Une fille de 16 ans vendue sur Facebook, ce "marché d’esclaves moderne"


C’est épouvantable que pour sortir de la pauvreté on peut aller jusqu’à vendre sa fille pour un mariage forcé. Avec les réseaux sociaux, les ventes sont plus facile a réalisé malheureusement
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Une fille de 16 ans vendue sur Facebook, ce « marché d’esclaves moderne »

 

© afp.

Par: Deborah Laurent

Facebook est au coeur d’une nouvelle polémique. Le 25 octobre dernier, une famille du Sud-Soudan a mis  sa fille de 16 ans en vente sur le réseau social. Le plus offrant gagnait le droit de l’épouser.

Facebook a expliqué que le post problématique avait été retiré dès qu’il en avait eu connaissance le 9 novembre, soit quinze jours plus tard… Malheureusement, le deal pour la vente de l’adolescente avait déjà été conclu.

Selon Plan International, organisation de défense des droits de l’enfants, le père de la jeune fille aurait reçu 500 vaches, trois voitures et 10.000 dollars en échange de sa fille. Vu le « succès » de sa vente sur Facebook, Plan International craint que ça donne la même idée à d’autres familles.

Pour le directeur de Plan International au Sud-Soudan, il ne s’agit ni plus ni moins d’une « utilisation barbare de la technologie se rapprochant d’un marché d’esclaves moderne ».

La fille ainsi vendue a été mariée de force le 3 novembre. Plan International demande au gouvernement du Sud-Soudan d’enquêter sur cette affaire et de punir les responsables.

Selon les chiffres de l’UNICEF publiés en novembre 2017, 52% des filles du Sud-Soudan sont mariées avant l’âge de 18 ans. Selon l’UNICEF, les filles et leurs proches sont convaincus que ces mariages précoces peuvent les aider à sortir de la pauvreté.

https://www.7sur7.be/

«L’esclavage n’a jamais cessé dans le monde»


L’esclavage existe depuis des milliers d’années et malheureusement, il est encore très présent actuellement. Peut-être qu’on ne le voit pas, mais il est bien réel. L’esclavage a plusieurs visages, comme les travaux forcés, la traite d’enfants, la traite humaine souvent pour prostitution. Et même si on se dit civilisé dans un pays développé, il se peut que vous croisez une ou plusieurs victimes
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«L’esclavage n’a jamais cessé dans le monde»

 

 

Getty

Les femmes et les filles rohingyas, qui représentent 51% des camps de réfugiés au Bangladesh, sont régulièrement victimes de la traite d’êtres humains et d’abus sexuels. Les femmes âgées de 13 à 20 ans risquent d’être victimes de mariages forcés. Une majorité de femmes voyagent seules après que leur mari eut été enlevé ou tué au Myanmar.

Par Miguel Velázquez
Metro World News

L’an dernier, des images obtenues par CNN montrant des esclaves vendus sur le marché noir en Libye ont fait le tour du monde. Métro fait le point sur l’esclavage, toujours vivant, qui prend le visage de la traite humaine.

«L’Organisation internationale du travail estime que près de 21 millions de personnes dans le monde sont victimes de travaux forcés. Cette statistique comprend les victimes du trafic lié au travail et à l’exploitation sexuelle», souligne la branche des Nations unies.

Elle insiste également sur le fait que «tous les États sont touchés par le trafic humain, que les victimes quittent un pays, qu’elles y arrivent ou encore qu’elles y transitent».

«La traite est la continuité d’un vieux problème d’esclavagisme qui n’a malheureusement jamais cessé, mais qui a pris une autre forme», explique à Métro Jasmine O’Connor, directrice d’Anti-Slavery International.

Mme O’Connor ajoute que le trafic humain continue d’être un problème international parce que «des gens choisissent d’exploiter des personnes plus vulnérables et que les gouvernements ne font rien pour empêcher la chose».

