D’un « appel parfait » à « je suis l’Élu », l’année Trump en 25 citations




D’un « appel parfait » à « je suis l’Élu », l’année Trump en 25 citations

Le président Trump lève la main

Les propos tenus par le président Trump cette année ont soulevé la controverse à plus d’une reprise.

PHOTO : GETTY IMAGES / DREW ANGERER

Al-Baghdadi « mort comme un chien », le président turc exhorté à ne pas faire « l’idiot », Greta et son « problème de gestion de la colère » : le président américain a plus d’une fois marqué l’année avec des déclarations controversées qui tranchent souvent avec le style et le vocabulaire de ses prédécesseurs.

Sophie-Hélène Lebeuf

Notre résumé n’a pas la prétention d’être exhaustif, car le président qui tweete plus vite que son ombre n’a pas le clavier sans sa poche. Tour d’horizon des citations qui ont retenu notre attention en 2019.

Pas d’entente avec Kim Jong-un à Hanoï

28 février – Après leur tête-à-tête historique de l’an dernier, Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, réunis au Vietnam, mettent abruptement un terme à leur deuxième rencontre sans avoir pu s’entendre sur la dénucléarisation de la Corée du Nord. Le président américain attribue l’échec du sommet aux exigences nord-coréennes sur la levée des sanctions.

C’est tout un gars et tout un personnage, et je pense que notre relation est très forte. […] [Mais] parfois, il faut partir. Donald Trump

Dangereuses éoliennes

2 avril – S’adressant à des républicains, le président Trump critique les éoliennes, qui font chuter le prix des maisons et qui ont selon lui des répercussions sur la santé.

Et ils disent que le bruit cause le cancer. Donald Trump

Enquête Mueller : fin de la partie

18 avril – Fruit de deux ans d’enquête, le rapport du procureur spécial Robert Mueller démontre sans équivoque l’ingérence de la Russie dans la présidentielle américaine de 2016. Les indices sont toutefois insuffisants pour conclure à une coordination entre la campagne Trump et Moscou. Par ailleurs, le procureur spécial n’exclut pas le fait que le président américain ait entravé la justice pendant l’enquête.

Sur Twitter, le président républicain se réjouit d’une exonération totale.

Pas de collusion, pas d’obstruction. Donald Trump

Quand Trump blague avec Poutine sur l’ingérence de Moscou

28 juin – Avant sa rencontre à huis clos avec son homologue russe, en marge du Sommet du G20 à Osaka, au Japon, Donald Trump se fait demander par une journaliste s’il lui demandera de ne pas s’ingérer dans l’élection américaine de 2020. Évidemment que je vais le faire, répond-il en échangeant un sourire avec son vis-à-vis.

Ne vous mêlez pas de l’élection. Donald Trump, s’adressant à Vladimir Poutine

Trump invite des élues démocrates à retourner dans leur pays

14 juillet – Sur Twitter, Donald Trump reproche à quatre jeunes démocrates progressistesoriginaires de pays dont les gouvernements sont une catastrophe complète et totale de dire au peuple des États-Unis, la plus grande et la plus puissante nation de la terre, comment notre gouvernement doit être dirigé. En fait, une seule des quatre femmes est née à l’étranger.

Pourquoi ne retournent-elles pas dans les endroits infestés par la criminalité et complètement dévastés d’où elles viennent pour les réparer [?] Donald Trump

Une faveur demandée

25 juillet – Au cours d’un entretien téléphonique dont l’existence ne sera révélée qu’en septembre dans la foulée de la plainte d’un lanceur d’alerte, le président Trump demande à son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, de déclencher deux enquêtes.

Une première porterait sur une théorie du complot – mise de l’avant par Moscou – selon laquelle c’est l’Ukraine et non la Russie qui a piraté les serveurs du Parti démocrate pendant la présidentielle américaine de 2016.

J’aimerais, par contre, que vous nous fassiez une faveur, parce que notre pays a traversé beaucoup de choses, et l’Ukraine en sait beaucoup à ce sujet. […] Le serveur, ils disent que l’Ukraine l’a en sa possession. Donald Trump

La deuxième ciblerait son adversaire potentiel lors de la présidentielle de 2020, l’ex-vice-président démocrate Joe Biden, et son fils Hunter qui a siégé au conseil d’administration d’une société gazière ukrainienne, dont le propriétaire a un temps fait l’objet d’une enquête.

On parle beaucoup du fils de Biden, du fait que [Joe] Biden a arrêté les poursuites, et beaucoup de gens veulent savoir de quoi il en retourne. Alors, si vous pouvez faire quelque chose avec le procureur général [des États-Unis, William Barr], ce serait génial. Donald Trump

Un district infesté de rats

27 juillet – Dans une salve sur Twitter, Donald Trump accuse le démocrate Elijah Cummings, un représentant afro-américain du Maryland, d’avoir brutalement critiqué la police frontalière en raison des conditions de détention des mineurs à la frontière sud, quand, en fait, son district de Baltimore est BIEN PIRE et plus dangereux.

Aucun être humain ne voudrait y vivre. […] Le district de Cumming [sic] est un bazar dégoûtant, infesté de rats et d’autres rongeurs. S’il passait plus de temps à Baltimore, il pourrait peut-être aider à nettoyer cet endroit sale et très dangereux. Donald Trump

Le Groenland n’est pas à vendre

20 août – Le président Trump n’apprécie pas que la première ministre danoise, Mette Frederiksen, ait balayé du revers de la main l’idée selon elle absurde que les États-Unis achètent le Groenland, territoire autonome du Danemark.

Le Danemark est un pays très spécial avec des gens incroyables, mais à la lumière des commentaires de la première ministre Mette Frederiksen, selon lesquels elle n’aurait aucun intérêt à discuter de l’achat du Groenland, je vais reporter notre réunion qui était prévue dans deux semaines à un autre moment… Donald Trump

L’Élu pour mener la guerre commerciale avec la Chine

21 août – Donald Trump, qui mène depuis 2018 une guerre commerciale contre la Chine à coups de tarifs douaniers et de menaces, conspue ses prédécesseurs qui, dit-il, ont fermé les yeux sur les pratiques commerciales déloyales de Pékin. Puis, celui que plusieurs évangélistes considèrent comme l’élu de Dieu, ajoute en regardant vers le ciel :

Cette guerre commerciale aurait dû avoir lieu il y a longtemps. Quelqu’un devait la faire. Je suis l’Élu. Donald Trump

Dure saison des ouragans pour l’Alabama, ou le Sharpiegate

1er septembre – Sur Twitter, Donald Trump met en garde les citoyens de cinq États, dont l’Alabama, contre l’ouragan Dorian.

En plus de la Floride, la Caroline du Sud, la Caroline du Nord, la Georgie et l’Alabama seront très probablement touchés (beaucoup) plus durement que prévu. Ça s’annonce pour être l’un des plus gros ouragans jamais enregistrés. Déjà de catégorie 5. SOYEZ PRUDENTS! QUE DIEU BÉNISSE TOUT LE MONDE! Donald Trump

Dans les minutes qui suivent, le bureau local du service météorologique gouvernemental corrige le tir : l’Alabama ne subira aucun impact de l’ouragan.

