Les abeilles savent compter


Si on se demande pourquoi étudier les mathématiques, quoique la réponse soit évidente, sachez que de primates, certains oiseaux, araignée, et même des abeilles comprennent les mathématiques de base. Malheureusement, avec l’effondrement des abeilles, les insecticides détruisent leurs neurones du cerveau, sans leurs capacités cognitives pour butiner.
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Les abeilles savent compter

 

Gros plan sur la tête d'une abeille.

Les abeilles ont la réputation d’être des insectes intelligents. Photo: iStock / Andy Nowack

Alain Labelle

Les abeilles mellifères peuvent réaliser des calculs mathématiques de base, ont démontré des scientifiques australiens et français.

Les chercheurs sont affiliés à l’Université RMIT et à l’Université Toulouse III – Paul Sabatier. L’année dernière, la même équipe avait établi que ces insectes sociaux étaient capables de se représenter et d’interpréter le zéro.

La présente étude montre qu’on peut apprendre aux abeilles à reconnaître les couleurs comme des représentations symboliques de l’addition et de la soustraction, et à utiliser cette information pour résoudre des problèmes arithmétiques.

La résolution de problèmes mathématiques exige un niveau d’intelligence sophistiquée, qui fait appel à une gestion mentale complexe de nombres, de règles, mais aussi à une mémoire de travail à court terme.

En outre, les opérations numériques comme l’addition et la soustraction sont complexes, parce qu’elles nécessitent deux niveaux de traitement.

Vous devez être capable de maintenir les règles d’addition et de soustraction dans votre mémoire à long terme, tout en manipulant mentalement un ensemble de nombres donnés dans votre mémoire à court terme. Le professeur Adrian Dyer, de l’Université RMIT

« De plus, nos abeilles ont également utilisé leur mémoire à court terme pour résoudre des problèmes arithmétiques, car elles ont appris à reconnaître les notions de plus et de moins comme des concepts abstraits plutôt qu’en les associant à des aides visuelles », explique le Pr Adrian Dyer.

Le saviez-vous?

  • Les abeilles n’ont qu’un million de neurones, soit 100 000 fois moins que l’humain;
  • elles possèdent une mémoire à court terme élaborée qui leur permet d’envisager les décisions à venir;
  • elles comprennent des concepts abstraits comme la similitude et la différence;
  • elles acquièrent des compétences complexes auprès d’autres abeilles.

Ces surprenantes capacités élargissent, selon les chercheurs, notre compréhension de la relation entre la taille et la puissance du cerveau.

Ainsi, même le petit cerveau d’une abeille peut réaliser des opérations mathématiques de base, une connaissance qui pourrait servir au développement futur de l’intelligence artificielle en raffinant l’apprentissage machine.

Nos résultats laissent à penser que la cognition numérique avancée pourrait être plus répandue dans la nature chez les non-humains que ce que l’on pensait. Adrian Dyer

De précédentes études ont montré que certains primates, des oiseaux comme le corbeau, et même des araignées sont capables d’additionner et de soustraire.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Science Advances(Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Une abeille sur une fleur.

Une abeille. Photo : Getty Images / Peter Vahlersvik

Un cerveau déstabilisé

De plus en plus de travaux, dont plusieurs menés à l’Université Laval de Québec, montrent que l‘effondrement des colonies d’abeilles observé en Amérique et en Europe depuis une dizaine d’années est lié aux insecticides, particulièrement à ceux de la famille des néonicotinoïdes. Pour réussir à butiner, les abeilles se servent de leurs grandes capacités cognitives, mais les produits toxiques attaquent la communication entre les neurones de leur cerveau, ce qui les déstabilise et nuit au butinage.

https://ici.radio-canada.ca/

Dans l’Ain, un taux anormal d’enfants nés sans bras ou sans mains


    Entre 2009 et 2014, il y a eu 7 enfants avec des malformations autour d’un village près des champs de maïs ou tournesol. Il est difficile de savoir les causes présentement, mais on pourrait aisément croire que les pesticides, insecticides, herbicides… en seraient les conséquences. La Bretagne semble signalée des cas similaires qui pourraient donc mieux cernés les causes
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Dans l’Ain, un taux anormal d’enfants nés sans bras ou sans mains

 

Dans l'Ain, un taux anormal d'enfants nés sans bras ou sans mains

 

C’est un chiffre qui fait peur. En quelques années, sept enfants nés autour d’un petit village de l’Ain, sont nés sans bras ou sans mains. À qui la faute ?

