Ces fausses nouvelles « zombies » qui refusent de mourir


La désinformation a toujours existé. Avant, c’était du commérage de quartier, mais aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, certaines fausses nouvelles prennent de l’ampleur et dure des années. Même les sites fiables se font prendre quelques fois, mais ils corrigent par la suite, sauf que d’autres vont continuer a partager sans se soucier que ce soit vrai ou faux. Comme les commères d’autrefois.
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Ces fausses nouvelles « zombies » qui refusent de mourir

Un main de zombie tient un téléphone intelligent.

Certaines fausses nouvelles meurent de leur belle mort, mais d’autres semblent avoir une longévité infinie. Rien n’y fait : elles sont difficiles à contrer.

PHOTO : ISTOCK

Alexis De Lancer

Comment expliquer qu’elles résistent autant aux assauts des journalistes qui en démontrent la fausseté?

La mission première de l’équipe des Décrypteurs est de débusquer la désinformation. Mais on doit parfois s’avouer vaincus. Quoi qu’on fasse, certaines fausses nouvelles sont plus coriaces que d’autres. Immortelles?  Peut-être.

Les fausses nouvelles zombies sont bien installées dans le paysage médiatique et l’avènement des médias sociaux n’a fait qu’amplifier le phénomène. Des exemples? On a l’embarras du choix.

Parmi les classiques : les photomontages.

Ce photomontage circule sur Twitter depuis 2011.

Les passages d’ouragans sont un terreau fertile pour ce type d’images trompeuses. Que ce soit un requin nageant paisiblement dans une autoroute submergée ou un alligator égaré devant une maison, les partages de ces photomontages se comptent par milliers.

Ouragan après ouragan, malgré toutes les preuves présentées pour en démontrer la fausseté, rien n’y fait. Même la célèbre journaliste américaine Katie Couric s’est fait prendre au piège.

La journaliste Katie Couric a partagé ce photomontage après l’ouragan Harvey.

Mais certaines fausses nouvelles zombies peuvent être plus problématiques. Une des plus partagées au Canada laisse entendre que les réfugiés reçoivent davantage d’aide financière d’Ottawa que les personnes aînées.

Mon collègue Jeff Yates a décrypté cette fausse nouvelle à plusieurs reprises depuis 2015. La source de cette information fallacieuse est un article publié par le Toronto Star en 2004. Le quotidien a d’ailleurs reconnu avoir commis une erreur en publiant cet article, dont certains passages portaient à confusion.

Même le gouvernement fédéral a tenu à rectifier les faits (Nouvelle fenêtre) pour contrer la circulation de ce qui est devenu une légende urbaine. Pourtant, cette fausse nouvelle court toujours

Le secret de la longévité

Ce qui garde en vie ce type de désinformation est le fait qu’elle découle d’une forme de folklore moderne.

Selon les folkloristes consultés par Jeff Yates, les fausses nouvelles zombies servent entre autres à exprimer ou à canaliser les peurs qui subsistent au sein de la société.

Par le fait même, ces légendes urbaines permettent aussi de tout simplement exprimer une opinion… et c’est précisément ce qui permet la longévité déconcertante de cette catégorie de fausses nouvelles.

Ça devient extrêmement difficile de contrer ces histoires-là, parce que ce ne sont pas nécessairement les faits qui intéressent ces personnes-là, mais plutôt la morale de l’histoire. C’est ça la vérité pour eux.  Jeff Yates, journaliste, Décrypteurs

La fausse nouvelle la plus populaire du Québec

Une illustration montrant différents messages adressés à Dorval.

La Ville de Dorval a reçu des messages de partout dans le monde.

PHOTO : RADIO-CANADA

La palme de la fausse nouvelle zombie au Québec revient sans contredit à la rumeur voulant que le maire de Dorval a tenu tête aux parents d’élèves musulmans qui lui demandaient de retirer le porc des cantines scolaires.

Radio-Canada et d’autres médias ont déboulonné cette histoire qui circule depuis 2015.

Peine perdue, quatre ans après avoir formellement elle-même démenti la nouvelle, la Ville de Dorval continue de recevoir des courriels à ce sujet.

Le maire, c’est un « héros » à travers le monde, raconte le chargé des communications, Sébastien Gauthier. On reçoit des messages d’outre-mer, des États-Unis, de l’Ouest canadien.

Des gens nous disent : « Bravo au maire, il se tient debout ». Il n’y a pas une semaine qui passe sans que j’en voie passer. Sébastien Gauthier, chargé des communications, Ville de Dorval

Sébastien Gauthier était au coeur de la tempête quand cette fausse nouvelle s’est mise à circuler abondamment sur le web.

À l’époque, la Ville de Dorval n’avait qu’un site web et aucune présence sur Facebook et Twitter. Le simple communiqué publié sur leur page web n’a évidemment pas été suffisant pour contrer la vague.

On a peut-être été un peu naïfs dans le sens où on a cru que la nouvelle mourrait d’elle-même […] On a peut-être sous-estimé le pouvoir du web et des médias sociaux. On s’est dit : « comme toute nouvelle, ça va s’estomper ». Sébastien Gauthier, chargé des communications, Ville de Dorval

À elles seules, deux des versions de cette fausse nouvelle qui circulent sur Facebook ont cumulé près de 10 000 partages au cours des cinq derniers mois et plus de 300 000 partages depuis 2015.