Donald Trump s’obstine pendant des jours, exhibant même une carte du Centre national des ouragans (NHC) qui montre la trajectoire initialement prévue de Dorian : un trait remontant jusqu’en Alabama y a clairement été ajouté au feutre noir.

Donald Trump dans le bureau ovale présente une carte.

Le président américain Donald Trump a présenté une carte visiblement modifiée indiquant qu’une partie de l’Alabama se trouvait sur la trajectoire de l’ouragan Dorian.

PHOTO : REUTERS / JONATHAN ERNST

L’appel parfait avec le président ukrainien

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et le président américain, Donald Trump, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies.

Peu après la publication de la reconstitution de leur appel téléphonique, Donald Trump et Volodymyr Zelensky se sont rencontrés pour la première fois en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.

PHOTO : REUTERS / JONATHAN ERNST

Septembre – Les fuites entourant la plainte d’un lanceur d’alerte au sujet d’un appel entre Donald Trump et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, le 25 juillet, poussent les démocrates à lancer une enquête en destitution contre le président Trump le 24 septembre.

Depuis lors, le président Trump tire tous azimuts. Il dénonce une nouvelle chasse aux sorcières, la plainte vicieuse du lanceur d’alerte, les démocrates qui ne foutent rien et les médias corrompus, et ordonne à répétition : Lisez la transcription! S’il ne faut retenir qu’une phrase, répétée comme un mantra, c’est cependant celle-ci :

C’était un appel parfait. Donald Trump, le 22 septembre (et plusieurs fois par la suite)

La belle époque où on disposait autrement des espions

26 septembre – Dans un enregistrement capté en marge d’une réunion de l’ONU et obtenu par des médias américains, on entend le président dire à des membres de la diplomatie américaine qu’il veut connaître la source du lanceur d’alerte, comparant celui qui lui a fourni l’information à un espion.

Vous savez ce qu’on faisait autrefois quand on était intelligent? Hein? Les espions et la trahison, on avait l’habitude de gérer ça un peu différemment de maintenant. Donald Trump

Traiter avec la Turquie en faisant preuve d’une sagesse inégalée

7 octobre – Plusieurs alliés républicains du président le pressent de revenir sur sa décision impromptue de retirer les troupes américaines stationnées en Syrie le long des zones frontalières avec la Turquie.

Le retrait américain ouvre la voie à une offensive de la Turquie pour chasser les forces kurdes syriennes qui ont combattu le groupe armé État islamique (EI) aux côtés des Américains. Sur Twitter, le président Trump met en garde Ankara.

Comme je l’ai déjà dit avec force […] si la Turquie fait quelque chose que, dans ma grande et inégalée sagesse, je considère comme hors limites, je détruirai et anéantirai l’économie de la Turquie (je l’ai déjà fait!). Donald Trump

Les Kurdes, ces alliés égocentriques

9 octobreLe président répond aussi à ceux qui l’accusent d’avoir trahi ses alliés kurdes, qui combattent l’EI sur le terrain au péril de leur vie.

Les Kurdes se battent pour leur terre. […] Ils ne nous ont pas aidés pendant la Seconde Guerre mondiale, ils ne nous ont pas aidés avec la Normandie, par exemple. Donald Trump

La lettre très puissante à Erdogan

16 octobreAssurant ne pas avoir donné le feu vert à l’offensive turque dans le nord de la Syrie, le président Trump rend publique une lettre très puissante, datée du 9 octobre, adressée à son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan.

L’histoire […] se souviendra de vous comme du diable si de bonnes choses ne se produisent pas, écrit-il.

Ne jouez pas au dur. Ne faites pas l’idiot. Je vous appellerai plus tard. Donald Trump

Trump attaque les anti-Trump

23 octobre – En pleine enquête sur sa destitution, Donald Trump se tourne vers Twitter pour décrier dans les termes les plus durs la poignée de républicains qui osent soulever des doutes sur sa conduite envers l’Ukraine.

Les républicains anti-Trump, bien qu’ils soient sous respirateur artificiel et peu nombreux, sont à certains égards pires et plus dangereux pour notre pays que les démocrates qui ne foutent rien. Méfiez-vous d’eux, ce sont des ordures! Donald Trump

Le mur, toujours prioritaire, même très loin de la frontière

23 octobre – Le président évoque la promesse phare de sa campagne de 2016 : la construction d’un mur à la frontière sud du pays.

Nous construisons un mur au Colorado. Nous construisons un beau mur. Un gros mur vraiment efficace, au-dessus duquel vous ne pouvez pas passer, sous lequel vous ne pouvez pas passer. Donald Trump

Le hic, c’est que le Colorado ne partage pas de frontière avec le Mexique. Clin d’œil à la carte de l’ouragan Dorian, un sénateur démocrate corrige la chose sur Twitter… d’un coup de Sharpie.

Al-Baghdadi, mort comme un chien

27 octobreL’allocution à la Maison-Blanche se veut solennelle, mais Donald Trump ne fait pas dans la dentelle pour annoncer la mort du chef du groupe armé État islamique, Abou Bakr al-Baghdadi, un homme malade et dépravé.

Il est mort après avoir fui dans un tunnel qui se terminait en impasse, en gémissant, en pleurant et en criant. […] Il est mort comme un chien. Il est mort comme un lâche. Donald Trump

Sauveteur de Hong Kong

22 novembre – Resté discret sur les manifestations prodémocratie qui secouent depuis six mois le territoire chinois semi-autonome de Hong Kong, le président explique sur Fox News que les États-Unis sont tout de même en pleines négociations pour conclure le plus important accord commercial de l’histoire avec Pékin.

Nous devons être solidaires de Hong Kong, mais je suis aussi solidaire du président [chinois] Xi, un ami et un gars incroyable, dit-il. Sans les négociations avec les États-Unis, la Chine aurait réprimé les manifestations en faisant des milliers de morts.

Sans moi, Hong Kong aurait été anéanti en 14 minutes. Donald Trump

Passe d’armes franco-américaine au sommet de l’OTAN

3 décembre – Au sommet de l’OTAN, à Londres, les tensions entre le président Trump et son homologue français, Emmanuel Macron, sur de nombreux sujets sont apparentes au cours d’une longue conférence de presse conjointe. Donald Trump se montre notamment insatisfait d’une réponse du président français sur le rapatriement de combattants de l’EI.

Voilà pourquoi il est un grand politicien, parce que c’est l’une des meilleures non-réponses que j’aie jamais entendues. Donald Trump

Trudeau, un hypocrite (sympathique)

4 décembreUne vidéo de CBC, captée le 3 décembre en marge du sommet de l’OTAN, à l’insu des protagonistes, montre des dirigeants, dont le premier ministre Justin Trudeau, qui semblent se moquer de Donald Trump. On pouvait voir les mâchoires de son équipe décrocher, lance le premier ministre canadien, évoquant vraisemblablement la conférence de presse de la veille entre le président américain et son homologue français.

Le lendemain, le président Trump réplique.