À Druillat, des bébés nés sans bras ou sans mains

Les faits se sont déroulés entre 2009 et 2014 dans un rayon de sept kilomètres autour d’un petit village de l’Ain, Druillat. En tout, sept enfants sont nés sans bras ou sans mains. Des malformations qui, après une enquête poussée auprès des parents, ne semblent ni génétiques ni liées la prise de médicaments ou de drogue pendant la grossesse.

Pourquoi donc dans ce petit périmètre de campagne de l’Ain, ce taux de malformation est-il 58 fois plus élevé que la norme ? L’enquête, menée par l’épidémiologiste et directrice du Remera qui recense les malformations de la régions, Emmanuelle Amar, a trouvé un point commun entre ces bébés : toutes les mamans habitaient, pendant leur grossesse, en zone rurale, au milieu de champs de maïs ou de tournesol.

La pollution augmenterait les risques de malformations

Est-ce à dire que la pollution rurale – et par conséquent les herbicides, pesticides, insecticides, fongicides- déversée dans les champs, serait responsable de ces malformations intra-utérines ? Emmanuelle Amar aurait aimé en savoir plus, mais depuis quelque temps, les fonds versés à ce registre régional d’enregistrements et d’observations des malformations ont été suspendus.

« Les conséquences sont très simples. C’est la fin de la surveillance des malformations, c’est à dire la fin de l’alerte aussi », explique t-elle au micro de France 2.

Mais une autre affaire pourrait relancer le débat car en Bretagne où, en quelques moi seulement, d’autres parents ont signalés la naissance d’enfants nés également sans bras ou sans mains.

https://www.7sur7.be/

Après les abeilles, les bourdons sont à leur tour menacés


Les pesticides, c’est la peste pour l’environnement. Après les abeilles, les bourdons sont en danger. Eux aussi sont de grands pollinisateurs et leurs colonies risquent de disparaitre à cause des néonicotinoïdes, et du manque de variété floral et c’est notre faute.
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Après les abeilles, les bourdons sont à leur tour menacés

 

Une reine bourdon (Bombus impatiens) recueille des ressources florales pour son nid. Crédits : Leif Richardson

par Brice Louvet

Grands pollinisateurs, les bourdons sont aujourd’hui en grand danger. Les menaces environnementales, telles que les insecticides et le manque de diversité florale, pèsent grandement sur les reines, dont dépendent des colonies entières.

Le printemps est une période clé pour les reines bourdons. Après avoir émergé de leur hibernation, celles-ci doivent construire des nids, pondre des œufs, maintenir leurs larves au chaud et les nourrir. C’est exigeant sur le plan physiologique, et les enjeux sont élevés : le succès de la colonie dépend du travail solitaire de la reine pendant cette période. Mais cette mécanique bien huilée est aujourd’hui enrayée. Dans une étude publiée dans Proceedings of the Royal Society B, des chercheurs de l’Université de Californie (États-Unis) tirent en effet la sonnette d’alarme : les menaces environnementales s’accumulent, et les reines bourdons en paient le prix.

Dirigée par Hollis Woodard, professeure adjointe d’entomologie, l’équipe a en effet découvert que l’exposition à un insecticide largement répandu et une mauvaise alimentation nuisaient à la santé et au travail des reines bourdon, ce qui pourrait avoir des conséquences dramatiques sur un groupe de pollinisateurs déjà en déclin. Rappelons que les bourdons sont les chevaux de trait du monde des insectes pollinisateurs, jouant un rôle clé dans les écosystèmes naturels et agricoles. Les cultures des tomates, par exemple, dépendent en grande partie de leurs services de pollinisation.

Des études antérieures ont déjà mis en cause le thiaméthoxame, un insecticide néonicotinoïde. Une fois exposées à ce produit, les reines bourdons pondent en effet beaucoup moins d’œufs. Cela pourrait donc entraîner un effondrement des populations. Les néonicotinoïdes sont généralement appliqués sur les graines avant de contaminer le sol – où les bourdons dorment – et pénètrent dans les tissus végétaux, y compris le pollen et le nectar. Un autre facteur de stress pour les bourdons est la diminution de la diversité florale, entraînée par l’utilisation des terres agricoles et d’autres changements globaux.

