Le Saviez-Vous ► Quelle est l’origine surprenante de l’arobase ?


L’arobase est essentiel pour envoyer des courriels. Son origine ne date pas d’hier. D’abord utiliser par les moines avant l’imprimerie, puis par des commerçants pour finir sur notre clavier d’ordinateur, tablette, téléphone.
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Quelle est l’origine surprenante de l’arobase ?

 

Si l’utilisation de ce signe fut démocratisé par Ray Tomlison, cet ingénieur américain qui en 1971 inventa l’email en choisissant d’utiliser le raccourci SHIFT + P pour insérer ce signe, ce petit caractère a une origine bien plus ancienne !

Avant l’apparition de l’imprimerie, donc avant le milieu du 15e siècle, les moines copistes avaient pour tâche de reproduire à la main les ouvrages religieux. Pour cela ils devaient être rapides. Pour être encore plus efficace sils avaient plusieurs techniques. Parmi elles, celle de l’arobase. Vous allez comprendre.

Ils fusionnèrent par ligature, la lettre “a” et la lettre “d”, le “ad” latin qui signifie ‘‘à” ou ‘‘vers” en français. Ce que nous voyons comme un rond autour du a est donc en réalité un d. Et il semblerait que ce caractère remonte au 6e siecle.

Il est donc tout a fait logique qu’on le retrouve bien plus tard, au 19e siècle aux Etats Unis, utilisé par les commerçants pour indiquer le prix de leurs marchandises. On pouvait ainsi lire sur les étiquettes: “2 bottles @ $1”. Ce qui explique qu’un peu plus tard il figure sur les machines à écrire, afin que les commerçants puissent là encore l’utiliser. Et ensuite naturellement sur les claviers des ordinateurs. Et compte tenu de sa signification originelle, “à” ou “vers” ou “chez”, il est parfaitement logique, que l’arobase figure dans les adresses emails. Quand vous envoyez un email à laurent@gmail.com vous envoyez bien un email à laurent chez gmail.

Reste à se prononcer sur le mot lui-même. Pourquoi dit-on «arobase»? Ce point ne fait pas consensus. Je vous livre les deux hypothèses le plus souvent citées.

On dit d’abord qu’il s’agirait d’une déformation récente du castillan arroba(s) (en français arrobe), qui est une unité de mesure de poids et de capacité, utilisée en Espagne et au Portugal au 11e siècle.

Mais d’autres pensent plutôt qu’il s’agit de la contraction du terme typographique « a rond bas » (bas pour bas-de-casse), datant des débuts de l’imprimerie.

https://www.chosesasavoir.com/

Le Saviez-Vous ►Les fausses informations ne sont pas nouvelles: elles ont conduit des juifs au bûcher au XVe siècle


2016 à été l’année qu’on a prise conscience que les fausses informations sur les réseaux sociaux ont marqué l’histoire. Avec l’invention de l’imprimerie, les rumeurs ont occasionné de nombreux meurtres d’innocents, Quoique cela a toujours existé que des gens préfèrent croire à des rumeurs et accusés des personnes, des ethnies que de chercher le fond des choses. Et c’est encore plus vrai aujourd’hui
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Les fausses informations ne sont pas nouvelles: elles ont conduit des juifs au bûcher au XVe siècle

 

Une illustration du sacrifice de Saint-Simon, une fausse information selon laquelle des juifs auraient bu le sang d'un bébé chrétien | Hartmann Schedel's Weltchronik, 1493

Une illustration du sacrifice de Saint-Simon, une fausse information selon laquelle des juifs auraient bu le sang d’un bébé chrétien | Hartmann Schedel’s Weltchronik, 1493

Repéré par Emeline Amétis

L’histoire du meurtre de Saint-Simon est une fausse information qui a conduit à l’assassinat de nombreux juifs au XVe siècle.

Vous pensez le problème des fausses informations récent? Qu’il est en partie dû aux réseaux sociaux? Détrompez-vous, il existe depuis l’invention de l’imprimerie par Johannes Gutenberg en 1439, rapporte Politico Magazine.

