Psycho : les manipulations typiques en cas d’harcèlement sexuel


Il faut qu’un scandale arrive pour essayer de décortiquer un drame. Mieux comprendre les techniques que prennent les prédateurs sexuels pourrait peut-être permettre de mieux se protéger ou de reconnaitre une victime d’un prédateur
Nuage

 

Psycho : les manipulations typiques en cas d’harcèlement sexuel

Psycho : les manipulations typiques en cas d'harcèlement sexuel

Psycho : les manipulations typiques en cas d’harcèlement sexuel

Les prédateurs sexuels utilisent des méthodes très efficaces pour isoler, intimider, menacer la victime, puis banaliser la situation.

L’industrie du cinéma hollywoodien est en pleine tourmente depuis les accusations de harcèlement sexuel à l’encontre de Harvey Weinstein, un producteur de cinéma et l’un des hommes les plus puissants du milieu. Cet exemple parmi d’autres rappelle à quel point il est courant pour les hommes dans une position de pouvoir d’intimider les femmes de leur entourage. Mais quelles sont les stratégies utilisées par ces personnes pour manipuler leurs victimes ? La psychologue Melanie Greenberg s’est basée sur l’analyse des interviews, enregistrements et informations de la police pour expliquer les techniques des prédateurs sexuels sur le site Psychology Today.

Isoler

Le moyen le plus simple pour harceler une personne en toute « tranquillité » commence souvent par l’isolement. L’homme peut prétendre devoir s’arrêter chez lui pour prendre quelque chose, et finit par coincer sa victime dans un couloir en profitant de son avantage physique pour la dominer.

Banaliser

En cas de harcèlement sexuel, il arrive souvent que le prédateur essaye de minimiser la situation et qu’il se comporte comme s’il ne s’était rien passé. Ce type de stratégie pousse la femme à se demander si c’est elle qui exagère.

Culpabiliser

Les personnes qui pratiquent le harcèlement utilisent la culpabilité comme arme de manipulation. Il peut, par exemple, provoquer ce sentiment chez sa victime en lui faisant comprendre qu’elle lui doit des faveurs sexuelles par qu’il lui a donné du travail ou l’a aidée dans sa carrière.

Insister

L’insistance ne laisse pas d’autres options à la victime que de répondre fermement, voire brutalement, à des avances. Or, certaines femmes ne sont pas à l’aise avec ce type de réaction, et se retrouvent le dos au mur face à leur agresseur pour ne pas vouloir sembler malpolies.

Menacer

Les prédateurs sexuels utilisent leur pouvoir pour menacer de façon plus ou moins explicite leurs victimes, en leur faisant comprendre que leur refus implique des conséquences graves.

Intimider

Des études psychologiques ont prouvé que, lorsqu’on accorde un petit service à une personne, nous avons du mal à en refuser des plus importants. Un homme peut demander à une femme de lui faire un massage « en toute amitié » ou de rester juste quelques minutes dans sa chambre. Il en profite ensuite pour aller plus loin. La victime a du mal à refuser car elle a l’impression de n’accorder qu’un petit service.

http://www.santemagazine.fr

Aînés: plus d’appels automatisés, recommande un coroner


 

Nous sommes rendus-là ! Des personnes isolées socialement peuvent mourir sans que personnes s’en préoccupe et la découverte d’une personne décédée peut durer des semaines, des mois. Il y a les appels automatisés qui peuvent appeler une fois par jour pour s’assurer que tout va bien … vue qu’appeler un voisin, un parent, un ami est de moins en moins en vogue. Avant un loyer non payer recevait la visite du propriétaire, mais dans bien des cas, le prélèvement  du logement se fait automatiquement sur le compte .. Cela me fait penser à mon voisin, qui était mort depuis 1 semaine et pourtant, il venait d’une famille nombreuse..
Nuage

 

Aînés: plus d’appels automatisés, recommande un coroner

 

 

Davantage d'aînés devraient adhérer à un programme d'appels automatisés qui... (Photo François Roy, archives La Presse)

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

 

PHILIPPE TEISCEIRA-LESSARD
La Presse

Davantage d’aînés devraient adhérer à un programme d’appels automatisés qui envoie les services d’urgence en cas d’inactivité, selon le coroner chargé d’enquêter sur le décès d’une femme dont le corps partiellement momifié a été retrouvé un mois après sa mort.

La femme de Trois-Rivières – aux prises avec des problèmes psychiatriques et «isolée socialement» – ne recevait qu’environ un appel par mois de son fils, selon le Dr Raynald Gauthier. Elle vivait dans un HLM de l’Office d’habitation municipale de Trois-Rivières.

Son corps a été retrouvé en novembre 2015, mais le rapport sur ce décès vient d’être publié. La femme de 65 ans est décédée de causes naturelles.

«Il est navrant de constater que des personnes âgées, isolées socialement et demeurant dans des immeubles de type office d’habitation municipale, peuvent décéder et manquer à l’appel durant des périodes aussi prolongées sans que personne ne puisse s’en inquiéter», a écrit le coroner Gauthier à la fin de son rapport.

