Les premières plantes seraient plus vieilles que prévu


    Il était admis que les plantes terrestres dataient de 420 million d’années, alors selon d’autres constats, les plantes auraient plus de 500 millions d’années à peu près dans les mêmes temps que l’apparition d’animaux connus
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    Les premières plantes seraient plus vieilles que prévu

    Les restes fossilisés de Cooksonia pertoni, une des plus anciennes plantes terrestres connues, aujourd'hui disparue. © National Museum, Wales

    Les restes fossilisés de Cooksonia pertoni, une des plus anciennes plantes terrestres connues, aujourd’hui disparue. © National Museum, Wales

    Laurent Sacco

    Journaliste

    L’apparition des premiers végétaux terrestres pourrait être reculée de presque 100 millions d’années selon un groupe de chercheurs. L’étude ne s’appuie pas seulement sur des fossiles mais sur les « horloges moléculaires ». À cette aune, l’âge des premiers conquérants végétaux des terres émergées semble plus élevé d’au moins plusieurs dizaines de millions d’années par rapport aux 420 millions d’années admis jusqu’à aujourd’hui.

    La Terre est un système dynamique mettant en relation la biosphère, l’atmosphère, les océans et les continents dans des boucles de rétroactions complexes. Des causes relevant de la physique, de la chimie et de la biologie se mêlent pour faire naître et évoluer le monde dans lequel nous vivons. Un effet de serre a ainsi permis à la jeune Terre de posséder des océans liquides alors que le jeune Soleil était moins lumineux, permettant à la vie de se développer.

    Cette même vie a produit de l’oxygène changeant la composition de l’atmosphère de la planète il y a quelques milliards d’années. Lorsque les plantes ont commencé à coloniser les continents, elles ont contribué à l’altération des roches, ce qui en retour a affecté des cycles géochimiques comme celui du carbone. Au fur et à mesure que les plantes se sont déployées, elles auraient contribué à faire baisser le taux de gaz carbonique atmosphérique, conduisant à une baisse de l’effet de serre et donc des températures sur Terre.

    Des plantes terrestres antérieures aux Cooksonia

    Les géologues cherchent à préciser quand et comment ces processus se sont produits et c’est pourquoi il est important de savoir aussi précisément que possible quand les végétaux sont sortis de l’eau pour partir à la conquête de la terre ferme. Un groupe de chercheurs britanniques en géosciences vient de publier un article à ce sujet dans les Pnas.

    Selon eux, les premières plantes terrestres ne dateraient pas d’environ 420 millions d’années comme le laissaient penser les fossiles connus, en l’occurrence ceux des Cooksonia qui remontent au milieu du Silurien, il y a environ 425 millions d’années. Ils ont été trouvés dans les archives fossilifères allant de la Sibérie à l’est des États-Unis et au Brésil mais la plupart des types de Cooksonia ont été identifiés en Irlande, au Pays de Galles et en Angleterre.

    Une reconstitution de l'aspect probable de Cooksonia pertoni. © Blender, wikipédia, cc by sa 3.0

    Une reconstitution de l’aspect probable de Cooksonia pertoni. © Blender, wikipédia, cc by sa 3.0

    L’équipe, menée par des membres de l’université de Bristol, avance maintenant que des plantes se sont pour la première fois aventurées sur les continents il y a environ 500 millions d’années. Ils basent leur hypothèse sur les horloges moléculaires, c’est-à-dire sur le fait que les génomes de différentes espèces divergent en raison des mutations génétiques à une vitesse constante. Deux plantes apparentées auront des génomes d’autant plus différents que leurs lignées se sont séparées il y a longtemps.

    C’est en combinant les données génétiques des espèces actuelles et en reliant leurs histoires à celles des fossiles, connus et datés, que les chercheurs ont été conduits à revoir la chronologie des plantes terrestres.

    Ainsi selon Mark Puttick, l’un des principaux auteurs de l’étude publiée dans les Pnas : « nos résultats montrent que l’ancêtre des plantes terrestres était vivant au milieu de la période cambrienne, ce qui correspond à un âge similaire à celui des premiers animaux terrestres connus ».

    CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Les archives fossilifères laissaient penser que les premières plantes terrestres sont apparues il y a environ 420 millions d’années, comme celle appelée Cooksonia.

  • Mais en revoyant ces archives à la lumière des horloges moléculaires, cette date d’apparition pourrait bien être repoussée de 100 millions d’années dans le passé.