Si la tendance se maintient, cette courbe de croissance ne s’estompera pas de sitôt… au grand dam de la Ville de Dorval.

https://ici.radio-canada.ca/

Le Voyageur du Temps Qui Venait du XIXe Siècle


Les légendes urbaines peuvent faire beaucoup de vagues, disparaître et revenir en force. Comme cette histoire d’un homme qui venait du XIXe siècle et celle de la pièce radiophonique de science-fiction d’Orson Welles.
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Le Voyageur du Temps Qui Venait du XIXe Siècle


Tu as déjà rêvé de voyager dans le temps ? Tu préférerais aller dans le futur ou dans le passé ? Rudolf Fentz, lui, n’a pas choisi son époque, il s’est juste retrouvé à Times Square, comme ça, ne reconnaissant plus rien du tout.

Que s’était-il passé ? C’était l’été 1951. Il était environ 23h15, quand des passants de Times Square ont remarqué un homme d’une vingtaine d’années qui était habillé à la mode de la fin du XIXe siècle. Il avait l’air complètement perdu, et n’avait visiblement aucune idée de comment il était arrivé sur cet impressionnant carrefour. D’où venait-il ? Personne ne l’a vu arriver, il est apparu de nulle part, comme par magie.

SOMMAIRE :

C’était l’été 1951. Il était environ 23h15, quand des passants de Times Square ont remarqué un homme d’une vingtaine d’années qui était habillé à la mode de la fin du XIXe siècle. 

Quand il s’est finalement mis à marcher, il a été renversé par une voiture qui l’a grièvement blessé, et il n’a pas survécu. 

Plus tard, ses vêtements ont été inspectés, et les choses suivantes ont été retrouvées dans ses poches, comme un jeton de cuivre à échanger contre des boissons, de très vieilles factures, 70 $ en billets anciens, des cartes de visite, et une lettre envoyée à cet homme à une adresse de Philadelphia, datée de juin 1876. 

L’affaire a été confiée au capitaine Hubert V. Rihm, du bureau des personnes disparues de la police de New York. 

Le policier a retrouvé la veuve de Rudolf Fentz Junior en Floride ; elle avait perdu son époux cinq ans auparavant. Elle a dit que son beau-père, Rudolf Fentz Senior, avait disparu en 1876 à l’âge de 29 ans. 

Cette histoire est ressortie à partir de 1972, quand elle a été mentionnée dans des livres et des articles comme une preuve de voyage dans le temps.

Cette légende s’inspirait d’une nouvelle écrite par Jack Finney en 1950, et publiée pour la première fois sous le titre I’m scared en 1951. 

Sa diffusion sur Internet dans les années 90 lui a donné une seconde vie. Elle fut de nouveau mentionnée comme un fait et une preuve irréfutable de l’existence des voyages dans le temps.

Un autre exemple de la naissance de légendes urbaines est la pièce radiophonique basée sur La Guerre des Mondes d’Orson Welles. 

Un des acteurs a annoncé le début de la fiction à la radio, mais après ça, il y a eu la météo, puis un concert, et soudain, la musique fut interrompue par un bulletin d’information selon lequel d’étranges éclairs avaient été observés sur Mars. 

Le concert avait repris, mais bientôt, il était de nouveau interrompu par un autre bulletin d’information. Un journaliste de CBS rapportait l’atterrissage d’une soucoupe volante à Grover’s Mill, dans le comté de Mercer.

Comme les journaux l’ont écrit plus tard, 6 millions de personnes ont écouté cette pièce en direct, et la plupart d’entre elles y ont vraiment cru. 

Beaucoup de gens avaient cessé d’écouter la radio pour faire leurs affaires et fuir vers l’Ouest, ou étaient barricadées dans les sous-sols de leurs maisons. 

Certaines personnes ont même affirmé qu’elles avaient vu les lumières clignotantes et senti l’odeur de gaz toxiques.

HORODATAGE :

Ce qu’il avait dans ses poches 0:25

Ce que la police a découvert 1:41

Était-ce bien vrai ? 3:15

Comment apparaissent les légendes urbaines (Histoire de l’invasion extraterrestre) 5:59

Musique par Epidemic Sound https://www.epidemicsound.com/

Voici la véritable histoire de la fausse nouvelle la plus populaire du Québec


Depuis 4 ans, circule une fausse nouvelle que le maire de Dorval au Québec d’avoir refusé de retirer le porc des cantines à demande aux musulmans, ce qui est FAUX. Ce qui est vrai est qu’on a fait cette demande non pas au Québec, mais en France et le maire de l’endroit n’a pas fait mention quelle religion avait fait cette demande, car certaines branches chrétiennes, les Juifs et les musulmans ne mangent pas de porc. Cette nouvelle a été plusieurs fois partagée dans d’autres pays en changeant les noms et l’endroit et accusant spécifiquement les musulmans. Les fausses nouvelles peuvent faire beaucoup de ravage dans les réseaux sociaux. Ce qui est d’autant plus grave, certaines personnes savent que l’histoire a été inventée ou copier en apportant des changements et ils la partagent quand même, soi-disant pour la morale, pour confirmer leurs opinions et renforcer leurs préjugés. Nous ne sommes pas à l’abri malheureusement, mais avec un peu de recherches, dénoncer les fausses nouvelles, cela permettrait, j’espère à diminuer l’impact des fausses nouvelles.
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Voici la véritable histoire de la fausse nouvelle la plus populaire du Québec


Lieux-dits 2.0Les fausses nouvelles, comme la chasse-galerie, sont en quelque sorte du folklore moderne.

