Stat: les urgences s’amusent


J’ai découvert ce site en regardant l’émission Salut Bonjour et comme j’ai été préposée dans un hôpital en Abitibi pendant quelques années et que j’aimais mon travail, cela m’a interpelé tout de suite … Une façon enfin de voir le milieu de la santé dans la détente … Chapeau aux auteurs
Nuage

Stat: les urgences s’amusent

L'infirmier Yves Lessard et le docteur François Paquet, auteurs de Stat

L’infirmier Yves Lessard et le docteur François Paquet, auteurs de Stat

Photo: fournie par STAT

Sophie Allard
La Presse
 

Des drames pénibles. De trop nombreuses civières dans les couloirs. Des patients mal en point qui attendent pendant des heures. Du personnel épuisé qui ne sait plus où donner de la tête. Décidément, il ne fait pas bon travailler dans les urgences québécoises aujourd’hui. Mieux vaut en rire, vous diront le docteur François Paquet et l’infirmier Yves Lessard, du centre hospitalier Hôtel-Dieu de Lévis, auteurs de Stat, une bédé sur les urgences.

Stat est une bande dessinée à l’humour basique, grinçant, un brin caricatural. «Un genre de Gaston Lagaffe sur le système de santé», illustrent ses concepteurs, le docteur François Paquet et l’infirmier Yves Lessard.

Et grâce au gag qu’ils publient chaque semaine sur l’internet, les deux complices ont des adeptes jusqu’en Russie et aux Philippines. Dans quelques mois, un premier album en couleurs sera même offert dans les grandes librairies du Québec.

 

«On vit et on entend toutes sortes d’histoires cocasses quand on travaille sur le terrain. Nous voulions partager notre quotidien à l’urgence», dit François Paquet, urgentologue et collectionneur de bandes dessinées.

En milieu hospitalier, «stat» ça veut dire sur-le-champ. Comme dans urgence. Plus de 90% des histoires, racontées sous forme de planches de trois à cinq cases, sont tirées de cas vécus.

«Nos personnages offrent un regard critique et rempli d’humour sur leur environnement, affirme Yves Lessard, infirmier depuis 25 ans. Nous voulons démystifier le système de santé et sortir des stéréotypes.»

Oubliez l’infirmière sexy, le médecin séducteur et l’infirmier efféminé. Le docteur Mike Dee, l’infirmier The Tank et leurs camarades sont plutôt inspirés des vrais collègues des auteurs.

«Pendant mes journées de travail, je note toute situation cocasse qui se prêterait bien à la bédé. Je suis toujours à l’affût, Yves aussi. On crée ainsi une banque d’histoires drôles», indique Dr Paquet, qui travaille au moins 60 heures par semaine à l’urgence.

Les deux professionnels de la santé grappillent ici et là de précieuses minutes de temps libre pour mener à bien leur projet. Yves Lessard dessine. François Paquet écrit les textes, se charge du design et de la mise en ligne. Une planche demande en moyenne deux heures à produire.

«C’est une sorte d’exutoire pour nous et pour nos lecteurs», résume le Dr Paquet.

«On se défoule, on s’amuse», ajoute Yves Lessard.

Plusieurs lecteurs sont des travailleurs de la santé, mais les non-initiés tombent aussi sous le charme.

«On entend tellement de choses négatives sur le milieu médical, c’est lourd. Nous voulons montrer un côté plus léger de notre univers. Et les gens sont fascinés», ajoute-t-il.

Le projet, au départ un simple passe-temps, grossit. En plus d’alimenter leur site web, les créateurs envoient des bédés à l’Ordre des infirmières de l’Alberta, à l’Association des médecins d’urgence du Québec et même à la Société française de médecine d’urgence. Des scripteurs, un coloriste et un graphiste font désormais partie de l’équipe. Ils préparent le tome 2 de Stat, qui sera disponible peu après Noël dans les librairies.

«Le tome 1, lancé au printemps, était un projet pilote à tirage réduit. Le tome 2 en est une version améliorée vouée à une large diffusion», précise le Dr Paquet.

L’éditeur, Julien Poitras de Moelle Graphique, est aussi… le chef des urgences du centre hospitalier Hôtel-Dieu de Lévis!

Yves Lessard et François Paquet rêvent maintenant de voir leurs personnages dans les pages de quotidiens québécois, dans les librairies aux États-Unis et, qui sait, au petit écran. Et, disent-ils à la blague, ils rêvent de journées de plus de 24 heures!

Sur le web: http://www.statcomics.com