Maladie d’Alzheimer: des chercheurs mettent en cause des virus dans le cerveau


L’idée que certains virus pourraient être un facteur qui enclenche la maladie d’Alzheimer est une nouvelle piste de recherche. Les chercheurs ont observé plusieurs cerveaux malades et on remarquer une correspondance avec l’herpès humain. Cela ne veut pas dire que tout ceux qui ont eu l’herpès un moment de leur vie auront automatiquement l’Alzheimer, mais seulement que cette piste pourrait amener dans l’avenir d’autres traitements qui pourraient être efficaces.
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Maladie d’Alzheimer: des chercheurs mettent en cause des virus dans le cerveau

 

Des virus qui se faufilent jusque dans le cerveau pourraient jouer un rôle dans... (PHOTO ARCHIVES LE DROIT)

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LAUREN NEERGAARD
Associated Press
Washington

Des virus qui se faufilent jusque dans le cerveau pourraient jouer un rôle dans la maladie d’Alzheimer, rapportent jeudi des scientifiques, dans une étude surprenant qui promet de relancer certaines théories longuement débattues sur ce qui déclenche cette maladie qui efface l’esprit.

Les résultats ne prouvent pas que les virus causent la maladie d’Alzheimer ni ne laissent entendre qu’elle est contagieuse.

Mais une équipe dirigée par des chercheurs du réseau de santé new-yorkais Mount Sinai a découvert que certains virus – dont deux virus de l’herpès extrêmement courants – influencent le comportement des gènes impliqués dans la maladie d’Alzheimer.

L’idée que les infections qui surviennent plus tôt dans la vie puissent en quelque sorte préparer le terrain à l’apparition de la maladie d’Alzheimer des décennies plus tard mijote en périphérie de la médecine traditionnelle depuis des années. Elle a été éclipsée par la théorie dominante selon laquelle la maladie d’Alzheimer provient de plaques collantes qui obstruent le cerveau.

L’étude de jeudi interpelle même quelques spécialistes qui n’ont jamais cru au lien avec une infection et qui disent maintenant qu’il est temps d’y regarder de plus près, d’autant plus que les tentatives pour empêcher la formation de ces plaques de bêta-amyloïdes ont échoué.

L’étude concorde également avec les preuves de plus en plus nombreuses voulant que l’agressivité du système immunitaire du cerveau face aux virus ou autres germes puisse être plus dangereuse que l’infection elle-même, explique le docteur Rudolph Tanzi, spécialiste de l’alzheimer à l’Hôpital général du Massachusetts.

Avec un collègue de Harvard, le docteur Robert Moir, le docteur Tanzi a réalisé des expériences qui montrent que le bêta-amyloïde collant capture et engloutit les germes envahissants – et c’est pourquoi la plaque commence à se former en premier lieu.

«Il restait encore une question: dans le cerveau (touché par l’alzheimer), quels sont les microbes qui sont importants, quels sont les microbes qui déclenchent la plaque ?», indique le docteur Tanzi, qui n’a joué aucun rôle dans la nouvelle recherche.

L’équipe de Mount Sinai et de l’université Arizona State a trouvé des suspects viraux – de façon accidentelle. L’étude financée par les Instituts nationaux de la santé (NIH) ne partait pas à la chasse aux virus, mais cherchait de nouvelles cibles de médicaments pour la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs utilisaient des données génétiques complexes provenant de centaines de cerveaux dans plusieurs banques de cerveaux pour comparer les différences entre les personnes mortes avec l’alzheimer et les personnes ayant des fonctions cognitives normales.

Les premiers indices que les virus étaient dans les parages «nous ont sautés dessus en criant», lance un généticien de Mount Sinai, Joel Dudley, un des auteurs principaux de la recherche publiée jeudi dans la revue «Neuron».

L’équipe a trouvé des niveaux de matériel génétique viral beaucoup plus élevés dans les cerveaux atteints de la maladie d’Alzheimer que dans les cerveaux normaux. L’étude de jeudi interpelle même quelques spécialistes qui n’ont jamais cru au lien avec une infection et qui disent maintenant qu’il est temps d’y regarder de plus près, d’autant plus que les tentatives pour empêcher la formation de ces plaques de bêta-amyloïdes ont échoué.Les plus abondants étaient deux virus de l’herpès humain, connus sous le nom de HHV6a et HHV7, qui infectent la plupart des gens pendant l’enfance, souvent sans symptômes, puis restent dormants dans le corps.

