Trump lie le contrôle des armes à la réforme de l’immigration au lendemain des tueries


C’est toujours la faute des autres. Malgré que les dernières fusillades ont été faites par des Américains blancs, il met encore la cause sur les immigrés. Étrange non ? Pour le contrôle des armes à feu, Donald Trump va t’il vraiment renforcer l’encadrement des armes feu ? Bien qu’il ne faut pas être bien dans sa tête, le plus souvent, c’est des personnes avec des idéologies violentes et haineuses ce n’est donc pas des maladies mentales proprement dit qui tire sur les gens. J’espère que les Américains ne sont pas si dupes que cela pour ne pas réélire ce président
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Trump lie le contrôle des armes à la réforme de l’immigration au lendemain des tueries

Le président Donald Trump

« Nous ne pouvons pas laisser ceux qui ont été tués à El Paso, au Texas, et à Dayton, dans l’Ohio, mourir en vain », affirme le président Donald Trump.

PHOTO : REUTERS / LEAH MILLIS

Après les deux tueries de la fin de semaine qui ont fait 29 morts, Donald Trump laisse entrevoir un renforcement de l’encadrement des armes à feu. Il en profite toutefois pour réitérer sa demande aux démocrates de soutenir son projet de réforme de l’immigration.

Républicains et démocrates doivent s’unir et obtenir des vérifications d’antécédents plus contraignantes, et peut-être marier cette future loi avec cette réforme du système d’immigration dont nous avons désespérément besoin. Quelque chose de bien, sinon de grand, doit résulter de ces tragédies, a tweeté ce matin le président Trump, qui s’adressera aux Américains à 10 h.

Les victimes d’El Paso au Texas et de Dayton en Ohio ne doivent pas être mortes en vain. Nous ne les oublierons jamais. Donald Trump, sur Twitter

La réforme migratoire de Trump, présentée en mai et rejetée par l’opposition démocrate, vise à accroître de façon significative les exigences en matière d’éducation et de qualifications au détriment des regroupements familiaux.

Dans différents tweets publiés depuis les événements, le président a rendu hommage aux familles endeuillées. Il en a aussi profité pour dénoncer des gestes lâches commis par des personnes très sérieusement atteintes mentalement.

Plusieurs ténors démocrates ont cependant déploré que les tweets présidentiels ne fassent aucunement mention du manifeste aux relents anti-immigration publié par le tueur d’El Paso.

Nous ne pouvons pas régler un problème si nous refusons de le nommer : le nationalisme blanc. Une idéologie enhardie par un président qui attise les flammes de la haine et porte des messages de soutien à la suprématie blanche. Nous devons faire ce que Trump ne fera pas : condamner ce mal et l’éradiquer de notre société, a réagi le candidat démocrate Joe Biden, lui aussi sur Twitter.

Selon le président américain, les fausses nouvelles ont grandement contribué à la colère et à la rage accumulées au fil des ans. La couverture des nouvelles doit commencer à être juste, équilibrée et impartiale, sinon ces terribles problèmes ne feront que s’aggraver! a-t-il gazouillé lundi.

De son côté, le candidat à la primaire démocrate Beto O’Rourke, originaire d’El Paso, a notamment reproché au président d’attiser le racisme dans ce paysavec ses discours incendiaires anti-immigrés.

Selon l’ONG Gun Violence Archives, avec les drames de la fin de semaine dernière, il y a eu 251 fusillades depuis le début de l’année qui ont fait au moins quatre victimes, blessées ou tuées.

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Voici la véritable histoire de la fausse nouvelle la plus populaire du Québec


Depuis 4 ans, circule une fausse nouvelle que le maire de Dorval au Québec d’avoir refusé de retirer le porc des cantines à demande aux musulmans, ce qui est FAUX. Ce qui est vrai est qu’on a fait cette demande non pas au Québec, mais en France et le maire de l’endroit n’a pas fait mention quelle religion avait fait cette demande, car certaines branches chrétiennes, les Juifs et les musulmans ne mangent pas de porc. Cette nouvelle a été plusieurs fois partagée dans d’autres pays en changeant les noms et l’endroit et accusant spécifiquement les musulmans. Les fausses nouvelles peuvent faire beaucoup de ravage dans les réseaux sociaux. Ce qui est d’autant plus grave, certaines personnes savent que l’histoire a été inventée ou copier en apportant des changements et ils la partagent quand même, soi-disant pour la morale, pour confirmer leurs opinions et renforcer leurs préjugés. Nous ne sommes pas à l’abri malheureusement, mais avec un peu de recherches, dénoncer les fausses nouvelles, cela permettrait, j’espère à diminuer l’impact des fausses nouvelles.
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Voici la véritable histoire de la fausse nouvelle la plus populaire du Québec


Lieux-dits 2.0Les fausses nouvelles, comme la chasse-galerie, sont en quelque sorte du folklore moderne.

Les fausses nouvelles, comme la chasse-galerie, sont en quelque sorte du folklore moderne. Photo: Radio-Canada / Philippe Tardif

Jeff Yates

Le maire de Dorval n’a pas tenu tête aux parents d’élèves musulmans qui lui demandaient de retirer le porc des cantines scolaires. Pourtant, des centaines de milliers de gens y croient encore. C’est une fausse nouvelle qui est passée au rang du folklore québécois, selon des chercheurs. Autopsie d’un monstre.

« Bonne initiative d’un Québécois… »

Ainsi débute la publication de quelque 350 mots qui cause depuis quelques années des maux de tête à Dorval. Celle-ci félicite le maire, puis présente des propos que son secrétaire aurait tenus aux parents musulmans qui lui avaient supposément demandé de bannir le porc :

« Les musulmans doivent comprendre qu’ils doivent s’adapter au Canada et au Québec, à leurs coutumes, à leurs traditions, leur style de vie, parce que c’est là où ils ont choisi d’immigrer », peut-on lire dans la publication.

