Le Saviez-Vous ► Pourquoi pas les chats Sont-ILS Parfois si étranges?


Les chats sont des prédateurs et ils se fient souvent à leur instinct. Cependant, les chats domestiques n’ont plus besoin de chasser, chercher un endroit pour se cacher … pourtant, ils ont garder leur instinct de survie ce qui parfois leur donne un comportement asse cocasse
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Pourquoi pas les chats Sont-ILS Parfois si étranges?

 

Pourquoi les chats se faufilent-ils dans les endroits les plus incongrus ? © Ted-Ed/Capture d'écran YouTube.

Pourquoi les chats se faufilent-ils dans les endroits les plus incongrus ? © Ted-Ed/Capture d’écran YouTube.

Par Valentine Delattre

Un vétérinaire américain lève le voile sur les gestes les plus bizarres des chats, dans une vidéo publiée par la chaîne américaine Ted Ed.

STARS. Effrayés par un concombre, experts du « parkour » en appartement, compressibles comme un gaz pour entrer dans une boîte… Les chats ne sont pas uniquement les stars indubitables d’internet : ils sont aussi très bizarres. La question qui nous vient le plus spontanément à l’esprit est : « Mais pourquoi ? » Pourquoi les chats agissent-ils aussi bizarrement ? Tony Buffington, vétérinaire américain et professeur de sciences cliniques vétérinaires à l’Université d’Ohio, a tâché de répondre à cette question dans une vidéo tout en dessins animés, publiée par la chaîne Ted Ed. Pour ce vétérinaire, la réponse à cette grande question réside dans l’Histoire du félin. Par le passé, les chats étaient des prédateurs solitaires… mais aussi des proies ! Certaines reliques de l’instinct de survie qu’ils ont cultivé pendant des millions d’années subsistent encore aujourd’hui chez eux, notamment lorsqu’ils sursautent devant un concombre.

Grimper au sommet des meubles pour surveiller son territoire

Grâce à une structure musculaire et un équilibre à toute épreuve, les chats peuvent grimper jusqu’à des points de vue en hauteur. L’intérêt est double : d’une part, surveiller leur territoire et d’autre part, repérer leurs proies. Si ces facultés ne leur sont plus essentielles aujourd’hui, les chats domestiques ont gardé le réflexe de grimper au sommet des meubles pour dominer les environs.

 Pour se nourrir, ces félins sont opportunistes, c’est-à-dire qu’ils mangent ce qui leur passe sous la patte. Dans la nature, ils se nourrissaient de petites proies, tout au long de la journée. C’est pour cette raison que nos animaux domestiques à moustaches préfèrent manger fréquemment de petites portions, de jour comme de nuit.

Si les chats aiment se recroqueviller dans de minuscules boîtes et autres « endroits non conventionnels », c’est parce qu’ils avaient l’habitude de se cacher dans des recoins pour échapper à leurs prédateurs. De plus, ils font aussi preuve d’une curiosité débordante. Quoi de plus réjouissant que de mettre la main sur une proie dissimulée dans une anfractuosité ? Voilà qui vaut la peine de fouiller les moindres encoignures d’un espace, en quête d’un casse-croûte improvisé.

La vidéo s’achève par le plus étonnant : les ronronnements du chat. La fréquence de ces sons varie entre 25 et 150 hertz. Une gamme qui pourrait favoriser la régénérescence des tissus ! 

« Ses ronronnements pourraient guérir ses muscles et ses os… mais peut-être aussi les vôtres ! »

Le chat, un ami qui vous veut du bien (mais pas à vos meubles).

http://www.sciencesetavenir.fr/

L’Expérience


C’est important de bien choisir ceux qui nous entourent pour aller de l’avant. Les gens qui sont toxiques ne font qu’éteindre en nous notre volonté d’agir
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L’Expérience

 

« L’expérience est une bougie qui n’éclaire que celui qui la porte »
Ne t’entoure pas de personnes qui te rabaissent, et suis ton instinct.

Michelle Obama 

Pourquoi mon chien grogne-t-il ?


Les chiens ont leur propre langage dont le grognement. Le grognement peut avoir plusieurs significations selon le moment. Différencier ces grognements permet au maitre d’agir le plus efficacement possible
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Pourquoi mon chien grogne-t-il ?

 

Le chien peut grogner pour différentes raisons : parce qu’il a peur, parce qu’il a mal, parce qu’il ressent un malaise ou un inconfort, parce qu’il se sent menacé, etc…

En identifiant la cause des grognements, et en adaptant sa réaction en fonction, de nombreuses morsures peuvent ainsi être évitées.

Les différentes causes du grognement 

Le cliché chien qui grogne =chien méchant a malheureusement encore de beaux jours devant lui. Pourtant, le grognement peut exprimer bien d’autres émotions que l’agressivité, c’est notamment le cas des grognements de peur.

Le grognement du chien qui a peur est alors le moyen d’expression dont il se sert pour se protéger d’une menace, qu’elle soit réelle ou imaginaire.

