Une substance anti-cancer dans le lait maternel ?


Il n’y a pas juste les bébés qui sont intéressés au lait maternel, les cancérologues aussi. Une protéine connue depuis longtemps dans le lait maternel aurait la possibilité d’éliminer des cellules cancéreuses. Encore beaucoup de recherche doit être faite pour de nouveaux traitements
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Une substance anti-cancer dans le lait maternel ?

 

Une substance anti-cancer dans le lait maternel ?

Nommée « Hamlet », cette protéine présente dans le lait maternel est connue depuis plus de 20 ans dans le monde scientifique.

© CORTESÍA / NOTIMEX / AFP

LA CHRONIQUE DU PR KHAYAT. Des chercheurs suédois ont découvert par hasard qu’une protéine présente dans le lait maternel est capable d’éliminer des cellules cancéreuses.

Les dernières actualités de la recherche contre le cancer sont présentées pour Sciences et Avenir et en exclusivité par le Pr David Khayat, chef de service de cancérologie à la Pitié-Salpêtrière. 

Des chercheurs de l’université de Lund, en Suède, viennent d’annoncer qu’une protéine présente dans le lait maternel avait la capacité d’éliminer des cellules cancéreuses. Cette découverte prometteuse devrait maintenant permettre l’élaboration d’un nouveau traitement.

Nommée « Hamlet » (Human Alpha lactalbumin Made Lethal to Tumour cells), cette protéine est connue depuis plus de 20 ans dans le monde scientifique. Mais le Pr. Catharina Svanborg, immunologue à l’université de Lund, a annoncé avoir découvert par hasard de nouvelles propriétés en lien avec cette protéine issue du lait maternel lors de travaux portant initialement sur son action antibiotique. La substance était injectée chez des patients atteints de cancer de la vessie. Résultat : ils auraient excrété les cellules tumorales via leurs urines en quelques jours. Cette surprenante découverte est d’autant plus intéressante que contrairement à la chimiothérapie, les cellules saines n’étaient pas attaquées par l’Hamlet.

Désormais, il est nécessaire de formuler un traitement efficace à base de cette substance. Ce qui peut prendre un peu de temps même si l’équipe de recherche a fait savoir que les bénéfices liés à leur découverte seront reversés aux laboratoires de recherche pour cette mise au point finale. Les scientifiques espèrent que ce composé du lait maternel pourrait également aider à lutter contre le cancer de l’intestin ou du col de l’utérus. Un nouvel essai comparant l’Hamlet à un placebo est prévu incessamment pour tester cette hypothèse.

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Que contient le lait maternel ?


Le lait maternel est l’aliment par excellence pour une nouveau-né, par sa composition et à l’avantage d’évoluer pour les besoins du bébé. Cependant, la femme ne doit être stigmatisée parce qu’elle n’allaite pas. C’est un choix personnel.
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Que contient le lait maternel ?

 

Lait maternel. © PETILLOT/SIPA

Lait maternel. © PETILLOT/SIPA

Par Lise Loumé

Riche en anticorps à la naissance de l’enfant, le lait maternel voit sa composition évoluer un mois après afin de s’adapter à ses besoin

200 : c’est le nombre de molécules de sucre que contient le lait maternel humain, le plus complexe de tous les mammifères (à titre de comparaison, le lait de vache n’en contient qu’entre 30 et 50). Et de manière étonnante, ces molécules ne sont pas toutes destinées à nourrir le bébé. Des chercheurs de l’Université de Zurich (Suisse) font le point sur ce que la science sait de leur rôle, longtemps resté mystérieux, dans une étude publiée dans la revueTrends in Biochemical Sciences. On l’ignore souvent mais la composition du lait maternel évolue un mois après la naissance de l’enfant afin de répondre aux différents besoins liés à son développement…

Un rôle majeur dans le microbiote intestinal

Vitamines, immunoglobulines, oligosaccharides : les molécules de sucre prennent différentes formes et servent à renforcer l’immunité, stimuler la croissance et, même, façonner le microbiote intestinal de l’enfant.

« La première fonction du lait maternel est de favoriser la colonisation de l’intestin par des bactéries capables de digérer les molécules de sucre », explique dans un communiqué Thierry Hennet, co-auteur de l’étude.

Les nourrissons naissent sans bactérie dans leurs intestins, mais en quelques jours, ils en possèdent des millions, et une semaine seulement après leur naissance, des milliards !

« Les nouveau-nés n’ont pas la machinerie nécessaire pour digérer ces sucres, qui sont en fait destinés aux bactéries. C’est comme un terrain d’ensemencement dont le lait maternel serait l’engrais. »

L’engrais du microbiote intestinal donc.

Outre ce rôle, le lait maternel a pour fonction bien connue de poser les premières pierres du système immunitaire du nouveau-né. Dès sa naissance, le lait est riche en anticorps et en molécules ralentissant la croissance de bactéries nocives et coordonnant l’activité des globules blancs. Après un mois, le niveau d’anticorps maternels baisse donc de plus de 90 %, probablement car l’enfant commence à développer son propre système immunitaire. La diversité des sucres est elle aussi en forte diminution, suggérant un recrutement moins important des populations bactériennes. Au contraire, les molécules de graisse et les nutriments augmentent afin de soutenir la croissance de l’enfant.

Allaiter ou pas ? « La décision revient aux familles »

Même si l’allaitement maternel présente de nombreuses vertus, rappelons que l’enfant peut rester en bonne santé sans y avoir été exposé une seule fois. Les auteurs se refusent donc à formuler toute recommandation aux parents.

« Le lait maternel est le produit de millions d’années d’évolution et possède certainement les nutriments optimaux pour le nouveau-né, mais la question est de savoir sur quelle durée le nouveau-né a vraiment besoin de cet apport ? La décision appartient aux familles, pas aux scientifiques », juge Lubor Borsig, co-auteur de l’étude.

Toutefois, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande un allaitement maternel « exclusif » jusqu’à l’âge de six mois et un allaitement partiel jusqu’à deux ans. Selon les chercheurs, les progrès récents des technologies de séquençage génétique devraient permettre d’améliorer davantage notre compréhension du rôle des différentes molécules présentes dans le lait maternel, notamment les hormones.

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