Peu importe si cette histoire n’a jamais eu lieu et même si les maires québécois n’ont aucun contrôle sur les menus des écoles, elle circule et continue de circuler, bon an, mal an, depuis 2015. J’avais moi-même démenti cette fausse nouvelle à l’époque, tout comme plusieurs autres médias. Après enquête, nous avons appris d’où elle provenait et comment elle s’est mise à circuler.

L’histoire de cette fausse nouvelle débute le 9 janvier 2013 à Antibes Juan-les-Pins, une ville de près de 75 000 personnes près de Cannes, dans le sud de la France. Ce n’est pas le maire Jean Leonetti, mais son adjointe, Françoise Thomel, qui envoie une lettre aux parents des élèves inscrits au service de restauration scolaire en réaction aux demandes de certains parents de réduire, voire d’éliminer le porc des cantines. D’autres avaient, au contraire, demandé une augmentation des plats à base de porc.

Il s'agit d'une carte du Canada, ainsi que d'un texte attribué au maire de Dorval.Capture d’écran de la fausse nouvelle à propos du maire de Dorval. Cet exemplaire a été publié en septembre 2015 et a été partagé 124 000 fois. Photo : Capture d’écran – Facebook

Ces demandes sont refusées.

« Cette demande […] est fondée sur des convictions religieuses ou personnelles, ce qui est contraire au principe de la laïcité », explique Mme Thomel dans sa lettre(Nouvelle fenêtre).

Elle ne dévoile pas de quelle religion ou de quelle idéologie se réclament les demandeurs.

La lettre apparaît rapidement sur les réseaux sociaux en France, puis dans les médias locaux (Nouvelle fenêtre). Peu de temps après, des blogues d’extrême droite reprennent l’histoire. Un d’entre eux compose une lettre ouverte au maire d’Antibes (Nouvelle fenêtre), le remerciant d’avoir tenu tête aux « musulmans ».

Si vous avez lu la fausse nouvelle à propos du maire de Dorval, vous avez déjà lu cette lettre ouverte au maire d’Antibes. Elles sont identiques. L’auteur de la fausse nouvelle a tout simplement modifié le texte pour que les références françaises concernent plutôt Dorval, le Québec ou le Canada.

Deux versions de cette fausse nouvelle, une publiée en septembre 2015, l’autre, en décembre 2017, soit bien après que l’histoire a été démentie, ont été partagées 124 000 et 178 000 fois respectivement sur Facebook. Comme beaucoup d’internautes font simplement un copier-coller du texte sur leur propre compte Facebook, il existe d’autres copies. La portée de cette fausse nouvelle est donc encore plus importante et impossible à mesurer.

À titre d’exemple, l’article le plus populaire de tous les grands médias québécois au cours des 12 derniers mois sur les réseaux sociaux, selon l’outil d’analyse BuzzSumo, a été partagé un peu plus de 61 000 fois sur Facebook.

« Cette info a été déformée, amplifiée et exploitée par des camps différents aux intérêts opposés », affirme Olivier Darcq, directeur de la communication à la Ville d’Antibes Juan-les-Pins.

Il explique que la nouvelle a été récupérée autant pour dépeindre le maire comme un héros de la laïcité que pour avertir les musulmans de ne pas visiter la ville.

Ironiquement, l’histoire qui soulève les passions un peu partout dans le monde ne semble pas trop préoccuper les habitants de sa ville d’origine. Selon M. Darcq, cette nouvelle n’anime plus les discussions à Antibes depuis longtemps.

« J’ai le sentiment que ce débat n’est absolument plus d’actualité dans notre commune. Donc, s’il y a plus beaucoup de partages, il est clair que l’information, qui est devenue une fake news, a été orientée par ceux qui ont intérêt à créer des tensions sur ces thématiques, alors que des principes de bon sens ont permis dans notre ville d’apaiser toutes problématiques à ce sujet », juge-t-il.

C’est en 2015 que la fausse version de cette histoire, mettant en vedette le maire de Dorval, commence à circuler. L’équipe du maire Edgar Rouleau a rapidement réalisé que quelque chose clochait sur les réseaux sociaux quand de nombreux internautes et des journalistes lui ont signalé la fausse nouvelle.

À l’époque, la ville de 19 000 âmes voulait réagir, mais elle ne détenait aucun compte sur les réseaux sociaux. Aucune arme, donc, pour se défendre contre ce tsunami de « j’aime » et de partages qui propulsait un mensonge à l’endroit du maire. La Ville a donc publié un communiqué sur son site web pour dénoncer la fausse nouvelle.

 C’était « le seul moyen qu’on avait », se rappelle le chargé de communications de la Ville de Dorval Sébastien Gauthier

Rien n’y faisait.

« C’est sûr que le maire, au début, s’est demandé, “est-ce qu’on peut faire arrêter ça?” Avec nos recherches et selon des experts qu’on a consultés, on s’est dit qu’essayer de mettre fin à ça et au commérage sur les réseaux sociaux… bonne chance, c’est mission impossible. On a lâché prise », admet M. Gauthier.

Près de quatre ans plus tard, cette fausse nouvelle a fait le tour du monde, a été traduite en plusieurs langues et continue toujours de circuler au Canada, tout comme ailleurs.

La « morale » de l’histoire avant les faits

Le maire de Dorval n’a pas banni le porc des cantines scolaires, malgré ce qui circule sur Facebook depuis quatre ans.Le maire de Dorval n’a pas banni le porc des cantines scolaires, malgré ce qui circule sur Facebook depuis quatre ans. Photo : Radio-Canada / Philippe Tardif

Il est impossible de précisément mesurer la portée de cette fausse nouvelle, mais elle a assurément rejoint des centaines de milliers, voire des millions de Québécois. La popularité de cette fausse nouvelle n’est pas anecdotique; quelque chose pousse des Québécois à la partager.

