Le Saviez-Vous ► Les Hollandais à la conquête des mers au XVIIe siècle


Aujourd’hui, aller en mer vers aux 4 coins du monde demande des connaissances multiples dont la géographie. Ces cartes ne sont pas faites par avions ou GPS, mais par des explorateurs qui sont partis à la conquête du nouveau-monde. Au XVIIe siècle, c’est les Hollandais qui sont passé maître en cartographie. Ils ont surpasser tous les atlas du temps et en plus, ils ont traduit le tout en plusieurs langues. Ils ont aussi profité pour conquérir divers domaines comme le commerce …
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Les Hollandais à la conquête des mers au XVIIe siècle



Isabelle Bernier
Historienne

Au XVIIe siècle, les Hollandais règnent sur la quasi-totalité des mers. La vocation maritime et commerciale des Provinces-Unies résulte en grande partie de sa lutte contre l’Espagne. Les navigateurs hollandais commencent par visiter les mers froides délaissées par les Espagnols, puis la fermeture du port de Lisbonne à leurs navires en 1580 les incitent à se lancer vers l’océan Indien sur la route des épices. C’est la naissance d’un vaste empire commercial hollandais au détriment des Portugais, avec l’aide involontaire des Anglais qui ont anéanti l’Invincible Armada espagnole en 1588.

Le Spitzberg (en mer de Barents) est découvert en 1596 par le Hollandais Willem Barents, qui cherche le passage du nord-est atlantique et arctique vers la Chine et les Indes, découverte pour laquelle les Provinces-Unies ont promis une forte prime. Il tente de passer par le nord de la Nouvelle-Zemble, mais la navigation dans les glaces est désastreuse pour des marins mal équipés. Obligé d’hiverner à 76° de latitude nord, Barents veut rejoindre le continent mais périt avec la majorité de son équipage. Vers 1875, un navire norvégien découvre sur la côte orientale de la Nouvelle-Zemble, un abri et des objets utilisés par Barents et ses marins.

Tableau décrivant la mort de Willem Barents le 20 juin 1597 en Nouvelle-Zemble, par Christiaan Portman en 1836. National Maritime Museum, Greenwich, Londres. © Wikimedia Commons, domaine public

Tableau décrivant la mort de Willem Barents le 20 juin 1597 en Nouvelle-Zemble, par Christiaan Portman en 1836. National Maritime Museum, Greenwich, Londres. © Wikimedia Commons, domaine public

Une cartographie abondante et de plus en plus complète

La maîtrise des mers par les navigateurs hollandais, va de pair avec le développement de leur superbe cartographie nautique. Contrairement à l’Angleterre et la France, cette cartographie n’est pas monopolisée par les commanditaires, en l’occurrence les Compagnie des Indes. Les cartographes mettent librement en vente une grande quantité de guides, cartes marines et atlas qui décrivent progressivement toutes les mers du globe. Présentes sur les murs de tous les intérieurs aisés tels que les dépeignent les tableaux de Vermeer, les cartes marines animent la vie quotidienne des Hollandais.

Tableau L'art de la peinture par Johannes Vermeer en 1666-1667. Musée des Beaux-Arts, Vienne, Autriche. © Wikimedia Commons, domaine public

Tableau L’art de la peinture par Johannes Vermeer en 1666-1667. Musée des Beaux-Arts, Vienne, Autriche. © Wikimedia Commons, domaine public

L’édition hollandaise étend son hégémonie à l’Europe entière : les grands éditeurs d’Amsterdam au XVIIe siècle, sont les Blaeu père et fils : ils possèdent la plus importante imprimerie d’Europe et apportent des améliorations notables aux techniques d’impression. Ils sont les cartographes attitrés de la Compagnie hollandaise des Indes orientales (la VOC) et malgré leur devoir de réserve vis-à-vis de la Compagnie, ils inondent le marché international de cartes et d’atlas traduits notamment en anglais et en français. L’Atlas Major de Jan Blaeu (600 cartes et plus de 3.000 pages), est l’ouvrage le plus cher de la deuxième moitié du XVIIe siècle. Il est disponible en édition latine, néerlandaise, française, anglaise et espagnole ; la bibliothèque de l’Université d’Amsterdam abrite actuellement l’exemplaire ayant appartenu à Colbert.

Page de titre de l'Atlas Novus (qui donnera l'Atlas Major en 1665) par Willem et Johannes Blaeu, imprimé à Amsterdam en 1645. Bibliothèque de l'Université de Californie (UCLA), Los Angeles, USA. © Wikimedia Commons, domaine public.

