Les six dégoûts essentiels aux humains


Le dégout que ce soit une mauvaise hygiène, de certains animaux, de lésion, d’insecte sert à diminuer les risques de maladies. Probablement une intuition en rapport à leur environnement et l’évolution des maladies
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Les six dégoûts essentiels aux humains

 

Deux pommes pourries.

Le dégoût est une réponse innée pour éviter, ou du moins diminuer, les risques d’infection et de transmission de maladies. Photo : iStock

Le dégoût est reconnu depuis longtemps comme une émotion dont l’évolution au cours des siècles a permis à nos ancêtres d’éviter les infections de toutes sortes. Des chercheurs britanniques montrent aujourd’hui qu’il se structure autour de six thèmes différents liés à l’évitement d’animaux ou de personnes, et à des habitudes.

Un texte d’Alain Labelle

C’est la première fois que des chercheurs utilisent la perspective de la maladie pour analyser la nature du dégoût, ce qui leur a permis d’établir six catégories qui le déclenchent :

  • De la nourriture pourrie;
  • Une mauvaise hygiène;
  • Des animaux et des insectes;
  • La sexualité;
  • Les difformités physiques;
  • Les lésions et blessures.

Le dégoût est ainsi une réponse du corps pour éviter, ou du moins diminuer, les risques d’infection et de transmission de maladies.

Les chercheurs de l’École d’hygiène et de médecine tropicale de Londres (LSHTM) affirment que l’établissement de ces catégories peut aider à mieux cibler les messages de santé publique, par exemple pour encourager le lavage des mains ou contrer la stigmatisation associée à certaines maladies.

Des rats fouillent dans des sacs de poubelle.

Les animaux et insectes inspirent le dégoût. Photo : iStock/Chanawat Phadwichit

Ce type de comportement d’évitement de la maladie est très répandu chez les animaux, ce qui nous porte à croire qu’il est très ancien du point de vue de l’évolution. Le professeur Val Curtis, LSHTM

Le professeur Val Curtis et son équipe ont interrogé plus de 2500 personnes sur Internet, énumérant 75 scénarios potentiellement dégoûtants auxquels elles pourraient devoir faire face, comme des personnes présentant des signes évidents d’infection, des lésions cutanées purulentes, ou encore des objets grouillant d’insectes.

Les participants devaient évaluer la force de leur réaction de dégoût pour chaque scénario sur une échelle allant de « pas de dégoût » à « dégoût extrême ».

Parmi tous les scénarios présentés, les plaies purulentes ont été jugées les plus dégoûtantes. Le manquement aux normes d’hygiène de base, comme le fait d’avoir une mauvaise odeur corporelle, a également été jugé particulièrement dégoûtant.

Une plaie ouverte avec du pus.

Les infections purulentes inspirent aussi le dégoût. Photo : iStock

Le dégoût d’hier à aujourd’hui

C’est en analysant les réponses des participants que les chercheurs ont été en mesure de déterminer les six catégories communes de dégoût. Elles se rapportent toutes à divers types de menaces de maladies infectieuses rencontrées chez nos ancêtres.

Par exemple, le fait de manger de la nourriture pourrie menait à des maladies comme le choléra. Un contact intime avec des personnes malpropres risquait de transmettre la lèpre, des pratiques sexuelles exposaient un individu à la syphilis et le contact avec des plaies ouvertes pouvait conduire à la peste ou à l’infection par la variole.

Éviter les parasites

Ces résultats confirment la « théorie de l’évitement parasitaire », selon laquelle la notion du dégoût a évolué chez les animaux, ce qui les encourage à adopter des comportements visant à réduire le risque d’infection.

Un comportement qui est reproduit par l’humain, le dégoût incitant celui-ci à agir de manière particulière, ce qui minimise chez lui le risque d’être exposé aux maladies.

Une meilleure compréhension du dégoût nous permet de mieux comprendre les mécanismes du comportement d’évitement des maladies et nous aidera à mettre au point de nouvelles méthodes pour garder notre environnement, les animaux et nous-mêmes en bonne santé. Le professeur Val Curtis, LSHTM

Différences entre hommes et femmes

Ces travaux montrent qu’il existe des différences entre les sexes dans leurs réactions aux différents scénarios dégoûtants qui leur ont été présentés. Par exemple, les femmes évaluent les scénarios plus intensément que les hommes.

