Plus de 400 victimes: en Grande-Bretagne, le démantèlement d’un vaste réseau d’esclavage


C’est pitoyable qu’en 2019, l’esclavage est encore en force dans le monde. En Grande-Bretagne, ils ont démantelé un réseau de trafic humain. Des Polonais qu’on leur promettait une meilleure vie, on travailler dans des usines, des centres de recyclages … et ont vécu dans des lieux insalubres
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Plus de 400 victimes: en Grande-Bretagne, le démantèlement d’un vaste réseau d’esclavage


Liasses de billets et cartes bancaires aux noms des esclaves du gang retrouvées par la police britannique | Capture d'écran / West Midlands Police

Liasses de billets et cartes bancaires aux noms des esclaves du gang retrouvées par la police britannique | Capture d’écran / West Midlands Police

Repéré par Léa Polverini

Repéré sur BBC

Un gang des West Midlands faisait venir en Grande-Bretagne des bus de Polonais pour les exploiter

C’est l’un des plus gros réseaux d’esclavage contemporains connus en Grande-Bretagne: la police estime son nombre de victimes à plus de 400 personnes. Un gang des West Midlands faisait venir en bus de Pologne en Angleterre des individus, âgés de 17 à plus de 60 ans, avec la promesse d’y trouver un travail et une vie meilleure. Une fois arrivées, les victimes étaient enfermées dans des maisons insalubres et forcées d’effectuer divers travaux ouvriers.

Trafic d’êtres humains

Un premier procès avait eu lieu en février dernier, au terme duquel cinq membres du gang, associés à deux familles du crime polonaises, avaient été condamnés pour avoir commis des crimes de trafic d’êtres humains, de travail forcé et de blanchiment d’argent. Ce vendredi, trois autres membres de ce réseau de crime organisé viennent d’être jugés coupables. Leurs peines vont de trois à onze ans d’emprisonnement, et l’un des condamnés, Ignacy Brzezinski, est actuellement en cavale.

Les huit criminels –cinq hommes et trois femmes– visaient les plus précaires, choisissant leurs cibles parmi les sans-abris, les anciens détenus et les alcooliques. Leur réseau a été démantelé après que deux de leurs victimes ont parvenu à s’échapper en 2015 et ont contacté l’association Hope for Justice.

Violences et humiliations

Entassées à quatre par chambre dans des maisons infestées de rats, parfois sans eau courante, dans les environs de West Bromwich, Smethwick et Walsall, les victimes devaient travailler toute la journée dans des centres de recyclage, des fermes et des usines de transformation de dinde pour un salaire de 20£ par semaine versé sur des comptes contrôlés par les membres du gang. Si elles se révoltaient, elles étaient soumises à des traitements violents et humiliants. L’un·e des prisonnier·es est mort·e en captivité.

On estime qu’entre juin 2012 et octobre 2017, le gang a ainsi gagné plus de deux millions de livres sterling. Marek Chowaniec, âgé de 30 ans, est considéré comme le «visage respectable» de cette organisation, ayant joué un rôle principal auprès des banques et des agences d’emploi.

L’enquête aura duré quatre ans: elle a mené à l’identification de 92 victimes, mais la police estime qu’au moins 350 autres personnes sont passées entre les mains du gang.

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Le Saviez-Vous ► En Inde, des femmes achetées pour quelques centaines d’euros


Il y a des endroits dans ce monde qui doivent évoluer pour de meilleures conditions de la femme. Dans des villages en Inde, des hommes ont de la difficulté à se trouver des femmes, alors ils les enlèvent ou les achètent. Elles sont devenues des esclaves domestiques et sexuelles. Si ces hommes décident de les délaissées, elles se retrouvent seules rejeter par leurs voisins, et même par leur famille.
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En Inde, des femmes achetées pour quelques centaines d’euros

 

Une mariée, à Ahmedabad, en Inde, le 11 février 2018. | Sam Panthaky / AFP

Chaque année en Inde, des dizaines de milliers de femmes sont enlevées pour être vendues comme épouses.

 

À treize ans, Tahmina a été vendue 50.000 roupies (environ 620 euros/ 994,06 $ canadien) à un homme de plus de quarante par sa sœur et son beau-frère, dans un village de l’État d’Haryana.

