agents actifs présents dans la gomme sans sucre qui prévient la carie.

« Mâcher de la gomme stimule la production de salive, qui neutralise les acides responsables de la carie dentaire, explique-t-il. Les agents actifs utilisés pour remplacer le sucre ont aussi un effet préventif. Particulièrement le Xylitol, démontré comme étant plus efficace que l’aspartame et le sorbitol. Il stimule la production salivaire, ce qui est particulièrement intéressant pour les personnes qui produisent moins de salive pour des raisons médicales, ou qui prennent des médicaments qui assèchent la bouche et qui sont plus à risque de développer la carie dentaire. »

Devrait-on se forcer à mâcher de la gomme ?

Alors que l’Union française de santé bucco dentaire recommande de mâcher un chewing-gum sans sucre pendant 20 minutes après le repas de midi, l’Association dentaire canadienne se contente d’indiquer sur son site qu’on peut mâcher de la gomme sans sucre si on est dans une situation où l’on ne peut se brosser les dents.

« La gomme à mâcher ne remplacera jamais la brosse à dents et la soie dentaire, dont l’usage est essentiel à une bonne santé buccodentaire », résume le Dr Kandelman. « Mais pour ceux qui peuvent seulement se brosser les dents le matin et le soir, mastiquer une gomme après le lunch, pendant une quinzaine de minutes, contribue bel et bien à diminuer le risque de carie dentaire ».

https://quebec.huffingtonpost.ca/

Et si le mot «détox» était banni de la publicité


Les produits « détox » supposé enlever des toxines du corps est une vraie pollution visuelle dans les réseaux sociaux. Il faudrait que tous les pays fassent comme la Grande-Bretagne pour interdire ces publicités mensongères.
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Et si le mot «détox» était banni de la publicité

 

GETTY IMAGES

À bas les fausses promesses!

 

  • Agence Science-Presse

En Grande-Bretagne, l’organisme en charge de réguler la publicité a décrété en mai qu’une compagnie n’avait pas le droit d’utiliser le mot « détox » pour annoncer un de ses thés.

Ce n’est pas son thé qui est en cause, mais le sens qui est donné au mot « détox » : la capacité qu’aurait un aliment, un jus ou, dans ce cas-ci, un thé, à « nettoyer » notre corps de ses toxines. C’est là un « don » qui est réfuté par toute la littérature scientifique pour une raison simple : nos reins, nos poumons, notre foie, accomplissent très bien ce nettoyage, et si les vôtres ne le font pas, c’est que vous êtes vraiment très malade, ou mort.

L’utilisation du terme « détox » à des fins de marketing est dénoncée depuis plusieurs années, et en Grande-Bretagne, dès 2009, un regroupement de vulgarisateurs, Sense About Science, avait analysé 15 de ces produits, auxquels il n’avait trouvé aucune propriété magique.

Or, dans sa décision du 16 mai, l’Autorité britannique des normes de la publicité — qui répondait à deux plaintes à ce sujet — note que l’utilisation du mot « détox » contient en soi l’idée de « bénéfices pour une bonne santé ». Et il se trouve qu’en vertu d’une loi britannique de 2005, un aliment qui prétend avoir un impact sur la santé doit avoir obtenu une certification en ce sens des autorités compétentes. Un porte-parole de la compagnie Pukka, une division de la multinationale Unilever, a répondu qu’elle cesserait immédiatement d’utiliser le mot dans sa publicité — quoique rien ne l’empêche de continuer à l’utiliser sur ses étiquettes.

https://quebec.huffingtonpost.ca/

La Lune va-t-elle bientôt être envahie de pubs?


Pour une fois, que je suis d’accord avec le Congrès américain pour l’interdiction de la publicité sur la Lune. En espérant que les autres pays soient d’accord. Avec les voyages commerciaux qui veulent se concrétiser dans l’espace, s’il faut en plus de la publicité qui s’ajoutent, il n’aura plus de fin
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La Lune va-t-elle bientôt être envahie de pubs?

 

Photo de Neil Armstrong sur la surface lunaire via NASA, montage Slate.

Photo de Neil Armstrong sur la surface lunaire via NASA, montage Slate.

Neel V. Patel, traduit par Felix de Montety

Une start-up japonaise veut mettre de la publicité sur la Lune. Mais est-ce bien légal?

 

Nous ne vivons pas encore sur la Lune, mais l’humanité fait déjà de grands pas vers son recouvrement par des publicités.

La startup Ispace, qui propose des voyages dans l’espace, vient de conclure une nouvelle levée de fonds permettant à l’entreprise japonaise de bénéficier de 90 millions de dollars, qu’elle pourra affecter au développement d’un atterrisseur lunaire et de deux missions sans pilote ni passagers d’ici 2020.

Logo avec la Terre en toile de fond

Selon Bloomberg:

«Ispace dit que les opportunités commerciales initiales sont surtout de l’ordre du marketing, par exemple l’affichage de logos d’entreprises sur ses vaisseaux et véhicules spatiaux, ainsi que la production d’images pouvant être utilisées dans des publicités. Un alunissage concluant permettra également à l’entreprise d’offrir ce qu’elle appelle “un service graphique projeté” –un petit panneau d’affichage à la surface de la Lune. La startup explique qu’il y aura une demande de la part d’entreprises cherchant à mettre en scène leur logo avec la Terre en toile de fond.» 

