Le Saviez-Vous ► Il était une fois la maladie: le trouble bipolaire après les saignées, lobotomies, électrochocs et autres


Le trouble bipolaire est connu depuis des lustres. Hippocrate, Aristote, Socrate avaient déjà une connaissance des symptômes. Les traitements par contre, n’ont pas été toujours été efficaces, on passa par les saignées, des lobotomies et les électrochocs. Aujourd’hui, cette maladie peut se traiter avec des médicaments et la personne peut vivre une vie a peu près normale
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Il était une fois la maladie: le trouble bipolaire après les saignées, lobotomies, électrochocs et autres

 

Jacques Beaulieu
Chroniqueur et communicateur scientifique

Il semble bien que la maladie soit aussi vieille que l’Homme. Hippocrate affirma que la maladie mentale était reliée à une mauvaise circulation des fluides dans le cerveau. Il avait écrit:

«Par le cerveau, nous pouvons devenir fou, enragé, nous développons de l’anxiété et de la peur la nuit ou le jour, nous pouvons souffrir d’insomnie, faire des erreurs et éprouver des inquiétudes non fondées, nous perdons la capacité à bien reconnaître la réalité, nous devenons apathiques et ne pouvons plus participer à la vie sociale.» (Hippocrate, traduit du grec ancien par Andreas Marneros, 1897).

Aristote établit un lien entre le génie (la créativité) et la folie (la manie). Déjà, deux siècles avant Jésus Christ, le médecin grec, Arétée de Cappadoce parlait de personnes souffrant de manies suivies d’épisodes de mélancolie. Dans son Traité des signes, des causes et de la cure des maladies aigues et chroniques, on peut lire:

«La manie peut varier en apparence et prendre mille formes, mais au fonds c’est toujours la même maladie: c’est une démence totale, chronique, sans fièvre, ou si la fièvre l’accompagne, ce n’est qu’accidentellement et nom à raison de la maladie.»

Et un peu plus loin: «La maladie a des intermissions complettes (sic) et peut même cesser entièrement par un traitement convenable.» (Arétée de Cappadoce, Traité des signes, des causes et de la cure des maladies aigues et chroniques, traduit du grec par M. L. Renaud, docteur en médecine, Éd. Lagny, Paris 1834. pp. 87-88).

Plus ça change, plus c’est pareil

Je suis souvent étonné de trouver dans ces écrits qui datent de plus de deux mille ans autant de vérités et de similitudes avec ce qui est généralement admis aujourd’hui. Ainsi, Arétée décrit les personnes souffrant de manie:

«Parmi les maniaques, on en voit dont la folie est d’une nature gaie, qui rient, qui chantent, dansent nuit et jour, qui se montrent en public et marchent la tête couronnée de fleurs, comme s’ils revenaient vainqueurs de quelques jeux ; d’autres dont la fureur éclate à la moindre contradiction (…). La manie prend une infinité de formes différentes ; parmi les gens bien élevés et qui ont l’aptitude aux sciences, on en a vu plusieurs devenir astronomes sans maîtres, philosophes sans précepteurs, poètes d’eux-mêmes.»

D’autres observations du même médecin semblent aussi intemporelles:

«Le genre de vie particulier dispose aussi à la manie comme de manger trop, de se remplir outre mesure, l’excès dans la boisson, l’abus ou le désir trop ardent des plaisirs vénériens. (…)» (Arétée de Cappadoce, Traité des signes, des causes et de la cure des maladies aigues et chroniques, traduit du grec par M. L. Renaud, docteur en médecine, Éd. Lagny, Paris 1834. pp.90-91).

Par contre, là où la sauce se gâche est dans les causes et surtout les traitements qu’il préconise:

«La cause de la manie réside dans la tête et dans les hypocondres (NA: abdomen) (…) Il faut saigner avec beaucoup de précaution les mélancoliques ; car cette maladie provient plus de la mauvaise qualité du sang que de la quantité…» (p.389).