Une réalité qui concorde avec le fait que les hommes sont connus pour se livrer à des comportements plus risqués que les femmes.

Les catégories les plus dégoûtantes pour les participantes étaient liées aux comportements sexuels à risque et aux animaux porteurs de maladies.

Avant cette étude, l’équipe avait prédit que les types de dégoût correspondraient directement aux catégories de menaces potentielles de maladies.

Cependant, ce travail a permis de constater que les types de dégoût étaient plus étroitement liés aux mesures que les gens doivent prendre pour éviter les maladies, par exemple en ne touchant pas les lésions cutanées ou en ne s’approchant pas des personnes ayant une mauvaise odeur corporelle.

Il est certain, d’après ces résultats, que les gens ont un sens intuitif de ce qu’ils doivent éviter dans leur environnement, et notre coévolution avec les maladies n’y serait pas étrangère.

Micheal de Barra, Université Brunel de Londres

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Biological Sciences.

https://ici.radio-canada.ca/

Peut-on blâmer l’écureuil pour la lèpre en Europe?


L’écureuil roux serait-il responsable de la lèpre en Europe médiévale ? Probablement, même sachant que ces petites bêtes évitent les êtres humains. À cette époque par contre, on faisait le commerce de cet animal pour la viande et sa fourrure qui aurait probablement été la cause de la contamination. Aujourd’hui, la lèpre est quand même une maladie très rare
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Peut-on blâmer l’écureuil pour la lèpre en Europe?

 

Gros plan sur un écureuil qui tient une noix dans sa gueule.

Un écureuil roux européen. Photo : Reuters/Russell Cheyne

La lèpre a inspiré la crainte pendant des millénaires. Aujourd’hui, l’examen du squelette d’une de ses victimes, morte il y a plus de 1000 ans, laisse croire que la bactérie qui cause cette maladie utilisait un allié inattendu pour parcourir l’Europe médiévale : l’écureuil roux.

Un texte de Renaud Manuguerra-Gagné

Il existe très peu d’espèces animales qui offrent des conditions favorables à la survie et à la propagation de la lèpre, mais on en connaît deux : l’écureuil roux, vivant en Europe, et le tatou, cet animal couvert de plaques, comme une armure, qui se roule en boule lorsqu’il est menacé.

Toutefois, avant de montrer du doigt ces animaux, rappelons que la lèpre n’est plus très courante en Occident. Cette maladie est causée par une bactérie nommée Mycobacterium leprae.

On l’attrape généralement en inhalant des gouttelettes de mucus infecté provenant d’autres malades. La bactérie peut alors séjourner des décennies dans le corps avant que n’apparaissent des symptômes.

Durant cette période, cet envahisseur ne peut survivre qu’à l’intérieur de nos cellules, ce qui lui permet d’éviter la détection par le système immunitaire; cependant, à la longue, cela entraîne aussi la dégradation des cellules.

Les malades perdent ainsi progressivement les sensations aux extrémités de leur corps et développent des lésions caractéristiques à la surface de leur peau.

Cette perte de sensibilité s’accompagne du risque de ne plus ressentir des blessures au quotidien, blessures pouvant alors s’infecter à la moindre occasion. Par la suite, les personnes atteintes peuvent en être défigurées ou même perdre des membres.

« Un lépreux agitant sa crécelle ». Image extraite du « Livre des propriétés des choses » de Barthélémy l'Anglais.

« Un lépreux agitant sa crécelle ». Image extraite du « Livre des propriétés des choses » de Barthélémy l’Anglais, paru au Moyen Âge.   Photo : Bibliothèque nationale de France

Selon l’Organisation mondiale de la santé, environ 200 000 personnes sont infectées par la lèpre chaque année dans le monde. De nos jours, la maladie est traitable par plusieurs médicaments, mais avant le 20e siècle, les personnes atteintes étaient exclues de la société.

Quel lien avec les écureuils?

Le lien entre ces rongeurs et la maladie humaine a été fait lorsque des chercheurs ont analysé les ossements d’une femme portant des traces de la lèpre et ayant vécu il y a plus de 1000 ans dans l’est de l’Angleterre. Son crâne présentait des dommages si importants que cela laissait supposer que la bactérie lui avait fait perdre son nez.

