Homo sapiens prend un coup de vieux


Alors qu’on croyait avoir écrit la lignée humaine, il semble qu’il faut réécrire les livres d’histoire pour reculer la présence d’Homo Sapiens en Afrique. En effet, au Maroc, une découverte de tailles de restes humains et d’outils qui dateraient de 315 000 ans.
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Homo sapiens prend un coup de vieux

 

Photo : Musée d’histoire naturelle de Londres

Des outils et des restes fossilisés de cinq Homo sapiens datant de 315 000 ans, mis au jour au Maroc, font reculer de 100 000 ans le moment de l’apparition de notre espèce.

Radio-Canada avec Agence France-Presse

Un texte d’Alain Labelle

C’est un véritable tremblement de terre qui secoue aujourd’hui le monde de l’anthropologie. Non seulement cette découverte fait reculer notre entrée en scène sur la surface de la Terre, mais elle montre aussi que des changements dans notre biologie et nos comportements sont apparus dans tout le continent africain, et pas seulement en Afrique de l’Est.

Cette découverte représente la racine même de notre espèce, l’Homo sapiens le plus vieux jamais trouvé en Afrique ou ailleurs. Jean-Jacques Hublin, Institut Max Planck de Leipzig

Les fossiles, notamment une face humaine et une mandibule, ont été découverts lors de fouilles réalisées en 2004 sur le site de Jbel Irhoud dans le nord-ouest du Maroc.

Une mandibule découverte au Maroc.

Une mandibule découverte au Maroc.   Photo : (Jean-Jacques Hublin/MPI-EVA

L’équipe d’anthropologues menée par le Français Jean-Jacques Hublin a été très surprise de constater que le visage d’un de ces premiers Homo sapiens ressemblait à celui « de quelqu’un que l’on pourrait rencontrer dans le métro ».

Toutefois, sa boîte crânienne était encore assez différente de celle de l’homme actuel.

Les fossiles des premiers Homo sapiens trouvés au Maroc (à gauche) affichent une forme de crâne plus allongée que celle des humains modernes (à droite).   Photo : NHM Londres

Il reste encore une longue évolution avant d’arriver à une morphologie moderne. Jean-Jacques Hublin

Ce site est bien connu des paléontologues. Déjà, en 1968, il a livré le fossile d’un jeune Homo sapiens, appelé d’Irhoud 3, dont l’âge est initialement estimé à 40 000 ans, puis à 160 000 ans.

Le Pr Hublin doutait de la véracité de cette datation. Il a donc entrepris de nouvelles fouilles en 2004.

Des restes appartenant à au moins cinq individus – trois adultes, un adolescent et un enfant – ont été mis au jour.

La datation des fossiles a été obtenue au moyen de la thermoluminescence, une technique très connue et utilisée depuis les années 80.

Reconstruction faciale réalisée à partir des fragments d'un crâne d’Homo sapiens trouvé à Jebel Irhoud, au Maroc.

Reconstruction faciale réalisée à partir des fragments d’un crâne d’Homo sapiens trouvé à Jebel Irhoud, au Maroc.   Photo : Hublin/Ben-Ncer/Bailey

Des Homo sapiens en Afrique de l’Ouest

Les hommes de Jebel Irhoud détrônent Omo I et Omo II, découverts à Omo Kibish en Éthiopie et datant d’environ 195 000 ans. Également en Éthiopie, trois crânes fossilisés datant d’environ 160 000 ans avaient été découverts près du village de Herto, en pays Afar.

Toutes ces découvertes réalisées dans la même région laissaient à penser que tous les hommes actuels descendaient d’une population qui vivait en Afrique de l’Est.

Or, cette théorie est mise à mal par les découvertes de Jebel Irhoud.

En outre, des outils trouvés sur le site avec nos ancêtres – des éclats et surtout des pointes retouchées – sont typiques de la grande étape de la Préhistoire africaine.

On a déjà retrouvé ce type d’outils, également datés de 300 000 ans, un peu partout en Afrique sans savoir qui avait pu les fabriquer. Daniel Richter, Institut Max Planck deLeipzig

Les présents travaux permettent d’associer la présence des outils à celle de l’Homo sapiens.

Très certainement avant 300 000 ans, avant Jebel Irhoud, une dispersion des ancêtres de notre espèce sur l’ensemble du continent africain avait déjà eu lieu. Toute l’Afrique a participé au processus. Daniel Richter

Un buisson, pas un arbre généalogique

De nombreux groupes très différents ont donc coexisté, non seulement dans des régions éloignées les unes des autres, mais peut-être également dans des régions proches.

Ainsi, de nombreux groupes d’Homo sapiens archaïques, mais également d’autres espèces humaines comme l’Homo erectus, les néandertaliens, les denisoviens et peut être les Homo naledi auraient coexisté.

Il y a donc eu pendant longtemps plusieurs espèces d’hommes à travers le monde, qui se sont croisées, ont cohabité, échangé des gènes… Antoine Balzeau paléoanthropologue

Ces récentes découvertes remettent en question la vision linéaire de l’évolution humaine « avec une succession d’espèces qui viennent les unes au bout des autres », conclut Jean-Jacques Hublin.

Elles sont l’objet de deux études publiées dans la revue Nature.

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Une nouvelle forme humaine ancienne découverte en Chine


Ont-ils découvert une espèce humaine qui aurait existé il y a plus de 100 000 ans en Chine ? Les morceaux de crânes ont certaines ressemblances avec d’autres humains du passé, mais il semble difficile pour le moment en tout cas, de le prouver
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Une nouvelle forme humaine ancienne découverte en Chine

 

Reconstructionq des deux crânes découverts sur le site de Lingjing (image de fond).