Dejà en 1475, les fausses informations avaient des conséquences tragiques. Cette année-là en Italie, un enfant de 2 ans et demi est porté disparu dans la province de Trente. Le jour du dimanche de Pâques, le prêtre franscicain Bernardin de Feltre fait de cette disparition le sujet de son prêche: pour lui, c’est sûr, c’est la communauté juive qui a commandé le meurtre du petit Simonino pour célébrer la Pâque juive en buvant son sang. La rumeur se diffuse. Le prêtre en rajoute en clamant à qui veut l’entendre que le corps du petit garçon a été retrouvé dans la cave d’une famille juive. Le prince-évêque de la province, Johannes IV Hinderbach, prend alors la décision de faire arrêter et torturer tous les juifs de Trente. Quinze d’entre eux ont été jugés coupables et brûlés au bûcher.

«Cette histoire a inspiré des communautés environnantes à commettre des atrocités similaires», raconte Politico.

Une ferveur antisémite impossible à contrer

Si la papauté a reconnu que les accusations de Bernardin de Feltre étaient fausses, le prince-évêque, se sentant menacé, a continué à propager de fausses informations au sujet des juifs «buveurs de sang d’enfants chrétiens». Pour s’attirer la faveur du peuple, Johannes IV Hinderbach a canonisé le petit Simonino, devenu Saint-Simon, en lui attribuant des centaines de miracles.

La ferveur populaire pour ces thèses antisémites rendait l’intervention de la papauté impossible.

 «Aujourd’hui, ces fausses histoires de juifs « buveurs de sang » —qui remontent au XIIe siècle— sont reconnues comme faisant partie des fondements de l’antisémitisme par les historiens», souligne Politico.

La propagande nazie s’est d’ailleurs servi de ces rumeurs du XVe siècle.

«Ce qui est sans doute le plus terrifiant, c’est de constater la longévité et la puissance des fausses informations», regrette le site d’information. «Un site antisémite clame toujours que ces histoires de juifs « buveurs de sang » sont vraies. Certaines fausses informations ne meurent jamais.»

http://www.slate.fr/

Le Saviez-Vous ► Alde Manuce, imprimeur vénitien du XVIe siècle, a été le Steve Jobs de la Renaissance


Les débuts de la création des livres a suivi une route de changement pour rendre plus accessible à tous ceux qui savaient lire à la fin du XVe siècle, est semblable aux changements des journaux et livres en papiers via la tablette, le téléphone
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Alde Manuce, imprimeur vénitien du XVIe siècle, a été le Steve Jobs de la Renaissance

 

Les Odes d'Horace imprimées par Alde Manuce | via Wikimedia Commons (domaine public)

Les Odes d’Horace imprimées par Alde Manuce | via Wikimedia Commons (domaine public)

Nonfiction et Catherine Kikuchi

L’in-octavo, «livre de poche» de la Renaissance, a révolutionné les modes de lecture et d’écriture: on pouvait finalement emporter les livres au boulot… Événement tout aussi révolutionnaire que le passage au numérique.

En février 1455 était achevée la Bible de Gutenberg, le premier livre imprimé avec des caractères amovibles. Soixante ans après, en février 1515, mourait Alde Manuce, un des plus grands imprimeurs de la Renaissance. Au cours de cette période, l’imprimerie avait été implantée partout en Europe; on trouvait des livres produits par cette méthode dans toutes les villes, dans toutes les cours. Si certains intellectuels de la fin du XVe siècle ont été réticents à accepter la nouvelle technologie, la plupart l’ont accueillie comme un don de Dieu qui permettait la large diffusion des lettres et des connaissances.

Peut-être est-il nécessaire de se rappeler ces grandes figures du développement de l’imprimerie à une époque où le livre perd de son importance face à de nouveaux modes de lecture. Il ne s’agit certainement pas de le déplorer –ce site montre tous les usages féconds que l’on peut faire du numérique pour la diffusion de l’écrit!– mais davantage de se rappeler les évolutions dont le numérique lui-même est tributaire.

