Ne plus rire des gros


Avez-vous déjà remarqué quand on veut faire une satire sur la paresse, l’inaction, le mangeur d’aliments gras, on met des personnes obèses en scène. Il y a beaucoup de préjugés face au surpoids. Cela devient de la discrimination, qui n’aide en rien ces personnes. Cette discrimination se poursuit même pour la recherche d’emploi, face au médecin, etc. Ce texte est long, mais cela vaut la peine de le lire jusqu’au bout, pour changer notre attitude face à l’obésité
Nuage

 

Ne plus rire des gros

 

Fainéants. Pas intelligents. Sans volonté. Laids. Les obèses... (photo masterfile)

Fainéants. Pas intelligents. Sans volonté. Laids. Les obèses sont victimes de préjugés qui leur font mal.

PHOTO MASTERFILE

MARIE ALLARD
La Presse

Fainéants. Pas intelligents. Sans volonté. Laids. Les obèses sont victimes de préjugés qui leur font mal. Cette grossophobie est l’une des dernières discriminations tolérées ouvertement. Quand cessera-t-on de confondre lutte contre l’obésité et lutte contre les obèses?

À bas la grossophobie

«Même si je m’injecte du gâteau, il faut quand même que tu me traites comme un humain», dit Gabrielle Lisa Collard.

La jeune femme, qui ne s’injecte évidemment pas de gâteau, n’en peut plus que les gros (un terme qu’elle utilise) soient jugés. Stigmatisés. Considérés comme des citoyens de seconde zone.

«Les gens pensent que les gros sont moins intelligents, sales, lents», regrette la vive Montréalaise, auteure du blogue taille plus Dix octobre.

À Paris, Daria Marx se décrit aussi comme «une femme grosse» et «une militante féministe et anti-grossophobie». Grosso quoi? «

La grossophobie regroupe l’ensemble des discriminations faites aux personnes grosses», explique-t-elle.

Étymologiquement, la grossophobie est la peur des gros. Et la crainte d’être contaminé par «l’épidémie d’obésité» dénoncée par l’Organisation mondiale de la santé.

«Dans les sociétés occidentales postindustrielles, il existe une vision hyper individualiste qui valorise l’idée qu’une personne peut être en plein contrôle de son existence», avance Audrey Rousseau, candidate au doctorat en sociologie à l’Université d’Ottawa.

Le gros, supposé sans volonté, est incompatible avec le culte de la performance. Donc, indésirable. On confond lutte contre l’obésité et lutte contre les obèses.

Hausse de la discrimination

En 1995-1996, 7 % des adultes américains rapportaient avoir été victimes de discrimination liée au poids. En 2004-2006, ce taux avait grimpé à 12 %, selon le Yale Rudd Center for Food Policy & Obesity.

La discrimination en raison du poids «a maintenant une prévalence semblable à la discrimination raciale aux États-Unis», d’après une étude parue en 2010 dans l’American Journal of Public Health.

«Aujourd’hui, plus personne ne pense à faire une blague sur la couleur de la peau, l’orientation sexuelle ou la religion, mais on continue à faire des blagues sur les gros et les grosses», constate Julie Noreau, une ex-obèse.

Elle-même a souvent entendu des gens imiter le «Bip! Bip! Bip!» d’un camion qui recule quand elle faisait un pas en arrière.

«Pourquoi c’est accepté?», demande-t-elle.

«Vu que c’est de « notre faute » si on est gros, c’est encore fair game dans l’esprit des gens, croit Gabrielle Lisa Collard. Le commun des mortels pense qu’un gros est forcément responsable de son poids. Soit de l’avoir pris, soit de ne pas être capable de le perdre. Ce n’est pas si simple que ça. Mais les gens ne le savent pas. Ils ne savent pas que les régimes ne fonctionnent pas. Des gros, comme des gens pas gros, pensent comme ça. Ils se sentent super coupables s’ils perdent du poids et le regagnent. Pourtant, ça arrive dans 95 % des cas.»

À force de régimes, le métabolisme s’ajuste à la baisse et brûle de moins en moins de calories. C’est un cercle vicieux, méconnu des gens qui ont toujours été minces.

«Les préjugés envers les personnes en surpoids sont tellement internalisés qu’on ne se rend parfois pas compte qu’on en a, observe Andrée-Ann Dufour Bouchard, chef de projet chez ÉquiLibre, un organisme qui vient en aide aux personnes préoccupées par leur poids. Ça touche tout le monde: les jeunes, les adultes, les professionnels de la santé, les obèses eux-mêmes. C’est omniprésent.»

Et ça s’apprend tôt. À 11 mois, les bébés préfèrent regarder des photos de gens obèses plutôt que de poids normal. Mais dès 2 ans et 8 mois, c’est le contraire, selon une étude parue dans le Journal of Experimental Child Psychology en 2016. C’est corrélé aux préjugés anti-gros des mères: plus elles en ont, plus les enfants détournent le regard des obèses.

Effets négatifs

Et si les commentaires désagréables et les regards désobligeants aidaient les gros à enfin maigrir?

«Au contraire, c’est bien documenté que la stigmatisation est associée à plein d’impacts négatifs sur la santé physique et mentale», dit Andrée-Ann Dufour Bouchard.

Dépression, honte, arrêt du sport, isolement, régimes draconiens et troubles du comportement alimentaire s’ensuivent.

«Si la stigmatisation poussait les gens à « se prendre en mains », il y aurait moins de personnes en surpoids, fait valoir la nutritionniste d’ÉquiLibre. Ça n’a pas fonctionné du tout.»

En effet: le taux d’obésité est passé de 14 % à 18,2 % chez les adultes entre 2003 et 2013-2014, selon l’Institut de la statistique du Québec.

La solution? Mieux informer et éduquer.

«Il faut aussi arrêter de penser qu’être gros et être en santé, c’est mutuellement exclusif, martèle Gabrielle Lisa Collard. Tu peux être les deux.»

 Elle-même dit bien manger et faire du sport régulièrement.

«Non, j’suis pas faible, écrit-elle sur son blogue. T’essaieras pour le fun de faire 30 minutes de vinyasa yoga par jour avec l’équivalent en poids de Vin Diesel accroché à ton cul.»

Même constat chez Julie Noreau, qui a perdu du poids mais ne correspond pas «aux standards habituels» de minceur.

«Est-ce que je m’entraîne? Est-ce que je mange bien? Est-ce que je fais attention à moi? Oui, dit-elle. C’est ça, être en forme. Être en forme, ce n’est pas un chiffre sur une balance.»

Étymologiquement, la grossophobie est la peur des gros.... (photo masterfile) - image 2.0

Étymologiquement, la grossophobie est la peur des gros. Et la crainte d’être contaminé par «l’épidémie d’obésité» dénoncée par l’Organisation mondiale de la santé.

PHOTO MASTERFILE

Lourdes conséquences

La discrimination basée sur le poids touche plusieurs sphères de la vie des personnes obèses. Quelques exemples.

Travail

Les femmes obèses rapportent huit fois plus souvent que les femmes de poids normal avoir été discriminées à l’embauche en raison de leur apparence physique, selon le 9e Baromètre du Défenseur des droits de la France et de l’Organisation internationale du travail, paru en 2016. Les hommes obèses? Trois fois plus souvent. Même pour être bénévole, il faut combattre les préjugés. Julie Noreau, une enseignante, s’est fait demander son poids quand elle a voulu se joindre à un organisme qui aide les enfants.

«Les responsables m’ont dit qu’ils cherchaient des personnes qui avaient de bonnes habitudes de vie, se souvient-elle. Ça m’avait complètement démolie.»

Santé

Près de 70 % des femmes en surpoids ou obèses ont vécu de la stigmatisation de la part de médecins, selon une étude citée par le Rudd Center for Food Policy & Obesity de l’Université Yale.

«Tu consultes parce que tu as mal à une épaule et tu te fais dire de perdre 40 livres, illustre Gabrielle Lisa Collard. Le reste de tes problèmes de santé est complètement ignoré.»

Sur le blogue Dix octobre, une jeune femme ronde raconte avoir consulté à 12 ans pour des douleurs à la jambe gauche. Par deux fois, un médecin lui a dit de faire de l’exercice et de perdre du poids. Diagnostic final? Elle avait une tumeur cancéreuse. C’est vrai, l’obésité – surtout viscérale – augmente le risque de développer plusieurs problèmes de santé. Mais il ne faut pas occulter le reste. Ni pousser les obèses à fuir les médecins.