Ce n’était pas inhabituel. Depuis 1980, d’autres chercheurs ont lié une variété de bactéries et de virus, y compris un autre type d’herpès qui cause l’herpès labial, à un risque accru d’alzheimer. Mais les chercheurs n’avaient encore jamais pu déterminer si les germes étaient simplement des spectateurs, ou s’ils stimulaient activement la maladie d’Alzheimer.

Les réseaux sociaux des virus

La nouvelle étude est allée plus loin: les chercheurs ont utilisé des modèles informatiques pour vérifier comment les gènes viraux interagissent avec les gènes humains, les protéines et l’accumulation d’amyloïdes, presque comme les réseaux sociaux des virus, explique le docteur Dudley.

«Nous sommes en mesure de voir si les gènes viraux sont les amis de certains des gènes de l’hôte, et s’ils envoient des gazouillis, nous pouvons voir qui retransmet leurs gazouillis», a-t-il ajouté.

Ils ont trouvé plusieurs interactions, ce qui suggère que les virus pourraient même activer et désactiver les gènes liés à la maladie d’Alzheimer. Pour voir si ces interactions importaient, les chercheurs ont élevé des souris dépourvues d’une molécule que l’herpès semblait détruire. Effectivement, les animaux ont développé davantage de ces plaques amyloïdes.

«Je lis cette étude et je tombe assis et je dis « wow »», admet le directeur des programmes scientifiques de l’Association Alzheimer, le docteur Keith Fargo.

Il affirme que la recherche rend beaucoup plus plausible l’hypothèse d’une connexion virale, mais avertit que l’étude ne changera pas dans l’immédiat la façon dont les patients d’aujourd’hui sont traités.

Si les résultats se confirment, ils pourraient changer la façon dont les scientifiques cherchent de nouvelles façons de traiter ou de prévenir l’alzheimer. Déjà, les NIH financent une première étude pour voir si un médicament antiviral est bénéfique pour les personnes atteintes légèrement de la maladie d’Alzheimer et de différents virus de l’herpès.

Le simple fait d’être porteur d’un virus de l’herpès «ne signifie pas que vous allez avoir la maladie d’Alzheimer, souligne le docteur Tanzi. Il n’a peut-être même pas pénétré le cerveau».

Mais dans une autre étude qui sera bientôt publiée, le docteur Tanzi démontre biologiquement comment le virus HHV6 et un virus qui cause des feux sauvages peuvent déclencher ou «ensemencer» la formation de la plaque amyloïde, ce qui soutient les découvertes du réseau de santé Mount Sinai.

Pourtant, il ne pense pas que les virus soient les seuls suspects.

«L’étude de Mount Sinai nous raconte le côté viral de l’histoire, nous devons encore travailler sur le côté microbien de l’histoire, explique le docteur Tanzi, qui recherche des bactéries et autres pathogènes dans ce qu’on appelle le projet Brain Microbiome. Le cerveau a toujours été considéré comme un endroit stérile. Ce n’est absolument pas vrai.»

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Vieux corps, jeune cerveau: quel est le secret des super aînés ?


A défaut de trouver des traitements sur la maladie d’Alzheimer, une autre piste est étudier, celle des super ainé. Le cerveau de ces personnes se dégrade plus lentement et ils ont une bonne mémoire.À leur mort certaines personnes peuvent avoir des signes d’Alzheimer, pourtant, ils l’ont évité. Les chercheurs ne savent pas trop pourquoi, surtout que cela peut être dans toutes les couches de société et encore plus surprenant, c’est que certains ont vécu des traumatismes comme les rescapés de l’holocauste, des fumeurs, des non-fumeurs etc ..
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Vieux corps, jeune cerveau: quel est le secret des super aînés ?

 

Il est extraordinaire de voir des octogénaires et même des nonagénaires avoir... (Photo Thinkstock)

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LAUREN NEERGAARD
Associated Press
Washington

Il est extraordinaire de voir des octogénaires et même des nonagénaires avoir la même mémoire que des gens beaucoup plus jeunes, et les scientifiques peuvent maintenant jeter un coup d’oeil à l’intérieur du cerveau de ces «super aînés» pour tenter de percer leurs secrets.