Les analyses, publiées dans le Journal of Medical Microbiology, ont aussi montré que cette souche bactérienne se trouvait également sur d’autres ossements encore plus anciens, suggérant que cette bactérie était présente en Angleterre des siècles avant la mort de cette femme.

Étonnamment, les chercheurs ont découvert que les fragments bactériens présents sur le crâne étaient de la même souche que les bactéries modernes qui s’attaquent aux écureuils roux.

Un commerce risqué?

La lèpre est une maladie très difficilement transmissible d’une personne à l’autre et il faut un contact prolongé pour la contracter, le type de rencontre qu’un écureuil vivant tente généralement d’éviter avec les humains.

Toutefois, à cette époque, la fourrure et la viande d’écureuil roux étaient très prisées dans cette partie de l’Europe. Les Vikings en faisaient même le commerce dans le nord du continent.

Les auteurs de l’article pensent qu’un contact de longue durée avec la fourrure infectée pourrait alors avoir transmis cette maladie aux populations du nord de l’Europe.

Même si plusieurs questions demeurent, de nos jours, il existe bien peu de risques de contracter cette maladie par l’entremise d’écureuils roux d’Europe, une espèce menacée.

Plus récemment, aux États-Unis, certains cas de lèpre seraient survenus à la suite d’un contact entre des humains et des tatous, mais cette transmission demeure exceptionnelle.

De plus, une vaste majorité de la population aurait déjà une bonne immunité contre la bactérie de la lèpre grâce à sa ressemblance avec une autre bactérie qui a fait encore plus de ravages : la tuberculose.

http://ici.radio-canada.ca/

La lèpre, une maladie faussement disparue


La lèpre, une maladie du Moyen-âge existe toujours dans le monde, elle vise surtout des pays souffrant de pauvreté. Elle est toujours vue comme une malédiction ou un mauvais sort avec les conséquences qui s’en suivent.
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La lèpre, une maladie faussement disparue

 

© photo news.

Lorsqu’elle est arrivée au Centre de dépistage à Pobè, dans l’est du Bénin, Folahan avait le visage couvert de nodules: un symptôme de la lèpre. On croit la maladie éliminée, et pourtant la jeune femme fait partie des 210.000 patients diagnostiqués chaque année dans le monde.

Cette cultivatrice, qui ne connaît pas son âge, a immédiatement été mise sous traitement. Si elle le prend bien pendant un an, et s’il n’y a pas de réactions, elle sera complètement guérie. Son enfant de 4 ans devra également être suivi car la maladie est particulièrement infectieuse.

Associée au Moyen-Age dans la conscience collective, la lèpre atteint la peau et les nerfs et crée des lésions irréversibles aux mains, aux pieds et aux yeux. Pour l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la lèpre n’est plus un problème de santé publique depuis 2000, avec, à l’échelle mondiale un taux de prévalence mondial inférieur à 1 cas pour 10.000 personnes.

Pourtant, au Bénin la maladie n’est pas éradiquée et on recense chaque année 150 à 200 nouveaux cas, dont 10% d’enfants. Un chiffre stable depuis 10 ans.

« C’est sûr que la lèpre touche moins de monde que le paludisme. Mais ici, 25% des cas dépistés ont déjà des incapacités graves et invalidantes », explique Dr. Roch Christian Johnson, président de l’Association Mondiale contre la Lèpre, de passage au Bénin dont il est originaire.

Le Centre de dépistage de Pobè a été construit en 2000 autour de l’ancienne léproserie, située en plein centre-ville, par la Fondation Raoul Follereau. Cet organisme caritatif privé français porte le nom de celui qui a créé en 1945 les Journées mondiales des Lépreux. Elles se tiendront cette année du 27 au 29 janvier, pour rappeler que la maladie n’est pas éradiquée.

‘Les patients arrivent trop tard’ 

Pobè se trouve dans une zone endémique frontalière avec le Nigeria, pays le plus peuplé du continent, qui enregistre à lui seul 4.000 cas de lèpre chaque année.

« Les patients arrivent toujours trop tard, quand ils ont des plaies avec gangrène », se désole le Dr. Thierry Gateau, directeur du centre de Pobè.

 Car dans cette zone rurale, les lépreux sont surtout des paysans. Comme Pascal Boton.

Cet homme explique avoir été diagnostiqué il y a une vingtaine d’années.

« Des infirmiers venaient me donner le médicament, et puis ils ne sont plus venus », raconte-t-il à l’AFP.