Chirurgie bariatrique

Un obèse qui consulte un médecin pour une bronchite ou une otite peut se faire conseiller une… intervention chirurgicale bariatrique pour maigrir.

«La pression est folle, dit Gabrielle Lisa Collard. Je me suis fait offrir une chirurgie bariatrique plein de fois, même si je n’ai pas de problèmes de santé ni de mobilité. J’ai l’impression que dans 50 ans, collectivement, on ne va pas être super fiers d’avoir coupé des morceaux d’estomac aux gens au lieu de les encourager à s’aimer assez pour aller faire une marche, manger une poire et être heureux. Réduire la surface d’une personne, ça ne traite pas l’intérieur.»

Image

«Les photos utilisées pour illustrer des statistiques sur l’obésité, c’est toujours quelqu’un assis sur un divan ou mangeant un gros hamburger», dénonce Andrée-Ann Dufour Bouchard, de l’organisme ÉquiLibre.

L’image donnée des personnes en surpoids est rarement positive.

«La représentation des gros, c’est quelqu’un qui passe à travers une chaise, qui fait des bruits de pets ou qui braille dans un gâteau, regrette Gabrielle Lisa Collard. Forcément, t’es gros, t’es sale et tu manges du poulet frit dans un seau.»

Fainéants. Pas intelligents. Sans volonté.... (Photo fournie par l’éditeur) - image 3.0

Agrandir

PHOTO FOURNIE PAR L’ÉDITEUR

Gabrielle n’est pas née grosse

Septembre 2016. Dans une auberge de jeunesse de Paris, Gabrielle Deydier dort nue, une serviette autour du ventre. À deux heures du matin, une Américaine tire le rideau de son lit-cabine et pointe son téléphone sur elle, lampe de poche allumée.

«Biggie sur YouTube! hurle-t-elle. Biggie, biggie, biggie

La direction de l’auberge a mis l’Américaine dehors et surclassé Gabrielle Deydier, qui pèse 150 kg, dans une chambre individuelle. L’anecdote, suintant la haine, est racontée dans l’introduction d’On ne naît pas grosse, le livre qu’elle fait paraître le 15 juin aux Éditions Goutte d’Or.

On ne naît pas femme, on le devient, selon la thèse de Simone de Beauvoir. Les inégalités entre les hommes et les femmes sont culturellement construites, pas naturelles. De même, les gros ne naissent pas inférieurs, écrit Gabrielle Deydier, qui s’est lancée dans une double investigation, à la fois sur le rapport de la société avec la femme grosse et sur l’origine de sa propre obésité. Une enquête fouillée et troublante.

Erreur médicale

À 17 ans, Gabrielle Deydier pesait 65 kg. Sa mère la jugeant grosse, elle s’est rendue chez un nutritionniste endocrinologue, qui lui a diagnostiqué une maladie des glandes surrénales. Il lui a prescrit des hormones, des médicaments, un régime hypocalorique, des coupe-faim et des boissons diurétiques. Des furoncles sont apparus sur son visage. Le régime strict l’a poussée à vider les placards la nuit. Peu après Noël, la jeune Française pesait 120 kg et s’isolait. Son poids avait doublé en moins d’un an.

Ce n’est qu’à presque 24 ans que Gabrielle Deydier apprendra qu’elle ne souffre pas d’une maladie des glandes surrénales, mais d’ovaires micropolykystiques. Il lui faudra attendre bien plus longtemps avant d’avouer qu’elle alterne des phases de jeûne prolongé avec de l’hyperphagie, alors qu’elle absorbe de grandes quantités de nourriture sans se faire vomir.

«À aucun moment, je ne veux qu’on croie que je glorifie l’obésité, dit Gabrielle Deydier, jointe par téléphone à Paris. Mais il faut accepter les gens.»

Ce n’est pas toujours le cas. Les jeunes obèses en Suède, au Royaume-Uni et aux États-Unis sont payés 18 % de moins que les personnes de poids normal, selon l’étude Fat Doesn’t Pay, citée par l’auteure.

«Plusieurs fois, en entretien d’embauche, on m’a dit que je ne correspondais pas à l’image de dynamisme de l’entreprise. Les gens n’ont pas de filtre quand ils s’adressent aux gros. Et comme les personnes grosses ne se plaignent pas…»

Femmes sous bistouri

Plutôt que de se plaindre, les obèses subissent des interventions chirurgicales bariatriques, sans suivi suffisant. Cela revient à coudre les lèvres d’une personne qui n’arrive pas à arrêter de fumer, selon Gabrielle Deydier.

«Sur 10 personnes qui se font opérer, 8 sont des femmes, observe-t-elle. Alors que la proportion d’hommes et de femmes chez les obèses est quasiment équivalente.»

L’obésité ne fait qu’amplifier «les complexes que ressentent, en fait, presque toutes les femmes», analyse l’auteure.

Elle souhaite qu’on éduque les gens.

 «Comme on fait des campagnes contre le racisme, il faut expliquer que ce n’est pas en s’en prenant au petit gros dans la classe, au travail ou dans le métro qu’on va régler quoi que ce soit», fait-elle valoir.

«L’obésité, c’est une maladie qui peut avoir des conséquences dramatiques, convient Gabrielle Deydier. Mais est-ce que lutter contre l’obésité, c’est lutter contre les obèses? Il se trouve que moi, ma maladie se voit. Est-ce une raison pour que je ne sois pas socialisée?»

______________________________________________

On ne naît pas grosse. Gabrielle Deydier. Éditions Goutte d’Or.

Les croyances erronées à propos de l’obésité font mal, en contribuant à la stigmatisation des personnes en surpoids.

PHOTO MASTERFILE

Cinq mythes à combattre

Les croyances erronées à propos de l’obésité font mal, en contribuant à la stigmatisation des personnes en surpoids. Voici cinq mythes déconstruits par Jean-Philippe Chaput, professeur-chercheur en pédiatrie à l’Université d’Ottawa et au Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario.

Manger trop et ne pas bouger assez, voilà les causes de l’obésité

«L’obésité est une problématique vraiment complexe», dit Jean-Philippe Chaput.

De nombreux autres facteurs peuvent expliquer l’excès de poids: le manque de sommeil, le stress, les perturbateurs endocriniens, les troubles alimentaires, les médicaments, etc.

«Au congrès du Réseau canadien en obésité, à Banff en avril, des gens obèses ont dit avoir vécu beaucoup de problèmes de santé mentale, d’abus et de discrimination», illustre le chercheur.

Dans ces circonstances, trop manger et être inactif peuvent être des symptômes d’autres maux, plutôt que des causes.

Les gros ne sont pas en santé, les minces le sont

«On met trop l’accent sur le poids, qui est un indicateur de la santé parmi d’autres, note M. Chaput. Bien manger, bien dormir, gérer notre stress, bouger, réduire le temps passé devant un écran, ne pas fumer : tout cela fait en sorte qu’on est en bonne santé, sans égard à notre poids.»

«On pense que tous les obèses sont malades, mais environ un tiers des gens obèses sont en bonne santé, affirme le chercheur. Et environ un tiers des gens minces sont en mauvaise santé et devraient changer leurs comportements. Comme on se base toujours sur l’indice de masse corporelle (IMC), on surtraite les gens obèses et on sous-traite des gens minces. Le meilleur poids, c’est celui qu’on a avec les meilleures habitudes de vie possible.»

Les obèses sont paresseux

«Il y a une épidémie d’inactivité physique au Canada, rappelle M. Chaput. Tout le monde ne bouge pas assez, autant les minces que les personnes en surplus de poids.»

À peine 10 % des jeunes Canadiens font une heure d’activité physique d’intensité moyenne à vigoureuse par jour, comme recommandé.

Seuls de 15 % à 20 % des adultes font les 30 minutes par jour d’activité d’intensité moyenne à vigoureuse suggérées.

«Il n’y a pas de grosses différences selon le poids corporel», souligne M. Chaput.

La santé de bien des Canadiens – pas seulement des obèses – est menacée par cette inactivité.

Les régimes fonctionnent

«À peu près 95 % des gens qui font une diète reprennent le poids perdu», affirme M. Chaput. Ceux qui réussissent à maintenir leur perte de poids pendant cinq ans «se pèsent tous les jours, bougent 90 minutes par jour et restreignent leur alimentation au maximum», décrit le chercheur.