Ces recherches découlent des tentatives pour le moment décevantes de trouver de nouveaux médicaments pour prévenir et combattre la maladie d’Alzheimer.

Au lieu de ça, «pourquoi est-ce qu’on n’essaie pas de comprendre ce qu’on doit faire pour maximiser notre mémoire ?», demande la neuroscientifique Emily Rogalski, qui dirige une étude sur les super aînés à l’université Northwestern.

Des portions du cerveau rétrécissent avec l’âge, ce qui explique pourquoi la majorité des gens perdent un peu de mémoire en vieillissant, même s’ils évitent des problèmes comme la maladie d’Alzheimer.

On sait maintenant que le cerveau des super aînés rétrécit plus lentement que celui des autres. L’autopsie des premiers super aînés décédés depuis le début de l’étude démontre qu’ils ont nettement plus d’un certain type de cellules nerveuses dans une région reculée du cerveau cruciale à l’attention, a dit Mme Rogalski lors d’une rencontre récente de l’Association américaine pour l’avancement des sciences (AAAS).

Ces aînés ne sont pas seulement «une curiosité ou une rareté», prévient la neuroscientifique Molly Wagster, de l’Institut national sur le vieillissement, qui finance en partie cette étude. «On peut potentiellement en apprendre beaucoup et s’en servir pour aider tout le monde, même ceux qui semblent se diriger vers une maladie neurodégénérative», a-t-elle dit.

Qu’est-ce qui fait un super aîné ? Un cerveau jeune dans le corps de quelqu’un âgé d’au moins 80 ans. L’équipe de Mme Rogalski a fait passer des tests à plus d’un millier de personnes qui se croyaient qualifiées, mais seulement 5 % d’entre elles ont été retenues. Le principal test de mémoire consistait à entendre 15 mots sans lien entre eux, puis à en réciter au moins neuf 30 minutes plus tard.

C’est la norme pour un quinquagénaire, mais l’octogénaire moyen s’en souvient de cinq. Certains super aînés les ont tous nommés.

«Ça ne veut pas dire que je suis plus intelligent», a dit le super aîné William Gurolnick, qui aura bientôt 87 ans et qui participe à l’étude depuis deux ans.

Il ne peut pas non plus attribuer tout ça à son code génétique: son père a commencé à souffrir de la maladie d’Alzheimer avant d’avoir eu 60 ans. Il croit plutôt que son agenda chargé est responsable de sa mémoire exceptionnelle: il fait du vélo, il joue au tennis et au volleyball aquatique, il fréquente des amis et il s’implique auprès d’une association d’hommes dont il est le fondateur.

«Je pense absolument que c’est un facteur critique pour garder toute sa tête», a-t-il dit au lendemain de sa partie de cartes mensuelle.

Les super aînés de Mme Rogalski sont habituellement des gens extrovertis qui disposent de réseaux sociaux robustes; ils proviennent autrement de toutes les sphères de la société, ce qui complique l’identification d’un facteur unique pour expliquer leur cerveau remarquable. Certains sont allés à l’université et d’autres pas; certains ont un QI élevé, d’autres un QI moyen.

Elle compte parmi ses participants des gens qui ont subi des traumatismes indescriptibles, notamment des survivants de l’Holocauste; des fanatiques de la santé physique et des fumeurs; des gens qui ne consomment aucun alcool et d’autres qui prennent un martini chaque soir.

Mais c’est au plus profond du cerveau qu’elle découvre des signes qui démontrent que les super aînés semblent mieux résister que les autres aux assauts du temps.

Les premiers examens ont révélé que le cortex des super aînés – une couche extérieure du cerveau essentielle à la mémoire – est plus épais que la normale pour leur âge. Il ressemble davantage au cortex en santé de quinquagénaires et de sexagénaires.

On ne sait pas si les super aînés sont nés comme ça. Mais Mme Rogalski et son équipe ont trouvé une autre explication possible: le cortex des super aînés rétrécit plus lentement. Sur une période de 18 mois, l’octogénaire moyen perdait deux fois plus de cortex.