Les solutions pour s’y attaquer semblent encore peu concrètes, bien que la question soit une des priorités des Objectifs de développement durable 2030 que les 190 pays des Nations unies se sont engagés à respecter en 2015.

Ces objectifs appellent à la fin de la traite des enfants et des violences commises contre eux et demandent que des mesures concrètes soient adoptées contre le trafic humain en général. Il est aussi question de stopper toute forme de violence et d’exploitation envers les femmes et les filles.

Une des mesures pour assurer la prévention de la traite exige que les «gouvernements de la planète, y compris les États-Unis, fassent tout ce qui est en leur pouvoir afin de fournir une procédure d’entrée sécuritaire et légale pour les immigrants ainsi que des normes justes en matière de travail», indique Kathleen Kim, chercheuse à la Loyola Law School, à Los Angeles.

«Les pays développés, comme les États-Unis, qui reçoivent un plus grand nombre de travailleurs issus du trafic humain, devraient aussi aider économiquement et politiquement au développement des pays d’où partent les victimes de traite», ajoute-t-elle.

Les victimes peuvent être exploitées de plusieurs façons: exploitation sexuelle, travail forcé, mariage forcé, crime forcé, servitude pour dettes et même trafic d’organes.

«Les conséquences de la traite sont terribles. Les victimes deviennent des esclaves, leur vie est contrôlée. Il n’y a pas d’issue possible, souligne Jasmine O’Connor. Le trafic est bien réel et il est plus près de vous que vous ne le croyez. Ouvrez les yeux. Regardez les gens que vous croisez dans la rue et demandez-vous s’ils sont des victimes du trafic humain. Observez les produits qui vous entourent et demandez-vous si vous participez aussi au trafic humain.»

«Toute personne mérite de vivre en liberté. Les gouvernements de la planète ont l’obligation de garantir ce droit de base», insiste Kathleen Kim.

«Tant que l’humanité sera capable de vice…»

Entrevue avec Judith Kelley, spécialiste des affaires internationales et doyenne de la Sanford School of Public Policy de l’université Duke, à Durham, en Caroline du Nord, aux États-Unis.

À quoi doit-on s’attaquer pour éradiquer le problème de la traite humaine?

Le trafic humain est le commerce et l’exploitation d’êtres humains. Le problème est aussi vieux que celui de l’esclavage. Il remonte donc à plusieurs milliers d’années, alors que la pratique était normale, voire légale. La traite humaine est une version moderne et cachée de cela. J’aimerais vous dire que le problème s’estompera, mais, comme avec n’importe quel crime, tant que l’humanité sera capable de vice, la chose persistera. Cependant, nous pouvons travailler afin de réduire le nombre de victimes. Pour ce faire, il faut poursuivre notre travail d’éducation. En ce sens, la Journée mondiale de la lutte contre la traite d’êtres humains est importante. Tout comme le fait de traquer et de condamner les trafiquants.

Quel est le coût du trafic humain à l’échelle planétaire?

C’est très difficile à établir. Les statistiques sur le nombre de victimes ne sont pas fiables. En 2012, l’Organisation internationale du travail (OIT) estimait que 20,9 millions de personnes étaient victimes de travaux forcés, mais cela n’inclut pas toutes les formes de trafic. C’est une grosse business. Une étude de 2014 de l’OIT rapportait que les profits liés au travail forcé et à la traite humaine se chiffraient à 150 G$US. En réalité, comme il s’agit de crimes cachés, ces données sont difficiles à mesurer. Le vrai coût, cependant, n’est pas chiffrable : des vies sont brisées et perdues, des enfants sont blessés, des parents sont en deuil. Il n’y a pas de prix au malheur des victimes.

Existe-t-il des programmes de soutien aux victimes afin de les aider à se relever?