Afin de comprendre pourquoi, nous avons contacté plus d’une centaine de Québécois qui l’ont publiée sur leur compte Facebook. La plupart n’ont pas répondu, mais quelques-uns se sont prêtés au jeu.

Leurs réponses sont presque unanimes : les faits étalés dans l’histoire sont peu ou pas importants, selon eux. Ce qui leur importe, ce sont les valeurs exprimées, la « morale » de l’histoire. Même s’ils reconnaissent aujourd’hui que les événements décrits dans la publication Facebook ne se sont jamais produits, pour eux, l’histoire du maire de Dorval qui refuse de bannir le porc des cantines scolaires n’en demeure pas moins valide.

« Peut-être que l’information est fausse, mais les idéaux, eux, sont ce que la plupart des Québécois pensent, explique Sylvain. Pour être honnête, je n’ai pas beaucoup fait attention à [savoir si c’était vrai]! C’était plus les idées sur le point de vue que j’ai retenu et, pour moi, c’est là que cela prenait tout son sens. »

« Je ne savais pas que cette nouvelle était fausse… dommage. Je trouvais que celle-ci valait la peine d’être partagée, écrit, quant à elle, Marie-Claude. Je suis déçue, je croyais qu’il y avait quelqu’un qui avait des couilles! Mais c’est vrai, je suis d’accord avec les valeurs exprimées dans cette nouvelle. »

J’ai demandé à Jacques s’il se sentait mal d’avoir partagé une histoire inventée.

« Non, car même si ce n’est qu’une invention, ce n’est pas tout le monde qui prend le temps de vérifier si c’est vrai ou non. Le plus important sur les réseaux sociaux, c’est le message véhiculé. »

Lynda, elle, savait très bien que l’histoire était fausse — elle a même inclus un avertissement à cet effet à la fin de sa publication, partagée plus de 400 fois.

« Une histoire comme celle-là n’est qu’un prétexte pour ouvrir la discussion sur la laïcité de l’État et de faire entendre à tous nos opinions sur le sujet, explique-t-elle. Quand j’ai su que cela était faux, ça n’avait plus une grande importance pour moi, car ce texte, même faux, représentait ce que je crois qui devrait être fait dans une circonstance comme celle présentée, ou une quelconque circonstance hypothétique de ce genre. »

Presque tous en ont profité pour m’expliquer, sans que je le leur demande, leur vision de l’immigration et de la laïcité. Je sentais qu’ils cherchaient à se faire entendre, à partager leur message : l’immigration c’est bien, mais seulement quand les nouveaux arrivants s’intègrent. Partager cette publication leur permet d’exprimer leurs craintes que les musulmans, eux, ne s’intègrent pas, que ces derniers demandent que la société québécoise s’adapte à eux. Le maire de Dorval fictif dans l’histoire est, pour les personnes que j’ai interrogées, un exemple à suivre, un idéal.

Nous sommes donc devant une histoire fausse, relayée dans le but de véhiculer des craintes et de proposer une vision héroïque de ce que nous devons faire pour les combattre. Tout comme dans une épopée ou dans un mythe légendaire.

Sylvain, lui, me l’a dit sans broncher

. « Aujourd’hui, je le vois plus comme les contes que l’on raconte aux enfants. Je veux dire, l’histoire est peut-être inventée, mais les valeurs et la morale n’en restent que plus vraies. »

Ça, la communauté de chercheurs qui s’intéresse au folklore le sait depuis un bon moment.

Une sorte de folklore moderne

Des légendes urbaines émergent chaque fois qu’il y a des changements majeurs. Dans les nouvelles technologies, par exemple : « les micro-ondes détruisent les vitamines dans les aliments! »Une légende urbaine dans les nouvelles technologies : « les micro-ondes détruisent les vitamines dans les aliments! » Photo : Radio-Canada / Philippe Tardif

« Lorsqu’on a créé lnternet, certains croyaient que ça serait la fin des légendes urbaines parce que les gens pourraient immédiatement effectuer des recherches et déterminer qu’elles étaient fausses, ce qui stopperait le phénomène. Malheureusement, c’est loin d’être le cas », lance en riant Ian Brodie, professeur associé en folklore à l’Université du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse.

Parce que, oui, il considère que les fausses nouvelles sont tout simplement des légendes urbaines, la manifestation moderne d’un phénomène qui existe depuis la nuit des temps.

C’est du folklore moderne.

« Les folkloristes parlent des légendes urbaines depuis beaucoup plus longtemps que nous parlons des fake news. Il y a beaucoup de points en commun entre ces phénomènes », renchérit Russel Frank, de l’Université de Pennsylvanie.

Ce dernier est bien placé pour parler : il détient un doctorat en folklore, mais enseigne le journalisme.

Certes, les réseaux sociaux ont changé la donne. Mais un bon nombre des fausses nouvelles que nous voyons aujourd’hui auraient jadis circulé dans ces conversations de salon, à l’arrêt d’autobus, autour de la table au souper. Elles le font depuis que les humains existent.

« C’est la même chose qui se traduit sur les réseaux sociaux. L’important, ce n’est pas tant la source ou la fiabilité de l’information, mais plutôt l’identité de la personne qui me la relaie, que je connais, avec qui j’entretiens une relation », illustre M. Brodie. C’est le royaume du « as-tu entendu que…? »

J’ai résumé aux chercheurs les conclusions de ma petite enquête auprès des gens qui ont partagé l’histoire du maire de Dorval. Rien de cela ne les a surpris. Le but des légendes urbaines n’est pas d’informer, mais de communiquer des craintes, d’avertir, pensent-ils.