Prenons l’exemple d’un chien qui grogne sur le canapé à l’approche de son maître. Certains diront que le chien défend son territoire et sa place de dominant. Or, si le chien est d’un tempérament naturellement inquiet et craintif, il se peut tout simplement qu’il soit surpris et se sente directement menacé. Un peu comme si vous vous réveilliez en pleine nuit en constatant qu’une personne inconnue se trouve à 10 cm de vote visage, c’est une situation stressante car la fuite est impossible…  Un chien qui se sent coincé, qu’il y ait menace directe ou non, utilisera le grognement pour exprimer son malaise puisqu’il ne peut ni fuir, ni crier. 

C’est d’autant plus vrai pour les chiens ayant conservé une part d’instinct très forte : le chien dans son contexte environnemental d’origine, c’est-à-dire une nature hostile, ne pouvait montrer aucun signe de faiblesse sous peine de causer sa perte. Son environnement l’a conditionné à cacher sa peur et à ne pas se laisser intimider, comportement qui reste très marqué chez certains chiens. Même si votre chien se trouve au sein d’un foyer aimant et sans danger, les réflexes de ses ancêtres restent ancrés en lui. 

Le chien peut également grogner pour exprimer une douleur, ce qui n’a rien à voir avec l’expression d’un comportementIl peut grogner lorsque vous le manipulez mais aussi lorsqu’il est immobile, qu’il se lève de son couchage, etc. Il peut s’agir d’un signe d’arthrose chez les vieux chiens ou être symptomatique d’une autre maladie plus grave. Un chien qui grogne du jour au lendemain doit dans tous les cas vous amener à consulter un vétérinaire rapidement.

Comment réagir face aux grognements ? 

Le grognement fait partie du schéma comportemental classique du chien, il précède en général (mais pas toujours) la morsure, qui est utilisée en dernier recours par le chien si ses grognements n’ont pas été «entendus». Si le chien grogne c’est qu’il prévient, ce n’est pas forcément le signe d’un déséquilibre psychique chez le chien, c’est son langage à lui.

Peu de maîtres le tolèrent, mais un chien a le droit de s’exprimer par le grognement,  tout dépend du contexte dans lequel il le fait. Si le chien grogne en jouant, ce n’est pas un problème, il s’exprime. Le grognement est un des éléments de langage du chien. Certains chiens, introvertis, aboieront peu, alors que d’autres ressentiront davantage le besoin d’extérioriser leurs émotions.

Si les grognements deviennent de plus en plus fréquents et intenses, ils doivent cependant être traités pour éviter qu’un comportement indésirable ne s’installe dans le temps et devienne la réponse systématique de votre chien face aux différentes situations qui  l’incommodent. N’hésitez pas à vous faire aider par un professionnel dans l’éducation de votre chien si vous pensez que cela est nécessaire, n’attendez pas un stade critique.

La première réaction d’un maître face à son chien qui grogne est de grogner plus fort que lui pour le «soumettre» mais ce n’est pas forcément une bonne idée. Le chien, dans son raisonnement qui est beaucoup moins complexe que celui de l’être humain, comprendra qu’on le réprimande pour son grognement et non pour son attitude globale. Conséquence : la prochaine fois, il obéira à son maître et passera directement à la morsure sans grogner.

Une prise en compte globale de l’état émotionnel de son chien et une forte empathie sont indispensables pour un maître qui souhaite faire cesser les grognements de son chien.

N’oublions pas que ce n’est pas l’absence de connaissances du maître qui fait qu’il n’arrive pas à comprendre son chien mais ses certitudes… 

Audrey Dulieux
Eleveur de cockers anglais et comportementaliste canin

http://wamiz.com/

Pourquoi certains chiens se mettent-ils à hurler quand ils entendent de la musique?


Une chanson, un air de musique ou même jouer un instrument, certains chiens ont tendance à hurler. Quelle en est la cause ? Veulent-ils avoir droit au concert ? Ou le fait de trouver cela drôle donne envie de recommencer à hurler?
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Pourquoi certains chiens se mettent-ils à hurler quand ils entendent de la musique?

 

Un chien mélomane | Beverly via Flickr CC License by

Un chien mélomane | Beverly via Flickr CC License by

Laura Bradley

Traduit par Bérengère Viennot

Depuis longtemps, la question taraude les scientifiques.

À 12 ans, j’ai commencé à jouer du hautbois. Comme tout débutant, j’étais plutôt mauvaise. Et à chaque fausse note un peu tenue, mon chien se mettait à hurler, tel un choriste quadrupède détraqué. Certes, les instincts mélomanes canins sont susceptibles d’être déclenchés par un éventail musical varié.

Le thème de «New York, Police Judiciaire»:

 

«Libérée, délivrée»: 

 

Et le plus courant en ce moment, «Hello» d’Adele, entre autres.

 

Quelle force mystérieuse peut bien pousser ces animaux, dont le sens du rythme ou la justesse du ton ne sont pas particulièrement notoires, à se mettre à chanter?

Ça fait un bon moment que les chercheurs se penchent sur la question. Dans un exemplaire de janvier 1906 du magazine Nature Studies, un étudiant dissertant sur le sujet «Pourquoi les chiens hurlent-ils en entendant de la musique» écrivit que les auteurs de publications relatives à la nature se tournaient souvent vers le «chien primitif» pour trouver des réponses. Or, la théorie de l’évolution est en réalité un guide utile dans ce cas: lorsque les chiens entendent une voix humaine chantant à tue-tête, leur instinct de meute se déclenche; ils veulent une place dans la chorale.

