La réalité virtuelle utilisée pour soulager les enfants


Quoi de plus traumatisant pour un enfant qui doit subir des traitements à l’hôpital. L’hôpital Sainte-Justine à Montréal utilise la réalité virtuelle pour aider à diriger l’attention de l’enfant ailleurs que sur les traitements. Il semble que cela est très positif. Cela doit sûrement fonctionner pour les adultes, j’aimerais bien essayer chez le dentiste.
Nuage


La réalité virtuelle utilisée pour soulager les enfants


La réalité virtuelle utilisée pour soulager les

SYLVIE LE MAY/CHU SAINTE-JUSTINE VIA PC

Le CHU Sainte-Justine utilise deux formes de réalité virtuelle.

  • La Presse Canadienne

MONTRÉAL — La réalité virtuelle permet de soulager les enfants qui doivent subir des procédures déplaisantes ou stressantes, démontrent des projets-pilotes menés au CHU Sainte-Justine.

«On vise vraiment à détourner l’enfant de la source de douleur, à dévier son attention de la source de stress et de peur aussi, a expliqué la chercheure Sylvie Le May, du Centre de recherche du centre hospitalier pédiatrique montréalais. Souvent, ce sont des procédures qui ne sont pas nécessairement très douloureuses, mais qui créent beaucoup d’appréhension, de peur et d’anxiété chez les enfants.»

Pour le moment, la réalité virtuelle est principalement utilisée pour soulager ce que Mme Le May appelle «la douleur aiguë procédurale», comme celle qui accompagne une ponction veineuse, la pose d’un cathéter intraveineux, le changement de pansements chez les brûlés ou les injections à l’urgence — toutes des choses, dit-elle, «qui vont générer beaucoup de peur et d’anxiété, et qui vont faire augmenter la douleur».

Des chercheurs de Toronto et de Los Angeles ont quant à eux commencé à l’utiliser auprès d’une clientèle qui souffre de douleur chronique.

«Dans tous les projets qu’on a faits à date, la réalité virtuelle a facilité la procédure de soins, a ajouté Mme Le May. Ça a été dans le fond une procédure plus humanisante pour les enfants et les parents qui voyaient leur enfant qui était distrait, qui avait moins de douleur.»

Les trois projets pilotes menés jusqu’à présent se sont révélés si prometteurs au niveau de la faisabilité, de l’acceptabilité, de la satisfaction et des effets sur les enfants que des essais cliniques seront maintenant effectués pour recueillir plus de données sur l’efficacité de l’intervention de réalité virtuelle.

Cela permettra notamment de mesurer si le recours à la réalité virtuelle permet de réduire la quantité de médication requise pour contrer la douleur.

Deux formes de réalité virtuelle

Si la réalité virtuelle existe depuis 25 ans, ses applications auprès des enfants sont relativement récentes. En plus des projets menés au CHU Sainte-Justine, des initiatives ont également cours à l’Hôpital pour enfants malades de Toronto et au BC Children’s Hospital.

Le CHU Sainte-Justine utilise deux formes de réalité virtuelle: la forme immersive pour les plus vieux (entre sept et 17 ans) et la forme hybride pour les plus jeunes. La forme immersive est celle avec laquelle la population sera la plus familière, celle qui requiert l’utilisation de lunettes que l’enfant porte sur la tête; la forme hybride utilise plutôt un écran incurvé qui donne une impression d’être «dans» l’écran.

 On utilise la forme hybride auprès des plus petits pour des raisons de sécurité et parce que leur cortex visuel n’est pas encore complètement développé, a expliqué Sylvie Le May.

«Pour les enfants plus petits, avec l’écran, le jeu vidéo qu’on a travaillé permet de générer des bulles, puis les bulles touchent un champignon et il y a un chat qui sort, a-t-elle ajouté. L’interaction peut se faire par elle-même ou elle peut être générée par l’enfant.»

Dans le cas de la version immersive, l’enfant est équipé d’une petite manette qui lui permet de lancer des balles, de crever des ballons et de se balader dans un univers avec lequel il peut interagir.