Il y recommande aux offices d’habitations du Québec de faire la promotion du programme Pair.

Ce programme «a pour but précisément d’offrir à la communauté une sécurité accrue par un service d’appels quotidiens automatisés», écrit le Dr Gauthier. «Les horaires d’appels sont modulés pour accommoder les horaires de vie de chaque participant. Si un appel ne reçoit pas de réponse, il y a relance; deux ou trois autres appels sont effectués avant de lancer une alerte au 911.»

Ce programme pourrait permettre de sauver des vies, selon lui.

http://www.lapresse.ca

Ne plus rire des gros


Avez-vous déjà remarqué quand on veut faire une satire sur la paresse, l’inaction, le mangeur d’aliments gras, on met des personnes obèses en scène. Il y a beaucoup de préjugés face au surpoids. Cela devient de la discrimination, qui n’aide en rien ces personnes. Cette discrimination se poursuit même pour la recherche d’emploi, face au médecin, etc. Ce texte est long, mais cela vaut la peine de le lire jusqu’au bout, pour changer notre attitude face à l’obésité
Nuage

 

Ne plus rire des gros

 

Fainéants. Pas intelligents. Sans volonté. Laids. Les obèses... (photo masterfile)

Fainéants. Pas intelligents. Sans volonté. Laids. Les obèses sont victimes de préjugés qui leur font mal.

PHOTO MASTERFILE

MARIE ALLARD
La Presse

Fainéants. Pas intelligents. Sans volonté. Laids. Les obèses sont victimes de préjugés qui leur font mal. Cette grossophobie est l’une des dernières discriminations tolérées ouvertement. Quand cessera-t-on de confondre lutte contre l’obésité et lutte contre les obèses?

À bas la grossophobie

«Même si je m’injecte du gâteau, il faut quand même que tu me traites comme un humain», dit Gabrielle Lisa Collard.

La jeune femme, qui ne s’injecte évidemment pas de gâteau, n’en peut plus que les gros (un terme qu’elle utilise) soient jugés. Stigmatisés. Considérés comme des citoyens de seconde zone.

«Les gens pensent que les gros sont moins intelligents, sales, lents», regrette la vive Montréalaise, auteure du blogue taille plus Dix octobre.

À Paris, Daria Marx se décrit aussi comme «une femme grosse» et «une militante féministe et anti-grossophobie». Grosso quoi? «

La grossophobie regroupe l’ensemble des discriminations faites aux personnes grosses», explique-t-elle.

Étymologiquement, la grossophobie est la peur des gros. Et la crainte d’être contaminé par «l’épidémie d’obésité» dénoncée par l’Organisation mondiale de la santé.

«Dans les sociétés occidentales postindustrielles, il existe une vision hyper individualiste qui valorise l’idée qu’une personne peut être en plein contrôle de son existence», avance Audrey Rousseau, candidate au doctorat en sociologie à l’Université d’Ottawa.

Le gros, supposé sans volonté, est incompatible avec le culte de la performance. Donc, indésirable. On confond lutte contre l’obésité et lutte contre les obèses.

Hausse de la discrimination

En 1995-1996, 7 % des adultes américains rapportaient avoir été victimes de discrimination liée au poids. En 2004-2006, ce taux avait grimpé à 12 %, selon le Yale Rudd Center for Food Policy & Obesity.

La discrimination en raison du poids «a maintenant une prévalence semblable à la discrimination raciale aux États-Unis», d’après une étude parue en 2010 dans l’American Journal of Public Health.

«Aujourd’hui, plus personne ne pense à faire une blague sur la couleur de la peau, l’orientation sexuelle ou la religion, mais on continue à faire des blagues sur les gros et les grosses», constate Julie Noreau, une ex-obèse.

Elle-même a souvent entendu des gens imiter le «Bip! Bip! Bip!» d’un camion qui recule quand elle faisait un pas en arrière.

«Pourquoi c’est accepté?», demande-t-elle.

«Vu que c’est de « notre faute » si on est gros, c’est encore fair game dans l’esprit des gens, croit Gabrielle Lisa Collard. Le commun des mortels pense qu’un gros est forcément responsable de son poids. Soit de l’avoir pris, soit de ne pas être capable de le perdre. Ce n’est pas si simple que ça. Mais les gens ne le savent pas. Ils ne savent pas que les régimes ne fonctionnent pas. Des gros, comme des gens pas gros, pensent comme ça. Ils se sentent super coupables s’ils perdent du poids et le regagnent. Pourtant, ça arrive dans 95 % des cas.»

À force de régimes, le métabolisme s’ajuste à la baisse et brûle de moins en moins de calories. C’est un cercle vicieux, méconnu des gens qui ont toujours été minces.

«Les préjugés envers les personnes en surpoids sont tellement internalisés qu’on ne se rend parfois pas compte qu’on en a, observe Andrée-Ann Dufour Bouchard, chef de projet chez ÉquiLibre, un organisme qui vient en aide aux personnes préoccupées par leur poids. Ça touche tout le monde: les jeunes, les adultes, les professionnels de la santé, les obèses eux-mêmes. C’est omniprésent.»