«C’est comme chanter en famille»,explique Peter Borchelt, comportementaliste animalier.

Musiques celtiques

Terry Marie Curtis, comportementaliste clinicienne à l’école vétérinaire de l’université de Floride, explique que les chiens peuvent pousser la chansonnette en écoutant la radio pour tout un tas de raisons—et qu’elles peuvent être difficiles à analyser. Un jour, elle a eu un client qui avait adopté un husky de Sibérie.

«(Le client) a pris le chiot à sa mère, l’a mis dans la voiture, il y avait un CD de musique celtique qui passait alors que le type partait avec son chiot, et le chiot hurlait.»

À partir de ce jour-là, à chaque fois que le chien entendait de la musique celtique, il se mettait à glapir.

«Dans ces moments-là, est-ce que le chien était mélancolique? Triste? Ce sont là des termes humains. Est-ce qu’il associait (la musique) au fait d’avoir été arraché à sa mère? Est-ce qu’il aimait la mélodie? C’est vraiment dur à dire.»

Conditionnement?

Mais Curtis affirme que les races les plus bruyantes –comme les huskies et la plupart des chiens de chasse– sont plus enclins à hurler en général et seront par conséquent plus susceptibles de glapir en entendant de la musique qu’un bichon frisé, par exemple. Hurler à l’unisson peut aussi devenir un cas classique de conditionnement: si votre chien se rend compte que vous avez l’air enthousiaste et impressionné lorsqu’il «chante», il aura tendance à recommencer.

http://www.slate.fr/

Le Saviez-Vous ►Pourquoi les chiens tournent-ils sur eux-mêmes avant de faire leurs besoins ?


Ceux qui ont des chiens, on remarqué que les chiens tournent avant de faire leurs besoins et quand ils se couchent sur leur coussin. Deux moments : un magnétique, l’autre d’instinct
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Pourquoi les chiens tournent-ils sur eux-mêmes avant de faire leurs besoins ?

 

Faire ses besoins implique une chorégraphie complète.

Faire ses besoins implique une chorégraphie complète.

Photo: SIPA

DIS POURQUOI – Les chiens se prêtent volontiers à une petite danse avant de faire leurs besoins, tournoyant sur eux-mêmes. Un rituel lié au magnétisme terrestre

► Les faits

Quand il s’agit de faire leurs besoins, les chiens sont maîtres dans l’art de la chorégraphie. Avant de s’attaquer au vif du sujet, il n’est pas rare qu’ils tournent sur eux-mêmes.

► Pourquoi ?

⇒ Comportement inné

Comme les loups dont ils descendent, les chiens pourraient avoir pris l’habitude de scruter le périmètre avant leur affaire. En position de faiblesse à ce moment, ils s’assurent de la sûreté des environs, par instinct.

⇒ Alignement le long de l’axe nord-sud

Les mammifères, chiens y compris, seraient sensibles au magnétisme terrestre, selon une étude de 2013 de chercheurs de l’University of Life Sciences, à Prague. Ils préfèreraient s’aligner le long de l’axe nord-sud en déféquant.

Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques, équipés de boussoles (rappelons-le, qui se dirigent grâce au champ magnétique terrestre), ont analysé la position des corps de 70 chiens de 37 races différentes pendant deux ans.

 Résultat : en tournant, les chiens cherchent une position précise en fonction du champ, uniquement quand celui-ci est stable (auquel cas ils s’en trouvent… déboussolés).

Le rituel leur serait nécessaire pour « calibrer leur carte de temps en temps selon certains points de repère ou référence magnétique. L’alignement de la carte et la vue vers le nord (ou sud) facilitent sa lecture », ont précisé les chercheurs. Une manière de mettre à jour leur GPS internet en quelques sortes.

► Conclusion

Cette sensibilité explique par ailleurs la capacité des animaux à retrouver leur maison, même s’ils s’avèrent perdus à plusieurs kilomètres. En revanche, tourner de la même manière avant de se coucher relève de l’instinct. À l’état sauvage, les chiens menaient cette danse pour éloigner les animaux venimeux avant de se poser au sol.

http://www.metronews.fr/

Selon une étude, votre chat aimerait vous tuer. Vraiment?


Je pense que certains de ces chercheurs n’aiment vraiment pas les chats. Oui, les chats ont chacun une personnalité. Mon chat par exemple est le premier chat qui n’aime pas se faire prendre ou des câlins sur le dos ou ventre, sinon elle avertit, une fois, deux fois… Après tant pis. Quand elle mord, ce n’est que pour surprendre, sans plus. Alos que quand j’avais Virgule, j’aimais, j’ai vu un chat aussi affectueux, c’était presque une agression de câlins. Parmi tous les chats que j’ai eus, jamais, je n’aurais eu peur qu’un chat en veuille à ma vie
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Selon une étude, votre chat aimerait vous tuer. Vraiment?

 

 IZ SERIUS ADMNIM/ THIZ IZ SERIUS BIZNIS | pfctdayelise via Wikimedia License by

IZ SERIUS ADMNIM/ THIZ IZ SERIUS BIZNIS | pfctdayelise via Wikimedia License by

Repéré par Vincent Manilève

Les résultats d’une nouvelle étude sur le comportement félin sont à prendre avec des pincettes.

