Les feux de forêt en Californie signaleraient l’arrivée d’une nouvelle ère de feu… le Pyrocène


2019 a été assez incendiaires, pas juste en Californie, mais a travers le monde. Les causes sont divers tels que les changements climatiques, la déforestation, le gaz, le pétrole, et encore pour d’autres raisons indiquent peut-être que nous entrons dans une nouvelle ère. L’ère Pyrocène ou si on préfère l’ère de feu.
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Les feux de forêt en Californie signaleraient l’arrivée d’une nouvelle ère de feu… le Pyrocène

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Des feux violents ravagent la Californie, en octobre 2019. | Josh Edelson/AFP/Getty Images

Stéphanie Schmidt

La Californie brûle. Et suite à ces incendies, il y a de plus en plus de réfugiés, obligés de fuir leurs foyers qui s’en retrouvent incinérés et détruits. Serait-on entrés dans le pyrocène ?

Premièrement, d’où vient le terme de pyrocène ? Nous pouvons nous demander par la même occasion, quand est-ce que commence l’Anthropocène ? Selon les auteurs que l’on sollicite, nous avons une multitude de choix et d’éléments déclencheurs quant à la nature des événements considérés comme marqueurs. Et le pyrocène dans tout ça ? Il faut savoir que l’Anthropocène historique peut être envisagé comme très précoce, par exemple avec la maîtrise du feu par notre espèce, une maîtrise qui aurait pu très vite (selon l’hypothèse développée par Stephen J. Pyne et secondairement par Andrew Y. Glickson et Colin Groves dans leurs ouvrages respectifs) permettre à notre espèce d’impacter fortement les biotopes.

Les indices montrent que les feux anthropiques affectent des milieux précis, tels les steppes karoo en Afrique du Sud, où les plantes survivantes en sont venues à avoir besoin du feu pour se reproduire… ce qui prouve qu’elles y sont exposées de façon cyclique depuis très longtemps.

De ce fait, il est intéressant (et important) de noter que les incendies qui ravagent la Terre à l’ère actuelle ne sont pas juste anodins. En effet, entre les mains des humains, ces combustions ont aussi des causes plus profondes : les sociétés modernes brûlent des paysages lithiques, une biomasse autrefois vivante, désormais fossilisée sous forme de charbon, de gaz et de pétrole, ce qui aggrave les incendies de ces paysages. Cette influence ne vient pas seulement du changement climatique (bien que ce soit clairement un facteur).

La transition vers une civilisation fondée sur les combustibles fossiles a également une incidence sur la manière dont les habitants des sociétés industrielles vivent sur les terres et sur le type de pratiques qu’ils adoptent en matière de feux.

Mais même sans le changement climatique, un grave problème d’incendie existerait à l’heure actuelle. Les agences foncières américaines ont réformé leurs politiques en vue de rétablir un bon comportement vis-à-vis des feux, il y a de cela 40 ou 50 ans, excepté quelques zones, cela n’a pas été réalisable à grande échelle.

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L’incendie Kincade Fire brûle tout sur son passage. Ici dans le comté de Sonoma, en Californie, le 24 octobre 2019. Crédits : Noah Berger/AP

Un incendie n’est pas le résultat d’un seul et unique facteur. En effet, les flammes synthétisent leur environnement : le feu est comme une voiture sans conducteur qui roule sur la route, en intégrant ce qui l’entoure. Parfois, il doit faire face à une courbe prononcée, plus communément appelée changement climatique. Parfois, c’est une intersection délicate où le paysage urbain et la campagne se rencontrent. Il arrive parfois que des accidents de la route (comme par exemple des coupes forestières, des herbes envahissantes ou des environnements post-brûlés), entraînent des accidents.

À l’heure actuelle, le changement climatique améliore les performances des incendies, il est effectivement propice aux feux. Et comme il s’agit d’un phénomène mondial, sa portée est absolument gigantesque : de zones d’incendie de plus en plus nombreuses, des extinctions de masse et autres effets néfastes. Cependant, le changement climatique ne suffit pas à lui seul à expliquer le fléau des incendies.

