Jour de la Terre: Le fléau du plastique


Demain dimanche, nous soulignons Journée internationale de la Terre nourricière. Une journée pour prendre conscience que notre Terre est en très mauvaise condition et que nous devons apporter des changements dans notre comportement. Cette année, c’est sous le thème : la pollution plastique. C’est un gros problème pour la faune et la flore autant terrestre que marine. Des microfibres de plastique se retrouvent dans l’eau potable, ainsi que dans les animaux, dans divers produits que nous utilisons. Tout le monde doit en prendre conscience
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Jour de la Terre: Le fléau du plastique

 

    Par Luz Lancheros

    Metro World News

    Cette année, le Jour de la Terre, qui aura lieu dimanche, sera l’occasion de fournir l’information et l’inspiration nécessaires pour susciter un changement fondamental d’attitude à l’égard du plastique. Métro s’est penché sur ce type de pollution et sur l’urgence de l’enrayer.

    Le Jour de la Terre est célébré depuis 1970 aux États-Unis. Cette année-là, préoccupées par de nombreux problèmes environnementaux et sociaux, 20 millions de personnes sont descendues dans les rues pour manifester. Dans la foulée de ce premier Jour de la Terre, plusieurs lois et initiatives ont vu le jour au pays de l’Oncle Sam pour prévenir les désastres naturels. En 1990, cette journée est devenue internationale et, en 2009, elle a été rebaptisée Journée internationale de la Terre nourricière. Mais, au-delà de la dimension institutionnelle de cette initiative, l’organisation qui en est responsable espère qu’elle soit quelque chose de plus.

    Au début du siècle, 5 000 groupes environnementaux issus de 184 pays ont commencé à exploiter la puissance des réseaux sociaux, parvenant notamment à réunir des milliers de militants pour une immense manifestation à Washington ou à aller au Gabon pour discuter d’énergie propre. Dix ans plus tard, malgré le scepticisme ambiant, le Jour de la Terre conservait toute sa pertinence, plus de 250 000 personnes prenant part à un Rassemblement pour le climat, tandis que l’initiative Un milliard de gestes verts était lancée dans le but de planter des arbres avec l’aide de 22 000 partenaires dans 192 pays.

«Plusieurs études, dont une de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), concluent que près de 95 % de l’eau que nous utilisons et buvons contient du plastique. Dans tout ce que nous consommons, il y a des microfibres de plastique.» – Kathleen Rogers, présidente du Réseau du Jour de la Terre

Tout cela fait de cette journée l’événement laïc le plus important au monde et va bien plus loin que la plantation d’arbres. En fait, l’organisation responsable du Jour de la Terre travaille avec d’autres entités et dirige des initiatives visant à éduquer les populations.

«Le Jour de la Terre est une belle occasion de rendre manifestes les problèmes qui affligent notre planète aujourd’hui et de dire, justement, que “aujourd’hui” demeure le meilleur moment pour agir.  Il est essentiel que des outils permettent aux gens d’appuyer des causes environnementales qu’ils jugent importantes pour leur collectivité. Notre campagne Hagamos Eco cherche ainsi à mobiliser les citoyens et à susciter des changements positifs sur le plan de la protection de l’environnement», a expliqué à Métro Gonzalo Strano, coordonnateur de campagne chez Greenpeace, l’ONG responsable du lancement en ligne de la plateforme Hagamos Eco.

Et les défis sont immenses. Cette année, le Jour de la Terre a pour thème la pollution plastique, un problème dont plusieurs sous-estiment la gravité. Il faut en effet savoir qu’il y a actuellement sur terre 6,3 milliards de tonnes de plastique et que, de ce nombre, 150 millions de tonnes se trouvent dans les océans. Et, plus préoccupant encore, on a constaté que les animaux que nous consommons contiennent des particules de plastique.

800

On estime que le poids du plastique qui se trouve dans les océans équivaut à celui de 800 tours Eiffel ou de 14,85 Airbus A380.

Greenpeace met la plateforme Hagamos Eco à la disposition des gens en Amérique latine afin qu’ils puissent dénoncer les méfaits liés à la pollution et chercher des solutions aux problèmes environnementaux. L’organisation tient également des campagnes en Europe pour prévenir la pollution plastique dans les océans, appuyant le mouvement planétaire Finissons-en avec le plastique! (Break Free From Plastic), dans le cadre duquel des centaines d’ONG collaborent pour imaginer un avenir sans pollution plastique et font la promotion de l’économie circulaire, du recyclage, de l’élimination de l’enfouissement des emballages et du recours à des solutions novatrices afin de réutiliser de manière responsable.

Mais ce combat est ardu. Chaque seconde, plus de 200 kg de déchets sont jetés dans les mers. Par ailleurs, de nombreux produits de beauté et d’hygiène qui contiennent des particules de plastique et qui finissent dans les mers sont responsables de l’accélération de la production de produits plastiques par 900% par rapport aux niveaux de 1980. Cela représente plus de 500 millions de tonnes par an.

Voilà précisément ce sur quoi travaillent les responsables du Jour de la Terre. Ils souhaitent planter 7,8 milliards d’arbres d’ici 2020 et rendre manifeste, cette année, un fléau qui affecte déjà des millions de personnes quotidiennement.

Une pollution «désespérante»

Notre entrevue avec Kathleen Rogers, présidente du Réseau du Jour de la Terre

Que faites-vous pour que le Jour de la Terre soit plus qu’une initiative environnementale parmi tant d’autres?

Nous collaborons à l’échelle internationale avec 192 pays, des ONG, des gouvernements, des maires, des professeurs et de grandes entreprises, ainsi qu’avec d’autres groupes. Un milliard de personnes dans le monde participent au Jour de la Terre, et nous travaillons avec des volontaires dans des écoles de plusieurs pays afin que les gens participent non seulement au Jour de la Terre, mais s’impliquent également localement. Chaque année, nous avons un thème. Cette année, c’est la pollution plastique et son incidence sur les océans. Il y a du plastique qui se retrouve dans notre organisme, car il y en a dans l’eau que nous utilisons et buvons.

