Le Saviez-Vous ► 30 millions d’agents : Les animaux sont-ils le futur de l’es­pion­nage ?


Vous vous souvenez en avril dernier du béluga qui semblait domestiqué avait approché des pêcheurs en Norvège ? On a cru que c’était un espion pour le compte des Russes. Est-ce vrai ? Personne ne peut l’affirmer. Quoiqu’il en soit, il existe bel et bien des organisations qui utilisent des animaux pour l’espionnage. Il y a à les animaux marins, les oiseaux et des animaux terrestres. Pour ma part, on devrait laisser les animaux s’occuper de leurs propres tâches au lieu de les mêler aux idioties humaines.
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30 millions d’agents : Les animaux sont-ils le futur de l’es­pion­nage ?


Espions redoutablement discrets, les animaux accèdent à des endroits hors de portée des humains. Et leur intelligence est de mieux en mieux comprise.


par Mathilda Caron

Le mystère du beluga

Dans le nord de la Norvège, aux confins de l’océan Arctique, les vagues viennent mourir contre le récif aussi vite qu’elles naissent. En explo­­sant sur les coques de quelques bateaux, l’eau glacée inonde leurs ponts. Ce 25 avril 2019, près de l’île d’Ingøya, un petit groupe de pêcheurs attend patiem­­ment que des pois­­sons se prennent dans ses filets lorsqu’il aperçoit un animal au loin. Sous le ciel gris, les trois frères Joar, Havard et Erlend Hesten sont inter­­­loqués devant son corps laiteux, qui contraste avec les flots verdâtres. Ils découvrent avec surprise qu’il s’agit d’un béluga. L’ani­­mal s’ap­­proche sans crainte, comme s’il avait besoin d’aide, puis suit le navire jusqu’à Hammer­­fest, sur le conti­nent.

Un détail les intrigue : le cétacé porte un harnais, sur lequel ils parviennent à lire une inscrip­­tion :

« Équi­­pe­­ment de Saint-Péters­­bourg». Les trois hommes prennent des photos, des vidéos et envoient le tout à la direc­­tion de la pêche norvé­­gienne. Le béluga est rapi­­de­­ment soupçonné d’ap­­par­­te­­nir à l’ar­­mée russe et d’être… un espion. « Il a incon­­tes­­ta­­ble­­ment été entraîné », déclare Martin Biuw, cher­­cheur à l’Ins­­ti­­tut de recherche marine norvé­­gien de Bergen.

Or la marine russe « est connue pour entraî­­ner les belu­­gas à conduire des opéra­­tions mili­­taires », ajoute le biolo­­giste de la direc­­tion des pêches norvé­­gienne Jorgen Ree Wiig. « Ils gardent les bases navales, aident les plon­­geurs ou retrouvent de l’équi­­pe­­ment perdu. »

Même si « personne ne peut affir­­mer qu’il s’agit d’un animal mili­­taire », dixit Martin Biuw, et que certains croient recon­­naître en lui un théra­­peute pour enfants, les soupçons demeurent.

Car le voisin russe a l’ha­­bi­­tude de former des animaux à des fins d’es­­pion­­nage. En annexant la Crimée il y a cinq ans, à la faveur d’un mouve­­ment de rébel­­lion en Ukraine, Moscou a récu­­péré la flotte de mammi­­fères marins sur-entraî­­nés qui se trou­­vait dans la base mili­­taire de Sébas­­to­­pol.

Crédits : Jorgen Ree Wiig

Cette armada animale formée sous l’Union sovié­­tique a vite été reprise en main.

« Les ingé­­nieurs de l’Ocea­­na­­rium créent de nouveaux instru­­ments en vue d’uti­­li­­ser plus effi­­ca­­ce­­ment les grands dauphins et les otaries. Nos spécia­­listes œuvrent pour conce­­voir des appa­­reils envoyant un signal de détec­­tion d’une cible sous-marine par le dauphin sur l’écran d’un ordi­­na­­teur », explique un employé du centre de forma­­tion de dauphins à l’agence de presse russe RIA Novosti.

Mais à en croire Kiev, la forma­­tion à échoué. « Les animaux ont refusé de coopé­­rer avec les dres­­seurs russes et de manger. Ils en sont morts », a rapporté le repré­­sen­­tant ukrai­­nien pour la Crimée, Boris Babin.