Et ça s’apprend tôt. À 11 mois, les bébés préfèrent regarder des photos de gens obèses plutôt que de poids normal. Mais dès 2 ans et 8 mois, c’est le contraire, selon une étude parue dans le Journal of Experimental Child Psychology en 2016. C’est corrélé aux préjugés anti-gros des mères: plus elles en ont, plus les enfants détournent le regard des obèses.

Effets négatifs

Et si les commentaires désagréables et les regards désobligeants aidaient les gros à enfin maigrir?

«Au contraire, c’est bien documenté que la stigmatisation est associée à plein d’impacts négatifs sur la santé physique et mentale», dit Andrée-Ann Dufour Bouchard.

Dépression, honte, arrêt du sport, isolement, régimes draconiens et troubles du comportement alimentaire s’ensuivent.

«Si la stigmatisation poussait les gens à « se prendre en mains », il y aurait moins de personnes en surpoids, fait valoir la nutritionniste d’ÉquiLibre. Ça n’a pas fonctionné du tout.»

En effet: le taux d’obésité est passé de 14 % à 18,2 % chez les adultes entre 2003 et 2013-2014, selon l’Institut de la statistique du Québec.

La solution? Mieux informer et éduquer.

«Il faut aussi arrêter de penser qu’être gros et être en santé, c’est mutuellement exclusif, martèle Gabrielle Lisa Collard. Tu peux être les deux.»

 Elle-même dit bien manger et faire du sport régulièrement.

«Non, j’suis pas faible, écrit-elle sur son blogue. T’essaieras pour le fun de faire 30 minutes de vinyasa yoga par jour avec l’équivalent en poids de Vin Diesel accroché à ton cul.»

Même constat chez Julie Noreau, qui a perdu du poids mais ne correspond pas «aux standards habituels» de minceur.

«Est-ce que je m’entraîne? Est-ce que je mange bien? Est-ce que je fais attention à moi? Oui, dit-elle. C’est ça, être en forme. Être en forme, ce n’est pas un chiffre sur une balance.»

Étymologiquement, la grossophobie est la peur des gros.... (photo masterfile) - image 2.0

Étymologiquement, la grossophobie est la peur des gros. Et la crainte d’être contaminé par «l’épidémie d’obésité» dénoncée par l’Organisation mondiale de la santé.

PHOTO MASTERFILE

Lourdes conséquences

La discrimination basée sur le poids touche plusieurs sphères de la vie des personnes obèses. Quelques exemples.

Travail

Les femmes obèses rapportent huit fois plus souvent que les femmes de poids normal avoir été discriminées à l’embauche en raison de leur apparence physique, selon le 9e Baromètre du Défenseur des droits de la France et de l’Organisation internationale du travail, paru en 2016. Les hommes obèses? Trois fois plus souvent. Même pour être bénévole, il faut combattre les préjugés. Julie Noreau, une enseignante, s’est fait demander son poids quand elle a voulu se joindre à un organisme qui aide les enfants.

«Les responsables m’ont dit qu’ils cherchaient des personnes qui avaient de bonnes habitudes de vie, se souvient-elle. Ça m’avait complètement démolie.»

Santé

Près de 70 % des femmes en surpoids ou obèses ont vécu de la stigmatisation de la part de médecins, selon une étude citée par le Rudd Center for Food Policy & Obesity de l’Université Yale.

«Tu consultes parce que tu as mal à une épaule et tu te fais dire de perdre 40 livres, illustre Gabrielle Lisa Collard. Le reste de tes problèmes de santé est complètement ignoré.»

Sur le blogue Dix octobre, une jeune femme ronde raconte avoir consulté à 12 ans pour des douleurs à la jambe gauche. Par deux fois, un médecin lui a dit de faire de l’exercice et de perdre du poids. Diagnostic final? Elle avait une tumeur cancéreuse. C’est vrai, l’obésité – surtout viscérale – augmente le risque de développer plusieurs problèmes de santé. Mais il ne faut pas occulter le reste. Ni pousser les obèses à fuir les médecins.

Chirurgie bariatrique

Un obèse qui consulte un médecin pour une bronchite ou une otite peut se faire conseiller une… intervention chirurgicale bariatrique pour maigrir.

«La pression est folle, dit Gabrielle Lisa Collard. Je me suis fait offrir une chirurgie bariatrique plein de fois, même si je n’ai pas de problèmes de santé ni de mobilité. J’ai l’impression que dans 50 ans, collectivement, on ne va pas être super fiers d’avoir coupé des morceaux d’estomac aux gens au lieu de les encourager à s’aimer assez pour aller faire une marche, manger une poire et être heureux. Réduire la surface d’une personne, ça ne traite pas l’intérieur.»

Image

«Les photos utilisées pour illustrer des statistiques sur l’obésité, c’est toujours quelqu’un assis sur un divan ou mangeant un gros hamburger», dénonce Andrée-Ann Dufour Bouchard, de l’organisme ÉquiLibre.

L’image donnée des personnes en surpoids est rarement positive.