De nombreuses agences de santé, des chercheurs et même des industries ont pris conscience de la gravité du problème. Ils savent que celui-ci est responsable, notamment, de la précocité de la puberté et de la résistance à l’insuline qu’induisent certains cancers. La recherche découvre sans cesse des choses désespérantes sur ce type de pollution. Nous souhaitons donc sensibiliser les gens à ce problème et leur proposer des solutions.

«Tout objet de  plastique qui a été produit sur terre continue à exister comme tel. Il ne disparaît pas, il n’y a aucun moyen qu’il devienne une partie de l’environnement. Il ne peut pas être absorbé.»

Plusieurs fondations luttent déjà contre la pollution plastique…

Nous faisons partie de la Global Plastic Pollution Coalition et nous œuvrons en Asie, en Europe, en Amérique latine. Nous formons des groupes de discussion qui se penchent sur cet enjeu. Parfois, nous suivons leurs directives ou certaines questions qui nous semblent importantes, et nous consultons aussi nos réseaux de soutien.

Nous consacrons beaucoup d’efforts à promouvoir ce que d’autres font et nous éduquons les gens, mais aussi les entreprises, sur ce sujet afin qu’ils cessent d’utiliser du plastique et le remplacent par d’autres types de produits aussi abordables.

En quoi consiste votre collaboration­ avec les gouvernements­?

Les politiques publiques sont très importantes. En Inde, nous menons un projet avec le gouvernement afin de décourager l’utilisation des plastiques par l’instauration d’une taxe. Nous ne voulons pas imposer aux consommateurs des sommes importantes, seulement quelques cents, et ce, pour qu’ils prennent conscience qu’il est dans leur intérêt de recourir à des produits de remplacement, comme les sacs à provisions. Et nous devons expliquer aux gens comment tout cela menace l’existence même de notre planète.

L’industrie sait à quel point le plastique est un problème grave, mais personne ne la presse de faire quoi que ce soit; elle continue donc à en fabriquer. Sans parler de ce que ces produits font aux enfants dans les pays les plus pauvres, à leur santé, aux conséquences qu’ils ont sur eux quand ils atteignent la puberté. Nous devons nous concentrer sur cela; et ce n’est pas uniquement mon idée; de nombreuses personnes travaillent là-dessus depuis longtemps, et personne ne les a écoutées. Ce sont de véritables pionniers.

Comment peut-on voir le Jour de la Terre comme quelque chose de plus qu’une journée officielle?

Ce n’est pas grave si les gens le voient comme une simple journée internationale, tant qu’ils modifient leur attitude et leurs comportements à l’égard de l’environnement afin d’en prendre davantage soin. Le Jour de la Terre est une belle occasion pour commencer à réaliser de grandes choses et à en faire davantage pour aider, s’impliquer et apprendre au sujet du fléau qu’est la pollution plastique.

http://journalmetro.com/

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Jeûner pour améliorer votre santé


Le jeûne aurait des effets bénéfiques sur le corps, mais suivi d’une alimentation équilibré. Cependant, certaines personnes ne peuvent faire de jeûne pour des effets secondaires. Un chercheur a créé une diète qui imite le jeûne et aurait certains avantages pour le déclin cognitif, la chimiothérapie … Quoiqu’il en soit, mieux vaut en parler avec son médecin avant d’entreprendre un jeûne
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Jeûner pour améliorer votre santé

 

Une assiette vide, vue de haut

Une assiette vide Photo : iStock

Le jeûne est une pratique ancrée dans de nombreuses religions depuis des millénaires. Il est souvent perçu comme un moyen de purifier le corps et l’esprit. Mais qu’en est-il vraiment de ses bienfaits sur la santé? Depuis quelques années, la science se penche sur les vertus de cette pratique.

Un texte de Bouchra Ouatik, de Découverte

La nourriture occupe une grande partie de nos journées. Aux trois repas quotidiens s’ajoutent souvent des collations pour chasser la faim. Cela paraît normal, puisque manger est essentiel pour vivre. De plus en plus de chercheurs constatent pourtant que la privation de nourriture, de manière contrôlée, peut être bénéfique.

Selon le biochimiste Valter Longo, une des sommités mondiales sur le jeûne, notre corps est fait pour jeûner durant de longues périodes

« Cela fait partie de notre histoire depuis aussi longtemps que la nourriture fait partie de notre histoire. C’est vrai pour tous les organismes », explique celui qui dirige l’Institut sur la longévité de l’Université de Californie du Sud à Los Angeles.

Si vous remontez à plusieurs milliards d’années dans l’évolution, il n’y a pas un organisme – des bactéries aux simples eucaryotes – qui n’a pas jeûné durant de longues périodes. Valter Longo, biochimiste à l’Université de Californie du Sud

Notre corps peut survivre durant des semaines sans nourriture. En temps normal, il utilise ses réserves de glucides, c’est-à-dire de sucres, comme principale source d’énergie. Au-delà de 24 heures, ces réserves sont épuisées et ce sont alors les réserves de lipides, c’est-à-dire de graisses, qui deviennent la principale source de carburant.

Jeûner pour perdre du poids

L’approche populaire pour perdre du poids consiste à réduire sa consommation quotidienne de calories et à faire plus d’exercice. Cependant, cette méthode a des limites, explique le cardiologue Martin Juneau, directeur de la prévention à l’Institut de cardiologie de Montréal.

« Quand vous mangez moins, votre métabolisme baisse. Notre métabolisme de base, c’est ce qui fait qu’on brûle la majorité de nos calories. S’il baisse, c’est difficile de perdre du poids », souligne-t-il.

Le jeûne a cependant l’effet contraire.

« Quand vous jeûnez complètement, l e métabolisme augmente, donc c’est ça la grosse différence », ajoute le cardiologue.

Le Dr Juneau, qui s’intéresse de près aux recherches sur le jeûne, cite d’autres bienfaits pour la santé.