Page de titre de l’Atlas Novus (qui donnera l’Atlas Major en 1665) par Willem et Johannes Blaeu, imprimé à Amsterdam en 1645. Bibliothèque de l’Université de Californie (UCLA), Los Angeles, USA. © Wikimedia Commons, domaine public.

Les marins hollandais sont les plus aguerris d’Europe

Dès 1600, Amsterdam a supplanté Anvers comme premier port d’Europe : les entrepôts de la Compagnie des Indes orientales y regorgent de tissus exotiques (soie et coton), de porcelaines, d’épices, de thé, de café et de tabac, et les chantiers navals occupent des milliers d’artisans.

Que ce soit pour la pêche, la navigation lointaine ou la guerre navale, la marine hollandaise est sans équivalent : avec 6.000 navires et plusieurs dizaines de milliers d’hommes d’équipage, elle équivaut à l’ensemble des autres flottes européennes. Dès la fin du XVIe siècle, les chantiers navals hollandais conçoivent un navire de commerce performant et économique, la flûte, capable de manœuvrer avec de plus faibles effectifs que les bâtiments de même tonnage.

Les Néerlandais sont réputés pour être des marins aguerris : ils sont accoutumés aux mers difficiles car leur apprentissage se fait en mer du Nord. Mais la population hollandaise ne suffit pas à équiper les navires, surtout ceux de la Compagnie des Indes Orientales : environ la moitié des matelots arrive d’Allemagne et des pays scandinaves.

Navire marchand hollandais ou flûte, par Wenceslaus Hollar, XVIIe siècle. Fonds Thomas Fisher, livres rares, bibliothèque de l'Université de Toronto, Canada. © Wikimedia Commons, domaine public

Navire marchand hollandais ou flûte, par Wenceslaus Hollar, XVIIe siècle. Fonds Thomas Fisher, livres rares, bibliothèque de l’Université de Toronto, Canada. © Wikimedia Commons, domaine public

De nouvelles routes maritimes

La route maritime suivie par les navires hollandais dans l’océan Indien, améliore l’itinéraire inauguré par les Portugais en raccourcissant le voyage de six mois. Dans l’Atlantique, ils gagnent la zone des alizés de nord-est, s’approchent des côtes brésiliennes, puis changent de cap et retraversent l’océan vers le sud-est, en direction du Cap de Bonne-Espérance. Autour de la zone du Cap, les navires sont souvent secoués par de violentes tempêtes venues du nord-est. C’est ainsi que l’explorateur néerlandais Hendrik Brouwer découvre en 1610, une nouvelle route qui évite le long trajet de l’île Maurice à l’Inde, en cinglant droit vers l’est à la hauteur du Cap. Bien au large de l’actuelle Australie, il met le cap vers le nord et rejoint l’île de Java.

Le retour s’effectue par le nord de l’océan Indien, sans escale en Inde. Les navires se ravitaillent au Cap qui sert d’escale à de nombreuses flottes. Au milieu du XVIIe siècle, des colons hollandais s’y installent, rejoints après 1685, par des huguenots français chassés par la Révocation de l’Édit de Nantes. Au XVIIIe siècle, le Cap et ses 15.000 habitants est la plus grosse colonie européenne du continent africain.

Navire de la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales croisant au large du Cap de Bonne-Espérance, anonyme, 1762. William Fehr Collection, château de Bonne-Espérance, Le Cap, Afrique du Sud. © Wikimedia Commons, domaine public.

Navire de la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales croisant au large du Cap de Bonne-Espérance, anonyme, 1762. William Fehr Collection, château de Bonne-Espérance, Le Cap, Afrique du Sud. © Wikimedia Commons, domaine public.

La naissance de l’empire commercial des Indes néerlandaises

Les Hollandais se taillent aux Indes Orientales (Sumatra, Java, Bornéo, Timor, Macassar et Moluques) un puissant empire maritime fondé sur le monopole du commerce des épices. Pour cela, ils ont évincé les Portugais qui les avaient précédés au XVIe siècle, dans les océans Indien et Pacifique. En 1602 est créée la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales ou Vereenigde Oostindische Compagnie, plus connue sous le sigle VOC. Le navigateur hollandais Linschoten publie un traité contenant des instructions nautiques sur le voyage en Orient : traduit en français, en allemand et en anglais, le Routier de Linschoten acquiert une notoriété immense auprès des marins d’Europe du Nord et devient la bible des capitaines de navires marchands pendant tout le XVIIe siècle.