Plusieurs organisations non gouvernementales viennent en aide aux victimes. Elles offrent des refuges, du soutien psychologique, des conseils légaux et, parfois, des formations professionnelles. Une liste de ces organisations est disponible en ligne (globalmodernslavery.org). Plusieurs pays ont aussi mis sur pied des services d’assistance téléphonique. La ligne américaine (1 888 373-7888) permet de communiquer des informations sur des victimes de partout sur la planète.

Quel diagnostic pouvons-nous poser?

Il est difficile de dire si le problème de la traite humaine s’aggrave ou si nous en sommes simplement plus conscients. Les arrestations et les procès sont en hausse, mais le nombre de condamnations demeure bas en comparaison de l’ampleur du problème. Davantage de pays s’attaquent au phénomène, mais plusieurs pourraient faire bien plus. Le gouvernement américain a publié un rapport sur l’implication de chaque pays. Vous pouvez ainsi voir ce que votre pays fait (ou ne fait pas).

Quels sont les facteurs qui rendent la traite humaine possible?

Tout dépend du type de trafic. Différents facteurs rendent possible l’exploitation de travailleurs, le trafic sexuel, le travail infantile, les mariages forcés… À la base, toutefois, on remarque que le trafic survient dans des populations pauvres qui recherchent une vie meilleure. Plusieurs personnes profitent de cette situation pour les exploiter.

La migration est un élément clé du problème. En quoi les récents flux migratoires ont-ils aggravé la situation?

La migration n’est pas liée directement à la traite humaine, dans le sens où les migrants initient un mouvement et font un choix somme toute consenti. Toutefois, les mouvements migratoires représentent des voyages très dangereux pour les principaux intéressés, qui doivent payer des prix exorbitants et subir des traitements épouvantables. Plusieurs passeurs deviennent des trafiquants ou, du moins, ne se soucient pas vraiment du sort des convois.

http://journalmetro.com/

Plus d’un enfant sur deux menacé par la guerre, la pauvreté ou les discriminations


Les enfants vivent encore et toujours des inégalités à travers le monde et ce n’est pas juste dans les pays en voie de développement. Il est cruel de penser que ces enfants vivent des guerres qui ne comprennent pas grand chose, la pauvreté, la discrimination, la famine. Ils n’ont pas accès aussi facilement que d’autres à la santé.
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Plus d’un enfant sur deux menacé par la guerre, la pauvreté ou les discriminations

 

Des jeunes enfants yéménites dans un camp de... (PHOTO Mohammed HUWAIS, ARCHIVES AFP)

Des jeunes enfants yéménites dans un camp de fortune près de la capitale Sanaa.

PHOTO MOHAMMED HUWAIS, ARCHIVES AFP

 

Agence France-Presse
LONDRES

Plus de 1,2 milliard d’enfants dans le monde, soit plus d’un sur deux, sont menacés par la guerre, la grande pauvreté ou les discriminations de genre, déplore l’ONG britannique Save the Children dans un rapport publié mercredi.

Dans ce document intitulé The Many Faces of Exclusion (Les multiples visages de l’exclusion), l’organisation établit un classement de 175 pays, en fonction des menaces qui pèsent sur l’enfance en termes d’éducation, de santé, de nutrition et de violence.

Singapour et la Slovénie sont les mieux classés, devant les pays nordiques (Norvège, Suède, Finlande). À l’autre extrémité se trouvent dix pays d’Afrique centrale et occidentale, dont le Niger, à la 175position.

L’ONG souligne que «malgré leur puissance économique, militaire et technologique», les États-Unis (36e), la Russie, (37e), et la Chine (40e) arrivent derrière tous les pays d’Europe occidentale dans ce classement.

«Le fait que des pays avec des niveaux de revenus similaires présentent des résultats si différents montrent que l’engagement politique et l’investissement font une différence cruciale», juge Helle Thorning-Schmidt, la directrice générale de Save The Children.

Au total, plus d’un milliard d’enfants vivent dans des pays confrontés à la grande pauvreté, et 240 millions dans des pays en guerre.

