Le Saviez-Vous ► La décennie se termine-t-elle à minuit?


Ce soir, nous changeons de calendrier, car nous serons dans une nouvelle année. Certains dirons qu’une autre décennie, c’est terminée, et ils auront tort ! La prochaine décennie ne sera pas en 2020, mais bien en 2021, car notre ère n’a jamais eu l’an zéro.
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La décennie se termine-t-elle à minuit?

Une flèche entre 2019 et 2020, symbolisant le changement d'année et de décennie.

Quand change-t-on de décennie? Photo : Radio-Canada/Olivia Laperrière-Roy

À quel moment la nouvelle décennie commence-t-elle? En janvier 2020? Ou en janvier 2021?

UN TEXTE DE CATHERINE LACHAUSSÉE

Ce n’est certainement pas la première fois que nous sommes confrontés à cette question, et le sujet est souvent source de débats.

D’abord la réponse : la décennie actuelle s’est entamée en 2011. Le décompte de 10 nous mène au 31 décembre 2020. La prochaine décennie débutera officiellement le 1er janvier 2021.

L’explication remonte à loin. L’idée de définir les ères en partant de la naissance du Christ, fixée à l’an 1 du calendrier, apparaît au 6e siècle en Occident. On se réfère alors au calendrier julien, créé du temps de Jules César.

L’idée de compter à partir du zéro n’est pas dans l’air du temps. Elle sera importée du monde arabe des siècles plus tard.

Quand le calendrier grégorien est mis au point au 16e siècle, pour corriger le retard de 10 jours pris au fil du temps par le calendrier julien, il perpétue l’idée de partir de l’an 1, comme du temps des Romains.


Une erreur répandue

L’erreur d’associer le 0 et le début des décennies est répandue.

Même le président français Valéry Giscard d’Estaing avait été corrigé publiquement lorsqu’il avait déclaré que la première année de la décennie, l’année 1980, serait difficile.

Le journal Le Monde en avait profité pour rappeler que la décennie ne commencerait officiellement qu’en 1981.

Il y avait eu le même débat en 2000, rappelle l’historien Jean-François Caron. On a tous fêté la fin du millénaire en 1999, alors qu’on n’est entré dans le nouveau qu’en 2001!

Mais dans la vie de tous les jours, rien n’empêche de prendre le point de départ qu’on veut pour se référer à une période de temps.

On peut ainsi très bien parler des années 1980 comme d’une période couvrant 10 ans, et répéter l’exercice pour toutes les décennies.

C’est d’ailleurs la pratique la plus courante dans les livres d’histoire.

D’après moi, on s’est toujours mêlés, pense Jean-François Caron. C’est sans doute dû au fait qu’un changement de dizaine envoie un signal fort, et que partir du zéro pour compter est devenu intuitif. Sauf que l’an zéro, ça n’existe pas au calendrier. Tout démarre à l’an 1, et c’est sans doute ce qui contribue à brouiller les cartes.

De quoi faire parler les amis et les familles lors des festivités du Nouvel An.

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Le Savez-Vous ►Science décalée : 704 traumatismes crâniens… dans les albums d’Astérix


Les scientifiques ne font pas toujours des recherches sérieuses, ils peuvent aussi s’amuser. C’est le cas ici avec les aventures d’Astérix le Gaulois. Ils ont tenu compte des ethnies, des blessures, des situations et de la potion magique pour dénombrer les traumatismes crâniens. Malgré les conflits, un fait qui est rare, est qu’il n’y a eu aucun mort et que la guérison était généralement rapide. Pourtant, la médecine était loin d’être aussi efficace qu’aujourd’hui.
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Science décalée : 704 traumatismes crâniens… dans les albums d’Astérix

 

Par Janlou Chaput, Futura

Des neurologues ont passé en revue les 34 albums des aventures d’Astérix le Gaulois. Ils ont relevé en tout 704 cas de traumatismes crâniens, mais aucun d’eux ne s’est révélé irréversible ou mortel. Leur conclusion : s’il vaut mieux ne pas être Romain, surtout face à un Gaulois qui vient d’avaler de la potion magique, il ne faut pas non plus oublier de bien attacher son casque !