C’est un visage à deux face. [Pause] Mais, honnêtement, Trudeau est un bon gars. Donald Trump

Un avion à remonter dans le temps

4 juillet – Célébrant en grande pompe la fête nationale des Américains, le président Trump vante l’armée continentale qui a combattu les Britanniques pendant la guerre ayant mené à l’indépendance des États-Unis, en 1776. Il lui prête des prouesses militaires qui devancent de plus d’un siècle le premier vol motorisé.

Notre armée a occupé l’espace aérien, elle a défoncé les remparts, elle a pris le contrôle des aéroports, elle a fait tout ce qu’elle avait à faire. Donald Trump

Y allant d’un deuxième anachronisme dans la même phrase, il évoque le fort McHenry, siège d’une bataille plutôt survenue lors de la guerre canado-américaine de 1812.

Make America Greta again

La version retouchée de la une du magazine Time consacrée à la personnalité de l'année où on voit le visage de Donald Trump sur le corps de Greta Thunberg.

L’équipe de campagne de Trump a publié sur Twitter une version modifiée de la photo de Greta Thunberg à la une du magazine Time, en remplaçant le visage de l’adolescente par celui de Donald Trump.

PHOTO : TWITTER/TRUMP WAR ROOM

12 décembre – Finaliste au titre de personnalité de l’année attribué par le magazine Time, le président voit l’honneur lui échapper au bénéfice de la jeune militante écologiste Greta Thunberg.

Tellement ridicule. Greta doit travailler sur son problème de gestion de la colère, puis aller voir un bon vieux film avec une amie! Les nerfs, Greta, les nerfs! Donald Trump, sur Twitter

Les sorcières de Salem mieux traitées que le président

17 décembre – La veille du vote sur les deux chefs d’accusation retenus contre lui, le président Trump écrit une longue lettre sur un ton vitriolique à la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, critiquant les démocrates-qui-ne-foutent-rien et atteints d’un syndrome de paranoïa anti-Trump (Trump derangement syndrome).

Le 45e président des États-Unis les accuse d’avoir violé la Constitution en menant une procédure de destitution partisane, qu’il compare aux procès injustes ayant découlé de la chasse aux sorcières qui a mené à l’exécution d’une vingtaine de personnes, essentiellement des femmes, dans le Massachusetts du XVIIe siècle.

Les accusés des procès des sorcières de Salem ont eu droit à des procédures plus équitables. Donald Trump

Le lendemain, formellement accusé d’abus de pouvoir et d’entrave au travail du Congrès, il devient le troisième président de l’histoire américaine à être formellement mis en accusation.

https://ici.radio-canada.ca/

Pour Trump, les souffrances de la guerre sont une bonne chose


Aux nouvelles, dans les médias, j’ai lu et entendu plusieurs des répliques de Donald Trump, mais mit bout à bout, c’est encore plus inquiétant de voir ce bonhomme gouverner un pays comme les États-Unis et se mêler des affaires étrangères.. Selon lui, son succès est grâce à la violence, et le sang versé. Que l’Europe mériterait que les prisonniers de l’El pourraient faire chez eux. Je ne sais pas, si c’est parce qu’il est riche (je ne juge pas les riches en général, mais un certain type de riche.) ou bien, il a vraiment des problèmes de comportement, mais son insensibilité est frappante et il n’est même pas à la moitié de son mandat, En tout cas, si les démocrates réussissent à le destituer, il va connaître une certaine forme de souffrance, quoique cela ne sera une douleur physique.
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Pour Trump, les souffrances de la guerre sont une bonne chose

Donald Trump à Chicago, le 28 octobre 2019. | Brendan Smialowski / AFP

Donald Trump à Chicago, le 28 octobre 2019. | Brendan Smialowski / AFP

William Saletan— Traduit par Bérengère Viennot

Aux yeux du président américain, les tourments connus par les Kurdes après la trahison de l’Amérique étaient utiles et nécessaires.

Le président Donald Trump est connu pour le peu de cas qu’il fait de la vie humaine. Il approuve les violences contre les journalistes, les exécutions en cas de délits qui n’entraînent pas la mort, le recours aux gaz toxiques et le ciblage délibéré de membres de la famille de personnes soupçonnées de terrorisme.

Voici que désormais, Trump propose une nouvelle justification de ces atrocités: la mort et la souffrance en temps de guerre sont bonnes pour la paix.

«Parfois, faut les laisser se battre»

Le dimanche 6 octobre, après une conversation téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdoğan, Donald Trump a annoncé qu’il retirait les troupes américaines de la frontière syrienne avec la Turquie. Cette initiative laissait le champ libre à une invasion turque de territoires jusqu’ici occupés par les Kurdes –qui, jusqu’à la trahison de Trump, étaient des alliés de l’Amérique en Syrie.

Selon l’Observatoire syrien des droits humains, cette invasion a tué des dizaines de civil·es et des centaines de combattant·es. Elle a généré une vague d’incendies, de pillages, de kidnappings et d’exécutions sommaires au bord des routes, et poussé 300.000 personnes à quitter leur foyer.

Trump admet qu’il aurait pu éviter ce carnage. Pourtant, il s’en félicite.

Le 17 octobre, les États-Unis ont annoncé un accord visant à arrêter l’invasion et qui, essentiellement, entérine le contrôle par la Turquie du territoire dont elle s’est emparée. Mais selon le président américain, cet accord –davantage une reddition qu’autre chose– n’aurait pas pu voir le jour sans toute la violence qu’il a autorisée.

«Sans ces coups de feu dans tous les sens, sans ces roquettes qui partaient dans les deux directions, sans les autres pays qui intervenaient et potentiellement intervenaient et provoquaient virtuellement une guerre mondiale [sic] –sans tout ça, on n’aurait jamais pu avoir cet accord», a-t-il déclaré.

Donald Trump attribue le mérite de son faux progrès non seulement à la violence, mais aussi aux effusions de sang que celle-ci a engendrées.

«S’ils n’étaient pas passés par deux jours et demi d’enfer, je ne pense pas qu’ils l’auraient fait», a-t-il avancé à propos des Kurdes et de la Turquie.

Mercredi 23 octobre, il a fanfaronné:

 «C’est directement grâce à la douleur et aux souffrances des trois jours de combats qui se sont déroulés que nous avons pu organiser un accord avec la Turquie et les Kurdes qui n’aurait jamais pu se faire sans cette courte crise.»

Le président américain revendique que ces souffrances s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie géniale.

«C’était pas très conventionnel, ce que j’ai fait», a-t-il confié lors d’un meeting politique à Dallas, le 17 octobre.

Il a indiqué qu’avant l’invasion, «[il a] dit: “Ils vont devoir se battre un petit moment.” Parfois, faut les laisser se battre. […] Comme deux gosses dans un parking, faut les laisser se battre, et ensuite vous les séparez».

Quatre jours plus tard, au cours d’une interview accordée à Fox News et menée par Sean Hannity, Trump a réutilisé cette métaphore. Par trois fois, il a qualifié sa politique «d’amour vache».