«La représentation des gros, c’est quelqu’un qui passe à travers une chaise, qui fait des bruits de pets ou qui braille dans un gâteau, regrette Gabrielle Lisa Collard. Forcément, t’es gros, t’es sale et tu manges du poulet frit dans un seau.»

Fainéants. Pas intelligents. Sans volonté.... (Photo fournie par l’éditeur) - image 3.0

Agrandir

PHOTO FOURNIE PAR L’ÉDITEUR

Gabrielle n’est pas née grosse

Septembre 2016. Dans une auberge de jeunesse de Paris, Gabrielle Deydier dort nue, une serviette autour du ventre. À deux heures du matin, une Américaine tire le rideau de son lit-cabine et pointe son téléphone sur elle, lampe de poche allumée.

«Biggie sur YouTube! hurle-t-elle. Biggie, biggie, biggie

La direction de l’auberge a mis l’Américaine dehors et surclassé Gabrielle Deydier, qui pèse 150 kg, dans une chambre individuelle. L’anecdote, suintant la haine, est racontée dans l’introduction d’On ne naît pas grosse, le livre qu’elle fait paraître le 15 juin aux Éditions Goutte d’Or.

On ne naît pas femme, on le devient, selon la thèse de Simone de Beauvoir. Les inégalités entre les hommes et les femmes sont culturellement construites, pas naturelles. De même, les gros ne naissent pas inférieurs, écrit Gabrielle Deydier, qui s’est lancée dans une double investigation, à la fois sur le rapport de la société avec la femme grosse et sur l’origine de sa propre obésité. Une enquête fouillée et troublante.

Erreur médicale

À 17 ans, Gabrielle Deydier pesait 65 kg. Sa mère la jugeant grosse, elle s’est rendue chez un nutritionniste endocrinologue, qui lui a diagnostiqué une maladie des glandes surrénales. Il lui a prescrit des hormones, des médicaments, un régime hypocalorique, des coupe-faim et des boissons diurétiques. Des furoncles sont apparus sur son visage. Le régime strict l’a poussée à vider les placards la nuit. Peu après Noël, la jeune Française pesait 120 kg et s’isolait. Son poids avait doublé en moins d’un an.

Ce n’est qu’à presque 24 ans que Gabrielle Deydier apprendra qu’elle ne souffre pas d’une maladie des glandes surrénales, mais d’ovaires micropolykystiques. Il lui faudra attendre bien plus longtemps avant d’avouer qu’elle alterne des phases de jeûne prolongé avec de l’hyperphagie, alors qu’elle absorbe de grandes quantités de nourriture sans se faire vomir.

«À aucun moment, je ne veux qu’on croie que je glorifie l’obésité, dit Gabrielle Deydier, jointe par téléphone à Paris. Mais il faut accepter les gens.»

Ce n’est pas toujours le cas. Les jeunes obèses en Suède, au Royaume-Uni et aux États-Unis sont payés 18 % de moins que les personnes de poids normal, selon l’étude Fat Doesn’t Pay, citée par l’auteure.

«Plusieurs fois, en entretien d’embauche, on m’a dit que je ne correspondais pas à l’image de dynamisme de l’entreprise. Les gens n’ont pas de filtre quand ils s’adressent aux gros. Et comme les personnes grosses ne se plaignent pas…»

Femmes sous bistouri

Plutôt que de se plaindre, les obèses subissent des interventions chirurgicales bariatriques, sans suivi suffisant. Cela revient à coudre les lèvres d’une personne qui n’arrive pas à arrêter de fumer, selon Gabrielle Deydier.

«Sur 10 personnes qui se font opérer, 8 sont des femmes, observe-t-elle. Alors que la proportion d’hommes et de femmes chez les obèses est quasiment équivalente.»

L’obésité ne fait qu’amplifier «les complexes que ressentent, en fait, presque toutes les femmes», analyse l’auteure.

Elle souhaite qu’on éduque les gens.

 «Comme on fait des campagnes contre le racisme, il faut expliquer que ce n’est pas en s’en prenant au petit gros dans la classe, au travail ou dans le métro qu’on va régler quoi que ce soit», fait-elle valoir.

«L’obésité, c’est une maladie qui peut avoir des conséquences dramatiques, convient Gabrielle Deydier. Mais est-ce que lutter contre l’obésité, c’est lutter contre les obèses? Il se trouve que moi, ma maladie se voit. Est-ce une raison pour que je ne sois pas socialisée?»

______________________________________________

On ne naît pas grosse. Gabrielle Deydier. Éditions Goutte d’Or.

Les croyances erronées à propos de l’obésité font mal, en contribuant à la stigmatisation des personnes en surpoids.

PHOTO MASTERFILE

Cinq mythes à combattre

Les croyances erronées à propos de l’obésité font mal, en contribuant à la stigmatisation des personnes en surpoids. Voici cinq mythes déconstruits par Jean-Philippe Chaput, professeur-chercheur en pédiatrie à l’Université d’Ottawa et au Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario.