L’image de la science n’est pas toujours des plus drôle. On associe souvent les chercheurs à des rats de laboratoires, perdus dans leurs pensées irrationnelles et déconnectés complètement de la réalité. Certains correspondent au portrait. Mais la recherche se compose avant tout d’hommes et de femmes, dont certains ne sont pas dénués d’humour. La preuve avec ces neurologues germains qui ont consacré du temps et un article scientifique aux traumatismes crâniens qui se sont produits au fil des albums d’Astérix le Gaulois…

Le contexte : Astérix, témoin d’une époque ravagée par les guerres

« Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ ; toute la Gaule est occupée par les Romains… Toute ? Non ! Car un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur. Et la vie n’est pas facile pour les garnisons de légionnaires romains des camps retranchés de Babaorum, Aquarium, Laudanum et Petibonum… »

C’est en ces mots que commencent toutes les aventures d’Astérix, compagnon d’Obélix et de Panoramix, habitants d’un modeste village breton dirigé par le chef Abraracourcix.

L’époque est difficile pour la Gaule. Les légions romaines, réputées pour leur discipline, ont vaincu les troupes celtes de Vercingétorix à Alésia deux ans plus tôt. Jules César, dictateur à vie, a pris le contrôle de la plus grande partie de l’Europe occidentale et du monde méditerranéen au terme de guerres violentes causant des milliers de victimes.

Les techniques de médecine sont beaucoup moins performantes que celles dont on dispose aujourd’hui. Impossible, à l’époque, de regarder les dégâts causés au cerveau par exemple. Heureusement, un témoin de ces temps lointains a laissé des traces dans nos BD pour que scientifiques et historiens reconstituent les conditions de vie de la période gallo-romaine. Des neurologues de la Heinrich Heine Universität de Düsseldorf (Allemagne) en ont profité pour étudier l’ampleur des traumatismes crâniens. Leurs résultats ont été décrits en 2011 dans la revue Acta Neurochirurgica.

Les légionnaires romains ont conquis presque toute la Gaule. Un seul village leur résiste... et leur cause bien des difficultés. Le centurion, à droite, en garde les séquelles au niveau de son œil gauche. Son compagnon prend des risques en n'attachant pas mieux son casque... © webast, Fotopédia, cc by nc nd 2.0

Les légionnaires romains ont conquis presque toute la Gaule. Un seul village leur résiste… et leur cause bien des difficultés. Le centurion, à droite, en garde les séquelles au niveau de son œil gauche. Son compagnon prend des risques en n’attachant pas mieux son casque… © webast, Fotopédia, cc by nc nd 2.0

L’étude : les traumatismes crâniens passés à la loupe

Les scientifiques ont étudié dans le détail les 34 albums de la série des aventures d’Astérix. Ont été relevés : les indices attestant d’une ecchymose périorbitale (œil au beurre noir), les signes d’une parésie du nerf hypoglosse (la langue pendante), l’importance des troubles neurologiques (confusions, aphasies, etc.), mais aussi l’appartenance ethnique des victimes et des coupables, l’absorption ou non de potion magique et la présence ou non d’un casque sur la tête au moment du choc. Il faut être précis pour une analyse statistique fine !

Le constat est sans appel. Parmi les 704 cas de traumatismes crâniens retrouvés, 698 apparaissent chez des hommes. Dans les deux tiers des cas, les victimes sont romaines. Malgré tout, 120 Gaulois, 59 bandits ou pirates, 20 Goths, 14 Normands, 8 Vikings, 5 Britanniques et 4 extraterrestres comptent parmi les blessés.

Les coupables sont, dans 87 % des situations, des Gaulois. Astérix et Obélix contribuent à eux deux à 57,6 % des lésions crâniennes. Les légionnaires romains ont causé 32 des blessures et ne sont pas uniquement des victimes. Parmi les traumatisés du cerveau, 70,5 % portaient malgré tout un casque. Mais la violence du choc (puisque dans 98,8 % des cas, il s’agissait d’un coup porté, et seuls 8 cas d’étranglements ont été relevés) et la lanière mal attachée ont fait s’envoler la protection dans 87,7 % des situations.