Perdre du poids à long terme est difficile, parce que le métabolisme diminue après un régime. Au repos, le corps brûle moins de calories qu’avant. Quant aux cellules graisseuses, elles envoient plus de signaux de faim au cerveau.

«C’est pour ça qu’il n’y a présentement pas de bon traitement pour l’obésité, souligne M. Chaput. Même avec la chirurgie bariatrique, on voit des regains de poids. Le meilleur traitement, c’est la prévention.»

La perte de poids n’a pas d’effets indésirables

Une importante perte de poids peut causer une rémission du diabète, soulager les articulations, améliorer l’estime de soi, etc.

«Mais ça entraîne aussi des effets secondaires», indique M. Chaput.

L’appétit augmente, le métabolisme diminue et la tendance vers l’hypoglycémie s’accentue. Des taux plus élevés de polluants organiques persistants se retrouvent dans le sang.

«On voit aussi beaucoup de dépressions chez les gens qui ont eu des chirurgies bariatriques», ajoute le chercheur.

Maigrir n’est pas une solution magique.

http://www.lapresse.ca

L’épidémie de solitude


Au Canada, il y a une épidémie de solitude et je crois que dans d’autres pays, c’est la même chose. C’est surtout à l’automne que les gens s’encabanent et s’isolent des autres.
Nuage

 

L’épidémie de solitude

 

 

s

 

Robert Whitley

Professeur adjoint au département de psychiatrie de l’Université McGill, chercheur à l’Institut Douglas

Août arrive à sa fin et l’automne approche à grands pas. Cette transition peut parfois s’avérer difficile. L’automne est synonyme de journées plus froides et de nuits plus longues. Il peut aussi signifier plus de travail et moins de temps avec la famille et les amis, offrant moins de possibilités de socialisation et de connexion.

Ceci est particulièrement préoccupant étant donné que les statistiques récentes suggèrent que nous connaissons une épidémie de solitude au Canada.

Par exemple, le nombre de personnes vivant seules a augmenté de façon spectaculaire au cours des dernières années, avec près d’un ménage sur trois ayant seulement un occupant. Le taux de mariage est à son plus bas, tandis que le taux de divorce atteint un niveau record, avec plus de 40% des mariages se terminant en divorce. L’adhésion à des organisations telles que les syndicats, les associations civiques et les clubs sportifs a également diminué abruptement. Les gens ont donc moins d’opportunité pour rencontrer des personnes semblables et se lier d’amitié.

Les médias sociaux ont joué un rôle important dans cette épidémie de solitude. Les statistiques indiquent qu’un nombre grandissant de Canadiens passe de plus en plus de temps sur les médias sociaux et de moins en moins de temps en personne. Or, de nombreuses études suggèrent que ce comportement peut nuire à la santé mentale. En effet, une étude de l’Université de Pittsburgh publiée plus tôt cette année indique que les gros utilisateurs de médias sociaux sont 2,7 fois plus susceptibles d’être déprimés que les autres.

D’autres études indiquent une corrélation entre l’isolement social et les problèmes de santé mentale, notamment le suicide, l’anxiété et la toxicomanie. Ceci est particulièrement vrai pour les personnes qui subissent des transitions de vie pouvant mener à l’isolement et la solitude, telles que le divorce, la perte d’emploi et le déménagement.

Même manger seul peut être mauvais pour la santé mentale. Une récente étude menée par le Dr Frank Elgar à McGill montre que diner en famille fréquemment peut contribuer au bien-être émotionnel et à une meilleure satisfaction de la vie chez les adolescents.

De nombreuses recherches démontrent que maintenir des liens sociaux denses et significatifs est bénéfique pour la santé mentale. Ceci comprend le soutien de la famille et des amis, ainsi que la participation à des communautés de soutien tel que les syndicats, les églises, les associations civiques et les clubs sportifs. Certaines nouvelles études suggèrent même que de bavarder avec des étrangers ou du personnel de vente peut améliorer le bien-être et la santé mentale.

Nous avons tous un rôle à jouer afin de lutter contre cette épidémie de solitude. Nous pouvons redoubler d’efforts pour soutenir et socialiser avec ceux qui ont des tendances solitaires. Nous pouvons bavarder avec des étrangers et du personnel de vente en échangeant quelques mots amicaux. Nous pouvons passer moins de temps sur les médias sociaux et plus de temps en personne. Ces gestes profitent à la santé mentale de celui qui donne comme de celui qui reçoit.

La morale de cette histoire: il est bon de parler, il est bon de casser la croûte ensemble, et il n’est pas bon que l’homme soit seul. Rappelez-vous de ces mots quand août se terminera et que l’automne commencera.

Êtes-vous dans une situation de crise? Besoin d’aide? Si vous êtes au Canada, trouvez des références web et des lignes téléphoniques ouvertes 24h par jour dans votre province en cliquant sur ce lien.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

La solitude, cause de maladies mentales ?


La solitude peut être pesante surtout, si la personne n’a pas d’amis, pas de bons contacts avec d’autres et s’isolent de plus, cela peut affecter sa santé mentale. Je pense beaucoup aux personnes âgées, que leurs familles ne viennent que de temps en temps et meurent sans que personne le sache .. Comme mon voisin, cela a pris 4 à 6 jours, avant qu’il soit découvert.
Nuage

 

La solitude, cause de maladies mentales ?

 

En 2013, cinq millions de personnes étaient en « situation d’isolement ». Cela se traduit par peu ou pas de contacts familiaux, professionnels ou amicaux…

D’après une étude menée par la Fondation de France, « la pauvreté reste déterminante dans la solitude », qui peut elle-même devenir dangereuse pour la santé.

Plus de problèmes de santé mentale

Une étude australienne menée par la Swinburne University of Technology a démontré que le sentiment de solitude pourrait conduire à des problèmes plus graves de santé mentale comme la dépression, l’anxiété sociale ou la paranoïa.

En 2014, un Français sur huit était seul et une personne âgée sur quatre l’était également. En deux ans (de 2013 à 2015), le nombre de personnes isolées a augmenté de quatre millions, ce qui représentait en 2015 15 % de la population. Pour comprendre cette situation que vivent des millions de personnes, l’étude s’est penchée sur la question en suivant 1 000 personnes âgées de 18 à 87 ans, sur une période de six mois.

À noter que la dépression et la solitude restent deux faits psychologiques bien distincts : la solitude porte plus spécifiquement sur les relations, tandis que la dépression englobe plus généralement la santé mentale.

Les anxieux sont plus susceptibles d’être seuls à l’avenir

D’après un chercheur de l’ Université de technologie de Swinburne, Michelle Lim, pour The Conversation, « la solitude est couramment utilisée pour décrire un état émotionnel négatif connu quand il y a une différence entre les relations que l’on veut avoir et celles que l’ on a réellement. (…) Les chercheurs ont trouvé que la solitude (…) est davantage liée à la qualité des relations, plutôt qu’à la quantité. Une personne seule se sent incomprise par les autres, et pense qu’elle n’aura jamais de relations significatives ».

Le constat est tel que la solitude est susceptible d’augmenter le risque des problèmes de santé mentale. L’inverse n’étant pas prouvé, seule l’anxiété sociale augmenterait le risque de solitude, du fait que ces personnes évitent généralement les interactions sociales. La solitude peut également amener à une mauvaise santé physique et augmente les risques de développer de maladie d’Alzheimer.

http://www.passeportsante.net/

Il faut réapprendre à apprécier ces moments que l’on passe seul


Aujourd’hui, nous sommes tellement connectés que nous n’avons plus vraiment de moment en tête-à-tête avec notre moi. Les moments de solitude pour plusieurs font peur, et pourtant, ce sont des moments privilégiés que nous devrions prendre une pause seul avec soi-même pour se faire une bonne jasette
Nuage

 

Il faut réapprendre à apprécier ces moments que l’on passe seul

La solitude, cette préoccupation majeure, pourtant pleine de bienfaits | Bert Kaufmann via Flickr CC License by

La solitude, cette préoccupation majeure, pourtant pleine de bienfaits | Bert Kaufmann via Flickr CC License by

Repéré par Cyril Simon

La tâche est de moins en moins aisée en ces temps de contact permanent. Pourtant, prendre du temps pour soi, rien qu’à soi reste toujours aussi salvateur.