Le zoo du Bronx à New York et l’université d’Édimbourg en Écosse viennent d’apporter leur contribution dans l’une des catégories préférées des scientifiques: «Votre chat n’est pas ce qu’il prétend

Selon eux, votre cher et tendre chat serait en réalité un meurtrier en puissance attendant le moment idéal pour mettre fin à votre vie. Cette étude s’est concentrée sur la structure de la personnalité des chats domestiques et de différents types de félins sauvages. Le but étant de comprendre à quel point les chats ont conscience d’eux-mêmes, s’ils sont extravertis, agréables ou encore névrotiques.

«Ça me fait vraiment peur»

Et selon les conclusions des auteurs, les chats auraient des traits similaires aux lions africains en terme de personnalité, que ce soit pour la tendance à la domination, à l’impulsivité ou à la névrose.

«Si vous avez déjà songé au fait que votre chat était anxieux, peu sûr de lui, tendu, suspicieux ou agressif à votre encontre, vous ne rêvez pas, écrit par exemple le site 9News de NBC. S’ils étaient plus gros, ils songeraient sûrement à vous tuer.»

Au micro de la BBC, le docteur Max Watchel, co-auteur de l’étude, a expliqué que les chats sont «de petits prédateurs agressifs».

«Ce qui me fait vraiment peur, ajoute-t-il, c’est que des fois ils attaquent et qu’ils ont un instinct de tueur, et d’autres fois ils ne l’ont pas. Si vous êtes debout près d’un groupe de lions, des fois tout ira bien et des fois ils vont bondir et attaquer sans raison. C’est la même chose pour les chats domestiques. Ils sont adorables et affectueux et se pelotonner dans votre lit… mais ils peut changer à n’importe quel moment, alors soyez prudent.»

Le chat, ce grand incompris

 

À première vue, donc, votre chat serait un tueur en série sur le point de réveiller ses instincts. Mais le site Cnet.com, via son journaliste Chris Matyszczyk, a tenu à nuancer les interprétations faites autour de l’étude, destinées avant tout à provoquer un bruit médiatique. Une autre auteure de l’étude, la chercheuse Marieke Gartner, a expliqué au site qu’affirmer que les chats veulent nous tuer était un peu tiré par les cheveux:

«Les chatons ont des personnalités différentes, et ils ont fini par vivre avec nous parce qu’il y avait un bénéfice mutuel. Certains chats sont plus indépendants, d’autres sont assez aimants. Tout dépend de l’individu. […] Les chats ne veulent pas vous éliminer, mais les gens ignorent souvent comment les traiter et sont surpris de leur comportement.»

Tout viendrait donc de notre ignorance quant à la complexité de l’esprit félin. Sans arriver à cerner son état d’esprit ou ses besoins, il se peut que ses réactions nous surprennent, nous énervent, ou nous inquiètent. Il est donc important de vous rappeler que votre chat a potentiellement en lui les trois traits de caractère suivants: esprit de domination, impulsivité et névrotisme. C’est le meilleur moyen d’appréhender les éventuelles sautes d’humeur de votre animal de compagnie. 

http://www.slate.fr/

La science de la peur disséquée


Comprendre la peur, une émotion nécessaire pour faire face aux dangers. À petite dose, la peur devient plaisir, alors que pour un temps plus long, la peur sur notre corps devient négative
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La science de la peur disséquée

 

La maison hantée ScareHouse, de Pittsburgh, où la... (PHoto fournie par Scarehouse)

 

La maison hantée ScareHouse, de Pittsburgh, où la sociologue Margee Kerr a mené ses expériences sur la peur.

PHOTO FOURNIE PAR SCAREHOUSE

 

PHILIPPE MERCURE
La Presse

(… ) La Presse décortique la science de la peur avec Margee Kerr, une sociologue de l’Université de Pittsburgh qui mène certaines de ses expériences… dans une maison hantée. Autopsie de la peur en cinq points.

Une réaction de survie

Avoir peur, vraiment peur, est une émotion parmi les plus intenses que l’être humain puisse ressentir. Et ce n’est pas pour rien.

«La peur est directement responsable de notre survie en tant qu’espèce. Nous avons appris à réagir très rapidement à ce qui nous menace», explique Margee Kerr, qui vient de publier un livre sur le sujet intitulé SCREAM: Chilling Adventures in the Science of Fear.

La peur, explique la scientifique, est une réaction purement animale, qui sollicite les zones les plus anciennes de notre cerveau.

«Ce sont des mécanismes automatiques, qui impliquent ce qu’on appelle souvent notre cerveau reptilien», dit-elle.

Une cascade de réactions

«Aussitôt que notre corps détecte un indice suggérant que nous pourrions être menacés, il libère une myriade de messagers chimiques qui vont aller déclencher des réactions en cascade», explique Mme Kerr.

Adrénaline, cortisol, endorphines, dopamine, sérotonine, ocytocine: un véritable cocktail de neurotransmetteurs se met à couler dans nos veines si on perçoit un danger. Ces neurotransmetteurs commanderont au corps d’augmenter le rythme cardiaque, de respirer plus vite et de transformer les sucres et les gras en carburant pour les muscles.

«Le but est de nous transformer rapidement en machine capable soit d’affronter le danger, soit de le fuir», explique-t-elle.