 Save the Children souligne aussi que 575 millions de filles vivent dans des sociétés «où les préjugés sexistes sont un problème grave».

L’ONG a observé que ces trois menaces se cumulaient dans vingt pays, dont l’Afghanistan, la Somalie, le Yémen ou le Soudan du Sud.

Les zones de conflits concentrent les difficultés : l’incidence du travail des enfants et des mariages forcés y est plus importante qu’ailleurs, et l’éducation universelle en primaire quasiment absente.

L’ONG appelle les gouvernements du monde entier à une «action urgente». «Sans cela, les promesses faites par tous les pays à l’ONU en 2015 de permettre à chaque enfant de vivre, d’apprendre et d’être protégé ne seront pas tenues», s’inquiète-t-elle.

http://www.lapresse.ca/

En Floride, une fillette de 11 ans forcée d’épouser son violeur qui l’a mise enceinte, un cas loin d’être isolé


Cela est inadmissible que des jeunes soit forcés de se marier et il est horrible que ce soit pour légaliser un viol. Cela ne se passe pas juste dans les pays développés, mais aussi en Occident par des chrétiens très conservateurs…
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En Floride, une fillette de 11 ans forcée d’épouser son violeur qui l’a mise enceinte, un cas loin d’être isolé

Julie Gayet, Alexandre Astier et Adèle Gasparov dans 14 millions de cris, court métrage réalisé par Lisa Azuelos

Julie Gayet, Alexandre Astier et Adèle Gasparov dans 14 millions de cris, court métrage réalisé par Lisa Azuelos

Repéré par Mathilde Dumazet

Repéré sur New York Times

Aux États-Unis, environ 200.000 jeunes de moins de 18 ans sont mariés chaque année, souvent pour cacher des viols passés… et futurs, car c’est l’un des seuls moyens de contourner les poursuites judiciaires liées à la majorité sexuelle de l’enfant.

Plus de 700 millions de femmes en vie aujourd’hui ont été mariées de manière plus ou moins formelle avant l’âge de 18 ans. Selon l’association Filles, pas épouses, dans les pays en développement, cela représente une fille sur trois. À l’échelle de la planète, le phénomène concerne 15 millions de femmes par an. Soit une fille de moins de 18 ans mariée toutes les deux secondes.

«Les législateurs doivent comprendre que le mariage des mineurs est dévastateur au Niger et en Afghanistan –mais aussi à New-York et en Floride», écrit Nicholas Kristof (deux fois prix Pulitzer) dans les colonnes du New York Times.

Aux États-Unis, le nombre de mineur-e-s marié-e-s avant l’âge de 18 ans est loin d’être aussi élevé que dans les pays en voie de développement. Mais en Floride par exemple, on atteint quand même une moyenne d’un mariage tous les deux ou trois jours.

Parmi ces jeunes épouses se trouve Sherry Johnson. Celle-ci a été mariée à l’âge de 11 ans à un membre de son église, de neuf ans son aîné, qui l’avait violée.

Quand les autorités pour la protection de l’enfance commencent à enquêter au sujet de la grossesse de l’enfant, la famille décide de la marier «pour éviter les poursuites judiciaires».

Nicholas Kristof raconte qu’un premier représentant de l’État refuse de célébrer l’union d’une jeune fille de 11 ans avec un homme de 20 ans. Dans la ville d’à côté, aucun problème.

Plus de la moitié des États fédéraux n’imposent pas d’âge minimum. En dessous de 15 ans, l’accord d’un juge est nécessaire. En dessous de 18 ans, le consentement de l’un des deux parents suffit. Idem en France, le procureur de la République peut accorder «des dispenses d’âge pour des motifs graves» (par motifs graves, on entend le plus souvent grossesse de la future épouse) et l’un des deux parents doit donner son autorisation pour qu’un-e mineur-e puisse se marier.