En 2016, le minis­­tère de la Défense russe a aussi acheté plusieurs dauphins au delphi­­nium de Moscou, sans préci­­ser ce qu’il enten­­dait en faire. Les Améri­­cains doivent avoir une petite idée sur la ques­­tion. Aux États-Unis, la DARPA (l’agence de recherche mili­­taire du Penta­­gone) songe à utili­­ser des pois­­sons et autres animaux marins afin de détec­­ter les sous-marins enne­­mis dans les eaux inter­­­na­­tio­­nales. En 2018, elle annonçait le lance­­ment du Persistent Aqua­­tic Living Sensors (PALS), un projet qui consiste à placer des capteurs sur des animaux marins afin qu’ils réagissent au passage de submer­­sibles dans leur envi­­ron­­ne­­ment. Russes et Améri­­cains s’épie­­raient ainsi en eaux profondes, comme du temps de la guerre froide.

Zoo d’es­­pions

Dans les années 1960, le Krem­­lin et la Maison-Blanche ont investi beau­­coup de temps et d’argent afin de déter­­mi­­ner comment les animaux pour­­raient deve­­nir des espions. Les experts du Zoo IQ de Hot Springs, dans l’Ar­­kan­­sas, avaient notam­­ment passé un contrat avec le gouver­­ne­­ment pour former des animaux spécia­­li­­sés dans le travail de défense et de rensei­­gne­­ment.

« Il n’y a jamais eu un animal que nous ne pouvions pas entraî­­ner », confie le direc­­teur prin­­ci­­pal du programme, Bob Bailey.

Bailey doit cette idée à Burrhus Frede­­ric Skin­­ner, un psycho­­logue influencé par les travaux du célèbre méde­­cin et physio­­lo­­giste russe Ivan Pavlov. Formé à l’uni­­ver­­sité de Saint-Péters­­bourg, Pavlov est célèbre pour avoir montré l’exis­­tence d’un « réflexe condi­­tionné » chez le chien.

Au milieu du XXe siècle, Skin­­ner popu­­la­­rise pour sa part le « condi­­tion­­ne­­ment opérant ». Cette forme de dres­­sage par la répé­­ti­­tion repose sur deux éléments : le renfor­­ce­­ment posi­­tif, par l’ajout d’un stimu­­lus agis­­sant sur l’or­­ga­­nisme, et le renfor­­ce­­ment néga­­tif, par le retrait d’un stimu­­lus. Le psycho­­logue entre­­prend d’in­­fluen­­cer le compor­­te­­ment d’un animal au cours d’une expé­­rience. Il enferme un rat affamé dans une boite où se trouve un levier. Si le rat actionne ce levier, un morceau de nour­­ri­­ture tombe auto­­ma­­tique­­ment. Ce levier devient ainsi la seule chose impor­­tante pour le rongeur. En répé­­tant une action, il prend l’ha­­bi­­tude de la faire.

Crédits : IQ Zoo

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Skin­­ner reçoit un finan­­ce­­ment de la Défense pour un programme de recherche impliquant des pigeons. Le projet n’abou­­tit fina­­le­­ment pas mais il donne une idée à deux de ses étudiants. L’un d’eux, Keller Breland, ouvre le Zoo IQ avec sa femme, en 1955 à Hot Springs. Les visi­­teurs payent pour les voir pratiquer ce condi­­tion­­ne­­ment opérant sur des ratons-laveurs. Dix ans plus tard, Bob Bailey rejoint le Zoo IQ, au moment où des agences gouver­­ne­­men­­tales commencent à s’y inté­­res­­ser.

« Ils sont venus vers nous pour résoudre des problèmes épineux », explique Bailey.

C’est ainsi que naît le Navy’s Marine Mammal Program.

Jusqu’aux années 1960, la plupart des animaux utili­­sés lors de conflits étaient terrestres ou aériens. Pendant la Première Guerre mondiale, les moutons servaient à démi­­ner les terrains, les chevaux à trans­­por­­ter les soldats, les chiens à livrer des messages et les pigeons prenaient des photos. Mais quand l’océan se peuple de sous-marins russes et sovié­­tiques, chacun trouve un moyen de voir sous l’eau sans être vu.

Cher­­cheuse en écolo­­gie marine à l’uni­­ver­­sité norvé­­gienne de Trømso, Marie-Anne Blan­­chet a passé 15 ans à entraî­­ner des mammi­­fères marins.

« Ils ont des capa­­ci­­tés de nage et de plon­­gée qui sont évidem­­ment extrêmes, et ils sont beau­­coup moins soupçon­­nables que des plon­­geurs humains », explique-t-elle.

La plupart du temps, ils sont envoyés pour faire du repé­­rage, mais ils peuvent aussi réali­­ser des missions plus méti­­cu­­leuses.