« Les bourdons sont des généralistes floraux qui recueillent le pollen d’une grande variété d’espèces végétales, et des études antérieures ont démontré qu’un régime mixte favorise mieux le développement des colonies de bourdons qu’un régime composé de pollen provenant d’une seule fleur », explique Hollis Woodard.

Les chercheurs ont ici testé les effets d’une exposition temporaire ou prolongée à l’imidaclopride néonicotinoïde. Ils ont démontré que les reines bourdon étaient beaucoup moins actives et six fois plus susceptibles de mourir au cours d’une exposition prolongée (37 jours) à ce pesticide. Les reines exposées survivantes ont également produit seulement un tiers des œufs et un quart des larves par rapport aux reines non traitées.

Créer de nouvelles colonies est vital pour la survie des bourdons. Si les reines ne produisent pas d’œufs ou ne fondent pas de nouvelles colonies, il est possible que les ceux-ci disparaissent complètement. Le chercheur appelle donc à ce que l’utilisation d’insecticides néonicotinoïdes aux États-Unis soit reconsidérée. De leur côté, les États membres de l’Union européenne ont récemment décidé d’interdire ces produits de tous les champs d’ici la fin de l’année 2018, en raison du grave danger qu’ils représentent pour les abeilles.

Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans les Actes de la Royal Society B.

Source

http://sciencepost.fr/

Cet agriculteur élimine les pesticides grâce à une solution surprenante


Si vous voyez des mouches roses en Montérégie au Québec, ce n’est pas une illusion ! Ces mouches sont auparavant irradiées pour devenir stériles. Les mâles vont les accoupler et les oeufs seront vide. Cette technique est dédiée aux mouches de l’oignon. Ceux qui utilisent ces mouches vont diminuer de beaucoup les pesticides, insecticides et compagnie. Et les pertes seront vraiment moins grandes tout en diminuant les effets des produits chimiques sur l’environnement
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Cet agriculteur élimine les pesticides grâce à une solution surprenante

 

Jean-Bernard Van Winden, producteur maraîcher à Saint-Cyprien de Napierville, en Montérégie.

Jean-Bernard Van Winden, producteur maraîcher à Saint-Cyprien de Napierville, en Montérégie. Photo : Radio-Canada/Thomas Gerbet

Ne plus utiliser d’insecticide, mais produire tout autant de légumes et sans payer plus cher. Une utopie? Pas pour Jean-Bernard Van Winden et une quinzaine d’autres producteurs maraîchers de la Montérégie. Pour y arriver, ils utilisent des mouches. Des mouches… roses.

Un texte de Thomas Gerbet

Dans un petit sac en papier se cache l’armée biologique de Jean-Bernard Van Winden : 5000 mouches roses. Elles sont relâchées dans son champ d’oignons dans l’espoir qu’elles s’accouplent avec les ennemies du producteur maraicher : les mouches de l’oignon, des ravageuses dont les larves détruisent les bulbes.

Les mouches roses ont été préalablement irradiées pour devenir stériles. Les accouplements donneront des oeufs vides, ce qui, à terme, entraînera la destruction de la population de ravageurs. Si elles sont colorées en rose, c’est pour mieux les compter par la suite et évaluer la réussite de l’opération.

« La technique fonctionne, se réjouit l’agriculteur. Je suis certain de ne pas avoir plus de 2 % de pertes à la récolte. Avec cette garantie, on favorise moins de pesticides dans la nature. »

Résultats notables pour la santé et l’environnement

Des mouches roses stériles.

Des mouches roses stériles produites par l’entreprise de recherche agronomique Phytodata.  Photo : Courtoisie/Anne-Marie Fortier

En temps normal, pour lutter contre la mouche de l’oignon, les producteurs utilisent l’insecticide Lorsban, qui contient un ingrédient actif très néfaste : le chlorpyrifos. Ce dernier a été reconnu par le gouvernement du Québec comme le quatrième pesticide qui présente le plus de risques pour l’environnement. Son utilisation sera d’ailleurs encadrée, tout comme celle des pesticides « tueurs d’abeilles ».

Dans un rapport remis au ministère de l’Agriculture en février, on apprend que, de 2015 à 2017, les indicateurs de risques pour la santé et l’environnement liés à l’utilisation du chlorpyrifos pour l’ensemble des producteurs ayant eu recours aux mouches ont diminué respectivement de 45 % et 75 %. Dans la seule année 2017, cela a évité l’utilisation de plus de neuf tonnes du produit chimique.

