Schizophrénie : une piste génétique inattendue


Cette découverte aide à mieux comprendre l’évolution de la schizophrénie, une maladie psychiatrique qui espérons–le et si possible, pourrait être , encore mieux contrôler dans les années avenir.
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Schizophrénie : une piste génétique inattendue

Un excès de protéines C4 (ici en vert dans une culture de neurones vu au microscope fluorescent) provoque une perte excessive des connexions synaptiques que l'on retrouve chez les schizophrènes. © Heather de Rivera/AP/Sipa

Un excès de protéines C4 (ici en vert dans une culture de neurones vu au microscope fluorescent) provoque une perte excessive des connexions synaptiques que l’on retrouve chez les schizophrènes. © Heather de Rivera/AP/Sipa

Par Marc Gozlan

Des chercheurs américains ont découvert un mécanisme d’origine génétique pouvant expliquer, ou amplifier, la perte de synapses dans le cerveau des patients schizophrènes.

GÈNÉTIQUE. Des généticiens de la faculté de médecine de l’université Harvard (Boston, États-Unis) associés à des psychiatres du Broad Institute du Massachusetts Institute of Technology (MIT), à Cambridge (États-Unis) publient dans la revueNature des résultats qui incriminent un gène dans le risque de développer une schizophrénie.

Cette maladie psychiatrique — qui se traduit par des troubles cognitifs, de la perception et de la motivation — se manifeste généralement au cours de l’adolescence ou à l’entrée dans l’âge adulte. Elle serait la conséquence d’anomalies précoces au niveau de l’architecture intime du cerveau. On observe en effet une perte de synapses, autrement dit une réduction du nombre de connexions entre neurones, de même qu’une perte de substance grise.

Un gène impliqué dans le système immunitaire

Des études génétiques avaient auparavant montré, sans pouvoir l’expliquer, une association entre la schizophrénie et une large portion du génome située sur le chromosome 6, baptisée locus CMH (complexe majeur d’histocompatibilité). C’est donc un lien entre un gène particulier de cette portion d’ADN et le risque de développer une schizophrénie que les chercheurs américains viennent de mettre en évidence. Le plus étonnant est que ce gène gouverne la synthèse d’une protéine que l’on pensait uniquement impliquée dans le fonctionnement du système immunitaire. Il s’agit du gène codant pour le « composant C4 du complément », une protéine essentielle dans la réaction de défense vis-à-vis d’agents infectieux.

L’étude américaine indique qu’une variation génétique sur le gène C4 est responsable d’une expression accrue du « C4 du complément », et que celle-ci est associée à une réduction du nombre de synapses que l’on observe dans le cerveau des schizophrènes. Les travaux des chercheurs ont ainsi montré que ce « composant C4 du complément » contrôle chez la souris l’élimination des synapses au cours de la formation du cerveau. Par ailleurs, ils notent qu’il existe des récepteurs pour le « complément » sur certaines cellules immunitaires (microglie) qui résident dans le système nerveux central. Il est ainsi possible que se produise dans la schizophrénie une hyperstimulation de la microglie qui conduit à l’élimination des synapses.

En conclusion, selon les chercheurs, chez l’adolescent ou l’adulte jeune, cette maladie psychiatrique pourrait résulter, ou être aggravée, par une perte excessive des connexions synaptiques.

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Reconnaître ses orteils? Pas si évident pour le cerveau


Le cerveau peut avoir des difficultés, quand les yeux fermés, à distinguer quels orteils est touchée par une tierce personne. Il se pourrait que cela soit relié a des maladies neurologiques ou même psychiatriques
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Reconnaître ses orteils? Pas si évident pour le cerveau

 

Reconnaître ses orteils? Pas si évident pour le cerveau

Sept femmes et 13 hommes ont été testés.Photo Fotolia

Combien d’entre nous peuvent arriver à identifier l’orteil touché par une autre personne alors que nos yeux sont fermés? C’est à cette question qu’a souhaité répondre une équipe de chercheurs de l’Université d’Oxford, au Royaume-Uni.

Dans cette étude publiée le 22 septembre au sein de la revue Perception, les scientifiques ont demandé à 7 femmes et 13 hommes, âgés de 22 à 34 ans, de fermer les yeux alors que des chercheurs «testeurs» poussaient l’un de leurs orteils en leur demandant d’identifier lequel.

