Des policiers suspendus après avoir affirmé que des souris ont mangé un stock de 500 kg de cannabis


De la marijuana a disparu en Argentine dans les entrepôts de la police. L’excuse que les souris auraient mangé 500 kilos de cannabis est tiré par les cheveux. Les policiers n’ont pas réussi a convaincre des spécialistes .. Allez savoir pourquoi !!
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Des policiers suspendus après avoir affirmé que des souris ont mangé un stock de 500 kg de cannabis

 

GETTY IMAGES/ISTOCKPHOTO

L’étrange disparition de ce stock de cannabis a été signalée après une inspection.

 

  • HuffPost Québec

Huit policiers argentins ont été suspendus après avoir affirmé que plus d’une demi-tonne de marijuana qui avait disparu d’un entrepôt de police avait été mangée par des souris, selon The Guardian.

L’étrange disparition de ce stock de cannabis a été signalée après une inspection au sein de cet entrepôt, situé dans la ville de Pilar, à 60 km de la capitale du pays, Buenos Aires.

Le stock était entreposé depuis deux ans. Cependant sur les 6000 kg enregistrés, seulement 5460 kg ont été trouvés. Après ce constat, les soupçons se sont tournés directement vers l’ancien commissaire de police, Javier Specia, puisque celui-ci n’avait jamais signé les documents officiels de l’inventaire de cannabis. Son remplaçant, le commissaire Emilio Portero, a alors avisé le département des affaires internes qui a ouvert une enquête.

Face au juge Adrián González Charvay, Javier Specia et trois policiers ont livré la même explication:

«les stupéfiants ont été mangés par des souris».

Mais certains experts ont témoigné qu’ils doutaient qu’un grand nombre de souris aient pu manger autant de marijuana.

Un porte-parole du juge a déclaré que les experts affirmaient que les souris ne confondraient pas du cannabis avec de la nourriture et dans un cas contraire, on aurait retrouvé un grand nombre d’entre elles mortes dans l’entrepôt.

Les suspects devront témoigner au tribunal le 4 mai. Le juge cherchera à déterminer si la marijuana manquante a été dérobée par les policiers accusés.

https://quebec.huffingtonpost.ca/

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Le monde évalue l’ampleur de la «crise» de la biodiversité


Des études de grandes envergures se font sur la biodiversité de la Terre, les animaux, la faune, la flore tout est en danger. On le sait que si on veut préserver ce que l’on peut, il faudrait agir. La question que je me pose, avec tout ce monde qui étudie l’environnement, l’action est peu efficace des gens, des gouvernements qui pourraient faire changer les choses ou du moins protéger ce que l’on peut encore
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Le monde évalue l’ampleur de la «crise» de la biodiversité

 

Les sols du monde sont de plus en... (Andre Penner, archives AP)

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Les sols du monde sont de plus en plus dégradés par la pollution, la déforestation, l’exploitation minière et des pratiques agricoles non durables qui les appauvrissent. Sur cette photo, de la déforestation dans le nord de l’État Para, au Brésil.

ANDRE PENNER, ARCHIVES AP

 

MARIETTE LE ROUX, FLORENCE PANOUSSIAN
Agence France-Presse
Paris et Bogota

En raison de l’activité humaine, la Terre vit une extinction massive d’espèces, la première depuis la disparition des dinosaures, une crise dont l’ampleur va être exposée dans les prochains jours en Colombie, l’un des pays les plus biodiversifiés du monde.

À partir de samedi, experts et décideurs de 128 pays vont se rassembler au chevet de la planète afin d’évaluer les dégâts sur la faune, la flore et les sols, puis préconiser des solutions pour enrayer la tendance.

« La science le démontre : la biodiversité est en crise à l’échelle mondiale », a déclaré à l’AFP le directeur général du WWF, Marco Lambertini, avant cette réunion de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) prévue jusqu’au 26 mars à Medellín (nord-ouest).