Sans suivi régulier, les séquelles se sont aggravées. Un de ses pieds s’est retourné sur lui-même. Il continue à travailler la terre, sa seule ressource, mais lorsqu’il se blesse, il ne ressent aucune sensation. Une infection, et c’est l’amputation. L’enjeu est de dépister la lèpre assez tôt. Des équipes mobiles vont dans les villages, réalisent des prélèvements qui seront ensuite analysés dans le laboratoire du centre.

Malédiction

« C’est sensible. Ici, la lèpre est associée à la malédiction, alors on prétend que l’on vient étudier des maladies de peau », témoigne le Dr. Annick Chauty, une Française qui a passé 15 ans au sein du centre.

Maisons rasées, champs saccagés, femmes répudiées, tout est fait pour chasser les malades, souvent handicapés par les séquelles de la lèpre.

Au Bénin, « on pense que c’est une maladie envoyée » par un mauvais sort, ajoute le Dr. Ambroise Adeye, chirurgien pour la Fondation et l’hôpital public de Pobè. « Les lépreux vont d’abord voir les guérisseurs, et ça s’aggrave. Ensuite, ils attendent d’avoir de l’argent pour consulter » un médecin.

Le traitement, composé de trois antibiotiques, est pourtant gratuit et prescrit dans les dispensaires du pays. Pour le faire savoir, le Programme national de lutte contre la lèpre du ministère de la Santé diffuse des messages sur les radios communautaires et fait de la prévention.

Oladélé, lui, est guéri depuis trois ans. Seule trace de la lèpre: des doigts légèrement recourbés en griffe. Aujourd’hui, ce jeune homme de 24 ans est barbier dans un salon de coiffure tout neuf à Pobè.

« Je ne voulais pas retourner aux champs. Le centre m’a proposé des formations, j’ai choisi la coiffure », dit-il.

Il manie sans problème le rasoir et les ciseaux, grâce aux séances de kinésithérapie. Les clients sont-il au courant?

« Certains savent, d’autres non. »

Son patron le soutient, sa famille aussi, elle a d’ailleurs payé son apprentissage.

Quand ce n’est pas le cas, la Fondation Raoul Follereau prend en charge la réinsertion.

« Il y a une meilleure acceptation (qu’auparavant) mais il faut accompagner les anciens lépreux », analyse le Dr Gateau.

Pour lui, il est possible d’éradiquer la lèpre, à une condition:

« Il faut que le pays se développe. La lèpre reste une maladie de la pauvreté ».

http://www.7sur7.be/

Des bactéries de la lèpre du Moyen Âge sur des écureuils


Des animaux seraient portés de la lèpre comme les écureuils roux. Il semble par contre que le transfert de la bactérie de l’animal à l’homme serait minime. Quoi qu’on peut guérir de la lèpre aujourd’hui, il y a quand même beaucoup de cas déclaré dans le monde
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Des bactéries de la lèpre du Moyen Âge sur des écureuils

 

Des bactéries de la lèpre du Moyen Âge sur des écureuils

Ce spécimen d’écureuil roux semble en bonne santé.Photo AFP

La lèpre affectant des écureuils roux au Royaume-Uni est provoquée par les mêmes souches de bactéries responsables de la forme humaine de la maladie au Moyen Âge, révèle une analyse génétique dont les résultats ont été publiés jeudi dans la revue américaine Science.

Une équipe internationale de chercheurs conduite par la professeur Anna Meredith de l’Université d’Edimbourg, a effectué des analyses ADN sur 110 écureuils en Angleterre, en Écosse et en Irlande.

Des cas humains de la lèpre sont quasiment inexistants au Royaume-Uni aujourd’hui mais cette infection continue à frapper dans les pays en développement.

Et selon ces scientifiques, l’étude suggère que les animaux pourraient être un réservoir pour les bactéries de la lèpre dans ces pays empêchant une éradication de l’infection.

Certains des rongeurs étudiés présentaient des symptômes cliniques de la lèpre tandis que d’autre n’avaient aucun signe de la maladie. Mais tous ces animaux étaient infectés par des bactéries responsables de l’infection appelées mycobacterium.

Ces microbiologistes ont été surpris de trouver des bactéries de la lèpre chez des écureuils roux de l’île de Brownsea, au large du sud de l’Angleterre, dont la souche est très similaire à celle découverte dans un squelette d’un lépreux enterré à Winchester il y a 730 ans. Winchester se trouve à seulement 70 km de l’île de Brownsea.