Un autre indice: creux dans le cerveau, une région importante pour l’attention est aussi plus costaude. Des autopsies ont révélé que cette région regorge de «neurones de von Economo», un type de cellule nerveuse encore mal compris, mais qui jouerait un rôle dans le traitement social et la conscience de l’environnement.

Les super aînés disposaient de quatre ou cinq fois plus de ces neurones que l’octogénaire moyen, a dit Mme Rogalski – soit même plus que le jeune adulte moyen.

À l’Université de la Californie à Irvine, la docteure Claudia Kawas étudie les plus vieux des aînés, les gens âgés de 90 ans et plus. Certains souffrent de la maladie d’Alzheimer. D’autres ont encore une excellente mémoire. D’autres sont quelque part entre les deux.

Environ 40 pour cent de ses sujets ne présentaient aucune indication de démence pendant leur vie, même si leur cerveau donnait des signes évidents de maladie d’Alzheimer au moment de leur décès, a-t-elle dit lors du congrès de l’AAAS.

Mme Rogalski a elle aussi trouvé différents signes de maladie d’Alzheimer dans les cerveaux de ses super aînés. Les chercheurs veulent maintenant savoir comment ces aînés échappent aux ravages de la maladie.

«Ils vivent longtemps et bien, a-t-elle dit. Est-ce qu’il y aurait des choses modifiables qu’on pourrait identifier aujourd’hui, dans notre vie de tous les jours, (pour faire de même) ?»

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Les personnes atteintes de l’alzheimer ne perçoivent pas leurs problèmes de mémoire


L’Alzheimer est une triste maladie qui efface les souvenirs même les plus précieux et les plus importants. Ces personnes ont-elles conscience de leurs troubles de mémoire ? Jusqu’à quand ils peuvent comprendre que leur mémoire s’efface lentement, mais sûrement ?
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Les personnes atteintes de l’alzheimer ne perçoivent pas leurs problèmes de mémoire

Illustration d'un homme qui perd la mémoire.

Une perte de la mémoire est associée à la maladie d’Alzheimer. Photo : iStock

Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ne sont pas capables de reconnaître leurs propres problèmes de mémoire, confirment des chercheurs de l’Université McGill.

Un texte d’Alain Labelle

L’anosognosie est un trouble neuropsychologique souvent associé à la démence qui fait qu’une personne n’est pas consciente de son état.

Selon le Dr Pedro Rosa-Neto et son équipe du Laboratoire de neuroimagerie translationnelle de l’Université McGill, les personnes qui sous-estiment leurs troubles mnésiques présentent un risque presque trois fois plus élevé de souffrir de démence au cours des deux années suivantes.

Joseph Therriault, l’un des étudiants du Dr Rosa-Neto, a analysé les dossiers de plus de 450 personnes qui présentaient de légers troubles de la mémoire, mais qui étaient encore en mesure de prendre soin d’eux, et à qui on avait demandé d’évaluer leur capacité cognitive.

Des proches de chacune d’elles ont également répondu à un questionnaire d’évaluation.

564 000

C’est le nombre de Canadiens atteints de la maladie d’Alzheimer ou d’une autre forme de démence. Dans 15 ans, ils seront 937 000.

Source : Société Alzheimer du Canada

Lorsqu’une personne signalait n’avoir aucun problème cognitif, mais qu’un membre de sa famille faisait état d’importantes difficultés, elle était considérée comme étant peu consciente de son état.

Par la suite, les chercheurs ont comparé les patients peu conscients de leur état à ceux qui ne présentaient aucun problème. Ils ont constaté que les sujets qui souffraient d’anosognosie présentaient des altérations des fonctions métaboliques cérébrales et davantage de dépôts d’une protéine appelée bêta-amyloïde, qui s’accumulent dans le cerveau des patients atteints de la maladie d’Alzheimer.

Un suivi réalisé deux ans plus tard a permis de constater que les patients qui ne reconnaissaient pas leurs problèmes de mémoire étaient plus susceptibles de souffrir de démence, et ce, même en tenant compte d’autres facteurs, comme le risque génétique, l’âge, le sexe et le niveau d’éducation.