Un laboratoire… hanté

Pour mesurer ces réactions provoquées par la peur, Mme Kerr aime travailler dans un laboratoire bien particulier: une maison hantée commerciale en banlieue de Pittsburgh appelée ScareHouse et décrite comme l’une des plus effrayantes des États-Unis. La chercheuse fait passer des électroencéphalogrammes à ses sujets avant et après leur passage dans la maison des horreurs afin de mesurer les changements dans l’activité électrique de leur cerveau. Grâce à un capteur installé sur un doigt, elle mesure aussi la conductivité de leur peau. Plus celle-ci est élevée, plus le sujet transpire, un mécanisme qui montre que son corps réagit à des stimulus. Elle fait aussi remplir des questionnaires aux sujets pour connaître leurs émotions.

La peur positive

Pourquoi diable certaines personnes paient-elles pour aller vivre l’épouvante dans une maison hantée? Pour Margee Kerr, qui se décrit elle-même comme une «fan finie» de films d’horreur, la question est intrigante.

«Nos recherches montrent que le passage dans la maison hantée change la façon dont les gens traitent les informations cognitives et émotionnelles, dit-elle. Ils rapportent se sentir mieux!»

La scientifique en est encore à l’étape d’analyser comment la peur peut provoquer le plaisir. Elle soupçonne que la dose massive de neurotransmetteurs qui afflue dans le sang a son rôle à jouer – les sujets surferaient sur les effets de ces drogues naturelles.

«Il y a aussi une dimension psychologique, dit-elle. C’est complexe, mais la peur change notre façon de voir les choses.»

Sans compter que comme tout bon divertissement, les frissons de peur, quand ils surviennent dans un environnement contrôlé, font oublier pour un moment les vrais problèmes quotidiens.

La peur qui s’incruste

Sentir son corps se mettre en alerte lorsqu’un squelette vous ouvre brusquement la porte à laquelle vous aviez cogné pour quémander des bonbons, c’est une chose. Mais lorsque ce mécanisme de défense se maintient sur de longues périodes, il y a danger.

«Si le corps est sur le mode «combat ou fuite» de façon chronique, plusieurs conséquences négatives peuvent survenir. C’est là que la dépression, l’hypertension, divers problèmes de métabolisme apparaissent», dit Mme Kerr.

La peur serait donc comme les friandises: à petites doses, elle peut susciter le plaisir. (…)

 

http://www.lapresse.ca/

Quand notre cerveau s’inquiète


La peur sous toutes ses coutures, car l’être humain à beaucoup d’imagination pour se faire peur. Certaines de ces peurs sont d’instinct et bénéfiques alors que d’autres sont obsessionnelles.
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Quand notre cerveau s’inquiète

 

François Richer

Chercheur en neuropsychologie, professeur à l’UQAM

On sursaute au moindre bruit. On a des papillons dans le ventre. On a le dos crispé. On ressasse une conversation ou une scène stressante au lieu de s’endormir.

Les humains sont des spécialistes de la peur. Ils peuvent avoir peur longtemps d’avance, peur pour les autres et peur d’avoir peur. C’est le prix à payer pour avoir développé une grande imagination.

Nous naissons tous avec des programmes instinctifs de peur qui peuvent être déclenchés par un petit nombre de signaux importants comme des bruits forts ou des visages menaçants. À partir de ce répertoire limité, notre cerveau apprend par association ou par l’exemple tout un répertoire de réactions de peur à de nombreuses situations.

Les circuits de la peur apprennent vite, parfois trop vite, créant une anxiété. Dans l’enfance, l’anxiété peut s’exprimer par des phobies (noirceur, hauteurs, animaux, orages). Elle peut aussi toucher des thèmes sociaux comme l’éloignement ou la perte de nos proches (anxiété de séparation) ou le regard des autres (timidité, anxiété sociale).

Certains ont même peur d’avoir peur. Ils anticipent tellement bien leur peur qu’ils la provoquent, comme l’enfant qui commence à avoir peur de tout et de rien après le repas du soir parce que le coucher approche. Les enfants autistes peuvent développer plusieurs phobies peu courantes en quelques mois (ex: toilettes, eau, escaliers, appareils ménagers, alarmes, étrangers, mort) dont certaines peuvent avoir des effets très néfastes sur leur développement (ex: refus d’aller à l’école) et leur santé (ex: constipation extrême).

Les différences entre les anxieux et les moins anxieux sont dues à de nombreux facteurs (génétiques, stress du fœtus, stress en bas âge, expériences de vie, traumatismes). Pour freiner la peur, le cerveau utilise des circuits de régulation émotionnelle qui évaluent les risques en fonction de nos priorités, nos valeurs et notre tempérament. Des variations dans ces circuits rendent les gens plus ou moins inquiets, courageux, prudents ou téméraires. Quand ces circuits ont des fragilités particulières, on peut développer un trouble anxieux comme la phobie, l’anxiété sociale, le trouble panique ou le trouble de stress post-traumatique.

La peur est essentielle car elle mobilise notre corps et notre esprit pour réagir aux menaces potentielles.

1) Elle contracte nos muscles pour nous préparer à agir (fuir ou combattre). Très pratique pour les dangers imminents (ex: lion ou voiture qui s’approche), la réaction musculaire est moins adaptée aux nombreuses situations stressantes vécues ou imaginées à chaque jour. Un dos crispé est souvent dû à l’accumulation de centaines de petites réactions d’inquiétude à peine conscientes.