« Nous dépendons de la biodiversité pour la nourriture que nous mangeons, l’eau que nous buvons, l’air que nous respirons, la stabilité du climat, et malgré cela nos activités mettent la pression sur la capacité de la Nature à subvenir à nous besoins », a-t-il ajouté.

Pour dresser son état des lieux, l’IPBES a divisé la planète en quatre régions : Amérique, Afrique, Asie-Pacifique et Europe-Asie centrale. Chacune a fait l’objet d’une analyse approfondie et d’un volumineux rapport de 600 à 900 pages, que les 750 délégués vont étudier à huis clos. Puis le diagnostic sera rendu le 23 mars.

Cinq volumineux rapports

Un second bilan sera extrait le 26 mars d’un cinquième rapport sur l’état des sols du monde, de plus en plus dégradés par la pollution, la déforestation, l’exploitation minière et des pratiques agricoles non durables qui les appauvrissent.

Quelque 600 chercheurs ont travaillé bénévolement durant trois ans sur ces cinq évaluations, qui synthétisent les données d’environ 10 000 publications scientifiques. Le résultat final couvre la totalité de la Terre, sauf les eaux internationales des océans et l’Antarctique.

Les déléguées de l’IPBES se retrouvent dans un pays qui compte plus de 56 300 espèces de plantes et d’animaux, soit le 2e du monde pour sa biodiversité après le Brésil, qui est huit fois plus grand.

La Colombie, qui arrive en tête pour le nombre d’espèces d’orchidées et d’oiseaux (plus de 1920, soit 19 % de la planète), est traversée par trois cordillères andines, une topographie complexe qui a permis l’évolution de 311 écosystèmes différents.

Elle sort peu à peu d’un conflit armé de plus d’un demi-siècle, dont la violence a longtemps converti en zones interdites d’immenses parties du territoire, ainsi paradoxalement préservées.

Mais 1200 espèces sont aujourd’hui menacées en raison notamment du déboisement et de la pollution, dues en particulier à l’élevage extensif, aux plantations illicites de marijuana et de coca, matière première de la cocaïne, et aux exploitations minières clandestines.

« Nous sommes encore confrontés à un énorme défi lié au contrôle de la déforestation », a admis en février le ministre colombien de l’Environnement et du Développement durable, Luis Gilberto Murillo, en faisant état d’environ 170 000 ha déboisés l’an dernier.

Suggestions non contraignantes

À Medellín, les experts vont travailler sur des synthèses d’une trentaine de pages, destinées aux dirigeants des états membres de l’IPBES, afin de les orienter en matière de protection de la biodiversité.

Allant des transports à l’éducation, en passant par l’agriculture, ces « résumés » ne sont que des recommandations non contraignantes.

Ce sont des « suggestions pour agir », a précisé à l’AFP la secrétaire administrative de l’IPBES, Anne Larigauderie.

« Nous espérons que cela aidera à la prise de décisions pour stopper la perte de biodiversité », a ajouté Tom Brooks, directeur scientifique de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN,) qui fournit des données pour les rapports.

Le processus a jusqu’à présent coûté quatre millions d’euros (environ cinq millions de dollars).

Après l’ouverture officielle de la conférence samedi soir, les délégués négocieront à huis clos et « mot par mot » le contenu des synthèses.

« Des milliers de personnes ont fait des milliers (…) de commentaires », a ajouté Mme Larigauderie, en prédisant « beaucoup de discussions » durant la réunion de Medellín.

« Il se peut que certains pays ne soient pas satisfaits de ce que le rapport dit de l’état de leur biodiversité », a-t-elle aussi averti.