Page de titre du Grand Routier de Mer de Jan Huyghen Van Linschoten, imprimé en français à Amsterdam en 1638. Bibliothèque nationale de France. © Gallica, BNF

Page de titre du Grand Routier de Mer de Jan Huyghen Van Linschoten, imprimé en français à Amsterdam en 1638. Bibliothèque nationale de France. © Gallica, BNF

La VOC va entretenir une flotte de 200 navires et plus de 10.000 agents aux Indes Orientales : elle détient le monopole de tout le commerce à l’est du cap de Bonne-Espérance et à l’ouest du détroit de Magellan, avec le droit de faire la guerre, de fonder des comptoirs, de traiter avec les souverains locaux, de rendre la justice et de battre monnaie — ce sont des droits régaliens.

Sa maîtrise de la cartographie est totale : elle possède son bureau hydrographique dirigé par un cartographe attitré, lié par le secret. Ses dessinateurs reproduisent des cartes réservées à l’usage exclusif des navigateurs de la VOC. Pour les régions trop peu connues, les capitaines reçoivent à leur départ des cartes vierges sur lesquelles figurent seulement les lignes de rhumbs (mesures d’angles délimitées par deux directions du vent). Ainsi, les archives royales de La Haye conservent des séries de cartes sur lesquelles les côtes d’Australie apparaissent au fur et à mesure de leur découverte au XVIIe siècle.

Carte de L'Archipel oriental ou asiatique, par Johannes Blaeu en 1659. Catalogue Sotheby's 2017. © Wikimedia Commons, domaine public

Carte de L’Archipel oriental ou asiatique, par Johannes Blaeu en 1659. Catalogue Sotheby’s 2017. © Wikimedia Commons, domaine public

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Le Saviez-Vous ► 18 Objets Qui Ont Un Sens Caché


On utilise beaucoup d’objets qui ont certaines caractéristiques qui semble n’avoir aucun intérêt et pourtant, ils peuvent s’avérer bien utiles.
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18 Objets Qui Ont Un Sens Caché

Les choses que nous utilisons quotidiennement deviennent tellement partie intégrante de notre routine que nous remarquons rarement leurs caractéristiques les plus simples.

Cependant, si tu regardes attentivement, tu remarqueras peut-être que tes objets préférés ont été conçus pour faire beaucoup plus que tu ne le pensais. Par exemple, les petites brosses sur le côté d’un escalator ne servent pas à polir tes chaussures mais sont en fait une caractéristique de sécurité intéressante.



HORODATAGE

  • Brosses sur les côtés de l’escalator 0:32
  • « 57 » sur les bouteilles de Ketchup Heinz 1:00
  • Pompons sur les bonnets 1:23
  • Fentes des mètres 1:51
  • Rainures sur les cure-dents 2:19
  • Rainures sur les fonds de gobelets 2:47
  • Trous dans les languettes de canettes de soda 3:18
  • Petit point près de la caméra de l’iPhone 3:49
  • Trous sur les bidons d’essence 4:10
  • Trous dans les capuchons de stylo 4:35
  • Flacons à médicaments avec protection pour enfant 5:10
  • Trait sur « F » et « J” » 5:32 Trou dans le fond d’un cadenas 5:53
  • La flèche de la jauge à gaz 6:19
  • Carrés en tissu qui viennent avec des vêtements 6:42
  • Couvercles en plastique 7:13
  • Marges sur les cahiers 7:42
  • Trous latéraux dans tes baskets converses 8:12

Musique par Epidemic Sound  https://www.epidemicsound.com/

La confession d’une agression sexuelle découverte plus de 300 ans après


Une confession d’une agression sexuelle au XVIIe siècle sous une autre confession corrigé étant donné que l’agresseur, c’est mariée avec sa victime comme un accord. C’est une chance pour lui que ce soit passé à cette époque, en espérant quand même que la servante a retrouver son estime de soi.
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La confession d’une agression sexuelle découverte plus de 300 ans après

 

© DR.

Un conservateur du Musée national de la marine de Londres a découvert la confession d’une agression sexuelle commise par un marin au XVIIe siècle et relatée dans son journal, à l’occasion d’une exposition organisée par l’établissement.

Le marin, Edward Barlow, avait dissimulé son premier récit en collant par dessus une autre page avec tant de soin qu’il avait jusqu’ici trompé la vigilance des chercheurs qui étudiaient l’ouvrage.Ce fils de fermier, aux récits connus des spécialistes de l’histoire britannique et de l’expansion de sa puissance maritime, a passé neuf ans à chroniquer ses aventures de marin jusqu’à devenir capitaine de son propre bateau.