Aussi peu fiables que ces histoires puissent être en ce qui concerne les faits, elles sont une mesure extrêmement fiable des anxiétés qui traversent une société. Russel Frank, professeur, Université du Cap-Breton

Selon M. Brodie, c’est pourquoi des légendes urbaines émergent lorsqu’il y a des changements sociaux majeurs : les nouvelles technologies (« les micro-ondes détruisent les vitamines dans les aliments! »), l’évolution des moeurs (« les homosexuels sont satanistes! »), les changements dans l’ordre social (« sans mères au foyer, les enfants deviendront dingues! »), et, oui, les vagues d’immigration.

M. Frank m’envoie un article publié par la chercheuse Florence E. Baer dans le journal universitaire American Folklore. L’auteure tente de déterminer la source de rumeurs qui circulent à l’endroit d’un groupe de réfugiés dans une petite ville en Californie.

Il s’en trouve plusieurs pour alimenter toutes sortes de rumeurs sur ces nouveaux arrivants : ils ont des pratiques alimentaires bizarres, ils ne réussiront jamais à s’intégrer. Un garçon affirme les avoir vus tuer et manger le chien d’une dame; même si l’enquête policière conclut que ces événements ne se sont pas produits, les esprits s’enflamment, l’histoire explose. Ou encore, de bouche à oreille, on se scandalise que l’ami de l’oncle d’untel a entendu du frère d’untel que ces réfugiés reçoivent plus d’argent du gouvernement que son père, qui est retraité.

Tout cela m’est extrêmement familier. Des histoires du genre, j’en ai vu des tonnes, relayées des dizaines de milliers de fois sur Facebook. J’ai même dû démentir deux fois l’idée que le gouvernement traite mieux les réfugiés que les aînés. C’est du déjà-vu.

Par contre, dans le cas de l’étude de Florence Baer, on ne parle pas de réfugiés syriens, mais de réfugiés vietnamiens. Parce que, voyez-vous, même si ces histoires ont l’air de provenir de statuts Facebook viraux, l’article de Mme Baer a été publié en 1982 (Nouvelle fenêtre). Ce sont les mêmes vieilles histoires qui ressurgissent. La désinformation au XXIe siècle n’a rien de très original.

Des histoires pour mettre en garde envers l’Autre

Au début des années 1900 aux États-Unis, illustre-t-il, on mettait en garde les jeunes femmes contre des établissements dangereux, qui représentaient la déchéance sexuelle. On parlait, bien sûr, des crèmeries.Au début des années 1900 aux États-Unis, illustre-t-il, on mettait en garde les jeunes femmes contre des établissements dangereux, qui représentaient la déchéance sexuelle. On parlait, bien sûr, des crèmeries. Photo : Radio-Canada / Philippe Tardif

Ian Brodie affirme que l’immigration alimente en bonne partie les légendes urbaines, et ce, depuis toujours. Au début des années 1900 aux États-Unis, illustre-t-il, on mettait en garde les jeunes femmes contre des établissements dangereux, qui représentaient la déchéance sexuelle. Fréquenter ces lieux en tant que femme, c’était s’exposer au risque d’être violée, voire kidnappée, puis envoyée à l’autre bout du monde comme esclave sexuelle.

On parlait, bien sûr, des crèmeries. Pourquoi? Parce que les premiers commerces à vendre de la crème glacée dans ce pays étaient gérés par ces étrangers mystérieux et que certains croyaient dangereux, les Italiens.

« Les crèmeries étaient des endroits terrifiants parce que cette nouvelle population immigrante vendait une nouvelle sorte de nourriture qu’on ne connaissait pas. Ça faisait peur!

On disait : “jeunes femmes, si vous voulez protéger votre vertu, parents, si vous voulez protéger vos filles, évitez les crèmeries! » », raconte-t-il en ricanant.

Si on veut remonter encore plus loin, les Romains disaient que les chrétiens kidnappaient les enfants et buvaient leur sang, ajoute-t-il.

« Les légendes urbaines qui traduisent une anxiété envers l’Autre forment une immense partie du folklore. Il y a cette peur de la différence, de vivre dans un monde qui est changé par l’Autre », avance M. Frank.

C’est pourquoi les mêmes histoires reviennent, encore et encore.

Que faire pour freiner la propagation de légendes du genre si les faits ne font que rebondir sur leur carapace?

« Tout ce qu’on peut faire, c’est prendre un peu de recul et dire “l’histoire que tu me racontes, elle n’a rien de nouveau. Elle existe depuis des siècles. Je suis certain que tu y croies et qu’elle confirme tes opinions, et je ne pourrai probablement pas changer tes préjugés, mais, écoute… c’est la même histoire” », laisse tomber M. Brodie.

Heureusement, ces rumeurs tendent à disparaître au fil du temps, ajoute-t-il. Peu de gens inventent aujourd’hui des fausses nouvelles à propos de l’immigration vietnamienne ou italienne, par exemple.

La fausse nouvelle du maire de Dorval s’inscrit dans une longue tradition. On exprime nos craintes à l’aide d’histoires plus souvent fausses que vraies, dont les sources sont nébuleuses. Il y a toujours un héros, qui tient tête contre vents et marées contre un ennemi insidieux. L’important, ce n’est pas si c’est arrivé pour vrai, si les faits rapportés sont exacts. L’histoire elle-même sert à communiquer un avertissement, un point de vue, une piste de solution.

C’est probablement pourquoi cette fausse nouvelle ne séduit pas uniquement les Québécois. Il existe d’autres versions dans plusieurs pays, dont la Belgique ou l’Australie, qui visent des maires locaux. Par contre, celle mettant en vedette le maire de Dorval semble de loin la plus populaire. D’ailleurs, seulement pendant la rédaction de cet article, un site web israélien l’a relayée. Ensuite, une autre version de la fausse nouvelle a rebondi dans sa terre d’origine, la France (Nouvelle fenêtre)cette fois-ci mettant en vedette un autre maire français.