Autre fait marquant : la majorité des traumatismes (83 %) sont intervenus consécutivement à l’absorption par le responsable d’une boisson décrite ainsi par les auteurs :

« Cette substance contient du gui et est supposée conférer une force surhumaine. En réalité, les personnages qui avalent cette potion magique avant de frapper causent des lésions cérébrales plus sévères. »

Cette image obtenue par scanner montre un traumatisme crânien. Le crâne a été déformé suite à un choc qui lèse certaines régions du cerveau. Il n'est pas toujours mortel mais peut entraîner de lourdes conséquences neurologiques. © Rehman et al., Wikipédia, cc by 2.0

Cette image obtenue par scanner montre un traumatisme crânien. Le crâne a été déformé suite à un choc qui lèse certaines régions du cerveau. Il n’est pas toujours mortel mais peut entraîner de lourdes conséquences neurologiques. © Rehman et al., Wikipédia, cc by 2.0

Justement, la gravité des traumatismes a été jugée grâce à l’échelle de Glasgow, établie dans les années 1970 par des scientifiques écossais. En tout, 390 d’entre eux sont sévères, contre 89 modérés et 225 cas bénins. Heureusement, aucun mort ni aucun dommage permanent n’est à signaler. Si la quasi-totalité des individus s’est remis en quelques minutes ou quelques heures, le druide Panoramix a montré des signes inquiétants d’aphasie et de désorientations qui se sont étalés sur plusieurs semaines. Tout a fini par rentrer dans l’ordre.

Ces données étonnent les scientifiques. Eux qui pensaient que les violences de l’Antiquité entraînaient des lésions cérébrales irréversibles ont été surpris, du fait également des méthodes diagnostiques et thérapeutiques nettement inférieures aux nôtres. Ils reconnaissent qu’il faut peut-être creuser davantage la piste de la potion magique pour comprendre les raisons d’une telle résistance. En effet, dans le gui, on retrouve de la lectine, dont on connaît les vertus pour soigner les tumeurs cérébrales. Peut-elle aussi réparer des traumatismes crâniens ?

Cela « nécessite d’être clarifié dans des études ultérieures ».

L’œil extérieur : les scientifiques ne manquent pas d’humour

Bien évidemment, cette étude menée avec tout le sérieux qui caractérise les scientifiques tend à rappeler qu’il faut aussi s’amuser. Au milieu de publications qui traitent toutes des différents problèmes et solutions rencontrés en neurochirurgie, un brin d’humour n’a jamais fait de mal.

L’article a d’ailleurs été bien accueilli dans le monde scientifique. Karl Schaller, un de leurs collègues de l’université de Genève, note tout particulièrement l’intérêt porté sur la lanière du casque bien trop rarement fixée, limitant l’efficacité des protections. Et de conclure que la prochaine étape serait de comparer avec d’autres bandes dessinées, pour voir par exemple si la Panthère rose fait preuve d’autant de violence…

https://www.futura-sciences.com/

Reconstitution : voilà à quoi devait ressembler le visage de Jules César


Si Jules César ressemblait vraiment à cette représentation 3D, il avait une tête bizarre. Le visage tout petit au centre d’une grosse tête
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Reconstitution : voilà à quoi devait ressembler le visage de Jules César

 

Crédits : Musée national des antiquités de Leiden / Maja d’Hollosy

par Yohan Demeure

Quel visage avait Jules César ? Un musée néerlandais vient de dévoiler une représentation jugée “hyperréaliste” du dictateur de la Rome Antique. Cependant, la forme de son crâne suscite quelques interrogations.

Plusieurs portraits de Jules César sont connus, comme le buste d’Arles ou encore ceux présents sur les pièces de monnaie romaines. Or, il est désormais question d’une nouvelle représentation plus réaliste que jamais : une reconstitution en trois dimensions de la tête du dictateur romain modelée par l’anthropologue Maja d’Hollosy.

L’intéressée s’est inspirée de deux bustes de marbre scannés en 3D, dont l’un se trouve au Rijksmuseum van Oudheden (Pays-Bas). Le second est une copie datant de 50-40 avant J.-C. d’un original en bronze qui est conservé au Museo di Antichità de Turin (Italie). Par ailleurs, ce dernier est considéré comme étant le plus fidèle portrait de Jules César connu à ce jour.