« Je sais que des dauphins ont déjà été utili­­sés pour placer des mines sous les bateaux enne­­mis », raconte Martin Biuw.

Cet exemple rappelle les chiens anti-chars envoyés par les Sovié­­tiques se faire sauter sous les blin­­dés alle­­mands, pendant la Seconde Guerre mondiale.

« Le proces­­sus d’en­­traî­­ne­­ment reste le même pour tous les animaux, c’est du condi­­tion­­ne­­ment opérant », pour­­suit Marie-Anne Blan­­chet.

Cela dit, certaines espèces s’avèrent plus effi­­caces que d’autres. Les dauphins souf­­fleurs et les phoques se sont montrés très perfor­­mants lors de plusieurs études, tandis que les bélu­­gas sont trop sensibles au froid et ne font pas preuve du même profes­­sion­­na­­lisme. On ne les a pas moins enrô­­lés pour effec­­tuer certaines tâches.

« Bien que les diffé­­rentes armées aient toujours été très à l’aise avec le fait d’uti­­li­­ser des animaux, les missions pour lesquelles ils sont entraî­­nés sont plus secrètes », pour­­suit Marie-Anne Blan­­chet. « En prin­­cipe, ce sont des missions de recon­­nais­­sance. »

Mais jusqu’où peuvent-ils aller ?

Matou acous­­tique

Pour les services de rensei­­gne­­ment, un animal a l’avan­­tage de ne pas être soupçon­­nable. La CIA a ainsi cher­­ché à s’ap­­puyer sur l’ap­­pa­­rence inof­­fen­­sive (quoique) des chats. Dans les années 1960, elle lance l’opé­­ra­­tion « Acous­­tic Kitty ». Le but est de créer un chat-espion en lui implan­­tant des micros et des trans­­met­­teurs radio afin qu’il écoute des conver­­sa­­tions à des endroits stra­­té­­giques. Pour sa première mission, le félin est lâché dans un parc près de l’am­­bas­­sade d’URSS, mais il est immé­­dia­­te­­ment renversé par un taxi. Des montagnes d’ef­­forts sont terras­­sés en une seconde. L’échec est patent. Après plusieurs tenta­­tives, les experts concluent qu’en­­traî­­ner des « chats espions » ne paye pas.

Jack H. Hethe­­ring­­ton croit davan­­tage en eux. Ce physi­­cien de l’uni­­ver­­sité du Michi­­gan juge son chat si doué qu’il signe un article scien­­ti­­fique de sa patte. Le nom F. D. C. Willard qui appa­­raît sous l’ar­­ticle e 1980 « L’hé­­lium 3 solide : un anti­­fer­­ro­­ma­­gné­­tique nucléaire » est ainsi celui de l’ani­­mal. Une étude parue dans la revue Beha­­viou­­ral Processes en 2016 montre d’ailleurs que les félins ont une mémoire épiso­­dique et qu’ils comprennent certaines lois de la physique.

Acous­­tic Kitty

Ces recherches ne permettent pour l’heure pas à la CIA, au FSB ou à la DGSI de les enrô­­ler. Fina­­le­­ment, les agences s’en remettent à de bonnes vieilles méthodes. En 2016, le Liban capture un vautour qui porte une bague d’iden­­ti­­fi­­ca­­tion israé­­lienne ainsi qu’un émet­­teur. Les auto­­ri­­tés liba­­naises sont persua­­dées qu’il s’agit d’une tactique d’es­­pion­­nage de la part d’Is­­raël, et ce ne serait pas la première fois. Quelques mois plus tôt, des membres du Hamas ont capturé un dauphin équipé de camé­­ras, au large de la bande de Gaza. Ils le suspectent immé­­dia­­te­­ment d’ap­­par­­te­­nir à l’État hébreux. À la même période, l’Inde accu­­sait le Pakis­­tan de lui envoyer des pigeons espions.

En théo­­rie, les candi­­dats au poste d’es­­pion sont nombreux : les pieuvres démontrent des capa­­ci­­tés d’in­­tru­­sion hors du commun et les primates étonnent par leurs apti­­tudes quasi-humaines. Leurs compor­­te­­ment sont d’au­­tant plus promet­­teurs que nous avons encore beau­­coup à en apprendre sur eux.