Le maire de Dorval reçoit quelques appels ou courriels chaque mois pour le féliciter d’avoir tenu tête aux parents musulmans, souligne Sébastien Gauthier. La plupart des messages sont en anglais et proviennent du reste du Canada ou des États-Unis.

Le billet du maire expliquant que l’histoire est fausse trône souvent au sommet des sections les plus populaires sur le site web de la Ville. Selon M. Gauthier, c’était la deuxième section la plus consultée en 2018.

La Ville, du haut de sa page Facebook lancée en 2016 et qui comporte moins de 2000 abonnés, voit mal ce qu’elle pourrait faire, mis à part signaler quelques publications ici et là.

« Oui, ça nous dérange, mais la bibitte des réseaux sociaux est tellement énorme qu’on se dit, “comment peut-on se battre contre ça?” Surtout quand on voit que ça fait maintenant quatre ans que la “nouvelle” a été démentie… Qu’est-ce qu’on fait? », lance-t-il.

Aussi bien tenter de se battre contre la chasse-galerie.

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Financement du mur: Trump menace de fermer la frontière avec le Mexique


Je suis estomaqué  que ce gouvernement peut tenir en otage ses propres fonctionnaires et fait encore des menaces   s’il n’y a pas son argent pour construire son mur a la frontière mexicaine. Comment il se fait que la population américaine ne se soit pas soulevé contre ce président qui agit comme un criminel qui demande une rançon en échange des otages. Il devrait respecter les démocrates qui ont été élu eux aussi par la population, s’il a perdu des plumes a mi-mandat, c’est sans doute par son attitude, et ses idées de folie.
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Financement du mur: Trump menace de fermer la frontière avec le Mexique

 

Le président américain Donald Trump... (Photo SAUL LOEB, AFP)

Le président américain Donald Trump

PHOTO SAUL LOEB, AFP

 

ÉLODIE MAZEIN
Agence France-Presse
Washington

Le président Donald Trump a menacé vendredi de fermer la frontière entre les États-Unis et le Mexique si les démocrates du Congrès n’acceptaient pas de financer la construction d’un mur, un différend qui provoque la paralysie partielle de l’administration fédérale depuis le 22 décembre.

« Nous allons être contraints de fermer la Frontière Sud complètement si les démocrates obstructionnistes ne nous donnent pas l’argent pour terminer le mur », a tweeté M. Trump, en leur demandant également de « changer les lois ridicules sur l’immigration dont notre pays est affublé ».

Le milliardaire a ensuite dit qu’il considérerait une telle fermeture comme une « opération rentable », arguant du fait que « les États-Unis perdent tellement d’argent en faisant du commerce avec le Mexique avec l’ALENA, plus de 75 milliards par an (sans inclure l’Argent de la Drogue qui serait plusieurs fois ce montant) ».

L’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) qui lie le Canada, le Mexique et les États-Unis a été régulièrement dénoncé par Donald Trump qui a exigé de ses voisins qu’il soit renégocié. Un nouvel accord visant à le remplacer a été signé fin novembre, mais doit encore être ratifié.

Poursuivant une série de tweets, il a réitéré sa menace plusieurs fois :

 « Nous construisons un mur ou fermons la Frontière Sud ».

En novembre, le président américain avait déjà menacé de fermer la frontière avec le Mexique pour lutter contre l’immigration clandestine.

Aides supprimées

« Si on arrive à un stade où on perd le contrôle ou s’il y a des violences, nous fermerons temporairement l’entrée dans le pays jusqu’à ce que la situation soit sous contrôle à nouveau », avait dit le président devant des journalistes. 

Une menace qu’il avait déjà proférée en octobre, dans la dernière ligne droite avant les élections législatives de mi-mandat tandis que des milliers de migrants venus d’Amérique centrale avaient formé une « caravane » se dirigeant vers la frontière mexicano-américaine pour entrer aux États-Unis.

« Il paraît qu’une nouvelle Caravane est en train de se former au Honduras et ils ne font rien à ce sujet », a affirmé le milliardaire vendredi sur Twitter.

« Le Honduras, le Guatemala et le Salvador ne font rien pour les États-Unis, mais ils prennent notre argent », a-t-il relevé, menaçant « de supprimer toutes les aides pour ces trois pays – qui tirent avantage des É.-U. depuis des années ».

En octobre, Donald Trump a annoncé une réduction immédiate des aides à ces trois pays.

Le président républicain a fait de la lutte contre l’immigration l’une de ses priorités, avec la construction d’un mur sur toute la longueur de la frontière sud des États-Unis pour endiguer l’immigration clandestine et les trafics.

Mais il est engagé dans un bras de fer avec les parlementaires démocrates qui refusent de voter les 5 milliards de dollars qu’il exige pour accepter d’apposer sa signature sur la loi du budget fédéral.

Les républicains n’ont que 51 sièges au Sénat quand il en faut 60 pour l’adoption de ce texte. Et à partir de début janvier, ils seront minoritaires à la Chambre des représentants.

Les négociations entre démocrates et républicains ont échoué jeudi à mettre fin au « shutdown ». Cette paralysie partielle des administrations fédérales, qui a mis des centaines de milliers de fonctionnaires au chômage forcé, va donc se prolonger au moins jusqu’à la semaine prochaine.

Faute d’accord de compromis et dans un hémicycle quasi désert, le Sénat a décidé jeudi à l’unanimité d’ajourner la séance jusqu’à lundi 10 h et de ne reprendre l’examen d’une loi budgétaire que mercredi 2 janvier, à partir de 16 h.