Alors que partir en vacances seul devient de plus en plus courant, il n’est jamais mauvais de rappeler les vertus d’une tranche de solitude. Selon une enquête Ifop réalisée pour la Fondation de France en juillet 2015, 80% des Français avouent ainsi que la solitude est devenue une préoccupation majeure. Une crainte justifiée puisque, selon la même étude, un Français sur huit souffre d’être seul. Il faut néanmoins différencier la solitude de l’isolement, sa version subie sur le long terme. Des critères à la fois quantitatifs et qualitatifs sont à considérer.

Pendant longtemps, la psychologie sociale définissait la solitude d’un point de vue physique et spatial. L’omniprésence des moyens de communication numériques nous oblige aujourd’hui à reconsidérer la question en profondeur, explique Scott Campbell, professeur de télécommunication à l’université du Michigan pour The Conversation. Quitte à se demander s’il est encore vraiment possible expérimenter la solitude, et par conséquent de l’étudier?

Sherry Turkle, professeur au MIT, est loin de faire l’unanimité avec son dernier essai,Reclaiming Conversation, une critique acerbe du monde numérique et de la dégradation des relations en tête à tête. Désormais, déplore-t-elle, on ne subit plus de moment où on est seul. Potentiellement, internet nous permet de ne jamais l’être. Un vrai problème, car être seul a ses mauvais côtés (problèmes de santé), mais aussi ses bons côtés (la créativité).

«Dans la solitude, nous nous trouvons nous-mêmes. Nous nous préparons à entamer une conversation.»

Connectés partout

Derrière ce phénomène, on retrouve le diktat de la disponibilité, l’impératif social d’être connecté. Selon une étude de Common Sense Media, une association américaine à but non-lucratif, 80% des adolescents indiquent regarder leur smartphone une fois par heure. 72% ressentent le besoin de répondre immédiatement à un message.

Le phénomène risque même de s’accentuer en raison de la multiplication des nouveaux outils mobiles, comme les montres connectées ou les lunettes Google Glass. Des objets du quotidien remplissent le rôle du téléphone portable, et invisibilisent notre connexion permanente… au risque de jouer avec sa vie et celle des autres, comme lorsqu’on répond à un texto au volant. Robert Campbell n’hésite pas à qualifier ces technologies de «seconde peau» plus que d’«une innovation».

Hervé Magnin,  psychothérapeute et auteur de La Positive Solitude, mesure la difficulté à faire de cet état de solitude un moment heureux.

«Il faut avoir une certaine estime de soi, affirme-t-il dans l’Express. Il faut s’entendre avec soi-même, se satisfaire de sa propre compagnie, ce n’est pas toujours facile, cela peut nécessiter un travail sur soi.» 

http://www.slate.fr/

Le Saviez-Vous ► L’origine des prisons


Je présume que les prisonniers d’aujourd’hui du moins dans certains pays comme le Canada, États-Unis, la France, n’auraient pas voulu être en prison d’autrefois. Souvent maltraités, voir déporté pour les travaux forcés ou encore isolés étaient la vie des prisonniers .. à moins que plus loin dans le temps, la prison était une mise en attente d’un châtiment corporel
Nuage

 

L’origine des prisons

 

Il existe des prisons dans tous les pays du monde, quelque soit l’idéologie dont il se réclame. Pourtant, face à la montée de la violence et à l’accroissement de la criminalité, il semble bien que l’arsenal des moyens dont dispose la justice, et dont la prison fait partie, se révèle souvent inefficace.

Le système pénitentiaire à la veille du 19e siècle

Prison Saint-Michel(1854-1862), Toulouse. La façade du castelet d’entrée, traité dans le goût néo-médiéval. Architecte : Jacques-Jean Esquié Jacques-Jean Esquié (1817–1884)

L’origine des prisons remonte à la plus haute antiquité. Toutefois, jusqu’à la fin du XVIIIe (18e) siècle, les prisons étaient considérées plus comme une mesure de sureté et d’intimidation que comme un moyen d’amendement. Cela s’explique par le fait qu’on y plaçait les individus attendant d’être jugés ou de subir un châtiment corporel (potence, roue, poing coupé, langue percée d’un fer chaud…), ou ceux qui étaient mis arbitrairement au cachot sur l’ordre de l’autorité souveraine.

Au XVIIIe siècle, les idées en matière de peine ont subi une profonde évolution. Dès 1703, le pape Clément XI faisait écrire ceci sur les murs de la prison Saint-Michel à Rome :

« Il ne suffit pas d’effrayer les hommes malhonnêtes par la menace de la peine, il faut les rendre honnêtes par son régime.»

Sous l’influence de  certains théoriciens, notamment de l’Italien Beccaria, qui préconisait l’emprisonnement, et de l’Anglais Howard, qui recommandait le travail et l’éducation religieuse pour amender les coupables, la législation pénale s’adoucit dans la plupart des pays à la fin du XVIIIe et au début du XIXe (19e) siècle. De nombreux cas de peine de mort ont été abandonnés, les châtiments corporels ont été remplacés par les peines privatives de liberté qui sont devenues la sanction normale des crimes et des délits. Toutefois, comme les châtiments corporels, ces peines visaient à provoquer la souffrance physique et morale du coupable. Tous les condamnés étaient réunis en permanence dans un même lieu. Tout au plus, on séparait les hommes des femmes. Les prisonniers étaient souvent livrés à eux-mêmes et souvent maltraités à juste titre qu’ils ne recevaient que le minimum vital pour la nourriture. Voici un peu comment était le système pénitentiaire en vigueur à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle. Ce système a lentement régressé, car il était lié aux institutions monarchiques et il était aussi influencé par la conception chrétienne du rachat des fautes par la mortification.

L’initiative de mesures de réformes pénitentiaires

Prison Alcatraz

L’idée d’une reforme du régime pénitentiaire est venu des États-Unis, où deux méthodes ont été expérimentées. L’une est née à Philadelphie en 1829 et a reçu le nom de «système pennsylvanien». L’autre, mise au point à la prison d’Auburn dans l’État de New York, vers 1825 a été désignée sous le terme de «système auburnien».

 Cela dit, le système pennsylvanien obéissait à un principe unique et rigoureux. Entre autres, les détenus devaient être soumis à un isolement absolu, de jour comme de nuit. Aussi, ils étaient astreints à de durs travaux, malgré la difficulté de trouver des tâches adaptées à ce mode de réclusion. Or, si l’isolement protège contre les dangers de corruption que présente la fréquentation d’autres détenus, il peut conduire certains individus au bord de la folie. Par ailleurs, la mise en œuvre d’un tel système était forcement très couteux. Pourtant, ce système a connu une certaine faveur au XIXe siècle, surtout en Europe et particulièrement en France.

 Quant au système auburnien, il avait un caractère moins sévère, car les détenus étaient isolés en cellules la nuit seulement. Dans la journée, ils travaillaient et prenaient leur repas en commun. Mais ils devaient respecter un silence absolu. Ce régime, qui avait l’avantage de faciliter l’organisation du travail a été très souvent préféré au système pennsylvanien aux États-Unis.

L’évolution de méthodes d’emprisonnement

Ce n’est que dans la seconde moitié du XIXe siècle que l’intention d’amender par l’emprisonnement se dégage véritablement. Elle a grandement inspiré les créateurs du régime progressif, ou régime irlandais. Celui-ci combinait les avantages des systèmes précédents : partant de l’isolement  complet, on conduisait les prisonniers à la liberté en passant par différentes étapes, de moins en moins sévères. La bonne conduite du sujet était la condition de sa progression, et le retour à la liberté était sa progression, et le retour à la liberté était précédé d’une sorte d’apprentissage (travail à l’extérieur de la prison, liberté surveillée). Si l’attitude des délinquants le justifiait, ils pouvaient bénéficier d’une mise en liberté conditionnelle. Ce système, assez libéral, a été largement expérimenté.

Parallèlement, une toute autre méthode a été mise en pratique dans les pays qui possédaient des colonies, comme la France, l’Angleterre et la Russie. Elle constituait à déporter dans ces territoires, les condamnés dont on voulait se séparer définitivement. Les détenus étaient soumis aux travaux les plus rudes (terrassement, extraction des roches). Ils remplaçaient les esclaves et exploitaient les richesses d’un pays où le séjour était rendu pénible par les conditions climatiques. Ainsi, les établissements pénitentiaires français de Nouvelle-Calédonie, de Guyane, où étaient enfermés les condamnés aux travaux forcés, fournissaient une main-d’œuvre gratuite à ces régions lointaines.