« Je ne pense pas qu’ils pour­­ront un jour commu­­niquer quoi que ce soit par eux-mêmes », nuance Martin Biuw. « Mais ils peuvent aider les services de rensei­­gne­­ment par le biais d’équi­­pe­­ments plus évolués, comme une caméra ou un micro plus sophis­­tiqués, augmen­­tés d’IA, par exemple. »

Couver­­ture : Animal AI Olym­­pics

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Découverte d’un premier fossile d’une myxine, vieux de 100 millions d’années


Un fossile d’une myxine qui aurait 100 millions d’années a été trouvé. Cet animal marin étrange à un système de défense qui a probablement permis sa fossilisation, il fait une sorte de slime avec de l’eau provoque un nuage de boue.
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Découverte d’un premier fossile d’une myxine, vieux de 100 millions d’années

 

par Brice Louvet, rédacteur scientifique

Des paléontologues de l’Université de Chicago ont découvert le premier fossile détaillé d’une myxine, ces charognards des mers qui ressemblent à des anguilles.

Les résultats de l’étude sont publiés dans les Actes de la National Academy of Sciences.

Les myxines modernes sont des animaux étranges. Elles n’ont pas d’yeux, de mâchoires ou de dents, mais utilisent une sorte de langue hérissée qui sert à racler la chair des poissons et baleines morts au fond de l’océan. Elles sont les charognards des fonds marins. Autre caractéristique : la myxine produit du “slime” pour se défendre. L’eau qui les entoure se transforme alors en un nuage de boue, obstruant les ouïes des prédateurs. C’est d’ailleurs cette capacité à produire de la boue qui permit à un spécimen ancien de se fossiliser, flanqué sur une plaque de calcaire vieille de 100 millions d’années retrouvée au Liban.

Un fossile inédit

Les myxines présentent en effet une série de glandes le long de leur corps, qui produisent de minuscules paquets de fibres de kératine (comme nos ongles) étroitement enroulées, et lubrifiées par du mucus. Lorsque ces paquets entrent en contact avec l’eau de mer, les fibres explosent et transforment les environs. Les chercheurs savent maintenant que le mucus de myxine est suffisamment robuste pour laisser des traces dans les archives fossiles. Des centaines de concentrations de kératine le long du corps du fossile – baptisé Tethymyxine tapirostrum – auraient été retrouvées, ce qui signifie que cet ancien spécimen devait probablement évoluer avec de redoutables prédateurs, tels que les plésiosaures et les ichtyosaures.

myxine

Tethymyxine tapirostrum, une ancienne myxine de 30 cm de long et vieille de 100 millions d’années, incrustée dans une dalle de calcaire du Liban. Crédits : Tetsuto Miyashita, Université de Chicago.

Réécrire l’histoire des vertébrés

Mais au-delà de la découverte, inédite, ce nouveau fossile nous permet aujourd’hui de nous fixer sur le moment où ces poissons sans mâchoires ont dérivé de l’arbre évolutif de la lignée qui donna naissance aux vertébrés à mâchoires modernes – poissons osseux et humains inclus. Les analyses semblent en effet montrer que la myxine est plus étroitement liée à la lamproie suceuse de sang qu’aux autres poissons. Cela signifie que la myxine et la lamproie ont évolué après s’être séparées du reste de la lignée des vertébrés, il y a environ 500 millions d’années.

« Il s’agit d’une réorganisation majeure de l’arbre généalogique de tous les poissons et de leurs descendants. Cela nous permet de fixer une date évolutive sur des traits uniques qui distinguent la myxine de tous les autres animaux, a déclaré Tetsuto Miyashita, de l’Université de Chicago. Nous avons maintenant cette corroboration importante selon laquelle ils forment un groupe à part. Bien qu’ils fassent toujours partie de la biodiversité des vertébrés, nous devons maintenant examiner de plus près les myxines et les lamproies et reconnaître leur primauté apparente comme un élément spécifique ».

Source

https://sciencepost.fr/

Le béton mange les côtes de la Méditerranée


L’argent, toujours l’argent au détriment de l’environnement. Pour plaire aux touristes, quoi de plus beau que de faire des hôtels sur le bord de la mer. Bétonnons encore et encore tant pis pour la Méditerranée pourvu que les touristes peuvent séjourner dans les hôtels.
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Le béton mange les côtes de la Méditerranée

 

Des édifices à Benidorm, commune d'Espagne caractérisée par... (JOSE JORDAN, archives AFP)

Des édifices à Benidorm, commune d’Espagne caractérisée par un urbanisme où domine le béton.

