Une jeune fille sur deux n’aime pas son corps


9 ans et commencer a détester son apparence c’est aberrant ! On passe notre temps homme et femme de dire que la beauté viens de l’intérieur, mais il semblerait qu’entre les mots et les actes c’est deux choses .. On t’on délaissé l’éducation de l’estime de soi sitôt dans la vie des jeunes ?
Nuage

Une jeune fille sur deux n’aime pas son corps

Par Marie-Ève Proulx | Agence QMI

Parmi les Lavalloises âgées entre neuf et 13 ans, une jeune fille sur deux (51 %) n’est pas satisfaite de son corps et souhaiterait être plus mince. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par Québec en forme, auprès de 4754 élèves du primaire de la Commission scolaire de Laval (CSDL).

Mélina, 11 ans, fait d’ailleurs partie des fillettes qui n’aiment pas leur corps.

«Moi, je ne trouve pas que je suis jolie, confie-t-elle. Il y a des filles beaucoup plus belles à mon école.»

Elle ajoute qu’elle se trouve un peu trop grosse. À 11 ans, elle mesure environ 1,6 mètre (5 pi) et pèse à peine 41 kilos (90 lb ). «Une de mes amies pèse 60 livres», réplique la jeune Lavalloise.

Pour Mélina, le modèle de femme parfaite n’est nulle autre que Jennifer Lopez.

«Elle est vraiment belle. Moi et mes amies, on l’aime beaucoup. Elle chante bien et a un corps parfait. J’aimerais bien être comme elle», explique-t-elle.

Ayant commencé en 5e année à se maquiller pour se rendre à l’école, la fillette de 11 ans, aujourd’hui en 6e année, affirme que ses amies aussi ajoutent un brin de couleur à leurs yeux et à leurs lèvres.

Besoin de plaire

Selon sa mère Sophie, il ne fait aucun doute que sa fille fait tout pour faire comme les autres.

«À cet âge, les jeunes se cherchent et se comparent entre eux. Le regard des autres est très important. Il faut qu’elle suive la mode», explique-t-elle, précisant que ce n’est pourtant pas elle qui lui a transmis ce besoin de plaire.

Si 51 % des jeunes filles de 9 à 13 ans ne sont pas satisfaites de leur image corporelle, cette proportion passe à plus de 65 % chez les adolescentes de 16 ans, selon une étude réalisée et publiée récemment par l’Agence de santé et des services sociaux de Laval.

À qui la faute?

Si autant de jeunes filles ont un problème avec leur image corporelle, c’est notamment la faute des médias, mais également celle des parents, selon la sexologue Candy Carrier.

«Bien sûr, il faut invoquer les médias où l’on présente des images non réalistes de la femme à des jeunes filles qui n’ont pas la capacité cognitive de distinguer le vrai du fictif», explique-t-elle.

Pensons juste à la marque H&M qui présentait récemment sa nouvelle collection de bikinis sur des faux mannequins, créés de toutes pièces, mais avec le visage de véritables mannequins.

«Les jeunes filles […] sont très influençables et n’ont pas les outils pour poser un regard critique», poursuit la sexologue.

Mme Carrier confie d’ailleurs qu’elle reçoit énormément de questions d’adolescentes préoccupées par leur poids.

«Elles pensent que c’est pour ça qu’elles n’ont pas de chum, qu’elles ne sont pas populaires.»

Dynamique familiale

Selon Mme Carrier, les parents ont le devoir d’éduquer leurs enfants.

«Il est très important d’aider l’enfant qui regarde la télévision et les publicités qui y sont diffusées. En lui disant des : ‘‘Toi, en vois-tu beaucoup des femmes qui ont l’air de ça? Ou encore qui s’habillent de cette façon? », affirme-t-elle, ajoutant que sa fille de 6 ans lui a récemment dit : «Tu es sexy maman».

«À 6 ans, ce n’est pas normal de connaître ce mot. Ce qu’elle voulait dire en fait c’est : ‘‘Tu es jolie maman ». Dans ces cas-là, c’est important de rectifier le tir. Si on a une tante qui est constamment au régime et qui le déclare ouvertement à tout le monde, il serait peut-être bien également d’en discuter.»

Il est également très important de faire attention à la façon dont on parle de l’autre sexe.

«Si on dit toujours à notre fille que les hommes pensent juste à ça, un jour elle comprendra ce que signifie ‘‘ça » et voudra peut-être adopter ce comportement pour plaire.»

Il faut toutefois faire bien attention à ne pas passer de messages contradictoires, avertit Mme Carrier.

«Il ne faut donc pas leur envoyer de doubles messages. Si une maman tente d’expliquer à sa fille d’être naturelle et qu’elle la trouve belle comme elle est, mais qu’en revanche celle-ci, constamment obsédée par son poids, est toujours au régime, son message ne passera jamais. L’enfant n’est pas dupe et suivra son modèle, soit sa maman si c’est une fille et son papa si c’est un garçon.»

Besoin de plaire

Selon Mme Carrier, le désir de plaire chez la femme arrive très tôt au cours de son développement.

«Présent en nous, ce désir de plaire passe par le désir d’être reconnue par l’homme. Très tôt donc la petite fille fait des rêves romantiques. De là vient l’envie d’être jolie et de plaire», explique-t-elle.

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