Les fausses nouvelles, comme la chasse-galerie, sont en quelque sorte du folklore moderne. Photo: Radio-Canada / Philippe Tardif

Jeff Yates

Le maire de Dorval n’a pas tenu tête aux parents d’élèves musulmans qui lui demandaient de retirer le porc des cantines scolaires. Pourtant, des centaines de milliers de gens y croient encore. C’est une fausse nouvelle qui est passée au rang du folklore québécois, selon des chercheurs. Autopsie d’un monstre.

« Bonne initiative d’un Québécois… »

Ainsi débute la publication de quelque 350 mots qui cause depuis quelques années des maux de tête à Dorval. Celle-ci félicite le maire, puis présente des propos que son secrétaire aurait tenus aux parents musulmans qui lui avaient supposément demandé de bannir le porc :

« Les musulmans doivent comprendre qu’ils doivent s’adapter au Canada et au Québec, à leurs coutumes, à leurs traditions, leur style de vie, parce que c’est là où ils ont choisi d’immigrer », peut-on lire dans la publication.

Peu importe si cette histoire n’a jamais eu lieu et même si les maires québécois n’ont aucun contrôle sur les menus des écoles, elle circule et continue de circuler, bon an, mal an, depuis 2015. J’avais moi-même démenti cette fausse nouvelle à l’époque, tout comme plusieurs autres médias. Après enquête, nous avons appris d’où elle provenait et comment elle s’est mise à circuler.

L’histoire de cette fausse nouvelle débute le 9 janvier 2013 à Antibes Juan-les-Pins, une ville de près de 75 000 personnes près de Cannes, dans le sud de la France. Ce n’est pas le maire Jean Leonetti, mais son adjointe, Françoise Thomel, qui envoie une lettre aux parents des élèves inscrits au service de restauration scolaire en réaction aux demandes de certains parents de réduire, voire d’éliminer le porc des cantines. D’autres avaient, au contraire, demandé une augmentation des plats à base de porc.

Il s'agit d'une carte du Canada, ainsi que d'un texte attribué au maire de Dorval.Capture d’écran de la fausse nouvelle à propos du maire de Dorval. Cet exemplaire a été publié en septembre 2015 et a été partagé 124 000 fois. Photo : Capture d’écran – Facebook

Ces demandes sont refusées.

« Cette demande […] est fondée sur des convictions religieuses ou personnelles, ce qui est contraire au principe de la laïcité », explique Mme Thomel dans sa lettre(Nouvelle fenêtre).

Elle ne dévoile pas de quelle religion ou de quelle idéologie se réclament les demandeurs.

La lettre apparaît rapidement sur les réseaux sociaux en France, puis dans les médias locaux (Nouvelle fenêtre). Peu de temps après, des blogues d’extrême droite reprennent l’histoire. Un d’entre eux compose une lettre ouverte au maire d’Antibes (Nouvelle fenêtre), le remerciant d’avoir tenu tête aux « musulmans ».

Si vous avez lu la fausse nouvelle à propos du maire de Dorval, vous avez déjà lu cette lettre ouverte au maire d’Antibes. Elles sont identiques. L’auteur de la fausse nouvelle a tout simplement modifié le texte pour que les références françaises concernent plutôt Dorval, le Québec ou le Canada.

Deux versions de cette fausse nouvelle, une publiée en septembre 2015, l’autre, en décembre 2017, soit bien après que l’histoire a été démentie, ont été partagées 124 000 et 178 000 fois respectivement sur Facebook. Comme beaucoup d’internautes font simplement un copier-coller du texte sur leur propre compte Facebook, il existe d’autres copies. La portée de cette fausse nouvelle est donc encore plus importante et impossible à mesurer.

À titre d’exemple, l’article le plus populaire de tous les grands médias québécois au cours des 12 derniers mois sur les réseaux sociaux, selon l’outil d’analyse BuzzSumo, a été partagé un peu plus de 61 000 fois sur Facebook.

« Cette info a été déformée, amplifiée et exploitée par des camps différents aux intérêts opposés », affirme Olivier Darcq, directeur de la communication à la Ville d’Antibes Juan-les-Pins.

Il explique que la nouvelle a été récupérée autant pour dépeindre le maire comme un héros de la laïcité que pour avertir les musulmans de ne pas visiter la ville.

Ironiquement, l’histoire qui soulève les passions un peu partout dans le monde ne semble pas trop préoccuper les habitants de sa ville d’origine. Selon M. Darcq, cette nouvelle n’anime plus les discussions à Antibes depuis longtemps.

« J’ai le sentiment que ce débat n’est absolument plus d’actualité dans notre commune. Donc, s’il y a plus beaucoup de partages, il est clair que l’information, qui est devenue une fake news, a été orientée par ceux qui ont intérêt à créer des tensions sur ces thématiques, alors que des principes de bon sens ont permis dans notre ville d’apaiser toutes problématiques à ce sujet », juge-t-il.