Ses écrits débutent lorsqu’il est détenu dans les Indes orientales néerlandaises en 1671. Il évoque plus loin, à son retour en Angleterre, une relation sexuelle avec une servante nommée Mary Symons qui s’est déroulée « en bonne partie contre sa volonté ».

« Elle était endormie, et une fois que je me suis introduit dans le lit, je n’ai pas réussi à me persuader d’en sortir. Je confesse que ce que j’ai fait dépassait ce qui était légal ou respectueux », écrit-il.

Plus tard, au retour d’un voyage en Jamaïque, il avait accepté de rencontrer Mary Symons.

Elle « pleurait misérablement et se disait brisée »

Ils se marièrent finalement et eurent plusieurs enfants.

Dans sa seconde version, collée sur la première a expliqué à l’AFP Robert Blyth, le conservateur principal du Musée national de la marine de Greenwich, Edward Barlow n’évoque pas l’agression et écrit qu’il l’avait épousée « ayant partagé avec elle un peu plus que de la familiarité ordinaire ».

C’est Paul Cook, conservateur du musée et spécialiste des papiers anciens qui a découvert la version originale de ce récit, après avoir travaillé neuf ans sur ce journal.

Certaines de ses pages sont présentées dans la nouvelle galerie Tudor and Stuart, qui a ouvert ses portes le 20 septembre.

https://www.7sur7.be/7s

Vous n’aimez pas votre travail ? Regardez ce que font les autres pour gagner leurs vies.


Ce n’est pas évident pour tout le monde d’aimer leur travail, et parfois difficile de trouver mieux. Cependant, il y a pire comme emploi à travers le monde. Certains aiment ce qu’ils font quand même, mais d’autres, c’est le seul moyen de survivre, malgré le maigre salaire, les mesures de sécurités inexistantes
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Vous n’aimez pas votre travail ? Regardez ce que font les autres pour gagner leurs vies.

Des travailleurs non qualifiés en Asie centrale.

© Masashi Mitsui

© Masashi Mitsui

Monter des câbles électriques haute tension en Chine.

© Rex

© Rex

Des marins au long cours.

© DragonPhister

© DragonPhister

Travailler dans les montagnes.

© IC

© IC

Travailler dans les mines.

© Colin

© Colin

Des marins sur un porte-avions pendant une tempête.

© LCDR Everitt

© LCDR Everitt

Nettoyer les égouts en Inde.

© Sagar Kaul

© Sagar Kaul

Un mineur au travail.

© Jonjonnotaleprechaun

© Jonjonnotaleprechaun

Extraire du pétrole.

© sumkino

© sumkino

Conducteur de camion longue-distance.

© k60.kn3.net

© k60.kn3.net

Nettoyer les vitres d’un gratte-ciel.

© Steve Fernie

© Steve Fernie

Des pompiers.

© Dark

© Dark

Un énorme engin de terrassement a besoin de réparations.

© i.redditmedia.com

© i.redditmedia.com

Et d’un nouveau pneu…

© kalina2.ru

© kalina2.ru

Voici comment le sel est conditionné en Inde.

© 1.dainteresdit.ge

© 1.dainteresdit.ge

Chercher des diamants en Afrique.

© masternews.gr

© masternews.gr

La vie sur un bateau en hiver.

© i.imgur.com

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Un emploi subalterne à Haïti.

© cs633517.vk.me

© cs633517.vk.me

L’extraction de charbon au Pakistan.

© esquire.kz

http://bridoz.com/

Les chats ont conquis la planète en deux vagues


Les chats ont été domestiqués probablement vers le début l’agriculture, il y a des milliers d’années. Les deux parties ont trouvé leur compte à cette amitié. Puis, ils ont migré vers d’autres horizons pour peupler de nombreux pays
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Les chats ont conquis la planète en deux vagues

 

(Agence Science-Presse) Après avoir longuement creusé l’origine des chiens, la génétique se tourne vers celle des chats. Et elle se heurte à un gros obstacle : nous savons beaucoup moins de choses sur la façon dont nos ancêtres ont domestiqué les chats — au point que certains chercheurs hésitent toujours à qualifier Felis silvestris d’animal « domestique ».