La naissance du nom

L’expression maniaco-dépression, qui décrivit longtemps la maladie, vient de Théophile Bonnet, médecin privée d’Henri II d’Orléans-Longueville vers la fin du XVIIème siècle. Ce médecin parlait alors de manico-melancolus. Successeur de Philippe Pinel à l’hôpital de la Salpètrière, Jean-Étienne Esquirol crée le terme demonomanie. Son élève, Jules Baillarger, parle au milieu des années 1800 de folie à double forme composée de deux périodes: l’une de dépression, l’autre d’excitation. Quelques années plus tard, Jean-Pierre Falret écrit un ouvrage avec une description très précise de la folie à double forme, qui étonne encore aujourd’hui par la modernité de ses propos.

Considéré comme l’un des pères de la psychiatrie, Emil Kraepelin publie en 1883 le Compendium der Psychiatrie et effectue une classification originale des troubles psychiatriques selon deux types qu’il nomme: la maniaco-dépression et la démence précoce (dichotomie de Kraepelin). Il y distinguera un grand nombre de types évolutifs de ce qu’il nomme la folie maniaco-dépressive, dont les formes unipolaires et bipolaires. Au début du vingtième siècle, les psychiatres allemands Karl Kleist, Carl Wernicke et Karl Leonhard parlent du trouble bipolaire, terme qui demeurera dorénavant le plus utilisé pour décrire la maladie. Vers la fin des années 1960, Jules Angst, Carlo Perris et George Winokur raffinent encore la description des types de désordres bipolaires.

De nombreux patients mourraient épuisés ou encore des suites d’une infection opportuniste conséquente aux états de grande fatigue dans lesquelles ils se retrouvaient après des mois, voire des années, en phase maniaque.

Traitements du trouble bipolaire

Outre les saignées et diètes proposées depuis Arétée de Cappadoce durant l’Antiquité, la médecine eut peu à offrir aux personnes atteintes du trouble bipolaire. Les cas les plus lourds étaient enfermés dans les asiles psychiatriques, et les autres fort probablement laissés pour compte. Certaines sources thermales disponibles en Europe se faisaient dans des eaux dont la concentration en sels de lithium était relativement plus élevée et on remarquait que les patients qui y séjournaient se portaient mieux.

Ainsi, la ville de Santenay en France a connu ses premières eaux thermales dès le début de notre ère. On y trouvait un sanctuaire dédié aux nymphes. Au XVIIe siècle, on lui donna le nom de «Fontaine salée». Autour des années 1890-1910, diverses sources s’ajoutèrent, attirant de nombreux touristes, telles la Source Lithium, la Source Carnée et la Source Santana. En déclin dû aux deux grandes guerres mondiales, certaines dont la Source Lithium reprennent du service vers les années 1945-1950. Depuis 1995, elles sont toutes fermées.

Deux autres traitements firent leur apparition au début du vingtième siècle et disparurent presque totalement au milieu des années 1940: la lobotomie et les électrochocs.

D’efficacité douteuse, ces techniques déclinèrent rapidement avec l’arrivée de médicaments efficaces.

John Frederick Cade est né en 1912 et fut un illustre psychiatre australien. Comme au début des années 1950, les protocoles de recherches n’étaient pas ceux qu’on connaît aujourd’hui, il décida de tester sur lui-même les effets du lithium. Son essai dura deux semaines durant lesquelles il put trouver une dose suffisante de lithium sans trop d’effets toxiques. Puis il l’administra à un premier patient en phase maniaque. Selon sa description personnelle, il s’agissait d’un homme de 51 ans en phase maniaque depuis cinq ans. Le patient était épuisé, sale, autodestructeur, malicieux et reconnu depuis longtemps comme étant le pire patient du service. Après trois semaines de traitement, il put être transféré à l’aile de convalescence et, après trois mois, il put quitter définitivement l’hôpital psychiatrique et se trouver un emploi régulier.

L’efficacité était prouvée, mais l’utilisation du médicament posait toujours de graves problèmes de toxicité. En réalité, le problème principal se situait au niveau de la posologie. Il faudra donc attendre jusque vers les années 1950, date à laquelle un nouvel instrument fit son apparition, le spectrophotomètre de flamme, pour que le docteur Morgan Schou du Danemark l’utilise et fasse le dosage du lithium dans la circulation sanguine. Il devenait alors possible d’atteindre un niveau optimal et vérifiable de lithium sanguin et d’en contrôler la dose pour la maintenir en dessous des limites toxiques. Le lithium put alors faire son entrée réelle dans la pharmacopée actuelle.

