Cruciaux pour Trump, les sénateurs républicains fidèles… mais distants


Il semble que Donald Trump parle d’un risque d’accusation sachant que les républicains se font plus silencieux pour le défendre. Même si 2 de ces républicains ont dit tout haut qu’il était inadmissible les demandes d’aide étrangères pour des enquêtes sur un candidat démocrate. Cependant, il faudrait au moins 20 républicains pour arriver à des accusations et l’argent pour Donald Trump en vue de sa réélection risque d’être un moyen pour faire taire les langues.
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Cruciaux pour Trump, les sénateurs républicains fidèles… mais distants


PHOTO KEVIN LAMARQUE, REUTERS

Donald Trump et Joni Ernst

Ils détiennent la clé de l’avenir politique de Donald Trump, menacé par une procédure de destitution : malgré de (très) rares voix critiques, les sénateurs républicains semblent encore garantir la survie du président américain. Mais leur soutien se fait cette fois plutôt discret, parfois même embarrassé.

ELODIE CUZIN
AGENCE FRANCE-PRESSE

C’est en visite dans leurs circonscriptions que les sénateurs, en pleines vacances parlementaires, ont été surpris par les derniers rebondissements en date de l’affaire ukrainienne, qui a précipité l’ouverture par les démocrates de cette procédure explosive. 

« Vous restez là, silencieuse, et votre silence le soutient », a lancé, sous les applaudissements, une électrice à la sénatrice républicaine Joni Ernst lors d’une réunion publique, jeudi dans son État de l’Iowa.

« Je ne peux pas parler pour lui », a répondu la sénatrice, assise, l’air grave. « Mais vous pouvez parler pour vous-même », l’interrompt la jeune femme, sur une vidéo du Washington Post. « Quand allez-vous dire “Assez” ? »

Plongé dans la tourmente, car les démocrates le soupçonnent d’avoir fait pression sur le président ukrainien pour qu’il enquête sur Joe Biden, son possible rival à la présidentielle en 2020, Donald Trump avait un peu plus tôt, suggéré, provocateur, que la Chine enquête à son tour sur l’ancien vice-président américain. 

Interrogée par l’électrice sur cette déclaration-choc, la sénatrice Ernst a détourné la conversation avec une allusion aux allégations – jusqu’ici non étayées – de corruption en Chine et en Ukraine que répète à l’envi le président contre la famille Biden. 

« La corruption, peu importe où elle se passe, doit être combattue partout ». 

Une ligne de contre-offensive largement reprise par les républicains, qui utilisent parfois les mêmes éléments de langage dans leurs réponses ces derniers jours. 

Mais lorsqu’il s’agit de défendre fermement le président américain, les commentaires se font plus évasifs. 

Fidèle allié du milliardaire aux salves souvent spectaculaires pour le défendre, le sénateur Lindsey Graham a déclaré jeudi au Washington Post qu’il ne soutenait pas la demande d’aide à la Chine de M. Trump. 

« Le président se défend », a-t-il poursuivi plutôt timidement. « Il sent que tout le monde cherche à l’avoir tout le temps alors qu’il n’a rien fait de mal ».

Trump met en garde

Dans une procédure de destitution aux États-Unis, la Chambre des représentants doit d’abord voter une mise en accusation (« impeachment »), avant que le Sénat ne mène le « procès » sur la base de cette « inculpation ».

Compte tenu de la solide majorité démocrate à la Chambre, Donald Trump a reconnu publiquement vendredi qu’il risquait bien d’être mis en accusation… Puis il a lancé une menace à peine voilée aux sénateurs républicains qui seraient tentés de faire défection. 

« J’ai un taux de popularité de 95 % au sein du parti républicain », a-t-il souligné, alors que plusieurs joueront leur réélection en 2020.

Or l’ire du président aux 65 millions d’abonnés sur Twitter est restée gravée dans la mémoire de plus d’un ex-candidat républicain vaincu après avoir été la cible de ses critiques.

Des voix, pourtant, se risquent à le défier

« L’appel éhonté et inédit du président à la Chine et à l’Ukraine pour qu’elles enquêtent sur Joe Biden est condamnable et épouvantable », a tonné l’ex-candidat républicain à la présidentielle Mitt Romney, élu au Sénat avec une large majorité en 2018.

Prenant plus de risques, car il jouera lui son siège en 2020, Ben Sasse, autre sénateur républicain régulièrement critique de l’homme d’affaires, est aussi entré dans l’arène :

« Attendez un peu : les Américains ne cherchent pas la vérité auprès des cocos (communistes, NDLR) chinois », a-t-il lancé dans les pages du Omaha World-Herald. 