JOSE JORDAN, ARCHIVES AFP

 

ISABELLE WESSELINGH AVEC LES BUREAUX DE AJACCIO, BEYROUTH, MADRID
Agence France-Presse
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Hôtel géant illégalement construit dans un parc naturel espagnol, complexe touristique menaçant des salines historiques au Liban, constructions trop proches du rivage en France : l’urbanisation et l’explosion du tourisme en Méditerranée mettent en danger sites naturels et activités traditionnelles.

Avec ses 46 000 kilomètres de littoral répartis entre 21 pays, la Méditerranée concentre environ un tiers du tourisme mondial. Le nombre de visiteurs internationaux pourrait passer de 58 millions en 1970 à 500 millions en 2030, selon Plan Bleu, un organisme travaillant au sein du Programme de l’ONU pour l’environnement.

« Mais le modèle du tourisme actuel n’est pas vraiment durable et la forte croissance du secteur conduira à une aggravation des pressions environnementales », relève-t-il.

La population côtière ne cesse aussi de croître. Elle a plus que doublé entre 1970 et 2000 sur les rives sud et orientale, de 32 à 75 millions, selon Plan bleu.

Même si le renforcement des lois dans certains pays et la Convention de Barcelone ont amélioré la protection des côtes, des abus demeurent.

Espagne, 21 étages de bétonnage sauvage

Les 8000 kilomètres de côtes de la très touristique Espagne ont été soumis à de multiples pressions depuis le premier boom de la construction des années 1970 jusqu’à l’éclatement de la bulle immobilière en 2008.

Le littoral est déjà bétonné sur une profondeur de 500 mètres à l’intérieur des terres dans plusieurs provinces, notamment « à 81 % dans celle de Malaga (sud) », relevait en 2016 un organisme indépendant, l’Observatoire de la durabilité.

Bâti à Algarrobico, dans un parc naturel protégé d’Andalousie il y a 15 ans, un hôtel, monstre blanc de 21 étages, symbolise la construction anarchique et illégale au début du XXIe siècle.

Voué à la démolition -la Cour suprême ayant définitivement conclu à son illégalité-, « il reste debout parce que de multiples procès sont en cours pour savoir s’il faut indemniser le propriétaire et par manque d’action politique », indique à l’AFP Pilar Marcos, une responsable de Greenpeace Espagne.

Liban, littoral privatisé

Au Liban, quasi impossible d’aller à la mer sans payer.

« Il n’y a plus que 20 % de la côte actuellement en libre d’accès. Le reste a été privatisé » principalement pour des complexes touristiques, indique à l’AFP Jad Tabet, président de l’Ordre des ingénieurs et des architectes.

En 2012, un rapport du ministère des Transports montrait qu’environ cinq millions de mètres carrés du littoral sont construits illégalement.

« Il y a une démission totale de l’État face aux intérêts des privés bien introduits », regrette-t-il.

Un nouveau projet de complexe touristique dans la région d’Anfeh (nord) suscite la crainte des défenseurs de l’environnement et du patrimoine.

Il menace une des plus anciennes salines de Méditerranée située dans une zone riche archéologiquement et ayant « l’eau la plus propre du littoral libanais », selon la biologiste Sammyjoe Lycha.

Hafez Jreij, paludier depuis son enfance et opposant au projet, raconte à l’AFP que le promoteur lui a lancé :

« La production traditionnelle de sel est sans valeur. Laissez-nous cette zone côtière ».

France, protection, mais pressions

Depuis 1986, la France s’est dotée d’une « loi littoral » qui a permis, selon le ministre de l’Environnement, de « préserver de l’urbanisation » les quelque 15 000 kilomètres de côte « malgré la pression foncière ».

Mais récemment, des députés de la majorité ont voulu la remettre en cause. Face au tollé, ils ont reculé. Mais les abus n’ont pas disparu. Dans l’île de Corse, l’association de défense de l’environnement U Levante a obtenu après 20 ans de procédure une décision judiciaire de démolition pour une villa construite par un riche investisseur suisse soutenu par la mairie de Bonifacio, sur le site classé de Paraguan (sud).

Malgré une décision de justice d’expulsion, une paillote occupant illégalement le domaine public maritime à Calvi et réalisant un chiffre d’affaires annuel de 700 000 euros, est toujours là et devra payer une astreinte de 1000 euros par jour à compter du 15 juin en cas de maintien.

Le Conservatoire du littoral, un organisme public, a toutefois réussi à protéger 200 000 hectares en métropole, sur le littoral et autour des grands lacs. Il y encourage tourisme et activités durables. Un modèle envié par beaucoup en Espagne ou à Chypre.