« Le jeûne est très efficace pour baisser le niveau d’insuline, explique-t-il, ce qui est intéressant pour ce que l’on appelle la résistance à l’insuline, qui est à la base de beaucoup de problèmes métaboliques, dont le syndrome métabolique, l’obésité et le diabète. »

Certains adeptes du jeûne le pratiquent durant plusieurs jours consécutifs, en ne buvant que de l’eau. Cependant, un autre type de jeûne, dit intermittent, gagne aussi en popularité.

« Ce que l’on voit beaucoup dans la littérature scientifique en ce moment, c’est le jeûne intermittent, où on alterne des journées d’alimentation normale avec des journées très très réduites en calories ou de jeûne complet. »

Ça ne sert absolument à rien d’utiliser le jeûne, qu’il soit intermittent ou complet, si c’est pour une fois ou deux fois ou pour perdre quelques livres qu’on va évidemment reprendre quelques mois plus tard si on arrête. Dr Martin Juneau, directeur de la prévention à l’Institut de cardiologie de Montréal

Jeûner pour rajeunir ses cellules

Selon Valter Longo, le jeûne serait une des clés pour vivre plus longtemps en santé. Le biochimiste, qui présente ses recherches dans son récent livre The Longevity Diet (« la diète de la longévité »), explique que la privation de nourriture amène les cellules à se régénérer.

« [Lors d’un jeûne], notre corps détruit ses composants de manière coordonnée; par exemple, une partie des muscles, une partie du foie, une partie du système immunitaire, et ainsi de suite, dit-il. Il détruit aussi une partie de chaque cellule. C’est ce qu’on appelle l’autophagie. Puis, il s’en sert comme source d’énergie. Lorsque vous mangez à nouveau, tout cela est reconstruit. »

Durant un jeûne, le corps a tendance à détruire les cellules endommagées avant les cellules saines, indique le chercheur.

Une diète qui imite le jeûne

Le jeûne strict où l’on ne boit que de l’eau est cependant très difficile à suivre et il comporte des risques pour la santé.

Le jeûne à l’eau ne devrait pas être fait en dehors d’une clinique, car il peut y avoir des effets secondaires comme l’hypotension et l’hypoglycémie. Les gens peuvent s’évanouir. Valter Longo, biochimiste à l’Université de Californie du Sud

C’est pour éviter ces effets secondaires que Valter Longo a développé une approche qu’il appelle fast-mimicking diet ou « diète imitant le jeûne ». Ce plan alimentaire faible en calories a été conçu pour plonger le corps dans un état physiologique semblable au jeûne, tout en lui fournissant les nutriments essentiels.

« Nous avons développé une diète qui imite le jeûne et qui est faible en protéines, faible en sucres et riche en lipides, explique-t-il. Elle contient 66 ingrédients différents, dont chacun a été développé pour faire croire au corps qu’il jeûne, alors qu’en réalité, vous mangez. Il y a moins de calories que la normale, entre 800 et 1100 calories par jour. »

Valter Longo a mené une étude sur une centaine de participants qui ont suivi cette diète une semaine par mois. Au bout de trois mois, ils avaient perdu en moyenne trois kilos, réduit leur taux de cholestérol et leur pression artérielle et amélioré leur glycémie.

Depuis, cette diète imitant le jeûne a été commercialisée sous le nom de Prolon et aux États-Unis, de nombreux médecins la recommandent à leurs patients.

Atténuer les effets de la chimiothérapie

À travers ses recherches, Valter Longo a démontré que la diète imitant le jeûne peut aider à mieux résister aux effets secondaires de la chimiothérapie. Après avoir mené des études sur des souris soumises à des traitements contre le cancer, le chercheur a constaté que les rongeurs en état de jeûne étaient en meilleure santé après les traitements que ceux qui ont mangé normalement.

Le jeûne rend aussi les cellules cancéreuses plus vulnérables à la chimiothérapie. Lorsque le corps est privé de glucides, les cellules saines parviennent à utiliser les lipides comme source d’énergie alternative. Les cellules cancéreuses, quant à elles, n’ont pas cette capacité et se retrouvent donc affaiblies.

« J’utilise l’analogie d’une personne qui court dans le désert, illustre Valter Longo. Elle va finir par mourir. Mais si elle s’arrête pour chercher de l’ombre et de l’eau, elle peut survivre. C’est la réponse des cellules normales lors du jeûne. Elles s’arrêtent et elles attendent. Les cellules cancéreuses refusent de le faire et elles continuent. »

Chez les souris, cela fonctionne remarquablement bien, en les protégeant des effets secondaires de la chimiothérapie et en rendant celle-ci plus efficace. En combinant les médicaments contre le cancer avec la diète imitant le jeûne, nous observons une survie sans récidive même dans les cas de métastases. Valter Longo, biochimiste à l’Université de Californie du Sud

Sur l’humain, des études cliniques ont démontré que le jeûne pouvait atténuer les effets secondaires de la chimiothérapie, mais elles n’ont pas encore démontré d’effet sur les tumeurs.

La diète cétogène : une solution de rechange au jeûne

Le jeûne a aussi un effet sur le cerveau. Lorsqu’il est privé de nourriture, notre corps produit des molécules appelées « cétones » à partir de ses réserves de lipides. Les cétones deviennent alors la principale source d’énergie du corps en l’absence de glucose.

En raison de l’apport en cétones au cerveau, le jeûne a pour effet de faire cesser les convulsions chez les personnes épileptiques, un phénomène qui était déjà observé dans l’Antiquité.

Dans les années 1920, le médecin américain Russell Wilder a développé une diète appelée « cétogène » qui reproduit les effets du jeûne pour traiter l’épilepsie. Cette diète très riche en lipides et très faible en glucides pousse le corps à produire des cétones.

Sous cette diète, 90 % de l’alimentation quotidienne doit provenir de matières grasses, sous forme de produits laitiers, d’huile, de mayonnaise, de noix et d’avocat, par exemple. Les aliments contenant des glucides – comme les fruits, les céréales et les légumineuses – doivent être limités à quelques grammes par jour.