En 2015, une enquête de Radio-Canada révélait une forte concentration de ce produit dans les cours d’eau agricoles. Un ruisseau de la région d’Oka dépassait de 1650 fois les critères de qualité pour la protection de la vie aquatique.

Comme 90 % des oignons du Québec sont produits dans la MRC des Jardins-de-Napierville, dans l’ouest de la Montérégie, les cours d’eau du secteur étaient pollués eux aussi. Mais la situation s’est améliorée, grâce aux mouches roses.

Selon les analyses menées par le ministère de l’Environnement du Québec, la concentration maximale de chlorpyrifos détectée dans le ruisseau Gibeault-Delisle est passée de 2,2 microgrammes par litre, en 2006, à 0,05 microgramme, en 2014.

 

« On est très fiers », dit Anne-Marie Fortier, la coordonnatrice de l’entreprise Phytodata, qui produit les mouches.

Déjà, des agriculteurs de Lanaudière ont commencé à utiliser les mouches roses et un premier essai sera réalisé en Ontario cette année.

« C’est aussi l’environnement des agriculteurs et celui de leurs enfants qui est contaminé par les pesticides, car ils vivent tous sur ou à proximité de leur ferme », rappelle-t-elle.

L’usine de mouches de Saint-Édouard, qui en produit déjà 20 millions par année, ne suffit plus. Il faudra en construire une nouvelle sous peu.

Impossible sans le financement du Québec

L’agriculteur Jean-Bernard Van Winden dépense 10 000 $ en mouches par année. S’il utilisait l’insecticide, il lui en coûterait deux fois moins cher, soit 5000 $. Mais c’est sans compter la subvention de 70 % accordée aux utilisateurs des mouches roses par le ministère de l’Agriculture du Québec (MAPAQ). Résultat : le producteur maraîcher parvient même à réaliser des économies tout en protégeant l’environnement.

Le MAPAQ a fait savoir la semaine dernière qu’il poursuivrait son financement.

M. Van Winden espère que davantage d’efforts financiers seront investis dans la recherche pour trouver d’autres solutions comme celle-là. Aujourd’hui encore, il est contraint d’employer d’autres pesticides dans ses champs pour lutter contre différents ravageurs.

Comme lui, Anne-Marie Fortier pense qu’il est possible de trouver des solutions biologiques pour remplacer tous les pesticides, si on s’en donne les moyens.

Elle cite l’agronome Luc Brodeur, à l’origine du projet des mouches stériles :

« Il est possible de réduire l’utilisation des pesticides au Québec, dit-elle, en remplaçant un dollar de matière active toxique par un dollar de matière grise active. »

 

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Les excréments d’oiseaux aquatiques lourds d’histoire


Pour étudier les populations d’oiseaux aquatiques, il n’avait que très peu de donnée étalés à long terme. Des chercheurs ont eu l’idée d’étudier les excréments de ces oiseaux dans des sédiments du lac Ontario. Il possible de date la colonisation des espèces d’oiseaux, mais aussi comment leur population on évoluer avec le temps
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Les excréments d’oiseaux aquatiques lourds d’histoire

 

Un cormoran

Peu de données sont disponibles sur les migrations et les fluctuations des oiseaux aquatiques. Photo : iStock/photosbyjimn

 

Des chercheurs canadiens ont développé une méthode surprenante pour tracer l’évolution des populations d’oiseaux aquatiques. En analysant les sédiments au fond des lacs, ils ont découvert que les excréments laissés au fil des ans par ces volatiles en disaient long sur leur histoire.

Un texte de Daniel Blanchette Pelletier

Le lac Ontario compte plusieurs petites îles inhabitées par l’humain, mais où des espèces d’oiseaux aquatiques, comme le cormoran et le goéland, ont élu domicile.

Jusque-là, il était impossible de savoir depuis quand elles s’y trouvent ni comment leur population a fluctué dans l’histoire.

« Notre connaissance des oiseaux aquatiques ne couvre qu’une dizaine d’années seulement. Certaines données remontent aux années 60, mais elles sont rares », explique le professeur à l’Université d’Ottawa, Jules Blais.

