Une équipe tente d’identifier les restes de soldats des guerres mondiales


Comme on le sait beaucoup de soldats sont morts lors des guerres mondiales dans le vieux continent. Je n’ose penser comment les familles qui n’ont jamais su ce qui est arrivé à leur proche. En France, il se fait un travail énorme pour identifier ces soldats morts sur le champ de bataille pour remettre les dépouilles aux familles à l’autre bout du monde pour qu’ils ne puissent être le Soldat inconnu
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Une équipe tente d’identifier les restes de soldats des guerres mondiales

 

UNKNOWN SOLDIER CANADA

Des ouvriers travaillant à l’agrandissement d’un hôpital ont été les premiers à découvrir des restes d’un soldat canadien inconnu près de la petite ville française de Vendin-le-Vieil en 2010.

Au cours des six années qui ont suivi, les restes de 18 autres Canadiens disparus ont été retrouvés dans la même région, parfois séparément, parfois regroupés.

Située dans la communauté d’agglomérations de Lens-Liévin, à environ 200 km au nord-est de Paris, Vendin-le-Vieil a été le théâtre d’une des principales batailles entre le corps expéditionnaire canadien et les forces allemandes en août 1917, au cours de ce qui fut baptisé par la suite la bataille de la Côte 70.

Bien moins connue que la conquête de la crête de Vimy, la côte 70 est un de ces moments qui ont défini le Canada, selon des historiens. Pour la première fois de l’histoire de la Première Guerre mondiale, les Canadiens étaient commandés par un des leurs, Arthur Currie, plutôt que par un général britannique.

Ces 19 soldats inconnus font partie des quelque 2200 Canadiens tués au cours de cette bataille qui s’est étendue pendant 10 jours. Des centaines d’entre eux ont été avalés par le champ de bataille boueux ou ont été enterrés si rapidement là où ils sont morts qu’ils n’avaient pas, pour ainsi dire, une tombe véritable.

Tous les ans, les restes de certains des quelque 28 000 Canadiens portés disparus au cours des deux guerres mondiales sont retrouvés sur les anciens champs de bataille européens.

Et quand une de ces dépouilles est découverte, la mission de l’identifier incombe à une petite équipe du ministère de la Défense nationale. Pour y parvenir, celle-ci a recours à une combinaison d’histoire et de science. Depuis sa création, il y a une dizaine d’années, elle est parvenue à identifier 22 soldats canadiens et 18 soldats britanniques.

« Ces hommes ont fait le sacrifice ultime pour leur pays, dit la coordinatrice de l’identification des pertes militaires du ministère, Sarah Lockyer. Le moins que l’on puisse faire, c’est d’essayer, du mieux que l’on peut, de trouver leur identité afin qu’ils puissent recevoir une sépulture à leur nom et que nous n’oublions pas leur sacrifice. Nous continuons de raconter leur histoire. »

En 2016, sept Canadiens ont été retrouvés, dont deux près de Vendin-le-Vieil, mentionne Mme Lockyer.

« Dès que nous avons reçu l’avis de la Commission des cimetières militaires du Commonwealth, nous tentons de comprendre qui était là et quand », explique Carl Kletke, un historien oeuvrant au sein de la direction de l’Histoire et du Patrimoine au ministère de la Défense.

L’équipe tente de retrouver ce qui permet d’identifier l’unité au sein de laquelle combattait l’inconnu: uniforme, insigne de casquette. Elle cherche aussi des effets personnels comme des bagues ou des bracelets.

Plusieurs des soldats inconnus dont les restes reposaient sur la côte 70 faisaient sans doute partie du 16e Bataillon (des Canadiens écossais) de Victoria, en Colombie-Britannique, mentionne M. Kletke.

Deux de ces 19 hommes portaient une pièce d’identité indiquant le nom du soldat, son grade et son unité. Toutefois, ils pouvaient porter la pièce d’identité d’un de leurs camarades tombés à leurs côtés.

 « On ne peut rien présumer », souligne l’historien.

Si M. Kletke analyse les données historiques afin d’identifier ces soldats perdus, Mme Lockyer a recours à la science.

La Commission des cimetières militaires du Commonwealth ne permet pas le rapatriement des dépouilles des soldats tués au cours des deux guerres mondiales. Le travail médico-légal doit se faire en Europe.

Mme Lockyer, une anthropologue légiste, se rend sur le Vieux Continent quelques fois par année. Son objectif est de déterminer la taille et l’âge d’un soldat inconnu en examinant ses os.

Les données sont ensuite vérifiées avec la liste des soldats disparus résultant de l’analyse historique dans l’espoir de parvenir à une identification, ou du moins, de réduire le nombre des possibilités.

Elle ne peut pas dire combien de dépouilles ont été retrouvées au cours des 10 dernières années, mais se souvient fort bien de sa plus récente réussite.

En septembre, le soldat Kenneth Donald Duncanson a été inhumé en Belgique avec tous les honneurs militaires, exactement 72 ans après qu’il eut été tué près du canal Leopold pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Judith Thomas, qui a représenté la famille au cours de la cérémonie, a décrit la nouvelle de l’identification des restes de son cousin au deuxième degré comme un « véritable cadeau ». La famille demeurait incertaine de son sort.