Deux fragments de crânes de plus de 100 000 ans pourraient avoir appartenu à la même énigmatique espèce humaine qui nous a laissé seulement une phalange contenant de l’ADN dans la grotte de Denisova en Sibérie.

François Savatier

En 2010, l’ADN d’une phalange de pied découverte dans une grotte du massif de l’Altaï, en Sibérie – la grotte de Denisova – créait une énorme surprise: il appartenait à une espèce humaine inconnue ! Cette espèce sera nommée temporairement Homo sapiens Altai, c’est-à-dire «Homo sapiens de l’Altaï», mais comme les paléoanthropologues ne savent pas où la placer dans le rameau humain, on parle à propos de ses membres «denisoviens». À ce jour, elle n’est connue que par son seul ADN, la forme d’une phalange et celle d’une dent. D’où l’énorme intérêt des deux crânes partiels découverts dans l’est de la Chine par une équipe sino-américaine dirigée par Zhan-Yang Li, de l’Institut pour la paléontologie des vertébrés de l’université de Pékin. Ces fossiles sont à ce jour notre seul espoir de reconstituer à quoi pouvait ressembler un Denisovien!

Toutefois, sont-ils denisoviens ? Selon l’équipe qui a étudié ces crânes, dont le très respecté paléoanthropologue Erik Trinkaus de l’université Washington à Saint-Louis dans le Missouri, ceux-ci appartiennent à une nouvelle forme humaine eurasienne ou à une variante orientale des néandertaliens. Les chercheurs évitent donc soigneusement d’employer le terme «denisovien», tandis que presque tout les autres spécialistes y pensent…

«Ces deux crânes correspondent à ce que l’on imagine d’un denisovien», commente par exemple la paléoanthropologue María Martinón-Torres, de l’université de Londres.

D’où viennent ces crânes et de quand datent-ils? En 2007, Zhan-Yang Li achevait une campagne de fouilles près de la ville de Lingjing dans la province du Henan en Chine, donc à quelque 4 000 kilomètres de la grotte de Denisova. Il étudiait un site consistant de couches sédimentaires horizontales autour d’une source, quand, dans la strate  n° 11, il tomba sur du quartz taillé. Deux jours plus tard, son équipe y mettait au jour un premier fragment de crâne. En six mois, elle parvint à mettre au jour pas moins de 45 autres fragments crâniens, pouvant être rassemblés pour constituer des parties de crâne. Ces restes humains étaient associés à de «très beaux» outils de quartz taillé ou d’os (notamment des lames d’os) et à tout un assemblage de restes de gros mammifères riche en chevaux, bovidés, en cervidés géants (Megaloceros) ou pas (Cervus), en gazelles et autres antilopes asiatiques (Procapra) et en rhinocéros laineux. Une série de mesures utilisant la luminescence stimulée optiquement (OSL) de la strate fossilifère a permis de dater les crânes de façon fiable entre 105 000 et 125 000 ans, donc vers la fin du stade isotopique marin 5, une période plus chaude qu’aujourd’hui.

Que traduisent ces crânes ? Leurs mâchoires et leurs faces manquent malheureusement, mais les parties présentes suffisent à indiquer une ressemblance frappante avec Homo neanderthalensis. Le volume endocrânien de l’un des spécimens atteint la valeur considérable de 1 800 centimètres cubes, ce qui est dans le haut de la fourchette des mêmes volumes chez les néandertaliens et les hommes modernes. Il s’avère que l’un des crânes est doté d’une fosse sus-iniaque, c’est-à-dire d’une petite dépression horizontale de forme ovale sur la partie inférieure de la nuque. Or ce trait anatomique est considéré comme un caractère dérivé (un caractère ancestral qui a évolué) propre aux néandertaliens. Les deux crânes chinois étaient en outre dotés de torus sus-orbitaires, en d’autres termes d’arcades sourcilières en visière similaires à celles des néandertaliens ; leurs oreilles internes avait aussi une morphologie proche de celles des néandertaliens.

Pour autant, pour les paléoanthropologues, les fossiles diffèrent par leur gracilité des crânes des néandertaliens européens et levantins : leurs arcades sourcilières sont plus fines que celles des néandertaliens tout en se distinguant nettement de celles de H. sapiens. Pour Erik Trinkaus, les crânes de Lingjing ne peuvent être néandertaliens au sens strict du terme ; ils sont aussi trop graciles et ont contenu un trop gros cerveau pour pouvoir être ceux de représentants tardifs de l’ancêtre commun des néandertaliens et des hommes modernes – H. heildelbergensis– ou encore de leur ancêtre à tous H. erectus.

Il en ressort que le type humain de Lingjing partage nombre de traits anatomiques communs avec les formes humaines anciennes, mais aussi dans une certainbe mesure la gracilité des H. sapiens ; il est aussi doté d’un atypique aplatissement au sommet du crâne. De cela résulte qu’il résiste à la tentative de le classer parmi les formes anciennes ; en revanche, il ressemble à une autre forme humaine vieille de quelque 100 000 ans découverte à Xujiayao dans le bassin de Nihevan en Chine, souligne Xiu-Jie Wu l’un des auteurs. Pour lui, les individus de Lingjing appartiennent une forme humaine inconnue, qui, il y a quelque 100 000 ans constituait le type régional en Asie orientale. Ses points communs à la fois avec les néandertaliens et les humains modernes impliqueraient un certain degré de métissage avec les formes humaines qui lui étaient contemporaines. Tsatsyn Ereg 2, un site découvert en Mongolie va dans le sens de l’intuition de Xiu-Jie Wu, car il contenait une industrie lithique qui semble avoir été commune à toute l’Eurasie.