C’est en 2015 que la fausse version de cette histoire, mettant en vedette le maire de Dorval, commence à circuler. L’équipe du maire Edgar Rouleau a rapidement réalisé que quelque chose clochait sur les réseaux sociaux quand de nombreux internautes et des journalistes lui ont signalé la fausse nouvelle.

À l’époque, la ville de 19 000 âmes voulait réagir, mais elle ne détenait aucun compte sur les réseaux sociaux. Aucune arme, donc, pour se défendre contre ce tsunami de « j’aime » et de partages qui propulsait un mensonge à l’endroit du maire. La Ville a donc publié un communiqué sur son site web pour dénoncer la fausse nouvelle.

 C’était « le seul moyen qu’on avait », se rappelle le chargé de communications de la Ville de Dorval Sébastien Gauthier

Rien n’y faisait.

« C’est sûr que le maire, au début, s’est demandé, “est-ce qu’on peut faire arrêter ça?” Avec nos recherches et selon des experts qu’on a consultés, on s’est dit qu’essayer de mettre fin à ça et au commérage sur les réseaux sociaux… bonne chance, c’est mission impossible. On a lâché prise », admet M. Gauthier.

Près de quatre ans plus tard, cette fausse nouvelle a fait le tour du monde, a été traduite en plusieurs langues et continue toujours de circuler au Canada, tout comme ailleurs.

La « morale » de l’histoire avant les faits

Le maire de Dorval n’a pas banni le porc des cantines scolaires, malgré ce qui circule sur Facebook depuis quatre ans.Le maire de Dorval n’a pas banni le porc des cantines scolaires, malgré ce qui circule sur Facebook depuis quatre ans. Photo : Radio-Canada / Philippe Tardif

Il est impossible de précisément mesurer la portée de cette fausse nouvelle, mais elle a assurément rejoint des centaines de milliers, voire des millions de Québécois. La popularité de cette fausse nouvelle n’est pas anecdotique; quelque chose pousse des Québécois à la partager.

Afin de comprendre pourquoi, nous avons contacté plus d’une centaine de Québécois qui l’ont publiée sur leur compte Facebook. La plupart n’ont pas répondu, mais quelques-uns se sont prêtés au jeu.

Leurs réponses sont presque unanimes : les faits étalés dans l’histoire sont peu ou pas importants, selon eux. Ce qui leur importe, ce sont les valeurs exprimées, la « morale » de l’histoire. Même s’ils reconnaissent aujourd’hui que les événements décrits dans la publication Facebook ne se sont jamais produits, pour eux, l’histoire du maire de Dorval qui refuse de bannir le porc des cantines scolaires n’en demeure pas moins valide.

« Peut-être que l’information est fausse, mais les idéaux, eux, sont ce que la plupart des Québécois pensent, explique Sylvain. Pour être honnête, je n’ai pas beaucoup fait attention à [savoir si c’était vrai]! C’était plus les idées sur le point de vue que j’ai retenu et, pour moi, c’est là que cela prenait tout son sens. »

« Je ne savais pas que cette nouvelle était fausse… dommage. Je trouvais que celle-ci valait la peine d’être partagée, écrit, quant à elle, Marie-Claude. Je suis déçue, je croyais qu’il y avait quelqu’un qui avait des couilles! Mais c’est vrai, je suis d’accord avec les valeurs exprimées dans cette nouvelle. »

J’ai demandé à Jacques s’il se sentait mal d’avoir partagé une histoire inventée.

« Non, car même si ce n’est qu’une invention, ce n’est pas tout le monde qui prend le temps de vérifier si c’est vrai ou non. Le plus important sur les réseaux sociaux, c’est le message véhiculé. »

Lynda, elle, savait très bien que l’histoire était fausse — elle a même inclus un avertissement à cet effet à la fin de sa publication, partagée plus de 400 fois.

« Une histoire comme celle-là n’est qu’un prétexte pour ouvrir la discussion sur la laïcité de l’État et de faire entendre à tous nos opinions sur le sujet, explique-t-elle. Quand j’ai su que cela était faux, ça n’avait plus une grande importance pour moi, car ce texte, même faux, représentait ce que je crois qui devrait être fait dans une circonstance comme celle présentée, ou une quelconque circonstance hypothétique de ce genre. »

Presque tous en ont profité pour m’expliquer, sans que je le leur demande, leur vision de l’immigration et de la laïcité. Je sentais qu’ils cherchaient à se faire entendre, à partager leur message : l’immigration c’est bien, mais seulement quand les nouveaux arrivants s’intègrent. Partager cette publication leur permet d’exprimer leurs craintes que les musulmans, eux, ne s’intègrent pas, que ces derniers demandent que la société québécoise s’adapte à eux. Le maire de Dorval fictif dans l’histoire est, pour les personnes que j’ai interrogées, un exemple à suivre, un idéal.

Nous sommes donc devant une histoire fausse, relayée dans le but de véhiculer des craintes et de proposer une vision héroïque de ce que nous devons faire pour les combattre. Tout comme dans une épopée ou dans un mythe légendaire.

Sylvain, lui, me l’a dit sans broncher

. « Aujourd’hui, je le vois plus comme les contes que l’on raconte aux enfants. Je veux dire, l’histoire est peut-être inventée, mais les valeurs et la morale n’en restent que plus vraies. »

Ça, la communauté de chercheurs qui s’intéresse au folklore le sait depuis un bon moment.