L’évolution vers la démence s’accompagnait d’altérations plus marquées des fonctions métaboliques dans les régions du cerveau touchées par la maladie d’Alzheimer.

Ces résultats confirment ce que proches et médecins constatent depuis plusieurs années.

Ils montrent aussi à quel point il est important d’obtenir l’avis des membres de la famille des patients lors de consultations médicales.

Les patients qui se plaignent de troubles mnésiques sans caractère de gravité devraient être soumis à une évaluation qui tient compte des renseignements fournis par des personnes qui les connaissent bien, comme des membres de leur famille ou des amis proches.

Dr Serge Gauthier, coauteur de l’étude

Ces travaux aideront les médecins à mieux comprendre l’évolution clinique vers la démence, estiment les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Neurology.

Ces scientifiques veulent maintenant étudier comment la conscience qu’ont les patients de leur maladie évolue tout au long du développement de l’alzheimer, et comment ces changements sont liés aux biomarqueurs associés à cette maladie.

http://ici.radio-canada.ca/

Un «Pacemaker» pour le cerveau peut réduire les effets de la maladie d’Alzheimer


Une avancée pour ceux qui souffre de la maladie d’Alzheimer qui permet de retrouver un peu d’autonomie. Cela ne guérit pas la maladie, mais elle peut évoluer plus lentement, grâce à un stimulateur cérébral de la même manière qu’un stimulateur cardiaque. Des recherches continue pour améliorer ce stimulateur
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Un «Pacemaker» pour le cerveau peut réduire les effets de la maladie d’Alzheimer

 

 

«Il est crucial d’explorer de nouvelles options pour aider à améliorer les soins quotidiens et la qualité de vie. »

  • Thomas Tamblyn

Un «stimulateur cardiaque» pour le cerveau a permis d’aider un certain nombre de patients atteints d’Alzheimer à retrouver une partie de leurs fonctions cognitives qu’ils avaient précédemment perdue à cause de cette maladie.

Le processus consiste à placer des fils électriques minuscules profondément dans les lobes frontaux du cerveau et ensuite à déclencher un petit courant électrique.

Dans la nouvelle étude révolutionnaire menée par l’Ohio State University, un certain nombre de patients souffrant de la maladie d’Alzheimer ont été équipés de dispositifs de stimulation cérébrale profonde (SCP) et les résultats ont ensuite été analysés.

Ce qu’ils ont trouvé était en fait assez remarquable, les trois patients ont montré des améliorations significatives dans leur capacité à effectuer des tâches quotidiennes.

Âgée de 85 ans, LaVonne Moore, vivant dans la ville de Delaware, en Ohio, a montré des signes d’amélioration. Elle a retrouvé la capacité de préparer ses propres repas et elle peut dorénavant choisir les vêtements qu’elle veut porter.

«Nous avons beaucoup d’aide-mémoire, d’outils et de traitements pharmaceutiques pour aider les patients atteints de maladie d’Alzheimer, mais nous n’avons rien pour les aider à améliorer leurs jugements, prendre de bonnes décisions ou accroître leur capacité à concentrer toute leur attention sur une tâche spécifique en évitant toutes distractions», explique le Dr Douglas Scharre, coauteur de l’étude.

Bien que cette technique ne soit certainement pas un remède pour la maladie d’Alzheimer, elle pourrait avoir un impact significatif sur la vie quotidienne de ceux qui souffrent actuellement de cette maladie.

Même si beaucoup de démarches ont été faites pour aider à améliorer la mémoire des personnes souffrantes de la maladie d’Alzheimer, il reste beaucoup d’autres facteurs importants à considérer, y compris les tâches cognitives complexes.

Après trois ans d’implantation, la maladie d’Alzheimer de LaVonne Moore a progressé, mais à un rythme beaucoup plus lent que prévu. Elle peut toujours jouer du piano. Elle a également repris un certain nombre de tâches clés dans sa maison.

OHIO STATE UNIVERSITY

De la même manière qu’un stimulateur cardiaque maintient le coeur régulé, le SCP fournit une stimulation à une partie spécifique du cerveau.

«Le lobe frontal est responsable de choses comme la résolution de problèmes, l’organisation et le bon jugement. En stimulant cette partie du cerveau, la fonctionnalité cognitive des patients a diminué plus lentement qu’un patient Alzheimer», explique le Dr Scharre.