Mariage des mineurs, mariages forcés et majorité sexuelle

Aux États-Unis, les opposants aux lois qui visent à relever l’âge minimum légal pour se marier estiment que cela augmenterait les naissances hors-mariage et soulignent que «beaucoup de ces unions se font dans le consentement mutuel des époux».

L’association Unchained at Last n’est pas tout à fait d’accord… Pour ses représentants, c’est précisément car les enfants sont jeunes qu’ils ou elles ont peur de résister à la pression familiale. De fait, la plupart des mariages de mineur-e-s cacheraient des unions forcées.

En France, il est difficile d’établir le nombre de mariages forcés, souvent confondus avec le nombre de mariages de mineur-e-s ou avec celui des filles menacées de mariage forcé. La confusion est souvent renforcée par le fait que les mineur-e-s marié-e-s sont parfois en dessous de ce qu’on appelle la majorité sexuelle, soit l’âge minimum à partir duquel un-e adolescent-e peut avoir des relations sexuelles consenties avec un-e adulte sans que celui ou celle-ci ne soit poursuivi-e.

La majorité sexuelle est fixée par la loi française à 15 ans, les lois américaines varient entre 16 et 18 selon les États, soit plus que l’âge légal pour se marier dans la plupart des cas. Hors-mariage, on considererait donc que l’enfant n’est pas en mesure de donner son consentement, mais l’union «légalise le viol», analyse Nicholas Kristof. Et en effet, dans les différents témoignages recueillis par le journaliste du New York Times, les mineures interrogées ont souvent été mariées pour cacher un viol antérieur… et légaliser tous les viols futurs.

La question des traditions culturelles

L’article de Nicholas Kristof soulève un deuxième point de débat dont s’était déjà emparée Julie Gayet en mars 2014, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes. Dans un court métrage réalisé par Lisa Azuelos (LOL), on voyait son personnage marier sa fille, encore au collège.

Entrez la légende de la vidéo ici

La vidéo avait ému, mais aussi choqué. Pour la plupart des occidentaux, les mariages de mineur-e-s et les mariages forcés font partie de la culture de pays autres que le leur. Voir une petite fille blanche être mariée de force avait donc créé une polémique. Lorsque les mariages forcés aux États-Unis ou en France sont abordés, c’est souvent sous l’angle des populations immigrées, même sur les sites de l’Observatoire national des violences faites aux femmes ou d’associations qui militent contre les mariages forcés.

Dans la plupart des cas, Nicholas Kristof souligne que les juges américains n’ont pas souhaité contredire les traditions culturelles des familles qui mariaient leurs enfants mineurs. Mais en insistant sur le fait que ces mêmes traditions sont aussi invoquées par des familles américaines pour justifier les mariages de mineurs –notamment dans les familles chrétiennes très conservatrices–, le journaliste ouvre un débat important.

Ce que les Occidentaux considèrent comme «des abus contre les droits de l’Homme» en Afrique ou en Asie, le tolèrent-ils sur leur territoire au nom du respect des traditions culturelles de chacun?

http://www.slate.fr/

À Beyrouth, des robes de mariée pour dire «non» à une loi sur le viol


Cela me scandalise qu’une victime marie son agresseur pour que ce gars ne soit pas poursuivi. Une loi dans ce pays annule les poursuites de viol, agression, enlèvement en cas de mariage avec la victime. On peut donc penser que ces victimes en plus d’avoir eu l’affront d’être à la merci d’un homme, soit victime aussi d’un mariage forcé. Comment peut-elle avoir la tête haute, avoir confiance aux autres, avoir de l’estime pour sa propre personne avec de telle injustice ?
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À Beyrouth, des robes de mariée pour dire «non» à une loi sur le viol

L’objectif de cette campagne est l’annulation d’une loi qui permet à un violeur d’échapper à la prison s’il épouse sa victime.