Au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, à Montréal, la neuropédiatre Anne Lortie prescrit cette diète à ses patients épileptiques lorsque les médicaments ne font pas effet. Elle indique qu’en plus de réduire les convulsions chez 60 % des patients, la diète cétogène améliore les facultés cognitives de certains d’entre eux.

 

Il y a 30 % des enfants qui vont [connaître une amélioration] aussi au niveau de leur comportement, de leur éveil intellectuel, de leur curiosité, parce que, bien souvent, ce sont des enfants avec un handicap neurologique beaucoup plus global. Dre Anne Lortie, neuropédiatre au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine

Lutter contre l’Alzheimer

Le succès de la diète cétogène pour l’épilepsie est tel que l’effet des cétones est maintenant étudié pour d’autres problèmes neurologiques. À l’Université de Sherbrooke, le chercheur en physiologie Stephen Cunnane s’intéresse au potentiel de ces molécules pour ralentir le déclin cognitif.

Avec l’âge, le cerveau perd graduellement sa capacité à utiliser le glucose comme source d’énergie, ce qui peut accélérer la progression de maladies neurodégénératives comme l’alzheimer. Dans ses travaux, le chercheur constate toutefois que la capacité du cerveau à utiliser les cétones comme source d’énergie demeure intacte.

Le chercheur a mené une étude sur les facultés cognitives de personnes âgées ne souffrant pas encore d’alzheimer. Durant six mois, les participants ont consommé une boisson à base d’huile MCT, ou huile de triglycérides à chaîne moyenne, un produit dérivé de l’huile de noix de coco.

« Le MCT, c’est la seule façon de produire les cétones à part un jeûne ou une diète cétogène », explique Stephen Cunnane.

 

Au bout de six mois, le chercheur a constaté des progrès au niveau des facultés cognitives des participants.

« On a vu des changements dans certains résultats, surtout pour la mémoire qu’on appelle épisodique et le fonctionnement exécutif », explique-t-il.

Ces facultés déclinent chez les personnes atteintes d’alzheimer.

Je pense que les cétones sont essentielles pour venir à la rescousse énergétique du cerveau et permettre à d’autres approches, même pharmaceutiques éventuellement, d’être plus efficaces. Stephen Cunnane, chercheur en physiologie, Université de Sherbrooke

Certaines études démontrent également que les cétones peuvent avoir un effet bénéfique dans le traitement de la maladie de Parkinson ou encore pour aider au rétablissement après un traumatisme crânien, ajoute Stephen Cunnane.

http://ici.radio-canada.ca/

Il y a cinq formes de diabète et non deux, selon des chercheurs


Les chercheurs ont catégorisé le diabète en 5 formes, qui permettrait probablement à de meilleurs traitements
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Il y a cinq formes de diabète et non deux, selon des chercheurs

 

Le diabète de type 1 (environ 10 % des cas),... (123RF)

Le diabète de type 1 (environ 10 % des cas), qui apparaît le plus souvent de manière brutale chez l’enfant ou chez le jeune adulte, est caractérisé par une production insuffisante d’insuline.

 

Agence France-Presse

Des scientifiques ont proposé une nouvelle classification du diabète en estimant qu’il en existait cinq formes différentes et non pas deux comme admis actuellement, ce qui peut selon eux permettre d’affiner les traitements.

Actuellement, ce trouble d’assimilation des sucres par l’organisme est classé selon deux catégories.

Le diabète de type 1 (environ 10 % des cas), qui apparaît le plus souvent de manière brutale chez l’enfant ou chez le jeune adulte, est caractérisé par une production insuffisante d’insuline. Cette hormone sécrétée par le pancréas permet de maintenir l’équilibre du taux de glucose dans le sang.

Le diabète de type 2 (près de 90 % des cas) correspond à une hausse prolongée du taux de sucre dans le sang, souvent associée à l’obésité et aux modes de vie (sédentarité, alimentation déséquilibrée).

Les auteurs d’une étude suédoise qui vient d’être publiée dans la revue spécialisée Lancet Diabetes & Endocrinology proposent d’affiner cette classification en instaurant cinq catégories, trois sévères et deux plus bénignes.

« C’est un premier pas vers des traitements personnalisés du diabète (…). La classification actuelle ne suffit pas à prédire les complications qui peuvent survenir », a estimé l’un des auteurs de l’étude, le professeur Leif Groop, de l’université de Lund.

Pour aboutir à ces cinq catégories, les chercheurs ont examiné les données de 13 720 patients depuis 2008, en analysant notamment leur production d’insuline, leur niveau de sucre dans le sang ou l’âge auquel la maladie est apparue.

La première de ces cinq nouvelles catégories correspond au diabète de type 1. Les quatre autres sont des subdivisions du diabète de type 2, avec chacune ses caractéristiques particulières.

L’une d’elles se caractérise par un risque plus grand de rétinopathie (atteinte de la rétine qui touche près de 50 % des patients diabétiques de type 2). Une autre concerne des patients obèses et est marquée par une importante résistance à l’insuline, avec un risque élevé d’atteinte rénale.

Les deux dernières catégories, moins sévères, regroupent des patients obèses qui développent la maladie à un jeune âge pour la première, et des patients plus âgés pour la seconde (le groupe le plus important, 40 % des patients environ).

Un adulte sur onze dans le monde (425 millions) est atteint de diabète, soit 10 millions de plus qu’en 2015, selon des chiffres publiés mi-novembre par la Fédération internationale du diabète (FID) à l’occasion de la Journée mondiale consacrée à cette maladie.

http://www.lapresse.ca

«Nash», l’inquiétante épidémie de cirrhose liée à notre surconsommation de sucre


Nash, c’est une abréviation pour une épidémie d’une dépendance du sucre pouvant mener à une cirrhose qui n’est pas donc liée à l’alcool. C’est un gros problème de santé qui est relié au surpoids pouvant aussi entraîner le diabète. On vise en autre les boissons sucrées comme les boissons gazeuse qui sont grandement consommées
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«Nash», l’inquiétante épidémie de cirrhose liée à notre surconsommation de sucre

 

 Notre consommation de sucre pèse de plus en plus sur la santé Tristan Nitot via Flickr CC License by CC

Notre consommation de sucre pèse de plus en plus sur la santé Tristan Nitot via Flickr CC License by CC

Jean-Yves Nau

Les pouvoir publics sont en alerte. «Nash», une cirrhose qui n’est pas due aux boissons alcooliques mais à la consommation de sucres, se répand rapidement à travers le monde, dans le sillage du diabète et de l’obésité. Une seule solution : modifier nos comportements.