Selon un rapport distinct du Fonds mondial pour la nature paru mercredi, le dérèglement climatique pourrait menacer entre un quart et la moitié des espèces d’ici 2080 dans 33 régions du monde parmi les plus riches en biodiversité.

http://www.lapresse.ca

Hausse du nombre de chiens rendus malades par le cannabis


Quand le cannabis sera légal au Canada, il y aura sûrement une hausse d’intoxication chez les enfants et animaux dont les chiens. Si on se considère assez responsable de prendre un joint, on doit aussi assumer la responsabilité de ne pas laissé la drogue accessible aux enfants et aux animaux
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Hausse du nombre de chiens rendus malades par le cannabis

 

ALEX_UGALEK VIA GETTY IMAGES

Dans de rares cas, l’intoxication peut entraîner la mort de l’animal.

  • Les vétérinaires disent observer une hausse du nombre de chiens rendus malades après avoir ingéré de la marijuana et mettent en garde les propriétaires d’animaux en vue de la légalisation du cannabis au Canada.

    Le Dr Jeff Goodall, vétérinaire à la clinique Sunnyview de Bedford, en Nouvelle-Écosse, dit avoir traité cinq cas d’intoxication à la marijuana en 2017, contre trois en 2016 et aucun en 2015.

    Il explique que le tétrahydrocannabinol (THC) contenu dans la plante ne rend pas le chien drogué, mais plutôt très malade. L’animal peut vaciller, pleurer et uriner de manière incontrôlée.

    Dans de rares cas, l’intoxication peut entraîner la mort de l’animal.

    Le Dr Goodall aimerait voir plus d’avertissements et d’information auprès du grand public sur les conséquences que peut avoir l’ingestion de cannabis pour un animal de compagnie.

    Au Colorado, où la consommation de cannabis à des fins récréatives a été légalisée en 2012, on a rapporté quatre fois plus de cas d’intoxication chez les chiens entre 2010 et 2015.

http://quebec.huffingtonpost.ca

En Californie, des églises offrent du cannabis à leurs fidèles


Sûrement, que les paroissiens vont avoir de saintes visions, ou des visions démoniaques. Enfin, c’est une bonne manière de pervertir une religion et ses adeptes. Ce que je me demande, si une personne tombe en état psychotique qui en sera responsable ? Faire la marijuana un sacrement, c’est d’y aller un peu fort. Bref, la police soupçonne que ces églises seraient plus des dispensaires clandestines
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En Californie, des églises offrent du cannabis à leurs fidèles

 

L'«International Church of Cannabis» de Denver, dans le Colorado. Via: elevationists.org

L’«International Church of Cannabis» de Denver, dans le Colorado. Via: elevationists.org

Repéré par Léa Marie

Repéré sur Tonic

Une dizaine d’établissements religieux associent désormais la consommation de marijuana à la pratique religieuse.

«Merci, Seigneur, pour le cannabis.» Dans une église de San José, en Californie, les joints remplacent l’hostie. Et durant la prière, le pasteur invite les fidèles à en «respirer et inhaler profondément» la fumée pour mieux entrer en communication avec le Saint-Esprit…

Malgré son apparence classique, la Coachella Valley Church se définit comme une église rastafariste –un courant culturel et spirituel développé en Jamaïque qui mêle, entre autres, des éléments du christianisme et du mysticisme. Avec une petite particularité: ses membres sont invités à consommer de la marijuana lors des rituels. 

Au total, à travers les États-Unis, une dizaine d’églises –dont certaines n’ont rien à voir avec le mouvement rastafari– érigent elles aussi l’herbe au rang de «sacrement». Leur nombre serait même en constante augmentation, d’après Tonic. Au point d’être soupçonnées par les autorités locales de devenir des «dispensaires à weed déguisés», alors que le cannabis récréatif est légal depuis le 1er janvier 2018 en Californie.

«Je ne dis pas que ce ne sont pas de vraies églises», affirme Rick Doyle, procureur général de la ville de San José, «mais étant donné l’ampleur de leur distribution de marijuana, elles deviennent des dispensaires clandestins».

Il entend d’ailleurs mettre un terme à cette pratique et a pour cela entrepris des procédures pénales à l’encontre de la Coachella Valley Churc, qui sera fixée sur son sort le 22 janvier prochain.