Alde Manuce, imprimeur élitiste

Alde Manuce, imprimeur et éditeur vénitien de la fin du XVe siècle, vivait lui aussi une époque de changements. Ce n’était pas un génie isolé, mais quelqu’un qui a su s’entourer des bonnes personnes pour faire fonctionner son entreprise éditoriale: l’édition et la diffusion des classiques grecs et latins. Alde était un humaniste avant toute chose, c’est-à-dire quelqu’un qui croyait au renouveau des lettres antiques et aux leçons que les hommes devaient en tirer. L’imprimerie était pour lui l’instrument par excellence de cette renaissance.

Pourtant, ce n’était pas un révolutionnaire. Les livres d’Alde étaient assez chers par rapport aux autres livres imprimés; ils étaient destinés à un public de connaisseurs lisant les classiques dans leur langue originale; il ne s’encombrait pas de production populaire ou de diffusion courante. Non, lui, ce qu’il voulait diffuser, c’était Aristote en grec, Ovide, Platon, ou des œuvres italiennes contemporaines hermétiques. Il a certainement fait beaucoup pour la diffusion des lettres dans une certaine élite intellectuelle européenne; mais en cela, il ne faisait finalement qu’exploiter une invention qui servait ses idéaux, sans la modifier en profondeur.

L’invention du «livre de poche» médiéval 

C’est dans le support même qu’il a réussi à innover. Les imprimeurs souffraient dans les premières années d’un sérieux complexe d’infériorité par rapport aux copistes: les manuscrits étaient des objets de luxe, personnalisés, avec des reliures et des enluminures qui en faisaient des œuvres d’art autant que des objets de savoir; les imprimés par contre étaient souvent perçus comme une production de masse bas-de-gamme, que certains collectionneurs méprisaient. C’est pourquoi les premiers livres imprimés ont cherché à copier le modèle manuscrit pour devenir des sortes de «manuscrits imprimés»: la mise en page était la même, les caractères étaient copiés d’écritures manuscrites, on laissait de la place pour des miniatures,… Or, Alde est l’un des premiers à avoir adopté des modèles de livres qui s’adaptent véritablement à l’imprimé, sans vouloir à tout prix copier les modèles existants. Il a produit de façon systématique de petits formats, les in-octavo, précurseurs des «Folio» ou «Livre de poche» actuels; il a adapté l’écriture à ces nouveaux formats; la mise en page était bien plus aérée… Tout était fait pour faciliter l’utilisation et la lecture

Finalement, l’’idée était de faire du livre imprimé un outil d’étude courant pour les lettrés qui les achetaient; cette évolution était rendue possible par la baisse significative de prix par rapport au livre manuscrit: l’imprimé restait un objet cher, mais ce n’était plus un objet de luxe, apanage seulement des plus riches. Les petits formats étaient destinés à un public d’administrateurs, qui ne pouvaient pas rester toute la journée dans le secret de leur propre cabinet, et devaient donc pouvoir transporter leurs livres, afin de méditer sur Platon entre deux écritures de chancellerie. Les caractères comme la mise en page ont dû s’adapter à ce nouveau format. De plus, la mise en page aérée permettait toujours la prise de note dans les marges et donc la personnalisation de ces volumes: des livres humanistes créés par un imprimeur humaniste, qui comprenait les besoins de ce nouveau marché.

Aujourd’hui, le numérique 

Repensons à la manière dont l’écriture s’est adaptée au numérique. Au début, les journaux ont cherché à rendre la lecture de leurs articles sur internet le plus proche possible d’une lecture «papier»; les numéros sont toujours disponibles en version pdf pour les lire comme si on l’avait entre nos mains; les liseuses également cherchent à reproduire l’expérience du livre traditionnel. Pourtant de nouveaux modes d’édition électronique apparaissent progressivement: on adapte la mise en page, on utilise des renvois, des liens hypertextes pour exploiter les possibilités d’internet… les habitudes de lecture et d’écriture s’adaptent. Les textes mis en ligne ou en format numérique ne sont plus de simples copies des pages imprimées. On ne lit plus son journal en prenant son café au petit-déjeuner, mais dans le métro; les éditeurs doivent donc s’adapter à une lecture plus rapide, une lecture sur des écrans d’ordinateur, de tablettes ou de téléphones portables, avec des écrans petits et tactiles. Tous ces changements qui nous rappellent singulièrement les changements progressifs des premiers temps de l’imprimerie.