L’apparition de la notion de traitement pénitentiaire

Vers la fin du XIXe siècle, les mouvements positiviste et scientifique, inspirés des travaux de l’Italien Lombroso, ont conduit à l’étude méthodique de la personnalité des délinquants. La notion de rééducation a été alors pensée, et l’on s’est efforcé de lui donner une forme plus positive, plus active. Un comité anglais a insisté sur la nécessité de faire sortir de prison des hommes et des femmes meilleurs qu’ils ne l’étaient en y entrant. C’est-à-dire, en fait, mieux armés moralement. De son côté, le Français Saleilles soutenait que la souffrance est inutile pour transformer le criminel en honnête homme. Peu à peu, on a vu apparaître et se développer, jusqu’à nos jours, la notion de traitement pénitentiaire. 

http://ong-asd.blogspot.ca/

Les nombreux obstacles avant d’envoyer un homme sur Mars (et les solutions de la Nasa)


Tout le monde le sait, la Nasa veut envoyer un vol habité vers Mars, reste que pour le moment, c’est encore en étude, beaucoup d’essai et surtout de l’imagination à exploiter pour ce projet ambitieux. Est-ce raisonnable ? Enfin, on sait que les recherches amènent souvent des services et des découvertes pour nous terriens qui restons sur terre
Nuage

 

Les nombreux obstacles avant d’envoyer un homme sur Mars (et les solutions de la Nasa)

 

Le HuffPost  |  Par Grégory Rozières

Après 340 jours passés dans la Station spatiale internationale, l’astronaute américainScott Kelly a enfin touché Terre mercredi 2 mars, avant de se rendre le lendemain à Houston, où il était attendu en grande pompe ce jeudi.

Il a d’ailleurs reçu un bouquet de fleurs, lui qui a vu éclore la première de l’espace il y a quelques mois.

Mais sa mission n’est pas vraiment terminée et les scientifiques de la Nasa vont continuer à analyser le corps de l’astronaute pour comprendre comment un séjour prolongé dans l’espace peut changer notre physionomie et notre santé. Et le comparer à celui de son frère jumeau, resté sur Terre.

L’objectif à long terme de cette expérience: comprendre les problèmes posés sur l’organisme par un futur voyage habité pour emmener l’homme sur Mars… et les résoudre.

Ces barrières biologiques ne sont que quelques-unes des nombreux obstacles qui jalonnent la route de la Nasa en direction de la planète rouge, qu’elle souhaiterait fouler du pied en 2030.

Un très long et dangereux trajet

Trouver un (grand) vaisseau

Déjà, il faut pouvoir aller sur Mars, tout simplement. Or, depuis 2011, la Nasa n’a même plus de navette spatiale quittant la Terre (pour envoyer des astronautes dans l’espace, elle passe par les navettes russes ou chinoises). Mais l’agence américaine devrait bientôt disposer d’Orion, une nouvelle navette, plus puissante que la précédente, actuellement en test.

Mais celle-ci serait trop petite pour de longs mois de voyages. Les scientifiques réfléchissent donc à un module sur lequel Orion viendrait se greffer pour le propulser vers Mars:

homme mars

C’est beau, mais c’est loin

Malgré tout, le trajet aller-retour devrait durer des mois, tout dépend de la position de la Terre et de Mars dans le système solaire. La durée minimum totale du voyage est théoriquement de 640 jours, mais dans ce cas, les astronautes ne resteraient que 30 jours sur place… Pas très rentable. L’autre possibilité permet de ne passer qu’une année de voyage… mais 550 jours sur place, soit un total de 910 jours.

homme mars

Mais la Nasa aimerait bien diminuer ce temps de trajet, qui pose de vrais problèmes. L’agence réfléchit d’ailleurs à une propulsion « photonique » qui pourrait envoyer un vaisseau habité sur Mars en un mois seulement (pour en savoir plus, c’est par ici).

Radiation et gravité

En attendant que cet hypothétique moyen de propulsion voit le jour, il faut donc réfléchir aux conséquences d’envoyer des hommes dans l’espace deux, voire trois ans. C’est notamment le but de l’expérience menée sur Scott Kelly et son jumeau resté sur Terre.

Selon un rapport de 2015 de la Nasa, les trois gros risques pour la santé d’un voyage prolongé dans l’espace sont: les radiations spatiales (qui sont bien plus importantes que sur Terre et peuvent entraîner des cancers), l’isolation extrême et l’absence prolongée de gravité, qui impact nos os, nos muscles et notre vision, précise Phys.

Si la Nasa n’a pas encore de réponse à ces soucis, elle y travaille. En dehors de l’expérience Scott Kelly, la Nasa a notamment mis en place un concours de fabrication de combinaisons spatiales anti radiations.

Il y a aussi la mission HI-SEAS, où des scientifiques sont enfermés dans un dôme pendant 1 an, pour analyser les effets psychologiques de l’isolement prolongé. Regardez à ce propos le dernier journal de bord vidéo de Cyprien Verseux, qui blogue pour Le HuffPost depuis son dôme :

Un atterrissage et un retour compliqué

Une fois arrivé à destination, encore faut-il arriver à mettre le pied sur Mars. Si la Nasa a posé plusieurs sondes et robots sur la planète rouge, poser un atterrisseur à taille humaine, ce n’est pas la même chose. Surtout qu’il faudra aussi tout l’équipement nécessaire aux astronautes sur la planète. Il faudrait poser jusqu’à 400 tonnes d’équipement, soit la masse de la Station spatiale internationale. Pour l’instant, la Nasa n’a réussi à poser d’un seul coup qu’une tonne de matériel, alors qu’il lui faudrait procéder par tranches de 40 tonnes.

Il faut par exemple réfléchir à un moyen de freiner de tels engins. Surtout que l’atmosphère de Mars, si elle est faible, ne peut pas être ignorée et peut modifier un vol. La Nasa travaille évidemment sur le sujet et réfléchit à plusieurs solutions, mais n’a pas encore trouvé la réponse idéale.

Il faudra aussi poser un lanceur permettant aux astronautes de quitter le sol martien pour rentrer sur Terre, à bord de la navette qui les attendra en orbite autour de Mars.

Comment vivre (ou survivre) sur Mars

Et même si l’homme parvient à marcher sur Mars, le plus dur (ou presque) reste à faire: y survivre. Car à l’inverse du voyage sur la Lune, pas question ici de ne rester que quelques heures. Comme dit plus haut, il serait même rentable de rester plusieurs mois pour attendre un alignement des planètes permettant de rentrer rapidement.

Maison en kit

Il faudra déjà un habitat. Sauf qu’il est difficile d’emmener des grues et des tractopelles à plus de 55 millions de kilomètres. La Nasa a donc eu l’idée d’imprimer la maison martienne en 3D. Un concours a même été lancé. Le design a déjà été établiet la deuxième phase, en cours, réfléchit aux contraintes techniques d’une telle opération.

voyage mars

Se posera aussi la question de comment aménager cette maison (à ce sujet, cliquez ici).

Vivre d’eau fraîche

Vient ensuite le problème des besoins corporels des astronautes. L’oxygène bien sûr, mais également l’eau et les aliments. Si les hommes restent sur Mars des mois et des mois, il ne sera pas possible d’emmener des réserves nécessaires de ces matières premières pour tant de temps.

Comment faire? La Nasa se pose évidemment la question via de nombreuses expériences, dont HI-SEAS. Les possibilités sont multiples: utiliser l’eau disponible sous forme de glace sur Mars pour fabriquer de l’oxygène, par exemple. Réussir également à faire pousser des plantes ou des algues sur Mars. Et, bien évidemment, améliorer nos capacités de recyclages pour éviter tout gaspillage de ressources.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Pour combattre sa dépression, il parle à un inconnu par jour


Le problème quand une personne fait une dépression, il s’isole et sociabilisé avec Internet n’est pas vraiment une bonne idée. Sortir, voir des gens, engagés la conversation face à face permet de se changer les idées
Nuage

 

Pour combattre sa dépression, il parle à un inconnu par jour

 

Le Vancouvérois Colin Easton a décidé de se battre contre sa dépression en parlant à au moins un inconnu par jour afin de sortir de l’isolement dans lequel il était tombé progressivement. Sa résolution est devenue The Stranger Project, une plateforme en ligne où il raconte ses rencontres.

Depuis le jour où il a reçu un diagnostic de dépression en 2013, Colin Easton n’a jamais voulu se laisser abattre.