Un humain a été enterré avec un chat il y a 9500 ans sur l’île de Chypre. L’« amitié » remonte donc au moins aux débuts de l’agriculture ; c’est ce que tend à confirmer une analyse des génomes de 209 squelettes de chats vieux de 200 à 15 000 ans et dispersés entre l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient. Selon l’équipe dirigée par Eva-Maria Geigl, de l’institut Jacques-Monod à Paris, qui a présenté ses résultats en congrès le 15 septembre, il y aurait eu deux vagues migratoires.

  1. La première a accompagné les premières communautés agricoles au Moyen-Orient, il y a environ 10 000 ans.
  2. Puis, des milliers d’années plus tard, d’autres chats auraient « peuplé » l’Europe, l’Asie et l’Afrique à partir de l’Égypte.

Le lien avec l’agriculture est soupçonné depuis longtemps : le fait d’entreposer de grandes réserves de graines attire des rongeurs et le chat devient, du coup, un allié apprécié des humains. Que l’Égypte ait ensuite été un point de départ pourrait être lié au statut de divinité acquis par cet animal, parallèlement au moment où l’Égypte devenait un carrefour des civilisations. Les premiers marins, spéculent les chercheurs, ont sans doute rapidement saisi, eux aussi, l’avantage d’avoir des chats à bord, pour éloigner les rats des réserves de nourriture… Même les Vikings, quelques millénaires plus tard, embarquaient des chats sur leurs drakkars, pour les mêmes raisons.

http://www.sciencepresse.qc.ca/

Le Saviez-vous ► Expression : Contre vents et marées


 

Allez contre vents et marées, qui ne s’est pas battus contre des obstacles pour aller vers un but précis
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Contre vents et marées

 

Malgré tous les obstacles.

Tout bon marin (même un mauvais, d’ailleurs) sait que les vents et les marées peuvent parfois grandement contrarier l’avance du bateau dans la direction ou vers le but souhaité.

Mais tout bon marin (c’est moins le cas du mauvais, cette fois-ci) sait persévérer et, malgré ces éléments contraires, naviguer quand même vers son but.

Cette expression qui date du début du XVIIe siècle est une métaphore qui symbolise la lutte contre les obstacles qui peuvent entraver un projet ou l’obstination de celui qui décide de mener une action à son terme, malgré les bâtons que certains lui glissent dans les roues, les peaux de banane que d’autres jettent sur son trajet ou plus simplement les problèmes qu’il peut rencontrer.

« Conseils, objurgations, rien n’y fit : ce que maman reconnaissait pour son devoir, elle l’accomplissait contre vent et marée. » André Gide – Si le grain ne meurt

Au XVIe siècle, « avoir vent et marée » voulait dire « être favorisé par les circonstances ».


On retrouve l’image du marin dont l’avancée est facilitée, cette fois, par un vent ou une marée favorable

http://www.expressio.fr/

Le Saviez-vous ► De la mer à la mode


L’origine des rayures sur les gilets des matelots a bord des bateaux poursuivant vagues sur vagues leur route vers l’infiniment grand est une longue histoire qui commence en France et qui aujourd’hui a fait le tour du monde dans le domaine de la mode autant pour les vêtements que les accessoires
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De la mer à la mode

 

Comment les rayures ont-elles franchi le pas du vêtement de matelot à l'univers... (Photo La Presse)

PHOTO LA PRESSE

MÉLANIE ROY
La Presse

Comment les rayures ont-elles franchi le pas du vêtement de matelot à l’univers de la mode? L’histoire fascinante, en accéléré, d’un emblème français.

À en croire les gravures et lithographies de l’époque représentant des pêcheurs près de la Manche ou en Bretagne, les rayures se seraient amarrées à l’univers marin au début du XIXe siècle, vers 1820. Il faut toutefois attendre un arrêté ministériel français de 1858 pour que le tricot rayé, qui deviendra la marinière, s’«uniformise» et soit officiellement assimilé à la silhouette du matelot.

 

« Marine Impériale », un projet original de costume de scène masculin réalisé par Alfred Grévin, vers 1870.

PHOTO ARNAUD FUX, FOURNIE PAR LE MUSÉE NATIONAL DE LA MARINE

Portrait collectif des membres de l’équipage du Louis XV (1870-1871).

PHOTO SÉBASTIEN DONDAIN, FOURNIE PAR LE MUSÉE NATIONAL DE LA MARINE

«Le tricot rayé appartient en propre au monde des matelots, écrit l’historien Michel Pastoureau dans L’étoffe du diable. Une histoire des rayures et des tissus rayés, c’est-à-dire aux simples hommes d’équipage qui participent à la manoeuvre sous la conduite des maîtres et des officiers.»