Mais pour que le milliardaire new-yorkais soit destitué, les démocrates devraient convaincre au moins 20 sénateurs républicains de voter avec eux, sans aucune défection de leur côté. Une éventualité qui apparaît encore très improbable. 

Habile stratège, le chef de la majorité républicaine au Sénat Mitch McConnell s’est en tout cas saisi de cette perspective pour se poser en rempart protégeant Donald Trump… et jouer sur sa popularité pour appeler aux dons afin de financer sa propre campagne de réélection. 

« Vous connaissez tous votre Constitution. La façon d’arrêter l’“impeachment”, c’est avec une majorité républicaine, et moi comme chef de la majorité », a-t-il lancé dans un spot publié sur Facebook jeudi. « Mais j’ai besoin de votre aide. Merci de contribuer avant la date limite ». 


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Menacé de destitution, Trump franchit un nouveau cap dans la provocation



Moi qui me plains des élections au Canada que c’est des chicaneries de cours d’école. Aux États-Unis, ils ne sont pas vraiment en période d’élections, mais bon. Je trouve quand même curieux ce que Donald Trump peut énoncer. La procédure de destitution a été déclencher suite a un appel au gouvernement de l’Ukraine pour faire une enquête sur Joe Biden et son fils, alors pourquoi en remettre en disant qu’il pourrait demander à la Chine d’en faire autant ? Il fait exprès ou quoi ? Malheureusement pour Joe Biden qui sera dans la course pour la présidence est quand même écorché par Donald Trump qu’il est raison ou tort. Je ne sais pas moi, mais être républicain, j’aurais des maux de tête  à voir Donald Trump agir de la sorte et je voudrais qu’on puisse limiter les dégâts en lui montrant la porte.
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Menacé de destitution, Trump franchit un nouveau cap dans la provocation

PHOTO AFP

Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping se sont rencontrés lors du sommet du G20 à Osaka, en juin dernier.

(Washington) Après Kiev, Pékin. Menacé par une procédure de destitution, Donald Trump a ouvertement suggéré jeudi que la Chine enquête sur son rival Joe Biden, provoquant l’indignation des démocrates qui l’accusent de chercher « encore une fois » l’aide d’une puissance étrangère pour influencer la présidentielle américaine.

CHARLOTTE PLANTIVE
AGENCE FRANCE-PRESSE

L’enquête menée par les démocrates est entrée dans le vif du sujet jeudi, avec la longue audition à huis clos d’un premier témoin clé au Congrès.

Le président américain est sous la menace d’une mise en accusation (« impeachment ») parce qu’il a demandé à son homologue ukrainien de l’aider à rassembler des informations compromettantes sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l’affronter lors de la présidentielle de 2020.

Martelant que son échange avec Volodymyr Zelensky était « parfait », Donald Trump a franchi un nouveau cap jeudi en déclarant qu’il pourrait « assurément » formuler la même demande auprès du président chinois. 

Le milliardaire républicain répète à l’envi que Joe Biden et son fils Hunter ont « arnaqué la Chine et l’Ukraine ».

« La Chine devrait lancer une enquête sur les Biden parce que ce qui s’est passé en Chine est tout aussi grave que ce qui s’est passé en Ukraine », a-t-il insisté jeudi. 

« Monsieur le président, vous ne pouvez pas extorquer des gouvernements étrangers pour vous aider à être réélu », a réagi le premier intéressé, Joe Biden, sur Twitter. « Je sais que vous voulez truquer la primaire (démocrate, NDLR) et choisir votre rival, mais je ne vais ne vais pas bouger d’ici », a poursuivi l’ancien vice-président américain.

Ulcéré par une procédure qui, même si elle a peu de chances d’aboutir à sa destitution pour cause de majorité républicaine au Sénat, jette une ombre sur sa campagne de réélection, Donald Trump est embarqué dans une surenchère verbale, dénonçant les « conneries » des démocrates et même un « coup d’État ».

Les derniers sondages montrent un soutien en hausse des Américains à cette procédure de destitution. Mais aussi que ses nombreux tweets, messages et spots publicitaires contre M. Biden semblent avoir un impact : 41 % des personnes interrogées veulent qu’on étudie de plus près les liens des Biden avec l’Ukraine, selon USA Today jeudi.