2) Elle mobilise aussi nos hormones de stress pour nous rendre prêts à dépenser de l’énergie pour réfléchir et pour agir. Pour prioriser l’action, la peur freine même les autres systèmes comme la digestion (crispation intestinale, perte d’appétit).

3) Elle augmente notre sensibilité pour nous aider à analyser la situation («c’est quoi ce petit bruit?»). La facilité à déclencher un réflexe de sursaut est un indice d’anxiété.

4) Elle nous fait repenser de façon répétée aux situations stressantes pendant un certain temps (scène violente, conversation stressante) pour tenter d’en tirer des leçons et s’en rappeler. Dans le stress post-traumatique, les flashbacks peuvent être terrorisants et ils aggravent l’anxiété en rendant le souvenir du traumatisme plus permanent. Plusieurs traitements visent à réduire leur fréquence et leur impact.

5) Elle stimule les associations d’idées et nous fait imaginer des scénarios pour prévoir les dangers possibles. Ces pensées peuvent être très utiles mais elles créent aussi un cercle vicieux qui alimente la peur. Ces boucles d’anxiété peuvent nous garder éveillés quand on veut s’endormir et peuvent nous rendre agités ou irritables avant un évènement spécial (voyage, déménagement, rentrée). Les personnes anxieuses peuvent même devenir obnubilées par un thème stressant (rumination mentale). Quand le cerveau cherche des raisons de s’inquiéter, il en trouve toujours.

6) La peur est une grande source de distraction. Quand les inquiétudes dominent la pensée, on a des difficultés à se concentrer et à formuler des idées car la peur impose ses thèmes qui nous distraient constamment.

7) L’anxiété peut se propager comme un virus. Par conditionnement, les circuits de peur tissent des liens avec des situations similaires à celles qui nous font déjà peur. Vivre une situation dangereuse (ex: un feu) dans un endroit bondé peut générer une phobie qui, avec le temps, se généralise aux endroits dont on ne peut facilement fuir (ascenseurs, avions, foules).

8) La peur est aussi contagieuse, car lire les émotions des autres, c’est un peu les reproduire dans notre cerveau. Les personnes qui ont peur sont plus sensibles à la peur des autres.

La peur peut nous figer autant que nous mobiliser. Figer sert à éviter le danger comme le lièvre qui s’immobilise au moindre bruit suspect.

1) La peur peut rendre les jambes molles, une réaction associée à l’immobilisation (ex: la phobie des hauteurs).

2) La peur fige aussi la voix, lui donnant un trémolo ou une baisse de volume qui révèle une baisse d’assurance (ex: parler en public).

3) La peur peut aussi figer l’imagination et la pensée. Elle réduit l’ouverture d’esprit. On évite les idées risquées, on s’en tient à ce qui est connu, parce qu’on a peur de ce que les autres vont penser. On remet à plus tard une conversation délicate ou un travail stressant. Quand on surévalue les risques et qu’on sous-évalue les opportunités, on évite les défis qui nous font avancer. On peut aussi devenir surprotecteur, pour soi ou pour nos proches.

4) L’exposition à la violence peut produire une perte de sensibilité, un blocage ou émoussement émotionnel. On observe souvent ce genre de blocage dans le stress post-traumatique (ex : soldats exposés au combat) ou chez les jeunes régulièrement exposés à la violence. Il a des effets négatifs sur les interactions sociales, les relations de couples et l’adaptation à son milieu.

5) Le cerveau peut même prendre des mesures extrêmes pour éviter la peur. Il peut parfois nous faire vivre une déconnexion partielle de la réalité (dissociation) comme percevoir notre environnement comme irréel, comme dans un rêve (déréalisation), nous faire percevoir nous-même comme étranger (dépersonnalisation) ou encore oublier des évènements traumatisants (amnésie dissociative).

L’anxiété a un impact majeur dans nos vies parce qu’elle affecte notre jugement.

1) La peur, on y croit! Dire à quelqu’un qui a peur qu’il n’a pas de raison d’avoir peur est souvent inutile. À cause d’un biais dans notre jugement, les indices qui confirment la peur sont acceptés beaucoup plus vite que ceux qui la contredisent.

2) Elle réduit notre sens critique et fait qu’on croit ses suggestions même les plus farfelues, comme l’enfant qui, soudainement, prend les ombres dans sa chambre pour des personnages inquiétants; ou l’employée qui croit qu’elle va perdre son emploi parce qu’une parole a pu être mal interprétée par une collègue. Les scénarios irréalistes ne sont plus filtrés à la source («et si le pont s’effondrait au moment où je passe dessus?»)

3) La peur décuple aussi notre besoin de se rassurer. L’anxiété entretient des doutes qui font oublier le bon sens et peuvent nous rendre compulsifs ou superstitieux. Elle peut nous faire vérifier à toutes les minutes si une situation a changé, ou si une porte est bien verrouillée, ou nous donner envie de se laver à répétition par inquiétude pour notre santé.

4) La peur peut aussi nous rendre paranoïaques ou agressifs.

5) En plus, l’anxiété réduit notre assurance, augmente notre détresse, et ronge notre capacité à ressentir le plaisir, ce qui augmente le risque de dépression.