« Il fallait que je fasse quelque chose pour me forcer à quitter mon domicile chaque jour. Alors je suis sorti et j’ai décidé de voir si je pouvais engager la conversation avec un inconnu », raconte-t-il.

Plus de 400 personnes ont discuté avec lui à ce jour. Certains pendant quelques minutes, d’autres pendant une heure, confiant parfois leurs secrets enfouis.

« On peut trouver un certain réconfort en racontant ses histoires à un étranger parce que potentiellement, vous le ne reverrez plus », explique Colin Easton.

Dans l’ensemble, ses rencontres ont été assez amicales, taclant au passage la réputation des Vancouvérois de ne pas être des plus chaleureux.

« C’est surtout de la faute aux technologies. Nous nous sommes habitués à baisser les yeux et ne plus avoir de contact visuel avec les gens », selon lui.

Des conférences, un documentaire

Colin Easton avait initialement prévu de mener son projet tout au long de l’année 2014, mais il l’a poursuivi encore cette année. Plus qu’une thérapie, le Vancouvérois donne désormais des conférences à propos du Stranger Project. Il a notamment parlé de son expérience lors des conférences TEDx il y environ un an.

Contacté par un réalisateur durant sa campagne, Colin Easton a également transformé The Stranger Project en un documentaire intitulé « Not A Stranger », présenté en avant-première fin septembre dans un festival en Californie. Il espère désormais des projections pour le grand public canadien.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

La Nasa enferme six personnes à l’isolement pendant un an, pour la science


Peut-on survivre après un an d’isolement avec d’autres personnes ? Déjà ceux qui ont fait l’expérience de 8 mois, savouraient la vie normale sur terre. Alors que sera la vie sur Mars, avec les conflits, le non-retour vers la Terre ?
Nuage

 

La Nasa enferme six personnes à l’isolement pendant un an, pour la science

 

Six volontaires vont s’isoler complètement durant un an, la plus longue expérience de mise à l’écart jamais menée par les Etats-Unis, pour récolter de précieuses informations qui seront utiles à l’heure d’envoyer des astronautes sur Mars.

Cet équipage, enfermé dans un dôme à Hawaï, comprend un astro-biologiste français, un physicien allemand et quatre Américains: un pilote, un architecte, un médecin/journaliste et un scientifique spécialisé dans les sols.

Leur espace de vie pour les 12 mois à venir, situé sur la côte nord de l’île Mauna Loa, est un dôme de 11 mètres de diamètre et six mètres de hauteur. Ils ont fermé les portes vendredi à 15H00 locales (01H00 GMT samedi matin).

Ces trois hommes et trois femmes disposeront chacun d’une petite chambre, avec un espace pour un lit de camp et un bureau. Durant leur séjour coupés du monde, ils mangeront des aliments lyophilisés et ne sortiront du dôme que vêtus d’une combinaison spatiale, comme s’ils habitaient réellement sur Mars. Ils n’auront qu’un accès limité à internet.

Sheyna Gifford, l’une des membres, décrit l’équipage comme « six personnes qui veulent changer le monde ». L’architecte Tristan Bassingthwaighte ajoute qu’il veut essayer « d’améliorer notre capacité à vivre dans des environnements extrêmes, sur Terre et dans d’autres mondes », selon son profil LinkedIn. « J’espère apprendre beaucoup de choses ».

Le Français Cyprien Verseux, 25 ans, prépare quant à lui un doctorat à l’université de Rome. Son domaine de compétences va le pousser à explorer les moyens de rendre un avant-poste sur Mars le plus indépendant possible de la Terre, en utilisant des organismes vivants pour transformer les matières premières trouvées sur Mars en des produits pouvant être consommés par des hommes.

Les astronautes qui voudront tenter d’aller sur Mars devront passer beaucoup plus de temps dans l’espace que les habituelles missions de six mois dans la Station spatiale internationale (ISS). La technologie actuelle permet à la Nasa d’envoyer des missions robotisées sur Mars en huit mois, mais une mission avec des hommes durerait au total entre un et trois ans.

Vivre une si longue période dans un espace confiné, sans accès à l’air libre ou à un minimum d’intimité sont le meilleur moyen de déclencher des conflits.

L’Agence spatiale américaine veut tenter d’apprendre un maximum de choses sur la cohésion et l’évolution psychologique des membres de telles missions isolées avant de tenter d’envoyer des astronautes vers la Planète Rouge, ce qu’elle espère faire dans les années 2030.

Conflits personnels

Deux missions de quatre et huit mois ont déjà été menées. La Nasa a dépensé 1,2 million de dollars sur ces simulations et elle vient de recevoir un financement d’un million supplémentaire pour trois nouvelles expériences dans les années à venir, selon la principale scientifique de ce programme, Kim Binsted.

« C’est vraiment peu cher pour de la recherche spatiale », a-t-elle expliqué à l’AFP par téléphone depuis Hawaï. « C’est dérisoire par rapport au coût d’une mission spatiale qui tournerait mal ».

Durant la mission de huit mois, des conflits ont éclaté mais les membres de l’équipage ont pu régler leurs problèmes.

« L’une des leçons que nous avons apprises est que vous ne pouvez pas éviter certains conflits personnels. Cela va forcément arriver durant ces missions de longue durée, même avec les gens les plus gentils », a repris Kim Binsted.

Les premiers résultats scientifiques de ces missions devraient être rendus publics d’ici un an.

Jocelyn Dunn, qui a fait partie de la mission d’isolement de huit mois, a expliqué de son côté qu’elle appréciait les blagues internes entre les membres de l’équipage ou les séances collectives de sport chaque jour. Elle a aussi appris à cuisiner des plats, comme des bagels et des pizzas, avec les ingrédients qu’elle avait sous la main.

A la fin de la mission début juin, elle a décrit sa joie de revenir « sur Terre », de pouvoir manger des légumes frais, d’utiliser un couteau pour couper sa viande, de nager, de boire du soda ou du champagne:

« Je ne pouvais pas croire combien les saveurs et la texture d’un steak saignant me manquaient ».

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Hikikomori: la vie cloîtrée des ados en retrait


Un phénomène étrange d’adolescents et jeune adultes de vivre volontairement enfermé dans une pièce de la maison (généralement, une chambre) pendant des mois, voir des années qui auraient débuté au Japon semble prendre de l’ampleur à travers le monde. Ces jeunes principalement des garçons en mal avec la pression sociale préfèrent vivre en ermite s’organisant pour tout faire dans leur chambre leur seul contact avec l’autre monde est quelque mots à travers la porte et par Internet
Nuage

 

Hikikomori: la vie cloîtrée des ados en retrait

 

Tokyo! réalisé par Bong Joon-ho, ©Haut et Court

Tokyo! réalisé par Bong Joon-ho, ©Haut et Court

Thomas Messias

Ce phénomène qui voit des adolescents s’enfermer dans leur chambre pour ne plus en sortir, parfois pendant des années, est très connu depuis la fin des années 1990 au Japon. Il se répand partout dans le monde y compris en France.

Un jour, Hiroshi rentre chez lui et s’enferme à double tour dans sa chambre, dont il ne ressortira que deux ans plus tard. Ce lycéen de la banlieue de Tokyo, qui vit avec sa famille, est le héros quasi invisible du film De l’autre côté de la porte, qui relate ces longs mois d’isolement à travers le regard de ses parents et de son jeune frère, qui  continuent à mener une existence presque normale pendant qu’il s’est transformé en ermite.

De l’autre côté de la porte, Laurence Thrush

Au Japon, ils sont au moins 260.000 comme Hiroshi à décider soudain de se couper physiquement du monde pour une durée indéterminée. On les appelle les hikikomori, un phénomène de société qui atteint les adolescents mais aussi les jeunes adultes et qui a intéressé le réalisateur américain Laurence Thrush, dont le film vient de sortir dans les salles françaises près de cinq années après son tournage.

Choisissant l’angle de la fiction pour aborder le problème sans sombrer dans l’explicatif, le cinéaste relate les deux années d’enfermement de Hiroshi, à travers le point de vue de sa mère et son jeune frère, qui ne comprennent pas les raisons de cette décision radicale.

Thrush n’expliquera jamais pourquoi Hiroshi a un jour choisi de mettre sa vie sociale entre parenthèses: il semble davantage intéressé par les conséquences d’un tel enfermement sur l’existence des proches (incompréhension, sentiment de culpabilité et de honte) et par les façons éventuelles d’y mettre un terme (menacer, négocier, ou tout simplement laisser faire).