Pour Jean-Jacques Hublin, de l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionniste à Leipzig, ce portrait est exactement celui que l’on dresse lorsqu’on cherche à donner un sens aux découvertes relatives aux denisoviens. D’après l’ADN étudié en 2010, cette forme humaine est restée isolée pendant des centaines de milliers d’années ; on sait en outre qu’elle s’est mélangée tant avec les néandertaliens qu’avec les H. sapiens archaïques.

Pour Jean-Jacques Hublin, «ces fossiles chinois sont au bon endroit et au bon moment avec les bonnes caractéristiques» pour pouvoir être attribués aux denisoviens.

Oui, mais ces derniers n’étant connus que par leur ADN, il reste difficile d’en faire un portrait physique et donc de leur attribuer les crânes de Lingjing. Restait à comparer les ADN, ce qu’a tenté la paléogénéticienne Qiaomei Fu, connue pour avoir montré qu’un fossile vieux de 43 000 ans apparemment sapiens trouvé dans la grotte Pestera cu Oase en Roumanie avait entre 6 et 9% d’ADN néandertalien. Elle a essayé d’extraire de l’ADN des crânes de Lingjing. En vain.

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Le cannibalisme au paléolithique n’était pas uniquement alimentaire


Le cannibalisme existe au moins depuis l’homme de la préhistoire. Pourquoi manger son semblable, point de vue énergétique bien des animaux sont plus rassasiant que manger une personne humaine. Est-ce vraiment juste une question de nourriture, ou peut-être des rituels ?
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Le cannibalisme au paléolithique n’était pas uniquement alimentaire

 

Une fameuse peinture datant de l'époque du paléolithique a... (ARCHIVES AFP)

Une fameuse peinture datant de l’époque du paléolithique a été exposée dans un musée à Paris, en 2015.

 

PASCALE MOLLARD-CHENEBENOIT
Agence France-Presse
Paris

Pour comprendre le cannibalisme pratiqué par les hommes préhistoriques, un chercheur a eu l’idée de calculer la valeur nutritionnelle du corps humain. Verdict: elle n’est pas particulièrement riche. Le but recherché n’aurait donc pas été purement alimentaire, en déduit-il.

S’attaquant à un sujet tabou, James Cole, spécialiste du paléolithique à l’Université de Brighton, a établi un tableau des différentes parties du corps humain indiquant leur poids respectif et leur valeur nutritionnelle exprimée en calories (graisse et protéines).

De cette table, publiée jeudi dans la revue Scientific Reports, il ressort que le cerveau et la moëlle épinière ne pèsent pas lourd mais sont très caloriques, que les cuisses ont un bon potentiel calorique mais que le tissu adipeux est encore plus riche.

«Sur le plan des calories, nous correspondons à un animal de notre taille et de notre poids», déclare à l’AFP James Cole. «Mais nous ne sommes pas très nourrissants comparé aux gros animaux que les premiers hommes chassaient et mangeaient», ajoute-t-il. «L’homme est une espèce plutôt maigre». Or le gras est plus calorique que les protéines.

La viande de mammouth, d’ours, de sanglier, de castor, de bison était nettement plus énergétique, selon un autre tableau comparatif publié par le chercheur.

Un homme de 66 kilos fournit potentiellement 1300 calories par kilo de muscle. Le mammouth est à 2000 calories par kilo, l’ours à 4000 (trois fois plus que l’homme) tout comme le sanglier et le castor.

La valeur calorique globale des muscles d’un homme est évaluée à 32.376. Elle est de 3 600 000 pour un mammouth, 1 260 000 pour un rhinocéros laineux, 600 000 pour un ours, 200 100 pour un cheval.

«Au niveau individuel, l’homme affiche un taux calorique peu élevé. Et même si vous mettez cinq ou six individus, cela procurera toujours moins de calories qu’un seul cheval ou un bison», note James Cole.

Raisons culturelles et sociales?

«Qui plus est, l’homme est plus intelligent et son comportement est complexe. Ce devait être plus difficile de tuer six hommes qu’un cheval.»

«C’est pourquoi je suggère que peut-être que nous ne pouvons pas expliquer les actes de cannibalisme juste par un besoin de nourriture», poursuit-il. Les raisons de cette anthropophagie étaient peut-être «culturelles ou sociales» (défense du territoire…).

Le Paléolithique est une période qui commence avec l’apparition du genre Homo il y a 3 millions d’années et se termine il y a environ 10 000 ans.

Des fouilles archéologiques ont permis d’établir que Homo antécesseur, un pré-néandertalien qui vivait il y a près de 1 million d’années (site du Gran Dolina en Espagne), était cannibale. Tout comme Homo Erectus il y a 680 000 ans (site de la Caune de l’Arago à Tautavel en France).

L’homme de Néandertal, notre cousin disparu, mangeait lui aussi de la viande humaine (site français de Moula-Guercy, site d’El Sidron en Espagne).