Une trentaine de robes de mariée, confectionnées avec des dentelles et du papier, ont été accrochées samedi à des palmiers sur la corniche de Beyrouth, dans le cadre d’une campagne pour abolir une loi honnie sur le viol.

L’objectif est l’annulation de l’article 522 du code pénal, qui permet à un violeur d’échapper à la prison s’il épouse sa victime. L’article controversé concerne différents crimes, comme le viol, le viol de mineurs, les agressions, les rapts et les mariages forcés.

Il stipule que si «un mariage valide est contracté entre l’auteur d’un de ces crimes et la victime, les poursuites cessent et si un verdict a déjà été prononcé, son application est suspendue».

Une proposition de loi dans ce sens a été approuvée en février par une commission parlementaire et a été inscrite à l’ordre du jour de l’ouverture de la session parlementaire le 15 mai.

L'article 522 du code pénal ayant trait aux viols, agressions, rapts et mariages, permet à un violeur d'échapper à la prison s'il épouse sa victime.

Sur la célèbre avenue qui borde la mer, très fréquentée le weekend, des militants de la société civile avaient accroché à des cordes 31 robes blanches qui se balançaient au vent, suscitant la curiosité des passants.

«31 robes car il y a 31 jours dans un mois et chaque jour, une femme risque d’être violée et d’être forcée d’épouser son violeur», affirme Alia Awada, la responsable de la campagne de l’association Abaad pour la suppression de l’article 522.

L’artiste libanaise Mireille Honein, qui a créé cet événement à Paris et l’a fait venir dans son pays natal, explique

avoir «utilisé du papier pour souligner le côté éphémère du mariage et des lois». «Ce genre de loi vide la femme de son essence, de son identité», dit-elle.

Les passants, surpris, sont invités à signer une pétition demandant l’annulation de la loi.

Un homme originaire d’un village du Liban-Sud, Rafiq Ajouri, a été convaincu de signer le texte.

«Si j’étais violé (…) j’aimerais que des gens se tiennent à mes côtés», confie-t-il à l’AFP.

Quand la militante affirme à ce père de quatre garçons et trois filles que les femmes devraient bénéficier des mêmes libertés que les hommes, il se montre plus hésitant.

«Elles peuvent bénéficier de libertés mais avec des limites. Pourquoi? Et bien parce que ce sont des filles», lance-t-il.

http://www.lefigaro.fr

Les enfants, nouveaux kamikazes de Boko Haram


Comment peut-on se rendre si bas ! Utiliser des enfants comme bombe humaine. Ces enfants qui subissent une pression immense sont de malheureuse victime de Boko Haram. Puis ceux qui ont pu être extirpés des mains de ce fou, sont rejetés de leur propre peuple
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Les enfants, nouveaux kamikazes de Boko Haram

 

Les enfants, nouveaux kamikazes de Boko Haram

De quatre enfants utilisés dans des attaques kamikazes en 2014, on est passé à 44 l’année suivante.Photo Archives / AFP

Célia Lebur

 

LIBREVILLE, Gabon – De plus en plus d’enfants sont impliqués dans des attaques-suicides dans la région du lac Tchad, où le groupe islamiste nigérian Boko Haram, affaibli militairement, tente d’instaurer la terreur par tous les moyens, a rapporté mardi l’Unicef. 

De quatre enfants utilisés dans des attaques kamikazes en 2014, on est passé à 44 l’année suivante, selon le fonds des Nations unies pour l’enfance, au Nigeria, Cameroun, Tchad et Niger, où sévit le groupe qui rallié l’organisation de l’État islamique (EI).

Plus de 75 % étaient des filles, note l’Unicef dans un rapport «Beyond Chibok» («Au-delà de Chibok»), publié près de deux ans jour pour jour après l’enlèvement par Boko Haram de 276 écolières dans le nord-est du Nigeria, un rapt qui avait créé une vague d’indignation à travers le monde.