La plupart des participants, tous en bonne santé, se trompaient, ont remarqué les chercheurs. Le taux de reconnaissance atteignait 94 % pour le plus gros et le plus petit orteil, mais tombait à 57, 60 et 79 % pour les 2e, 3e et 4e orteils respectivement. Le 2e orteil était identifié comme étant le 3e et le 3e comme étant le 4e.

La même expérience réitérée avec les doigts de la main montrait au contraire un plus faible taux d’erreur de 1 %.

C’est ce qui fait remarquer au Dr Nela Cicmil, du département de physiologie, d’anatomie et de génétique de l’université d’Oxford que

«le problème principal était de faire la distinction entre le 2e et le 3e doigt de pied». Plus encore lorsque le pied droit était présenté à un gaucher et vice et versa.

Un taux d’erreur important peut être associé à l’agnosie, expliquent les chercheurs. Ce phénomène peut être défini comme l’incapacité de notre cerveau à distinguer certains stimuli. C’est aussi une caractéristique retrouvée dans des maladies neurologiques et psychiatriques.

«Nous savions que certaines maladies pouvaient provoquer l’agnosie, mais ici, les personnes testées sont en bonne santé», reconnait le Dr Cicmil.

Si certaines erreurs sont jugées «normales» et illustrent une limite des capacités de perception du cerveau, d’autres sont plus rares et semblent associées à des conditions causant une agnosie ou des perceptions erronées du corps, comme c’est le cas dans l’anorexie en conclut l’équipe.

La différence clé dans la distinction des orteils du milieu entre les participants pourrait donner lieu à des applications de détection de dommage du cerveau, expliquent encore les chercheurs qui se sont servis de cette expérience comme d’un nouvel éclairage et «une meilleure compréhension des mécanismes cérébraux qui provoquent des erreurs simples de représentation du corps».

Reste à comparer le taux d’erreur obtenu lors de cette expérience avec celui de la population en général.

http://fr.canoe.ca/

Santé mentale et boissons énergisantes: méchant cocktail


On sait que les boissons énergisantes sont néfastes et que malheureusement nombres d’adolescents y ont recours et que sur le plan physique, les consommateurs risques avoir des effets secondaires indésirables .. mais il semble que en santé mentale, les boissons énergisantes seraient catastrophiques …
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Santé mentale et boissons énergisantes: méchant cocktail

 

Des boissons énergisantes, vendues dans un dépanneur.... (Photo: Bernard Brault, archives La Presse)

Des boissons énergisantes, vendues dans un dépanneur.

PHOTO: BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

DAPHNÉ CAMERON
La Presse

Les boissons énergisantes sont dans la ligne de mire des autorités de santé publique pour leurs effets potentiellement dangereux sur la santé physique. Pire, une consommation excessive de ces boissons pourrait avoir des effets insoupçonnés sur la santé mentale.

Les boissons énergisantes sont contre-indiquées pour les enfants, les femmes enceintes et les personnes sensibles aux effets de la caféine. Depuis quelques années, des experts commencent à s’inquiéter d’un autre cocktail: la consommation excessive de boissons énergisantes par les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale ou de toxicomanie. La recherche est encore embryonnaire mais, sur le terrain, des cliniciens commencent à observer les effets néfastes d’une consommation démesurée de boissons énergisantes chez les personnes plus vulnérables.

Le Dr Jean-Pierre Chiasson, directeur médical de la clinique Nouveau Départ, et Élie Rizkallah, chercheur au département de psychiatrie de l’Université de Montréal, ont commencé à s’intéresser au phénomène lorsqu’ils ont remarqué la popularité des boissons énergisantes chez les toxicomanes. Dans les dernières années, de 30 à 40 de leurs patients souffrant d’une dépendance aux stimulants comme la cocaïne s’étaient tournés vers ces boissons, qui contiennent de la caféine, aussi un stimulant.

Ils ont de plus observé que la consommation excessive de ces boissons avait déclenché des crises chez quelques patients bipolaires.