La prochaine étape pour les chercheurs est de voir s’il existe un moyen de reproduire la stimulation cérébrale profonde, mais sans la procédure invasive qui est actuellement nécessaire.

Ce texte initialement publié sur le HuffPost Royaume-Uni a été traduit de l’anglais.

http://quebec.huffingtonpost.ca

À 14 ans, elle développe une application pour les malades d’Alzheimer


Une jeune chinoise vivant aux États-Unis, a fait une application pour mieux discuter avec sa grand-mère atteint de la maladie d’Alzheimer via internet, grâce à la reconnaissance faciale.
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À 14 ans, elle développe une application pour les malades d’Alzheimer

 

Grâce à la reconnaissance faciale, Timeless indique le nom et le lien qu’entretient l’interlocuteur avec le patient atteint d’Alzheimer. © thinkstock.

  Source: Fast Compagny, RTL France

Une adolescente chinoise âgée de 14 ans a développé une application qui permet notamment aux personnes souffrant d’Alzheimer de se rappeler de l’identité de leur interlocuteur.

Après avoir vécu à Hong Kong,  Emma Yang a rejoint les Etats-Unis avec ses parents. Proche de sa grand-mère atteinte de la maladie d’Alzheimer, l’adolescente s’entretient régulièrement avec elle par téléphone. Des conversations souvent perturbées par les pertes de mémoire de sa mamie.

Habituée à coder, la jeune fille décide de développer une application destinée à améliorer la qualité de leurs discussions. Grâce à la reconnaissance faciale, Timeless indique le nom et le lien qu’entretient l’interlocuteur avec le patient atteint d’Alzheimer. L’appli compile aussi les événements importants du quotidien et alerte l’utilisateur s’il tente d’appeler plusieurs fois d’affilée une même personne.

« Changer leur vie »

« Il n’y avait d’application sur le marché pour aider réellement les patients atteints de la maladie d’Alzheimer au quotidien », explique Emma Yang au site américain Fast Compagny qui relaie l’initiative. « Les gens pensent souvent que ça ne va pas les aider ou que les personnes âgées ne savent pas utiliser la technologie. Mais je pense que si vous leur présentez de façon pédagogique, ça peut réellement leur changer la vie ».

Des objets connectés sont déjà proposés sur le marché pour faciliter la vie des patients, comme le pilulier connecté qui alerte via des signaux sonores et visuels que le moment de prise des médicaments est venu, rappelle RTL France.

L’application Timeless fait l’objet d’un financement participatif sur la plateforme IndieGo.

     

     

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"La maladie de ma mère résumée en une photo"


 

Quand on dit qu’une image vaut mille mots ! La jeune femme a pris une photo des carrés de crochets que sa mère a faits depuis le diagnostique de la maladie d’Alzheimer. On voit parmi les oeuvres au crochet la dégradation dut à la maladie de sa mère
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« La maladie de ma mère résumée en une photo »

Par Catherine Delvaux.

La mère de Sara a découvert qu’elle souffrait de la maladie d’Alzheimer à 54 ans.

Quand Rene a appris qu’elle était atteinte de la maladie d’Alzheimer il y a douze ans, ses médecins lui ont conseillé de se livrer à une activité qui stimule le cerveau. Habile de ses mains depuis toujours, elle s’est donc remise au crochet et sa fille Sara a conservé tout ce qu’elle a créé depuis le diagnostic de sa maladie. Sur la photo de Sara, postée sur Reddit, on peut voir 14 petits carrés de crochet, classés par ordre chronologique et de moins en moins précis.

« J’ai souvent expliqué que voir ma mère succomber à cette maladie revenait à la voir se défaire petit à petit », explique Sara Wuillermin sur le forum.

Elle avait 22 ans lors du diagnostic de sa mère.

« Je trouve que cette photo est particulièrement parlante. Ces carrés représentent la progression de sa maladie au cours d’une ou deux années, au début de sa maladie. Au bout d’un moment, elle n’arrivait plus à faire de crochet et transportait juste ses aiguilles dans son sac. »

Douze ans plus tard, la mère de Sara est en bonne santé physique mais ne reconnaît plus personne. Elle ne peut plus parler et est incapable de vivre seule, lit-on sur le site du Huffington Post.