Il faut considérer le feu dans toutes ses manifestations : l’inflexion critique des temps modernes s’est produite lorsque les humains ont commencé à brûler de la biomasse fossilisée plutôt que vivante. Cela a déclenché une «transition pyrique » qui ressemble à la transition démographique qui accompagne l’industrialisation lorsque les populations humaines se développent d’abord, puis se réduisent.

Quelque chose de similaire se produit avec la population d’incendies, tandis que de nouvelles sources d’inflammation et de nouveaux carburants deviennent disponibles.

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Le grand incendie de 1910 a tué 78 pompiers à Idaho et au Montana (USA) et a entraîné un demi-siècle de gestion forestière axée sur la suppression des incendies. Crédits : Library of Congress

Finalement, alors que la substitution technologique (par exemple, le remplacement des bougies par des ampoules) et la suppression active réduisaient la présence de flammes nues, la population d’incendies est tombée au point où l’incendie ne pouvait plus effectuer le travail écologique requis. Entre temps, la société s’est réorganisée autour des combustibles fossiles, s’adaptant à la combustion des paysages lithiques et ignorant le feu latent des vivants.


Mais à présent, les sources surchargent les puis : il y a trop de biomasse fossile qui est brûlée pour être absorbée dans les limites écologiques anciennes. Les carburants dans le paysage vivant s’empilent et se réarrangent. Le climat est déréglé.

L’ère du Pyrocène ?

Au vu de ce qui se passe actuellement à travers le monde, nous pouvons facilement imaginer que la Terre entrera dans une véritable ère de feu comparable aux ères glaciaires du Pléistocène, avec l’équivalent pyrique des inlandsis (des glaciers de très grande étendue), des lacs pluviaux, des plaines d’épandage périglaciaires, des extinctions massives et des changements du niveau de la mer.

À l’heure actuelle, il reste difficile d’intégrer pleinement les pratiques de lutte contre le feu humain dans l’écologie traditionnelle. Mais les feux industriels, (contrairement aux feux sauvages), sont uniquement le produit de la manipulation humaine, et sont donc restés en dehors des limites de la science écologique

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Ici, encore une fois les flammes de l’incendie Kincade Fire, qui consumment une maison en Californie, le 24 octobre 2019. Crédits : Noah Berger/AP

Par exemple, dans les pays développés, la combustion industrielle organise l’agriculture, les environnements bâtis, les environnements périurbains et les réserves pour les espaces naturels (et tout cela est disponible pour le développement des incendies).

C’est en additionnant tous les effets directs et indirects, soit les zones en combustion, les zones à brûler (industrie), les impacts hors site, la perturbation de la vie humaine et de ses habitats que nous obtenons une véritable pyrogéographie qui ressemble étrangement à un âge de glace, mais avec du feu. D’où le nom de “pyrocène“.

Conclusion ?

Dans tous les cas, concernant les flammes qui ont éclaté en Californie, en Amazonie, en Angola, en Zambie, au Congo, à Bornéo et en Indonésie, sans parler des incendies inquiétants en Alaska, au Canada, en Sibérie et au Groenland : 2019 restera une année « bouillante », signifiant que nous sommes peut-être bien entrés dans l’ère du Pyrocène…

À présent, selon le CAMS (Copernicus Atmosphere Monitoring Service), au cours du premier semestre 2019, environ 3500 tonnes de dioxyde de carbone ont été produites (ce qui n’est pas forcément supérieur aux mesures de ces 16 dernières années). Par contre, l’augmentation se situe ailleurs : en effet, la différence se trouve dans les incendies ayant éclatés dans les régions arctiques, en particulier les flammes qui ont d’abord touché l’Alaska (soit 9700 kilomètres carrés de toundra et de forêt d’hiver), puis au Groenland, où le pergélisol a perdu de la consistance à cause des incendies.

