Épidémie de tuberculose dans le Grand Nord


Bon on parle de beaucoup de proximité dans des logements trop petits pour le nombre de membre d’une famille, mais je me demande, si cette épidémie n’aurais pas aussi été causé par tout ce qui se passe dans le nord Des gens de différents pays viennent sonder la mer et doivent surement entrée en contacts avec les autochtones. Enfin c’est une supposition
Nuage

 

Épidémie de tuberculose dans le Grand Nord

 

L’épidémie de tuberculose se limite pour le moment au seul village de Kangiqsualujjuaq.

PHOTO FOURNIE PAR LA RÉGIE RÉGIONALE DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX NUNAVIK

Marco Fortier
La Presse

Une éclosion sans précédent de tuberculose frappe la communauté inuit de Kangiqsualujjuaq, dans le Nord-du-Québec, où 10% des résidants sont décrits comme des «cas actifs» de cette maladie contagieuse.

L’ampleur et la rapidité de l’éclosion sont telles que les responsables de la santé publique préparent une campagne massive de dépistage de la tuberculose dans ce village de 850 habitants, situé à 160 kilomètres au nord-est de Kuujjuaq, dans la baie d’Ungava. D’ici la fin du mois de juillet, toutes les personnes de 15 ans et plus de Kangiqsualujjuaq auront une radiographie des poumons, pour détecter des traces d’infection à la bactérie de la tuberculose.

«C’est une éclosion majeure et inhabituelle de tuberculose. Je n’avais jamais vu ça auparavant», dit le Dr Serge Déry, directeur de la santé publique du Nunavik, région qui regroupe 11 000 habitants, à 90% inuits, répartis dans 14 villages du Nord-du-Québec.

La tuberculose est relativement rare au Canada; environ 1600 cas surviennent chaque année. Les autochtones sont les plus touchés avec un taux de 28,2 cas pour 100 000 personnes, comparé à 4,8 cas par 100 000 pour l’ensemble des Canadiens, selon les données de Santé Canada.

Les responsables de la santé publique du Nunavik sont habitués de traiter une poignée de patients atteints de tuberculose chaque année, mais la puissance de l’éclosion qui frappe Kangiqsualujjuaq les laisse pantois: en huit mois, de novembre 2011 à aujourd’hui, le nombre de cas est passé de 0 à 76.

«On a l’impression qu’il y a aussi des cas de tuberculose active qui s’ignorent et qui circulent dans la communauté», dit Serge Déry, pour expliquer la campagne massive de dépistage qui doit débuter dans les prochains jours.

Une radiographie des poumons permet de détecter des traces d’infection même chez des patients qui n’ont aucun symptôme de la maladie, poursuit le Dr Déry.

Freiner la maladie

L’épidémie se limite pour le moment au seul village de Kangiqsualujjuaq. Un total d’une demi-douzaine de patients souffre de tuberculose dans quatre autres communautés du Nunavik, ce qui n’a rien d’anormal, selon le Dr Déry.

D’après une source qui a demandé l’anonymat, les résidants de Kangiqsualujjuaq et le personnel du CLSC local commencent à être nerveux devant l’ampleur de la crise. «On ne sait pas où ça va arrêter», dit-elle.

La direction de la santé publique tente par tous les moyens de freiner l’épidémie et d’empêcher la propagation de la maladie dans les autres villages inuits. Les résidants de Kangiqsualujjuaq ont été informés d’éviter les rassemblements dans des espaces clos, où la promiscuité et le manque de ventilation favorisent la dispersion du bacille responsable de l’infection.

«Ce n’est pas un hasard si la tuberculose frappe davantage les communautés du Grand Nord: certains autochtones vivent dans des conditions proches de celles du tiers-monde», déplore Camil Bouchard, ex-député du Parti québécois et professeur associé au département de psychologie à l’UQAM, qui suit de près la crise de santé chez les Inuits.

Pénurie de logements

Selon lui, la pénurie de logements salubres explique en bonne partie l’épidémie de tuberculose qui frappe l’agglomération. Québec et Ottawa doivent construire au plus vite les 1000 logements qu’ils se sont engagés à financer dans le Nord-du-Québec, fait valoir Camil Bouchard.

Les Inuits ont beaucoup d’enfants et manquent de logements. Une douzaine de personnes s’entassent souvent dans de petites maisons, ce qui crée des conditions propices à la propagation de maladies comme la tuberculose, souligne le professeur.

L’ampleur de la propagation de la tuberculose à Kangiqsualujjuaq intrigue les responsables de la santé publique. Normalement, moins de 10% des gens infectés deviennent malades, mais dans le village du Nunavik, cette proportion grimpe à entre 25% et 30%, selon Serge Déry.

Pour maximiser les chances de succès des traitements, tous les tuberculeux doivent aller prendre leurs médicaments devant le personnel du CLSC, explique le Dr Déry. La plupart des malades peuvent rester chez eux durant les traitements, mais certains sont hospitalisés à Kuujjuaq, où trois chambres à pression négative peuvent accueillir les malades. D’autres patients sont transférés à l’Institut thoracique de Montréal, affilié à l’Université McGill.

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La tuberculose

Maladie grave, moins contagieuse que la grippe ou la varicelle, qui s’attaque généralement aux poumons.

Symptômes :

> Toux persistante (plus de trois semaines), douleurs à la poitrine, toux accompagnée de sang ou d’expectorations, fatigue extrême, perte de poids ou d’appétit, fièvre.

> Nombre moyen de cas par année au Canada depuis 10 ans: 1600.

> Nombre de morts dans le monde en 2010: 1,4 million.

Traitement: antibiotiques

Source: Santé Canada

http://www.lapresse.ca