Aucune ambition, envie de rien

Maïa Fansten, Cristina Figueiredo, Nancy Pionnié-Dax et Natacha Vellut ont dirigé l’écriture d’un ouvrage intitulé Hikikomori, ces adolescents en retrait, paru en août 2014. Quinze spécialistes (psychanalystes, pédopsychiatres…) y analysent des cas concrets et apportent des éléments d’explication visant à mieux cerner le phénomène –et à étudier son arrivée possible en France.

Le terme hikikomori est apparu au Japon au début des années 1990, une succession de cas ayant d’abord mis à la puce à l’oreille du gouvernement avant que le phénomène finisse par être médiatisé. Dans certaines grandes villes, et en particulier Tokyo, on signalait le cas d’adolescents ayant fini par se murer dans leur chambre le plus calmement du monde, passant leur journée à lire des mangas et à jouer aux jeux vidéo. Aucune ambition, envie de rien, aucune préoccupation vis à vis de l’avenir: ces jeunes gens se distinguaient des autres adolescents, certes fréquemment apathiques, par un désintérêt total pour le monde réel.

Un ouvrage publié par le psychiatre Tamaki Saito en 1998 en faisait alors un véritable sujet de société. Depuis cette date, tous les Japonais savent ce qu’est un hikikomori: près d’un jeune japonais sur cent serait désormais concerné, selon les chiffres avancés dans le livre français.

Un problème très masculin

70 à 80% des hikikomori seraient des hommes, la plupart âgés de 15 à 35 ans. SelonThierry Guthmann, professeur de sciences humaines juridiques et économiques à l’Université de la préfecture de Mie (Japon), les garçons seraient particulièrement touchés en raison de l’incapacité des pères japonais à communiquer avec leurs enfants. Il explique à Slate par mail:

Au Japon, les garçons ont souvent un fort problème de construction identitaire

Thierry Guthmann,professeur de sciences humaines au Japon

«Lorsque l’enfant est un garçon, son père a tendance à se montrer plus sévère et de communiquer avec lui de façon plus autoritaire. Tandis que les filles se mettent à disposition de leur mère, les garçons ont souvent un fort problème de construction identitaire».

Terrifiés par ce père qu’ils ont choisi par défaut comme leur référent masculin, les jeunes Japonais semblent ne pas supporter la pression et finissent par s’enfermer.

À l’inverse, beaucoup de jeunes gens deviendraient des hikikomoris après avoir été traités comme des enfants-rois, terme très employé au Japon pour décrire ces enfants, garçons et filles, élevés dans une grande permissivité. Surprotégés et faisant l’objet d’un véritable culte de la part de leurs parents-monstres, ils décident de s’enfermer dans leur chambre autant par caprice que par peur du monde extérieur. Il y a dans le rapport entre enfants-rois et parents-monstres cette idée que c’est l’enfant qui sait le mieux ce qui est bon pour lui, y compris quand ses décisions semblent aberrantes. D’où le fait que certains de ces parents entrent sans mal dans le jeu des nouveaux hikikomori, qui peuvent alors prolonger leur réclusion à l’envi, sans aucune pression extérieure.

Outre le problème de relation aux parents, ce désir de mise en retrait peut aussi provenir de l’école. La société japonaise est à la fois obnubilée par la réussite scolaire, et en proie à un problème de harcèlement scolaire de certains élèves japonais.

Le problème de l’ijime

 

Au Japon, le harcèlement scolaire a un nom, l’ijime, qui désigne ce qui se produit lorsqu’une classe entière choisit une bouc-émissaire et multiplie sur lui brimades et humiliations. Les victimes d’ijime n’ont guère le choix elles sont poussées à l’exil, au suicide ou à l’enfermement volontaire. Très populaire au Japon et disponible en France, le manga Life s’empare de ce phénomène qui ravage le pays,.

Sans forcément parler de harcèlement, les spécialistes décrivent ce qu’ils appellent le «mal du mois de mai». Le mois d’avril correspond au Japon à notre rentrée des classes de septembre, ainsi qu’à la prise de fonction de beaucoup d’employés dans les entreprises: après quelques semaines à tenter de s’acclimater ou à découvrir ses nouvelles conditions de travail, les futurs hikikomori craquent sous la pression du travail ou de l’école, et finissent dès le mois de mai par céder au burn-out.

Pour les hikikomori, il s’agit avant tout de rompre toute communication verbale, afin de ne plus se sentir jugé ou évalué. 

Questions pratiques

Concernant les jeunes adultes, le phénomène reste l’apanage des grandes villes, pour des raisons pratiques: dans certaines zones, il reste bien difficile de se faire livrer de la nourriture au quotidien

Beaucoup font leurs besoins dans des seaux et des bouteilles

Les adolescents, eux, n’ont pas ce problème: ils sont souvent choyés par leurs parents, qui refusent évidemment de les laisser mourir de faim, et leur fournissent même de quoi s’assurer un minimum d’hygiène au sein de leur chambre. Des systèmes complexes sont parfois mis en place, notamment pour ceux qui n’ont pas accès à des toilettes ou à un point d’eau dans la geôle qu’ils se sont choisis. Beaucoup font leurs besoins dans des seaux et des bouteilles, dont ils se débarrassent avec les déchets du quotidien.

Les hikikomori sont prêts à beaucoup de sacrifices pour parvenir à rester coupés du monde: se vautrer dans l’irrespect d’eux-mêmes n’a plus grande importance, l’important étant qu’aucun regard extérieur ne puisse se poser sur eux.

De l’otaku à l’hikikomori

À travers des forums ou des jeux en ligne, ils gardent un mince contact avec l’extérieur, certains continuant à se tenir au courant des actualités et à se gaver de culture. La démocratisation de l’Internet les a évidemment aidés dans leur tâche: passer des années dans sa chambre sans connexion, c’était risquer de devenir complètement fou; aujourd’hui, grâce au web, les hikikomori peuvent conserver l’illusion d’appartenir encore à notre monde, tout en faisant passer le temps.

Le phénomène hikikomori ressemble à une maladie contagieuse: les nombreux forums disponibles sur le sujet donnent souvent envie aux otakus (équivalent de nos nerds) les plus hardcore de suivre ce modèle qui ressemble pour eux à une vie idéale. Passer ses journées à jouer aux jeux vidéo et à se nourrir de pizzas livrées devant sa porte: sur le papier, cette existence peut ressembler à un rêve pour une certaine catégorie de la population. 

Tokyo! Bong Joon Ho ©Haut et Court

Dans le segment du film Tokyo! réalisé par Bong Joon-ho, un hikikomori tombe amoureux de sa livreuse de pizzas, avant d’apprendre un peu plus tard qu’elle-même est devenue hikikomori, probablement par sa faute.

Selon l’ouvrage collectif, le phénomène semble toujours prendre davantage d’ampleur, d’autant qu’il est extrêmement difficile à enrayer. Le gouvernement japonais n’ayant pas réellement pris le problème à bras le corps, des ONG tentent de gérer au cas par cas en aidant les familles désireuses de mettre fin à la réclusion de leurs enfants.

Dans De l’autre côté de la porte, Sadatsugu Kudo interprète son propre rôle: celui d’un médiateur spécialisé dans les hikikomori. Durant toute la seconde moitié du long-métrage, on le voit venir régulièrement chez Hiroshi et lui parler à travers la porte pour le convaincre de sortir enfin. La négociation peut prendre des mois, voire des années, d’autant que le hikikomori refuse généralement tout usage de la parole, ce qui rend les échanges légèrement limités.

Encore faut-il que la famille, quand il s’agit d’un ado qui vit avec elle, assume d’héberger un hikikomori: au Japon plus qu’ailleurs, le regard des autres est extrêmement important, ce qui pousse certains parents et proches à se murer eux aussi dans le silence plutôt que de rendre publique la situation inextricable dans laquelle ils se trouvent.

Les happy end sont rares

La plupart finissent par sortir, au bout de quelques mois ou de quelques années (le record est de près de 20 ans, explique l’ouvrage), parce qu’ils finissent par avoir besoin de l’extérieur ou parce qu’ils ont pris le temps de chercher un but à leur vie; mais la réadaptation est extrêmement délicate, tant il est difficile pour eux de se réadapter aux règles de vie en communauté.