En Inde, le rapport ministériel du National Crime Records Bureau indique qu’en 2016, 33.855 personnes ont été enlevées pour un mariage, un peu plus de la moitié d’entre elles étant mineures, et la quasi totalité, des femmes (seulement 59 hommes sur le total).

«Pendant des siècles, le trafic de femmes à marier a été un marché florissant dans les États de l’Haryana, du Pendjab et du Rajasthan, au nord de l’Inde. Il n’existe pas de données officielles du gouvernement sur le nombre de victimes du trafic d’alliances, mais l’on estime que des centaines de milliers de femmes et de filles, principalement venant d’Assam, du Bengale-Occidental, du Jharkhand ou du Bihar, ont été vendues en mariage», rapporte Elena del Estal pour le Guardian.

Six semaines plus tard, Tahmina a été retrouvée par sa mère dans un petit centre d’hébergement géré par le gouvernement, grâce à l’aide de l’organisation Empower People, qui lutte contre le trafic de femmes à marier et les crimes d’honneurs perpétrés contre les femmes.

Une vie d’esclave sexuelle et domestique

Les femmes ainsi vendues sont souvent réduites à une vie d’esclave sexuelle ou domestique, quand elles ne sont pas abandonnées et, éventuellement, revendues. On les appelle «paro» ou «molki», ce qui signifie «volée» ou «achetée» –manière supplémentaire de les humilier.

Sanjida a vécu comme «paro» pendant quinze ans dans le district de Mewat. Comme Tahmina, à qui sa sœur avait fait croire qu’elle l’emmenait à Dehli, elle pensait rejoindre la capitale pour trouver un emploi de baby-sitter. Au lieu de cela, on l’a vendue pour 10.000 roupies (124€ /194,92 $).

Quand elles se retrouvent veuves, la plupart des paros sont expulsées de la maison. Un retour au premier foyer est souvent mal vécu par les femmes ayant été vendues comme épouses, qui font face à des discriminations, du voisinage comme de leur propre famille.

Le père de Tahmina a refusé de l’accueillir dans sa maison à son retour. Il a décidé de quitter leur village avec sa mère et ses frères et sœurs, la laissant vivre chez sa grand-mère.

La pratique de mariage forcé par troc et enlèvement trouve sa légitimation auprès de certaines populations, lorsque trouver une femme locale se révèle trop ardu.

«Les hommes pauvres comme nous, qui n’ont pas beaucoup de terres, ont beaucoup de difficulté à trouver une femme ici», explique l’homme qui a acheté et épousé Sanjida.

Samsuddil, lui, a acheté Najida 10.000 roupies pour qu’elle le rejoigne… lui et sa femme: incapable à 41 ans d’avoir un enfant avec cette dernière, et ne pouvant pas trouver d’autre femme au village, il se justifie:

«Avoir des enfants est important». Najida a vingt ans.

 

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Le Centre canadien pour la protection de l’enfance veut sensibiliser les jeunes ados au chantage aux "nudes", avec des clichés d’un petit rongeur.


Que peut bien se passer dans la tête des jeunes pour montrer leur partie intime sur internet supposé être privée entre deux personnes ? L’idée du rat-taupe n’est pas bête du moins pour les jeunes hommes, mais cela va t’il les incite à télécharger une des photos de cet animal pour éviter d’être victime d’un sextorsion. Le mieux, c’est de ne jamais envoyer des photos intimes
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Le Centre canadien pour la protection de l’enfance veut sensibiliser les jeunes ados au chantage aux « nudes », avec des clichés d’un petit rongeur.

 

Emilie Brouze

Le rat-taupe nu est un rongeur au physique ingrat : peau rose fripée, poils blancs, nez de cochon, minuscules petits yeux noirs et deux longues dents de devant.

L’animal, qui vit dans les zones arides d’Afrique de l’Est, possède en outre d’incroyables qualités : une longévité hors du commun, une insensibilité à la douleur ou encore une résistance particulière à certaines maladies.

Des scientifiques fascinés par son cas ont découvert récemment que le mammifère presque aveugle peut survivre sans oxygène 18 minutes durant, grâce à un métabolisme unique.