Contrairement aux incendies en Amazonie, ceux qui ont touché les régions arctiques sont dus à la hausse des températures qui assèchent les forêts et qui, par conséquent, provoquent plus fréquemment des incendies spontanés : dans ces régions, les chutes de neige sont de plus en plus sporadiques et les tempêtes plus fréquentes.

Tandis que les incendies qui ont ravagé l’Afrique, l’Amazonie, l’Indonésie et la Californie sont des feux saisonniers, ou causés par la déforestation et les pratiques agricoles humaines. Finalement, quant aux feux qui ont sévi en Arctique, ils sont totalement imprévisibles car ils sont une conséquence directe de la fragilité et de l’aridité croissante des sols, causés par le changement climatique.

Ces véritables « mégafeux» qui ravagent la planète sont donc une conséquence non négligeable des choix des sociétés modernes.


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Le Saviez-Vous ► Eux étaient plutôt poison que viande, et vous?


Une histoire intéressante sur ce que l’on peut avaler comme additifs alimentaires aux États-Unis. Bien, avant les challenges d’avaler, n’importe quoi sur les réseaux sociaux au risque d’être intoxiqué parfois mortellement, la nourriture industrielle a fait son entrée avec succès,ce qui a inquiété en 1883 un chimiste sur les dangers de tout ce que l’on peut ajouter dans les aliments pour les conserver, surtout qu’à cette époque, il n’y avait aucune loi pour protéger le consommateur. Grâce à une expérience avec des volontaires qui étaient nourris 3 fois par jour, il a pu démontrer la nocivité des additifs. Grâce a lui, les choses ont un peu changer. Car avouons-le .. Même si certains produits toxiques ne sont plus dans les aliments, la bouffe industrielle est toujours nocive.
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Eux étaient plutôt poison que viande, et vous?

 

Illustration Jeanne Detallante

Illustration Jeanne Detallante

Simon Clair et Stylist

Au début du XXe siècle, pour sauver l’estomac de la population américaine, une douzaine de kamikazes ont décidé de sacrifier le leur en goûtant tous les poisons que leur servait l’industrie alimentaire.

Cet article est publié en partenariat avec l’hebdomadaire Stylist, distribué gratuitement à Paris et dans une dizaine de grandes villes de France. Pour accéder à l’intégralité du numéro en ligne, c’est par ici.

Depuis quelques années, l’Amérique a très faim. Sur les réseaux sociaux, les ados des États-Unis ont mystérieusement décidé de manger tout ce qui leur passe sous la main. Devant l’œil de leurs caméras, elles et ils se lancent par exemple dans le «cinnamon challenge», le «nutmeg challenge» ou le «chubby bunny game» qui consistent à se gaver le plus possible de cannelle en poudre, de noix de muscade ou de marshmallow. Quitte parfois à finir à l’hôpital.

Toxicologue d’urgence pour le National Capital Poison Center, Kelly Johnson-Arbor reçoit tous les jours des appels téléphoniques alarmés de la part de ces intrépides de l’estomac. Elle avoue être parfois un peu dépassée par ces étranges pratiques:

«L’année dernière, la mode était au “tide pod challenge”, c’est-à-dire le fait d’avaler des dosettes de lessive ressemblant à des bonbons. Chez les jeunes, cela peut donner lieu à de la toux, des suffocations, des vomissements et des comas. Aux États-Unis, au moins deux adolescents sont morts après en avoir ingérées».

Selon les médias américains, tout a commencé lorsque le site parodique The Onion a publié en 2015 un article intitulé «Que Dieu me vienne en aide car je vais manger l’une de ces capsules de lessive multicolores». L’aspect appétissant des dosettes a ensuite fait l’objet de nombreuses blagues sur le web, au point de donner envie à certain·es de les gober comme des sucreries.

«Ils ne réalisent pas les risques qu’ils encourent. Mais c’est surtout l’envie d’être viral sur les réseaux sociaux qui les pousse vers ce type de comportement», soupire Kelly Johnson-Arbor.