Et l’homme moderne, Homo Sapiens, était lui aussi anthropophage comme le montrent des ossements trouvés dans la grotte de Maszycka en Pologne (15 000 ans environ avant notre ère) et dans la grotte anglaise de Gough (14 700 avant notre ère).

Les archéologues disposent de plusieurs indices pour repérer le cannibalisme à partir de l’étude des ossements: incisions, marques de découpe, fractures sur des os frais (pour extraire la moëlle osseuse), traces de mâchement humain, absence de la base crânienne (pour extraire le cerveau).

Pour la plupart de ces sites, le cannibalisme a été expliqué par un besoin de nourriture. Mais pour quelques autres, des motifs rituels ont été mis en avant. Dans la grotte de Gough trois crânes transformés en coupe à boire par Homo Sapiens ont été découverts.

À Maszycka, il pourrait s’agir d’un cannibalisme lié à la guerre et à Caune de l’Arago, d’une anthropophagie rituelle car le gibier ne manquait pas.

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Un crâne de mammouth découvert en Californie


Un crâne de mammouth découvert en Californie. Probablement, ces mammouths seraient venus par la nage pour devenir un animal endémique de l’Amérique du Nord. Pour le moment, c’est sa taille qui serait le plus intéressant : il est plus petit que les grands mammouths, mais plus grands que les mammouths nains. Donc à suivre
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Un crâne de mammouth découvert en Californie

 

Un

Le crâne de mammouth

Un crâne de mammouth fossilisé exceptionnellement bien préservé a été récemment mis au jour sur la petite ile de Santa Rosa au large des côtes de la Californie, aux États-Unis.

Selon Monica Bugbee, membre de l’équipe de fouille, il s’agit «sans doute du crâne de mammouth le mieux préservé (…) ayant été découvert sur les êles du détroit».

Le vestige remonte à  près de 13.000 ans, période durant laquelle l’homme d’Arlington a vécu. Les ossements de l’Homo sapiens correspondent en effet à  cette époque de l’histoire. Selon les chercheurs, ils seraient à  ce jour les plus anciens jamais découvert en Amérique du Nord.

UNE COEXISTENCE AVEC LES HUMAINS ?

«Cette incroyable découverte est extrêmement rare et d’une haute importance scientifique», affirme Justin Wilkins, également membre du projet.

Ce dernier espère pouvoir déterminer avec ses collègues si le mammouth a cohabité ou non avec les humains. Il est en effet possible que la population se soit éteinte avant que ces derniers ne colonisent les êles du détroit. 

Il se peut également que l’extinction coïncide avec l’arrivée des premiers habitants et ait pour origine la chasse intensive. Santa Rosa a fait durant longtemps partie intégrante d’un immense territoire formé des quatre iles principales de l’archipel du détroit. Les paléontologues savent depuis longtemps que la région a été la terre d’accueil des mammouths de Colomb (Mammuthus columbi).

Endémiques d’Amérique du Nord depuis 2 millions d’années, ces derniers sont arrivés sur l’êle, certainement à  la nage, entre 20.000 ans et 40.000 ans. Ce n’est que plus tard, vers la fin du Pléistocène, que l’exploit a été reproduit par les humains.

UNE FORME DE TRANSITION ?

Là  où la découverte est particulièrement intéressante, c’est que le crâne ne présente pas les particularités normalement attribuées au mammouth de Colomb. Sa taille est en effet bien plus petite. Les experts pensent donc qu’il s’agit d’une forme évolutive adaptée au contexte insulaire.

Le nouveau style de vie des pachydermes sur l’ile a engendré au fil du temps des générations de plus en plus petites. Une transition qui a même abouti à  l’arrivée d’une nouvelle espèce, le mammouth nain (Mammuthus exilis). De par sa taille, le nouveau fossile représente un intermédiaire entre ces deux espèces : plus grande que le mammouth nain et plus petite que celui de Colomb.

L’hypothèse d’un jeune spécimen de Mammuthus columbi a été écartée en raison des caractéristiques des défenses. Des analyses approfondies du crâne devraient permettre d’apporter de nouvelles réponses à  ce mystère de taille. En attendant de recevoir une dénomination officielle, le mammouth a été surnommé Larry en hommage au paléontologue Larry Agenbroad.

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Un cerveau de 17 000 ans pour étudier les troubles du langage


Avec des ossements de 17 000 ans d’un enfant très bien conserver, les chercheurs pensent qu’ils pourraient trouver des réponses sur les troubles de langages, l’évolution de l’être humain et de l’alimentation
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Un cerveau de 17 000 ans pour étudier les troubles du langage

 

Le crâne de Romito 9, découvert dans une grotte de la région de Calabre, en Italie.

Le crâne de Romito 9, découvert dans une grotte de la région de Calabre, en Italie.   PHOTO : FABIO MARTINI VIA CBC

La découverte d’ossements de l’ère paléolithique d’un enfant âgé d’une dizaine d’années pourrait aider à démystifier certaines étapes du développement humain, allant de l’alimentation au développement du langage.

RADIO-CANADA AVEC CBC

Des archéologues ont découvert les ossements, vieux de 17 000 ans, en 2011, dans une grotte de la région de Calabre, dans le sud de l’Italie. Les restes de celui qu’ils ont baptisé Romito 9 étaient particulièrement bien conservés et entourés d’éléments de décoration élaborés comme des coquillages.

Ces attentions particulières accordées à la dépouille, combinées au jeune âge du spécimen, font en sorte que les ossements de Romito 9 sont dans un état de conservation exceptionnel, selon Fabio Macciardi, un neuroscientifique de l’Université de Californie Irvine.