Ce médicament présenta deux effets immédiats. Dans un premier temps, il réduisit rapidement les taux de mortalité dans les hôpitaux psychiatriques. Avant son arrivée, de nombreux patients mourraient épuisés ou encore des suites d’une infection opportuniste conséquente aux états de grande fatigue dans lesquelles ils se retrouvaient après des mois, voire des années, en phase maniaque.

Le deuxième effet se fit sentir plus lentement mais tout aussi sûrement par un changement de la perception des maladies mentales. Elle deviendra de mieux en mieux comprise, non plus comme une faiblesse ou un défaut moral, mais bien comme une maladie avec des causes physiologiques.

Deux références: l’organisme Revivre et le livre Le trouble bipolaire pour ceux qui en souffrent et leurs proches, Dre Marie-Josée Filteau et Jacques Beaulieu, Les éditions La Semaine.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Le Saviez-Vous ► 5 génies historiques qui ont souffert d’une maladie mentale.


Les maladies mentales peuvent toucher tout le monde, même les talentueux, les intelligents. Aujourd’hui, bien des maladies sont reconnues et peuvent avoir certains traitements, mais cela n’a pas toujours été le cas. Malgré des personnes connues ont du avancée avec leur maladie et ont montrés de grandes oeuvres en absence de traitements efficaces pour rendre leur vie en générale plus vivable
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5 génies historiques qui ont souffert d’une maladie mentale.

Parmi ceux qui souffrent de trouble bipolaire ou de schizophrénie sont des écrivains éminents, poètes, peintres et musiciens. Bien sûr, dans les moments où il n’y avait pas de médicaments pour ces maladies et tous ont été considérés comme des «imbéciles», un diagnostic précis était impossible. Cependant, nous pouvons être à peu près sûrs que les personnes souffrant de troubles mentaux ont formé la base de la culture moderne.

1. Edgar Allan Poe

Poe a été un pionnier de l’horreur et de la criminalité. Il a écrit des horreurs sombres avec des éléments de fantaisie. Ses œuvres «La chute de la maison Usher” et “Le Coeur Révélateur” sont considérées comme des classiques de l’horreur gothique. L’écrivain a subi de nombreux troubles et de l’anxiété; il avait peur de l’obscurité, subit une perte de mélancolie et de la mémoire et avait aussi une manie de la persécution et des hallucinations graves.

Élevé sans mère, il a appris à lire sur les pierres tombales du cimetière, tandis que ses conditions médicales préexistantes sont intensifiées en raison d’une dépendance à l’opium et la mort de sa jeune femme. Les tentatives ultérieures de mariage ont échoué et les amis qui ont été témoins de son alcoolisme et toxicomanie l’ont admis dans un hôpital psychiatrique, où il est mort après cinq ans.

2. Friedrich Nietzsche

Son point de vue et la philosophie a causé beaucoup de controverse. Le concept d’un homme surnaturel, le scepticisme moral et le nihilisme sont connus à ce jour. Tout le monde, même s’ils ne l’ont pas lu, au moins connaît le titre “Ainsi parlait Zarathoustra.” Il était maniaco-dépressif, était atteint de psychose et était un mégalomane. Il se considérait comme une unité exceptionnelle, ce qui lui a souvent conduit à tomber dans la dépression nerveuse.

Il criait de façon incontrôlable et sautait sans raison. Au cours des séjours dans un hôpital psychiatrique, il a formé son travail. À la fin de sa vie, sa condition s’est détériorée à un point qu’il était seulement en mesure de faire des phrases simples.

3. Ernest Hemingway

Cet éminent écrivain est l’auteur du contenu intemporel, dans lequel il a créé le personnage d’un guerrier exceptionnel, luttant contre les adversités impossibles à la toute fin. Un écrivain avec un prix Nobel, sportif, pêcheur et soldat, il est victime d’une grave dépression, d’anxiété et de manie de la persécution. La seule méthode connue de la lutte contre la maladie mentale était à l’époque des chocs électriques. L’auteur a subi une perte de mémoire, causée par les chocs électriques, et une tentative de suicide, parce qu’il s’était dit qu’il ne pouvait pas survivre plus longtemps. Sa famille a essayé de l’arrêter, mais après la session d’électrochocs suivante, il se suicida avec son fusil de chasse favori.