La rechute est fréquente et les happy ends sont rares, contrairement à ce qui se produit dans la jolie comédie Des nouilles aux haricots noirs, présentée au festival du film asiatique de Deauville en 2010 sous le titre Castaway on the moon et diffusée en mars par Arte. Une hikikomori sud-coréenne y fait la rencontre (à distance) d’un naufragé urbain, prisonnier d’une île déserte en plein Séoul.

Des nouilles aux haricots noirs

La France menacée

Pour le sociologue Andy Furlong, qui l’explique dans le livre Hikikomori, ces adolescents en retrait, toutes les conditions semblent réunies pour que ce phénomène typiquement japonais s’étende au reste du monde.

Despues de Lucia, de Michel Franco

Des artistes en dehors du Japon se sont d’ailleurs déjà penché sur la question, comme le réalisateur mexicain Michel Franco avec Después de Lucía.

Surtout, des psychiatres ont déjà rapporté des cas dans des pays comme les Etats-Unis, l’Australie, l’Italie ou l’Espagne selon Furlong. En 2012, Le Monde évoquait le travail du docteur Alan Teo, psychiatre à l’université du Michigan à Ann Arbour, qui avait publié cette année-là, dans l’International Journal of Social Psychiatry, un article sur le premier cas d’hikikomori aux Etats-Unis: un jeune adulte (30 ans), enfermé pendant trois ans dans son appartement. Le Monde citait:

«La première année, il est resté dans un cabinet de toilettes assez spacieux, se nourrissant de plats qu’on lui apportait. Ne se lavant pas, déféquant et urinant dans des seaux et des bouteilles, il passait son temps sur Internet et devant des jeux vidéo. Il avait déjà vécu un semblable épisode de retrait social qui avait duré plusieurs années quand il avait 20 ans. A chaque fois, il souffrait de dépression sévère.»

La France commencerait également à être touchée: le docteur Marie-Jeanne Guedj-Bourdiau, pédopsychiatre, chef de service des urgences psychiatriques de l’hôpital Sainte-Anne, affirme dans l’ouvrage collectif que des dizaines de cas ont été constatés dans notre pays, concernant non seulement des adolescents, mais également de jeunes adultes qui aurait eu du mal à terminer leurs études supérieures. 

Le taux de chômage chez les jeunes ainsi que le nombre croissant d’accros à Interne tet aux jeux vidéos n’aidera pas à endiguer le phénomène.

http://www.slate.fr/

Surmonter les blues de l’hiver


Les journées plus courtes en hiver affectent beaucoup de personnes et certains ont des troubles affectifs saisonniers (dépression saisonnière). Certains vont jusqu’à s’isoler pendant plusieurs mois, couper tout contact et prendre du poids. Heureusement, aujourd’hui, il existe des moyens simples pour améliorer leur qualité de vie
Nuage

 

Surmonter les blues de l’hiver

Par Anna Sharratt,

L’envie de dormir commence en septembre pour Ingrid Mraz. Lorsque les journées commencent à se refroidir et à raccourcir, elle a de plus en plus envie de dormir, elle a des envies de sucre et elle se sent anxieuse. Ingrid souffre de troubles affectifs saisonniers ou TAS depuis qu’elle a 31 ans.

«Ce problème fait en sorte que je m’isole du reste du monde pendant au moins la moitié de l’année, et que je mange trop, ce qui me fait prendre du poids; je me sens donc peu attrayante et mes vêtements ne me font plus» explique Ingrid, qui est adjointe aux programmes de l’Association des troubles de l’humeur de l’Ontario (Mood Disorders Association of Ontario).

«Je ne garde pas le contact avec mes amis comme je le fais pendant les mois d’été et les rendez-vous galants représentent tout un défi pour moi, car je ne m’aime pas lorsque je suis dans cet état.»

Ingrid, qui est âgée de 46 ans, souffre de TAS environ huit mois par année, de septembre à mars, au moment où arrive le printemps. Elle souffre d’une forme grave de la maladie, qui touche 2 % des Canadiens, selon Robert Levitan, scientifique chevronné et chef de section au Centre de toxicomanie et de santé mentale à Toronto.

Souffrez-vous de troubles affectifs saisonniers?

Contrairement à Ingrid, de nombreux Canadiens — environ 3 à 5 % — souffrent d’une forme bénigne de troubles affectifs saisonniers, qui sont un état dépressif se manifestant lorsque le nombre d’heures d’ensoleillement diminue, que les journées raccourcissent et que la température baisse brusquement. Chez les personnes qui sont atteintes de TAS, les neurotransmetteurs du cerveau, substances chimiques régulant le sommeil, l’humeur et l’appétit, ne fonctionnent pas normalement, selon l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM). Les personnes qui souffrent de TAS présentent donc les symptômes suivants :

1. Envie de dormir excessive pendant la journée. Dès la fin du mois d’août, mais plus souvent à partir de novembre, les personnes qui souffrent de TAS ressentent un manque d’énergie et une fatigue excessive. Le seul fait de se lever le matin relève du défi.

2. Envie d’aliments riches en sucres et fécules. Si vous vous apercevez soudainement que vous avez constamment envie d’un beigne, d’un bagel, d’un biscuit ou de purée de pommes de terre et que vous consommez beaucoup plus de ces aliments tout en ressentant d’autres symptômes des troubles affectifs saisonniers, il est possible que vous en soyez atteint.

3. Pensées dépressives. Les TAS mènent essentiellement à une dépression clinique bénigne, selon l’ACSM.

4. Décrochage face aux activités sociales. Les personnes qui souffrent de TAS ont souvent le goût d’«hiberner», explique M. Levitan, et évitent de participer à des activités dans le cadre de leur travail, à des soirées ou autres événements sociaux.

5. Anxiété ou désespoir. Dans les cas plus graves de TAS, on peut noter la présence d’irritabilité, d’anxiété et même de désespoir.

6. Prise de poids. Si vous prenez plus que quelques livres seulement à l’arrivée de l’hiver chaque année, c’est possible que ce soit attribuable aux TAS.

Mais il y a une bonne nouvelle. Des traitements existent et peuvent vous aider à fonctionner normalement.

Illuminez votre vie

Heureusement, les personnes atteintes d’une forme bénigne de TAS — et même celles qui sont plus gravement atteintes — répondent à des traitements comme la luminothérapie, la pharmacothérapie ou la psychothérapie.

Le truc qu’on utilise le plus souvent pour faire croire à l’organisme que c’est le printemps ou l’été est l’utilisation d’une lumière vive spéciale qui est filtrée pour éliminer les dangereux rayons UV. M. Levitan recommande de s’exposer à cette lumière pendant une demi-heure chaque matin.

«Si la personne peut se lever à six ou sept heures, c’est encore mieux» explique-t-il, car la lampe lui fournira l’«ensoleillement» supplémentaire dont son organisme a besoin.

La constance est la clé, dit M. Levitan. «Si vous utilisez la lampe à n’importe quel moment de la journée, vous modifiez les signaux que reçoit votre cerveau.»

Cela signifie donc qu’il ne faut pas l’utiliser à 8 heures un matin et à 10 heures le lendemain, par exemple, ce qui pourrait, selon lui, aggraver les symptômes de TAS.

D’autres traitements qui peuvent apporter un soulagement sont les modifications aux habitudes alimentaires, la prise de suppléments comme les Oméga 3 et la vitamine D et l’exercice, qui produit la sérotonine, l’hormone du bien-être. L’acide aminé tryptophane, qui est maintenant disponible sous forme de cachet, favorise aussi le sommeil et la relaxation chez plusieurs des patients de M. Levitan.

Ingrid est allée encore plus loin.

«Depuis que j’ai fait l’acquisition d’une lampe pour la luminothérapie, j’ai aussi acheté un simulateur d’aurore, qui est en fait une lampe en forme de demi-sphère qui s’allume lentement pour simuler l’aube d’une journée radieuse de mai» dit Ingrid.

Elle précise qu’elle utilise cette lampe, qui s’allume juste avant le réveil pour rétablir l’horloge biologique, seulement pendant la période de l’hiver où les journées sont les plus sombres.

Si ces traitements ne fonctionnent pas, il existe aussi des antidépresseurs pour traiter les TAS, explique M. Levitan, de même que la psychothérapie. Mais il rappelle qu’il faut impérativement consulter son médecin avant d’entreprendre n’importe quel traitement.

http://simplementbrillant.ca