« C’est un spécimen unique en son genre, il n’y a aucun autre échantillon venant de la même période qui est en aussi bon état », a-t-il expliqué.

Romito 9 en bonne compagnie

La grotte où a été retrouvé Romito 9 a servi d’abri à des individus de l’espèce Homo sapiens il y a de 23 000 à 10 000 ans de cela. Les scientifiques y ont aussi découvert les corps de huit autres chasseurs-cueilleurs, de même que des artéfacts et des gravures. Les autres squelettes exhumés présentaient toutefois tous des degrés de dégradation avancés par rapport au squelette de Romito 9.

Comme Romito 9 n’avait pas fini sa croissance au moment de son décès, les os de son crâne sont restés mous et ont permis « d’imprimer » la surface de son cerveau sur les parois de sa boîte crânienne. Les chercheurs espèrent donc reproduire le cerveau de ce spécimen en partie grâce à l’impression 3D.

Le modèle obtenu sera ensuite étudié et comparé avec des cerveaux d’enfants « modernes » pour tenter de comprendre le fonctionnement interne du cerveau humain au cours des différents stades d’évolution. Cela constitue une avancée significative, puisque les scientifiques sont normalement contraints de faire ce genre de recherches avec des cerveaux de singes.

Selon M. Macchiardi, si les humains possédaient tous le même nombre et le même type de gènes du temps de Romito 9, il existait fort probablement déjà des variations au niveau de la génétique. Ces changements, croit-il, pourraient notamment démystifier les différentes étapes du développement du langage.

« Nous savons que certains changements de l’ADN ne sont survenus que très récemment et qu’ils sont probablement responsables de quelques pathologies liées au langage », a-t-il dit.

Les chercheurs d’universités de Rome, de Florence et de Californie travailleront donc ensemble pour essayer d’analyser l’influence de la génétique sur le développement du cerveau, mais aussi sur l’évolution du régime alimentaire de nos ancêtres.

À long terme, ils espèrent que le fruit de leurs recherches permettra entre autres de découvrir des manières de traiter la dyslexie ou encore les troubles d’élocution.

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L’Homme moderne déjà présent en Chine il y a plus de 80 000 ans


Il semble que les dents sont un indice pour suivre la progression des hommes qui ont peuplé la terre. L’Homo Sapien serait beaucoup plus vieux que les scientifiques le pensaient. Il a apparu en Chine bien avant d’être en Europe
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L’Homme moderne déjà présent en Chine il y a plus de 80 000 ans

 

À l'origine de ce qui pourrait constituer une petite «révolution» dans le ciel... (Photo AFP/NATURE)

PHOTO AFP/NATURE

Agence France-Presse

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À l’origine de ce qui pourrait constituer une petite «révolution» dans le ciel de la paléoanthropologie? Quarante-sept dents qui ont permis à des chercheurs d’établir que l’Homme moderne (Homo Sapiens) était déjà présent dans le sud de la Chine il y a au moins 80 000 ans et peut-être même il y a 120 000 ans.

L’Homme moderne est arrivé en Chine il y a plus de 80 000 ans, bien avant qu’il ne s’installe en Europe, selon une étude qui conduit à avancer la date de sa sortie d’Afrique et à repenser ses chemins migratoires.

«Soit bien plus précocement qu’on ne le pensait jusqu’alors», déclare à l’AFP Wu Liu, de l’Académie des sciences de Pékin, principal auteur de l’étude publiée mercredi dans la revue britannique Nature. «Et il est arrivé en Chine deux fois plus tôt qu’en Europe», ajoute-t-il.

Homo Sapiens aurait vécu en Chine du sud 30 000 à 70 000 ans avant qu’il ne colonise l’Europe, selon cette étude.

Les premiers fossiles d’Homo Sapiens trouvés en Europe datent d’environ 45 000 ans. Le continent était alors peuplé d’Hommes de Néandertal.

Cette découverte démontre aussi qu’Homo Sapiens, apparu en Afrique de l’Est il y a environ 190 000 à 160 000 ans, est sorti de ce continent «beaucoup plus tôt qu’on ne le pensait», considère Maria Martinon-Torres, d’UCL (University College of London), coauteur de l’étude.

«Le scénario généralement accepté» fait remonter le départ de l’Homme moderne d’Afrique «à seulement 50 000 ans», déclare-t-elle à Nature.

 Avec cette découverte, on peut déduire qu’Homo Sapiens est vraisemblablement sorti d’Afrique jusqu’à 70 000 ans plus tôt.

Les dents, en bon état, ont été trouvées dans la grotte de Fuyan, près de Daoxian dans la province chinoise du Hunan.

Une fouille, menée entre 2011 et 2013 par l’équipe de Wu Liu a permis de trouver dans une couche d’argile sablonneuse 47 dents qui ont ensuite été étudiées par un groupe de chercheurs internationaux.

«Néandertal, une barrière» en Europe?

«Quand j’ai vu ces dents au laboratoire, il m’est apparu clairement qu’elles appartenaient à Homo Sapiens et qu’elles ressemblaient beaucoup à celles des populations humaines actuelles», déclare Maria Martinon-Torres.

Il est certain qu’elles ne proviennent pas d’autres hominidés comme Homo Erectus dont des fossiles ont été retrouvés au nord de la Chine.

«Dans la mesure où la faune qui a été trouvée avec ces 47 dents est typique du Pléistocène supérieur, nous pouvons avancer (…) que la présence d’humains peut être datée dans une fourchette de 80 000 ans à 120 000 ans», souligne l’étude.