«Nous voulons garder le pétrole»

Il n’a pas été utile de faire un gros travail de persuasion pour convaincre la Turquie d’accepter un accord qui lui octroyait le contrôle du territoire kurde. En revanche, il en a fallu pour décider les Kurdes à fuir, et c’est précisément ce qu’a fait Trump en ouvrant la voie à Erdoğan.

«Les Kurdes ont tendance à partir, et c’est une bonne chose», a assuré Trump le 12 octobre.

Lundi 21 octobre, il a crâné et affirmé que si «les tirs n’avaient pas commencé, je ne crois pas que les Kurdes auraient bougé».

Le jeudi suivant, il a twitté qu’ils feraient bien de continuer à courir:

«Peut-être que le temps est venu pour les Kurdes de commencer à partir dans la Région du Pétrole!»

Les soutiens des Kurdes opposent qu’ils se sont courageusement battus avec les États-Unis contre l’organisation État islamique, qu’ils les ont aidés en surveillant des combattants de Daech capturés et que Trump récompense leur loyauté en invitant la Turquie à les tuer.

«Ils ont plein de sable, là-bas. Y a plein de sable pour qu’ils s’amusent.»

Donald Trump, le 16 octobre 2019

Mais Trump affirme que les Kurdes méritent ce qui leur arrive. À cinq reprises depuis le début de l’invasion, il a gloussé que ce n’était «pas des anges». Il les a accusés de relâcher des prisonniers de l’EI «juste pour frimer», afin de mettre les États-Unis dans l’embarras et leur faire peur. La Turquie avait parfaitement le droit d’envahir les territoires kurdes jouxtant leur frontière, a décrété Trump:

«Il fallait qu’ils fassent le ménage.»

Et tous ces gens chassés de chez eux? «C’est plein de sable, a rétorqué le président américain avec désinvolture, en parlant de la Syrie et des pays qui se battaient pour ses territoires. Ils ont plein de sable, là-bas. Y a plein de sable pour qu’ils s’amusent.»

La seule chose qui l’intéresse, c’est ce qu’il y a dans le sous-sol: du pétrole. Lundi 21 octobre, il a rappelé que pendant la guerre en Irak,

«[il a] toujours dit: “Si vous y allez, gardez le pétrole.” C’est pareil ici: gardez le pétrole. Nous voulons garder le pétrole».

Il a proposé un accord «en cash» entre les Kurdes et un conglomérat pétrolier qu’il choisirait

«Nous allons trouver un truc à faire avec les Kurdes pour qu’ils puissent avoir un peu d’argent, a-t-il expliqué. Peut-être qu’on va y envoyer une de nos grandes compagnies pétrolières pour faire les choses bien.»

Vendredi 25 octobre, il a menti:

«Nous venons de faire un truc formidable en Syrie… Nous avons pris le pétrole. Plein de trucs géniaux sont en train de se passer.»

«Ils vont s’évader en Europe»

Tout en célébrant les souffrances des Kurdes et en proposant de les exploiter financièrement, Trump a suggéré que les pays européens méritaient les actes de terrorisme que les prisonniers de l’EI libérés par l’invasion seraient susceptibles de leur infliger.

Il a déclaré avoir donné à la France, à l’Allemagne et à d’autres pays de multiples chances d’accepter ces prisonniers. Lors du Values Voter Summit du 12 octobre, le président a raconté sur le ton de la plaisanterie avoir menacé de lâcher des terroristes de Daech sur l’Europe. Il a soutenu avoir dit aux dirigeants européens lors de conversations téléphoniques:

«Il faut que vous les repreniez, sinon je les laisse partir tout droit sur vos foutues frontières.»

Le public, une assemblée de moralistes, a ri. L’indifférence de Trump n’était pourtant pas une plaisanterie. Face à des journalistes qui s’alarmaient du risque terroriste posé par les fugitifs de Deach, il a maintenu que ce n’était pas son problème.

«Ils vont s’évader en Europe, a-t-il répondu. C’est là qu’ils veulent aller.»

Trump n’est pas le premier président américain à retirer des troupes face à une menace. Il n’est pas le premier non plus à justifier des morts de civils, à tolérer des épurations ethniques ou à rester les bras croisés pendant qu’un pays en passe un autre à tabac. Mais c’est le seul président de l’histoire moderne à affirmer que les tourments et les souffrances de la guerre sont une bonne chose.

À ses yeux, le vol, le meurtre, le terrorisme et l’épuration ethnique ne sont pas seulement des conséquences tragiques, mais aussi des instruments de politique étrangère. Le danger, pour l’Amérique de Trump, ce n’est pas que les méchants n’aient plus peur d’elle: c’est qu’elle devienne la méchante.

http://www.slate.fr

Des fissures dans l’armure de Trump


Donald Trump a laissé tomber les Kurds, il a écrit une lettre au président de la Syrie, comme si c’était un copain et il a annoncé que le prochain G7 serait dans un son club de Golf qu’il a annulé par la suite voyant que des républicains respecté commençaient a dénoncer ses agissements. Trop s’est comme trop. Marcherait-il sur des oeufs ? Serait-il capable de bien se comporter pour ne pas tout perdre ?
Nuage


Des fissures dans l’armure de Trump

PHOTO SAUL LOEB, AGENCE FRANCE-PRESSE

Trois dossiers où des républicains ont déploré le fait d’avoir eu à défendre l’indéfendable ont récemment contribué à créer des fissures dans l’armure de Donald Trump : la Syrie, l’Ukraine et le G7.

(New York) Lundi dernier, John Kasich, ex-gouverneur républicain de l’Ohio, refusait de se prononcer sur une éventuelle procédure de destitution contre Donald Trump. « Finissons l’enquête, et je vous donnerai ensuite mon opinion sur ce que le Congrès devrait faire », a-t-il dit à l’animateur d’une station radiophonique de New York, qui le recevait à l’occasion du lancement de son plus récent livre.

RICHARD HÉTU
COLLABORATION SPÉCIALE

Quatre jours plus tard, John Kasich appelait ses anciens collègues de la Chambre des représentants à mettre le président américain en accusation pour abus de pouvoir dans l’affaire ukrainienne. « Je le dis avec une grande tristesse », a-t-il déclaré sur CNN en devenant l’un des républicains les plus respectés à s’exprimer en faveur d’une procédure de destitution.

Mais que s’est-il passé pendant ces quelques jours pour expliquer un tel changement d’opinion ? Réponse courte : des fissures ont commencé à apparaître dans l’armure de Donald Trump. Et il n’est pas étonnant que John Kasich ait été l’un des premiers à le reconnaître. L’homme, qui a brigué l’investiture républicaine en 2016, n’a pas renoncé à ses ambitions présidentielles.

Trois dossiers où des républicains ont déploré le fait d’avoir eu à défendre l’indéfendable ont contribué à créer ces fissures : la Syrie, l’Ukraine et le G7. Dans des gazouillis publiés tard samedi soir, Donald Trump a tenté de colmater au moins une de ces fissures en renonçant à tenir au Trump International Doral la prochaine réunion des sept pays les plus industrialisés.