Les paroissiens de la Coachella Valley Church estiment quant à eux que la législation américaine sur la liberté religieuse leur confère le droit d’offrir de la marijuana à leurs visiteurs sans autorisation préalable d’un médecin. Pour rappel, les Californiens peuvent de consommer du cannabis à usage médical en toute légalité depuis 1996.

Les églises qui valident l’usage de la marijuana se sont récemment multipliées en Californie. Les villes d’Oakland, Roseville, Modesto, San Diego, ou encore Los Angeles sont concernées. Mais le phénomène prend également de l’ampleur à l’échelle nationale. En avril 2017 ouvrait l’«International Church of Cannabis» à Denver, dans le Colorado, où la drogue douce est légale depuis 2012.

Comme elle, souligne Tonic, certains établissements religieux «testent les limites des règles étatiques et locales concernant la consommation de marijuana en public».

http://www.slate.fr/

La marijuana associée à des expériences psychotiques chez les adolescents


L’idée de la drogue pour les jeunes m’horripile, je trouve tellement que ce sont des années gâchées pour une substance qui en bout de ligne n’apporte que des problèmes
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La marijuana associée à des expériences psychotiques chez les adolescents

 

Un jeune homme fume un joint.

Un jeune homme fume un joint. Photo : Associated Press/Alex Brandon

Passer d’une consommation de marijuana occasionnelle à une consommation hebdomadaire ou quotidienne à l’adolescence augmente de 159 % le risque de vivre des expériences psychotiques récurrentes, selon une nouvelle étude du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine.

Radio-Canada avec La Presse canadienne

L’étude, publiée mercredi dans le Journal of Child Psychology and Psychiatry, rapporte également des effets de la consommation de marijuana sur le développement cognitif et montre que le lien entre la consommation de marijuana et les expériences psychotiques s’explique en partie par une hausse des symptômes liés à la dépression.

Un des objectifs de l’étude était de comprendre le mécanisme par lequel la consommation de marijuana et les expériences psychotiques sont liées.

Nos résultats confirment que devenir un consommateur régulier de marijuana durant l’adolescence est, en effet, associé à un risque de symptômes psychotiques. C’est un important problème de santé publique. Josiane Bourque, doctorante au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal

Une des hypothèses avancées par l’équipe du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine est que la consommation de cannabis aurait un effet négatif sur le développement des fonctions cognitives à l’adolescence et que ce déficit cognitif serait directement associé à la manifestation d’expériences psychotiques.

Cependant, cette hypothèse n’a été que partiellement confirmée.

Parmi les différentes fonctions cognitives étudiées, seule la capacité d’inhibition a été altérée par la consommation de marijuana; c’est une habileté essentielle qui permet à l’individu d’inhiber certaines pulsions ou certains comportements pour adopter une attitude appropriée selon la situation vécue.

L’équipe de recherche a d’ailleurs démontré que la diminution de cette fonction cognitive constitue un facteur de risque dans l’abus de substances et la dépendance.

L’étude a plutôt démontré que même si la consommation de marijuana est associée à divers déficits cognitifs et symptômes psychiatriques, c’est uniquement l’augmentation de symptômes dépressifs, notamment des pensées négatives et de l’inquiétude, qui pouvait expliquer le lien entre la marijuana et la récurrence des expériences psychotiques chez les jeunes.

