Les humains ont autant de nez que les chiens


Il semblerait que l’être humain n’a rien à envier aux mammifères ayant un bon odorat. Bien que les chiens détectent les différentes odeurs dans l’urine, nous pourrions peut-être distinguer des milliards de milliards d’odeurs différentes ce qui influence notre comportement
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Les humains ont autant de nez que les chiens

 

Selon les chercheurs, les humains pourraient peut-être distinguer... (ARCHIVES AFP)

Selon les chercheurs, les humains pourraient peut-être distinguer un milliard de milliards d’odeurs différentes, soit largement plus que les quelque 10 000 mentionnées dans les manuels de psychologie

 

JEAN-LOUIS SANTINI
Agence France-Presse
Washington

Les hommes aussi ont du flair! Ils n’ont même rien à envier aux autres mammifères, notamment aux rats ou aux chiens dont l’odorat est si réputé, selon des scientifiques jeudi.

Ceux-ci affirment que la soi-disant infériorité des hommes à distinguer une vaste palette d’odeurs n’est qu’un mythe entretenu depuis le XIXe siècle.

«Il y a une croyance culturelle ancienne selon laquelle pour qu’une personne soit rationnelle et raisonnable, elle ne peut pas être dominée dans ses actions par le sens de l’odorat, vu comme purement animal», explique John McGann, professeur adjoint de psychologie à l’Université Rutgers, dans le New Jersey.

Il est le principal auteur de ces travaux basés sur un ensemble d’études, publiés jeudi dans la revue américaine Science.

En fait, explique ce scientifique, «le bulbe olfactif humain qui transmet des signaux à d’autres zones du cerveau pour aider à identifier les odeurs est plutôt développé et contient un nombre similaire de neurones que chez les autres mammifères».

«Nous pouvons donc nous mesurer, pour la capacité à détecter et à distinguer les odeurs, aux chiens et aux rats, qui comptent parmi les meilleurs renifleurs du règne animal», affirme-t-il.

Selon les chercheurs, les humains pourraient peut-être distinguer un milliard de milliards d’odeurs différentes, soit largement plus que les quelque 10 000 mentionnées dans les manuels de psychologie.

«Nous pouvons détecter et différencier une palette extraordinairement étendue d’odeurs», assure le professeur McGann, selon qui l’odorat humain est plus sensible à certaines odeurs et parfums que celui des rats et des chiens.

Les humains sont capables de détecter des odeurs sur un sentier ou une piste, assure le scientifique, relevant aussi que «nos comportements et états affectifs sont influencés par l’odorat».

Perte d’odorat et Alzheimer

Il ajoute que les chiens sont probablement meilleurs pour détecter les différentes odeurs de l’urine, mais que l’odorat humain est sans doute bien supérieur pour sentir la palette des effluves d’un grand vin.

Les auteurs de cette étude estiment que les préjugés sur la capacité de l’odorat humain remontent au neurologue et anthropologue français du XIXe siècle Paul Broca, selon qui l’homme a un appareil olfactif limité.

De ce fait, selon cette théorie, contrairement aux animaux les hommes dépendent de leur intelligence pour survivre, pas de leur odorat.

Cette assertion avait même influencé l’inventeur de la psycho-analyse, Sigmund Freud, selon qui cette déficience olfactive rendait les humains plus vulnérables à des maladies mentales, rappelle le professeur McGann.

Cette idée de l’infériorité olfactive humaine avait aussi été alimentée au cours des décennies par des études génétiques. Celles-ci ont révélé que les rats et souris possédaient des gènes agissant sur environ mille différents capteurs sensoriels qui sont activés par les odeurs, contre seulement 400 environ chez les humains.

En réalité, juge le professeur McGann, rien n’appuie la notion selon laquelle un bulbe olfactif plus grand par rapport au reste du cerveau confère une supériorité de l’odorat.

Ce chercheur explique que la capacité à sentir un vaste éventail d’odeurs a une grande influence sur le comportement humain en déclenchant des émotions ou en faisant ressurgir des souvenirs, jouant ainsi un rôle important dans le syndrome post-traumatique.

Une perte du sens de l’odorat, qui diminue avec l’âge, peut aussi signaler des problèmes de mémoire et de maladies neurologiques comme Alzheimer ou Parkinson, relève l’étude.

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Reconnaître ses orteils? Pas si évident pour le cerveau


Le cerveau peut avoir des difficultés, quand les yeux fermés, à distinguer quels orteils est touchée par une tierce personne. Il se pourrait que cela soit relié a des maladies neurologiques ou même psychiatriques
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Reconnaître ses orteils? Pas si évident pour le cerveau

 

Reconnaître ses orteils? Pas si évident pour le cerveau

Sept femmes et 13 hommes ont été testés.Photo Fotolia

Combien d’entre nous peuvent arriver à identifier l’orteil touché par une autre personne alors que nos yeux sont fermés? C’est à cette question qu’a souhaité répondre une équipe de chercheurs de l’Université d’Oxford, au Royaume-Uni.

Dans cette étude publiée le 22 septembre au sein de la revue Perception, les scientifiques ont demandé à 7 femmes et 13 hommes, âgés de 22 à 34 ans, de fermer les yeux alors que des chercheurs «testeurs» poussaient l’un de leurs orteils en leur demandant d’identifier lequel.

La plupart des participants, tous en bonne santé, se trompaient, ont remarqué les chercheurs. Le taux de reconnaissance atteignait 94 % pour le plus gros et le plus petit orteil, mais tombait à 57, 60 et 79 % pour les 2e, 3e et 4e orteils respectivement. Le 2e orteil était identifié comme étant le 3e et le 3e comme étant le 4e.

La même expérience réitérée avec les doigts de la main montrait au contraire un plus faible taux d’erreur de 1 %.

C’est ce qui fait remarquer au Dr Nela Cicmil, du département de physiologie, d’anatomie et de génétique de l’université d’Oxford que

«le problème principal était de faire la distinction entre le 2e et le 3e doigt de pied». Plus encore lorsque le pied droit était présenté à un gaucher et vice et versa.

Un taux d’erreur important peut être associé à l’agnosie, expliquent les chercheurs. Ce phénomène peut être défini comme l’incapacité de notre cerveau à distinguer certains stimuli. C’est aussi une caractéristique retrouvée dans des maladies neurologiques et psychiatriques.

«Nous savions que certaines maladies pouvaient provoquer l’agnosie, mais ici, les personnes testées sont en bonne santé», reconnait le Dr Cicmil.

Si certaines erreurs sont jugées «normales» et illustrent une limite des capacités de perception du cerveau, d’autres sont plus rares et semblent associées à des conditions causant une agnosie ou des perceptions erronées du corps, comme c’est le cas dans l’anorexie en conclut l’équipe.

La différence clé dans la distinction des orteils du milieu entre les participants pourrait donner lieu à des applications de détection de dommage du cerveau, expliquent encore les chercheurs qui se sont servis de cette expérience comme d’un nouvel éclairage et «une meilleure compréhension des mécanismes cérébraux qui provoquent des erreurs simples de représentation du corps».

Reste à comparer le taux d’erreur obtenu lors de cette expérience avec celui de la population en général.

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