Nouveau support, nouvelle manière de lire (et d’écrire)

La notoriété d’Alde Manuce en tant qu’humaniste et en tant qu’éditeur lui a permis de généraliser les changements de format, d’écriture et de mise en page qui lui semblaient les plus aptes à aider l’étude des lettrés de son temps. Il a de fait étendu certaines habitudes à l’ensemble de l’industrie du livre, en exploitant les transformations techniques et technologiques de son temps.

Bien sûr, tout ne s’est pas fait en un jour. Il restait des personnes attachées au manuscrit, comme il reste toujours des personnes aujourd’hui attachées au livre «papier». Il ne s’agit pas d’effacer l’un au profit de l’autre, mais de lire les uns à la lumière des autres.

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Le Saviez-Vous ► Pourquoi les livres ont-ils des pages numérotées?


C’est un peu l’histoire de l’imprimerie, tout en ajoutant l’avènement de la pagination du livre qui fut une révolution. Mais aujourd’hui, les choses changent ! Les livres, revues, journaux, devoirs sont rédigés et, ou lu sur un ordinateur. La pagination n’a plus la même importance qu’avant
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Pourquoi les livres ont-ils des pages numérotées?

 

Yellowed pages / Horia Varlan via FlickrCC License by / modifié par Slate.fr

L’imprimerie a révolutionné la lecture, le numérique est aussi en train de le faire.

Ouvrez n’importe quel livre occidental et vous constaterez que l’une des premières pages de droite arbore le titre, le nom de l’auteur et le nom de l’éditeur, et parfois le lieu et la date de publication de l’ouvrage.

Il n’en a pas toujours été ainsi.

De la page blanche à la table des matières

Regardez des manuscrits datant de l’époque antérieure à l’imprimerie et vous verrez que les raffinements comme le titre ou le nom de l’auteur n’apparaissent nulle part (la question de l’éditeur ne se posant naturellement pas). La production de parchemin nécessitait énormément de travail et il n’était pas question de gaspiller ces précieux feuillets. Le texte débutait sur la première page, toujours du côté droit. Si vous vouliez savoir de quoi parlait le livre, il fallait le lire.

L’avènement de l’imprimerie (et l’utilisation de plus en plus répandue du papier, moins cher que la peau d’animal) donna naissance à une idée nouvelle.

Comme cette première page de texte avait tendance à se salir, les imprimeurs introduisirent une feuille en plus pour qu’elle reste propre. Mais pourquoi gaspiller du papier? A la fin des années 1470, les imprimeurs avaient commencé à placer des informations utiles comme le titre, le nom de l’auteur et celui de l’éditeur, sur la nouvelle première page, le recto (l’arrière –ou verso–trouverait à terme une utilité lui aussi). A la fin du XVe siècle, presque tous les livres imprimés avaient des pages de titre.

Naturalis Historia, édition de 1669. Le titre latin apparaît au génitif : Naturalis Historiæ

Autre outil permettant de s’orienter dans un texte: la table des matières. Les premières semblent remonter à Pline l’Ancien, dont la formidable Naturalis Historia(Histoire naturelle) parut peu de temps avant sa mort en 79. La table des matières de Pline contenait de courtes descriptions des sujets abordés dans chacun des 37 «livres» (c’est-à-dire sections) qui suivaient, coutume qui persista dans les tables des matières occidentales jusqu’au XIXe siècle.

Pour profiter de cette liste, il te faut d’abord apprendre l’alphabet, c’est-à-dire, l’ordre des lettres telles qu’elles se présentent, avec (b) près du début, (n) à peu près au milieu et (t) vers la fin.