Giuliani en enquêteur

Hunter Biden, avocat et financier, a siégé au comité de surveillance d’un groupe gazier ukrainien et a investi en Chine quand son père était vice-président de Barack Obama.

Il n’a jamais été inquiété par la justice de ces pays. Mais pour Donald Trump et son entourage, Hunter Biden a profité de la position de son père pour s’enrichir. De plus, accusent-ils, Joe Biden a réclamé la tête d’un procureur ukrainien pour protéger son fils. 

En 2015, l’ancien vice-président a bien demandé le limogeage du procureur général ukrainien, mais dans le cadre d’une campagne internationale de lutte contre la corruption, lancée parce que ce responsable était soupçonné d’entraver les réformes.

Il y a quelques mois, l’avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani, a entamé des démarches auprès des autorités ukrainiennes pour tenter de les convaincre d’ouvrir une enquête sur les Biden. 

Et dans un entretien téléphonique fin juillet, Donald Trump avait demandé au président ukrainien de « se pencher » sur le dossier et d’en discuter avec son avocat.

C’est cet appel, rendu public après le signalement d’un mystérieux lanceur d’alerte, qui lui vaut aujourd’hui d’être menacé par une procédure de destitution.

Les démocrates estiment que le locataire de la Maison-Blanche a abusé de son pouvoir à des fins électorales personnelles.

Longue audition

Dans le cadre de leur enquête, ils ont convoqué jeudi matin à la Chambre des représentants Kurt Volker, qui fut envoyé spécial des États-Unis pour l’Ukraine jusqu’à sa démission vendredi, peu après la publication de cette convocation. L’audition devrait durer jusque tard dans l’après-midi, ont indiqué des parlementaires. 

Un élu républicain, Lee Zeldin, a affirmé que son témoignage contredisait l’idée que Donald Trump avait menacé de suspendre une aide militaire en échange de l’aide ukrainienne. Les démocrates ne s’étaient auparavant pas exprimés publiquement sur le contenu après quelque sept heures de réunion.

Selon le rapport du lanceur d’alerte, M. Volker s’est rendu à Kiev le lendemain de l’appel entre MM. Trump et Zelensky afin de « donner des conseils aux autorités ukrainiennes sur la manière de “composer” avec les demandes du président ».

Avant cet échange, il leur avait déjà parlé des moyens de « répondre aux messages différents qu’ils recevaient par les canaux officiels américains et M. Guiliani ». 

De l’aveu du département d’État, M. Volker a également aidé à organiser une rencontre entre Rudy Giuliani et un membre de l’entourage de M. Zelensky. 

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«Trahison», «guerre civile»… Donald Trump n’a pas de limites


Le pays américain est une grande scène de théâtre dramatique. Donald Trump ne démontre pas du tout qu’il est  »capable » de gouverner les USA. Il cherche plus à détruire qu’à unir. Avec toute son agitation, je me demande s’il n’envoie pas des sous-entendus à ses supporteurs en parlant d’une guerre civile ? En tout cas, je plains sérieusement les Américains d’être dans une instabilité palpable depuis qu’il est au pouvoir.
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«Trahison», «guerre civile»… Donald Trump n’a pas de limites

«Trahison», «guerre civile»… Donald Trump n’a pas de limitesPhoto: Evan Vucci/APDonald Trump

Sous la menace d’une procédure de destitution, Donald Trump a encore fait monter d’un ton la surenchère verbale – visiblement sans limites – dans laquelle il s’est engagé.

Au milieu d’une rafale de tweets à la tonalité particulièrement agressive, le 45e président des États-Unis est allé jusqu’à suggérer lundi matin de faire «arrêter» pour «trahison» Adam Schiff, élu démocrate du Congrès.

Ce dernier supervise l’enquête du Congrès centrée sur les pressions exercées par Donald Trump sur son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky pour qu’il mène des investigations sur Joe Biden, son possible adversaire en 2020.

«Adam Schiff a fait, illégalement, une déclaration FAUSSE et terrible, sur mon échange avec le président ukrainien (…) Cela n’a rien à voir avec ce que j’ai dit. Doit-il être arrêté pour trahison ?», a lancé M. Trump, donnant l’image d’un président aux abois.

Les démocrates ont ouvert il y a six jours une enquête contre le président en vue d’une destitution. Si la Chambre, aux mains de l’opposition, vote la mise en accusation (impeachment) de Donald Trump, il reviendra ensuite au Sénat, à majorité républicaine, de le juger.