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Le Saviez-Vous ► Les pires objets retrouvés dans un estomac


L’estomac n’est pas fait pour recevoir des objets insolites et pourtant des chirurgiens ont trouver chez des patients des clous, couteau, diamants …
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Les pires objets retrouvés dans un estomac

 

Un homme a avalé des pépites d'or pour éviter de s'acquitter de droits de douane.

Un homme a avalé des pépites d’or pour éviter de s’acquitter de droits de douane.

REUTERS

Par Lise Loumé

Les chirurgiens font parfois des découvertes surprenantes dans l’estomac de leurs patients. Tour d’horizon des pires objets qu’ils ont retrouvés.

Fin août 2016, des médecins indiens ont retiré pas moins de 40 couteaux de l’estomac d’un homme, raconte la chaîne d’informations CNN. Ce dernier avait passé deux mois à les avaler, sans savoir pourquoi.

« J’appréciais simplement le goût du métal et j’étais accro, comme les gens peuvent être accros à l’alcool ou à d’autres choses », a-t-il expliqué à la chaîne américaine.

L’opération, qui a duré cinq heures, s’est bien déroulée et l’homme pourra rentrer chez lui, une fois qu’il aura consulté un psychiatre, les médecins soupçonnant qu’il souffre d’une maladie mentale rare. Ce type d’ingestion – extrêmement dangereux – en rappelle d’autres, assez insolites…

1 – Des pépites d’or

FAITS. En avril 2014, l’on apprenait qu’un homme d’affaires indien de 63 ans avait ingéré 12 pépites d’or, selon une information de la BBC. Des chirurgiens ont découvert les pépites dans l’estomac de l’homme, admis à l’hôpital pour de graves maux de ventre. Ces douze pépites pesant chacune 33 grammes ont une valeur estimée à 11.500 euros.

« C’est la première fois que je récupère de l’or dans l’estomac d’un patient », a confié l’un des chirurgiens à la BBC.

POURQUOI ? L’homme a avalé les pépites d’or pour éviter de s’acquitter de droits de douane.

2 – Des diamants

FAITS. En septembre 2011, en Espagne, un homme avait dissimilé un diamant d’une valeur de 12.000 euros dans son estomac.

POURQUOI ? L’homme avait dérobé le diamant à un touriste britannique. Des agents de police l’ont arrêté pour un contrôle de routine alors qu’il se trouvait à bord d’une voiture, et l’ont vu dissimuler discrètement un objet dans la bouche puis l’avaler. Une radio a permis de confirmer les doutes des policiers.

Mieux, en novembre 2012, un libanais de 25 ans à l’aéroport international Tambo OR de Johannesburg, en Afrique du Sud, a été arrêté et soumis à un scanner qui révéla la présence de 220 pierres précieuses dans son estomac, d’une valeur de 2,3 millions de dollars.

3 – Un stylo

FAITS. En décembre 2011, une Anglaise de 76 ans a découvert qu’elle avait vécu 25 ans avec un stylo en plastique dans l’estomac. Souffrant de douleurs abdominales, elle s’est rendue compte de la présence de l’intrus après avoir passé un scanner. D’après son témoignage, il serait là depuis 25 ans.

POURQUOI ? Un jour, alors qu’elle se « grattait les amygdales avec le stylo », elle a chuté et a malencontreusement avalé l’objet, a t-elle raconté à la revue médicale britannique le « British Medical Journal« . Mais quand elle décide de raconter ce qui lui est arrivé à son mari et à son médecin, personne ne la croit. Résultat : la Britannique, à l’époque âgée d’une cinquantaine d’années, finit par oublier la présence de ce corps étranger dans son appareil digestif. Et surprise : une fois le stylo sorti du corps de la femme, les médecins ont constaté qu’il fonctionnait encore…

4 – Des sachets de drogue

FAITS. Un ressortissant de Guinée-Bissau a été arrêté à l’aéroport de Genève en juillet 2013 avec 56 paquets de drogue dans l’estomac. Âgé de 41 ans, cet homme avait éveillé les soupçons des douaniers à son arrivée à l’aéroport (en provenance de Lisbonne) et avait été transféré par la police dans un hôpital pour y subir une radiographie.

POURQUOI ? L’homme a déclaré qu’il transportait 56 sacs d’une drogue qu’il ne connaissait pas et qu’il devait recevoir la somme de 600 euros en échange. En août 2013, selon l’agence Reuters, un chirurgien russe avait été arrêté pour avoir volé un sachet de cinq grammes d’héroïne trouvé dans l’estomac d’un patient lors d’une opération.