Ce rapport pointe la situation dramatique de milliers d’enfants, victimes d’enlèvements, d’abus sexuels et de mariages forcés, devenus une arme de guerre aux mains de Boko Haram, utilisés comme bombes humaines ou pour transporter des explosifs.

«Soyons clairs: ces enfants sont les victimes, et non pas les auteurs», affirme Manuel Fontaine, directeur régional de l’Unicef pour l’Afrique de l’ouest et centrale. 

«Tromper les enfants et les forcer à commettre des actes mortels a été l’un des aspects les plus horribles de la violence au Nigeria et dans les pays voisins», ajoute-t-il.

Le groupe islamiste a subi d’importants revers ces derniers mois face aux offensives des armées de la région qui l’ont chassé de la quasi-totalité des localités dont il s’était emparé au Nigeria.

Depuis lors, il multiplie les attentats-suicides, qui demandent peu de moyens, pour terroriser la population.

Ces attaques, longtemps concentrées au Nigeria, se sont progressivement étendues aux pays voisins et notamment au Cameroun, qui a enregistré depuis deux ans le plus grand nombre d’attentats-suicides impliquant des enfants (21), suivi par le Nigeria (17) et le Tchad (2).

«VISAGE DE LA PURETÉ»

Souvent très jeunes – parfois à peine 8 ans – les profils des enfants «kamikazes» sont divers. 

Il y a ceux qui, comme les filles de Chibok, ont été enlevés. Durant les attaques de villages, dans le chaos et la fuite, il y a aussi ces innombrables enfants séparés de leurs parents qui se retrouvent livrés à eux-mêmes, en brousse ou dans des camps de déplacés. 

«Ce sont des proies faciles pour les recrutements, tant ils sont vulnérables», explique à l’AFP Laurent Duvillier, chargé de communication régionale pour l’Unicef, rappelant qu’environ 1,3 million d’enfants ont été déplacés par le conflit, alors qu’ils étaient 800 000 il y a encore un an.

Mosquées, marchés bondés, restaurants… Boko Haram «utilise une technique très vicieuse pour aller frapper au coeur de la communauté et faire le plus mal possible. Qui va se méfier d’un enfant? C’est le visage de la pureté», souligne Laurent Duvillier.

Qu’ils appuient eux-mêmes sur le détonateur ou qu’on les fasse exploser à distance, ces enfants «ne peuvent prendre de décision consciente: ils sont embrigadés ou agissent sous la pression». 

CLIMAT DE SUSPICION

Ce phénomène «crée une atmosphère de peur et de suspicion qui a des conséquences dévastatrices» pour les enfants, notamment ceux qui ont été libérés après avoir vécu en captivité au sein de groupes armés, désormais considérés comme une menace potentielle pour leurs communautés, selon l’Unicef.

Les enfants nés de mariages forcés, ou à la suite de violences sexuelles «se heurtent aussi à la stigmatisation et la discrimination» dans leurs villages et dans les camps de déplacés.

Khadidja, 17 ans, a passé près d’un an en captivité, mariée de force à un combattant de Boko Haram, dont elle a eu un garçon. Lorsqu’elle est arrivée dans un camp de déplacés après avoir enfin réussi à s’échapper, elle s’est heurtée à l’hostilité des autres femmes qui refusaient de partager l’eau de la pompe.

«Certaines femmes me battaient, elles me chassaient. Elles me disaient « Tu es une femme de Boko Haram, ne vient pas près de nous! »», raconte-t-elle.

Camerounaise, elle avait été enlevée alors qu’elle rendait visite à sa mère à Banki, au Nigeria.

«Cette méfiance à l’égard des enfants peut avoir des conséquences destructrices, estime Manuel Fontaine. Comment une communauté peut se reconstruire si elle rejette ses propres sœurs, filles et mères?». 