Donald Trump assure que son échange téléphonique estival avec Volodymyr Zelensky n’avait rien de répréhensible et a dénoncé une «chasse aux sorcières» orchestrée selon lui par ceux qui n’ont pas réussi à le battre dans les urnes.

Piqué au vif, conscient que ces développements pourraient avoir un impact sur la présidentielle de novembre où il entend briguer un second mandat, il multiplie les attaques, tous azimuts.

Dans la capitale fédérale américaine, une question revient en boucle: jusqu’où ira-t-il?

Ce week-end, il a retweeté les propos sur Fox News d’un prédicateur baptiste du Texas, Robert Jeffress, qui est depuis 2016 l’un de ses plus fervents partisans.

«Si les démocrates réussissent à contraindre le président à quitter son poste, cela entraînera une fracture digne de la guerre civile dont notre pays ne guérira jamais», affirmait ce dernier.

Donald Trump, «au-delà du répugnant»

Si, dans l’ensemble, les élus républicains font pour l’heure bloc derrière lui, l’un d’eux, Adam Kinzinger, représentant de l’Illinois à la Chambre des représentants, a fait part de son indignation.

«J’ai visité des pays ravagés par la guerre civile, Donald Trump. Je n’aurais imaginé qu’une telle phrase puisse être répétée par un président», a-t-il tweeté. «C’est au-delà du répugnant».

Fait remarquable, son ancien conseiller à la sécurité intérieure, Tom Bossert, a lui aussi exprimé son exaspération face aux tentatives du président et de ses proches de ressusciter une sombre théorie selon laquelle l’Ukraine, et non la Russie, auraient piraté les emails du parti démocrate lors de la campagne de 2016.

«C’est non seulement une théorie du complot mais elle a été complètement démontée», a-t-il déploré sur ABC.

Les parlementaires démocrates ont envoyé vendredi leurs premières injonctions à comparaître, sommant notamment le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo de leur livrer des documents nécessaires à leur enquête.

Reste maintenant à déterminer qui exactement sera appelé à témoigner.

Rudy Giuliani, dont le nom revient avec insistance, a encore une fois brouillé les pistes dimanche, assurant qu’il «refuserait» de coopérer avec Adam Schiff, puis qu’il s’y résoudrait si son client Donald Trump «lui demandait».

L’équipe de campagne de Joe Biden a envoyé une lettre aux principales chaînes de télévision américaines pour leur demander d’arrêter de donner la parole à M. Giuliani, le qualifiant de «substitut de Donald Trump qui a prouvé qu’il mentait de façon consciente et intentionnelle», selon une copie de la missive divulguée par le New York Times.

Dans ce contexte de grande tension à Washington, l’ancien sénateur républicain Jeff Flake, farouche détracteur de Donald Trump, a appelé les élus de son parti à, enfin, donner de la voix.

«Mes amis républicains, le temps est venu de mettre votre carrière dans la balance au nom de vos principes. Que vous pensiez ou non qu’il mérite d’être destitué, vous savez qu’il ne mérite pas d’être réélu» a-t-il écrit dans une tribune publiée lundi dans le Washington Post.

«Notre pays aura d’autres présidents. Mais les principes, eux, ne sont pas interchangeables».

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Trump s’accroche au mur, se dit prêt à un «shutdown» de longue durée


La politique américaine est vraiment une comédie. Comment prendre au sérieux Donald Trump alors qu’il prévient qu’il gardera en otage les fonctionnaires tant aussi longtemps que le budget de son mur ne sera pas débloqué. Qu’il prétend qu’il a le contrôle des négociations et qu’en plus, il prétend qu’il a présidé les meilleures premières années de tous les républicains. S’il est le meilleur des républicains, cela donne une piètre image de ce parti politique.
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Trump s’accroche au mur, se dit prêt à un «shutdown» de longue durée

APDonald Trump

Donald Trump a une nouvelle fois défendu bec et ongles vendredi son projet de mur à la «dangereuse» frontière sud des États-Unis, avertissant qu’il était prêt à ce que la paralysie partielle de l’administration fédérale dure plusieurs mois, voire plus d’un an.

Si le président américain a évoqué des discussions «très très productives», les responsables  démocrates venus à sa rencontre à la Maison Blanche ont donné un compte-rendu de l’entrevue nettement moins optimiste.

De nouvelles discussions sont prévues dans les jours à venir.

«J’ai nommé un groupe, nous allons nous voir ce week-end», a déclaré M. Trump depuis les jardins de la Maison Blanche.