«Ça dévie complètement l’attention de l’enfant de la source de douleur», a réitéré Mme Le May.

Le jeu utilisé pour les plus petits a été trouvé sur internet, puis modifié pour stimuler davantage leurs cerveaux. Le jeu destiné aux plus vieux, Dreamland, a été développé spécifiquement pour le CHU Sainte-Justine par la firme Oniric Interactive.

» Cliquez ici pour un aperçu du jeu immersif développé par Oniric Interactive et le CHU Sainte-Justine.

«On a contrôlé vraiment l’intérieur du jeu, la vitesse, les éléments du jeu, les niveaux, l’expérience immersive, dit la chercheure. Ça ne veut pas dire qu’on ne pourrait pas utiliser un jeu qui serait disponible pour le grand public, mais souvent ces jeux-là sont soit violents, soit trop rapides, soit ils entraînent rapidement des nausées, des vomissements et des étourdissements. Puisque nous sommes dans un contexte hospitalier, où les enfants sont parfois un peu perturbés par leur condition, il fallait tout de même travailler sur certains de ces facteurs-là pour minimiser les cybermalaises. Le but n’est pas de les rendre encore plus malades.»

D’autres applications possibles

«Si on prend les projets de réalité virtuelle immersive, on a vraiment vu une différence entre les groupes qui avaient la réalité virtuelle et les groupes qui ne l’avaient pas, sur la détresse, la mémoire, la procédure était plus facile à faire, et il y avait très peu d’effets secondaires, a expliqué Mme Le May. Un groupe a eu un peu de nausées et d’étourdissements, mais en général très peu d’effets secondaires. C’était très apprécié des parents, des professionnels de la santé qui font la procédure, parce que souvent ça facilite la procédure, ils n’ont pas à recommencer deux ou trois fois parce que l’enfant est trop agité ou qu’il a peur.»

La réalité virtuelle est une intervention peu coûteuse qui a fait ses preuves, poursuit-elle, et elle pourrait maintenant s’étendre à d’autres secteurs de soins, après avoir été utilisée à l’urgence, avec les brûlés et en orthopédie.

Mme Le May entrevoit notamment des applications possibles dans le traitement des phobies ou des troubles alimentaires, ou encore en réadaptation.

«Souvent en réadaptation il y a une appréhension de la douleur ou de bouger les membres, alors en ayant la réalité virtuelle l’ergothérapeute ou le physiothérapeute peut prévenir l’enfant qu’il va bouger son bras ou sa jambe, et ça détourne l’attention de l’enfant du membre qui va bouger ou qui est douloureux, et ça facilite la procédure de soins, a-t-elle précisé.

«On est de plus en plus sollicités à l’hôpital dans différents secteurs pour l’utilisation de la réalité virtuelle, on commence vraiment à prendre de l’essor.»

https://quebec.huffingtonpost.ca/

La Maladie d’amour des Enfants


L’hôpital Sainte-Justine pour enfant de Montréal reconnu partout au Québec a fait une vidéo assez émouvante pour leur campagne de financement.
Nuage

La Maladie d’amour des Enfants

La dure réalité à laquelle font face les enfants malades, leurs parents ainsi que le personnel de l’hôpital Saint-Justine est exposée dans une vidéo crève-cœur diffusée aujourd’hui par la Fondation du CHU Sainte-Justine. Sortez les mouchoirs!

Sur fond de la chanson «La Maladie d’amour» de Michel Sardou, reprise par Ariane Moffatt, Martha Wainwright et trois enfants, on voit de vrais patients et soignants de l’institution : Des petits gravement malades, parfois en chemin vers la salle d’opération ou en larmes, des parents visiblement inquiets, d’autres enlaçant tendrement leur progéniture ou s’écroulant après une annonce qu’on devine malheureuse, nous pinçant le cœur par la bande.

La touchante vidéo s’inscrit dans une nouvelle campagne de la Fondation du CHU Sainte-Justine intitulée «La Maladie d’amour» des enfants, dont Guy A. Lepage est le nouveau porte-parole.