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Frontière mexicaine: les soldats pourraient tirer sur les migrants, selon Trump


Ce n’est pas que je m’intéresse plus à la politique américaine que canadienne, mais de voir comme un président d’un pays comme les États-Unis se comporte, c’est étonnant qu’il n’a pas été encore destitué. Lui qui accuse les médias d’être ennemi du peuple, de promouvoir la violence alors qu’en fait, c’est Donald Trump qui est dangereux. Pour faire peur au gens, il prend un tueur mexicain qui a tuer plusieurs policiers, et qu’on lui demande s’il regrette de ses crimes et ne dit oui, de ne pas en avoir tué plus … et présente les immigrants comme ce tueur laisse perplexe
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Frontière mexicaine: les soldats pourraient tirer sur les migrants, selon Trump

 

Le président Trump a avancé ces propos lors... (Photo NICHOLAS KAMM, AFP)

Le président Trump a avancé ces propos lors d’une déclaration sur l’immigration.

PHOTO NICHOLAS KAMM, AFP

 

Agence France-Presse
Washington

L’armée américaine pourrait être amenée à tirer sur les migrants tentant d’entrer illégalement aux États-Unis si ceux-ci jettent des pierres sur les soldats, a déclaré jeudi Donald Trump, au cours d’une déclaration consacrée à l’immigration.

Alors que plusieurs « caravanes » de migrants centraméricains font actuellement route vers les États-Unis, le président américain a rappelé que certains avaient lancé des pierres « perfidement et violemment » sur les forces de l’ordre mexicaines au moment de traverser la frontière entre le Guatemala et le Mexique.

S’« ils veulent lancer des pierres sur notre armée, notre armée répliquera », a dit M. Trump depuis la Maison-Blanche.

Il avait annoncé la veille que jusqu’à 15 000 soldats pourraient être déployés à la frontière avec le Mexique.

« Je leur ai dit (aux soldats) de considérer cela (une pierre) comme un fusil. S’ils (les migrants) lancent des pierres comme ils l’ont fait envers la police et l’armée mexicaine, je dis, considérez cela comme un fusil », a-t-il dit jeudi.

Interrogé, un porte-parole du Pentagone a dit ne pas vouloir faire de commentaire sur des « situations hypothétiques ». 

« Nos troupes sont des professionnels entraînés qui disposent toujours du droit fondamental de légitime défense », a-t-il seulement déclaré, en tenant à rappeler que l’armée était présente en « soutien » des gardes-frontières, chargés de faire appliquer la loi. 

À quelques jours des élections du 6 novembre, Donald Trump multiplie les annonces susceptibles de mobiliser les électeurs, notamment sur le thème de l’immigration. 

« C’est une invasion », a-t-il encore martelé jeudi, en annonçant qu’il devrait signer la semaine prochaine un décret sur ce sujet, sans plus de précisions. 

Il a par ailleurs déclaré que les États-Unis n’accepteraient plus de demandes d’asile de la part d’une personne n’étant pas passée par un poste de frontière officiel. 

Les migrants arrêtés à la frontière seront placés dans des camps constitués de tentes ou d’autres installations jusqu’à ce qu’ils soient expulsés ou voient leur demande approuvée, a-t-il ajouté.

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Un juge américain fait rebrousser chemin à un avion transportant des migrantes expulsées


Je trouve encourageant que certains juges aux États-Unis ne se laisse pas piler sur les pieds par le gouvernement américains.
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Un juge américain fait rebrousser chemin à un avion transportant des migrantes expulsées

 

Un panneau signalétique montrant les douanes pour les passagers en immigration dans un aéroport.

Une femme et sa fille pensaient bien atterrir quelque part en Amérique centrale, jeudi, mais une décision in extremis d’un juge fait en sorte qu’elles sont toujours aux États-Unis. Photo : iStock

Un juge de Washington a ordonné jeudi qu’un avion renvoyant chez elles une mère et sa fille ayant demandé l’asile aux États-Unis rebrousse chemin, et a menacé le secrétaire américain à la Justice de le poursuivre pour outrage à magistrat, a indiqué une ONG.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Les deux migrantes avaient porté plainte pour contester leur expulsion vers un pays d’Amérique centrale, et une audience consacrée à leur requête s’est tenue jeudi, a expliqué l’ACLU, importante organisation de défense des droits civiques, qui a déposé la plainte en leur nom.

Selon l’ONG, le juge avait bloqué leur expulsion en attendant d’examiner l’affaire.

Mais « alors que nous étions devant la cour, nous avons appris que le gouvernement avait expulsé une cliente et son jeune enfant à peine quelques heures auparavant, mettant leurs vies en danger, a affirmé l’ACLU dans une série de tweets. Cela contredit l’engagement du gouvernement devant la cour selon lequel PERSONNE ne serait expulsé avant le lendemain, au plus tôt ».

« Le juge a ordonné au gouvernement de faire rebrousser chemin à l’avion et de ramener la mère demanderesse d’asile et son enfant aux États-Unis », a-t-elle ajouté. Et « il a dit que si le problème n’était pas résolu, il envisagerait des poursuites pour outrage à magistrat, visant pour commencer le secrétaire à la Justice » Jeff Sessions.

Cité par le Washington Post, le juge Emmet G. Sullivan a qualifié la décision du gouvernement de les expulser de « scandaleuse ».

Que quelqu’un qui cherche à obtenir justice aux États-Unis soit expulsé pendant que ses avocats plaident en sa faveur? […]. Je ne suis pas du tout content. C’est inacceptable. Le juge Emmet G. Sullivan

La mère et sa fille font partie d’un groupe de migrants « fuyant les violences conjugales et la brutalité des gangs » en Amérique centrale, ayant déposé plainte mardi avec l’aide de l’ACLU et du Center for Gender and Refugee Studies pour éviter l’expulsion.