Crédits : Wikipedia

Le fait est que le plus choquant dans le résultat obtenu par Maja d’Hollosy est la forme du crâne. Il est couramment admis que Jules César est né par césarienne, ce qui pourrait expliquer cette forme. Mais à l’époque, ce type d’opération causait la mort de la mère ou laissait cette dernière mourante. Il ne s’agirait donc que d’une légende car selon les témoignages relatés dans les ouvrages, sa mère Aurelia aurait survécu et aurait donc vu grandir son fils.

Évoquons aussi le fait que cette représentation 3D a été faite avec le soutien de l’archéologue Tom Buijtendorp, et ce à l’occasion de la parution de son dernier ouvrage baptisé César aux Pays-Bas. Elle est visible jusqu’à la fin du mois d’août au Musée national des antiquités de Leiden (Pays-Bas).

Crédits : Musée national des antiquités de Leiden / Maja d’Hollosy

L’archéologue a également son avis sur l’étrange forme du crâne de ladite représentation 3D. Selon l’intéressé, celle-ci n’est pas issue de l’imagination des artistes, surtout qu’à l’époque c’est le réalisme qui primait.

Sources : HLNFutura Sciences

https://sciencepost.fr/

César a bien tenté de débarquer en Angleterre !


Il n’y avait pas de preuves que Jules César a voulu conquérir la Grande-Bretagne, enfin jusqu’à maintenant. Les archéologues ont pu déterrer des armes de fer, des javelots, etc. La raison est hypothétique, mais on sait que César aimait la gloire et son prestige politique
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César a bien tenté de débarquer en Angleterre !

 

Bas-relief

Bas-relief en marbre réalisé par John Deare (1759-1798) illustrant les tentatives d’invasion de l’Angleterre par Jules Cesar.

CRÉDITS: ANN RONAN PICTURE LIBRARY /PHOTO 12 /AFP

Par Bernadette Arnaud

César et ses légions ont tenté d’envahir la Grande-Bretagne à deux reprises dès 55 avant notre ère. Un de ces sites de débarquement a été découvert dans le Kent.

Il est venu, il a vu… il est reparti… Des armes de fer et des javelots romains, qui viennent d’être découverts au sud de la Grande-Bretagne, témoignent directement des tentatives de conquête de l’Angleterre par Jules César. Le proconsul romain avait en effet espéré à deux reprises, en 55 et 54 avant notre ère, envahir la Bretagne, nom qui désignait alors la grande île. Mais aucune preuve archéologique n’avait jusque-là été mise en évidence. Ce qui vient d’être fait fortuitement lors de travaux routiers effectués dans le Kent. Ces diverses armes de fer, javelots romains de type pilum et restes de poteries datant du 1ersiècle avant notre ère, ont été exhumées sur le site d’Ebbsfleet, dans la baie de Pegwell, qui correspond aux descriptions faites par Jules César lui-même selon Andrew Fitzpatrick, chercheur associé à l’Ecole d’archéologie et d’histoire ancienne de l’Université de Leicester.

Dans ses Livres IV et V de La Guerre des Gaules, César décrit en effet ses deux entreprises depuis une large baie bordée de falaises. Il mentionne aussi la présence d’un terrain plus élevé à proximité, sur lequel s’étaient rassemblés les habitants résistant à ce débarquement,ce qui correspond bien à la baie de Pegwell. César évoque aussi les préparatifs de la construction d’un camp, ce que corrobore la présence d’un fossé défensif de 5 m de large et plus de deux mètres de profondeur, aux formes identiques à celles des défenses romaines mises au jour sur le continent, comme à Alesia (52 av J.C). Pour le professeur Colin Haselgrove, responsable de ces travaux, ce fossé faisait partie d’un grand fort de 20 ha entouré de palissades, érigé pour protéger non seulement les soldats des attaques des « barbares », et aussi  la flotte de César composée de 800 navires selon les textes.

Premières traces des invasions romaines de César en Grande-Bretagne sur le site d’Ebbsfleet, à Thanet, dans le Kent. ©Université de Leicester

 

« Ces découvertes correspondent à l’année 54 avant notre ère, soit la seconde tentative d’invasion de l’Angleterre », a tenu à préciser à Sciences et Avenir Yann Le Bohec, historien spécialiste de l’histoire romaine.