Eût égard à leur positionnement (bas) dans la hiérarchie, laquelle implique qu’ils occupent les postes les plus dangereux, Pastoureau suggère que le tricot rayé aurait fait office de «vêtement signalétique», reconnaissable en toutes circonstances. La légende veut aussi que les hommes tombés à la mer étaient ainsi plus faciles à repérer.

En 1858, on ne plaisante pas avec les rayures. Le décret qui réglemente les caractéristiques techniques du sac des marins est strict.

Du tricot rayé, il est dit qu’il est fabriqué en jersey, qu’il a un col «bateau» et des manches trois quarts. Il est porté comme linge de corps (sous-vêtement) et il ne possède pas de boutons, pour éviter que le marin reste coincé dans les cordages et les mailles des filets. Mais plus encore, il doit comporter 21 raies blanches larges de 20 mm et 22 raies bleues de 10 mm, et pour les manches, 9 raies blanches et 11 raies bleues.

«Le monde marin a donné naissance à une pléiade de mythologies, remarque Delphine Allannic du Musée national de la Marine de Paris, co-commissaire notamment de l’exposition Les marins font la mode (2009), lors d’un entretien téléphonique avec La Presse. Parmi ces mystères insondables, il y a ce fameux nombre de rayures. On a raconté pendant très longtemps qu’il correspondait aux victoires et défaites napoléoniennes… Mais la réalité est sans doute beaucoup plus logique et pragmatique… »

Du grand large à la plage

Plusieurs facteurs ont permis à la rayure marine de «gagner le rivage». Le plus déterminant est peut-être la découverte par la société européenne fortunée, à la fin du XIXe siècle, des bienfaits de la mer.

«Les grandes villes se dotent d’un système d’eau courante, les appartements de salles de bain. L’eau devient un élément d’hygiène, ce qui n’était pas le cas auparavant», relate Mme Allannic.

«Dans la foulée, on se déplace pour prendre des « bains de mer », respirer l’air marin, fortifier sa santé. Tout un rituel se développe autour des cures, du thermalisme de la mer, du tourisme balnéaire.» Fréquenter les stations balnéaires à la Belle Époque est une activité hygiénique autant que mondaine, relate aussi M. Pastoureau dans L’étoffe du diable.

Sur les plages sont repris les codes de couleur associés à la mer, le bleu ciel et le blanc. Tout l’attirail marin se charge d’une nouvelle connotation, médicale et saine. Les toiles des tentes, les maillots de bain, les peignoirs et les ombrelles sont ornés de rayures. Dans les penderies des femmes, on voit apparaître des cols marins, pendant que les chapeaux se dégarnissent, les styles se délestent. 

Survivance des rayures

«Le glissement du militaire au civil est déjà bien amorcé, poursuit Delphine Allannic. Mais le véritable coup d’envoi est donné par Coco Chanel, qui porte le tricot de marin, l’authentique, ainsi que des pantalons à pont, jusqu’alors considérés comme des vêtements de travail réservés aux hommes, dès son arrivée à Deauville pendant la Grande Guerre.»

Si l’esprit marin teinte fortement les créations de Chanel, c’est Yves Saint Laurent, dans les années 60, qui réinterprète pour la première fois le tricot rayé, version haute couture. Ses robes rayées, rehaussées de paillettes, défilent sur les podiums tandis qu’au sein de l’intelligentsia parisienne, porter la marinière (la vraie, celle de Saint James ou Petit bateau) est depuis un bon moment un geste synonyme d’insouciance et de liberté. Dès 1978, Jean Paul Gaultier fera des rayures bleu marine et blanches sa marque de fabrique, les déclinant sous toutes leurs formes.

Dans les dernières années, ce phénomène au départ «très français» s’est internationalisé, selon Delphine Allannic.

«Beaucoup de créateurs détournent radicalement le vêtement. Avant, on jouait surtout à modifier la couleur de la rayure. Maintenant, on y ajoute des dessins, des broderies, des sequins, même dans la grande distribution, ce qui ne se faisait pas il y a cinq ou six ans.»

Simple concordance des temps?

«Le motif est devenu un classique, chargé de tout son imaginaire. Mais le style marin, son omniprésence en ce moment, s’atténuera. Puis reviendra, dans quelques années… C’est l’éternel retour de la mode, non?» Et on l’attendra patiemment, avec «la vertu des femmes de marins», comme le chantait Barbara.

http://www.lapresse.ca