Malgré tous les effets néfastes de la peur, l’extirper du cerveau n’est pas une solution viable. À petite dose, la peur nous motive, nous instruit, et nous socialise quotidiennement. Certaines personnes qui ont subit des dommages au cerveau ne ressentent plus la peur (ex: le cas SM). Ces personnes n’apprennent pas à éviter des situations dangereuses. Elles sont excitées par des scènes de maisons hantées, des serpents tout près de leur visage, ou des films de peur. Elles se méfient peu des étrangers, et ont aussi des difficultés à lire la peur sur le visage des autres. Certains enfants autistes ont aussi cette insouciance face aux étrangers (ce qui contraste avec la phobie sociale des autres) ou peuvent préférer une maison en feu au stress de la rue.

Malgré son importance dans nos vies, l’anxiété n’est pas une fatalité. À court-terme, on peut la désamorcer en freinant la boucle d’alarme, soit en réduisant les sensations corporelles (ex: relaxation, chaleur) ou les pensées associées (ex: distraction, divertissement, socialisation, méditation), ou encore en freinant le moteur de la boucle (ex: médication).

À plus long-terme, réduire l’anxiété demande un travail de désapprentissage des associations anxiogènes en apprenant de nouvelles associations entre des pensées anxiogènes et des émotions plaisantes et, surtout, un renforcement de nos circuits de régulation émotionnelle qui peut prendre différentes voies dont l’entrainement cognitif, l’entrainement de l’assurance et l’entrainement physique.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Un cygne dont la compagne a été tuée au zoo finit par mourir de chagrin.


Est-ce par instinct ou par chagrin que ce cygne s’est laissé mourir ? Les cygnes ont un seul partenaire pendant toute leur vie, se peut-il que ce lien soit si fort qu’il provoque une forme de dépression si l’un deux disparaît subitement ? En milieu naturel, aurait-il pu avoir le même comportement ?
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Un cygne dont la compagne a été tuée au zoo finit par mourir de chagrin.

 

source: thedodo

Dans le zoo russe où il vivait, un cygne mâle nommé Gvidon est décédé un mois après que sa compagne de toujours soit morte, victime d’un acte brutal et cruel ; selon les gardiens du zoo, il est mort de chagrin.

Tsarevna, la femelle du cygne, a été tuée en janvier, lorsqu’un visiteur du zoo Limpopo lui a jetéun morceau de pain dans lequel une aiguille à coudre était dissimulée. Peu de temps après cet acte barbare, Gvidon a commencé à déprimer, refusant de s’alimenter normalement, et de se mêler au reste des cygnes du zoo, comme l’expliquent les responsables de l’établissement dans une déclaration de presse.

Les gardiens affirment qu’ils ont tenté de consoler l’animal, mais qu’au fil des semaines, celui-ci a clairement sombré dans le désespoir et la solitude.

“Comme les humains, les animaux peuvent souffrir de dépression“, explique le directeur du zoo.

Comme l’état de Gvidon s’aggravait, les gardiens l’ont transféré dans le centre vétérinaire du zoo, où il a tout simplement cessé de s’alimenter. Quelques jours plus tard, il était mort. Dans une interview au Moscow Times, les officiels du zoo affirment que la cause du décès était évidente :

“Gvidon ne voulait tout simplement plus vivre sans sa chère et tendre Tsarevna.”

cygne mort 2

Les cygnes sont en effet réputés pour être les animaux les plus fidèles de notre planète, formant une unique relation monogame avec un partenaire au cours de leur existence. Mais bien que certains interprètent cette habitude comme un instinct naturel, la réaction de Gvidon à la mort de sa compagne suggère que les liens unissant une paire de cygnes sont bien plus profonds et vitaux que ce que l’on peut bien imaginer.

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Quand notre cerveau a besoin de fierté


Un billet intéressant sur la fierté qui est essentiel pour tout individus pour ressentir une reconnaissance, une estime de soi et un encouragement pour aller de l’avant. Perdre cette fierté, c’est de sentir inutile, dépressif, bon à rien » Il ne coûte rien à personne d’encourager une personne pour le remonter dans sa fierté
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Quand notre cerveau a besoin de fierté

 

François Richer

Chercheur en neuropsychologie, professeur à l’UQAM

Un enfant qui s’affirme haut et fort pour revendiquer sa place. Un employé qui montre des signes de burn-out parce qu’il n’est ni reconnu ni écouté. Une personne fragile qui se sent insultée au moindre commentaire. La fierté n’est pas un défaut mais un besoin essentiel.

Chez l’enfant, on a tendance à favoriser la fierté et la confiance en soi pour s’assurer qu’il prenne sa place et qu’il affronte les défis qui l’attendent. Mais chez l’adulte, on est plus ambivalent par rapport à la fierté. Même si on est très préoccupé par notre propre statut, les excès de fierté des autres sont mal vus et on peut facilement négliger ou porter atteinte à la fierté de ceux qui nous entourent par manque de respect, d’égards ou de reconnaissance. On oublie trop facilement que la fierté est utile.