« Je pensais faire quelque chose de très bon pour notre pays en utilisant le Trump International Doral […]. Mais, comme d’habitude, les médias et les démocrates sont devenus fous », a-t-il tweeté en faisant fi des critiques de son propre camp sur une situation de conflit d’intérêts qui soulevait des problèmes non seulement éthiques, mais également constitutionnels.

Une image de faiblesse

Cette reculade couronnait une semaine au cours de laquelle Donald Trump aura projeté l’image d’un président faible. Lors d’une rencontre à la Maison-Blanche avec des dirigeants du Congrès, il s’est félicité du ton « agressif » de sa lettre du 9 octobre dernier au président turc Recep Tayyip Erdoğan. Lettre dans laquelle il avait averti son homologue de ne pas faire « l’idiot » en Syrie.

Le lendemain, l’entourage du président Erdoğan s’est assuré de faire savoir que la lettre, jugée irrespectueuse, avait abouti à la poubelle. C’était avant que le chef d’État turc ne donne son accord à une trêve en Syrie qui confirmait les gains de ses troupes et le lâchage des alliés kurdes par les États-Unis.

Dans un discours remarqué au Sénat, Mitt Romney a réclamé une enquête sur la décision initiale de Donald Trump de retirer les troupes américaines du nord-est de la Syrie.

Ce que nous avons fait aux Kurdes restera comme une tache de sang dans les annales de l’histoire américaine. […] Sommes-nous si faibles et si ineptes sur le plan diplomatique que la Turquie a forcé la main aux États-Unis d’Amérique ? Monsieur le président, nous avons besoin de réponses.

Mitt Romney

Mitt Romney en est un autre qui n’a probablement pas abandonné ses rêves présidentiels. Mais il n’est certainement pas le seul de son camp à ressentir un profond malaise face à la politique syrienne du président Trump. Mitch McConnell, chef de la majorité au Sénat, a effacé tout doute sur ce sujet en qualifiant le retrait des forces américaines de la Syrie de « grave erreur stratégique ».

« Cela va laisser le peuple américain et son territoire moins en sécurité, enhardir nos ennemis et affaiblir d’importantes alliances », a-t-il écrit dans une tribune publiée vendredi dernier dans le Washington Post.

De Nixon à Trump

Ce différend sur la Syrie entre Donald Trump et les sénateurs républicains pourrait difficilement apparaître à un moment moins opportun. Si la Chambre vote en faveur de sa mise en accusation, le président devra limiter au minimum le nombre de défections au Sénat lors du procès subséquent qui s’y tiendra.

Or, sa position dans l’affaire ukrainienne s’est considérablement affaiblie la semaine dernière. D’une part, des responsables de l’administration Trump, actuels ou anciens, ont continué à défiler devant les élus de la Chambre qui enquêtent en vue de le destituer. La plupart d’entre eux ont confirmé le détournement de la politique étrangère des États-Unis vis-à-vis de l’Ukraine par une cabale menée par Rudolph Giuliani, avocat personnel du président.

D’autre part, le directeur de cabinet de la Maison-Blanche par intérim, Mick Mulvaney, a avoué jeudi dernier qu’une aide militaire de 391 millions de dollars destinée à l’Ukraine avait été bloquée en partie pour forcer le gouvernement de ce pays à faire enquête sur une affaire impliquant des démocrates. Ce faisant, il contredisait Donald Trump, qui répétait depuis deux semaines qu’il n’y avait eu aucune contrepartie dans ce dossier.

Plus tard, M. Mulvaney a accusé les médias d’avoir dénaturé ses propos, mais le mal était fait.

« Vous ne pouvez pas bloquer l’aide étrangère déjà accordée [par le Congrès] pour une initiative politique. Point », a déclaré la sénatrice républicaine de l’Alaska Lisa Murkowski.

Les fissures dans l’armure de Donald Trump n’empêcheront pas ses alliés les plus fidèles au Congrès de continuer à le défendre bec et ongles. Mais elles ont poussé au moins un élu républicain à établir un parallèle entre la situation actuelle et le scandale du Watergate qui a forcé Richard Nixon à démissionner.

« Je continue à y penser », a déclaré au Washington Post le représentant républicain de la Floride Francis Rooney en faisant allusion à la possibilité de voter en faveur de la mise en accusation de Donald Trump. « Je suis très conscient du fait que durant l’affaire du Watergate, toutes mes connaissances disaient : ‟Oh, ils ne font que harceler Nixon, et ce n’est qu’une chasse aux sorcières.” Il s’avère que ce n’était pas une chasse aux sorcières. C’était vraiment une sale affaire. »

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Interro surprise: vous êtes président des États-Unis et vous devez dissuader l’allié turc d’envahir le Kurdistan


Un média français a choisi de parler de la lettre de Donald Trump au président de la Turquie à la manière d’un devoir étudiant. Évidemment, le président des États-Unis a n’a même pas eu la moyenne pour la note de passage. En fait, c’est pour démontrer le manque de savoir faire en communication et de stratégie de sa part. Cela démontre aussi montre que les États-Unis ne sont plus crédibles, en tout cas, beaucoup moins qu’avant. P.S.  Aux dernières nouvelles, la Turquie va suspendre son offensive pendant cinq jours. Les kurdes devront quitter la zone sinon, le conflit reprendra. Tout cela aurait pu être évité.
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Interro surprise: vous êtes président des États-Unis et vous devez dissuader l’allié turc d’envahir le Kurdistan


Donald Trump à la Maison-Blanche, le 16 octobre 2019. | Brendan Smialowski / AFP

Donald Trump à la Maison-Blanche, le 16 octobre 2019. | Brendan Smialowski / AFP

Bérengère Viennot

Vous avez deux heures.

Sujet: Vous êtes le président des États-Unis et vous devez dissuader la Turquie d’envahir une région frontalière, de massacrer une minorité ethnique et de provoquer une alliance entre vos anciens alliés kurdes, que vous avez trahis après qu’ils vous ont débarrassé de Daech, et la Russie, le tout en faveur d’un dictateur syrien qui fait la guerre à son peuple depuis huit ans.

(Des points supplémentaires sont accordés si vous vous rendez compte qu’en obligeant les Kurdes à venir se battre contre les forces turques, vous les empêchez de surveiller les djihadistes de Daech qu’ils gardaient dans des camps de prisonniers.)

(Attention, si à cause de votre lettre, le président turc se fâche et relâche tous les réfugiés syriens qu’il gardait dans des conditions indignes depuis des années à la frontière turco-syrienne à la demande de l’Union européenne, et que ceux-ci se précipitent en Europe, provoquant de nouvelles crispations sociales et propulsant l’extrême droite au pouvoir à la prochaine présidentielle française, vous serez interdit d’examen pour les cinq prochaines années).

L’usage de la calculatrice et du mot «great» est interdit.

La Maison-Blanche

Washington

9 octobre 2019

À son excellence

Recep Tayyip Erdoğan

Président de la République de Turquie

Ankara

Cher Monsieur le président,

Allez, concluons un bon accord! Vous ne voulez pas être responsable du massacre de milliers de personnes, et je ne veux pas être responsable de la destruction de l’économie turque –et je le ferai. Je vous ai déjà donné un avant-goût en ce qui concerne le pasteur Brunson.