L’année précédente, César avait en effet effectué une reconnaissance pour voir à quoi ressemblait la grande île qui lui était connue uniquement  par ce qu’en rapportaient les rares marchands qui en revenaient. Une première visite qui fut brève mais marquée par un épisode célèbre: le porte-aigle de la Xe Légion, la plus dévouée à César, s’était en effet jeté à l’eau afin d’encourager les soldats qui hésitaient à le faire, les Bretons les attendant de pied ferme sur le rivage. César avait ainsi décrit ses adversaires :

«Tous se teignent avec du pastel, ce qui leur donne une couleur azurée et rend leur aspect horrible dans les combats. Ils portent leurs cheveux longs, et se rasent tout le corps, excepté la tête et la lèvre supérieure ».

Lors de la seconde incursion, il semble que César et ses troupes soient parvenus jusque dans la région de Canterbury, puis les environs de Londres avant de revenir en Gaule. Un parcours qui fait dire à certains historiens qu’il aurait échoué à vouloir conquérir la Bretagne, d’autres estimant au contraire qu’il s’agit d’un succès puisqu’il n’aurait voulu y conduire que des raids. Ceci afin d’amasser un butin utile à sa réélection à Rome. Ce n’est finalement qu’un siècle plus tard que l’empereur Claude réussira à coloniser réellement Britannia en 43 de notre ère, à l’aide de cinq des plus puissantes légions de Rome, la II Augusta, IX Hispania, VIe Victrix, la XVIe Gemina et la XXe Valeria Victrix, soit 40 000 hommes.

Pourquoi Jules César a-t-il voulu conquérir la « Bretagne » ?
La question divisait déjà dans l’Antiquité! L’historien Suétone au 1er siècle racontait ainsi que César s’était rendu en Bretagne parce qu’il aimait les perles… et que l’on en trouvait beaucoup. « Ce qui est complètement faux »,
explique Yann Le Bohec, historien spécialiste de l’histoire romaine.

« Dans un texte que j’ai retrouvé, Cicéron (106-43 av.J.C) s’interroge aussi sur les raisons qui ont pu pousser le proconsul de Rome à se rendre en Bretagne, puisque que cette île est très pauvre, et que même les esclaves qui en proviennent ne valent rien, car ne savent ni cuisiner ni jouer des instruments de musique ».

Alors ?

Pour Yann Le Bohec, « il voulait ajouter cette conquête à celle de la Germanie et de la Gaule pour s’approcher du mythe d’Alexandre le Grand (IVesiècle av. notre ère), alors très présent dans la culture de Rome ».

Vouloir égaler Alexandre, c’était en quelque sorte devenir un dieu.

« Il voulait lui aussi faire son Jupiter… », sourit l’historien. Avec une expédition maritime, César désirait surtout démontrer qu’il était un protégé de Vénus, (née de l’Océan, NDLR), déesse dont il se disait le descendant et ainsi prouver à Rome qu’il était protégé des dieux ».

On ne peut toutefois soustraire le désir probable d’accéder aux importantes et très rentables mines d’étain du Pays-de-Galles.

« Quoi qu’il en soit, n’oublions pas que César faisait surtout la guerre pour la gloire de Rome et sa carrière politique », conclut Yann Le Bohec.

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Le Saviez-Vous ► Que savons-nous vraiment sur Cléopâtre ?


Cléopâtre est loin de la reine imaginée par René Goscinny et Albert Uderzo dans Astérix et Cléopâtre. Nous avons probablement qu’une idée déformée de cette femme qui a connu une fin tragique
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Que savons-nous vraiment sur Cléopâtre ?

Photo: Cléopâtre et César par Jean-Léon Jérôme, 1866

Le 12 août de l’an 30 av. J.-C., la célébrissime reine Cléopâtre mettait fin à ses jours dans des circonstances demeurées nébuleuses pour les historiens d’aujourd’hui. Incontestablement une des femmes les plus connues de l’Histoire, elle est auréolée de légendes qui brouillent parfois sa véritable histoire. Intéressons-nous brièvement à ce que nous savons réellement sur sa vie…

1- Cléopâtre n’était pas Égyptienne:


(Source)

Parce qu’elle a régné sur le royaume d’Égypte pendant l’Antiquité, la croyance populaire a fait d’elle une reine égyptienne. Or, Cléopâtre, septième de ce nom dans sa lignée, était issue de la dynastie des Ptolémées, descendants de Ptolémée Lagos, général d’Alexandre le Grand. Se mariant entre frères, soeurs et cousins afin de garder la lignée gréco-macédonienne, ces souverains ont de ce fait toujours parlé et conservé une culture plus grecque qu’égyptienne.