Ces données historiques n’étaient pourtant pas si loin. L’équipe de chercheurs qu’il dirige les a trouvées… au fond de l’eau.

Des sédiments s’y accumulent graduellement depuis des centaines d’années.

« Les plus récents sédiments se trouvent à la surface, précise le professeur, et à mesure que nous descendons profondément, nous reculons dans l’histoire. »

Il suffit donc, ajoute-t-il, de prélever une carotte de sédiments au fond de l’eau et de l’analyser. Les sédiments sont notamment composés d’excréments d’oiseaux, le guano, qui découlent de la fertilisation des aires de nidification.

Les déjections d’oiseaux marins font ainsi office de marqueurs chimiques, poursuit le professeur Blais.

En mesurant les niveaux de stérols, de stanols et d’azote 15 dans les couches de sédiments, il est non seulement possible de dater la colonisation d’une espèce, mais aussi d’observer comment la taille d’une population a évolué au fil des ans.

Une carotte de sédiments, c’est un peu comme un livre d’histoire. Jules Blais, Université d’Ottawa

Les chercheurs ont même pu prouver l’efficacité de leur méthode en comparant les résultats obtenus avec les données déjà connues et compilées, notamment par le Service canadien de la faune et le New York State Department of Environmental Conservation.

Écrire l’histoire

L’obstacle qui se présentait auparavant aux chercheurs en sciences écologiques et environnementales était l’absence de données de surveillance à long terme.

L’analyse des sédiments au fond des lacs permettrait ainsi de remonter quelques décennies, voire quelques millénaires en arrière.

« Grâce à cette méthode, nous allons pouvoir mieux comprendre l’histoire des espèces sauvages, relate Mark Mallory, professeur à l’Université Acadia. Nous pourrons savoir comment ces populations réagissaient autrefois à des facteurs d’agression environnementaux, comme les modifications du milieu naturel, la chasse ou la contamination chimique. »

Le professeur Jules Blais donne pour exemple les insecticides, comme le DDT, qui ont décimé certaines populations d’oiseaux dans les années 60 et 70.

« Les populations de cormorans ont été particulièrement affectées par les insecticides pendant cette période-là, rappelle-t-il. Et maintenant, on voit leurs populations augmenter. »

Les possibilités sont immenses, selon lui. Cette méthode permettra ultimement de comprendre comment les changements climatiques ont influencé les mouvements des populations d’oiseaux.

Les travaux menés par les chercheurs de l’Université d’Ottawa et des universités Queen’s, à Kingston, et Acadia, en Nouvelle-Écosse, ont été publiés dans la revue scientifique Proceedings of the Royal Society B.

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«Katie», la nouvelle et terrifiante «drogue zombie»


Comme s’il n’y en avait pas assez de drogue sur le marché noir. Pour faire un trip, plus long, les trafiquants ne se gênent pas pour faire des mélanges avec n’importe quoi. Katie est un mélange de marijuana, Spice, tabac, feuilles de bananier, produits chimiques contenus dans les insecticides en aérosol. Les médecins doivent essayer de prévoir quelle drogue sera à la mode pour mieux répondre aux overdoses.
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«Katie», la nouvelle et terrifiante «drogue zombie»

 

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C’est ce qu’on appelle voir rouge. | Ben Mortimer via Flickr License by

Repéré par Aurélie Rodrigues

À Indianapolis, une nouvelle drogue fait des ravages: elle s’appelle «Katie», et elle est loin d’être friendly…

«Katie» n’est pas une drogue ordinaire. Sa composition est particulière: un mélange de plusieurs substances –marijuana, Spice, tabac et même des feuilles de bananier– et de produits chimiques contenus dans les insecticides en aérosol.

Un cocktail qui garantit «quarante-cinq minutes de trip qui vous laisse catatonique» comme l’indique Scott Lebherz, pompier à Indianapolis, dans une interview pour l’hebdomadaire local The Indianapolis Star.

USA Today explique qu’après avoir pris «Katie», certains toximanes se tordent de douleur sur le sol, les yeux écarquillés, luttant pour respirer… Ils transpirent et convulsent. D’autres tiennent à peine debout et peinent à se déplacer, à l’image des zombies des films et séries télé.