« Cela nous donne un sentiment d’apaisement, a dit Mme Thomas au cours d’une récente entrevue. C’est un travail remarquable et (cette équipe) doit continuer de le faire. »

http://quebec.huffingtonpost.ca/

L’identification des corps après un crash, un processus très codifié


Un avion s’est écrasé dans les Alpes qui a fait 150 victimes, les plus touchées sont des Allemands et des Espagnols, sans compter deux bébés et des adolescents qui revenaient d’un échange scolaire. Maintenant, il faut retrouver les victimes dans une grande zone difficile d’accès. La tâche ne sera pas facile vue qu’on dit qu’aucune victime ne sera retrouvée en entier.
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L’identification des corps après un crash, un processus très codifié

 

Francis Pellier/AFP

La dangerosité du site où s’est écrasé l’avion complique le travail de récupération des corps.

150 personnes se trouvaient à bord de l’A320 qui s’est écrasé dans les Alpes mardi. L’existence de tout survivant ayant été écartée, l’heure est désormais à l’identification des corps.

Les images des débris de l’A320 de Germanwings, éparpillés sur plus d’un hectare à flanc de montagne, laissent présager de l’ampleur du travail qui attend les médecins légistes. L’identification des corps est pourtant un impératif pour rendre les dépouilles aux familles, qui pourront ainsi entamer leur travail de deuil, et recenser officiellement les victimes. Elle répond à un protocole précis, appliqué à la plupart des accidents de grande ampleur (bus, train…).

Dans un premier temps, le site est quadrillé de façon méthodique pour relever tous les corps ou fragments de corps. Leur localisation est enregistrée précisément, et ces restes humains sont ensuite conditionnés et entreposés dans une sorte de morgue temporaire avant d’être transférés aux médecins légistes. Voilà pour la théorie.

Dans le cas présent, le terrain extrêmement escarpé où reposent les restes de l’avion rend cette première étape particulièrement difficile. Les débris humains (aucun corps n’aurait été retrouvé entier) sont éparpillés sur un hectare et demi de terrain, dont des à-pics sur lesquels il n’est possible de se déplacer qu’en cordée. Sans compter le froid, qui complique ces conditions de travail dantesques. L’intervention a donc été confiée à des militaires issus de pelotons de gendarmerie de haute montagne, qui ont entamé le travail de repérage des fragments de corps. Ceux-ci sont pour l’instant laissés sur place afin de permettre une reconstitution en 3D de la scène de la catastrophe. Les experts ont d’ores et déjà annoncé qu’il faudrait plusieurs semaines pour venir à bout de cette phase de travail.

Recueillir des indices

De leur côté, les enquêteurs auront pour mission de recueillir des informations sur les victimes afin de faciliter leur identification. Le questionnement des familles permet d’accumuler des éléments dits «ante mortem»: particularités physiques des défunts (taille, pointure, tatouage, couleur des yeux et des cheveux, port d’une prothèse…), radios dentaires ou matériel génétique exploitable, comme une brosse à cheveux ou à dents. Mais là encore, la tâche s’annonce ardue, car les passagers représentent pas moins de 15 nationalités différentes.

Le travail de recoupement des informations par les médecins légistes commence alors.

«Les indices sur l’aspect physique des gens permettent de réaliser un premier tri, explique le Pr Valéry Hédouin, chef du service de médecine légale au CHRU de Lille. Mais dans le cas présent, on imagine que cela va difficilement être possible, vu l’état des dépouilles».

La deuxième étape consiste donc à s’appuyer sur le dossier dentaire, quand il a pu être récupéré.

«Les dents sont très solides, et l’intervention d’un dentiste va sculpter la dent de façon unique, qui permettra d’identifier de façon très sûre un individu si l’on dispose de radios», poursuit le Pr Hédouin.

«Une question de dignité»

Des analyses ADN sont également réalisées pour identifier des fragments de corps ne présentant aucun indice. Les techniques de plus en plus performantes en la matière ont accru leur importance dans le travail des légistes.

«Des analyses ADN vont vraisemblablement être réalisées sur tout ce qu’ils trouveront. Cela permet de rendre un corps le plus complet possible aux familles, c’est une question de dignité», estime Mariannick Le Gueut, professeur de médecine légale à Rennes.

Les informations ante mortem et postmortem sont mises en regard lors de réunions rassemblant des enquêteurs, un médecin légiste, un biologiste, un odontologiste, voire un magistrat du parquet. L’identification permet de déclarer la mort de la victime, puis de rendre le corps, du moins ce qui a pu lui être attribué, à ses proches.

L’identification des corps peut également faire progresser l’enquête.

«Dans le cadre d’un accident de bus par exemple, l’autopsie du conducteur peut aider à savoir s’il a fait un malaise qui expliquerait le drame, rappelle le Dr François Paysant, du CHU de Grenoble. Retrouver le pilote de l’avion pourrait donc être intéressant. Par ailleurs, ce travail d’identification permet aussi de savoir s’il n’y avait pas à bord une personne qui n’était pas censée s’y trouver».

http://sante.lefigaro.fr/