Boko Haram, dont l’insurrection a déjà fait environ 20 000 morts, a pour sa part affirmé le 1er avril dans une vidéo qu’il ne déposerait pas les armes.

http://fr.canoe.ca/

Le Saviez-Vous ► Un village pour femmes seulement


Au Canada, il y a des refuges pour les femmes violentés physiquement et moralement, mais dans des pays comme le Kenya ou la femme est une propriété de l’homme, ce genre de maison n’existe pas. Pourtant, des femmes qui ont été excisées, mariées de force, violées, répudiées ont érigé un village pour elles dont aucun homme n’a le droit d’y pénétrer, ce qui est un affront pour leur virilité, surtout qu’elles se débrouillent très bien sans eux
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Un village pour femmes seulement

 

Monique Crépault

Il existe dans le nord du Kenya, à 380 kilomètres de Nairobi, un village ceinturé d’épines où ne vivent que des femmes et leurs enfants. Les hommes y sont interdits.

Le village s’appelle Umoja (« unité » en langage local, le kiswahili) et existe depuis 1990 quand quinze femmes, dont l’actuelle chef du village, ont décidé d’avoir la paix après avoir été violées par des soldats britanniques et violemment répudiées par leurs maris.

Au fil du temps, ces femmes ont été rejointes par d’autres, qui ont voulu elles aussi y trouver refuge après avoir subi les viols, mutilations, violences, répudiations et mariages précoces qui sont fréquents dans leur communauté samburu.

Loin des lourdeurs du machisme

Umoja n’est pas un repaire d’amazones. Ses habitantes refusent la pratique de l’excision et les mariages précoces, mais pas les relations sexuelles, qu’elles vivent à l’extérieur du village.

Les femmes d’Umoja gagnent leur vie grâce à l’artisanat et au tourisme. Elles élèvent des chèvres, leurs enfants vont à l’école et leur économie va bien, une situation qui vexe bien des hommes de leur communauté.

Ces hommes n’aiment pas le village. Ils le trouvent contraire à la morale et aux traditions locales, des traditions qui leur donnent droit de vie et de mort sur leurs femmes. Comme ces hommes préfèrent voir leurs femmes mortes que ne pas les avoir, ils viennent jusqu’au village pour tenter de venger

Les attaques sont en fait si fréquentes  qu’après l’assassinat de l’une des leurs, en 2005, les femmes du village ont recruté trois gardiens de nuit pour les aider à les refouler. 

L’homme joue, la femme travaille

Dans la communauté samburu, c’est toujours la femme qui travaille trop, explique la bande-annonce d’un documentaire portant sur le village d’Umoja. Elle se réveille très tôt le matin, vers 3 h. Elle travaille toute la journée et se couche tard, vers 23 h. L’homme dort et se réveille quand il veut. Quand il se réveille, il demande le petit-déjeuner. Il sort et fait éventuellement sortir le bétail de l’enclos. Il va sous un arbre et dort. Les hommes ont un jeu auquel ils jouent parfois toute la journée. Ensuite ils dorment. De nouveau, ils viennent réclamer de la nourriture et mangent, mais ils veulent que vous leur apportiez la nourriture là où ils se trouvent. Le soir, ils rentrent à la maison quand ils voient le bétail revenir. Ils ne font rien d’autre. 

C’est pas parce que c’est une tradition que c’est une bonne idée

Umoja est une exception au Kenya où les droits des femmes sont totalement bafoués, même si la loi y interdit les mutilations génitales depuis 2011.

Comme l’a déclaré Barack Obama en juillet dernier, en parlant des mariages forcés et des mutilations subies par les Kényanes :

« Ces traditions datent peut-être de plusieurs siècles, mais elles n’ont pas leur place au 21e siècle ».

Les enfants mâles sont admis à Umoja. Espérons que ces futurs hommes, élevés dans un environnement progressiste, égalitaire et mature, feront en sorte que disparaissent enfin ces traditions d’un autre âge. Sinon, il ne restera plus qu’à construire de plus en plus de villages comme Umoja.

http://www.sympatico.ca/