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Le Saviez-Vous ► L’esclave noir devenu cowboy légendaire


Quand on pense cowboy, on recule dans le temps et on pense des Américains blancs. Pourtant, il y a eu aussi dans les provinces de l’ouest au Canada des cowboys, et d’autres ethnies pouvait aussi être des cowboys, comme l’histoire de John Ware, un Afro-Américain, un esclave affranchi devenu cowboy et il est venu s’installer au Canada pour avoir son propre ranch. Cela n’a pas toujours été facile, vue que le racisme a toujours existé
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L’esclave noir devenu cowboy légendaire

 

Il est né quelque part dans le sud des États-Unis, dominé, opprimé. Il est mort, en 1905, admiré par les Blancs. Nous vous faisons découvrir l’un des plus grands cowboys de l’Ouest canadien, John Ware.

Un texte de Laurence Martin

Au bout d’une route de campagne, presque cachée par les arbres, la pierre noire arbore une petite inscription : « John Ware a vécu ici. » On est au sud-est de Calgary, dans le Cowboy Country.

Lorsque John Ware arrive dans la région en 1882, l’Alberta n’existe pas encore. Sur les contreforts des montagnes Rocheuses, on retrouve des tentes, des fermes de bois ici et là. Quelques centaines d’habitants, tout au plus.

Ware, lui, vient de mener avec d’autres hommes un troupeau de 3000 bêtes du Montana jusqu’au nord de la frontière canado-américaine.

Il était très habile avec les chevaux. On disait de lui : il n’y a aucun cheval qu’il ne peut monter. Il savait toujours où nourrir, où abreuver le bétail. Personne ne l’aurait vu tomber d’un cheval. Il était très respecté. Cheryl Foggo, historienne afro-canadienne

John Ware se tient debout près d'une rivière avec deux chevaux.

John Ware avec ses chevaux, près de la rivière Red Deer, en 1901.  Photo : Collection du Musée Glenbow

Difficile de savoir où exactement John Ware apprend à devenir un si bon cavalier. Né esclave entre 1845 et 1850 – la date n’est pas confirmée –, il est affranchi en 1865, à la fin de la guerre de Sécession. Il travaille alors comme cowboy au Texas et en Idaho, notamment.

« Il est probable que même durant son esclavage, il ait habité un ranch. Il était trop doué pour avoir appris ces techniques de cavalerie tard dans sa vie », ajoute Cheryl Foggo, une historienne afro-canadienne qui prépare un documentaire sur John Ware.

Rester au Canada

John Ware ne retourne pas aux États-Unis après 1882. Il participe plutôt au développement du bétail dans les Prairies et réussit à se faire accepter dans une culture de ranchers souvent hostile aux Afro-Américains.

Ware établit son premier ranch en 1887. Cinq ans plus tard, il épouse Mildred Lewis, une Ontarienne dont la famille s’était récemment installée à Calgary.

John Ware et sa femme Mildred, en 1896, et 2 de leurs enfants.

John Ware et sa femme Mildred, en 1896.  Photo : Collection du Musée Glenbow

John Ware est exceptionnel parce que c’est un homme noir qui a réussi dans une société blanche. Adriana Davies, historienne

Au tournant du 20e siècle, d’autres Afro-Américains emboîtent le pas à John Ware et s’installent dans l’ouest. Entre 1897 et 1911, un millier d’hommes, de femmes et d’enfants noirs, originaires de l’Oklahoma, s’installent en Alberta et en Saskatchewan.

Photo de John Ware entouré d'hommes blancs.

John Ware, entouré de ranchers blancs, vers 1902-1903.  Photo : Collection du Musée Glenbow

Mais le racisme auquel ils font face est omniprésent.

« Les gouvernements des territoires de l’Ouest ne voulaient pas d’une entrée « trop poussée » des Noirs », raconte le professeur d’histoire à l’Université du Québec à Montréal Greg Robinson.

« Ils ont même obtenu du gouvernement canadien qu’ils interdisent l’immigration des Noirs », ajoute-t-il.

À cause de cette loi fédérale, mise en vigueur en 1910, peu d’Afro-Américains s’établissent au Canada au cours des décennies suivantes.

Un article de journal intitulé « Le Canada va ferme la porte aux "nègres" », paru au début du 20e siècle.

Un article de journal intitulé « Le Canada va ferme la porte aux « nègres » », paru au début du 20e siècle.  Photo : Collection du Musée Glenbow

Même John Ware, pourtant très respecté, subit aussi parfois du racisme. Selon l’historienne Cheryl Foggo, il aurait demandé par exemple aux autorités pourquoi il payait deux fois plus pour son terrain que ses voisins blancs.

Son histoire se termine tragiquement. Ironie du sort, le grand cavalier meurt écrasé par son cheval, en 1905.

Au-delà du cowboy blanc

L’histoire de John Ware est aussi celle de ceux qui la racontent. Avec son documentaire, produit par l’Office national du film et prévu pour la fin de 2018, l’Afro-Canadienne Cheryl Foggo veut rappeler la place centrale des Noirs dans le parcours ouest-canadien.

Quand on pense à un cowboy, on pense toujours à un Blanc, même s’il y en a eu beaucoup qui étaient noirs, hispaniques, autochtones. Cheryl Foggo, réalisatrice du documentaire « John Ware : Reclaimed »

Cheryl Foggo devant une crique au sud-est de Calgary.