Outre-Atlantique, on l’a baptisée «Nash»:  Non alcoholic steato hepatitis. Traduire: stéato-hépatite non-alcoolique ou, mieux cirrhose en devenir qui n’est pas due à des boissons alcooliques. On pourrait aussi, de manière plus prosaïque, parler de foie trop «gras». Certains, en France, préfèrent «stéato-hépatite métabolique». C’est le cas du Pr Vlad Ratziu, spécialiste d’hépatologie au groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière (Paris). On parle encore  de NAFLD (Non-alcoholic fatty liver disease).

Beaucoup de mots pour une seule entité ; une pathologie dont la progression commence à inquiéter les spécialistes et les responsables de santé publique. Un premier symposium franco-américain lui est consacré qui se tiendra à l’Institut Pasteur de Paris les 25 et 26 juin. Il y a quelques jours une publication lui était consacrée dans le Journal of Hepatology. Dirigés par Nicola M. McKeown (Tufts University, Boston), les auteurs y démontrent l’existence d’un lien, inquiétant, entre cette affection et la consommation régulière de boissons sucrées (sodas).

Reflet de nombre de nos comportements alimentaires, le foie est un organe qui ne trompe guère. On le sait depuis longtemps avec l’alcool. C’est donc aussi vrai avec le sucre. En pratique la stéatose hépatique non alcoolique est une maladie dont le diagnostic repose sur :

· des anomalies du bilan hépatique visibles à partir d’un simple examen de sang (augmentation du taux de transaminases ou de Gamma GT;

· des anomalies du tissu hépatique visibles à partir d’une biopsie;  

· l’apparition de ces éléments chez une personne qui n’a pas d’autres maladies du foie  (d’origine virale, auto-immune, génétique ou toxique) et surtout qui ne souffre pas d’une dépendance à l’alcool.

Chez un malade sur trois, l’évolution se fait vers une cirrhose, ce qui favorise l’apparition d’un cancer du foie

Les spécialistes du centre Paul-Brousse

Accumulation de graisses

Chez les personnes atteintes l’analyse de la biopsie hépatique met en évidence la présence de graisses (stéatose) dans le foie accompagnée de lésions cellulaires inflammatoires (hépatite).

«Chez un malade sur trois, l’évolution se fait, à différents degrés, vers une cirrhose, ce qui favorise l’apparition d’un cancer du foie», résument les spécialistes du centre hépato-bilaire Paul-Brousse (Villejuif).

Les facteurs de risque d’apparition et de développement de la stéato-hépatite non-alcoolique sont désormais bien connus : surpoids (indice de masse corporelle supérieur à 25 kg/m2), hyperglycémie à jeun (supérieure à 6,1mmol/l), hypertriglycéridémie (supérieure à 1,7mmol/l) ; «adiposité centrale» (tour de taille supérieur à 88 cm pour les femmes et supérieur à 102 cm pour les hommes) ; un taux sanguin bas d’HDL-cholestérol bas (inférieur à 0,5 g/l pour les femmes et inférieur à 0,4 g/l pour les hommes).

Il ne semble pas y avoir, ici, une cause unique. L’une d’entre elles est une pathologie du métabolisme appelée «résistance à l’insuline». Elle se traduit, le plus souvent chez les personnes en surpoids, par le fait que leur organisme synthétise une grande quantité d’insuline circulante (hyper-insulinémie) pour réduire la concentration de sucre dans le sang. Ce déséquilibre peut rester silencieux pendant des années jusqu’à ce que les capacités sécrétrices du pancréas en insuline s’épuisent. Les taux sanguin d’insuline diminuent, ceux de glycémie augmente. C’est l’apparition progressive d’un diabète de type II tandis que l’hyper-insulinémie bouleverse  le métabolisme des cellules du foie en y provoquant une accumulation de graisses (stéatose).

Diabète et obésité

Sans être original, le traitement est difficile à mettre en œuvre, comme celui de toutes les maladies chroniques longtemps silencieuses. Avant le stade de la cirrhose, il consiste à contrôler au mieux chacun des facteurs de risque. En pratique, cela consiste à limiter autant que faire se peut le surpoids (via les régimes et les exercices physiques) et à combattre l’insulino-résistance (via des par médicaments qui améliorent la sensibilité des tissus périphériques à l’insuline). Arrivé au stade de la cirrhose, la prise en charge se complique comme c’est le cas dans les cirrhoses d’origine alcoolique. Dans les cas les plus graves, on peut arriver jusqu’à la greffe de foie.

 En France, un adulte sur cinq aurait un foie atteintde stéatose

On mesure encore mal, en France, le poids montant de cette maladie chronique. Daté de 2012, un rapport de la «World Gastroenterology Organisation» dresse un inquiétant état des lieux.

«La Nash est une maladie hépatique chronique de plus en plus répandue avec une distribution mondiale et qui est étroitement liée au diabète et à l’obésité, qui ont toutes deux atteint les proportions d’une épidémie. On estime qu’il y a au moins 1,46 milliard d’adultes souffrant d’obésité dans le monde. Et environ 6 millions de personnes aux États-Unis ont montré une progression vers une Nash tandis que 600.000 souffrent d’une cirrhose liée à une Nash.