2- Cléopâtre était très cultivée:


(Source)

Contrairement à ses prédécesseurs, Cléopâtre voulait connaître l’histoire, la culture et surtout maîtriser la langue de son peuple. Elle a passé une partie de son enfance, adolescence et vie de jeune adulte à étudier la géographie, l’art de la guerre et de nombreuses langues parlées en Méditerranée au Ier siècle avant notre ère. Elle préférait de loin la compagnie des intellectuels de la bibliothèque d’Alexandrie à l’univers parfois étouffant de la cour royale.

3- Une alliance politique avec Jules César:


(
Source)

À la mort de son père en mars 51 av. J.-C., Cléopâtre s’est retrouvée corégente du royaume d’Égypte avec son frère Ptolémée XIII, qui n’avait que six ans. La corruption et les luttes internes pour le pouvoir menèrent à l’exil de Cléopâtre en Syrie qui, après la noyade son frère, voulut se rétablir sur le trône en tant que véritable souveraine. Pour y parvenir, elle sollicita l’aide d’un des hommes les plus puissants de Méditerranée à l’époque, le général romain Jules César. L’image d’elle déroulée dans un tapis à ses pieds reste jusqu’à présent un mythe tenace, puisqu’aucune preuve historique ne nous permet de prouver cette histoire, qui, dans le contexte de l’époque, reste improbable. Cléopâtre et César devinrent néanmoins des alliés politiques et des amants.

4- La mère du seul fils de César:


Photo:
Représentation de Césarion à Dendérah

Cléopâtre mit au monde le seul fils connu de Jules César, nommé volontairement Césarion afin de prouver sa légitimité, ce qui suscita rapidement une crainte et une haine de la population romaine face à la reine d’Égypte, devenue une menace pour la puissance de Rome. Elle était selon toute vraisemblance à Rome sur l’invitation de César l’année de la mort de l’assassinat du dictateur et elle aurait donné naissance à Césarion sur le chemin du retour…

5- L’amour et des folies avec Marc-Antoine:


Photo:
Antoine et Cléopâtre – Lawrence Alma-Tadema, 1884

Le général Marc-Antoine et ami de Jules César fut le véritable amour de Cléopâtre. Ils eurent ensemble quatre enfants. Elle avait sollicité son appui après la mort de César et l’avait au départ séduit grâce à une magnifique croisière sur le Nil, à bord d’un navire luxueux. Elle avait besoin de la protection de Rome et lui des contacts et richesses de l’Égypte. Marc-Antoine aimait la fête et Cléopâtre sut le divertir en mettant en place ce qu’elle appelait « la vie inimitable ».

Selon les sources anciennes, elle avait entre autres mis en place un groupe secret de « beuverie », caractérisé par de somptueux banquets où l’alcool coulait à flot, de même que toutes sortes de jeux.

6- Une morsure de serpent?


La mort de Cléopâtre – Réginald Arthur, 1892

Le suicide de Cléopâtre reste somme toute nébuleux. Les sources anciennes comme l’auteur Plutarque en ont fait un récit romanesque qui a quelque peu brouillé les pistes. Nous savons qu’après la défaite contre le général Octave à Actium, Cléopâtre fut gardée prisonnière dans son mausolée. Octave planifiait de la promener enchaînée dans les rues de Rome lors de son triomphe, ce qu’elle n’aurait jamais supporté.


(Source)

La légende de son suicide nous dit qu’un paysan lui aurait livré un serpent aspic dans un panier de figues et qu’elle serait morte du venin de sa morsure. Or, les descriptions de la mort de Cléopâtre et ses suivantes laisse penser à une mort rapide et relativement douce, ce qui n’aurait pas été le cas avec une morsure de serpent. Un empoisonnement à l’arsenic semble plus probable… Cléopâtre est décédée à l’âge de 39 ans.