Cette souche était également très proche de celle de la lèpre qui est endémique chez les tatous dans le sud des États-Unis.

Cette découverte suggère que la lèpre a affecté les écureuils roux sur l’île de Brownsea pendant des siècles, mais les scientifiques jugent faibles les risques d’infection pour les humains.

Une analyse ADN révèle également que cette souche est similaire à celles trouvées dans des cas humains de lèpre au Mexique et dans les Caraïbes.

LE LÈPRE: UN ÉNORME IMPACT

La population d’écureuils roux estimée à 140 000 a très fortement diminué au Royaume-Uni en raison surtout de la perte de leur habitat et du virus animal de la variole transmis par les écureuils gris.

Les écureuils roux ont été ré-introduits en Irlande avec des animaux venus d’Angleterre au début du 19e siècle. L’étude laisse penser que les écureuils anglais devaient être porteurs de la lèpre.

Une des plus anciennes maladies, la lèpre a eu un énorme impact sur les sociétés humaines à travers l’Histoire.

Rampante dans l’Europe médiévale, elle avait très fortement diminué à la fin du Moyen Âge pour des raisons obscures.

L’infection, qui touche surtout la peau, le système nerveux périphérique, la partie supérieure du système respiratoire et les yeux, a totalement disparu en Europe il y a environ un siècle chez les humains.

Très largement contrôlée aujourd’hui grâce à des antibiotiques, plus de 200 000 nouveaux cas de la maladie sont diagnostiqués chaque année dans le monde.

http://fr.canoe.ca/

Comment la lèpre se répand en Floride


Une des maladies anciennes qu’on a entendu parler depuis notre tendre enfance est bien lèpre. Certains penseront qu’elle a complétement disparu, mais non, elle est toujours présente, mais peut se soigner efficacement.
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Comment la lèpre se répand en Floride

 

<a href="https://www.flickr.com/photos/chrisvandyck/4453036699/" target="_blank">Un tatou à Cancun, Mexique</a> | Chris van Dyck via Flickr CC <a href="https://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="_blank">License by</a>

Un tatou à Cancun, Mexique | Chris van Dyck via Flickr CC License by

Repéré par Leïla Marchand

Les malades auraient été en contact avec des tatous.

Vous avez prévu un voyage aux États-Unis cet été? Attention à la lèpre si vous passez par la Floride. Neuf cas de malades ont été rapportés depuis début 2015, soit deux fois plus que la moyenne constatée chaque année dans l’État.

À qui la faute? Aux tatous. Les victimes auraient toutes été exposées à ce petit mammifère, présent seulement en Amérique. Les tatous sont les seuls animaux connus capables de véhiculer la lèpre –certains scientifiques pensent qu’ils l’ont eux-mêmes contractés par contact avec l’homme il y a des centaines d’années– et sont très communs en Amérique.

Lésions et excroissances

 

Ils sont parfois abattus et mangés par les habitants. Mais certaines victimes ne les ont peut-être même pas touchés volontairement.

«S’ils essaient de sortir de leur cage, ils peuvent vous cracher dessus», précise Kyle Waltz, spécialisé dans la faune sauvage. 

La lèpre est une maladie bactérienne qui se transmet par les voies respiratoires. Elle s’attaque d’abord à la peau, puis aux nerfs, provoquant des lésions et des excroissances. Si elle n’est pas traitée à temps, elle peut provoquer des paralysies et des mutilations des membres.

Connue depuis l’Antiquité, elle est maintenant traitée efficacement grâce à une combinaison d’antibiotiques et a disparu de la plupart des pays occidentaux. Mais, difficile à dépister, elle reste un fléau dans beaucoup de régions où les niveaux de vie et d’hygiènes sont moins élevés. Deux-cent-mille personnes en sont atteintes chaque année dans le monde.

http://www.slate.fr/

INDE. "Eradiquée" en 2005, la lèpre touche encore 100.000 personnes chaque année


Une maladie qui dure depuis des millénaires qu’on n’entend presque pas parler, et on pourrait à tort que cette infection contagieuse serait chose du passé. Pourtant, il ressurgit à certains endroits dans le monde. On peut soigner la lèpre, mais encore faut-il qu’il soit diagnostiqué et soigné à temps
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INDE. « Eradiquée » en 2005, la lèpre touche encore 100.000 personnes chaque année