« La Maladie d’amour, pour moi, c’est celle qui s’anime quand je vois mes enfants, qui me prend au cœur quand ils sont malades, mais aussi, qui est partout à Sainte-Justine», témoigne l’animateur dont le fils, Thomas, a eu recours à Sainte-Justine à deux reprises en 2016 et 2017 alors qu’il était âgé de seulement 2 ans. Il a survécu chaque fois grâce au personnel médical.

Guy A. Lepage

«La Maladie d’amour, c’est celle qui pousse à donner le meilleur de soi pour offrir le meilleur des soins aux enfants. Elle nous prend au cœur, tout en le faisant grandir. Elle nous transforme et fait du bien, tant à soi que ceux autour de nous. Elle est devenue essentielle et vitale pour tous les enfants du Québec», résume de son côté la Fondation.

«Nous sommes nombreux à être atteints de la maladie d’amour, mais nous pouvons l’être encore plus, pour continuer de faire de Sainte-Justine ce qu’il est : un centre hospitalier de haut calibre, à échelle humaine», complète Maud Cohen, présidente et directrice générale de la Fondation.

De passage à l’émission Tout le monde en parle ce dimanche, l’auteure-compositrice-interprète Ariane Moffatt était visiblement émue après la diffusion de la vidéo de campagne dans laquelle on peut l’entendre.

Celle qui a donné naissance à petit garçon en juillet 2017 s’est notamment dite choyée de se lever tous les jours avec trois enfants en santé.

«Il n’y a pas un jour qui passe sans que je remercie qui que ce soit de plus fort que moi pour cette chance-là. […] Où je suis rendu en tant que femme, en tant qu’artiste, je ne vois plus vraiment le sens de chanter que pour moi. Je pense que le sens s’est trouvé dans le fait d’appuyer ce qui me tient à coeur. Et s’il y a quelque chose qui me tient à cœur, c’est la santé des enfants.»

https://quebec.huffingtonpost.ca/

Antidouleur virtuel


Des jeux Dremland créer en Abitibi-Témiscamingue sert à un projet pilote à l’hôpital Ste-Justine, un hôpital pour enfant a Montréal. Les enfants qui doivent avoir des traitements comme réparer un doigt, des brûlure à la main ont peur que la douleur soit pire et l’anxiété monte. Difficile, pour le personnel de les soigner, alors rentre le jeu en réalité virtuel qui semble être vraiment positif. L’enfant est ravi, ne crie pas, car il est trop concentré par le jeu
Nuage

 

Antidouleur virtuel

 

Jihane Chahboune, qui s'est cassé l'auriculaire lors d'une... (Photo David Boily, La Presse)

Jihane Chahboune, qui s’est cassé l’auriculaire lors d’une partie de basketball, participe au projet-pilote du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine, qui vise à utiliser la réalité virtuelle pour diminuer la douleur et l’anxiété des jeunes patients.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

CATHERINE HANDFIELD
La Presse

Le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine lance un projet novateur: utiliser la réalité virtuelle pour diminuer la douleur et l’anxiété des enfants qui viennent subir certaines procédures. Jihane, qui s’est cassé l’auriculaire en jouant au basketball, a enfilé le casque de réalité virtuelle et a essayé le jeu, qui fait actuellement l’objet d’un projet-pilote. Récit de son expérience.

«Je n’ai rien senti!» À la suite d’une fracture d’un auriculaire, Jihane Chahboune a pu essayer le jeu de réalité virtuelle Dreamland lors d’une étape de son traitement au Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine.

Dans un autre univers La Dre Mathilde Hupin est chirurgienne orthopédique pédiatrique spécialisée en main et membre supérieur au CHU Sainte-Justine. Quand un enfant se fait une fracture, l’une des techniques utilisées consiste à installer des broches, de fines tiges métalliques qui permettent de fixer l’os dans la bonne position. Les broches, qui sortent de la peau, doivent être retirées après trois, quatre semaines, une fois la fracture guérie.

Aussi simple et rapide soit-il, le retrait des broches fait souvent bien peur aux enfants.