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Les nuits éclairées et notre mode de vie nocturne nous feraient prendre du poids


Une étude intéressante qui démontre comment notre vie a changer avec les années avec l’invention de l’ampoule électrique et ce qui a suivi grâce a l’électricité. Avec la lumière artificiel nous n’avons plus besoin de la clarté et notre horloge interne se retrouve déséquilibré et des modifications en plus de la sédentarité et notre alimentation pourrait être un autre facteur de l’obésité a travers le monde
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Les nuits éclairées et notre mode de vie nocturne nous feraient prendre du poids

 

Hong_Kong_Night_Skyline

Mégapole de Hong Kong de nuit
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Base64, retouché par CarolSpears

 

La lumière électrique nous a longtemps permis de travailler, de nous reposer et de jouer 24h/24 et 7 jours/7, en défiant les rotations naturelles de la Terre qui définissent le jour et la nuit. Mais quand Thomas Edison a testé la première ampoule électrique en 1879, il n’imaginait probablement pas que cette invention pourrait un jour contribuer à l’épidémie de l’obésité mondiale.

Le nouveau rapport d’une chercheuse basée à l’université d’Aberdeen au Royaume-Uni suggère justement cela. Dans son article pour la revue BioEssays, le Dr Cathy Wyse, de l’institut de science biologique et environnementale de l’université, présente les résultats de sa recherche sur l’effet des cycles de lumière artificielle sur notre santé, et plus spécifiquement sur notre poids.

Notre cycle quotidien sommeil-éveil est contrôlé par une horloge moléculaire présente dans chaque cellule du corps humain. Cette horloge possède son propre rythme inné de presque 24 heures exactement, en lui permettant de demeurer parfaitement en accord avec le cycle quotidien généré par la rotation de la Terre.

Mais dans notre monde moderne, l’horloge humaine doit lutter pour rester en accord avec le cycle de rotation quotidien de la Terre : coupables en sont l’exposition à des cycles de lumière artificielle, et l’irrégularité des repas, des heures de travail et de sommeil dans les pays développés. Les chercheurs appellent ce déséquilibre entre les rythmes circadiens naturels de nos corps et l’environnement, la « désynchronisation circadienne », et le Dr Wyse pense qu’il s’agit d’un facteur contribuant à la prise de poids générale.

« La raison de l’augmentation relativement brusque de l’obésité mondiale dans le monde développé semble être plus compliquée que simplement le régime et l’activité physique. Il y a d’autres facteurs impliqués, et la désynchronisation circadienne mérite davantage d’attention », explique le chercheur.

Son étude explore comment la désynchronisation circadienne affecte la santé humaine en perturbant les systèmes cérébraux qui régulent le métabolisme, menant ainsi à une possibilité accrue de développer l’obésité et du diabète.

Dr Wyse de poursuivre : « La lumière électrique a permis à l’homme de prendre le dessus sur la synchronisation naturelle entre le rythme de l’horloge humaine et l’environnement, et au cours du dernier siècle, les rythmes quotidiens des repas, du sommeil et du travail ont progressivement disparu de nos vies. L’horloge humaine fait des efforts pour rester en accord avec nos modes de vie très irréguliers, et je pense que cela cause des problèmes de métabolisme et de santé, tout en augmentant les risques d’obésité. »

L’horloge humaine étant contrôlée par nos gènes, l’étude suggère que certaines personnes sont plus sujettes aux effets de la désynchronisation circadienne que d’autres. Par exemple, les personnes originaires des régions équatoriales peuvent avoir des horloges très régulières, éventuellement plus sensibles aux effets de la désynchronisation circadienne.

Le Dr Wyse a fondé la majeure partie de ses travaux en étudiant les microbes, les plantes et les animaux présentant une synchronisation de l’horloge interne avec les rythmes environnementaux qui est importante pour la santé et la survie ; cela est fort possible pour les êtres humains également.

Bien que les modèles fluctuants de travail et les modes de vie sur 24 heures soient devenus les bases du monde développé actuel, les rythmes circadiens sains peuvent être maintenus en gardant des heures de repas régulières, une nuit de sommeil sans interruption dans l’obscurité totale, et en profitant d’un maximum de lumière solaire pendant les heures de la journée.

Référence

Wyse, C., Does human evolution in different latitudes influence susceptibility to obesity via the circadian pacemaker ?, BioEssays, 2012. doi:10.1002/bies.201200067

Auteur

© Communautés européennes, 1990-2012 / CORDIS, http://cordis.europa.eu/