Le premier dictionnaire anglais

Un des mes exemples préférés figure dans The First Part of the Elementarie Vvhich Entreateth Chefelie of the Right Writing of Our English Tung [Première partie des rudiments qui entretiennent principalement de la bonne écriture de notre langue anglaise] de Richard Mulcaster –en d’autres termes, une grammaire anglaise– publiée à Londres en 1582. Les titres de chapitres comprennent (cette fois en anglais moderne)

«That this five branched Elementarie is warranted by general authority of all the greatest writers and the best commonweals» [Que ces rudiments en cinq parties sont garantis par l’autorité générale de tous les plus grands auteurs et pour le plus grand bien commun]

et

«That this Elementarie seasons the young minds with the very best and sweetest liquor» [Que ces rudiments abreuvent les jeunes esprits avec les liqueurs les meilleures et les plus douces].

Et qu’en est-il des index, moyen souvent bien plus rapide de trouver ce que l’on cherche? Ils ne sont pas apparus sous une forme qui nous serait familière avant le développement de l’imprimerie. Notamment parce qu’avant le passage des rouleaux aux manuscrits, la nature continue du livre offrait peu de points de repère auxquels se référer.

Il fallait en outre un outil organisationnel pour les agencer. Il semble que l’ordre alphabétique ait été inventé au troisième siècle avant Jésus-Christ, probablement à Alexandrie par Callimaque de Cyrène, pour classer les ouvrages de la Grande bibliothèque (dont on estime qu’elle contenait plus d’un demi-million de rouleaux). Cependant, cette technique n’atteignit pas l’Europe occidentale avant plusieurs siècles. En 1604, Robert Cawdrey ressentait encore le besoin de conseiller les lecteurs de sa Table Alphabeticall, le premier dictionnaire anglais, que:

to profit by this Table (…) then thou must learne the Alphabet, to wit, the order of the letters as they stand, (…) as (b) neere the beginning, (n) about the middest, and (t) toward the end. [Pour profiter de cette liste (…) il te faut d’abord apprendre l’alphabet, c’est-à-dire, l’ordre des lettres telles qu’elles se présentent, (…) avec (b) près du début, (n) à peu près au milieu et (t) vers la fin.]

Mais la troisième raison expliquant l’absence des index était l’absence généralisée de numéros de pages: même avec un index classé par ordre alphabétique, à quoi aurait-il bien pu renvoyer?

Numéroter a d’abord aidé ceux qui faisaient les livres

La numérotation des pages naquit non pas en tant qu’outil pour les lecteurs mais que guide à l’usage de ceux qui produisaient physiquement des livres.

Dans des manuscrits latins copiés dans les îles britanniques à une époque aussi reculée que le VIIIe ou IXe siècle, la numérotation était parfois utilisée pour s’assurer que les feuilles de parchemin seraient collées dans le bon ordre. Dans certains cas, les chiffres apparaissaient à la fois au recto et au verso, mais d’autres fois un seul côté de la page était numéroté. La numérotation était fort peu usitée. On a estimé que vers 1450 –juste avant la naissance de l’imprimerie en Occident– moins de 10% des livres manuscrits contenaient une pagination.

Cinquante ans plus tard, la proportion des ouvrages paginés, imprimés désormais, était bien plus élevée. Ce changement reflétait notamment le nouveau rôle des numéros de pages. Plutôt que de n’être réduits qu’à la fonction d’outils permettant de compiler les feuilles dans le bon ordre, dans les années 1510, les savants commencèrent à s’en servir à l’intérieur de leurs propres textes pour se référer aux pages d’autres volumes imprimés.

Depuis le début du XVIe siècle, les lecteurs se fient aux numéros de pages pour se retrouver dans les livres. Mais avec la progression des technologies numériques, l’attrait de l’accès aléatoire au contenu pourrait finir par avoir raison de la pagination.

Et aujourd’hui?

Il y a une dizaine d’années, j’ai commencé à remarquer un changement dans l’attitude de mes étudiants vis-à-vis des numéros de page: la plupart n’en inséraient plus dans leurs devoirs, quelles que soient les requêtes explicites ou les menaces dont je pouvais les accabler. Oui, je savais que les numéros de page ne sont pas insérés par défaut dans Microsoft Word. Mais mes étudiants s’y connaissaient plutôt bien en traitement de texte. Alors que se passait-il?