«Nous avons eu plusieurs patients atteints d’une maladie bipolaire affective qui allaient bien, qui ne prenaient plus de drogue, qui ont commencé à se faire des petits partys de boissons énergétiques et qui sont tombés en manie», raconte le Dr Chiasson, qui a fait état de trois cas l’an dernier dans la revue scientifique Bipolar Disorders.

Didier Jutras-Aswad, psychiatre à l’hôpital Saint-Luc spécialisé en toxicomanie et en santé mentale, a remarqué le même phénomène. Il affirme que la grande majorité des ses patients consomment régulièrement ou ont déjà consommé des boissons énergisantes.

«C’est la nouvelle cigarette! dit-il. On n’a pas encore étudié de grandes cohortes pour établir avec précision la proportion de patients qui pourraient avoir ce comportement, mais un certain nombre d’entre eux utilisent les boissons énergisantes après avoir abandonné la cocaïne, par exemple, un peu comme, à l’époque, des gens se mettaient à fumer beaucoup, car la nicotine a un effet stimulant, mais relativement plus faible.»

En 2010, le Dr Jutras-Aswad a publié dans l’American Journal of Psychiatry l’histoire de l’un des ses patients schizophrènes. L’homme de 43 ans avait démontré des symptômes de paranoïa, de délire religieux et d’agitation après avoir consommé de 8 à 10 canettes de boisson énergisante chaque jour durant deux mois avant son hospitalisation.

«Il s’est présenté avec une décompensation psychotique assez claire, et rien ne pouvait expliquer son état mental sinon les boissons énergisantes, explique-t-il. Pour être stabilisé, le patient avait simplement été hospitalisé et avait arrêté la consommation des boissons énergisantes.»

Ces boissons contiennent plusieurs ingrédients comme de la caféine, du ginkgo, du ginseng, de la taurine, de la vitamine B3 et de la vitamine B6. Dans la plupart des cas, on connaît mal les interactions médicamenteuses avec ces produits.

Celui de la caféine est toutefois très bien documenté, souligne le Dr Patrick Du Souich, professeur et directeur du département de pharmacologie de la faculté de médecine de l’Université de Montréal:

 «En règle générale, la caféine peut augmenter ou diminuer la réponse désirée ou la toxicité des antidépresseurs, des antipsychotiques, des antimaniques, des anxiolytiques, bref, de toute la médication qui peut être utilisée pour traiter les maladies du système nerveux central.»

La dépendance à la caféine, l’une des plus répandues, est bien documentée. Le fait que les boissons énergisantes soient faciles d’accès et désaltérantes pourrait expliquer que les gens en consomment plus d’une dans la journée, alors que c’est souvent contre-indiqué sur l’étiquette.

Signalements à Santé Canada

Santé Canada n’a pas émis de directives précises concernant la consommation de boissons énergisantes par les personnes qui souffrent de maladies psychiatriques. Depuis 2005, l’agence fédérale de santé publique a toutefois recensé quelques cas de Canadiens qui auraient souffert de troubles psychologiques après avoir pris une ou plusieurs boissons énergisantes. Des 86 signalements que l’on trouve dans la base de données en ligne des effets indésirables de Santé Canada (MedEffet Canada), au moins une dizaine de cas concernaient des troubles psychologiques. Ces signalements ont été faits sur une base volontaire par des professionnels de la santé et des citoyens.

Un bref coup d’oeil au registre indique par ailleurs que la consommation de boissons énergisantes pourrait avoir engendré de la paranoïa, de l’anxiété, des symptômes dépressifs, de la dépersonnalisation et même des hallucinations. Un homme de 35 ans qui prenait des antidépresseurs a par exemple dû être hospitalisé pour insomnie et paranoïa en 2005. Dans le mois précédent, il avait bu une canette de Red Bull par jour.

En 2008, un homme de 46 ans qui avait bu huit canettes de Rockstar Energy Drink par jour durant trois mois a souffert de dépression, d’un syndrome de sevrage médicamenteux et de dépendance. En 2011, un jeune homme a été hospitalisé parce qu’il avait eu des idées délirantes et des hallucinations après avoir bu plusieurs canettes de marques différentes.

Récemment, un autre cas a fait les manchettes, celui d’un jeune délinquant de la région de Québec atteint d’un trouble bipolaire qui avait agressé une dame de 65 ans après un accident de la route. Le juge a autorisé sa libération en attente de son procès à la condition qu’il s’engage à ne plus consommer de boissons énergisantes – une première.