Manger trop et ne pas bouger assez, voilà les causes de l’obésité

«L’obésité est une problématique vraiment complexe», dit Jean-Philippe Chaput.

De nombreux autres facteurs peuvent expliquer l’excès de poids: le manque de sommeil, le stress, les perturbateurs endocriniens, les troubles alimentaires, les médicaments, etc.

«Au congrès du Réseau canadien en obésité, à Banff en avril, des gens obèses ont dit avoir vécu beaucoup de problèmes de santé mentale, d’abus et de discrimination», illustre le chercheur.

Dans ces circonstances, trop manger et être inactif peuvent être des symptômes d’autres maux, plutôt que des causes.

Les gros ne sont pas en santé, les minces le sont

«On met trop l’accent sur le poids, qui est un indicateur de la santé parmi d’autres, note M. Chaput. Bien manger, bien dormir, gérer notre stress, bouger, réduire le temps passé devant un écran, ne pas fumer : tout cela fait en sorte qu’on est en bonne santé, sans égard à notre poids.»

«On pense que tous les obèses sont malades, mais environ un tiers des gens obèses sont en bonne santé, affirme le chercheur. Et environ un tiers des gens minces sont en mauvaise santé et devraient changer leurs comportements. Comme on se base toujours sur l’indice de masse corporelle (IMC), on surtraite les gens obèses et on sous-traite des gens minces. Le meilleur poids, c’est celui qu’on a avec les meilleures habitudes de vie possible.»

Les obèses sont paresseux

«Il y a une épidémie d’inactivité physique au Canada, rappelle M. Chaput. Tout le monde ne bouge pas assez, autant les minces que les personnes en surplus de poids.»

À peine 10 % des jeunes Canadiens font une heure d’activité physique d’intensité moyenne à vigoureuse par jour, comme recommandé.

Seuls de 15 % à 20 % des adultes font les 30 minutes par jour d’activité d’intensité moyenne à vigoureuse suggérées.

«Il n’y a pas de grosses différences selon le poids corporel», souligne M. Chaput.

La santé de bien des Canadiens – pas seulement des obèses – est menacée par cette inactivité.

Les régimes fonctionnent

«À peu près 95 % des gens qui font une diète reprennent le poids perdu», affirme M. Chaput. Ceux qui réussissent à maintenir leur perte de poids pendant cinq ans «se pèsent tous les jours, bougent 90 minutes par jour et restreignent leur alimentation au maximum», décrit le chercheur.

Perdre du poids à long terme est difficile, parce que le métabolisme diminue après un régime. Au repos, le corps brûle moins de calories qu’avant. Quant aux cellules graisseuses, elles envoient plus de signaux de faim au cerveau.

«C’est pour ça qu’il n’y a présentement pas de bon traitement pour l’obésité, souligne M. Chaput. Même avec la chirurgie bariatrique, on voit des regains de poids. Le meilleur traitement, c’est la prévention.»

La perte de poids n’a pas d’effets indésirables

Une importante perte de poids peut causer une rémission du diabète, soulager les articulations, améliorer l’estime de soi, etc.

«Mais ça entraîne aussi des effets secondaires», indique M. Chaput.

L’appétit augmente, le métabolisme diminue et la tendance vers l’hypoglycémie s’accentue. Des taux plus élevés de polluants organiques persistants se retrouvent dans le sang.

«On voit aussi beaucoup de dépressions chez les gens qui ont eu des chirurgies bariatriques», ajoute le chercheur.

Maigrir n’est pas une solution magique.

http://www.lapresse.ca

L’épidémie de solitude


Au Canada, il y a une épidémie de solitude et je crois que dans d’autres pays, c’est la même chose. C’est surtout à l’automne que les gens s’encabanent et s’isolent des autres.
Nuage

 

L’épidémie de solitude

 

 

s

 

Robert Whitley

Professeur adjoint au département de psychiatrie de l’Université McGill, chercheur à l’Institut Douglas

Août arrive à sa fin et l’automne approche à grands pas. Cette transition peut parfois s’avérer difficile. L’automne est synonyme de journées plus froides et de nuits plus longues. Il peut aussi signifier plus de travail et moins de temps avec la famille et les amis, offrant moins de possibilités de socialisation et de connexion.

Ceci est particulièrement préoccupant étant donné que les statistiques récentes suggèrent que nous connaissons une épidémie de solitude au Canada.

Par exemple, le nombre de personnes vivant seules a augmenté de façon spectaculaire au cours des dernières années, avec près d’un ménage sur trois ayant seulement un occupant. Le taux de mariage est à son plus bas, tandis que le taux de divorce atteint un niveau record, avec plus de 40% des mariages se terminant en divorce. L’adhésion à des organisations telles que les syndicats, les associations civiques et les clubs sportifs a également diminué abruptement. Les gens ont donc moins d’opportunité pour rencontrer des personnes semblables et se lier d’amitié.