4. Franz Kafka

Son travail inspire encore beaucoup de gens aujourd’hui. Des millions d’esprits à travers le monde ont été enchantés par ses cauchemars surréalistes, des situations de non-sens et de confusion. Sa littérature est née en raison de sa propre situation de vie et le manque d’acceptation pour son travail par sa famille. Kafka a souffert de névrose, d’anxiété, d’autres troubles mentaux et de la tuberculose. Ces maladies l’ont détruit mentalement et physiquement.

5. Virginia Woolf

Elle est considérée comme la personne la plus influente et talentueuse du XXe siècle. Ses essais d’avant-garde sur le rôle des femmes ou de la politique ont eu un impact énorme sur la société dans son temps. Malgré de nombreux succès, elle a souffert de dépression sévère. Elle a souffert d’hallucinations – pensant que les oiseaux chantent en grec. Elle avait des pensées suicidaires depuis le début de son enfance. Sa jeunesse a eu une énorme influence sur sa vie plus tard, en particulier parce qu’elle a été molestée. Elle détestait le contact physique avec les autres, même le moindre contact ou une poignée de main. Après la mort de sa mère, et plus tard son père, elle a fait beaucoup de tentatives de suicide infructueuses. Au début de la Seconde Guerre mondiale, elle a perdu sa maison à des raids et son mari a été presque tué. Cela a conduit à une rechute grave de sa dépression et au suicide. Elle a écrit dans une lettre qu’elle ne voulait pas continuer à gâcher la vie de son mari.

http://www.estpositive.fr/

Les troubles bipolaires, c’est quoi exactement ?


Seul un médecin peut diagnostiquer une maladie mentale, cependant savoir reconnaitre les symptômes peut permettre une diagnostique plus rapide et une meilleur prise en charge. Ce qui est important autant pour la personne souffrant de troubles que pour son entourage
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Les troubles bipolaires, c’est quoi exactement ?

 

Les troubles bipolaires, c'est quoi exactement ?

Egalement connus sous le nom de « maladie maniaco-dépressive », les troubles bipolaires se caractérisent par des fluctuations extrêmes de l’humeur, avec une alternance de périodes d’excitation et de dépression, entrecoupées de périodes normales.

Les conséquences d’une telle oscillation peuvent être particulièrement graves dans tous les domaines, financier, social, professionnel, familial, etc.

Troubles bipolaires : alternance d’excitation et de dépression

Il nous est tous arrivé de passer de l’euphorie à la colère, c’est-à-dire d’une humeur extrême à une autre. Cette alternance n’a eu aucune conséquence. En revanche, chez les personnes atteintes de troubles bipolaires, cette fluctuation est persistante, douloureuse et invalidante.

Cette maladie touche 1% de la population et se déclare généralement entre 15 et 24 ans, autant chez les hommes que chez les femmes. Par extrapolation aux Français de plus de 15 ans, cela fait 500.000 personnes.

Les sujets qui souffrent de cette maladie psychique oscillent perpétuellement entre trois états plus ou moins fréquemment et plus ou moins intensément :

1) L’état maniaque

Euphorie ou irritabilité, augmentation de l’estime de soi, idées de grandeur, accélération des pensées, fuites des idées, forte augmentation des activités, diminution du besoin de sommeil, etc. Or cet état d’hyperactivité peut avoir des conséquences fortement dommageables, comme par exemple des dépenses inconsidérées d’argent. À noter que le terme « maniaque » ou « manie » au sens psychiatrique désigne un état d’excitation anormal et non pas les manies au sens populaire désignant des habitudes stéréotypées.

2) L’état dépressif

Tristesse, perte d’intérêt, fatigue, ralentissement psychique et moteur, modification de l’appétit et du sommeil. Cette humeur dépressive peut avoir de fortes répercussions dans le domaine social et professionnel, sans oublier un risque suicidaire.

3) L’état normal

Des conséquences dramatiques

Comme indiqué ci-dessus, la période d’excitation extrême, tout comme celle de la dépression, peuvent entraîner des comportements à risques dans tous les domaines.