La construction d’un mur à la frontière avec le Mexique est une question de «sécurité nationale», a-t-il martelé. «Ce n’est pas un jeu», a-t-il ajouté, tout en soulignant «le chemin parcouru» dans les négociations avec ses adversaires politiques.

À la sortie de la Maison Blanche, pourtant, Chuck Schumer, leader des démocrates au Sénat et Nancy Pelosi, nouvelle «Speaker» de la Chambre des représentants, ont fait un récit très différent, évoquant des discussions «tendues».

Selon M. Schumer, M. Trump a même indiqué qu’il était prêt à ce que le «shutdown» dure «pendant très longtemps, des mois, voire des années».

«Oui, j’ai dit cela», a confirmé le locataire de la Maison Blanche. «Je ne pense que cela sera le cas, mais je suis prêt», a-t-il ajouté.

«Immoral»

Les négociations sur le «shutdown» – rituel de la politique américaine – sont d’abord une bataille de communication dans laquelle chaque parti tente de faire porter la responsabilité du blocage à l’autre. Or si les républicains ont conservé la majorité au Sénat, les démocrates ont désormais un porte-voix nettement plus puissant avec la présidence de la Chambre des représentants.

«Construire un mur (à la frontière avec le Mexique) est immoral, ce n’est pas ce que nous sommes en tant que pays», avait lancé jeudi soir la démocrate Nancy Pelosi, quelques heures après sa prise de fonction comme «speaker» de la Chambre.

«Quelqu’un a-t-il encore des doutes sur notre position? Nous ne construirons pas de mur!», avait ajouté lors de sa première conférence de presse l’élue de Californie, désormais troisième personnage de l’État.

Les démocrates lâcheront-ils du lest? Donald Trump peut-il renoncer aux 5 milliards de dollars qu’il réclame à cor et à cri pour édifier son mur sans perdre la face? Quelles sont les portes de sortie pour mettre fin au «shutdown» qui paralyse 25% des administrations fédérales depuis le 22 décembre?

Une idée a refait surface ces derniers jours: réintroduire dans les négociations la question sensible du «Daca».

Ce programme offrant un permis de séjour temporaire à plusieurs centaines de milliers de jeunes clandestins avait été créé par Barack Obama puis supprimé en septembre par Donald Trump, qui a mis au défi le Congrès de voter une réforme migratoire à la place.

Entre-temps, la justice a été saisie par les défenseurs de Daca… et le programme est dans les limbes. Quant au Congrès, il n’a jamais pu s’entendre jusqu’ici pour trouver un compromis.

Le président américain a cependant laissé entendre que ces discussions n’étaient pas à l’ordre du jour.

«Nous en parlerons à un autre moment», a-t-il indiqué.

Rapport de force


Républicains et démocrates sont conscients que ce bras de fer budgétaire est aussi un test du rapport de force qui s’établira pour la deuxième partie de mandat de Donald Trump, qui a clairement affiché son intention de se représenter en 2020.

Avec leur nouveau contrôle de la Chambre, les démocrates décrochent en effet la tête de commissions parlementaires dotées de puissants pouvoirs d’investigation, notamment ceux d’assigner les témoins à comparaître et d’ordonner la présentation de documents.

Et si Nancy Pelosi ne souhaite pas, pour l’heure, évoquer la perspective d’une procédure de destitution, ou «impeachment», certains jeunes élus ne se privent pas d’aborder le sujet. Sans surprise, le locataire de la Maison Blanche n’a pas tardé à réagir.

«Comment voulez-vous destituer un président qui a gagné probablement la plus grande élection de tous les temps, qui n’a rien fait de mal (aucune collusion avec la Russie, ce sont les démocrates qui ont comploté), qui est à l’origine des deux meilleures premières années de tous les présidents, et qui est le républicain le plus populaire dans l’histoire du parti, à 93%?», a-t-il tweeté au réveil.

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De quelle immunité Trump peut-il se prévaloir ?


C’est compliqué la politique. Est-ce qu’un président des États-Unis peut avoir l’immunité ? Sur ce que les démocrates veulent accuser Donald Trump pour le destituer semble plus compliqué, car rien n’est clairement établi par la loi. Pour ma part, quand une personne gouverne un pays, il doit être responsable de ses actes avant, pendant et après.
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De quelle immunité Trump peut-il se prévaloir ?