Autre actualité de l’animal : le rat-taupe nu vient d’être choisi par le Centre canadien pour la protection de l’enfance (CCPE) pour incarner une campagne de sensibilisation contre la « sextorsion », le chantage aux « nudes » (les selfies dénudés que s’envoient les ados).

L’animal n’a pas été casté pour ses superpouvoirs, mais plutôt pour son physique. Précisément en raison de son allure de phallus. Voyez donc :

Dans le clip de campagne (très drôle) du Centre canadien pour la protection de l’enfance, un homme en veste de tweed définit ainsi la « sextorsion » :

« C’est quand quelqu’un que tu viens de rencontrer sur Internet réussit à obtenir des photos ou des vidéos nues de toi et te menace ensuite de les envoyer à tes amis et à ta famille si tu refuses de lui envoyer de l’argent ou d’autres images nues. Sexe + extorsion = sextorsion.

Sexe + extorsion

Si elle touche les deux sexes, le CCPE a constaté ces deux dernières années une hausse des signalements de sextorsion visant les jeunes hommes. C’est pour cela qu’il a voulu spécifiquement s’adresser à eux dans une campagne.

« Il y a eu quelques cas de suicide d’ados liés à la sextorsion. On ne veut plus que ça arrive. »

Le Centre, qui travaille sur toutes les formes d’exploitation sexuelle à l’encontre des enfants, comptabilise en 2016 25 signalements de sextorsion de la part de garçons, 62 de la part de jeunes filles.

« Les chiffres sont très en-deçà de la réalité », commente René Morin, porte-parole francophone du CCPE.

« C’est souvent quand les situations ont atteints des proportions énormes que les ados ou leurs parents nous font un signal. A Toronto, les services de police ont épinglé un homme qui avait fait 1 200 victimes. Pas toutes ont porté plainte. Les jeunes se sentent souvent très humiliés quand ils prennent conscience qu’ils se sont fait piégés. »

En novembre dernier, un Américain de 32 ans a été condamné à 38 ans de prison pour avoir extorqué plus d’une centaines de jeunes hommes, dont de nombreux lycéens qu’il trouvait en cherchant sur les annuaires des écoles, note le New Yorker. La France n’est pas épargnée par cette forme de cybercriminalité.

René Morin précise que ce type de stratagème est souvent déployé par des individus basés à l’étranger, qui font chanter les ados en les dupant avec des images pré-enregistrées.

Sexe + extorsion

« Les jeunes se font bombarder de toutes sortes de messages de sensibilisation, de prévention, des mises en garde… On voulait trouver le moyen de sortir du lot pour attirer l’attention, de façon humoristique », développe le porte-parole.

« On voulait aussi que ça devienne viral. Pour l’instant, ça fonctionne plutôt bien. »

Quelque soient les circonstances de la demande, le Centre déconseille aux ados l’envoi de « nudes ».

« A partir du moment où vous envoyez une photo de vous, vous renoncez au contrôle que vous pouvez exercer sur l’image et cela peut tomber dans les mains de personnes mal intentionnées », ajoute René Morin. 

Il suggère plutôt aux ados une réponse originale à la demande de « nudes », sous la forme d’un slogan :

« Te fais pas sextorquer, envoie un rat-taupe nu. »

Utiliser l’image du rongeur comme une sorte de pirouette déstabilisatrice, en somme.

Dans le clip de campagne, l’homme à la veste de tweed s’adresse à une audience de jeunes, façon prof de bio :

« Un rat-taupe nu, c’est long et charnu et ça ressemble pas mal à la photo que tu allais envoyer.

Sauf qu’il y a de petits yeux et de petites dents acérées à l’extrémité. Et puis avec ça, tu ne risques pas de te faire sextorquer. »

Pour outiller les ados, le Centre canadien propose sur son site une panoplie d’images et de GIF du rongeur à télécharger.

 

Que pourrait-être sa version féminine ? 