Les résultats de l’étude proviennent du projet Co-Venture, une cohorte d’environ 4000 adolescents de 13 ans issus de 31 écoles secondaires de la grande région de Montréal suivis annuellement tout au long du secondaire.

http://ici.radio-canada.ca/

La drogue plus meurtrière que l’alcool sur les routes américaines


Prendre ces statistiques avec un grain de sel ? Je ne suis pas convaincu. Au Canada, on parle de légaliser la marijuana, soi-disant pour limiter les dégâts sur le marché noir et des impuretés qui pourraient s’y trouver. Mais sur la route ? Il y a trop d’accidents à cause de l’alcool au volant, quel sera le nombre avec la drogue légale ? Au Québec, ils ont fait une publicité de la drogue au volant et fraichement, elle n’est pas très convaincante
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La drogue plus meurtrière que l’alcool sur les routes américaines

 

US ACCIDENT

Le nombre de conducteurs tués dans des accidents alors qu’ils étaient sous l’emprise de la drogue a, pour la première fois, dépassé le nombre de ceux tués pour conduite avec les facultés affaiblies par l’alcool aux États-Unis, selon une étude menée en 2015 par l’institut de la statistique américaine.

De plus, dans plus du tiers des cas d’accident mortels liés à la drogue, la marijuana était en cause, toujours selon l’étude américaine diffusée par l’Association des gouverneurs pour la sécurité sur les routes et la Fondation pour la consommation responsable d’alcool, une organisation sans but lucratif créée par des brasseurs.

Quarante-trois pour cent des conducteurs impliqués dans des accidents mortels à travers les États-Unis en 2015 avaient consommé une drogue, légale ou non, alors que c’est 37 % des mêmes conducteurs testés qui dépassaient la limite légale d’alcool dans le sang.

Parmi les conducteurs tués qui avaient consommé des drogues, 36,5 % avaient consommé de la marijuana et 9,3 % avaient pris des amphétamines.

L’étude inclut toute substance pouvant altérer la conduite automobile, une classification qui inclut des drogues illégales, de prescription, des drogues légales et non médicinales.

« Les gens devraient être informés que les drogues de toutes sortes peuvent altérer les aptitudes à la conduite automobile », a déclaré le responsable de l’étude, Jim Hedlund.

«Si vous êtes sous l’influence d’une drogue qui nuit à la conduite automobile, vous ne devriez pas conduire.» – Jim Hedlund.

L’information utilisée provient des données fournies à l’institut de la statistique américaine par le Bureau américain de la sécurité dans les transports sur les autoroutes nationales.

Hausse de l’usage de drogues

En 2013, la proportion d’accidents de la route mortels causés par l’alcool au volant était équivalente à celle causée par la drogue au volant, soit quelque 40 % chacun, explique M. Hedlund.

Ce dernier précise que l’alcool au volant dépassait légèrement la drogue au volant dans les causes de mortalité sur la route.

L’incidence mortelle de la drogue au volant a augmenté de façon constante depuis 2005. L’alcool au volant était, à ce moment, responsable de 41 % des morts sur la route alors que la drogue avait causé 28 % des accidents mortels.

M. Hedlund est toutefois incapable de lier directement l’utilisation accrue de drogues aux États-Unis à l’augmentation des conducteurs sous l’influence de drogue.

Le nombre d’Américains décédés en raison de la consommation d’opioïdes, y compris les antidouleurs de prescription et l’héroïne, a quadruplé depuis 1999, avec plus de 33 000 morts en 2015.

L’augmentation de la mortalité reliée à la conduite avec les facultés affaiblies par la drogue coïncide la légalisation de la marijuana dans 29 États et du District de Colombia.

Au Colorado, le nombre de morts sur les routes reliés à la consommation de drogue a augmenté de 48 % à la suite de la légalisation de la marijuana récréative.

À prendre avec un « grain de sel »

Le directeur adjoint de l’Alliance de la politique antidrogue Michael Collins remet cependant en question le lien établi entre les deux en indiquant que la marijuana peut demeurer dans le sang des consommateurs pendant des semaines.

Certains des conducteurs tués avec de la marijuana dans le sang pourraient ne pas avoir été intoxiqués au moment de l’accident, selon M. Collins.

« Je crois que ce genre d’analyses doit être pris avec un grain de sel », avance M. Collins.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Conduire sous l’influence du cannabis : qu’en dit la science?