J’ai travaillé dur pour résoudre certains de vos problèmes. Ne laissez pas tomber le monde. Vous êtes capable de faire un super accord. Le général Mazloum est prêt à négocier avec vous, et il est prêt à faire des concessions qu’ils n’auraient jamais faites dans le passé. Je joins de manière confidentielle une copie de la lettre qu’il m’a adressée, qui vient d’arriver.

L’histoire vous regardera favorablement si vous faites ça bien et humainement. Elle vous considèrera comme le diable pour toujours si de bonnes choses ne se produisent pas. Ne jouez pas au dur. Ne soyez pas débile!

Je vous appelle plus tard.

Cordialement,

(signature illisible).

Correction:

Aucune faute d’orthographe, bravo! En revanche, je ne peux pas vous mettre la moyenne, vous n’avez apparemment pas compris le but de l’exercice –et pourtant, vous voilà déjà en troisième année de stage! Votre orientation risque de poser problème en 2021 si vous ne faites pas un effort pour suivre les consignes. En outre, je relève une occurrence du mot «great»: dommage, vous y étiez presque.

On ne s’adresse pas à un chef d’État, aussi autoritaire soit-il, comme à un copain de cour de récré. Vous n’avez pas gardé les moutons ensemble, et même si vous avez très envie d’être amis (que ce soit par pure admiration pour un despote ou simplement parce que vous avez tout intérêt à ce que vos Trump Towers à Istanbul continuent d’accueillir le gratin turc), il faut respecter les formules.

Si vous aviez appris vos cours, vous vous seriez souvenu de la conversation téléphonique que vous avez eue avec le président turc quelques jours AVANT la rédaction de cette lettre, qui perd donc tout son sens. Vous lui donnez le feu vert oralement, puis lui écrivez que vous n’êtes pas trop d’accord? Il y a là un manque de cohérence troublant.

Vous n’avez clairement pas pris la mesure de l’enjeu de ce devoir: il ne s’agit pas d’un concours de tweet mais de géopolitique internationale. Vous êtes supposé être le leader du monde libre, et à ce titre, il est nécessaire que l’on vous prenne au sérieux. Or votre lettre semble rédigée par-dessus la jambe (pourvu que ce soit la vôtre, d’ailleurs. La CPE m’a prévenue que vous aviez des comportements déplacés aux vestiaires avec certaines de vos camarades, mais ce n’est pas le sujet).

Je ne peux que vous mettre en garde contre le manque de sérieux que vous mettez à la tâche: si vous étiez vraiment le président de la première force occidentale, ce genre de lettre vous décrédibiliserait complètement.

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Dans sa grande et incomparable sagesse –Donal Trump


Lundi aux nouvelles sur LCN, quand j’ai entendu sur le sujet des Kurdes et de la Syrie, que Donald Trump disait  »dans ma grande et incomparable sagesse  », j’ai sursauté, Il est vraiment imbu de lui-même. Sa décision, d’enlever les soldats américains sur le territoire occupé par le Kurdes a eu des effets meurtriers. En plus il a réussi à mettre quasi tout le monde à dos, même des républicains .. Que fera-t-il dans sa supposé grande sagesse ? Il devrait laisser la présidence à quelqu’un de plus compétent pour essayer de réparer les pots cassés
Nuage


Dans sa grande et incomparable sagesse

ISABELLE HACHEY
LA PRESSE

Le pilonnage a commencé.

Des avions de combat turcs ont lâché leurs bombes, hier, sur des cibles kurdes du nord de la Syrie.

Puis l’offensive terrestre s’est amorcée.

Au moins huit civils ont été tués. Des populations fuient. Des villes entières se vident.

Mais rassurons-nous. Le président des États-Unis d’Amérique veille au grain. Il l’a écrit, lundi, sur Twitter :

« Si la Turquie fait quelque chose que je considère, dans ma grande et incomparable sagesse, comme ayant dépassé les bornes, je vais totalement détruire et anéantir l’économie de la Turquie. »

Tout va bien, donc.

Seul petit problème, Donald Trump n’a pas cru bon préciser ce qui, dans sa grande et incomparable sagesse, dépasserait les bornes.

PHOTO EVAN VUCCI, ASSOCIATED PRESS

« Si la Turquie fait quelque chose que je considère, dans ma grande et incomparable sagesse, comme ayant dépassé les bornes, je vais totalement détruire et anéantir l’économie de la Turquie », a tweeté Donald Trump, lundi.

Une toute petite journée de frappes aériennes et de tirs d’artillerie, c’est peut-être encore dans les limites de l’acceptable.

Alors quoi ? L’ouverture d’un nouveau front en Syrie, après huit ans de guerre civile, peut-être ?

Faudra-t-il attendre un désastre humanitaire ?

Faudra-t-il que les morts se comptent par milliers pour qu’une offensive turque contre les Kurdes de Syrie – alliés de l’Occident dans la lutte antidjihadiste – dépasse les bornes aux yeux du président ?

Faudra-t-il plutôt attendre le retour en force du groupe armé État islamique (EI) ?

On n’en sait rien, puisque les voies de Trump sont impénétrables. Mais ayons confiance. La stabilité d’une région entière repose sur un homme d’une incomparable sagesse. Qu’est-ce qui pourrait mal tourner ?

***

J’ai côtoyé les Kurdes de Syrie, il y a deux ans, le temps d’un reportage sur la révolution du Rojava, ce territoire autonome né des cendres de la guerre civile.

Dans cette région dominée par les hommes, j’ai vu des femmes prendre leur destin en main. J’en ai vu prendre les armes, aussi, contre les djihadistes de l’EI.

Dans les écoles, j’ai vu des étudiants réapprendre leur langue, longtemps interdite par le régime syrien.

J’ai vu un peuple se réapproprier sa culture. Après les années de plomb, il se donnait enfin le droit de célébrer ses traditions en plein jour.

J’ai interviewé des élus vraiment élus. Ça peut sembler banal, mais ça ne s’était encore jamais vu en Syrie.

Bien sûr, cette drôle de révolution n’était pas parfaite.

La démocratie directe était sans doute imposée un peu trop… directement à la minorité arabe par les Kurdes, qui exerçaient une véritable mainmise sur le territoire.

Il y avait quelque chose de factice dans tout ça. Et quelque chose de terriblement fragile.

Et pourtant, il y avait aussi quelque chose d’exaltant dans cette improbable expérience politique menée à l’ombre de la dictature.

Il n’aura fallu qu’un coup de téléphone à la Maison-Blanche pour faire voler en éclats le rêve d’émancipation des Kurdes de Syrie.

***

Les conseillers de Donald Trump l’avaient prévenu de ne pas abandonner les Kurdes, alliés cruciaux dans la lutte contre les djihadistes de l’EI.

Ils lui avaient expliqué en long et en large les conséquences que risquait de provoquer le retrait des troupes américaines en poste le long de la frontière turque.