Cheryl Foggo espère que son documentaire intitulé « John Ware : Reclaimed » et produit par l’ONF sortira à la fin de l’année 2018. On la voit ici devant une crique où John Ware allait parfois abreuver ses chevaux. Photo : Radio-Canada/Laurence Martin

Cheryl Foggo elle-même est souvent interrogée sur son appartenance albertaine. Et, pourtant, elle est née à Calgary, et sa famille est arrivée dans les Prairies en 1910 :

« Aujourd’hui encore, on me demande d’où je viens, dit-elle. C’est très frustrant. »

Pour elle, John Ware est la preuve parfaite qu’on peut être cowboy ou cowgirl et d’origine africaine. Qu’au fond, l’histoire des Noirs fait partie intégrante de l’histoire canadienne.

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Aux États-Unis, un bébé d’un an sans ses parents devant le juge de l’immigration


En plus d’être un tribunal froid et effrayant sans adaptations aux différents âges des enfants d’immigrants clandestins aux États-Unis, il arrive des situations vraiment grotesque presque une idiotie sans nom. Je peux comprendre qu’il y a des procédures, mais un bébé d’un an qui se fait demander s’il comprend les procédures juridiques, il y a de quoi à être gêné.
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Aux États-Unis, un bébé d’un an sans ses parents devant le juge de l’immigration

 

JOHN MOORE VIA GETTY IMAGES

Des enfants jouant dans un centre de jour pour migrants au Texas, en février 2018

Le juge s’est dit « gêné » de lui demander s’il comprenait les procédures juridiques.

ÉTATS-UNIS – Surréaliste. Alors que la justice américaine tente désormais de réunir les familles d’immigrés qu’elle a séparées sous le décret anti-immigration « tolérance Zéro » de Donald Trump, des témoignages circulent sur des enfants présentés seuls face au juge afin d’être renvoyés dans leur pays d’origine. Dernière situation invraisemblable en date: celle d’un enfant d’un an, présenté face à la cour d’Arizona, en pleurs et sans ses parents.

A la cour, le bébé appelé Johan et originaire d’Honduras a « bu une bouteille de lait », « joué avec une petite balle » mais aussi « pleuré de façon hystérique, relate l‘Associated Press ce dimanche 8 juillet.

Face au juge, le bébé était accompagné d’un avocat -ce qui en fait l’un des enfants les plus « chanceux », parmi les centaines de cas similaires, car il est rare que ces derniers puissent bénéficier d’une aide juridique. Il a tout de même reçu un « ordre de départ volontaire » afin que le gouvernement le ramène au Honduras où son père avait déjà été renvoyé. Il avait été séparé de son père à la frontière américaine en vertu de la politique d’immigration de Donald Trump.

Le juge en charge de l’audition a avoué avoir été « gêné » de demander à Johan s’il comprenait les procédures juridiques dont il faisait l’objet.

« Je ne sais pas à qui vous pourriez les expliquer, à moins que vous pensiez qu’un enfant d’un an pourrait apprendre la loi sur l’immigration » a simplement rétorqué l’avocat du bébé.

Les défenseurs de l’immigration se sont plaints de l’ambiance des tribunaux vis à vis des enfants, les qualifiant de stressants et effrayants. Il n’y a aucun logement pour les enfants, dont beaucoup ne peuvent même pas voir au-dessus des tables de défense sans réhausseur.

« Il n’y a pas de siège d’appoint … pas d’ours en peluche. C’est un tribunal d’immigration froid, et ces enfants sont assis sur des chaises qui sont trop grandes pour eux; leurs pieds ne touchent même pas le sol », a expliqué l’avocat de l’immigration Lindsay Toczlowski sur CNN.

Plus de 2300 enfants séparés de leur famille

Plus de 2300 enfants, dont environ 100 de moins de cinq ans, avaient été séparés de leur famille en quelques semaines et hébergés dans des centres d’accueil gérés par le ministère de la Santé (HHS). Plusieurs centaines d’entre eux ont déjà retrouvé leurs parents mais le gouvernement peine à tenir le rythme. Le HHS a admis jeudi devoir recourir à des tests ADN et à des procédures accélérées pour identifier les enfants et leurs parents.

« Le juge a dit clairement qu’il n’allait pas laisser l’administration Trump traîner des pieds pour réunir les enfants avec leurs parents », s’est félicité Lee Gelernt, directeur adjoint du projet sur les droits des migrants d’ACLU, l’organisation de défense des droits civiques à l’origine de l’injonction contre la police de l’immigration (ICE).

D’après un responsable gouvernemental, le juge n’a toutefois pas formellement exclu de rallonger un peu ce délai, et une autre audience aura lieu ce lundi.

LOREN ELLIOTT / REUTERS

Au total, quelque 11.800 mineurs migrants sont actuellement retenus par les autorités américaines après avoir franchi illégalement la frontière, mais 80% d’entre eux sont des adolescents arrivés seuls.

Dans sa requête à la cour de San Diego, le ministère de la Justice (DOJ) assurait que le HHS « travaille d’arrache-pied pour réduire le fardeau de la confirmation de parenté et accélérer les vérifications par ADN ». « Dans certains cas, toutefois », affirme le DOJ, « cette procédure n’est pas concluante pour établir une parenté et l’étude de documents disponibles peut être nécessaire ».

Cette procédure peut aussi prendre du temps si les parents ont été libérés des centres de rétention.

« Dans ces cas-là, il pourrait être plus difficile de réunir certaines familles dans les délais de la cour », arguait le ministère.

Le ministère de la Justice demandait également à la cour de supprimer un paragraphe de la décision du 26 juin, qui interdit la détention de migrants sans leurs enfants car il pourrait être interprété comme une demande de libération des parents qui n’auraient pas retrouvé leurs enfants passé le délai.

Face au tollé créé par les images de jeunes enfants en pleurs, le président Donald Trump avait mis fin par décret le 20 juin aux séparations. Il appelle maintenant le Congrès à réformer les lois sur l’immigration.

https://www.huffingtonpost.fr/