Point de vue de la sécurité routière, les amateurs de cannabis ont-ils les même facultés affaiblis que ceux qui consomment de l’alcool et choisissent de conduire leur auto ? En fait, l’effet sur la conduite de la drogue est différent à celle de l’alcool. Mais les risques sont tout aussi réels. Le problème pour détecter la quantité de THC sur une personne est plus complexe que le taux d’alcoolémie
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Conduire sous l’influence du cannabis : qu’en dit la science?

 

Le reportage de Bouchra Ouatik

La légalisation du cannabis est imminente au Canada, mais les effets de cette drogue au volant ne sont pas toujours bien connus. À quel point le cannabis nuit-il aux facultés de conduite? Quelle devrait être la limite permise? Et surtout, comment débusquer les conducteurs intoxiqués?

Un texte de Bouchra Ouatik, de Découverte

Le cannabis est prisé pour son effet euphorisant et relaxant, mais la molécule responsable de ces sensations – le tétrahydrocannabinol ou THC – affaiblit aussi des facultés cognitives, soit la concentration, l’attention, la mémoire, la coordination et la perception du temps.

Ces facultés sont toutes essentielles à la conduite automobile. Plus la concentration de THC est élevée, plus ces effets seront importants.

Des recherches démontrent que la concentration de THC dans le cannabis a doublé depuis les 30 dernières années. La marijuana, soit les fleurs séchées de cannabis, contient aujourd’hui en moyenne 15 % de THC, tandis que le haschisch — soit la résine provenant des fleurs — en contient environ 30 %. Certains produits plus concentrés peuvent même contenir jusqu’à 90 % de THC.

Par contre, un autre cannabinoïde connu sous le nom de cannabidiol, ou CBD, a la propriété d’atténuer les effets du THC. En raison de ses propriétés anti-inflammatoires, il se retrouve en concentration élevée dans le cannabis médicinal. Mais comme il ne procure pas d’euphorie, on en trouve rarement dans le cannabis récréatif.

Une conduite au ralenti

Les Pays-Bas ont une longue expérience avec le cannabis au volant. La substance n’y est pas officiellement légale, par contre sa consommation est tolérée depuis plus de 40 ans.

À l’Université de Maastricht, le psychopharmacologue Johannes Ramaekers étudie la conduite avec les facultés affaiblies depuis plus de 30 ans.

Johannes Ramaekers, psychopharmacologue à l’Université de Maastricht, aux Pays-Bas

Johannes Ramaekers, psychopharmacologue à l’Université de Maastricht, aux Pays-Bas Photo : Radio-Canada/Nicolas St-Germain

Dans le cadre de ses recherches, les participants consomment du cannabis ou de l’alcool, ou les deux à la fois, avant d’effectuer un test de conduite sur une autoroute, dans des conditions réelles. Un instructeur de conduite, assis du côté passager, est prêt à freiner en cas d’urgence.

Tout au long du test, une caméra installée sur le toit enregistre la position de la voiture par rapport à la ligne blanche au centre de la route.

« Cela nous permet de calculer la déviation de la voiture sur une période de temps donnée, explique Johannes Ramaekers. Ce mouvement est une bonne indication du niveau de contrôle que le conducteur a sur son véhicule pendant un long trajet. »

Le chercheur Johannes Ramaekers utilise une voiture équipée d’une caméra sur le toit.

Le chercheur Johannes Ramaekers utilise une voiture équipée d’une caméra sur le toit. Photo : Radio-Canada/Nicolas St-Germain

Les participants sont également soumis à des tests informatisés en laboratoire pour mesurer certaines facultés cognitives, comme leur attention, leur prise de décision et leur impulsivité.

Le constat de Johannes Ramaekers : l’effet du cannabis sur la conduite automobile est différent de l’effet de l’alcool.