«On leur donne une petite tape dans le dos et on essaie de les distraire comme on est capable», explique la Dre Hupin, qui souligne que ce serait à la fois complexe, coûteux en temps et possiblement inutile de donner un analgésique aux enfants pour cette procédure («un Tylenol ou un Advil n’aide pas vraiment pour l’anxiété»).

Des enfants qui font le bacon quand arrive le temps de retirer les broches, la Dre Mathilde Hupin en a croisé dans sa pratique.

C’est exactement le type de soins qu’une équipe du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine, dont la Dre Hupin fait partie, pense pouvoir améliorer avec le projet Dream.

Le projet Dream consiste à faire jouer les enfants de 7 à 17 ans à un jeu de réalité virtuelle pendant des interventions médicales potentiellement douloureuses. Le bassin d’interventions pourrait s’élargir éventuellement, mais pour l’instant, le projet s’adresse aux enfants ayant une blessure traumatique (retrait de broches ou de points de suture, installation de plâtre) ou une brûlure (changement de pansement).

Un volet pilote a débuté en juillet pour s’assurer que le projet est faisable et acceptable. D’ici un an et demi, un essai clinique devrait être lancé pour tester l’efficacité de la réalité virtuelle contre la douleur et l’anxiété.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

«On voulait rendre le processus médical plus humanisant en offrant une option non pharmacologique, explique Sylvie Le May, infirmière et chercheuse principale. Ce sont de procédures qui ne durent pas longtemps, mais qui sont anxiogènes. Ça peut être douloureux, oui, mais c’est surtout beaucoup d’appréhension.»

Qui plus est, rappelle-t-elle, des études ont montré que plus l’anxiété est élevée, plus la douleur l’est aussi.

«Le but, résume-t-elle, c’est vraiment de dévier l’attention de la procédure.»

Capter l’attention de l’enfant

Au-delà de la télévision, de la tablette et du téléphone, la réalité virtuelle a le don de capter l’attention, souligne le Dr Jean-Simon Fortin, médecin d’urgence et propriétaire de l’entreprise Oniric Interactive. Il assure la partie technique du projet et le lien entre le CHU Sainte-Justine et l’équipe de développement du jeu. La réalité virtuelle permet aussi de couper l’enfant du son ambiant de la salle (dont les pleurs des autres enfants !) et de sortir les instruments de chirurgie à l’abri du regard des petits, dit-il.

«On coupe complètement l’enfant du monde dans lequel il est pour l’envoyer ailleurs», résume le Dr Jean-Simon Fortin.

Cet «ailleurs», c’est l’univers du jeu Dreamland, créé spécialement pour le projet par une équipe de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. Utilisé avec le casque de réalité virtuelle Oculus Rift, le jeu Dreamland consiste à lancer des balles rouges sur des ballons, des diamants et des caissons et d’accumuler des points, à son rythme, sans pression.

«Ce n’est pas comme un jeu commercial où on peut échouer et où on est obligé de recommencer; c’est un jeu sans échec», explique le Dr Fortin.

Le jeu tâche aussi d’atteindre un juste équilibre entre l’engagement de l’enfant (maintenir son attention) et son confort (limiter les risques d’étourdissements ou de nausées), dit-il.

À ce stade-ci du projet-pilote, la réception des enfants est très bonne, «mieux qu’on espérait», se réjouit Sylvie Le May.

L’étudiante au doctorat Christelle Khadra s’enthousiasme lorsqu’elle nous parle de ce garçon de 7 ans, brûlé à la main, qui hurlait tant il ne voulait pas que le médecin examine sa blessure.

«Quand il a commencé à jouer, la résidente a commencé à lui bouger la main. Aucune douleur, aucun cri; il était tout à fait absorbé par le jeu», dit-elle.

Au terme de l’expérience, le petit garçon avait déjà hâte à sa prochaine visite à l’hôpital…

Souvent, les enfants qui viennent subir ces interventions anxiogènes en sont à leurs toutes premières visites à l’hôpital. Si la réalité virtuelle peut rendre ces premières expériences moins traumatisantes, voire agréables, ce sera mission accomplie, conclut l’équipe de chercheurs.

http://www.lapresse.ca/