Tout comme l’apparition de l’imprimerie au milieu du XVe siècle changea les habitudes de lecture, le concept de lecture est peut-être en train d’être redéfini

Voici ce que j’ai déduit.

Etant donné que l’expérience de lecture des étudiants se résume principalement à des écrans, numéroter les pages de documents numériques (dans ce cas, le devoir que je leur avais demandé de rédiger) leur semblait dépourvu du moindre intérêt. Lorsqu’on lit un journal sur Internet, il n’y a pas de numéro de page, et les journaux sont bien plus lus en ligne qu’en version papier –surtout dans cette tranche d’âge.

Les documents propres à Internet sont dans leur grande majorité dépourvus de pagination, et les numéros de page sur les liseuses n’ont aucun rapport avec leurs homologues imprimés.

Vu que les devoirs en question ont été créés sur ordinateur –et parfois soumis sous forme électronique– si moi, le lecteur, je veux retrouver un mot ou un passage dans les textes de mes étudiants, je n’ai qu’à utiliser la fonction «rechercher» et non revenir à la convention apparemment archaïque de la pagination (en tout cas il semblerait que ce soit ce que la logique impose).

Tout comme l’apparition de l’imprimerie au milieu du XVe siècle changea les habitudes de lecture, le concept de lecture est peut-être en train d’être redéfini et de passer d’une activité linéaire (continue) à un processus à accès aléatoire (ce que j’appelle la lecture en maraude) maintenant que la fonction rechercher nous permet de naviguer dans nos lectures sur écran.

Enfin, une confession.

Dans ma propre expérience professionnelle d’écriture, je suis régulièrement confronté à un dilemme: dois-je dépenser l’énergie nécessaire à retrouver le folio original des articles de journaux et de magazines, imprimés à l’origine, auxquels j’ai accédé en ligne (la plupart des sites Internet n’indiquant pas la pagination) ou lâcher l’affaire? C’est généralement cette dernière approche que j’adopte. Ma justification: à l’ère d’Internet, les conventions bibliographiques ont changé.

Adapté de Words Onscreen: The Fate of Reading in a Digital World par Naomi S. Baron avec l’autorisation d’Oxford University Press. Copyright © 2015 Naomi S. Baron.

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Japon: un livre minuscule, illisible à l’oeil nu


Je peux comprendre que certains sentent le besoin de battre des records mais je me demande si cela vaut la peine comme ce micro livre de perdre du temps pour cela .. De toute façon, il ne sert pas a être lu mais a être exposé .. quel intérêt
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Japon: un livre minuscule, illisible à l’oeil nu

Le livre minuscule "Fleurs de saiso", comparé à la taille d'un chat d'aiguille, le 13 mars 2013 à Tokyo

Toppan Printing/AFP

L’un des plus grands imprimeurs japonais, Toppan Printing, a présenté mercredi un livre minuscule illustré, intitulé « Fleurs de saison », dont les caractères sont si microscopiques qu’ils sont illisibles à l’oeil nu.

Chacune des 22 pages carrées de cet ouvrage miniature ne dépassent pas 0,75 mm de côté, contre 0,90 mm pour le micro-livre russe actuellement reconnu comme le plus petit du monde par le Guinness des records.

« Les caractères minuscules et les illustrations de fleurs sont parfaitement imprimés et l’on peut les voir avec une loupe », a précisé l’imprimeur Toppan dans un communiqué.

« Les caractères mélangent les deux syllabaires japonais (hiragana et katakana), les idéogrammes (kanji) et l’alphabet », précise encore Toppan qui a exploité pour ce faire des technologies de pointe utilisées pour l’impression de titres financiers.

Toppan, qui a commencé à fabriquer des « micro-livres » en 1964, avait déjà détenu la palme de champion du monde de cette spécialité en 2000 avec un ouvrage de 0,95 mm de côté.

Son nouvel ouvrage lilliputien est en vente dans le Musée de l’imprimerie géré par Toppan, pour 29.400 yens pièce (235 euros), accompagné d’une loupe et d’une version agrandie.

© 2013 AFP

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