« Les deux substances nuisent à la performance au volant et aux facultés telles que l’attention, le contrôle moteur et la prise de décision. Mais l’alcool augmente aussi la prise de risque. Je crois que c’est pour cela que les gens prennent le volant même lorsqu’ils sont complètement ivres. Ils sont prêts à prendre ce risque. Ils perdent leurs inhibitions. »

Sous l’effet du cannabis, au contraire, les conducteurs sont conscients de leurs limites, ils conduisent plus lentement, et ils tentent d’être plus prudents. Mais cela ne les rend pas moins dangereux, insiste le psychopharmacologue.

Un des plus grands mythes à ce sujet est que les conducteurs sous l’effet du cannabis ne sont pas dangereux sur la route, car ils savent que leurs facultés sont affaiblies et ils s’adaptent. C’est vrai qu’ils sont conscients de leur état et qu’ils essaient de compenser, mais ils échouent. Ils demeurent intoxiqués. Johannes Ramaekers, psychopharmacologue, Université de Maastricht

Les conducteurs qui ont consommé du cannabis réagissent plus lentement en cas d’imprévu et sont moins attentifs à leur environnement. Ils ont aussi plus de difficulté à rouler en ligne droite que les conducteurs qui ont consommé de l’alcool.

Les tests de salive à l’étude

Plusieurs pays européens, dont la Belgique, utilisent des tests de salive pour détecter la présence de THC chez les conducteurs. Le plus populaire d’entre eux est le DrugWipe, de la compagnie allemande Securetec. Il permet aux policiers de recueillir un échantillon de salive, au moyen d’une languette, et au bout de quelques minutes, une ligne rouge apparaît si le résultat est positif.

Un policier belge tient un test de dépistage de drogues dans la salive.

Un policier belge tient un test de dépistage de drogues dans la salive. Photo : Radio-Canada/Nicolas St-Germain

Le médecin Alain Verstraete, chercheur à l’Université de Gand en Belgique, a mené des études sur l’efficacité de ces instruments.

« Le grand avantage de ce dispositif, c’est que la prise d’échantillons se fait très, très rapidement. Et c’est pour ça que la police aime bien utiliser ce dispositif », souligne-t-il.

Le médecin Alain Verstraete, chercheur en toxicologie à l’Université de Gand en Belgique.

Le médecin Alain Verstraete, chercheur en toxicologie à l’Université de Gand en Belgique. Photo : Radio-Canada/Nicolas St-Germain

Le Canada évalue présentement l’efficacité du DrugWipe, ainsi que d’un dispositif de la compagnie Alere, qui fonctionne selon un principe similaire.

Comment connaître le niveau d’intoxication?

Le niveau d’intoxication d’un conducteur dépend de la quantité de drogue ou d’alcool dans son cerveau.

Pour l’alcool, la détection est simple.

« L’alcool est une molécule qui est soluble dans l’eau, explique le Dr Verstraete. Elle va se diffuser dans toute l’eau qu’il y a dans l’organisme, donc ce sera une distribution uniforme dans tout le corps. »

Pour cette raison, en mesurant la concentration d’alcool dans l’haleine à l’aide d’un éthylomètre, on peut en déduire la concentration d’alcool dans le sang, et par le fait même, dans le cerveau.

La détection de THC est beaucoup plus complexe que celle de l’alcool. Les tests de salive indiquent si la substance a été consommée dans les heures précédentes, mais ne permettent pas de connaître la concentration de THC dans le corps. Pour cette raison, les policiers doivent emmener les automobilistes suspects à l’hôpital pour subir des analyses sanguines.

Un autre obstacle se pose alors. Contrairement à l’alcool, le THC s’élimine rapidement du sang et s’accumule plutôt dans les zones du corps riches en graisses, comme le cerveau.

« Les effets maximaux du cannabis, on les voit quand la concentration est déjà [en train de] baisser dans le sang », souligne le médecin.