 

http://tempsreel.nouvelobs.com

Le Saviez-Vous ► Les pensionnats autochtones, le génocide culturel amérindien


Un résumé d’une assimilation des Amérindiens (qu’on nomme à tort indien) avec un témoignage d’une amérindienne en vidéo. Quand les européens sont venu en Nouvelle-France, c’est fut le début des ennuis pour les Premières Nations. Quand les colons se sont bien installés, des pensionnats ont été créer pour provoquer un génocide culturel chez les amérindiens. C’est le coté obscur de l’histoire Canadienne qu’il ne faut ne faut pas oublier .. Des enfants ont été séparé de leurs familles, violentés, abusé sexuellement par des missionnaires pour soit disant les civilisés à la culture blanche.
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Les pensionnats autochtones, le génocide culturel amérindien

RACONTÉ  PAR MARINE GASC

Au XIXe siècle, les Canadiens ont créer des pensionnats pour les enfants autochtones (pour les Amérindiens) afin de les civiliser. De fait, pendant plus d’un siècle (le dernier pensionnat a été fermé en1996), les enfants étaient battus, exploités, humiliés… Découvrez les pensionnats pour autochtones ou le génocide culturel au Canada.

« Acquérir les pratiques des Blancs » dans les pensionnats

Les pensionnats avaient une mission très simple, retirer les enfants natifs américains à leurs parents afin de limiter l’influence de la culture autochtone, de leur apprendre les pratiques et les coutumes et ainsi en faire de parfaits petits Blancs. Ça fait flipper un peu et pourtant je n’invente rien, ce sont les mots du Premier ministre John A. Macdonald en 1883 :

«  Les enfants indiens devraient être retirés le plus possible de l’influence de leurs parents, et la seule manière d’y arriver est de les placer dans des écoles industrielles où ils vont acquérir les habitudes et les pratiques des Blancs »

A l’époque on veut permettre aux enfants amérindiens d’avoir les mêmes chances de réussir leur vie que les Blancs. C’est plutôt cool, mais le faire en voulant gommer les différences culturelles, c’est moche. D’autant que les moyens mis en place ne permettent pas d’offrir des chances de réussite aux enfants, au mieux ils apprennent à lire et écrire, au pire ils sont humiliés du fait de leurs langues, de leurs coutumes ou de leur couleur de peau.

Entre 1880 et 1996, plus de 150 000 enfants ont été placés dans les pensionnats.

Qu’est-ce qu’un pensionnat ?

La politique d’assimilation des Amérindiens par le Canada a été mise officiellement en place en 1880, or, entre 1830 et 1880, il existe déjà des établissements pour éduquer et convertir les natifs américains afin de les intégrer à la société.

Des missionnaires catholiques en sont à l’origine « aime ton prochain, mais seulement s’il te ressemble! » En Nouvelle-France, ça ne convainc pas vraiment les parents amérindiens qui préfèrent garder leurs enfants auprès d’eux et il n’existe aucune loi et donc aucune institution pouvant les contraindre à mettre les gamins dans ces pensionnats. C’est ce qui va changer en 1876 avec la loi sur les Indiens :

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« Notre législation indienne repose sur le principe que les autochtones doivent rester dans un statut de tutelle et être traités comme des pupilles ou enfants de l’État […] L’intérêt des autochtones comme celui de l’État requiert que tous les efforts soient faits pour aider l’homme rouge à sortir de sa condition de tutelle et de dépendance et il est clairement de notre savoir et de notre devoir de le préparer, par l’éducation et tout autre moyen, à un plus haut degré de civilisation en l’encourageant à assumer les privilèges et les responsabilités d’une citoyenneté entière. »

Le gouvernement fédéral décide qu’il faut des dispositions liées à l’éducation des Amérindiens (entre autres…). Et là, ça marque mal car les peuples autochtones sont obligés de laisser les enfants (à partir de 6 ans) dans les pensionnats (non mixtes). Dans un premier temps, les chefs amérindiens ne sont pas contre, ils espèrent donner aux gamins la chance de s’adapter à la nouvelle société mais aussi d’avoir l’opportunité de ne pas se laisser dominer par les étrangers en connaissant leurs codes, leurs coutumes, leurs langues. D’un autre côté, le gouvernement espère rendre les peuples autochtones plus indépendants financièrement en les intégrant dans la société et le commerce car le gouvernement verse des fonds publics aux peuples autochtones, il s’agit d’une protection financière en échange de l’occupation des terres (et j’aime autant vous dire qu’ils ne sont pas gagnants les natifs Américains).