Une sorte de folklore moderne

Des légendes urbaines émergent chaque fois qu’il y a des changements majeurs. Dans les nouvelles technologies, par exemple : « les micro-ondes détruisent les vitamines dans les aliments! »Une légende urbaine dans les nouvelles technologies : « les micro-ondes détruisent les vitamines dans les aliments! » Photo : Radio-Canada / Philippe Tardif

« Lorsqu’on a créé lnternet, certains croyaient que ça serait la fin des légendes urbaines parce que les gens pourraient immédiatement effectuer des recherches et déterminer qu’elles étaient fausses, ce qui stopperait le phénomène. Malheureusement, c’est loin d’être le cas », lance en riant Ian Brodie, professeur associé en folklore à l’Université du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse.

Parce que, oui, il considère que les fausses nouvelles sont tout simplement des légendes urbaines, la manifestation moderne d’un phénomène qui existe depuis la nuit des temps.

C’est du folklore moderne.

« Les folkloristes parlent des légendes urbaines depuis beaucoup plus longtemps que nous parlons des fake news. Il y a beaucoup de points en commun entre ces phénomènes », renchérit Russel Frank, de l’Université de Pennsylvanie.

Ce dernier est bien placé pour parler : il détient un doctorat en folklore, mais enseigne le journalisme.

Certes, les réseaux sociaux ont changé la donne. Mais un bon nombre des fausses nouvelles que nous voyons aujourd’hui auraient jadis circulé dans ces conversations de salon, à l’arrêt d’autobus, autour de la table au souper. Elles le font depuis que les humains existent.

« C’est la même chose qui se traduit sur les réseaux sociaux. L’important, ce n’est pas tant la source ou la fiabilité de l’information, mais plutôt l’identité de la personne qui me la relaie, que je connais, avec qui j’entretiens une relation », illustre M. Brodie. C’est le royaume du « as-tu entendu que…? »

J’ai résumé aux chercheurs les conclusions de ma petite enquête auprès des gens qui ont partagé l’histoire du maire de Dorval. Rien de cela ne les a surpris. Le but des légendes urbaines n’est pas d’informer, mais de communiquer des craintes, d’avertir, pensent-ils.

Aussi peu fiables que ces histoires puissent être en ce qui concerne les faits, elles sont une mesure extrêmement fiable des anxiétés qui traversent une société. Russel Frank, professeur, Université du Cap-Breton

Selon M. Brodie, c’est pourquoi des légendes urbaines émergent lorsqu’il y a des changements sociaux majeurs : les nouvelles technologies (« les micro-ondes détruisent les vitamines dans les aliments! »), l’évolution des moeurs (« les homosexuels sont satanistes! »), les changements dans l’ordre social (« sans mères au foyer, les enfants deviendront dingues! »), et, oui, les vagues d’immigration.

M. Frank m’envoie un article publié par la chercheuse Florence E. Baer dans le journal universitaire American Folklore. L’auteure tente de déterminer la source de rumeurs qui circulent à l’endroit d’un groupe de réfugiés dans une petite ville en Californie.

Il s’en trouve plusieurs pour alimenter toutes sortes de rumeurs sur ces nouveaux arrivants : ils ont des pratiques alimentaires bizarres, ils ne réussiront jamais à s’intégrer. Un garçon affirme les avoir vus tuer et manger le chien d’une dame; même si l’enquête policière conclut que ces événements ne se sont pas produits, les esprits s’enflamment, l’histoire explose. Ou encore, de bouche à oreille, on se scandalise que l’ami de l’oncle d’untel a entendu du frère d’untel que ces réfugiés reçoivent plus d’argent du gouvernement que son père, qui est retraité.

Tout cela m’est extrêmement familier. Des histoires du genre, j’en ai vu des tonnes, relayées des dizaines de milliers de fois sur Facebook. J’ai même dû démentir deux fois l’idée que le gouvernement traite mieux les réfugiés que les aînés. C’est du déjà-vu.

Par contre, dans le cas de l’étude de Florence Baer, on ne parle pas de réfugiés syriens, mais de réfugiés vietnamiens. Parce que, voyez-vous, même si ces histoires ont l’air de provenir de statuts Facebook viraux, l’article de Mme Baer a été publié en 1982 (Nouvelle fenêtre). Ce sont les mêmes vieilles histoires qui ressurgissent. La désinformation au XXIe siècle n’a rien de très original.

Des histoires pour mettre en garde envers l’Autre

Au début des années 1900 aux États-Unis, illustre-t-il, on mettait en garde les jeunes femmes contre des établissements dangereux, qui représentaient la déchéance sexuelle. On parlait, bien sûr, des crèmeries.Au début des années 1900 aux États-Unis, illustre-t-il, on mettait en garde les jeunes femmes contre des établissements dangereux, qui représentaient la déchéance sexuelle. On parlait, bien sûr, des crèmeries. Photo : Radio-Canada / Philippe Tardif

Ian Brodie affirme que l’immigration alimente en bonne partie les légendes urbaines, et ce, depuis toujours. Au début des années 1900 aux États-Unis, illustre-t-il, on mettait en garde les jeunes femmes contre des établissements dangereux, qui représentaient la déchéance sexuelle. Fréquenter ces lieux en tant que femme, c’était s’exposer au risque d’être violée, voire kidnappée, puis envoyée à l’autre bout du monde comme esclave sexuelle.