La grotte de Fuyan est riche en fossiles de mammifères. Trente-huit espèces ont été identifiées dont cinq éteintes. Parmi ces dernières, «Ailuropoda baconi», un ancêtre du panda géant, «Crocuta ultima», une grande hyène, ou encore «Stegodon orientalis, un impressionnant éléphant géant.

L’étude pourrait bien redessiner la carte des diverses migrations d’Homo Sapiens. Après son départ d’Afrique, il serait peut-être passé par l’Arabie avant de réussir à gagner la Chine méridionale.

Jusqu’à présent, la preuve la plus ancienne de la présence d’Homo Sapiens à l’est de la péninsule arabique provenait d’un fossile datant de 40 000 ans trouvé en 2003 dans la caverne de Tianyuan près de Pékin.

Les chercheurs s’interrogent sur les raisons qui ont empêché l’Homme moderne de s’installer en Europe pendant des dizaines de milliers d’années.

«On ne peut pas exclure que la présence de l’Homme de Néandertal ait pu constituer une barrière supplémentaire à l’expansion de l’Homme moderne, qui n’aurait pu s’installer en Europe que lorsque les populations néandertaliennes ont commencé à disparaître», écrivent-ils.

«Mais le froid qui régnait à l’époque sur l’Europe et le nord de la Chine pourrait davantage expliquer la colonisation précoce des régions méridionales par l’Homme moderne», estime Robin Dennell, du département d’Archéologie de l’Université d’Exeter, dans un commentaire publié dans Nature.

«Homo Sapiens est apparu dans des régions tropicales. Il est logique qu’il soit allé plutôt vers l’est que vers le nord où les températures hivernales tombaient facilement au-dessous de zéro», relève-t-il.

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L’homme moderne serait sorti d’Egypte


D’ou venons-nous ? Il est reconnu que l’Afrique est le berceau de l’humanité, mais quand a-t-elle eu lieu la grande migration et d’ou sont-ils partis pour conquérir le vaste monde ?
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L’homme moderne serait sorti d’Egypte

 

« C’est via l’Egypte et le Sinaï que H. sapiens est sorti d’Afrique, entre -100 000 ans et -50 000 ans, tranche aujourd’hui le généticien Luca Pagani. © Betty Lafon, Sciences et Avenir« C’est via l’Egypte et le Sinaï que H. sapiens est sorti d’Afrique, entre -100 000 ans et -50 000 ans, tranche aujourd’hui le généticien Luca Pagani. © Betty Lafon, Sciences et Avenir

Par Rachel Mulot

Nos ancêtres Homo sapiens ont quitté le continent africain via l’Egypte puis le Sinaï il y a 100 000 ans, selon une étude américaine.

PRÉHISTOIRE. Nos ancêtres, on ne cesse de le répéter, sont sortis d’Afrique… C’est en effet en Éthiopie que l’on trouve la trace du plus vieux membre de l’espèce Homo, daté d’il y a 2,8 millions d’années. Et c’est vers ce continent que pointent également les études de génétique qui travaillent à retracer les grandes épopées migratoires de l’humanité.

L’Égypte aurait été comme le dernier “arrêt” de nos ancêtres  avant qu’ils ne se déploient  partout dans le monde

Mais par où exactement ces hommes préhistoriques sont-ils passés ? Et plus précisément, quelle route a emprunté  notre ancêtre direct, l‘Homo Sapiens qui s’est lancé, avec un succès que l’on pourrait qualifier de meurtrier, dans la conquête de toute la planète ?

« C’est via l’Egypte et le Sinaï  que  H. sapiens est sorti d’Afrique, entre -100 000 ans et -50 000 ans, tranche aujourd’hui le généticien Luca Pagani, de l’université de Cambridge (Royaume-Uni) dans l’American Journal of Human Genetics.

Son équipe a analysé des génomes de 100 Égyptiens et 125 Éthiopiens d’aujourd’hui…

« Résultat :  il y a une plus grande proximité génétique des génomes égyptiens avec ceux des Européens et des Asiatiques, souligne le chercheur.  Cela conforte l’idée que l’Égypte aurait été comme le dernier “arrêt” de nos ancêtres  avant qu’ils ne se déploient  partout dans le monde »

Il semble donc que « le passage nord »  (voir notre carte) ait été la voie majeure empruntée par les ancêtres pour se déployer hors de leur berceau africain.

L’autre hypothèse, soutenue jusqu’à présent par des archéologues, était que les migrants préhistoriques avaient suivi la « route sud », partant d’Éthiopie, empruntant les eaux peu profondes du détroit de Bab el Manded puis la péninsule Arabique pour gagner l’Asie notamment.

© Betty Lafon, pour Sciences et Avenir

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La mâchoire qui refait notre histoire


Ce n’est pas à tous les jours qu’on peut trouver une mâchoire de 2,8 millions d’années. Ce mandibule découverte en Afrique va probablement occuper les scientifiques sur les changements de l’être humain à travers l’histoire.
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La mâchoire qui refait notre histoire

 

Une mandibule vieille de 2,8 millions d'années 

Photo :  Brian Villmoare

Ce n’est qu’un morceau de mâchoire avec cinq dents, mais il en dit long sur l’histoire de l’humanité. C’est que cette mandibule mise au jour en Éthiopie date de 2,8 millions d’années. Elle devient ainsi le plus ancien fossile du genre Homo jamais découvert et repousse par le fait même l’origine des humains de 400 000 ans.