 

Un malade montre ses mains marquées par la lèpre, le 11 mars 2015 dans une "colonie de lépreux" à New Delhi. (c) Afp

Un malade montre ses mains marquées par la lèpre, le 11 mars 2015 dans une « colonie de lépreux » à New Delhi. (c) Afp

Déclarée éradiquée en 2005, cette maladie chronique infectieuse a connu en dix ans un retour en force inquiétant. À tel point que l’Inde compte pour plus de la moitié des 200.000 nouveaux cas recensés dans le monde chaque année.

Ganga Kalshetty avait deux ans quand l’Inde a déclaré la lèpre éradiquée en 2005. Aujourd’hui, elle vit pourtant  dans une « colonie de lépreux ». Car en 10 ans, l’Inde a connu une résurgence inquiétante de la lèpre. Jusqu’à compter pour plus de la moitié des 200.000 nouveaux cas enregistrés chaque année dans le monde. A 12 ans, Ganga Kalshetty a toujours grandi au milieu de lépreux. Nombre de ses proches sont touchés par la maladie et, il y a sept mois, ses pires craintes se sont concrétisées : les médecins la lui ont diagnostiquée à son tour.

Cette maladie chronique infectieuse provoque des lésions de peau et touche les liaisons nerveuses. Pourtant, si elle est diagnostiquée et traitée tôt, elle cesse d’être contagieuse et peut être soignée en 6 à 12 mois. Faute de traitement en revanche, la lèpre laisse des difformités sévères.

Le fait d’avoir déclaré en 2005 l’éradication de la lèpre a conduit à une absence de vigilance. »

C.M. Agrawal, responsable du programme de lutte du gouvernement indien contre ce fléau, s’inquiète du nombre d’enfants concernés aujourd’hui.

« Les déclarations de cas d’enfants suggèrent qu’il y a eu des transmissions récentes et actives », explique-t-il.

Selon lui, « le fait d’avoir déclaré en 2005 l’éradication de la lèpre a conduit à une absence de vigilance. D’autres maladies ont pris la priorité. »

En effet, depuis 10 ans, l’Inde a abandonné le porte-à-porte pour repérer les cas suspects, une décision qui a accentué le risque d’infections, estime Agrawal.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) autorise un Etat à déclarer que la lèpre n’est plus un risque de santé publique s’il y a moins d’un cas pour 10.000 personnes. Or l’Inde est depuis 2005 sous ce taux de prévalence au niveau national, mais pas dans certaines zones. En 2013-2014, près de 127.000 nouveaux cas ont été déclarés en Inde, dont environ 12.000 enfants, et New Delhi compte à elle seule 1.145 cas.

http://www.sciencesetavenir.fr/

La lèpre, une maladie dont on ne voit toujours pas la fin


C’est, je crois, la maladie la plus ancienne que tout le monde a entendu parler un jour ou l’autre. Ancienne non pas pour le genre de maladie, mais pour sa popularité grâce aux films, ou bien sûr, le côté biblique. Malgré tout la lèpre continue ses ravages parmi les pauvres et ou que l’hygiène laisse à désirer
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La lèpre, une maladie dont on ne voit toujours pas la fin

 

Selon l'OMS, l'Inde reste le pays le plus... (Photo Junior D. Kannah, AFP)

Selon l’OMS, l’Inde reste le pays le plus touché (près de 127 000 nouveaux cas en 2013), devant le Brésil (31 000 cas), l’Indonésie (près de 17 000 cas) et deux pays africains, l’Ethiopie et la République démocratique du Congo (entre 3500 et 4500 nouveaux cas).

PHOTO JUNIOR D. KANNAH, AFP

ELISABETH ZINGG
Agence France-Presse
PARIS

Avec plus de 200 000 nouveaux cas chaque année dans le monde, la lèpre reste un fléau bien vivace alors que ses terribles séquelles pourraient être évitées grâce à des dépistages et traitements précoces, selon les spécialistes.

«C’est désespérant, on n’arrive pas à en voir le bout» souligne le Pr Vincent Jarlier, un infectiologue français spécialiste de la lèpre, avant la 62e journée mondiale de cette maladie, ce week-end.