Il existe des différences culturelles et géographiques importantes dans la prévalence de l’obésité […]  Aux États-Unis, l’obésité est particulièrement épidémique dans les groupes socio-économiques peu favorisés qui se nourrissent en grande partie d’aliments riches en graisses et en calories (restauration rapide…). Le contraire se rencontre dans beaucoup de pays pauvres où la prévalence de l’obésité est plus marquée dans les populations aisées et mieux éduquées. Entre 30% et 50% des adultes américains auraient aujourd’hui un foie trop gras.»

Les fontaines de soda bientôt interdites

En France, et au vu du nombre de personnes obèses ou en surpoids, certains estiment déjà qu’un adulte sur cinq a un foie atteint de stéatose. Une épidémie directement liée à une alimentation trop riche en graisses et en fructose, hautement toxique pour les cellules hépatiques. Les habitudes médicales font que cette entité, longtemps sans symptômes, n’est pas encore perçue comme une priorité. La surveillance se fait de manière segmentée: artériosclérose, diabète, système cardio-vasculaire. Et le foie, qui peut résister longtemps aux souffrances que l’alimentation lui impose, demeure le grand oublié – du moins quand l’alcool n’est pas dans le paysage.

La liste des catégories de boissons dont la mise à disposition est interdite sera fixée par un arrêté ministériel

S’intéresser à la Nash, c’est de fait, mettre la lumière sur une autre addiction également redoutable et nettement plus sournoise: la dépendance au sucre. Il y a quelques semaines, en première lecture du projet de loi de modernisation du système de santé les députés ont adopté un amendement prohibant les «fontaines de soda» dans les espaces publics:

«La mise à disposition en libre service, payant ou non, de fontaines proposant des boissons avec ajout de sucres ou d’édulcorants de synthèse est interdite en tous lieux ouverts au public ou recevant du public.»

La liste des catégories de boissons dont la mise à disposition est interdite sera fixée par un arrêté ministériel. Ce texte doit encore être voté par le Sénat. On peut y voir le premier signe, bien timide, d’une prise de conscience, par les politiques, d’une nouvelle menace sanitaire

http://www.slate.fr

Pourquoi les laboratoires pharmaceutiques saignent plus de 500.000 «crabes fer à cheval» par an


La limule est un crabe qui a une particularité d’avoir le sang bleu. Il a survécu aux dinosaures, mais dans les mains de l’homme rien n’est moins certain. Son sang permet de détecter des bactéries Gram négatives qui se retrouvent dans l’E.coli qui pourrait se retrouver dans des médicaments, des genoux de remplacement des outils d’hôpitaux, etc. Sauf que, la demande a beaucoup augmenter. Le crabe fer à cheval risque d’être en voie disparition si ce rythme continue à augmenter
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Pourquoi les laboratoires pharmaceutiques saignent plus de 500.000 «crabes fer à cheval» par an

 

Limules | Didier Descouens via Wikimédia CC License by

Limules | Didier Descouens via Wikimédia CC License by

Repéré par Vincent Manilève

Repéré sur Populare Mechanics

Le prix de leur sang bleu s’élève à 14.000 dollars le litre.

Le limule (surnommé «crabe fer à cheval» à cause de sa forme arrondie) est un arthropode fascinant. En plus d »avoir survécu aux dinosaures, son sang, bleu, regorge de qualités exceptionnelles.

Popular Mechanics écrit à son sujet: «Leur sang bleu distinctif est utilisé pour détecter des bactéries Gram négatif dangereuses comme l’E. coli dans des médicaments injectables comme l’insuline, sur des appareils médicaux implantables comme les genoux de remplacements, sur des outils d’hôpitaux intraveineux et sur les scalpels.»

La capacité de détection de ce sang est telle que l’industrie pharmaceutique tue 500.000 crabes fer à cheval par an et que le litre s’achète 14.000 dollars.

La demande ne faisant qu’augmenter (le marché américain devrait grimper de 25% d’ici 2020), les scientifiques commencent à se demander si cela ne pose pas un risque pour la survie des limules.

«Le nombre de crabes pêchés par l’industrie biomédicale américaine est passée d’une estimation de 200.000 à 250.000 dans les années 1990 à plus de 610.000 en 2012», note Popular Mechanics.

L’International Union for Conservation of Nature a lancé un comité en 2012 pour surveiller cette population et a décidé l’année dernière de placer le limule américain sur la liste des espèces «vulnérables», un cran en dessus des espèces «en danger». D’ici quarante ans, la population de ces crabes pourrait chuter de 30%.

«Survivent-ils? Sont-ils toujours les mêmes?»

De plus, s’ils ne prélèvent que le tiers du sang de chaque crabe avant de le relâcher dans la mer, il n’y a pour l’instant aucune limitation sur la quantité de sang que l’on peut prendre sans le mettre en danger.

«Personne ne sait vraiment ce qui arrive aux crabes quand ils sont relâchés dans la mer. Survivent-ils? Sont-ils toujours les mêmes?» L’homme, après tout, a toujours déconsidéré ce qu’il se passait sous l’eau, estimant que cela ne le concernait pas. Les industriels assurent que les crabes survivent, mais peut-on s’en sortir sans séquelle quand on vient de perdre un tiers de son sang et de subir un stress notable hors de son milieu naturel?

«Citez-moi une autre créature marine qui respire sous l’eau et qui peut survivre sur la terre comme eux, demande Win Watson, neurobiologiste de l’université de New Hampshire. Vous ne pouvez pas faire ça avec un poisson, ou avec un homard. Ils sont très vigoureux. Mais je pense qu’ils en paient le prix.»