Mélanger des drogues avec des produits chimiques: une pratique commune chez les trafiquants

Les nouvelles drogues comme «Katie» représentent toujours un défi pour les médecins: soigner les drogués est bien plus difficile quand on ne sait pas quelles substances ont été ingérées. D’autant plus que les compositions des drogues changent continuellement… Pour le personnel médical, il est presque impossible de prédire le nouveau produit à la mode, et la meilleure manière de réagir en cas de problème.

«On essaie de rester à jour à propos des nouvelles tendances en matière de drogue pour mieux être préparés», précise tout de même Dan O’Donnell, le directeur médical de la caserne de pompier.

Au mois de janvier dernier, les services d’urgences à Indianapolis ont dû faire face à dix-sept cas d’overdoses provoquées par «Katie»… Sans toutefois déplorer de décès.

Suite à ces overdoses, le département de police d’Indianapolis a cherché à remonter la filière de «Katie». Leur investigation les ont conduits à plusieurs planques de drogues situées à l’est de la ville:

«Ce n’est pas inhabituel de voir des drogues coupées avec des produits chimiques. Les dealers sont prêts à tout pour faire du profit», explique Daniel Rusyniak, directeur médical de l’Indiana Poison Center.

Pour Dan O’Donnell, l’argent n’est pas la seule ambition des trafiquants:

«Souvent, l’ajout d’une nouvelle substance vise à améliorer et prolonger le trip.»

Very bad trip

Au Tennessee, l’année dernière, un homme en plein trip est entré par effraction et a tenté de se trancher la gorge devant une famille assise à table. Après son arrestation, il a confié avoir fumé un mélange de méthamphétamine et de spray insecticide.

Les pyréthrinoïdes –les composés actifs dans les insecticides– provoquent une détresse respiratoire et des convulsions. Dans certains cas, ils peuvent entraîner un coma.

«C’est pour ça que nous les utilisons sur les insectes. Ils sont hyperstimulés et meurent suite à ces spasmes», déplore Daniel Rusyniak.

Les consommateurs sont souvent conscients des dangers et des risques associés à la prise de produits chimiques. Malgré tout, ces drogues répondent à un besoin de trip immédiat: l’addiction passe souvent avant la raison.

http://www.slate.fr/

Des traces de pesticides trouvées dans l’eau du robinet


Même si c’est à faibles quantités que les analyses de l’eau potable qui sort du robinet ont donné des traces de néonicotinoïde, ce n’est pas normal. Cela veut dire que semences traitées aux néonicotinoïdes serait plus dommageable à l’environnement, surtout qu’ils sont reconnus être nuisible aux abeilles
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Des traces de pesticides trouvées dans l’eau du robinet

 

Une équipe de l'Université de Montréal a trouvé des... (Photo tirée d'une vidéo de Martin Leblanc, archives La Presse)

Une équipe de l’Université de Montréal a trouvé des traces de néonicotinoïdes dans l’eau de Montréal et de Laval.

PHOTO TIRÉE D’UNE VIDÉO DE MARTIN LEBLANC, ARCHIVES LA PRESSE

 

STÉPHANIE BÉRUBÉ
La Presse

Les néonicotinoïdes se retrouvent à nouveau dans l’actualité. Cette fois, une équipe  de l’Université de Montréal a évalué la concentration de certains pesticides dans l’eau de surface de cours d’eau du Québec ainsi que dans l’eau du robinet. Elle a trouvé des traces de ces insecticides systémiques controversés presque partout, y compris dans l’eau de Montréal et de Laval.

Faut-il s’inquiéter de trouver des pesticides dans l’eau ?

Oui. Et non, répond le professeur Sébastien Sauvé, du département de chimie de l’Université de Montréal, qui a dirigé l’étude.

« Je ne dirais pas aux gens d’aller s’acheter de l’eau en bouteille, les traces sont petites dans l’eau potable », explique le professeur Sauvé. « Par contre, poursuit-il, ce que ça nous dit, c’est qu’on en utilise tellement qu’il y en a partout. Ce n’est pas une inquiétude primordiale pour la santé humaine, mais ça prouve qu’il y en a beaucoup dans les sources d’eau. »

Où a-t-on trouvé des pesticides dans l’eau du robinet ? 

Les chercheurs ont pris des échantillons dans l’eau de robinet dans quatre villes québécoises : Montréal, Laval, Saguenay (Chicoutimi) et Saint-Hyacinthe.