«C’est avant tout une maladie de la pauvreté», relève pour sa part le médecin béninois Roch Christian Johnson qui rappelle que la lèpre continue à frapper les pays où les systèmes de santé sont «faibles» et qu’elle touche un bon nombre d’adultes jeunes dont certains auront des «séquelles à vie».

Alors qu’un million de nouveaux cas étaient découverts chaque année il y encore 20 ans, leur nombre est pour la première fois tombée sous la barre des 300 000 en 2005. Il s’est depuis stabilisé entre 200 000 et 300 000 par an, atteignant 215 000 en 2013, dont 10% d’enfants, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Causée par une mycobactérie qui se transmet par les voies respiratoires, la lèpre est une maladie infectieuse stigmatisante connue depuis l’Antiquité, mais qui a disparu spontanément des pays occidentaux, parallèlement à l’augmentation du niveau de vie et du niveau d’hygiène.

Elle s’attaque d’abord à la peau puis aux nerfs et finit, si elle n’est pas traitée à temps, par provoquer des paralysies et mutilations des membres ainsi que des atteintes oculaires pouvant aller jusqu’à la cécité.

Son évolution extrêmement lente – l’incubation dure un à dix ans, parfois plus – en fait une maladie difficile à contrôler dans une vingtaine de  pays pauvres, en Asie du Sud, Afrique ou Amérique, où elle subsiste à l’état endémique.

Selon l’OMS, l’Inde reste le pays le plus touché (près de 127 000 nouveaux cas en 2013), devant le Brésil (31 000 cas), l’Indonésie (près de 17 000 cas) et deux pays africains, l’Ethiopie et la République démocratique du Congo (entre 3500 et 4500 nouveaux cas).

Des infirmités définitives 

Grâce aux chimiothérapies mises au point dans les années 80, avec des traitements combinant trois antibiotiques, proposés gratuitement par l’OMS aux pays pauvres depuis 1995, 15 à 16 millions de personnes ont été guéries au fil des années, dont 20 à 30% conservent des infirmités définitives.

En l’absence d’un vaccin efficace, le dépistage précoce reste à l’heure actuelle la seule arme pour limiter ces séquelles, relèvent les spécialistes.

«La lèpre peut être complètement guérie lorsqu’on intervient au niveau des taches cutanées, ce qui n’est plus le cas lorsque les nerfs sont atteints» précise le Dr Francis Chaise, chirurgien de la main et des nerfs périphériques qui réalise des interventions sur des mains «en griffe» paralysées par la lèpre pour leur redonner une mobilité.

Mais dépister des malades dans des zones déshéritées, souvent difficiles d’accès, alors même que la maladie a été éradiquée dans les villes, reste une gageure pour la plupart des pays concernés.

Au Burkina Faso par exemple, 33% des nouveaux malades sont découverts alors qu’ils présentent déjà des incapacités importantes.

Pour le Pr Jarlier, «il faudrait de surcroît revenir chaque année» pour repérer rapidement les malades «en cours d’incubation qui ne présente pas encore de signes visibles, mais qui peuvent déjà contaminer leur entourage».

Un autre grand défi reste le diagnostic bactériologique de la maladie, qui ne peut se faire qu’à travers des tests très difficiles à réaliser «lorsqu’on est au fin fond du Niger», ajoute le Pr Jarlier.

Pour soutenir la recherche, financer des dispensaires ou organiser la formation de chirurgiens pour traiter les séquelles orthopédiques de la maladie, les associations de lutte contre la lèpre mobiliseront des milliers de bénévoles de vendredi à dimanche pour collecter des dons.

http://www.lapresse.ca/

Lèpre: 200 000 cas par an malgré un traitement efficace et gratuit


La lèpre .. la plupart ont entendu de cette maladie dans la Bible, elle est donc connu depuis plus de deux milles ans .. Aujourd’hui, il semble que cette terrible maladie se guérit mais malheureusement, elle est toujours présente et ceux qui pensent que c’est juste dans les pays d’Afrique .. ils seront peut-être surpris de savoir que certains de nos voisins américains en sont atteint
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Lèpre: 200 000 cas par an malgré un traitement efficace et gratuit

 

Une personne atteinte de la lèpre est traitée... (PHOTO JUNIOR D. KANNAH, AFP)

Une personne atteinte de la lèpre est traitée à l’hôpital de la Rive de Kinshasa, en République démocratique du Congo, le 25 janvier.