 

Donald Trump... (Photo Jacquelyn Martin, Associated Press)

 

Donald Trump

PHOTO JACQUELYN MARTIN, ASSOCIATED PRESS

 

CHARLOTTE PLANTIVE
Agence France-Presse
Washington

Après une série de révélations embarrassantes, des élus démocrates ont appelé à inculper Donald Trump malgré les obstacles légaux. Qu’en est-il exactement du statut pénal du président des États-Unis ?

Le contexte 

Lors de la campagne présidentielle de 2016, Michael Cohen, alors avocat de Donald Trump, a organisé, « à la demande » de son patron, des versements pour faire taire deux femmes qui prétendaient avoir eu des liaisons avec le milliardaire, ont déclaré des procureurs la semaine dernière. 

Pour la justice, ces versements constituent une violation des lois sur le financement des campagnes électorales. 

Ces révélations ont rouvert un débat sur l’immunité du président en exercice.

« Je suis intimement convaincu qu’un président peut être inculpé », a déclaré le sénateur démocrate Richard Blumenthal.

« Je ne crois pas que le département de la Justice ou la Constitution aient souhaité que le président, par le simple fait d’être en exercice, se trouve au dessus des lois », a renchéri son confrère de la Chambre des représentants, Adam Schiff.

Pour lui, il faut inculper rapidement Donald Trump afin de stopper la prescription (cinq ans pour les faits en cause), et le juger une fois qu’il ne sera plus président. 

Les textes 

La Constitution américaine prévoit une procédure spécifique, l’impeachment, pour démettre de ses fonctions le président en cas de « trahison, corruption ou autre crimes et délits graves ». La Chambre des représentants est chargée de la mise en accusation, le Sénat de le juger. 

Cette procédure empêche-t-elle l’ouverture en parallèle de poursuites criminelles ?

La question n’est pas évoquée dans la Constitution. Mais l’un des pères fondateurs, Alexander Hamilton avait écrit dans les Federalist Papers – recueil qui fait référence pour interpréter la Loi fondamentale – que le président pouvait « après son mandat être poursuivi et puni par la loi ordinaire ». Cela sous-entend qu’il jouit d’une immunité pendant son mandat.

En 1973, puis en 2000, le département de la Justice a rendu des décisions en ce sens. Il a estimé dans des mémos qui font référence, qu’inculper un président en exercice « nuirait » au bon fonctionnement de la Maison-Blanche.

Les précédents

La procédure d’impeachment a été enclenchée à trois reprises contre des présidents sans aller à son terme : en 1868, contre le démocrate Andrew Johnson ; en 1974 contre le républicain Richard Nixon dans le cadre du scandale du Watergate (il avait démissionné avant le vote à la Chambre), et en 1998 contre le démocrate Bill Clinton, mis en accusation pour « parjure » à la Chambre basse, mais acquitté au Sénat.

En droit civil, la Cour suprême a estimé qu’un président pouvait être poursuivi pendant son mandat pour des actes accomplis avant son entrée en fonction, et autorisa en 1997 Paula Jones à poursuivre Bill Clinton pour harcèlement sexuel lorsqu’il était gouverneur de l’Arkansas.

C’est pourquoi Summer Zervos, une ancienne candidate de l’émission de téléréalité de Donald Trump, a pu porter plainte en diffamation en 2017 contre le président qu’elle accuse d’avoir menti en niant l’avoir pelotée de force.

Mais au pénal, aucun procureur n’a jamais essayé d’aller à l’encontre des règles édictées par le ministère de la Justice.

Le débat d’experts

Certains juristes estiment donc que rien n’est gravé dans le marbre.

Le professeur de droit Neal Katyal, qui a travaillé pour l’administration du président démocrate Barack Obama, estime ainsi que les mémos du ministère sont « des lignes directrices générales » mais pas « une jurisprudence établie ».

Pour lui, ils ne s’appliquent pas aux délits commis pour devenir président.

« Sinon, ce serait une incitation à tricher encore plus », relève-t-il.

Preuve qu’il existe une marge d’interprétation, le juge de la Cour suprême Brett Kavanaugh, nommé par Donald Trump, a lui même changé d’avis.

Dans les années 1990, il faisait partie de l’équipe du procureur Kenneth Starr qui enquêtait sur la liaison du président Bill Clinton avec sa stagiaire Monica Lewinsky.

« Pourquoi est-ce que le président devrait être différent des autres quand il est convoqué par un grand jury ? », écrivait-il en 1995.

Mais en 2009, il jugeait qu’un président devrait être épargné de poursuites civiles et pénales lors de son mandat.

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