5 – Des clous et des pièces de monnaie

FAITS. En novembre 2009, des chirurgiens d’un hôpital de Cajamarca, dans le nord du Pérou, ont retiré près d’un kilo de clous, pièces de monnaie et bouts de fer de l’estomac d’un homme de 34 ans, hospitalisé d’urgence pour un fort mal de ventre.

« J’ai opéré bien des choses, mais autant de choses dans un estomac, c’est vraiment insolite », a déclaré le Dr Delgado, après avoir opéré le patient pendant deux heures.

POURQUOI ? L’homme, hospitalisé avec des douleurs abdominales aiguës, souffrirait de troubles mentaux.

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Au Liban, l’enfouissement d’une «montagne d’ordures» en mer fait polémique


La gestion des déchets ne doit pas être évidente quand il n’y pas des moyens de recyclages, compostage .. L’idée d’aller jeter une montagne d’ordure dans la mer, n’est vraiment intelligent sachant que la mer à déjà son lot de déchets. Le pire, c’est que le gouvernement a laissé s’accumuler le problème de déchets sans rien y faire et maintenant, il y en trop pour améliorer le sort de l’environnement et des habitants
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Au Liban, l’enfouissement d’une «montagne d’ordures» en mer fait polémique

 

L'enfouissement d'une «montagne d'ordures» en mer près de Beyrouth en vertu... (Photo Hassan Ammar, archives Associated Press)

PHOTO HASSAN AMMAR, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

 

Agence France-Presse
Beyrouth

L’enfouissement d’une «montagne d’ordures» en mer près de Beyrouth en vertu d’un accord entre le gouvernement et une compagnie privée fait scandale au Liban, théâtre depuis deux ans d’une crise des déchets sans précédent.

Depuis une dizaine de jours, des collectifs de la société civile font circuler des images de plusieurs camions transportant des déchets et les déversant dans la mer, une opération toujours en cours.

D’après ces collectifs, ces déchets proviennent d’une «montagne d’ordures» à Borj Hammoud, banlieue nord de Beyrouth et sont enfouis en Méditerranée en vertu d’un accord entre le Conseil de développement et de la reconstruction (CDR, organe gouvernemental) et une compagnie privée.

«Ils sont en train de prendre de cette montagne des déchets qui sont là depuis 20 ans (…) et les jettent en mer», s’indigne Wadih al-Asmar, militant au sein de «Vous puez», le collectif qui a été à l’origine des manifestations contre la crise des ordures qui a éclaté en 2015.

Ce collectif, ainsi que celui de «la santé de nos enfants est une ligne rouge», ont dénoncé sur leur page Facebook un «massacre environnemental».

La polémique a enflé mardi avec des déclarations du ministre de l’Environnement qui a confirmé lors d’une tournée sur place que le «contrat entre l’entrepreneur et le CDR stipulait l’enfouissement de la montagne (de déchets) dans la mer».

Il a indiqué avoir envoyé des lettres au CDR en vue de «rectifier certaines choses» et qu’il allait s’enquérir du «meilleur moyen pour limiter» les dégâts.

Mais les militants de la société civile ont laissé éclater leur colère mardi sur les réseaux sociaux, qualifiant la situation de «honteuse».

«Des déchets sont jetés en pleine mer et le ministre de l’Environnement justifie cela (…) il leur donne le feu vert», s’indigne «Vous puez».

«Ils jettent ces ordures sans traitement. Ils tuent l’écosystème maritime», s’insurge encore M. Asmar.

Le Liban a connu à l’été 2015 une crise des déchets aiguë, avec des ordures s’accumulant dans les rues de Beyrouth et de ses environs depuis la fermeture de la principale décharge du pays.

Cette crise a donné lieu à des manifestations sans précédent de la société civile qui a exprimé son ras-le-bol de la classe politique, dans un pays souffrant depuis la fin de la guerre civile (1975-1990) d’institutions bancales et de corruption endémique.

En 2016, le gouvernement a décidé de rouvrir cette décharge et de créer deux autres dépotoirs, dont un à Borj Hammoud, à côté duquel se trouve «la montagne d’ordures» qui dégage des odeurs nauséabondes dans les banlieues nord de la capitale

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À Beyrouth, des robes de mariée pour dire «non» à une loi sur le viol


Cela me scandalise qu’une victime marie son agresseur pour que ce gars ne soit pas poursuivi. Une loi dans ce pays annule les poursuites de viol, agression, enlèvement en cas de mariage avec la victime. On peut donc penser que ces victimes en plus d’avoir eu l’affront d’être à la merci d’un homme, soit victime aussi d’un mariage forcé. Comment peut-elle avoir la tête haute, avoir confiance aux autres, avoir de l’estime pour sa propre personne avec de telle injustice ?
Nuage

 

À Beyrouth, des robes de mariée pour dire «non» à une loi sur le viol

L’objectif de cette campagne est l’annulation d’une loi qui permet à un violeur d’échapper à la prison s’il épouse sa victime.