En plus de la souffrance personnelle et du risque de suicide (qui peut aussi survenir durant l’état maniaque), les conséquences professionnelles des troubles bipolaires peuvent être sérieuses : démission irréfléchie, conflits, instabilité professionnelle, comportement agité, licenciement……

Au niveau familial, les conflits conjugaux sont fréquents : divorce, séparation, répercussion sur les enfants, mais aussi perte d’amis…, etc.

Les prises de risque sont parfois inconsidérées : rapports sexuels non protégés, excès de vitesse, défis dangereux, délits, agression physique, consommation d’alcool, de drogues……

Les troubles bipolaires se soignent

Il est possible de stabiliser l’évolution des troubles bipolaires en régulant l’humeur à l’aide de traitements pharmacologiques (psychotropes), d’une psychothérapie (psychanalyse, thérapie cognitive et comportementale) et d’une psychoéducation.

Les médicaments

Episodes maniaques et dépressifs : thymorégulateur (lithium), anticonvulsivants (divalproate de sodium), antipsychotiques atypiques (olanzapine, rispéridone, aripiprazole), voire antidépresseurs.

Traitement de fond : normothymique (régulateur de l’humeur), soit lithium ou antipsychotique atypique (olanzapine, rispéridone, aripiprazole).

Les psychothérapies

La psychothérapie tient une place importante dans la prise en charge du patient souffrant de troubles bipolaires. Et les mesures psychothérapeutiques sont spécifiques à chaque patient.

La psychoéducation

Informer le malade et son entourage (psychoéducation), fait également partie du traitement. L’action personnelle du malade est au moins aussi importante que les médicaments et l’aide psychothérapeutique.

Hélas, la prise en charge est souvent trop tardive avec des retards de diagnostic. D’où l’importance de connaître cette maladie et de savoir la reconnaître.

par Isabelle Eustache
Sources : Dossier de presse Lilly, mars 2004. HAS, Guide, « La prise en charge d’un trouble bipolaire », décembre 2010. HAS, troubles bipolaires, mai 2009,
http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2009-09/ald_23__gm_troubles_bipolaires_web.pdf

http://www.e-sante.fr/

Comment reconnaître une personne bipolaire ?


Il y a tellement de troubles au niveau de la psychiatrie qu’il est difficile pour un profane d’en faire la différence. Cependant, quand on côtoie des personnes ayant certains symptômes, une consultation serait une priorité
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Comment reconnaître une personne bipolaire ?

 

Phase d’exaltation puis de dépression… Comment identifier une personne bipolaire ?

Medisite a interrogé le Dr Rapahël Giachetti, psychiatre à Toulouse et auteur de La maladie bipolaire expliquée aux souffrants et aux proches.

Deux phases bien distinctes

La maladie bipolaire se caractérise par deux phases distinctes : la phase maniaque et la phase de dépression. Parfois elles peuvent être séparées par des périodes de calme, où la personne est capable de vivre, de travailler, de mener sa vie sans trouble apparent.

 « Certaines circonstances peuvent déclencher une « crise » : un changement professionnel, qu’il s’agisse de chômage ou de promotion, un deuil, une séparation, mais aussi, chez les femmes, la période de post-partum. Elles sont aussi plus sensibles au syndrome prémenstruel » note le Dr Rapahël Giachetti, psychiatre.

L’exaltation : un signe de la phase maniaque

« L’exaltation est la caractéristique de la phase maniaque, ou « chaude » », explique le Dr Rapahël Giachetti.

Les signes :

« La personne éprouve un sentiment de toute-puissance, l’impression d’une extrême fluidité, plus rien n’est compliqué. Elle multiplie également les contacts sociaux, engageant la conversation facilement, avec tout type de personnes, de façon désinhibée. Un autre symptôme caractéristique est le réveil nocturne en mode « on-off » : la personne se lève d’un coup vers 4 h ou 5 h du matin et se sent immédiatement opérationnelle : elle peut se mettre à travailler ou à faire le ménage, par exemple. »

Une alternance rapide entre la dépression et l’exaltation

La phase dépressive passe souvent pour une dépression « classique », alors qu’elle est le versant « froid » de la maladie bipolaire.

Les signes :

« La dépression bipolaire s’installe plus rapidement qu’une dépression classique et bien souvent elle fait suite à une phase d’exaltation » explique le Dr Rapahël Giachetti, psychiatre.