Pourtant, bien avant la naissance d’internet, certains gloutons jouaient déjà les kamikazes gastronomiques en ingérant des produits pas franchement recommandables. Mais eux faisaient ça pour le bien public, sacrifiant leurs estomacs au service des nôtres, en goûtant un à un tous les composés chimiques utilisés dans l’industrie alimentaire américaine. Devenus de véritables célébrités, ces cobayes un peu claqués se faisaient appeler la «Poison Squad» [la Brigade antipoison en français] et ne rechignaient pas à finir leur bol de soupe. Même quand celui-ci était rempli d’acide.

Cuisine moléculaire

À la fin du XIXe siècle, la nourriture industrielle est un vrai danger public. Le lait et la viande sont conservés grâce au formaldéhyde, un composé organique servant à embaumer les cadavres. Les légumes en conserve sont régulièrement bourrés de sulfate de cuivre, un produit ayant longtemps joué le rôle de désherbant. Enfin, pour en stopper la fermentation, le vin et la bière reçoivent des doses d’acide salicylique, utilisé aussi en pharmacie pour soigner les verrues.

«Selon certaines estimations, rien qu’à New York, des milliers d’enfants sont morts à cause de lait ayant été chimiquement modifié. À l’époque, presque 100% des denrées alimentaires contenaient des conservateurs», relate Deborah Blum, journaliste scientifique et autrice de The Poison Squad.

Nous sommes alors en pleine période de l’industrialisation des États-Unis et contrairement à certains pays d’Europe, aucune loi n’encadre les entreprises commercialisant de la nourriture. Il est donc tout à fait légal de modifier chimiquement un produit pour changer son goût, sa couleur ou sa date de péremption, quitte à abuser de substances chimiques dont les effets sur le corps humain sont encore inconnus.

«Monsieur, j’ai un estomac qui peut tout supporter. Il va vous étonner»

Un volontaire à l’expérience

Une situation qui ne plaît pas du tout à Harvey W. Wiley, chimiste en chef depuis 1883 au département de l’Agriculture du gouvernement américain. Il tente d’abord de prévenir les autorités qui ne semblent pas vraiment préoccupées par la situation.

«Wiley voyait bien que les Américains étaient en danger, mais il ne pouvait pas changer les choses en étant juste un gentil chimiste qui publie des rapports que personne ne lit, explique Deborah Blum. Il a donc décidé d’utiliser une méthode plus radicale.»

En 1901, il réussit à convaincre le Congrès américain de financer une expérience qu’il nomme «Les procès de la table hygiénique». Le principe est de réunir autour d’une table une équipe de cobayes. La moitié d’entre eux dégustera matin, midi et soir des plats parfaitement sains, sans le moindre additif chimique, cuisinés pour eux par un chef. Sans le savoir, l’autre moitié mangera la même chose, augmentée d’une dose plus ou moins forte d’un produit chimique à tester. Par mesure de sécurité, les rôles s’inverseront tous les quinze jours, sous l’œil attentif du savant fou Wiley.

Durs à cuire

Pour trouver des volontaires à cette étude hors norme, Wiley poste une annonce expliquant son expérience et promettant trois copieux repas par jour. Dans la perspective d’économiser un peu d’argent sur leurs dépenses alimentaires, une douzaine de candidats ne tarde pas à se manifester, parfois même avec un peu de fanfaronnade

. «Monsieur, j’ai un estomac qui peut tout supporter. Il va vous étonner», écrit l’un des volontaires dans sa lettre de réponse à l’annonce.

Harvey Wiley fait aussi construire un restaurant dans les sous-sols du département de l’Agriculture. Au-dessus de la salle à manger, les cobayes y font poser une plaque sur laquelle on peut lire:

«Seuls les braves osent manger la nourriture». Selon Deborah Blum, «la vérité est que même s’ils avaient été prévenus, les volontaires ne se rendaient pas bien compte de ce qui les attendait. Ils se voyaient comme des explorateurs en croisade».