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Alzheimer : la prévention fait ses preuves


On prévoit une augmentation dans les années avenir de la maladie d’Alzheimer, mais d’un côté dans certains pays, on voit un léger déclin. Il semble qu’on puisse agir en prévention pour l’avenir du moins retardé la maladie
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Alzheimer : la prévention fait ses preuves

 

Un mode de vie adapté  améliore la cognition après 60 ans.

Un mode de vie adapté améliore la cognition après 60 ans.

MAY / BSIP

Par Elena Sender

Une vaste enquête incluant 23 laboratoires internationaux a mis en évidence l’efficacité de certaines actions pour faire baisser le risque d’Alzheimer.

Toutes les trois secondes, un nouveau cas de démence, ce déclin graduel des capacités mentales, est diagnostiqué. Soit 47 millions de malades dans le monde, selon les chiffres du World Alzheimer Report de l’University College de Londres (Royaume- Uni) (2015).

La démence inclut ici 60 à 70% de maladies d’Alzheimer mais aussi des démences vasculaires, celles dites à corps de Lewy ou fronto-temporales. En raison du vieillissement de la population, ce nombre pourrait tripler en 2050 ! Cependant, surprise : depuis quelques années, un léger déclin de l’incidence – le nombre de nouveaux cas sur une période donnée a été observé aux États- Unis, au Royaume-Uni, en Suède, aux Pays-Bas et au Canada ! En France, cette baisse est retrouvée, en particulier chez les femmes.

Explication avancée :  » Les personnes âgées aujourd’hui de 65 ans auraient été moins exposées à certains facteurs de risque au cours de leur vie, explique le Pr Philippe Amouyel, président de la Fondation Plan Alzheimer. L’âge de début des premiers signes de la maladie serait plus tardif dans les générations du baby boom, après la Seconde Guerre mondiale. « 

 Un petit calcul suffit pour réaliser à quel point cette information est cruciale : la maladie survenant dans trois quarts des cas après 80 ans et mettant dix années à s’installer, beaucoup de personnes atteintes mourraient avant d’en présenter les premiers signes.

 » Si nous parvenions à repousser l’apparition des symptômes de cinq ans, nous diminuerions de moitié le nombre de cas dans la population « , estime le chercheur.

Une première victoire ! Pour enquêter sur une possible prévention, la revue The Lancet a formé avec 23 laboratoires internationaux une commission coordonnée par Gill Livingston, professeure au département de Psychiatrie de l’University College de Londres.

 » Nous avons réalisé une vaste méta-analyse des études existantes, explique-t-elle. Ce qui nous permet de proposer un nouveau modèle chiffré de facteurs de risque à l’échelle d’une vie. »

35 % des cas de démence seraient évitables

Selon ces calculs, « 35% des cas de démence pourraient être théoriquement évités ».

Car si personne ne peut modifier son patrimoine génétique, chacun peut en revanche mettre d’autres atouts dans sa manche, et ce dès l’école. Selon la méta-analyse lancée par The Lancet, une scolarité prolongée au-delà de l’âge de 12 ans diminuerait de 8% le risque de démence à l’âge adulte. Des études longues conféreraient une protection en favorisant la constitution et le maintien d’une réserve cognitive (somme des neurones et de leurs connexions) qui permet de résister aux pathologies neurodégénératives.

D’autres éléments sont à prendre en compte avec l’âge. À partir de 45 ans, il faut ainsi veiller à… la perte auditive.

« Ne plus bien entendre, c’est se désengager socialement, ce qui peut mener à la dépression, facteur de risque de la démence », affirme Gill Livingston.