Une trentaine de robes de mariée, confectionnées avec des dentelles et du papier, ont été accrochées samedi à des palmiers sur la corniche de Beyrouth, dans le cadre d’une campagne pour abolir une loi honnie sur le viol.

L’objectif est l’annulation de l’article 522 du code pénal, qui permet à un violeur d’échapper à la prison s’il épouse sa victime. L’article controversé concerne différents crimes, comme le viol, le viol de mineurs, les agressions, les rapts et les mariages forcés.

Il stipule que si «un mariage valide est contracté entre l’auteur d’un de ces crimes et la victime, les poursuites cessent et si un verdict a déjà été prononcé, son application est suspendue».

Une proposition de loi dans ce sens a été approuvée en février par une commission parlementaire et a été inscrite à l’ordre du jour de l’ouverture de la session parlementaire le 15 mai.

L'article 522 du code pénal ayant trait aux viols, agressions, rapts et mariages, permet à un violeur d'échapper à la prison s'il épouse sa victime.

Sur la célèbre avenue qui borde la mer, très fréquentée le weekend, des militants de la société civile avaient accroché à des cordes 31 robes blanches qui se balançaient au vent, suscitant la curiosité des passants.

«31 robes car il y a 31 jours dans un mois et chaque jour, une femme risque d’être violée et d’être forcée d’épouser son violeur», affirme Alia Awada, la responsable de la campagne de l’association Abaad pour la suppression de l’article 522.

L’artiste libanaise Mireille Honein, qui a créé cet événement à Paris et l’a fait venir dans son pays natal, explique

avoir «utilisé du papier pour souligner le côté éphémère du mariage et des lois». «Ce genre de loi vide la femme de son essence, de son identité», dit-elle.

Les passants, surpris, sont invités à signer une pétition demandant l’annulation de la loi.

Un homme originaire d’un village du Liban-Sud, Rafiq Ajouri, a été convaincu de signer le texte.

«Si j’étais violé (…) j’aimerais que des gens se tiennent à mes côtés», confie-t-il à l’AFP.

Quand la militante affirme à ce père de quatre garçons et trois filles que les femmes devraient bénéficier des mêmes libertés que les hommes, il se montre plus hésitant.

«Elles peuvent bénéficier de libertés mais avec des limites. Pourquoi? Et bien parce que ce sont des filles», lance-t-il.

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Une tortue soignée après avoir été battue pour des selfies


Pour des selfies, une tortue d’une espèce menacée a été blessée par des plagistes. A quoi pense les gens, tout cela pour partager dans les réseaux .
Nuage

 

Une tortue soignée après avoir été battue pour des selfies

 

Après avoir été maltraitée, cette tortue a été sauvée puis soignée par une association de protection des animaux. © Facebook / Animals Lebanon

Après avoir été maltraitée, cette tortue a été sauvée puis soignée par une association de protection des animaux. © Facebook / Animals Lebanon

Par Anne-Sophie Tassart

Après avoir été maltraitée, cette tortue a été sauvée puis soignée par une association de protection des animaux.

 

BÊTISE. Cette tortue de mer femelle a frôlé la mort. Mi-juin 2016, alors qu’elle nage au large d’une plage de Beyrouth (Liban), cette Caouanne (Caretta caretta) est sortie de l’eau de force par un groupe de plagistes qui s’amusent ensuite à monter sur sa carapace afin de prendre des photos.

La cruauté de la foule ne s’arrête pas là. Une fois les selfies pris, la tortue est frappée à l’aide de bâtons. Heureusement, l’animal est secouru à temps par l’association de protection des animaux Animals Lebanon. La pauvre bête se retrouve blessée à de nombreux endroits. Notamment à la tête où elle souffre de nombreuses fractures.

Selon l’association : « Les dommages sont visibles et évidents : les traces des coups et les traumatismes des os au sommet de sa tête, et puis de l’eau de mer a atteint les cavités de ses sinus ».

 Aujourd’hui l’animal se rétablit lentement grâce aux soins apportés par l’association et des vétérinaires. La Caouanne est une espèce considérée comme menacée depuis 1978.

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