Cette découverte bouleverse nos connaissances sur l’émergence du genre Homo, estiment les paléontologues dont les travaux sont publiés dans les revues Science et Nature.

Cette mâchoire inférieure contribue à réduire le fossé dans l’évolution entre l’Australopithèque (Lucy datant de 3,2 millions d’années) et les premières espèces du genre Homo comme l’Homo erectusbou l’Homo habilis.

« Ce fossile est un excellent exemple d’une transition des espèces dans une période clé de l’évolution humaine. » Auteurs

L’os de 8 centimètres de long a été trouvé en 2013 dans une zone de fouille appelée Ledi-Geraru dans la région Afar en Éthiopie par une équipe internationale menée notamment par Kaye Reed, de l’Université d’Arizona, et Brian Villmoare, de l’Université du Nevada.

Les scientifiques cherchent depuis des années des fossiles en Afrique afin de trouver des indices des origines de la lignée Homo, mais sans grand succès puisqu’ils ont découvert très peu de fossiles de la période jugée critique allant de moins 3 millions d’années à moins 2,5 millions d’années.

Actuellement, les experts ne sont pas d’accord sur la période de l’origine de la lignée Homo qui a abouti à l’émergence des humains modernes, l’Homo Sapiens, il y a environ 200 000 ans.

Le nouveau fossile apporte des indices importants sur les changements intervenus dans la mâchoire et les dents chez le genre Homo seulement 200 000 ans après la dernière trace connue de l’Australopithecus, à savoir Lucy. Son fossile a été découvert en Éthiopie en 1974 pas très loin de Ledi-Geraru.

« Des fossiles de la lignée Homo de plus de 2 millions d’années sont très rares et le fait d’avoir un éclairage sur les toutes premières phases de l’évolution de notre lignée est particulièrement emballant. » — Brian Villmoare

Ces chercheurs notent qu’ils ne sont pas en mesure de dire avec cette seule mâchoire s’il s’agit ou non d’une nouvelle espèce du genre Homo qui aurait abouti en évoluant à l’Homo sapiens.

Changement climatique

Des travaux complémentaires publiés dans Science portant sur la géologie et le climat dans la même région d’Éthiopie, où a été trouvé le fossile de Ledi-Gerbera, montrent qu’un changement climatique a rendu l’environnement plus aride il y a 2,8 millions d’années.

Les scientifiques ont découvert des fossiles de mammifères contemporains montrant qu’il y avait dans cet environnement surtout des espèces vivant dans des habitats dominés par de petits arbustes et la savane où les arbres étaient rares, alors qu’à l’époque de Lucy, qui était encore un grand singe, la végétation était plus verdoyante avec des forêts.

« Nous pouvons voir des indications de sécheresse dans la faune dominante dans l’environnement de Ledi-Geraru. » — Pr Kaye Reed, Université d’Arizona

Il est cependant encore trop tôt pour dire si le changement climatique est à l’origine de l’émergence du genre Homo. Il faudra examiner un plus grand nombre de fossiles d’hominidés pour en arriver à cette conclusion.

L’hypothèse du changement climatique ayant conduit à l’extinction des espèces antérieures à celles du genre Homo et à l’émergence de ce dernier est souvent avancée par les scientifiques.

Avec la disparition des arbres, les singes ont dû s’adapter à un nouvel environnement. Leur cerveau est devenu plus gros, ce qui leur a permis de fabriquer des outils pour survivre et de moins dépendre de mâchoires puissantes et de grosses dents, estiment les scientifiques.

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Le plus ancien ADN d’Homo sapiens


D’où venons-nous, c’est une question qui depuis des siècles a obsédé plusieurs scientifiques. À quand la rencontre de l’homme moderne aux Homo sapiens et Néandertalien ? Un laboratoire en Allemagne est capable de découvrir l’ADN même s’il est détérioré dans un os qui date de plusieurs millénaires
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Le plus ancien ADN d’Homo sapiens

 

Un crâne d’Homo sapiens conservé au Musée national d’histoire naturelle à Washington, aux États-Unis Photo :  AFP/Mandel Ngan

C’est une nouvelle pièce du casse-tête de la diversité génétique de l’espèce humaine : une équipe internationale a séquencé le génome d’un homme moderne qui vivait il y a 45 000 ans en Sibérie, le plus vieux génome d’Homo sapiens décodé à ce jour.

Menée par le paléogénéticien Svante Pääbo, pionnier de l’ADN ancien, cette étude permet de préciser la période où les Néandertaliens et les hommes modernes dont nous sommes la descendance se sont croisés.

Cette recherche, publiée dans la revue britannique Nature, fournit également de nouvelles informations sur l’histoire des débuts de l’homme moderne hors d’Afrique. Notre espèce est apparue en Afrique il y a environ 200 000 ans.

Le nom de Svante Pääbo a été cité ces deux dernières années parmi les possibles nobélisables, pour ses travaux sur l’ADN de l’homme de Néandertal.

Le paléogénéticien suédois, directeur du département d’anthropologie génétique de l’Institut Max Planck de Leipzig en Allemagne, a montré qu’une petite partie du génome de l’homme d’aujourd’hui provient des Néandertaliens, nos plus proches cousins apparus il y a environ 400 000 ans et qui se sont éteints il y a 30 000 ans.

Cette nouvelle recherche a été menée sur la partie médiane « relativement complète » d’un fémur gauche ayant appartenu à un individu de sexe masculin.