Onze études ont révélé ainsi un lien entre perte auditive et risque de déclin mental à long terme ! Autre nécessité : une bonne santé cardio-vasculaire. Protéger ses vaisseaux en réduisant notamment l’excès de cholestérol et l’hypertension – par l’hygiène de vie ou des traitements -, c’est aussi préserver son cerveau. Cesser de fumer est salutaire, la cigarette ayant un impact cardio-vasculaire négatif connu. Le diabète (résistance à l’insuline) est à surveiller tout autant : les dérèglements de l’insuline dans le cerveau affecteraient en effet le « nettoyage » de la protéine amyloïde qui aurait tendance à s’accumuler, formant les plaques délétères. Sans oublier bien sûr la nécessité de faire de l’exercice. Une méta-analyse de 15 études a montré que l’activité physique faible à modérée réduisait d’un tiers le risque de troubles cognitifs. Les recommandations sont ainsi de 30 à 60 minutes d’activités quotidiennes (jardinage…) plus deux séances de 20 à 60 minutes d’exercices physiques hebdomadaires. L’effet de la prévention est en revanche moins clair concernant les bénéfices attendus de l’alimentation :

« Les personnes adoptant un régime méditerranéen (pauvre en viande et laitages, riche en fruits, légumes et poissons) ont moins de risque cardio-vasculaire, souligne la psychiatre. Mais les données d’observation sont insuffisantes pour calculer l’effet sur le risque global de démence. »

Prévenir la dépression : un enjeu majeur

Prévenir la dépression constitue en revanche un enjeu majeur. Selon une étude récente, des symptômes dépressifs dans les dix ans précédant le diagnostic de démence sont en effet significatifs (Singh-Manoux A, Jama, 2017).

« Cause de la pathologie ou simple symptôme précoce de son arrivée ? Difficile à dire », souligne Philippe Amouyel.

 Reste que la dépression altère l’axe cérébral du stress, les facteurs de croissance neuronaux et le volume de l’hippocampe (mémoire), une situation favorable au déclin cognitif. Le remède ? Les antidépresseurs feraient baisser l’incidence du déclin cognitif et réduiraient – du moins chez l’animal – la production de protéine amyloïde (Yi Sheline, Sci Transl Med 2014). En revanche, la prise de somnifères ou anxiolytiques de la classe des benzodiazépines est associée à un risque accru d’Alzheimer.

In fine, chacun peut-il adopter un mode de vie « antidémence » ? Les chercheurs fondaient beaucoup d’espoir sur trois études dites d’intervention – constituant à modifier activement les facteurs de risque dans un groupe d’individus – lancées dans le cadre de l’European Demantia Prevention Initiative (EDPI), créée en 2011. Las ! l’étude néerlandaise Prediva, dont le but était de réduire le risque vasculaire pendant six ans chez 3526 volontaires, n’a pas donné de résultat positif. Pas plus que l’essai français MAPT (Multidomain Alzheimer Preventive Trial), pour lequel plus de 1500 participants de 70 ans avaient entrepris un programme ciblé sur trois ans. Seule l’étude finlandaise Finger (Finnish Geriatric Intervention Study to Prevent Cognitive Impairment and Disability) s’est révélée positive. 631 sujets à haut risque de démence âgés de 60 à 77 ans ont adopté un mode vie supposé protecteur (nutrition, entraînement cognitif et sportif…).

BRUNO BOURGEOIS - SOURCE : ÉTUDE FINGER

Les performances d’un groupe bénéficiant d’un entraînement cognitif et physique ont dépassé celles d’un groupe témoin, qui a toutefois lui aussi progressé. © Bruno Bourgeois – Source : étude Finger

Après deux ans, le groupe traité a montré une meilleure cognition que le groupe témoin (voir schéma ci-dessus).

« Nous avons maintenant une bonne preuve que la combinaison de ces facteurs peut améliorer la cognition après 60 ans », note Miia Kivipelto, professeure à l’Institut Karolinska (Suède), coauteure de l’étude.

Convaincant ?

 « Pour avoir une preuve solide, il faudrait lancer une vaste recherche internationale sur des dizaines de milliers de personnes durant plusieurs années, tempère Philippe Amouyel. Mais financer un tel travail est une gageure, et les résultats définitifs ne seraient pas connus avant sept à dix ans. »

L’heure du pragmatisme a donc sonné :

« Nous devrions lancer sans attendre une campagne de prévention. Cela réduirait le nombre d’accidents vasculaires cérébraux et pourrait baisser l’incidence de la démence. »

Déjà, les National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine des États-Unis ont publié des recommandations fin juin 2017 comprenant exercices cognitifs et physiques et surveillance de l’hypertension. L’OMS prépare les siennes. En France, le Haut Conseil de la santé publique est en cours de consultation.

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