Les médias sociaux ont joué un rôle important dans cette épidémie de solitude. Les statistiques indiquent qu’un nombre grandissant de Canadiens passe de plus en plus de temps sur les médias sociaux et de moins en moins de temps en personne. Or, de nombreuses études suggèrent que ce comportement peut nuire à la santé mentale. En effet, une étude de l’Université de Pittsburgh publiée plus tôt cette année indique que les gros utilisateurs de médias sociaux sont 2,7 fois plus susceptibles d’être déprimés que les autres.

D’autres études indiquent une corrélation entre l’isolement social et les problèmes de santé mentale, notamment le suicide, l’anxiété et la toxicomanie. Ceci est particulièrement vrai pour les personnes qui subissent des transitions de vie pouvant mener à l’isolement et la solitude, telles que le divorce, la perte d’emploi et le déménagement.

Même manger seul peut être mauvais pour la santé mentale. Une récente étude menée par le Dr Frank Elgar à McGill montre que diner en famille fréquemment peut contribuer au bien-être émotionnel et à une meilleure satisfaction de la vie chez les adolescents.

De nombreuses recherches démontrent que maintenir des liens sociaux denses et significatifs est bénéfique pour la santé mentale. Ceci comprend le soutien de la famille et des amis, ainsi que la participation à des communautés de soutien tel que les syndicats, les églises, les associations civiques et les clubs sportifs. Certaines nouvelles études suggèrent même que de bavarder avec des étrangers ou du personnel de vente peut améliorer le bien-être et la santé mentale.

Nous avons tous un rôle à jouer afin de lutter contre cette épidémie de solitude. Nous pouvons redoubler d’efforts pour soutenir et socialiser avec ceux qui ont des tendances solitaires. Nous pouvons bavarder avec des étrangers et du personnel de vente en échangeant quelques mots amicaux. Nous pouvons passer moins de temps sur les médias sociaux et plus de temps en personne. Ces gestes profitent à la santé mentale de celui qui donne comme de celui qui reçoit.

La morale de cette histoire: il est bon de parler, il est bon de casser la croûte ensemble, et il n’est pas bon que l’homme soit seul. Rappelez-vous de ces mots quand août se terminera et que l’automne commencera.

Êtes-vous dans une situation de crise? Besoin d’aide? Si vous êtes au Canada, trouvez des références web et des lignes téléphoniques ouvertes 24h par jour dans votre province en cliquant sur ce lien.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

La solitude, cause de maladies mentales ?


La solitude peut être pesante surtout, si la personne n’a pas d’amis, pas de bons contacts avec d’autres et s’isolent de plus, cela peut affecter sa santé mentale. Je pense beaucoup aux personnes âgées, que leurs familles ne viennent que de temps en temps et meurent sans que personne le sache .. Comme mon voisin, cela a pris 4 à 6 jours, avant qu’il soit découvert.
Nuage

 

La solitude, cause de maladies mentales ?

 

En 2013, cinq millions de personnes étaient en « situation d’isolement ». Cela se traduit par peu ou pas de contacts familiaux, professionnels ou amicaux…

D’après une étude menée par la Fondation de France, « la pauvreté reste déterminante dans la solitude », qui peut elle-même devenir dangereuse pour la santé.

Plus de problèmes de santé mentale

Une étude australienne menée par la Swinburne University of Technology a démontré que le sentiment de solitude pourrait conduire à des problèmes plus graves de santé mentale comme la dépression, l’anxiété sociale ou la paranoïa.

En 2014, un Français sur huit était seul et une personne âgée sur quatre l’était également. En deux ans (de 2013 à 2015), le nombre de personnes isolées a augmenté de quatre millions, ce qui représentait en 2015 15 % de la population. Pour comprendre cette situation que vivent des millions de personnes, l’étude s’est penchée sur la question en suivant 1 000 personnes âgées de 18 à 87 ans, sur une période de six mois.

À noter que la dépression et la solitude restent deux faits psychologiques bien distincts : la solitude porte plus spécifiquement sur les relations, tandis que la dépression englobe plus généralement la santé mentale.

Les anxieux sont plus susceptibles d’être seuls à l’avenir

D’après un chercheur de l’ Université de technologie de Swinburne, Michelle Lim, pour The Conversation, « la solitude est couramment utilisée pour décrire un état émotionnel négatif connu quand il y a une différence entre les relations que l’on veut avoir et celles que l’ on a réellement. (…) Les chercheurs ont trouvé que la solitude (…) est davantage liée à la qualité des relations, plutôt qu’à la quantité. Une personne seule se sent incomprise par les autres, et pense qu’elle n’aura jamais de relations significatives ».