Ces arguments n’ont pas fait le poids devant ceux de l’homme fort de la Turquie, Recep Tayyip Erdoğan, qui considère les milices kurdes comme des « terroristes » à écraser une fois pour toutes.

Après une simple conversation téléphonique avec le président Erdoğan, dimanche, Donald Trump a annoncé son intention de retirer les troupes américaines « des guerres ridicules interminables ».

Dans l’entourage de Trump, personne ne s’attendait à ça. Son annonce a pris de court les stratèges du Pentagone et du département d’État.

Comme tant de fois depuis le début de sa présidence chaotique, Donald Trump a refusé de s’en tenir au script prudemment écrit par ses conseillers.

Mais cette fois, les conséquences de son impulsivité risquent d’être fatales pour des milliers de gens.

Sur un coup de tête, le président a livré les Kurdes en pâture à la Turquie.

***

Lindsey Graham appréhende un bain de sang.

« Priez pour nos alliés kurdes honteusement abandonnés par l’administration Trump », a tweeté hier ce sénateur républicain, pourtant très proche du président.

D’autres grosses pointures républicaines se sont jointes au concert de critiques. Dans cette tragique histoire, Donald Trump a réussi l’invraisemblable exploit de se mettre tout le monde à dos.

« Laisser nos alliés mourir est une grosse erreur », a écrit Nikki Haley, ex-ambassadrice des États-Unis – nommée par Trump – aux Nations unies.

Sur Twitter, Brett McGurk, ancien envoyé spécial responsable de la coalition internationale contre l’EI, ne s’est pas gêné pour le vilipender :

« Trump a déclaré aujourd’hui que nous pourrions “écraser à nouveau l’EI” s’il se régénérait. Avec qui ? Quels alliés s’engageraient ? Qui se battrait dans de telles conditions ? »

Excellentes questions.

Pendant quatre ans, les Kurdes ont été au front de la guerre contre l’EI. Appuyés par les États-Unis et la coalition internationale, ils ont pourchassé les djihadistes jusque dans leurs derniers retranchements.

Dans cette guerre de tranchées, les Kurdes ont perdu des milliers de combattants.

Les Américains ? Une dizaine de soldats.

En mars, les Kurdes ont fait tomber le dernier bastion du « Califat » obscurantiste qui faisait trembler l’Occident. Ils ont fait beaucoup de prisonniers.

Ils détiennent aujourd’hui 12 000 djihadistes, dont 4000 étrangers dont personne ne veut.

Hier, l’un des centres de détention a été touché par une frappe aérienne.

Que se produira-t-il maintenant que les combattants kurdes seront occupés à défendre leurs villes et villages contre l’assaut des forces turques ?

Les djihadistes profiteront-ils du chaos pour se faire la belle ? Pour reprendre des territoires perdus ?

Pour rentrer chez eux, en Occident… et y perpétrer des attentats terroristes ?

Donald Trump a déclaré hier que la Turquie serait responsable de s’assurer que les djihadistes restent en prison.

Il a précisé que les États-Unis n’endossaient pas l’offensive turque et que c’était à son avis une « mauvaise idée ».

Dans sa grande et incomparable sagesse, il aurait peut-être dû y penser avant.

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Les noisettes de votre Nutella ont été récoltées par des enfants


Je n’aime pas le Nutella, mais nous devrions savoir comment les ingrédients sont réunis pour faire ce produit. Des migrants et des enfants ne devraient pas récolter des noisettes pour un salaire misère.
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Les noisettes de votre Nutella ont été récoltées par des enfants


Ferrero achète environ un tiers de toute la récolte turque de noisettes. | Chris Liverani via Unsplash

Ferrero achète environ un tiers de toute la récolte turque de noisettes. | Chris Liverani via Unsplash

Repéré par Mathilda Hautbois

Repéré sur BBC

En Turquie, des migrant·es kurdes, y compris des enfants, s’affairent durant de longues heures dans les champs de noisetiers pour un salaire dérisoire.

La cueillette des noisettes est épuisante. Mehmet Kelecki travaille environ dix heures par jour au sommet d’une montagne turque, sur des pentes très raides, chargé d’un sac de 35 kg de noisettes. Une famille de migrant·es kurdes travaille à ses côtés. Le père de famille secoue les branches des noisetiers, tandis que sa femme et ses enfants ramassent les fruits qui tombent sur le sol. Deux cueilleurs travaillent illégalement: Mustafa et Mohammed ont respectivement 12 et 10 ans, bien en dessous de l’âge minimum pour travailler en Turquie.

Le pays assure 70 % de l’approvisionnement mondial en noisettes. Son plus gros acheteur est la société Ferrero, le fabricant de la célèbre pâte à tartiner Nutella.

Les personnes employées pour la cueillette des noisettes sont souvent kurdes ou originaires des régions pauvres de la Turquie. Elles touchent un maximum de 10 euros par jour, (moins 15 $ cad) auxquels il faut retirer 10 % de commission.

«Ils font travailler leurs enfants comme des machines», a affirmé Kazim Yaman, copropriétaire du verger.

La plupart des exploitant·es doivent payer les enfants, car leurs parents insistent pour qu’ils travaillent.

«L’autre jour, j’ai vu le père mettre un sac très lourd sur les épaules de l’enfant. J’ai dit: “Qu’est-ce que tu fais?” Il a répondu: “Laissez-le s’y habituer.”», a ajouté avec regret le fermier.

Traçabilité défaillante

Ferrero achète environ un tiers de toute la récolte turque, pour produire environ 365.000 tonnes de Nutella chaque année. L’entreprise veut rendre ses noisettes 100 % traçables d’ici à 2020, mais selon son dernier rapport (à paraître prochainement), le chiffre ne s’élève pour le moment qu’à 39 %.

Enginay Akcay fait partie des milliers de petits commerçant·es de noisettes. Il assure que Ferrero ne lui demande pas de qui proviennent les fruits, ni quelles sont les conditions de travail.

«Le travail des enfants n’a rien à voir avec nous. Le contrôle et la surveillance appartiennent à l’État et aux forces de sécurité», a-t-il insisté.

Le directeur général de Ferrero Hazelnut Company en Turquie, Bamsi Akin, a répondu aux témoignages recueillis par la BBC:

«Nous ne posons pas de questions sur la source exacte des noisettes, mais nous avons une autre manière de la suivre… Avant le début de la saison, nous avons parlé aux commerçants et nous avons démontré nos exigences de pratique sociale.» «Le système est-il complètement propre? Je pense que personne ne peut dire ça pour l’instant», a-t-il reconnu.

En 2012, Ferrero a lancé en Turquie le programme Farming Values, qui offre une formation gratuite à plus de 42.000 agriculteurs et agricultrices pour les aider à augmenter leurs revenus tout en restant libres de choisir à qui vendre leur récole.

L’entreprise propose également des formations aux producteurs et productrices, destinées à leur apprendre à rendre le secteur plus durable, connaître les droits des employé·es et faire de la prévention sur le travail des enfants.