En 1883, trois pensionnats autochtones (encore appelés écoles industrielles) sont en marche, ils sont gérés par le gouvernement fédéral et l’Église (catholique, anglicane et presbytérienne). Au cours des cinquante années qui suivent, un véritable réseau de pensionnats se met en place (jusqu’à 80 établissements en 1930). Seules deux provinces refusent de mettre en place les pensionnats : le Nouveau-Brunswick et l’Ile-du-Prince-Edouard. En 1945, le gouvernement décide de couper certaines aides financières aux familles autochtones qui refusent de mettre leurs enfants dans les pensionnats… Et les familles sont nombreuses car les conditions de vie y sont terribles.

La vie dans un pensionnat

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Plus de 150 000 enfants âgés de plus de 6 ans ont intégré les pensionnats autochtones, plusieurs milliers en sont morts. Environ 3200. Du fait des conditions sanitaires indécentes, les épidémies font des ravages, notamment la tuberculose et la grippe, mais aussi la violence. De fait, le taux de mortalité est cinq fois plus élevé dans les écoles industrielles que dans tout le pays.

Dès leur arrivée, les enfants sont humiliés. On les déshabille et on les lave devant tout le monde. Déso du point Godwin mais ça se passe pareil dans l’entrée des camps de concentration. Dans certains pensionnats, des enfants sont même frottés au détergeant afin d’éclaircir leur peau. Sauf qu’en fait ça ne marche pas, ils ne sont pas sales, ils sont Amérindiens.

« Dès que nous sommes entrées dans le pensionnat, les abus ont commencé. Nous avons été déshabillées, amenées dans un dortoir. Nos cheveux ont été vaporisés. […] On nous a dit que nous étions des petites sauvages stupides, et qu’on devait nous éduquer. » – Élaine Durocher

Les journées sont toutes rythmées de la même façon. Le matin les élèves sont en classe, l’après-midi ils travaillent. Chaque jour, ils sont réveillés par une cloche, doivent se lever seuls et partir au réfectoire pour un déjeuner frugal ensuite les enfants enchaînent trois heures de classe. Les cours sont donnés en français et en anglais. Après le déjeuner ils partent travailler, à aucun moment de la journée les enfants n’ont le droit de parler leur langue sous peine d’être battus.

« Ils m’ont volé ma langue. Ils l’ont sortie droit de ma bouche. Je ne l’ai plus jamais parlée. Ma mère me demandait : « Pourquoi, pourquoi? Tu peux m’écouter. » Elle disait : « Je pourrais te l’apprendre. » J’ai refusé. Et quand elle m’a demandé pourquoi, j’ai répondu : « J’en ai assez d’avoir des claques sur la bouche. Je suis tannée. Je suis tannée, c’est tout. » » – Rose Dorothy Charlie

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Le gouvernement justifie le travail (relativement intense) par l’apprentissage pour une meilleure intégration dans le milieu du travail. Ben oui, les petits sauvages doivent apprendre à rester assis pour le travail. En réalité, le boulot des gamins sert à payer les frais liés à l’organisation des pensionnats. Vu que le gouvernement ne veut pas mettre de fric dans les écoles industrielles, il donne du boulot aux missionnaires de l’Église et réduit au maximum le budget alimentaire et matériel. Durant les week-ends et vacances scolaires, les enfants autochtones doivent rester aux pensionnats pour ne pas perdre les bonnes manières. Il n’y a pas de classe mais des activités religieuses Il faut attendre 1960 pour que les enfants puissent rentrer voir leur famille durant les vacances. La séparation avec les parents est très difficile, en plus de ça, les enfants sont victimes de nombreuses violences.

Des enfants brutalisés et abusés dans les pensionnats

Un rapport publié en 2015 fait un triste constat (après plus de 7 ans de travail) à propos du traitement réservé aux enfants. Malnutrition, abus sexuels, violences physiques et psychologiques… Les témoignages sont assez horribles. Outre la qualité médiocre des enseignements apportés par des personnes incompétentes (les missionnaires), la qualité de vie est mauvaise, les enfants n’ont pas de vêtements adaptés aux saisons, ils sont malnutris et sont soumis à de nombreuses maladies sans que des soins particuliers leurs soient accordés.