PHOTO JUNIOR D. KANNAH, AFP

OLIVIER THIBAULT
Agence France-Presse
Paris

Grâce à un traitement efficace et gratuit, la lèpre, dont on célèbre ce week-end la 60e journée mondiale, n’est plus la maladie terrible qu’elle était pour les pays pauvres, mais touche toujours plus de 200 000 personnes par an.

Maladie contagieuse à évolution très lente, causée par une mycobactérie, la lèpre s’attaque aux nerfs et muscles, et finit par provoquer paralysie et infirmités définitives des membres et des yeux si elle n’est pas traitée à temps.

Spécialiste de la lèpre, le Britannique Stewart Cole reconnaît qu’il «y a eu d’énormes progrès dans le traitement et la maîtrise de l’épidémie. 16 millions de malades ont été traités par polychimiotherapie (PCT) et guéris.»

Ce traitement composé de trois antibiotiques, mis au point dans les années 80, est mis gratuitement à disposition dans les pays pauvres par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis 1995. Il permet de tuer le bacille et guérir un malade en six à douze mois.

De fait, après plusieurs campagnes de dépistage et traitement, «la lutte contre la lèpre s’est considérablement améliorée», note l’OMS dans un point sur la maladie réalisé en 2012.

Elle reconnaît néanmoins «que de nouveaux cas continuent de se produire dans pratiquement tous les pays d’endémie» avec des «poches» où la maladie est encore très présente.

«Depuis quatre ou cinq ans le nombre de nouveaux cas chaque année reste relativement stable avec plus de 200 000», souligne le Pr Cole qui dirige le Global Health Institute de l’École polytechnique de Lausanne.

D’après les chiffres de l’OMS, 219 075 nouveaux cas de lèpre ont été dépistés en 2011, contre 228 474 en 2010 (-4%)) et plus de 400 000 cas en 2004.

«L’OMS commence à se poser des questions. Ils nous ont dit pendant des années que si on continuait d’appliquer la PCT, l’incidence allait petit à petit atteindre zéro, mais ce n’est pas le cas et cela nous préoccupe», déclare le Pr Cole qui préside la Commission médicale et scientifique de la Fondation Follereau.

Projet de vaccin

Autre spécialiste de la lèpre, le médecin béninois Roch Christian Johnson souligne que la lèpre en Afrique demeure «endémique là où les systèmes de santé sont faibles avec des centres de santé éloignés de la population».

Dans les régions reculées, le dépistage précoce est difficile, souligne-t-il. Résultat: 12.000 personnes sont diagnostiquées chaque année en phase avancée et des séquelles irréversibles.

Dans un centre de soins pour lépreux à Davougon au Bénin, le père Christian Steunou témoigne:

«Quand j’ai commencé il y a 40 ans, la lèpre, c’était La maladie. Les gens ne nommaient jamais la lèpre, il disait La maladie.»

«Aujourd’hui ,c’est une maladie parmi d’autres. Ce n’est plus une maladie grave, mais une maladie méconnue qui hélas n’intéresse plus beaucoup de soignants et qui pourrait revenir si on n’y prend pas garde», indique-t-il dans un entretien par téléphone .

Il explique diagnostiquer encore de nombreux cas «multibacillaires», c’est à dire la forme la plus riche en bacilles et virulente.

«Nous découvrons trop de cas multibacillaires, c’est à dire très contagieux, ce qui veut dire que dans 10 ou 20 ans nous découvrirons de nouveaux lépreux qui auront été contaminés aujourd’hui».

La persistance de la maladie dans certaines poches malgré l’efficacité des traitements pourrait s’expliquer par l’existence de réservoirs du bacille ailleurs que chez l’homme, en particulier chez certains animaux, selon le Pr Cole.

Ses recherches ont permis de démontrer que certains tatous, un mammifère à carapace, étaient aux États-Unis porteur du bacille de la lèpre, ce qui pouvait expliquer certaines mystérieuses contaminations chez l’homme en Louisiane et au Texas.

Une équipe américaine de Seattle travaille actuellement à un projet de vaccin et va demander l’autorisation pour un tout premier essai (phase 1), explique le Pr Cole.

«L’idée de vacciner pourrait être très utile dans les coins reculés pour immuniser toute une population. Mais c’est un travail de longue haleine», déclare-t-il.

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