« Parfois en 48 heures, la personne va se sentir ralentie, triste, vidée de toute son énergie. On observe également, plus souvent, de la culpabilité, des idées d’indignité. Mais bien sûr, le médecin devra également rechercher des antécédents d’épisodes maniaques ou hypomaniaques en interrogeant les proches. »

Ce dépistage est important car le traitement médicamenteux est différent : les antidépresseurs fonctionnent rarement ou provoquent des réponses indésirables.

Hypomanie ou simple joie de vivre ?

L’hypomanie est la forme légère de la phase maniaque, pour autant peut-on la confondre avec un banal sentiment de bien-être et de plénitude ? « C’est une question difficile, car la frontière peut sembler fine en effet entre les deux. C’est pourquoi l’aide des proches est précieuse » explique le psychiatre.

Les signes :

« Ce qu’il faut repérer c’est une rupture avec le fonctionnement habituel : en effet, la personne va présenter de plus en plus d’énergie, d’envies, d’idées, de projets, elle va parler sans cesse, passer du coq à l’ane. Le patient n’a pas conscience de la dimension pathologique de cet état, l’inquiétude du proche est précieuse pour poser le diagnostic dans ces cas là. »

Des comportements à risque

La phase maniaque est caractérisée par des comportements à risque.

Les signes :

« On observe une augmentation des consommations de stupéfiants, d’alcool ou de tabac, une multiplication des partenaires sexuels avec rapports non protégés, des dépenses compulsives mais aussi parfois, dans les phases délirantes, des conduites aberrantes : comme par exemple ce patient qui d’un seul coup a senti son épouse comme une menace, a pris ses enfants sous le bras et est parti à 200 km /h sur la route », illustre le Dr Rapahël Giachetti.

Rappel : La maladie bipolaire touche entre 1 et 3% de la population et multiplie par 10 le risque de suicide.

Psychose maniaco dépressive, trouble bipolaire ou maladie bipolaire ?

On a longtemps nommé « psychose maniaco dépressive » pour décrire cette maladie où une même personne présentait une alternance de dépression sévère et de période d’exaltation intense.

Pourtant comme le souligne le Dr Rapahël Giachetti, psychiatre « d’un point de vue psychiatrique, le terme psychose suppose l’existence de symptômes psychotiques c’est-à-dire de délire. C’est le cas pour certaines personnes qui en crise maniaque par exemple, pensent même avoir le pouvoir de voler. Beaucoup de patients ne présentent pas de délire mais ont néanmoins une authentique maladie maniaco-dépressive, c’est pourquoi l’on parle aujourd’hui de trouble bipolaire ou de maladie bipolaire et non plus de psychose. Généralement, on retrouve des symptômes psychotiques dans le trouble bipolaire de type 1 qui alterne manie et dépression, mais pas dans le trouble bipolaire de type 2 qui alterne hypomanie (petite manie) et dépression.

http://sante.planet.fr/

Entre hauts et bas?


Avoir des hauts et des bas c’est normal, la vie n’est pas toujours rose, par contre certains cas demande une évaluation par un médecin pour évaluer notre état psychologique. Il se peut que des personnes souffrent de troubles bipolaires sans le savoir et malheureusement sera souvent mal jugés par ses pairs
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Entre hauts et bas?

Entre hauts et bas?

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Par Ronald Denis, docteur en médecine, chirurgien et traumatologue

Nous traversons tous des épisodes de bonheur et d’excitation ou de déprime généralement associés aux effets des facteurs sociaux, psychologiques et biologiques auxquels nous sommes confrontés.

En cette période de morosité économique, par exemple, il est tout à fait normal d’avoir l’humeur à la déprime! Toutefois, pour 4 % des Québécois, les hauts et les bas se succèdent sans cesse malgré eux.

Les troubles bipolaires, troubles de l’humeur autrefois qualifiés de maniaco-dépression, affectent beaucoup de personnes toutefois, près de 90 % d’entre elles ignorent qu’elles en sont affectées. Pour la personne qui éprouve un trouble bipolaire, sans qu’un événement particulier ne survienne, ses sautes d’humeur seront incontrôlables et souvent démesurées, la faisant passer tantôt d’un état d’euphorie à tantôt celui d’une grande tristesse. Des états de «manie» et de «dépression» qui seront entrecoupés de périodes d’accalmie au cours desquelles la personne fonctionnera normalement.