« J’ai toujours blâmé le pensionnat pour avoir tué mon frère. Il s’appelait Dalton. […] Ils m’ont autorisé à aller le voir une fois avant sa mort, et il ne m’a même pas reconnu. Il n’était qu’un petit garçon allongé dans un lit à l’infirmerie, en train de mourir. » – Ray Silver

La culture autochtone est complètement humiliée, leur langue maternelle est interdite même lorsqu’ils écrivent à leurs parents… De nombreux enfants ont été battus, parfois à mort. Il existe aussi des cas de violences sexuelles par le personnel des pensionnats autochtones…

« Puisque je ne pleurais pas après avoir été battue, elles devenaient furieuses, vous savez, les deux religieuses. Elles commençaient tout simplement à nous battre et elles perdaient le contrôle. Elles nous jetaient contre le mur, nous jetaient sur le plancher, nous frappaient à coups de pied, à coups de poing. » – Géraldine Bob

« J’ai vu la religieuse pousser cette fille en bas de l’escalier. Elle ne s’est jamais relevée, et on nous a éloignés de là, on nous a envoyés en bas. Je ne sais pas ce qui est arrivé, mais elle n’est pas revenue avant des mois. Et, quand elle est revenue, elle était un peu paralysée. » – Margaret Plamondon

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« Ils me couraient après, m’attrapaient et m’amenaient à ce pédophile pour qu’il puisse m’agresser, profiter de moi comme il le voulait. Et on vivait dans la peur permanente. » – Richard Hall

« On me sortait chaque soir. Et ça a continué jusqu’à ce que j’aie environ 12 ans. Il y avait plusieurs superviseurs, des hommes et une femme. Et c’était dans le dortoir, c’était dans leur chambre; c’était dans l’abri d’auto; c’était dans son auto à lui; c’était dans le gymnase; à l’arrière du véhicule… » – Frances

Le rapport pose un constat assez négatif… Depuis 2008, le Canada a présenté plusieurs fois des excuses aux autochtones, reconnaissant sa responsabilité dans le génocide culturel. Aujourd’hui encore, le premier ministre et le gouvernement tentent de réparer autant que possible les erreurs du passé…

Entrez la légende de la vidéo ici

http://www.racontemoilhistoire.com

Un rat humilié sur le Web chinois… pour avoir volé du riz !


Je ne sais pas si l’auteur de ces photos voulaient faire rire les réseaux sociaux, mais c’est raté ! C’est même stupide !
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Un rat humilié sur le Web chinois… pour avoir volé du riz !

 

«C’est la meilleure chose que tu puisses faire ? Même si tu me battais à mort, je n’admettrai pas que le riz de chez toi a été volé par mes soins», peut-on lire sur le premier panneau.

rat voleur riz humilié

«Je ne recommencerai pas», lit-on sur le deuxième.

Indignation virtuelle pour le rat

Mais l’homme était loin de s’imaginer que les clichés postés sur Internet susciteraient de telles réactions. De nombreuses personnes ont en effet commenté la publication. Selon celles-ci, il fallait avoir pitié du pauvre petit rat. Mais pour lui, pas question : «ce n’était qu’un rat […], c’était un petit incident».

Le pauvre rongeur a-t-il survécu à une telle humiliation ? Nul ne le sait… toujours est-il que son histoire n’est pas sans rappeler celle vécue par une souris sans défense venue grignoter des bananes et qui a ensuite été victime d’un interrogatoire musclé.

https://wamiz.com

Et si on arrêtait d’humilier nos enfants sur Internet?


Si c’est rendu une mode, il serait temps qu’on s’unisse pour y mettre fin. Des parents punissent publiquement leurs enfants sur Internet via photos ou vidéos. Ces enfants sont humiliés devant le monde entier ce qui vraiment cruel
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Et si on arrêtait d’humilier nos enfants sur Internet?

 

Nadia Daam

Un père condamne dans une vidéo YouTube cette nouvelle mode qui consiste à partager sur Internet une vidéo ou une photo où l’on punit son enfant.