7- Nous avons peut-être sa signature:


P. Bingen 45

Les papyrus, papier de son époque, étaient souvent réutilisés pour faire du cartonnage de cercueil pour les momies. Un de ces papyrus découvert et conservé au musée égyptien de Berlin porte selon toute vraisemblance sa signature. Il s’agit d’un édit royal daté du 23 février 33 av. J.-C., qui garantit des droits et des avantages à un Romain. Fait rare, ce papyrus est signé d’une main d’écriture différente du document avec la mention :« Qu’il en soit ainsi ». Qui d’autre pourrait donner de tels ordres et signer de cette façon sans apposer son nom, si ce n’est la reine elle-même, l’autorité suprême du royaume?

La documentation sur son époque reste fragmentaire, mais peut-être trouverons-nous dans les prochaines années des documents et/ou des artéfacts qui nous permettront de la connaître davantage!

Evelyne Ferron / Spécialiste en histoire ancienne

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Le Saviez-Vous ►Astérix : vérités et Incongruités


Les bandes dessinées ne représentent pas nécessairement la réalité. Pour ce qui est de la collection Astérix,  certains faits sont vrais, mais pas toujours dans la bonne époque. Cependant, comme toutes oeuvres de fiction, ce qui compte, c’est de plaire aux lecteurs
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Astérix : vérités et Incongruités

 


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Le village gaulois :


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Les bandes dessinées d’Astérix illustrent un tout petit village paisible, qui résiste à l’envahisseur romain, à l’époque de Jules César. Les Gaulois étaient organisés en divers clans qui vivaient pour la majorité en modestes villages. Ils étaient en effet menés par des chefs, qui étaient des guerriers et de bons administrateurs, mais  ils n’étaient pas portés sur des boucliers! Leur rôle était entre autres de mener leurs hommes au combat et de gérer leur communauté, appuyés par une aristocratie dirigeante.


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Oui les Gaulois aimaient les bagarres, mais ils étaient aussi de patients agriculteurs et surtout de très habiles métallurgistes! Les druides existaient dans certaines communautés et assuraient surtout la communication entre les habitants et le monde divin, tout en enseignant diverses traditions aux enfants.


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Des menhirs?

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Il y a cependant des petits détails incongrus dans l’univers gaulois d’Astérix, notamment la présence… de menhirs! Les Gaulois ont connu leur expansion essentiellement entre le 5ème siècle avant notre ère et le 1er siècle. Or, les traditions gauloises/celtiques impliquant des monuments de gigantesques pierres comme les menhirs étaient révolues depuis bien longtemps!


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Stonehenge

Ces premiers monuments de pierre en Europe occidentale remontent effectivement à 7000-6000 av. J.-C. et les derniers construits à environ 2000 av. J.-C., soit bien avant les Gaulois et l’époque de Jules César!

Jules César et Rome :


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Jules César est un personnage bien incarné dans Astérix, qui se promène constamment avec les symboles du triomphe militaire, plus particulièrement la couronne de lauriers! Si nous prenons pour acquis que les histoires d’Astérix se déroulent après sa victoire sur les Gaules, nous nous situons environ vers le début des années 40 av. J.-C.


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Il aurait donc été complètement impensable qu’un symbole de la ville de Rome ait existé à cette époque… soit le Colisée! Aussi appelé l’amphithéâtre flavien, car il fut construit sous cette dynastie d’empereurs, le Colisée a été achevé en l’an 80 de notre ère. Il est donc impossible qu’Astérix et Obélix aient pu y combattre des lions affamés! 


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L’armée romaine :


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Les albums et films d’Astérix ont aussi toujours mis en vedette la puissante armée romaine, souvent ridiculisée par les Gaulois. Si l’habillement et les armes comme le pilum (javelot), le gladius (petite épée) et les sandales sont fidèles à la réalité, il faut toutefois avouer qu’Astérix et Obélix n’auraient jamais pu s’engager dans la légion romaine!


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Colonne trajanne

En effet, seuls les citoyens romains pouvaient faire partie de la légion. Les autres nationalités comme les Gaulois, les Égyptiens, les Grecs, etc., pouvaient combattre dans l’armée romaine, mais dans des troupes dites auxiliaires et avec leur propre équipement. Alors… Astérix légionnaire? Hum…

Ce ne sont que quelques exemples. Profitez bien de ce temps de repos et amusez-vous à identifier vous-mêmes les vrais et les faux dans les dessins animés de vos Gaulois préférés!

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