Symptômes

Autant les hommes que les femmes peuvent subir les effets d’un trouble bipolaire. Les premiers symptômes apparaîtront entre l’âge de 15 et 25 ans et pourront devenir plus importants vers l’âge de 30 ans. Ces symptômes apparaissent et disparaissent de façon cyclique et sont de durée variable. Certains pourront être l’objet de cycles longs: plusieurs mois en phase de manie et plusieurs mois en phase de dépression.

D’autres auront des cycles dits«courts» caractérisés par au moins quatre cycles annuels alternant entre manie et dépression pendant quelques semaines.

Enfin, en «phases mixtes» les symptômes de manie et de dépression surgiront au cours de la même journée durant plusieurs jours consécutifs.

En phase maniaque, la personne bipolaire déborde d’énergie, devient hyperactive à tous les niveaux: social, professionnel ou scolaire. Elle éprouve un moins grand besoin de sommeil, son estime de soi s’accroît et elle nourrit des idées de grandeur. Elle pourra engager des dépenses inconsidérées, magasiner de façon compulsive par exemple, parler plus rapidement ou désirer parler sans arrêt et, même, tenir des propos farfelus. Ses pensées défileront à toute vitesse et la distraction sera au rendez-vous. Certaines personnes auront parfois des idées délirantes ou seront affectées d’hallucinations. On parle d’«hypomanie»lorsque les symptômes précités sont moins intenses et dépourvus d’idées délirantes ou d’hallucinations.

Lors de l’épisode dépressif, qui survient généralement après une période d’accalmie qui suit l’épisode maniaque, ou vice-versa, la personne bipolaire sera en perte d’énergie et fatiguée, aura une humeur dépressive presque toute la journée, des problèmes de sommeil, aura peu ou trop d’appétit, n’éprouvera que peu d’intérêt ou de plaisir pour les activités quotidiennes. La personne affectée aura en outre de la difficulté à se concentrer ou à prendre des décisions, pourra se sentir coupable, avoir des comportements agressifs subits, avoir des pensées reliées à la mort et, dans certains cas, des idées suicidaires.

Causes

Les causes des troubles bipolaires sont méconnues cependant, les recherches menées à ce jour laissent entendre qu’elles seraient principalement de nature biologique. Certains chromosomes sont mis en cause de même que des variations au niveau hormonal ainsi qu’une diminution de l’activité du système immunitaire. Par ailleurs, l’hérédité est un facteur important dans l’apparition de la maladie. Le risque est effectivement accru dans les familles au sein desquelles la maladie est présente. Les situations stressantes ne causent pas la maladie toutefois, celles-ci peuvent être des facteurs déclencheurs d’épisodes de manie ou de dépression chez ceux qui en sont déjà atteints.

Traitement

On ne maîtrise pas la cause du trouble bipolaire, mais on peut cependant parfaitement en contrôler les conséquences. Un traitement adéquat permet à la plupart des personnes bipolaires d’avoir une vie satisfaisante tant au travail qu’à la maison et d’éviter les hauts et les bas que procure la maladie, des épisodes souvent très difficiles et pour la personne qui en est affectée et pour les personnes de son entourage.

Le trouble bipolaire est un problème de santé physique. Une médication appropriée est donc un des éléments importants, voire essentiels, du traitement. De nouveaux médicaments antipsychotiques sont désormais dotés de propriétés antidépressives. Ces médicaments permettent ainsi de stabiliser les deux aspects, la manie et la dépression, des troubles bipolaires.

La psychothérapie accompagne généralement de façon fort positive le traitement biologique. Elle permet notamment de développer des stratégies d’adaptation et participe à prévenir les épisodes de manie en aidant à réguler le sommeil, l’alimentation et la pratique d’activités physiques.

Vous croyez souffrir d’un trouble bipolaire ou un de vos proches vous semble en être affecté? Vous n’êtes pas seul…Des dizaines de milliers de personnes sont dans votre situation. La solution n’est pourtant pas compliquée. N’hésitez pas à consulter votre médecin de famille ou à recueillir et partager de l’information auprès d’un organisme spécialisé comme, par exemple, revivre.org.

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