L’os a été découvert par hasard, en 2008, sur les rives de la rivière Irtych, près d’Ust’-Ishim, en Sibérie occidentale. La datation par le carbone 14 lui attribue 45 000 ans.

Au passage, les analyses ont permis d’apprendre qu’une part importante de son apport nutritionnel en protéines pouvait provenir d’aliments aquatiques, probablement des poissons d’eau douce.

Le séquençage du génome de l’individu d’Ust’-Ishim montre qu’il appartenait à une population proche des ancêtres des hommes d’aujourd’hui, non Africains.

Il comporte un pourcentage de gènes provenant de l’homme de Néandertal légèrement supérieur aux hommes d’aujourd’hui : environ 2,3% (contre 1,7% à 2,1% pour les populations actuelles d’Asie de l’est et 1,6% à 1,8% pour les Européens).

Mais son génome contient des segments d’ADN néandertaliens en moyenne trois fois plus longs que les génomes d’humains contemporains. Cela tendrait à montrer que la rencontre entre Néandertaliens et Homo sapiens remonterait seulement entre 232 et 430 générations avant l’existence de l’individu d’Ust’-Ishim.

Jusqu’ici, les scientifiques considéraient que le transfert génétique entre les hommes de Néandertal et l’homme moderne avait dû se produire entre 37 000 et 86 000 ans, probablement quand les premiers Homo sapiens ont quitté l’Afrique et rencontré les hommes de Néandertal au Proche-Orient, avant de se répandre en Eurasie.

Les nouvelles données génétiques fournies par l’individu d’Ust’-Ishim permettent de resserrer la fourchette, puisqu’elles montrent que le croisement s’était déjà produit il y a 45 000 ans.

D’après la longueur des segments d’ADN néandertaliens présents chez cet individu, il serait survenu entre 7000 et 13 000 ans avant sa naissance.

« Nous estimons que le croisement entre les ancêtres de l’individu d’Ust’-Ishim et les Néandertaliens s’est produit approximativement il y a entre 50 000 et 60 000 ans », ont indiqué les chercheurs. Cela correspond à peu près à la période majeure de l’expansion de l’homme moderne hors d’Afrique et du Proche-Orient.

Le laboratoire de Svante Pääbo, à l’Institut Max Planck de Leipzig, est réputé pour l’étude des ADN anciens, même fortement détériorés.

Le génome de l’homme moderne d’Ust’-Ishim est loin d’être le génome le plus ancien à être déchiffré. Il y a près d’un an, c’est le génome d’un être humain vieux de 400 000 ans, l’homme de Sima, qui a livré ses secrets, à partir d’un os découvert dans une grotte espagnole.

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À Gibraltar, Néandertal capturait des pigeons pour les manger


On s’imagine bien que les hommes de Néandertal se nourrissaient de viande, mais dans des régions rocailleuses, ils devaient trouver une source alimentaire pour subsister.
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À Gibraltar, Néandertal capturait des pigeons pour les manger

 

L'homme du Néandertal est disparu depuis près de... (PHOTO ARCHIVES ASSOCIATED PRESS)

L’homme du Néandertal est disparu depuis près de 30 000 ans.

PHOTO ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Agence France-Presse
Paris

Notre cousin Néandertal capturait vraisemblablement des pigeons pour les manger, selon des chercheurs qui ont découvert des traces d’outils, de dents et de cuisson sur des os de pigeons dans une caverne de Gibraltar.

Ces paléontologues ont passé au crible la Grotte de Gorham, située dans une falaise escarpée faisant face à la Méditerranée, où se sont abrités de nombreux groupes de Néandertaliens, puis des humains modernes, voici 67 000 à 28 000 ans.

Au total, ils ont recensé pour cette période plus de 17 000 os de pigeon de roche, l’ancêtre sauvage de notre pigeon biset domestique (Columba livia), répartis sur vingt sites d’occupation (19 néandertaliens, 1 humain moderne) dans la grotte.

«Nous avons trouvé des preuves d’intervention humaine sur ces ossements de pigeon dans onze sites néandertaliens» de même que pour celui occupé par les humains modernes (Homo sapiens).

La proportion d’os portant des entailles pratiquées à l’aide d’outils est relativement faible, mais les chercheurs relèvent que «la taille de ces proies ne rend pas nécessaire l’utilisation de tels outils pour les consommer».

«Après avoir écorché ou plumé l’oiseau, l’usage des mains et des dents serait le meilleur moyen de détacher la viande et le gras des os. Pour preuve, des traces de dents ont été observées sur certains os de pigeon» (une quinzaine), écrivent-ils dans leur étude, publiée par la revue Nature Scientific Reports.

Dans plus de 10% des cas, les os présentent également des signes de brûlure et/ou de cuisson.

«Nos résultats démontrent sans aucun doute que les Néandertals, et plus tard les humains modernes, consommaient des pigeons de roche», un phénomène qui n’est pas un cas isolé et qui s’est prolongé sur une période très longue, affirment les auteurs.

Les Néandertals qui s’abritaient dans la grotte auraient ainsi pu aisément profiter de la présence de pigeons nichant dans la falaise ou au creux des rochers pour les capturer à la main, estiment-ils.

Le pigeon sauvage aurait donc constitué «une source stable de nourriture dans l’environnement rocailleux de Gibraltar, mais aussi probablement dans de nombreuses autres régions peuplées par l’Homme de Néandertal».

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