De quoi séduire les journalistes du Washington Post qui décident rapidement de rebaptiser la folle équipe du nom de Poison Squad. Même s’il ne touche pas aux préparations toxiques de son cuisinier, Harvey Wiley a droit, quant à lui, au charmant surnom de Old Borax. Aux quatre coins des États-Unis, on commence alors à s’enflammer pour ces héros prêts à s’empoisonner pour sauver le reste du pays.

La Poison Squad | The U.S. Food and Drug Administration via Flickr

D’autant plus que, pour attirer l’attention, Harvey Wiley s’amuse à envoyer de faux menus à la presse: huîtres sauce formol, hors-d’œuvre à l’acide benzoïque, liqueur de tête de mort et coupe-faim à la Roland B. Molineux, du nom d’un meurtrier de l’époque ayant empoisonné deux victimes. La stratégie d’Old Borax fonctionne à merveille et l’opinion publique se passionne pour l’expérience en cours. L’écrivain S.W. Gillilan leur écrit par exemple un poème resté célèbre:

Nous brisons notre jeûne à l’acide prussique
Nous déjeunons au ragoût de morphine
Nous dînons avec des consommés de têtes d’allumettes
Nous buvons de l’acide phénique
Nous sommes immunisés contre la mort et nous en sommes fiers
Hourra pour la Poison Squad!

En parallèle, le comédien Lew Dockstater, dont les spectacles de ménestrel connaissent un succès national, popularise un hymne à la gloire des cobayes de Wiley. Le refrain est repris dans tout le pays:

«Ils s’en remettront peut-être, mais ils ne seront plus jamais les mêmes». Blurp.

Accord écœuré

Malgré cette gloire soudaine, les membres de la Poison Squad déchantent vite en découvrant les effets des produits qu’ils ingèrent. Après avoir testé le borax (acide borique) suivi de l’acide salicylique à des doses de plus en plus élevées, la moitié des volontaires empoisonnés doivent mettre un terme à l’expérience avant la fin. Ils n’ont plus d’appétit, dépriment et sont en proie à de violentes nausées suivies de vomissements. Parfois, ils n’arrivent même plus à se lever le matin. Même constat après les séances de dégustation à hautes doses d’autres produits fréquemment utilisés par l’industrie alimentaire comme le dioxyde de soufre ou le benzoate de sodium.

«Le résultat de cette expérience montre qu’une grande partie de ces additifs sont mortels et qu’ils causent de graves inflammations du tube digestif», conclut le Times après avoir eu accès au rapport de plus 500 pages publié par Harvey Wiley.

Mais si ce test grandeur nature est un succès, un point assombrit tout de même le tableau. Deborah Blum revient sur les limites de ce travail:

«Après l’expérience, les membres de la Poison Squad ont tous mis un peu de temps à s’en remettre. Le problème est qu’il n’y a pas eu de suivi de leur état de santé sur le long terme. L’un d’entre eux est mort quelques années plus tard des suites d’une tuberculose. Dans les médias, sa famille a soupçonné Wiley d’avoir affaibli ses défenses immunitaires avec son expérience».

Difficile de savoir si ces accusations sont avérées ou si elles ont été lancées par les nombreux lobbies de l’industrie alimentaires très remontés contre Wiley. Une chose est sûre: les casse-cou de la Poison Squad ne se sont pas intoxiqués pour rien. En 1906, grâce à ces nouvelles trouvailles, la signature du Pure Food and Drug Act marque la mise en place d’un cadre pour la sécurité sanitaire des aliments produits aux États-Unis.

Aussi appelée Wiley Act, cette loi fédérale a quelque chose de novateur. Pour la première fois dans l’histoire du pays, le gouvernement s’engage à protéger les consommateurs. En matière de régulation, tout le reste suivra. Malgré son licenciement quelques années plus tard par le département de l’Agriculture qui n’apprécie guère son refus du moindre compromis avec l’industrie alimentaire, Harvey Wiley a donc gagné la bataille. Au moins jusqu’à l’invention des dosettes de lessive.

http://www.slate.fr/