Biomasse Des laitues chauffées aux résidus forestiers


Un projet positif pour une compagnie québécoise en vue de diminuer les gaz a effets de serre. Des couts élevés mais qui démontra a long terme une économie notable et rentable
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Biomasse Des laitues chauffées aux résidus forestiers

Biomasse - Des laitues chauffées aux résidus forestiers

Les Serres Lefort, sur la Rive-Sud de Montréal, utilisent maintenant des branches, des copeaux et des retailles de bois de construction pour chauffer leur immense complexe de 140 serres. Ici, les propriétaires, Marie-Josée Lebire, Sylvain Lefort et leur fille Julie.

© Agence QMI / Yves Charlebois

SAINTE-CLOTILDE-DE-CHATEAUGUAY | Les Serres Lefort, sur la Rive-Sud de Montréal, utilisent maintenant des branches, des copeaux et des retailles de bois de construction pour chauffer leur immense complexe de 140 serres.

Cette nouvelle façon de faire permet de ne plus consommer huit millions de litres de propane par année et, du même coup, de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 12 757 tonnes annuellement. Cette conversion a un prix, 7,7 millions $, dont 5 millions $ proviennent du Programme de réduction de la consommation de mazout lourd du gouvernement du Québec.

Le nouveau système de chauffage consiste à brûler dans deux immenses chaudières des résidus de bois provenant de scieries ou de récupération lors de la taille des arbres dans les villes, ainsi que des retailles de matériaux de construction, ce qu’on nomme de la biomasse. La chaleur ainsi produite permet de chauffer 1,5 million de litres d’eau, qui sont acheminés jusque dans les moindres recoins de l’ensemble du complexe par deux kilomètres de tuyaux.

Le propriétaire, Sylvain Lefort, mentionne que cette façon de chauffer lui fera économiser 50 % de ses coûts de chauffage et qu’il rentabilisera son investissement en trois ou quatre ans. Par contre, s’il n’y avait pas eu de subvention pour convertir sa façon de chauffer, il n’aurait pas opté pour cette aventure.

Lors de l’inauguration des installations, le ministre des Affaires municipales et des Régions, Laurent Lessard, a parlé d’un investissement pour le Québec en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.

«Ce genre de façon de faire permettra à une entreprise comme ici de percer des marchés internationaux avec des produits fabriqués avec un souci de développement durable», a expliqué M. Lessard, ajoutant que le jour où il y aura une Bourse du carbone, l’entreprise pourra vendre des crédits du carbone qu’elle n’émet plus.

Chauffage québécois

Les deux immenses chaudières de 100 tonnes chacune ont été fabriquées à Thetford Mines, par les Industries Fournier. L’entreprise s’est associée l’an dernier avec le Groupe Compte-R, de France, spécialisé dans la conception et la fabrication de systèmes de chauffage à la biomasse et qui a 1 700 installations à son actif. Le Groupe Compte-R est en ce moment à pied d’oeuvre pour terminer un système de chauffage pour les bâtiments des Jeux olympiques de Londres, en 2012.

Pour Harold Roy, directeur général des Industries Fournier, «c’est le premier système de chauffage d’installé, ce qui a fait travailler 80 personnes pendant six mois, mais les projets ne manquent pas».

Les Serres Lefort produisent plus de sept millions de laitues Boston par année, vendues dans les supermarchés. En plus, elles font pousser des plants de légumes à mettre en terre (brocolis, choux-fleurs, to-mates, céleris, etc.), que leur achètent 250 producteurs maraîchers.

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