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Omran Daqneesh, le visage de l’horreur en Syrie


Cela n’a pas de sens ! Aucune religion ne permettrait ce genre d’action, même pas l’islam. Aucune personne ne devrait vivre de genre d’horreur et surtout pas les enfants qui n’ont absolument rien à avoir avec les imbécilités de certains adultes.
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Omran Daqneesh, le visage de l’horreur en Syrie

Omran Daqneesh... (PHOTO AMC, HO VIA AFP)

Omran Daqneesh

PHOTO AMC, HO VIA AFP

RANA MOUSSAOUI

Agence France-Presse

Beyrouth

Assis dans une ambulance, recouvert de sang et de poussière, le petit Omran fixe, abasourdi, l’objectif du photographe Mahmoud Rslan, quelques minutes après avoir échappé à un raid sur sa maison dans la ville syrienne d’Alep.

«J’ai pris beaucoup de photos d’enfants morts ou blessés par les raids qui s’abattent au quotidien» sur la partie rebelle d’Alep, deuxième ville d’un pays ravagé par plus de cinq ans de guerre, raconte Mahmoud, joint par téléphone depuis Beyrouth.

«D’habitude ils sont soit évanouis soit en pleurs. Mais Omran était là, sans voix, le regard vide, c’était comme s’il ne comprenait pas très bien ce qui venait de lui arriver», affirme ce photographe de 27 ans.

La photo, qui immortalise ce moment tragique, a bouleversé les réseaux sociaux.

Sur une vidéo tournée par le réseau de militants du Aleppo Media Center (AMC), on voit le petit Omran s’essuyer le front ensanglanté avec la main. Il regarde ensuite sa main, et incrédule, il l’essuie sur son siège.

Omran «résume la souffrance des enfants à Alep, soumis aux bombardements jusque dans leurs maisons», souligne Mahmoud.

Il était tout près du secteur de Qaterji, dans l’est de la ville divisée en secteurs loyalistes et rebelles, lorsque les raids se sont produits mercredi en début de soirée. Les quartiers Est sont régulièrement visés par l’armée de l’air du régime ou l’aviation russe.

«Vers 19h15 (12h15 HE), j’ai entendu les raids et me suis précipité sur les lieux» touchés par les frappes», raconte Mahmoud.

«Il faisait déjà nuit, mais j’ai vu un immeuble totalement effondré et un autre qui l’était à moitié» et dans lequel habitait Omran et sa famille, précise-t-il.

«Avec les secouristes de la Défense civile, on a dû enjamber trois cadavres avant d’entrer à l’immeuble … On a voulu accéder au premier étage, mais les escaliers s’étaient effondrés».

Entrez la légende de la vidéo ici

«Symbole de l’innocence»

Ils ont dû se rendre dans un immeuble adjacent et «retirer les membres de la famille d’Omran un par un, d’un balcon à l’autre».

Il y a eu d’abord Omran, puis son frère de cinq ans et ses deux soeurs de 8 et 11 ans. Enfin la mère et le père.

«Quand on a placé Omran dans l’ambulance, il y avait assez de lumière, donc j’ai pu prendre des photos», explique Mahmoud, qui apparaît de dos dans la vidéo d’AMC.

«Omran était en état de choc, car un mur s’était effondré sur lui et sa famille», explique Mahmoud.

Selon lui, le père du petit n’a pas voulu donner leur vrai nom de famille pour des raisons de sécurité.

«Cet enfant comme tous les enfants en Syrie sont le symbole de l’innocence. Ils n’ont rien à voir avec la guerre», déplore Mahmoud.

La photo du petit Omran rappelle par son côté symbolique la photo du petit Aylan.

L’image de ce réfugié de trois ans, le corps sans vie échoué sur une plage, avait ému le monde entier en septembre 2015 et est devenue emblématique du drame des réfugiés syriens.

Déclenché en mars 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, le conflit en Syrie s’est complexifié avec l’intervention étrangère et la montée en puissance de djihadistes. La guerre a fait plus de 290 000 morts et jeté sur les routes des millions de personnes.

Alep, deuxième ville de Syrie et véritable enjeu de la guerre, est divisée depuis 2012 entre secteurs loyalistes et rebelles. L’armée de l’air du régime largue sur les quartiers Est des barils d’explosifs qui ont fait plusieurs centaines de morts, tandis que les rebelles lancent également des obus de mortier meurtriers sur la partie contrôlée par le gouvernement.

Pause humanitaire hebdomadaire

Le 31 juillet, les rebelles et leurs alliés djihadistes du Front Fateh al-Cham (ex-Al-Nosra) avaient lancé une offensive d’envergure leur ayant permis de briser le siège imposé aux secteurs rebelles par les troupes de Bachar al-Assad.

Chaque camp essaie d’assiéger et asphyxier l’autre sans succès pour le moment: les rebelles ont réussi à s’ouvrir une voie d’accès au sud par le quartier de Ramoussa et le régime par le nord.

Les 28 pays membres de l’UE ont réclamé «un arrêt immédiat» des combats à Alep afin de ne pas entraver l’intervention des secours et la poursuite des opérations humanitaires.

La Russie s’est dite prête à instaurer une pause humanitaire hebdomadaire de 48H qui concernera à la fois les quartiers Est d’Alep sous contrôle des rebelles et la partie Ouest sous contrôle des forces gouvernementales, en utilisant deux routes différentes.

Dans le même temps, «les avions du régime et russes mènent des dizaines de raids chaque jour sur la province d’Idleb et l’ouest de la province voisine d’Alep pour empêcher l’envoi de renforts vers les positions rebelles au sud d’Alep», a affirmé à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

«Les rebelles ont mis toutes leurs forces dans les combats et les forces du régime sont épuisées», a dit M. Abdel Rahmane.

D’après lui, malgré l’atout que représente l’armée de l’air pour le régime et l’appui aérien russe, les raids «ne semblent pas très efficaces, car les combats sont très rapprochés. Le régime n’arrive pas à reprendre des positions aux rebelles».

Jeudi, les raids du régime se poursuivaient sur les quartiers Est d’Alep où 146 civils, dont 22 enfants, ont péri dans les frappes depuis le 31 juillet.

Premiers raids du régime contre les Kurdes

Jeudi, des avions du régime ont frappé pour la première fois des secteurs tenus par les forces kurdes qui maintenaient jusqu’ici une position neutre dans le conflit, selon l’OSDH.

Les frappes ont visé trois barrages et trois QG dans la ville de Hassaké, dont les deux-tiers sont contrôlés par les forces kurdes et le reste par le régime.

Un journaliste collaborant avec l’AFP a vu les avions du régime bombarder des positions dans cette cité, où depuis mercredi de violents combats opposent des forces prorégime à la police kurde.

«Ils ne faut pas qu’ils (les Kurdes) prennent leurs rêves d’autonomie pour une réalité», a dit à l’AFP une source de sécurité syrienne.

Les Kurdes de Syrie (15% de la population) ont autoproclamé en mars une «région fédérale» et rêvent de relier les régions sous leur contrôle dans le nord du pays.

Sur le front de la lutte contre le groupe Etat islamique. Moscou a fait état jeudi de frappes menées sur des positions de l’EI à Deir Ezzor (est) par 18 bombardiers russes partis de bases en Russie et en Iran.

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