Un panneau d’affichage sur la Lune! Quelque chose comme ça en tout cas, un porte-parole de l’entreprise m’ayant expliqué que ce que Bloomberg appelle un panneau d’affichage ne sera en fait, techniquement, que la projection d’une publicité sur un vaisseau d’alunissage ou un autre véhicule, mais pas un panneau physique. Elle jouera néanmoins le même rôle qu’un panneau publicitaire traditionnel et rappellera aux futurs colons les paysages urbains de notre bonne vieille Terre.

Un précédent japonais en 1990

Est-il légal d’afficher de la pub sur la Lune? En bref: oui. Le traité de 1967 sur l’espace, dont le Japon est signataire, prévoit que toutes les nations peuvent librement explorer l’espace; aucun corps céleste ne peut être revendiqué par quelque entité souveraine que ce soit, aucune arme de destruction massive n’est autorisée dans l’espace et les États (de même que les citoyens ou les entreprises sous leur autorité) ne doivent pas causer de destruction ou de contamination par leurs activités dans l’espace, ou doivent du moins nettoyer après leur passage.

Il est difficile d’imaginer qu’un panneau uniquement projeté puisse violer ces règles (toutefois, si certains pays ou groupes venaient à considérer qu’il crée une sorte d’interférence néfaste en polluant visuellement ou en dérangeant des instruments de communication utilisés par d’autres parties, alors Ispace pourrait se trouver en situation de violation du droit international et le Japon serait responsable de rappeler à l’ordre l’entreprise et de s’assurer que le problème soit réglé).

Ispace n’est pas la première entreprise à essayer d’emmener la publicité dans l’espace. En 1990, une chaîne japonaise avait payé à un de ses reporters un siège dans un vol spatial russe et avait pu faire afficher son logo sur la carlingue d’un lanceur Soyouz. La Russie autorise depuis des années la publicité sur nombre de ses fusées et des combinaisons de mission de ses cosmonautes, mais Ispace est la première entreprise à tenter d’afficher de la publicité sur la Lune elle-même, et il ne semble pas que la loi japonaise puisse l’en empêcher.

La publicité «importune» interdite aux États-Unis

Qu’adviendrait-il si une entreprise américaine tentait de faire une telle chose? La tentative de ce genre la plus proche remonte à 1993, lorsqu’une entreprise américaine nommée Space Marketing avait proposé de lancer un panneau d’un kilomètre carré dans l’orbite terrestre basse. Doté d’un tel gabarit et éclairé comme le prévoyait l’entreprise, le panneau aurait rivalisé avec la Lune par sa taille et sa luminosité durant la nuit. Cette proposition n’avait finalement rien donné, en partie parce que si l’on construit et lance en orbite un objet d’un kilomètre carré, il sera voué à être mis en pièces par des débris orbitaux.

Le bruit qu’avait fait cette proposition avait néanmoins conduit le député Ed Markey, aujourd’hui sénateur du Massachussets, à soumettre au Congrès une loi interdisant toute publicité américaine dans l’espace, qui fut rapidement amendée de façon à n’interdire que la publicité «importune» (pour que les sponsors puissent, eux, placer leurs logos sur les côtés des fusées, des vaisseaux spatiaux ou sur les vêtements des astronautes). La Federal Aviation Administration (FAA) est chargée de faire respecter cette loi et toute partie recevant une licence pour lancer des engins vers l’espace doit lui obéir.

Selon Joanne Irene Gabrynowicz, professeure émérite en droit de l’espace à l’université du Mississipi et rédactrice en chef émérite de la revue scientifique Journal of Space Law, la logique de cette loi consistait à considérer que de grandes publicités, telles que le panneau de marketing de l’espace, pourraient accroître la pollution lumineuse, créer un ciel nocturne plus lumineux –ce qui limiterait les observations astronomiques de l’espace–, interférer avec des satellites de navigation utilisant des viseurs d’étoiles et des capteurs solaires pour calibrer leurs mesures et, plus généralement, seraient des nuisances visuelles pour le grand public.

Selon la FAA, la publicité «importune» peut renvoyer à tout ce qui est «capable d’être reconnu par un être humain depuis la surface de la Terre sans l’aide d’un télescope ou autre outil technologique».

Mais pour qu’une publicité à la surface de la Lune soit visible depuis la Terre, il faudrait qu’elle soit gigantesque et plus lumineuse que tout autre objet dans le ciel nocturne.

Ce n’est pas ce qu’Ispace cherche à faire: ses publicités seraient surtout des campagnes photos pour des entreprises qui voudraient voir le paysage de la Lune derrière leurs logos, qui ne seraient pas visibles depuis la Terre sans des instruments extrêmement puissants (et Ispace, évidemment, n’est pas obligée d’obéir aux lois américaines, à moins qu’elle ne collabore avec une entreprise américaine).

http://www.slate.fr