Les gens du Saguenay seront heureux d’apprendre que les chercheurs n’ont trouvé aucune trace des neuf molécules recherchées, dont huit appartenant à la classe des néonicotinoïdes, dans l’eau de Chicoutimi. Il y en avait partout ailleurs. Très peu à Laval, peu à Montréal et un peu plus dans la région agricole de Saint-Hyacinthe.

« À Saint-Hyacinthe, l’eau est très traitée, car elle provient de la rivière Yamaska », précise Sébastien Sauvé.

Les néonicotinoïdes se retrouvent dans le sol, qui les absorbe et les dirige ensuite vers les eaux souterraines, jusqu’aux cours d’eau. L’étude québécoise vient d’être publiée dans la revue scientifique Analytical and Bioanalytical Chemistry.

Que sont les néonicotinoïdes ?

Ce sont des pesticides systémiques qui sont inclus dans les plantes. Les grains de soya ou de maïs sont enrobés de cet insecticide qui reste présent tout au long du développement de la plante. Les néonicotinoïdes aident les agriculteurs à contrôler la présence des insectes ravageurs qui s’attaquent à leurs champs. Leur principe d’action est relativement simple : le pesticide s’attaque au système nerveux des insectes indésirables. Le hic, c’est qu’on a découvert que les néonicotinoïdes faisaient également du tort à d’autres insectes, notamment aux abeilles.

Dans quels cours d’eau en a-t-on trouvé ? 

L’équipe de l’Université de Montréal voulait tester une méthode de détection. Pour cela, le groupe de chercheurs a pris des échantillons d’eau dans les mêmes sources que le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, qui avait aussi fait cet exercice de 2011 à 2014.

Il s’agit des rivières Saint-Régis, des Hurons, Chibouet et Saint-Zéphirin. Toutes contenaient des traces des molécules recherchées, avec des quantités très variables, selon le moment où étaient prélevés les échantillons.

« Nos résultats sont comparables à ceux que Québec avait obtenus », explique Sébastien Sauvé, qui précise que les quantités détectées étaient aussi parfois inférieures aux données du ministère de l’Environnement.

La présence des insecticides dans les cours d’eau est directement liée à l’activité agricole environnante, dit-il, selon les épandages.

Ces insecticides peuvent-ils être dommageables pour la santé humaine ? 

« On manque cruellement de données sur les risques pour la santé humaine », estime Maryse Bouchard, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal. 

Maryse Bouchard explique que la science s’est peu intéressée à ces semences enrobées d’insecticides, car on a cru qu’elles étaient moins dommageables que des insecticides pulvérisés dans les champs. Cette hypothèse ne tient plus.

Une étude de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), dont les premiers résultats ont été dévoilés cette semaine, soulève de sérieux questionnements. La chercheuse Élyse Caron-Beaudoin a utilisé en laboratoire des modèles cellulaires qui pourraient reproduire des comportements humains, notamment chez les femmes enceintes.

Peut-on réduire l’utilisation de ces pesticides ?

C’est ce que souhaite Québec, à l’instar de plusieurs autres gouvernements. La ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Isabelle Melançon, a annoncé le mois dernier sa Stratégie québécoise sur les pesticides. Au nom de la protection de la santé, de l’environnement et des pollinisateurs, Québec va encadrer l’utilisation des néonicotinoïdes. Dès l’année prochaine, les producteurs de grandes cultures devront avoir une prescription d’un agronome pour les utiliser, prescription qu’ils obtiendront s’ils en ont besoin, après l’étude de la santé des champs.

Que vont faire les producteurs ?

Cette semaine, les Producteurs de grandes cultures du Québec ont demandé au gouvernement de faire une nouvelle étude, car ils jugent que « les bases scientifiques de la nouvelle réglementation sur les pesticides sont contestables ».

En entrevue, le président du syndicat d’agriculteurs, Christian Overbeek, précise que dans les champs, les producteurs qui ont travaillé avec des semences sans néonicotinoïdes ont observé des baisses de rendement. De plus, selon eux, le retour à l’épandage n’est pas la solution la plus écologique.

« On calcule que c’est encore moins dangereux de travailler avec des semences traitées », précise Christian Overbeek.

Au Québec, 99 % du canola, 50 % du soya et 60 % du maïs-grain, donc celui qui n’est pas destiné à la consommation humaine, sont cultivés avec des semences enrobées de néonicotinoïdes, selon les Producteurs de grains du Québec.

http://www.lapresse.ca/