Les premières secondes, on s’attend à voir une énième vidéo de punition infligée par un parent à son enfant et postée sur YouTube. Le père tient un rasoir électrique, engueule salement son fils et fait mine de s’apprêter à lui raser la tête. Puis il s’arrête, l’embrasse et lui dit qu’il l’aime.

«Jamais, jamais, je n’humilierai mon propre ADN sur Internet. […] L’humiliation peut causer suicides et dépression. […] Nous vivons dans une société dans laquelle les gens veulent enregister et diffuser la manière dont ils éduquent leurs enfants. […]Ce qui se passe en ce moment est incroyable et ça me brise le cœur.»

Ce que ce père condamne dans cette vidéo salutaire mais un brin gênante, c’est cette nouvelle mode qui consiste à punir ses enfants publiquement.

«Je vais te mettre la honte sur YouTube» is the new «tu es privé de télé».

Depuis quelques mois, apparaissent sur Internet des vidéos ou des photos postées par des parents qui ont pour seul but de rendre publique une punition infligée à leur enfant.

Enfants pas sages

C’est ainsi par exemple qu’a très largement circulé en février cette photo d’un petit garçon que son coiffeur de père a rasé de façon à faire croire que le garçonnet était dégarni, coupe de cheveux surnommée «Coupe Benjamin Button» par le père lui-même, qui est allé jusqu’à proposer ses services pour tous les parents d’enfants pas sages.

«Tu veux jouer au grand… Eh bien maintenant tu a l’air adulte. Coupe spéciale pour les grands enfants. Amenez les enfants pas sages.»

Si beaucoup se sont indignés, elle a surtout suscité l’hilarité, aux dépens de ce garçon. Le père confiait lui-même avoir reçu plus de messages de soutien que de critiques.

En janvier, c’était une fillette de 10 ans qui se faisait humilier publiquement. Parce qu’elle avait créé plusieurs comptes Facebook sur lesquels elle se faisait passer pour plus âgée, son père a posté une photo d’elle flanquée de barrettes, d’un sac à dos princesse et d’un T-shirt «J’ai 10 ans». Une photo postée… sur Facebook.

Plus ironique encore: après avoir découvert que son fils harcelait ses camarades à l’école, un père l’a forcé à poser avec une pancarte entre les mains, avec son nom, ses méfaits, la liste des punitions et des excuses aux victimes. Photo elle-même publiée sur Facebook. Le harceleur finit donc pas être lui-même harcelé et jeté en pâture à la vindicte populaire. (Détail qui n’en est pas un, on a découvert, depuis, que le pseudo du père sur Internet était «SS cow-boy» et qu’il posait régulèrement avec un T-shirt orné d’une croix gamée.)

Double peine

Mais une dernière séquence devrait peut-être mettre fin à ce type d’image et à l’effet d’émulation. Une adolescente de 13 ans vient de mettre fin à ses jours après que son père a posté une vidéo dans laquelle il lui coupait les cheveux pour la punir. Une page Facebook réclame que des sanctions soient prises contre le père et contre tous les parents qui ont désormais recours à cette méthode de l’humiliation publique.

Punir son enfant est une chose. Le punir en lui rasant le crâne ou en lui coupant les cheveux est d’une barbarie sans nom. Diffuser les images de cette punition relève en plus de la double peine: l’enfant est déshumanisé dans le foyer et publiquement. Son intimité, sa vie familiale, les règles qui la régissent sont exposées au vu et au su de tout le monde (sans que des signalements soient par ailleurs effectués et que les parents aient à répondre de leurs actes).

Le pire étant que, en faisant cela, les parents ne cherchent même pas tellement à éduquer leur enfant, à lui inculquer des règles, mais à se faire passer pour des parents intransigeants, qui ne se laissent pas marcher sur les pieds, à qui on ne la fait pas. Comme si la maltraitance était devenue une valeur éducative, la preuve que l’on est un bon parent. Il serait urgent de s’interroger sur cette société qui prétend lutter contre le harcèlement à l’école mais qui laisse de la place aux parents harceleurs, voire qui rit avec eux.

Nadia Daam

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