Quand on fait un contrôle au bord de la route, c’est important de ne pas perdre trop de temps entre le moment où il y a eu l’accident, ou le moment où l’on a arrêté le conducteur, et la prise de sang, parce que chaque heure, la concentration va diminuer de moitié. Dr Alain Verstraete, chercheur en toxicologie à l’Université de Gand

Ainsi, après quelques heures, le THC a presque entièrement disparu du sang, mais il est toujours présent dans le cerveau et le conducteur est toujours sous l’effet de la drogue.

Pour que les analyses sanguines soient fiables, les experts estiment qu’elles doivent être faites moins de deux heures après la consommation.

Fixer une limite

Un policier de Portland, en Oregon, effectue un test de sobriété.

Un policier de Portland, en Oregon, effectue un test de sobriété. Photo : Pond5/night_stringers

Certaines études indiquent qu’une concentration de 5 nanogrammes de THC par millilitre de sang (ng/ml) pose un risque d’accident comparable à une alcoolémie de 0,08 %.

Les premiers États américains à avoir légalisé le cannabis, soit le Colorado et l’État de Washington, ont d’ailleurs fixé leur limite légale de THC à 5 ng/ml. Le Nevada a cependant adopté une limite plus basse, soit 2 ng/ml.

« Même une toute petite quantité de cannabis peut déjà vous amener à cette limite-là, souligne le Dr Verstraete. Il y a par exemple une étude qui a montré que de tirer une fois sur un joint, ça donne une concentration maximale entre 7 et 18 nanogrammes par millilitre. »

D’autres États américains, comme l’Oregon et l’Alaska, ne fixent quant à eux aucune limite légale et évaluent plutôt l’intoxication à partir de signes physiques, comme le mouvement des yeux ou l’équilibre.

Probablement qu’un joint ou même un demi-joint peut déjà doubler les risques d’accident, certainement chez une personne qui n’a pas l’habitude de fumer du cannabis. Dr Alain Verstraete, chercheur en toxicologie à l’Université de Gand

Lorsqu’un joint entier est consommé, il faut donc attendre plusieurs heures avant de prendre la route.

Si l’on inhale le cannabis, par exemple en le fumant, les effets se font sentir dès les premières minutes et ils s’estompent au bout de quatre heures. Mais si on l’ingère, par exemple sous forme de gâteaux, les effets prennent parfois une heure avant de se manifester et ils peuvent durer plus de huit heures.

Des joints de cannabis et des gâteaux à base de cannabis, dans un « coffee shop » d’Amsterdam.

Des joints de cannabis et des gâteaux à base de cannabis, dans un « coffee shop » d’Amsterdam. Photo : Radio-Canada/Nicolas St-Germain

Cependant, pour ceux qui consomment du cannabis de manière quotidienne, l’intoxication dure encore plus longtemps, car le THC s’accumule dans les graisses du corps et continue de se libérer durant les jours suivant la consommation.

« Il y a certaines études qui montrent que des gens qui ont beaucoup consommé et qui arrêtent ont encore des effets après 28 jours », souligne le Dr Alain Verstraete.

Si vous fumez quotidiennement, plusieurs fois par jour, vous êtes dans un état constant d’intoxication au cannabis. Johannes Ramaekers, psychopharmacologue, Université de Maastricht

Comme plusieurs experts, Johannes Ramaekers considère que ceux qui consomment du cannabis quotidiennement ne devraient jamais prendre le volant.

Derrick Bergman, militant pour la légalisation du cannabis aux Pays-Bas

Derrick Bergman, militant pour la légalisation du cannabis aux Pays-Bas Photo : Radio-Canada/Nicolas St-Germain

C’est d’ailleurs la décision qu’a prise le militant pour la légalisation du cannabis Derrick Bergman.

« Personnellement, je n’ai pas de permis de conduire, je fais tout en transport en commun, à vélo, ou bien j’embarque avec d’autres personnes, confie-t-il. Si vous commencez à fumer, ne combinez pas ça à la conduite. Trouvez un autre moyen de transport. »

http://ici.radio-canada.ca