Le constat est tel que la solitude est susceptible d’augmenter le risque des problèmes de santé mentale. L’inverse n’étant pas prouvé, seule l’anxiété sociale augmenterait le risque de solitude, du fait que ces personnes évitent généralement les interactions sociales. La solitude peut également amener à une mauvaise santé physique et augmente les risques de développer de maladie d’Alzheimer.

http://www.passeportsante.net/

Il faut réapprendre à apprécier ces moments que l’on passe seul


Aujourd’hui, nous sommes tellement connectés que nous n’avons plus vraiment de moment en tête-à-tête avec notre moi. Les moments de solitude pour plusieurs font peur, et pourtant, ce sont des moments privilégiés que nous devrions prendre une pause seul avec soi-même pour se faire une bonne jasette
Nuage

 

Il faut réapprendre à apprécier ces moments que l’on passe seul

La solitude, cette préoccupation majeure, pourtant pleine de bienfaits | Bert Kaufmann via Flickr CC License by

La solitude, cette préoccupation majeure, pourtant pleine de bienfaits | Bert Kaufmann via Flickr CC License by

Repéré par Cyril Simon

La tâche est de moins en moins aisée en ces temps de contact permanent. Pourtant, prendre du temps pour soi, rien qu’à soi reste toujours aussi salvateur.

Alors que partir en vacances seul devient de plus en plus courant, il n’est jamais mauvais de rappeler les vertus d’une tranche de solitude. Selon une enquête Ifop réalisée pour la Fondation de France en juillet 2015, 80% des Français avouent ainsi que la solitude est devenue une préoccupation majeure. Une crainte justifiée puisque, selon la même étude, un Français sur huit souffre d’être seul. Il faut néanmoins différencier la solitude de l’isolement, sa version subie sur le long terme. Des critères à la fois quantitatifs et qualitatifs sont à considérer.

Pendant longtemps, la psychologie sociale définissait la solitude d’un point de vue physique et spatial. L’omniprésence des moyens de communication numériques nous oblige aujourd’hui à reconsidérer la question en profondeur, explique Scott Campbell, professeur de télécommunication à l’université du Michigan pour The Conversation. Quitte à se demander s’il est encore vraiment possible expérimenter la solitude, et par conséquent de l’étudier?

Sherry Turkle, professeur au MIT, est loin de faire l’unanimité avec son dernier essai,Reclaiming Conversation, une critique acerbe du monde numérique et de la dégradation des relations en tête à tête. Désormais, déplore-t-elle, on ne subit plus de moment où on est seul. Potentiellement, internet nous permet de ne jamais l’être. Un vrai problème, car être seul a ses mauvais côtés (problèmes de santé), mais aussi ses bons côtés (la créativité).

«Dans la solitude, nous nous trouvons nous-mêmes. Nous nous préparons à entamer une conversation.»

Connectés partout

Derrière ce phénomène, on retrouve le diktat de la disponibilité, l’impératif social d’être connecté. Selon une étude de Common Sense Media, une association américaine à but non-lucratif, 80% des adolescents indiquent regarder leur smartphone une fois par heure. 72% ressentent le besoin de répondre immédiatement à un message.

Le phénomène risque même de s’accentuer en raison de la multiplication des nouveaux outils mobiles, comme les montres connectées ou les lunettes Google Glass. Des objets du quotidien remplissent le rôle du téléphone portable, et invisibilisent notre connexion permanente… au risque de jouer avec sa vie et celle des autres, comme lorsqu’on répond à un texto au volant. Robert Campbell n’hésite pas à qualifier ces technologies de «seconde peau» plus que d’«une innovation».

Hervé Magnin,  psychothérapeute et auteur de La Positive Solitude, mesure la difficulté à faire de cet état de solitude un moment heureux.

«Il faut avoir une certaine estime de soi, affirme-t-il dans l’Express. Il faut s’entendre avec soi-même, se satisfaire de sa propre compagnie, ce n’est pas toujours facile, cela peut nécessiter un travail sur soi.» 

http://www.slate.fr/

Le Saviez-Vous ► L’origine des prisons


Je présume que les prisonniers d’aujourd’hui du moins dans certains pays comme le Canada, États-Unis, la France, n’auraient pas voulu être en prison d’autrefois. Souvent maltraités, voir déporté pour les travaux forcés ou encore isolés étaient la vie des prisonniers .. à moins que plus loin dans le temps, la prison était une mise en attente d’un châtiment corporel
Nuage

 

L’origine des prisons

 

Il existe des prisons dans tous les pays du monde, quelque soit l’idéologie dont il se réclame. Pourtant, face à la montée de la violence et à l’accroissement de la criminalité, il semble bien que l’arsenal des moyens dont dispose la justice, et dont la prison fait partie, se révèle souvent inefficace.

Le système pénitentiaire à la veille du 19e siècle

Prison Saint-Michel(1854-1862), Toulouse. La façade du castelet d’entrée, traité dans le goût néo-médiéval. Architecte : Jacques-Jean Esquié Jacques-Jean Esquié (1817–1884)

L’origine des prisons remonte à la plus haute antiquité. Toutefois, jusqu’à la fin du XVIIIe (18e) siècle, les prisons étaient considérées plus comme une mesure de sureté et d’intimidation que comme un moyen d’amendement. Cela s’explique par le fait qu’on y plaçait les individus attendant d’être jugés ou de subir un châtiment corporel (potence, roue, poing coupé, langue percée d’un fer chaud…), ou ceux qui étaient mis arbitrairement au cachot sur l’ordre de l’autorité souveraine.