On parlait, bien sûr, des crèmeries. Pourquoi? Parce que les premiers commerces à vendre de la crème glacée dans ce pays étaient gérés par ces étrangers mystérieux et que certains croyaient dangereux, les Italiens.

« Les crèmeries étaient des endroits terrifiants parce que cette nouvelle population immigrante vendait une nouvelle sorte de nourriture qu’on ne connaissait pas. Ça faisait peur!

On disait : “jeunes femmes, si vous voulez protéger votre vertu, parents, si vous voulez protéger vos filles, évitez les crèmeries! » », raconte-t-il en ricanant.

Si on veut remonter encore plus loin, les Romains disaient que les chrétiens kidnappaient les enfants et buvaient leur sang, ajoute-t-il.

« Les légendes urbaines qui traduisent une anxiété envers l’Autre forment une immense partie du folklore. Il y a cette peur de la différence, de vivre dans un monde qui est changé par l’Autre », avance M. Frank.

C’est pourquoi les mêmes histoires reviennent, encore et encore.

Que faire pour freiner la propagation de légendes du genre si les faits ne font que rebondir sur leur carapace?

« Tout ce qu’on peut faire, c’est prendre un peu de recul et dire “l’histoire que tu me racontes, elle n’a rien de nouveau. Elle existe depuis des siècles. Je suis certain que tu y croies et qu’elle confirme tes opinions, et je ne pourrai probablement pas changer tes préjugés, mais, écoute… c’est la même histoire” », laisse tomber M. Brodie.

Heureusement, ces rumeurs tendent à disparaître au fil du temps, ajoute-t-il. Peu de gens inventent aujourd’hui des fausses nouvelles à propos de l’immigration vietnamienne ou italienne, par exemple.

La fausse nouvelle du maire de Dorval s’inscrit dans une longue tradition. On exprime nos craintes à l’aide d’histoires plus souvent fausses que vraies, dont les sources sont nébuleuses. Il y a toujours un héros, qui tient tête contre vents et marées contre un ennemi insidieux. L’important, ce n’est pas si c’est arrivé pour vrai, si les faits rapportés sont exacts. L’histoire elle-même sert à communiquer un avertissement, un point de vue, une piste de solution.

C’est probablement pourquoi cette fausse nouvelle ne séduit pas uniquement les Québécois. Il existe d’autres versions dans plusieurs pays, dont la Belgique ou l’Australie, qui visent des maires locaux. Par contre, celle mettant en vedette le maire de Dorval semble de loin la plus populaire. D’ailleurs, seulement pendant la rédaction de cet article, un site web israélien l’a relayée. Ensuite, une autre version de la fausse nouvelle a rebondi dans sa terre d’origine, la France (Nouvelle fenêtre)cette fois-ci mettant en vedette un autre maire français.

Le maire de Dorval reçoit quelques appels ou courriels chaque mois pour le féliciter d’avoir tenu tête aux parents musulmans, souligne Sébastien Gauthier. La plupart des messages sont en anglais et proviennent du reste du Canada ou des États-Unis.

Le billet du maire expliquant que l’histoire est fausse trône souvent au sommet des sections les plus populaires sur le site web de la Ville. Selon M. Gauthier, c’était la deuxième section la plus consultée en 2018.

La Ville, du haut de sa page Facebook lancée en 2016 et qui comporte moins de 2000 abonnés, voit mal ce qu’elle pourrait faire, mis à part signaler quelques publications ici et là.

« Oui, ça nous dérange, mais la bibitte des réseaux sociaux est tellement énorme qu’on se dit, “comment peut-on se battre contre ça?” Surtout quand on voit que ça fait maintenant quatre ans que la “nouvelle” a été démentie… Qu’est-ce qu’on fait? », lance-t-il.

Aussi bien tenter de se battre contre la chasse-galerie.

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Le Saviez-Vous ► Non, la tête de Walt Disney n’a pas été cryogénisée


Quand j’étais petite, bien avant Internet, on racontait que c’était tout le corps de Walt Disney qui avait été congelé et qu’il serait dégelé quand la science aurait trouvé un remède contre le cancer. Je trouvais cela bien étrange. Cette légende urbaine est toujours d’actualité et qu’il parait qu’avec la Reine des neiges, la prétendue cryogénisation de Walt Disney à refaite surface. Et comme on le sait, Internet est un endroit idéal pour continuer a propager des rumeurs.
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Non, la tête de Walt Disney n’a pas été cryogénisée

 

Walt and the seagull | Rian Castillo via Flickr CC License by

Repéré par Lucile Bellan

Repéré sur BBC

Mais l’histoire reste cependant fascinante.

 

Internet regorge de légendes urbaines qui persistent avec les décennies. Si certaines sont franchement terrifiantes, comme c’est le cas du récent Momo challenge, l’histoire de la cryogénisation de Walt Disney est en réalité plutôt sympathique. Selon la légende, le célèbre fondateur de l’empire aux grandes oreilles aurait été cryogénisé à son décès en décembre 1966… ou en tout cas sa tête, la seule partie de son corps qui aurait été conservée. Et c’est sous l’attraction Pirates des Caraïbes au parc Disneyland d’Anaheim en Californie que cette drôle de relique se trouverait aujourd’hui.

