Des robes en peau de bananes: la nouvelle idée d’une entreprise de mode pour réduire le gaspillage


Quoique les peaux de banane, feuilles d’ananas et autres matières organiques sont compostables, il est intéressant de faire des vêtements de façon plus naturels et sûrement moins pollueurs
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Des robes en peau de bananes: la nouvelle idée d’une entreprise de mode pour réduire le gaspillage

 

Une banane | Mauro Cateb via Flickr CC License by

Une banane | Mauro Cateb via Flickr CC License by

 

Repéré par Camille Jourdan

Repéré sur Fast Company

Circular Systems utilise aussi d’autres matériaux comme le chanvre ou les feuilles d’ananas.

On connaissait les baskets en plastique recyclé pour dépolluer les océans; voici maintenant les robes en peau de bananes et les T-shirts en écorce de sucre de canne. Dans un récent article, Fast Company présente Circular Systems, une entreprise de l’industrie de la mode qui recycle les déchets alimentaires pour en faire des vêtements.

À l’origine de cette initiative: Isaac Nichelson.

Dans les années 90, ce défenseur de longue date d’une «industrie de la mode durable» prend conscience de la quantité de produits chimique qui sont utilisés pour produire du tissu. Pourtant, pas plus tard que dans les années 60, «97% des fibres utilisées dans les vêtements étaient issues de produits naturels», rappelle Fast Company.

«Aujourd’hui, [l’industrie de la mode] est tellement extractive et destructrice. Et nous regardons nos ressources diminuer alors que la population augmente», s’inquiète Nichelson.

Avec l’aide d’un scientifique, Yitzac Goldstein, et d’un des artisans de la légalisation du chanvre au Canada, Geof Kime, l’industriel a donc créé Circular Systems.

270 millions de tonnes de peau et de tiges de bananes par an

Tous les trois sont partis d’un constat: des tonnes de nourriture sont gaspillés ou détruites à perte chaque année. Exemple, rapporte Fast Company: nous mangeons 100 milliards de bananes par an, ce qui crée pas moins de 270 millions de tonnes de déchets que l’on laisse pourrir ou que l’on brûle.

«Les brûler pollue l’air, et les laisser pourrir libère du méthane dans l’atmosphère, ce qui contribue au réchauffement climatique», développe le magazine.

Autre constat, souligné sur le site de Circular Systems: chaque année, 32 millions d’hectares de paille de riz sont brûlés en Inde.

L’entreprise de Nichelson a choisi de se concentrer pour le moment sur cinq matières: les peaux de bananes, les feuilles d’ananas, les fibres de lin, les écorces de sucre de canne et les tiges de chanvre. Avec ces différents matériaux, Circular Systems assure pouvoir produire 250 millions de tonnes de fibres par an, soit 2,5 fois la demande actuelle.

Alors, prêts à porter un pantalon en feuilles d’ananas ?

http://www.slate.fr/

«Crocogate»: le boucher des vanités


C’est rageant ! Ceux qui achètent des sacs à main, montre bracelet de luxe en autres accessoires luxueux en peau de crocodiles ou d’alligators, savent-ils de quelle manière, on s’y prend pour obtenir ces peaux ? Cela vaut-il vraiment la peine de se pavaner avec de tels accessoires ?
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«Crocogate»: le boucher des vanités

 

Grégory Pons

Journaliste, analyste et stratégiste spécialisé dans les industries du luxe

Peut-on torturer et massacrer des animaux pour leur faire la peau, qu’on transformera en sacs à main ostentatoires et en bracelets de montres statutaires? La maison de luxe Hermès est prise au piège.

Certes, l’espèce crocodilienne est loin d’être la plus sympathique au sein d’un ordre de reptiles aquatiques généralement pas très séduisants. Ce sont néanmoins des animaux sociaux, intelligents et territoriaux. En dépit de leur aspect farouche et rugueux, ils sont sensibles et dévoués à leur progéniture.

Ils accompagnent en tout cas les cultures humaines depuis des millénaires: les anciens Égyptiens les momifiaient. Une seule culture semble les mépriser, sinon les haïr, au point de les massacrer pour le seul plaisir de se parer de leur peau: la nôtre. Manque de chance pour cette espèce: son cuir dessine des «écailles» qui donnent un goût de luxe aux bracelets de montres et aux sacs à main des industries de la mode.

Une documentaire filmé par la PETA (Pour une Éthique dans le Traitement des Animaux: une ONG de trois millions d’adhérents en lutte contre la souffrance animale) démontre que les «fermes à crocodile» – lieux d’élevage et d’abattage qui alimentent les tanneries et les maroquineries de luxe – ont des pratiques d’une cruauté et d’une barbarie sans nom

En Afrique comme aux États-Unis, certains animaux sont dépouillés de leur peau sans avoir perdu conscience. D’autres sont proprement torturés avant de mourir découpés à la scie électrique et décervelés à la barre de fer. Les images sont insupportables. Certaines scènes sont insoutenables.

En fonction de leur taille en arrivant à l’abattoir, les alligators et les crocodiles ne sont plus des animaux, mais de simples «bracelets» ou des «Birkin» (sacs à main Hermès). Cette vidéo ne s’est pas attardée sur une autre procédure d’élevage, tout aussi choquante: on rend les bébés alligators volontairement obèses, dès leur naissance, pour élargir de quelques centimètres carrés leur précieuse peau et ainsi créer des écailles plus larges, mieux valorisées!

Au centre de ces pratiques révoltantes, la maison de luxe Hermès, dont les tanneries sont directement alimentées par ces «fermes». Il faut massacrer trois crocodiles pour confectionner un seul sac à main (on ne prélève guère que la peau du ventre). Il faut mettre à mort un bébé alligator pour créer quatre jeux de bracelets pour des montres de luxe. C’est toute l’industrie horlogère qui se trouve piégée dans ce «Crocogate» fatal: les cuirs de reptiles représentent à peu près un tiers des volumes actuels de bracelets horlogers, soit de quoi équiper une dizaine de millions de montres par an.

Avec des peaux de croco ainsi gorgées de souffrances indicibles, les sacs à main réalisés par Hermès, mais aussi par tous les autres grands maroquiniers de luxe (Louis Vuitton, Gucci, etc.), se trouvent éclaboussés de sang et de honte. Ils puent la mort. Si ostentation il y a, c’est celle du mépris du la vie et de la dignité que toute être vivant doit au vivant.

Hermès botte en touche en s’abritant derrière son respect (sans doute sincère) des réglementations internationales, mais le reportage est accablant sur la boucherie innommable que sont devenues les fermes de son réseau d’approvisionnement. On ne peut se réclamer de valeurs éthiques et ne pas renoncer aussitôt à ces pratiques d’élevage et d’abattage. Difficile, après avoir vu un tel film, de ne pas changer le regard que chacun pouvait porter, en toute innocence, sur ses propres bracelets de montre en croco…

Aucun goût de la parure sociale, aucun fétiche de nos vanités, aucun objet de parade ostentatoire ne sauraient justifier qu’on inflige de tels sévices à des animaux, tout au long de leur vie et jusque dans leur mort. On enrage à la pensée qu’une grande marque, respectée pour l’exigence et l’excellence dont elle fait preuve dans ses métiers traditionnels, puisse se laisser ainsi embarquer dans des pratiques aussi douteuses.

Hermès, nouveau «boucher des vanités», peut-il brûler ses sacs à main iconiques sur un nouveau bûcher des vanités ?

http://quebec.huffingtonpost.ca/