Au XVIIIe siècle, les idées en matière de peine ont subi une profonde évolution. Dès 1703, le pape Clément XI faisait écrire ceci sur les murs de la prison Saint-Michel à Rome :

« Il ne suffit pas d’effrayer les hommes malhonnêtes par la menace de la peine, il faut les rendre honnêtes par son régime.»

Sous l’influence de  certains théoriciens, notamment de l’Italien Beccaria, qui préconisait l’emprisonnement, et de l’Anglais Howard, qui recommandait le travail et l’éducation religieuse pour amender les coupables, la législation pénale s’adoucit dans la plupart des pays à la fin du XVIIIe et au début du XIXe (19e) siècle. De nombreux cas de peine de mort ont été abandonnés, les châtiments corporels ont été remplacés par les peines privatives de liberté qui sont devenues la sanction normale des crimes et des délits. Toutefois, comme les châtiments corporels, ces peines visaient à provoquer la souffrance physique et morale du coupable. Tous les condamnés étaient réunis en permanence dans un même lieu. Tout au plus, on séparait les hommes des femmes. Les prisonniers étaient souvent livrés à eux-mêmes et souvent maltraités à juste titre qu’ils ne recevaient que le minimum vital pour la nourriture. Voici un peu comment était le système pénitentiaire en vigueur à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle. Ce système a lentement régressé, car il était lié aux institutions monarchiques et il était aussi influencé par la conception chrétienne du rachat des fautes par la mortification.

L’initiative de mesures de réformes pénitentiaires

Prison Alcatraz

L’idée d’une reforme du régime pénitentiaire est venu des États-Unis, où deux méthodes ont été expérimentées. L’une est née à Philadelphie en 1829 et a reçu le nom de «système pennsylvanien». L’autre, mise au point à la prison d’Auburn dans l’État de New York, vers 1825 a été désignée sous le terme de «système auburnien».

 Cela dit, le système pennsylvanien obéissait à un principe unique et rigoureux. Entre autres, les détenus devaient être soumis à un isolement absolu, de jour comme de nuit. Aussi, ils étaient astreints à de durs travaux, malgré la difficulté de trouver des tâches adaptées à ce mode de réclusion. Or, si l’isolement protège contre les dangers de corruption que présente la fréquentation d’autres détenus, il peut conduire certains individus au bord de la folie. Par ailleurs, la mise en œuvre d’un tel système était forcement très couteux. Pourtant, ce système a connu une certaine faveur au XIXe siècle, surtout en Europe et particulièrement en France.

 Quant au système auburnien, il avait un caractère moins sévère, car les détenus étaient isolés en cellules la nuit seulement. Dans la journée, ils travaillaient et prenaient leur repas en commun. Mais ils devaient respecter un silence absolu. Ce régime, qui avait l’avantage de faciliter l’organisation du travail a été très souvent préféré au système pennsylvanien aux États-Unis.

L’évolution de méthodes d’emprisonnement

Ce n’est que dans la seconde moitié du XIXe siècle que l’intention d’amender par l’emprisonnement se dégage véritablement. Elle a grandement inspiré les créateurs du régime progressif, ou régime irlandais. Celui-ci combinait les avantages des systèmes précédents : partant de l’isolement  complet, on conduisait les prisonniers à la liberté en passant par différentes étapes, de moins en moins sévères. La bonne conduite du sujet était la condition de sa progression, et le retour à la liberté était sa progression, et le retour à la liberté était précédé d’une sorte d’apprentissage (travail à l’extérieur de la prison, liberté surveillée). Si l’attitude des délinquants le justifiait, ils pouvaient bénéficier d’une mise en liberté conditionnelle. Ce système, assez libéral, a été largement expérimenté.

Parallèlement, une toute autre méthode a été mise en pratique dans les pays qui possédaient des colonies, comme la France, l’Angleterre et la Russie. Elle constituait à déporter dans ces territoires, les condamnés dont on voulait se séparer définitivement. Les détenus étaient soumis aux travaux les plus rudes (terrassement, extraction des roches). Ils remplaçaient les esclaves et exploitaient les richesses d’un pays où le séjour était rendu pénible par les conditions climatiques. Ainsi, les établissements pénitentiaires français de Nouvelle-Calédonie, de Guyane, où étaient enfermés les condamnés aux travaux forcés, fournissaient une main-d’œuvre gratuite à ces régions lointaines.

L’apparition de la notion de traitement pénitentiaire

Vers la fin du XIXe siècle, les mouvements positiviste et scientifique, inspirés des travaux de l’Italien Lombroso, ont conduit à l’étude méthodique de la personnalité des délinquants. La notion de rééducation a été alors pensée, et l’on s’est efforcé de lui donner une forme plus positive, plus active. Un comité anglais a insisté sur la nécessité de faire sortir de prison des hommes et des femmes meilleurs qu’ils ne l’étaient en y entrant. C’est-à-dire, en fait, mieux armés moralement. De son côté, le Français Saleilles soutenait que la souffrance est inutile pour transformer le criminel en honnête homme. Peu à peu, on a vu apparaître et se développer, jusqu’à nos jours, la notion de traitement pénitentiaire. 

http://ong-asd.blogspot.ca/