L’objectif du scientifique et de son équipe n’est pas d’interdire les prélèvements sanguins. Mais ils espèrent, avec les recherches qu’ils ont lancé sur les limules, que les industriels réaliseront enfin que leur quête du sang bleu ne peut pas continuer ainsi.

http://www.slate.fr/

Le Saviez-vous ► Diabète, insuline et metformine


Le diabète est une maladie qui existait à l’époque des pharaons. Cela a pris plusieurs millénaires pour comprendre cette maladie et trouver des remèdes pour diminuer le taux de sucre dans le sang
Nuage

 

Diabète, insuline et metformine

 

 

Jacques Beaulieu

Chroniqueur et communicateur scientifique

    Le diabète est une maladie connue depuis la nuit des temps. Tel que décrit dans le Papyrus Ebers, le diabète fait partie de ce qu’on appelait alors: les anomalies des vases d’eau du corps. Amenhotep III, neuvième pharaon de la dix-huitième dynastie ayant vécu entre 1700 et 1600 ans avant Jésus-Christ, en souffrait. Le père de la médecine occidentale, Hippocrate, lui donna le nom de diabète, car les malades semblaient toujours assoiffés et urinaient rapidement après avoir bu comme si l’eau traversait les voies de leur corps (dia – baina en grec signifie : passer à travers). Le médecin romain Galène parlait de deux maladies : l’une pour décrire le besoin fréquent d’uriner qu’il appelait diarrhoea urinosa et l’autre pour la soif excessive qu’il nommait dipsakos.

    Diabètes et sucre

    L’association entre le diabète et le sucre fut aussi remarquée assez tôt dans l’histoire. Un des textes fondateurs de la médecine ayurvédique cite deux illustres médecins indiens du 5e et 6e siècle après J.-C., Sushruta et Chakura qui constatent que l’urine des patients souffrant de polyurie gouttait comme le miel, était collante au toucher et attirait les fourmis en grand nombre. Les médecins chinois firent le même constat, mais selon eux, ce sont les chiens qui étaient attirés par ces urines. Avicennes, un grand médecin perse décrivit deux complications courantes du diabète : la gangrène et la réduction des fonctions sexuelles. Une dizaine de siècles plus tard, le médecin suisse Von Hohenheim (1494-1541), mieux connu sous le nom de Paracelse, remarqua que l’évaporation de l’urine de diabétique laissait une poudre blanche anormale. Il croyait cependant qu’il s’agissait de sel ce qui, selon lui, expliquait aussi la grande soif des diabétiques. Finalement, ce fut le docteur Thomas Willis (1621-1675), éminent anatomiste et pathologiste britannique, qui ramena les concepts de sucre dans les urines après avoir observé le goût de sucre qui se dégageait des urines de diabétiques.

    De la connaissance de la maladie

    Thomas Willis

    Mis à part cette association, soif, urines fréquentes et sucre, peu était connu sur mécanismes menant à la maladie. Thomas Willis, avait avancé un début d’explication toujours en vogue. Il fut le premier à relier le diabète au mode de vie. Il affirmait que le diabète avait été une maladie rare durant l’Antiquité et le Moyen-âge. Il était devenu plus fréquent à son époque parce que les gens mangeaient avec grand faste et consommaient plus de vin. Thomas Sydenham croyait que la maladie provenait d’un chyle non entièrement digéré. Il avait cependant été le premier à considérer le diabète comme une maladie systémique et non une déficience rénale.

    Vers la fin du XVIIIe siècle, Mathew Dobson (1735-1784) admit un patient à son hôpital du nom de Peter Dickonson. L’homme de 33 ans affichait à l’extrême tous les symptômes du diabète, son volume d’urine quotidien dépassait les 15 litres (chiffre qui sembla quelque peu exagéré…). N’empêche que Peter permit à Dobson de se livrer à une foule d’expérimentation et d’analyse tant de son sang que de ses urines. En 1776, le médecin publia ses observations dans le Medical Observations and Inquiries.

    Certaines de ces observations mettent en lumière qu’il existerait deux formes de diabète, l’un a évolution très rapide (Dobson fait part d’un de ses patients décédés en moins de cinq semaines et un autre à évolution chronique. Il nota aussi que l’urine et le plasma sanguin contenaient un taux de sucre anormalement élevé révélant le concept d’hyperglycémie. Avec les résultats de ce médecin, diverses cures firent leur apparition tentant de modifier la diète et l’apport en eau quotidien.

    Puis, plus de 150 ans plus tard les médicaments

    Frederick Grant Banting

    Héros militaire de la Première Guerre mondiale, Frederick Grant Banting, jeune médecin, commence sa pratique médicale en orthopédie à London en Ontario. Durant la guerre, en France à la bataille de Cambrai, il s’était porté au secours de sa garnison au risque de sa vie et il avait été blessé. Il fut d’ailleurs honoré de la Croix militaire pour héroïsme. De retour au pays, la clientèle se faisant rare, il accepte un poste comme assistant de recherche du professeur Miller, à l’University of Western Ontario.

    En 1920, il est appelé à donner un cours sur le pancréas. C’est en préparant ses cours que l’idée lui traverse l’esprit que le pancréas possède en réalité deux fonctions : l’une exocrine par la sécrétion des sucs gastriques et l’autre, endocrine en produisant une hormone capable d’abaisser la glycémie sanguine. Banting n’a dès lors plus qu’une passion : consacrer toutes ses énergies à découvrir un remède contre le diabète. Il a besoin de locaux et d’animaux pour faire sa recherche. Son patron le présente donc au professeur Macleod de l’université de Toronto, qui décide en mai 1921 de lui fournir un laboratoire, dix chiens et un assistant de recherche, un de ses élèves les plus brillants du nom de Charles Best. En moins de six mois, Banting présente son rapport préliminaire de recherche au Physiological Journal Club of Toronto.

    De la découverte à la commercialisation

    Les premières insulines furent fabriquées artisanalement directement à partir des laboratoires de l’University of Toronto. Très tôt, les compagnies Eli Lilly aux États-Unis et Connaught en Ontario ont commencé la fabrication commerciale du produit. On utilisait alors des pancréas de porc ou de bœuf à partir desquels on extrayait et purifiait l’insuline. En 1976, les méthodes allaient changer radicalement. Une jeune compagnie américaine révolutionne la fabrication de l’insuline par la biotechnologie. En modifiant l’ADN de certains microorganismes et en y greffant les gènes codant pour la fabrication d’insuline chez l’homme, il devenait possible de synthétiser rapidement et efficacement une insuline humaine. Genentech qui, sous simple présentation de son idée, a vu ses parts grimper en bourse plus que toute autre entreprise inaugure une ère nouvelle en fabrication de médicaments.