Parce que le personnage de Walt Disney lui-même est source de fantasmes et de théories plus ou moins fumeuses, l’auteur Marc Eliot a compilé cette légende et bien d’autres dans son livre Walt Disney, la face cachée du prince d’Hollywood, publié en 1993.

«Walt a raté sa chance»

Bob Nelson, fondateur de la California Cryogenics Society en 1966, a révélé au Los Angeles Times les coulisses de cette rumeur:

«Nombreux sont ceux qui pensent qu’il l’était, et que le corps est stocké au froid dans son sous-sol. La vérité, c’est que Walt a raté sa chance. Il ne l’a jamais spécifié par écrit, et lorsqu’il est mort la famille a refusé, préférant la crémation. J’ai moi-même vu ses cendres. Elles sont à Forest Lawn. Deux semaines plus tard, nous congelions le premier homme. Si Disney avait été le premier, cela aurait fait les gros titres du monde entier et aurait donné un sérieux coup de pouce à la cryonie. Mais c’est ainsi.»

Même si l’idée du milliardaire conservé dans la glace pour être décongelé dans le futur est plaisante, il est donc peu probable que Walt Disney ait fait cryogéniser son corps ou sa tête. Des documents officiels confirment que l’homme d’affaires a subi une crémation après sa mort. Et sa propre fille Diane a effectué la délcaration suivante en 1972:

«Il n’y a absolument aucune forme de vérité derrière la rumeur qui veut que mon père, Walt Disney, ait été congelé. Je doute même que mon père avait seulement entendu parler de cryogénisation».

Cette rumeur persistante continue toutefois de faire son chemin. Et la sortie du film La reine des neiges a bien réveillé l’histoire. Une nouvelle rumeur, évoquée par la très sérieuse BBC, voudrait que La Reine des neiges, dont le titre anglais Frozen signifie congelé, se nomme ainsi pour que les occurrences de recherches sur internet du film «effacent» en quelque sorte les sources qui évoquent la rumeur initiale de cryogénisation de Walt Disney. Mais Internet n’oublie rien et malgré le succès de La Reine des Neiges, dont une suite est prévue pour le 22 novembre prochain, il se trouvera toujours une personne pour se demander si Walt Disney, tout ou en partie, a été congelé ou pas.

http://www.slate.fr/

Les fausses nouvelles circulent plus vite que les vraies infos, selon une étude


C’est le comble une vraie nouvelle, prend 6 fois plus de temps pour atteindre environs 1 500 personnes qu’une fausse nouvelle, juste sur Twitter. Et il semble que ce ne soit pas des bots ou logiciels qui sont les premiers coupables, mais bien les internautes. Je trouve cela frustrant. Les domaines les plus touchés sont la politique (on l’a vue avec les élections présidentielles aux États-Unis) terrorisme, catastrophe naturelle, légende urbaine (cela a toujours été bien avant internet) et les finances
Nuage

 

Les fausses nouvelles circulent plus vite que les vraies infos, selon une étude

 

Illustration d'une main qui brise une planche de bois, comme dans les arts martiaux. Sur la planche, on peut lire «#FakeNews» et «Fausses nouvelles».

Une main qui brise une planche de bois. Photo : iStock/Radio-Canada

Les fausses informations ou fake news circulent plus rapidement sur Internet que les vraies informations, mais davantage du fait des internautes eux-mêmes que des bots (robots), selon une étude publiée jeudi par la revue Science.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Elle porte sur la période allant de 2006 à 2017 et sur quelque 126 000 informations, vraies et fausses, diffusées sur Twitter par 3 millions de personnes plus de 4,5 millions de fois.

Pour effectuer efficacement la distinction entre vraies et fausses informations, l’équipe s’est appuyée sur le travail de six organisations indépendantes de vérification des faits.

Les fausses informations sont, en moyenne, diffusées plus rapidement et plus largement que les vraies, selon les chercheurs au Massachusetts Institute of Technology (MIT).

En moyenne, les vraies informations prennent six fois plus de temps que les fausses pour atteindre 1500 personnes, d’après leurs analyses.

L’écart est encore plus marqué pour les messages sur la politique que pour ceux relatifs au terrorisme, aux catastrophes naturelles, aux sciences, aux légendes urbaines ou aux nouvelles financières.

Les universitaires ont également mis en évidence que cette différence provenait non pas de programmes, mais d’internautes.

Ainsi, alors que beaucoup s’inquiètent de la diffusion de fausses nouvelles par des bots, logiciels réalisant seuls des opérations sur Internet, l’étude révèle que leur propagation est davantage due à une action humaine.

http://ici.radio-canada.ca

Le Saviez-Vous ► Ce que cache vraiment la zone 51 (non, ce ne sont pas des extraterrestres)


La zone 51 a fait des fortunes avec la science-fiction qui a exploité des légendes urbaines que le gouvernement américain cachait des extraterrestres. Des témoignages ont bien été révélés qu’il y avait des choses bizarres qui apparaissaient dans le ciel sous cette zone militaire. Des OVNI ? Oui, mais pas extraterrestres, mais des technologies bien terrestres
Nuage

 

Ce que cache vraiment la zone 51 (non, ce ne sont pas des extraterrestres)

 

Area 51 | X51 via Wikimédia CC License by

Area 51 | X51 via Wikimédia CC License by

Repéré par Vincent Manilève

La vérité est ailleurs, mais elle encore plus intéressante.