Les systèmes motivationnels de notre cerveau, comme la faim, la peur et la libido, ont évolué pour augmenter nos chances de survivre et de nous reproduire. Le besoin de fierté est aussi fondamental. C’est un instinct de compétition sociale qui sert à prendre et maintenir sa place dans une hiérarchie ou un réseau et à obtenir sa part des ressources. Chez le primate, le statut social prédit l’accès à la nourriture et aux partenaires sexuels. L’instinct de compétition sociale est aussi impliqué dans la territorialité et dans l’agressivité calculée, y compris la manipulation, la mesquinerie, l’intimidation et les luttes de pouvoir. Machiavel a souligné dès 1513 l’utilité de talents comme la tromperie, la formation d’alliances et la manipulation pour le succès politique. Mais les chimpanzés ont aussi développé plusieurs de ces talents pour assurer leur succès reproducteur (De Waal, 1982).

Chez l’humain, le besoin de fierté se traduit d’abord par le besoin de respect, de reconnaissance et de statut social. La compétition sociale donne lieu à de nombreuses émotions dont l’envie ou le respect du pouvoir, mais aussi la sensibilité aux affronts et aux manques de respect de la part des autres. La fierté est utile. Elle est une source importante de confiance en soi et d’ambition. Grâce à ses propriétés euphorisantes, elle inhibe l’anxiété, réduit nos doutes sur nos capacités, nous fait anticiper des succès et nous donne de l’assurance. Grâce à elle, on se sent plus volontaire et on formule des plans plus ambitieux où l’envie de conquête domine sur la peur de l’échec.

La fierté freine aussi l’irritabilité. Le manque de fierté rend souvent susceptible. Les commentaires sont perçus comme des insultes blessantes, les jeux de compétition normaux sont vus comme des attaques personnelles. Pour plusieurs, plus le système de fierté est plombé, plus le système de grogne ou d’irritation est amplifié. Un grognon frustré est souvent une personne en manque de fierté et plusieurs ont suggéré qu’une bonne façon de réduire l’irritabilité est l’augmentation des succès et de la reconnaissance.

Les pertes de fierté (pertes de capacité, humiliation, rejet social, soumission prolongée) sont des stresseurs importants. Ils peuvent en outre favoriser l’anxiété, la dépression et la violence. Quand notre fierté tombe en panne, tout notre fonctionnement en souffre. Dans la dépression ou le stress post-traumatique, notre assurance et notre confiance en soi est ébranlée. On est envahi par un sentiment d’impuissance, on devient hypersensible au moindre signe de difficulté et notre cerveau nous fait croire qu’on ne vaut rien. Cette évaluation faussée nous rend anxieux et elle favorise les erreurs ce qui confirme notre auto-évaluation négative. C’est l’extrême opposé de «Yes we can!». On perd notre ambition et notre combativité. En plus, cette perte d’assurance nous rend plus vulnérable au manque de respect, à l’intimidation et à l’abus.

Chez l’enfant, la confiance en soi se développe naturellement, renforcée par la découverte de ses capacités, par les succès et les encouragements. Mais prendre sa place est aussi une question d’affirmation et le niveau de compétition dans les cours de récréation rivalise parfois avec les milieux de travail les plus compétitifs. Plusieurs enfants montrent des comportements d’opposition (argumenter excessivement, défier l’autorité…) qui reflètent en partie un besoin de pouvoir. L’irritabilité de l’enfant peut aussi refléter un manque de fierté et être un signe précurseur de dépression.

Chez la femme, le système de fierté est influencé par les œstrogènes qui fluctuent à de nombreuses périodes (périodes prémenstruelles, grossesses, pré-ménopause). Ces fluctuations peuvent augmenter la sensibilité aux critiques ou au rejet ou favoriser la dépression.

Les hommes (en particulier les jeunes) ont parfois un système de fierté plutôt sensible qui se gonfle rapidement avec les succès, la reconnaissance et les flatteries, mais qui est aussi sujet au dégonflement rapide quand leurs attentes sont déçues, qu’ils perdent leurs statuts (responsabilités, rôle de soutien de famille …) ou autres sources de fierté. Chez le mâle, les circuits cérébraux de la fierté sont liés à la testostérone, car les succès dans les conflits sociaux augmentent le niveau de testostérone tandis que les échecs le diminuent.

Le statut, on y prend goût et il devient même rapidement une nécessité. Les propriétés euphorisantes de la fierté peuvent parfois créer une dépendance et un excès de fierté peut s’installer qui peut nous rendre myope, prétentieux ou arrogant. La surévaluation de nos capacités, de notre influence ou de notre leadership peut nous exposer à des revers coûteux. L’orgueil peut nous faire négliger les signes de danger et quand surviennent l’échec ou la rebuffade, la perte de fierté soudaine peut être une cause de détresse majeure. Le narcissisme et le délire de grandeur sont des exemples pathologiques d’une fierté excessive. Dans certains cas, l’aveuglement rend la personne imperméable aux réactions et au changement, ce qui peut mettre en danger notre entourage et nos projets. La fierté montre aussi des excès dans la violence déclenchée par les atteintes à l’orgueil pour sauver la face (jalousie, vengeance, humiliation, représailles …).

La fierté est une composante essentielle de la condition humaine et ses fluctuations ont des répercussions majeures. Même si ses excès sont parfois ridicules, elle mérite d’être prise au sérieux. La reconnaissance, les compliments et le partage des pouvoirs ne coûtent presque rien et, en cultivant la fierté, ils fournissent un service presque aussi essentiel pour la santé mentale que la nourriture.

http://quebec.huffingtonpost.ca