    La metformine : De la plante à la pilule

    Le lilas français (Galega officinalis) est une plante qui fut utilisée en médecine populaire depuis plusieurs siècles en Europe tant pour ses vertus diurétiques qu’antiparasitaires.

    Dans les années 1920, on avait remarqué que l’ablation de la glande thyroïde provoquait une hypoglycémie. Et l’on attribuait cette conséquence à une production accrue de guanidine, ce qui s’est d’ailleurs révélé faux par la suite. Parallèlement, la galégine, un produit semblable, mais dérivé de la plante Galega officinalis avait été isolé et démontrait une certaine efficacité avec moins de toxicité que la guanidine pour abaisser les taux de sucre sanguin. Mais la galépine était d’une courte durée d’action et les réponses aux traitements pouvaient varier d’un individu à un autre.

    L’arrivée sur le marché de l’insuline allait diminuer de beaucoup l’intérêt pour les recherches sur la metformine qui fut alors considéré comme un petit produit sans grand intérêt.

    À partir d’un dérivé de la guanidine, la N’N’- dimethylguanidine, Emil Werner et James Bell ont été les premiers à parler de la metformine en 1922. Sept ans plus tard, Slotta et Tschesche confirmèrent que leurs expériences avec les lapins démontraient clairement que la metformide pouvait abaisser la glycémie, et ce avec plus d’efficacité que tous les autres dérivés de la guanidine. Mais l’arrivée sur le marché de l’insuline allait diminuer de beaucoup l’intérêt pour les recherches sur la metformine qui fut alors considéré comme un petit produit sans grand intérêt.

    Une mise au rencart de trente ans pour la metformine

    En 1950, un médecin philippin Eusebio Y Garcia testa la metformine chez les humains. Il lui trouva des vertus antibactériennes, antivirales, antipaludéennes, analgésiques et hypoglycémiantes. Toutes ces recommandations ne purent être confirmées par la suite, mais il avait tout de même pu démontrer la non-toxicité du produit chez l’humain et sa capacité de réduire la glycémie sanguine.

    Près d’une dizaine d’années plus tard, Jean Sterne du laboratoire français Aron en banlieue de Paris, démontra l’efficacité de la metformine dans les cas de diabètes peu sensibles à l’insuline et de diabètes instables. Le produit fut commercialisé pour la première fois donc en 1959 sous le nom de glycophage (qui mange le sucre). Aujourd’hui, il se vend pour plus de 3 milliards de dollars de metformine.

    Des recherches récentes tendent à démontrer que la metformine pourrait aussi avoir des effets préventifs sur certains cancers, dont celui du poumon et celui du pancréas. C’est à suivre…

    http://quebec.huffingtonpost.ca/


Diabète: 5 conseils pour composer son assiette


Le diabète est un mal que beaucoup souffre. Ils doivent tout surveiller pour ne pas que leur glycémie soit trop haute. Alors, les repas peuvent être un vrai casse-tête
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Diabète: 5 conseils pour composer son assiette

 

Chaque année à l’occasion de la journée mondiale du diabète, les médecins et professionnels de santé rappellent l’importance pour les malades d’équilibrer leurs repas pour éviter les complications liée à l’hyperglycémie. Voici 5 principes diététiques simples à mettre en place.

PRIVILÉGIER DES FRUITS À INDEX GLYCÉMIQUE BAS

Les recommandations santé nous encouragent à manger 5 fruits et légumes par jour. Pour les diabétiques, il est conseillé d’éviter les fruits dits à «index glycémiques élevés» qui font monter en flèche le taux de sucre dans le sang. Mieux vaut éviter les bananes, les dattes, l’ananas, la mangue, et préférer les fruits rouges (framboises, fraises, mûres, myrtilles), les pommes, les poires, les oranges, les pamplemousses, les pêches, les nectarines. À noter que la cannelle abaisse le taux de sucre dans le sang. Elle peut sucrer café, thé et être saupoudrée sur du yogourt.

SÉLECTIONNER LES DESSERTS LES PLUS LÉGERS

Certaines pâtisseries préparent des gâteaux pour les diabétiques qui divisent par deux la teneur en sucre des douceurs, notamment grâce à des substituts naturels au sucre. Ces petits plaisirs sont à consommer occasionnellement et toujours dans le cadre d’un repas pour limiter l’effet hyperglycémiant.

PRIVILÉGIER LES ALIMENTS ANTI-INFLAMMATOIRES

Au régime à index glycémique bas, les personnes diabétiques sont invitées à associer un régime de type méditerranéen, anti-inflammatoire, axé sur les poissons gras (saumon, sardines, maquereaux), les légumes et les huiles d’olive et de colza. L’inflammation est une des causes de l’insulino-résistance.

AVOINE ET L’ORGE, LES CÉRÉALES AUTORISÉES

Ces deux céréales riches en fibres sont intéressantes pour les personnes diabétiques, car elles ralentissent l’absorption des glucides dans l’intestin et permettent donc de mieux réguler la glycémie et les besoins en insuline. Selon une dernière étude, publiée dans l’European Journal of Clinical Nutrition, l’orge, tout comme l’avoine, réduirait le risque de maladie cardiovasculaire, lié au mauvais cholestérol: le LDL. L’action de l’orge pourrait principalement bénéficier aux patients souffrant de diabète de type 2 qui affichent des taux de mauvais cholestérol élevés.

ÉPICES ET AROMATES POUR DOMPTER LA GLYCÉMIE

Les personnes diabétiques peuvent agrémenter leur assiette de curcuma, de cannelle, de clou de girofle, d’ail et d’oignon sans mettre leur santé en danger. Au contraire ces aromates et épices sont non seulement capables de baisser le taux de sucre dans le sang, sans compter la source de plaisir qu’elles peuvent apporter au moment des repas.

http://fr.canoe.ca/