Zone 51. Pas besoin d’en dire plus pour penser immédiatement aux mystères et aux mythes qui entourent depuis des dizaines d’années cette aire située au Nevada, alimentés par de nombreux films et séries comme X-Files, Roswell, Independance Day ou les inévitables Simpsons. Les meilleures théories conspirationnistes entourent cette zone, la plus populaire d’entre elles étant que des contacts secrets y sont établis avec des extraterrestres.

Aujourd’hui, Popular Mechanics l’affirme, si c’était encore nécessaire: la Zone 51 ne cache pas de petits bonhommes verts. Cette légende urbaine est née dans les années 1950 en pleine guerre, lorsque l’armée américaine instaure une base secrète dans le Nevada et commence à tester le Lockheed U-2, un avion de reconnaissance au design encore inconnu pour le grand public. Les pilotes de ligne de l’aviation civile voyaient dans la région des objets volants difficilement identifiables à l’époque, ce qui a alimenté très rapidement le mystère sur la zone 51.

Le signal d’appel Janet

 

Dans les années qui suivent, d’autres avions ultra-modernes sont testés. Mais la rumeur autour des extraterrestres n’émerge qu’en 1989 quand un employé de la base affirme dans un journal local avoir vu des êtres venus d’ailleurs et avoir aidé à analyser leurs vaisseaux, ce qui a provoqué l’agacement de certains collègues.

«Certains étaient en colère car ils travaillaient sur ces choses et construisaient des avions magnifiques, raconte Peter Merlin, historien spécialisé. C’est de la technologie terrestre. Il y a des gens qui affirment que cela venait d’ailleurs alors que ce sont des trucs bien de chez nous.»

Aujourd’hui, il suffit de regarder régulièrement Google Earth pour voir que des bâtiments sont construits régulièrement. Et quand certains visiteurs du coin affirment que les lumières que l’on peut voir émerger de la zone à certains moments sont produits par des Ovni, Popular Mechanics a une réponse bien plus terre-à-terre.

«En fait, c’est la compagnie aérienne à moitié secrète qui utilise le signal d’appel “Janet” lorsqu’elle transporte les employés depuis l’aéroport McCarran de Las Vegas vers la base.»

 Sur place, l’armée teste des armes technologiques avancées ou encore des véhicules aériens sans pilote.

Bien sûr, même si la vérité semble évidente, Merlin précise que, «dès qu’il y a quelque chose de secret ou d’interdit, c’est la nature humaine, vous voulez découvrir ce que c’est.»

Et puis, le propre des théories complotistes et de nier la vérité et de défendre sa propre vision des choses coûte que coûte. Les légendes et les mythes de la Zone 51, et tout le commerce touristique qui va avec, ont donc de beaux jours devant eux. 

http://www.slate.fr/

15 jours de noirceur en novembre ?


Attention, un canular risque de refaire surface en novembre, ne pas le partager, ni cliquer dessus s’il apparaît dans vos réseaux sociaux. 15 jours de grandes noirceurs à cause des phénomènes abracadabrantes entre le Soleil et Vénus qui serait faussement approuvés par la NASA.
Nuage

 

15 jours de noirceur en novembre ?

 

Sabrina Giacomini
Rédactrice – MétéoMédia

Le mythe revient année après année, bien qu’il s’agisse en fait d’un canular. Selon une légende urbaine, nous vivrons quinze jours de noirceur complète en novembre en raison d’un évènement de nature astrale.

Du 15 au 29 novembre 2016, la Terre sera plongée dans une noirceur apocalyptique en raison d’un parallélisme de Vénus et de Jupiter qui créerait une explosion d’hydrogène sur la géante gazeuse, réchauffée par la lumière de Vénus. La prévision proviendrait même de la NASA, la Mecque de tout ce qui a trait à l’espace. Le mythe ajoute que l’hydrogène libéré par l’explosion serait propulsé vers la surface du Soleil, provoquant ainsi une seconde explosion qui entraînerait une réaction en chaîne au cœur de l’étoile qui diminuerait momentanément sa brillance, lui donnant ainsi une teinte de bleutée, ce qui plongerait ainsi la Terre dans la noirceur.

Le scénario plaît aux amateurs de catastrophes et semble plutôt tiré d’un film d’Hollywood que de la réalité. Si certains médias ressassent cette nouvelle, il faut cependant rappeler qu’il s’agit bel et bien d’un canular. Selon Scott Sutherland, météorologue à The Weather Network, aucun des éléments de cette histoire n’est même plausible.

Vue de Jupiter, toute trace de reflet de la lumière sur Vénus serait complètement éclipsée par la brillance même du Soleil qui est 600 millions de fois plus brillante que la petite planète. Les risques que Vénus ait un effet sur la température des gaz à la surface de Jupiter sont donc virtuellement impossibles.

De plus, si la brillance du Soleil devait perdre de l’intensité, il ne prendrait certainement pas une teinte bleutée, explique Scott Sutherland. Finalement, une explosion de gaz sur Jupiter ne se rendrait pas au Soleil.

Le mythe circule depuis quelques années déjà et la NASA l’a même déjà démenti en 2012. Il refait pourtant surface chaque année avec juste ce qu’il faut de drame pour donner envie aux internautes de cliquer et de partager.

Source: The Weather Network

https://www.meteomedia.com