«Pour l’instant, ça reste anecdotique, mais c’est probablement dû au fait que c’est très peu questionné par les professionnels de la santé, explique le Dr Jutras-Aswad. Le problème, c’est que c’est relativement nouveau. Les médecins sont habitués de poser des questions sur la consommation de cannabis ou de stimulants, mais la consommation de boissons énergisantes passe sous le radar.»

Nous avons transmis les données citées dans ce reportage à l’Association canadienne des boissons, qui représente l’industrie des boissons énergisantes au Canada.

«Le débat devrait être élargi à toutes les autres sources de caféine, a écrit un porte-parole de l’Association dans un courriel. Il est important de savoir que ce n’est pas parce qu’un ingrédient ou un produit est mentionné dans une déclaration d’effets indésirables que ceci confirme ou implique un lien de causalité entre l’effet et l’ingrédient ou le produit.»

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Trois morts soupçonnés au Canada

Dans la dernière décennie, Santé Canada a reçu 86 signalements d’effets indésirables liés à la consommation de boissons énergisantes, dont trois cas qui ont possiblement mené à la mort. La relation de cause à effet n’a toutefois pas été établie hors de tout doute dans ces derniers cas.

L’un d’eux, très médiatisé, est celui de Brian Shepherd, adolescent ontarien de 15 ans qui est mort en 2006 après avoir bu un Red Bull lors d’une partie de paintball. Depuis, ses parents sont en croisade pour faire interdire la vente de cette boisson aux mineurs. Dans un autre cas, une personne est morte après avoir combiné alcool et boisson énergisante. Le dernier cas, survenu en 2011, est celui d’un jeune homme de 18 ans qui est mort après avoir consommé quatre canettes de Red Bull en une heure. Avant de mourir, il a souffert de délire et d’hallucinations. Les 86 signalements n’ont toutefois pas nécessairement mené à des enquêtes, a précisé Sean Upton, porte-parole de Santé Canada.

On peut consulter la liste des effets secondaires recensés par Santé Canada dans la base de données en ligne MedEffet Canada. Au nombre des effets indésirables, on cite notamment de l’arythmie, des palpitations, des convulsions, des migraines, des hallucinations et même la cécité. Au Québec, le bureau du coroner n’a jamais ouvert d’enquête sur un décès lié aux boissons énergisantes.

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Combien de cafés dans une boisson énergisante?

Dans plusieurs cas, les boissons énergisantes vendues au Canada contiennent substantiellement moins de caféine que celles qu’on trouve aux États-Unis, où la réglementation est plus laxiste. De l’autre côté de la frontière, une seule boisson énergisante peut contenir en caféine l’équivalent de cinq cafés, alors que l’étiquetage n’en fait souvent pas mention.

En octobre 2011, Santé Canada a annoncé qu’elle limiterait le taux de caféine dans les boissons énergisantes à 180 mg par canette, soit l’équivalent d’un café moyen. Cette limite ne s’applique toutefois pas aux formats shooter, considérés comme des produits de santé naturels.

L’industrie a jusqu’au 15 décembre pour se plier aux nouvelles normes. À compter du 31 décembre 2013, les fabricants seront par ailleurs obligés d’inscrire sur l’étiquette tous les ingrédients que contiennent les boissons et en quelle quantité, car elles seront désormais considérées comme des aliments. Selon Santé Canada, environ 180 sortes de boisson énergisante en vente au pays contiennent de la caféine.

L’agence de santé publique canadienne est d’avis que les adultes ne devraient pas consommer plus de 400 mg de caféine par jour.

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Les boissons énergisantes dans la ligne de mire de la FDA

L’agence de santé publique américaine, la Food and Drug Administration (FDA), a entre les mains des rapports selon lesquels la boisson énergisante 5-Hour Energy Shot pourrait être en cause dans la mort de 13 personnes et avoir entraîné des effets secondaires graves chez 30 personnes, notamment des arrêts cardiaques, des convulsions et un avortement spontané. D’autres rapports associent la consommation de la boisson Monster Energy à cinq morts.

http://www.lapresse.ca/