Ces outils vieux de 90 000 ans n’ont pas été fabriqués par des Homo sapiens


Les homos sapiens fabriquaient des outils que les archéologues ont trouvé dans plusieurs sites. Dernièrement en Espagne, ils ont trouvé des outils en bois qui daterait 90 000 qui ne peuvent pas avoir été faites par les hommes modernes, mais bien par les hommes du Neandertal. Il faut vraiment un terrain soit propice pour conserver aussi longtemps des outils en bois aussi bien conservés
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Ces outils vieux de 90 000 ans n’ont pas été fabriqués par des Homo sapiens

 

Rios-Garaizar et al./PLOS One

par Brice Louvet

Des fouilles archéologiques dans le nord de l’Espagne révélaient il y a quelques semaines deux outils en bois vieux d’environ 90 000 ans. Chose intéressante : ces outils n’ont pas été fabriqués et utilisés par Homo sapiens, mais par nos cousins ​​plus âgés, les Néandertaliens.

Le site d’Aranbaltza, en Espagne, fut occupé par plusieurs générations néandertaliennes au cours des millénaires, selon des chercheurs du Centre espagnol de recherche sur l’évolution humaine (CENIEH). Dans les sédiments étaient retrouvés il y a quelques semaines deux nouveaux outils en bois, datés à environ 90 000 ans (Paléolithique moyen), époque à laquelle les Néandertaliens habitaient l’Europe. Ces outils sont très rares. Le bois est en effet une matière organique qui se décompose, ainsi les outils en bois liés aux débuts de l’histoire humaine sont souvent perdus.

Ces outils ne peuvent se préserver que dans des environnements très spécifiques – tels que les sédiments gorgés d’eau d’Aranbaltza. Un seul des deux outils récupérés a pour l’heure fait l’objet d’une analyse et d’une étude, et il a été pris en charge par une équipe du CENIEH dirigée par l’archéologue Joseba Rios-Garaizar. L’usure de sa pointe produite par des contraintes mécaniques répétées indique qu’elle a été utilisée pour déterrer de la nourriture comme les tubercules et les palourdes, pour creuser à la recherche de pierres ou encore pour faire des fosses pour les incendies, notent les chercheurs.

« Les quelques preuves directes et indirectes disponibles suggèrent que le bois a joué un rôle important dans les adaptations technologiques de Néandertal », peut-on lire dans l’article.

Le bois fournit en effet assez de plasticité pour former une gamme variée d’outils impossibles à obtenir avec la pierre, et très difficiles à créer à partir d’os, qui ont des tailles limitées et qui sont plus difficiles à travailler. D’après les analyses, cet outil aurait été produit à partir d’un tronc d’if coupé en deux de façon longitudinale.

L’une de ces moitiés semble avoir été carbonisée et durcie en utilisant le feu, et raclée avec un outil en pierre pour obtenir la forme pointue de l’outil d’excavation, pense l’équipe. Bien que les instruments en bois utilisés par les Néandertaliens soient rares, ils ne sont pas entièrement inconnus. Des armes en bois datant d’il y a 300 000 ans ont été découvertes en Allemagne en 1995. Un article publié plus tôt cette année suggérait également la présence d’outils en Toscane, en Italie, remontant à 171 000 ans.

S’ils ne sont pas aussi anciens, ces nouveaux outils contribuent néanmoins à la théorie selon laquelle l’utilisation d’outils en bois était répandue dans toute l’Europe paléolithique.

« Le paléolithique moyen précoce et tardif de la région se caractérise par une grande variabilité comportementale », expliquent les chercheurs, notant à titre d’exemples, « le transport sur de longues distances des matières premières lithiques [l’ensemble des objets en pierre transformés intentionnellement par les humains], l’utilisation de technologies de chasse complexes, le contrôle et l’utilisation du feu, l’utilisation d’outils osseux et un certain degré d’exploitation des ressources marines ».

Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans la revue PLOS One.

http://sciencepost.fr/

Deux épisodes de croisement entre humains modernes et Dénisoviens


L’origine de l’humain de ce que nous sommes aujourd’hui, découle de nos premiers ancêtres qui se croiser quelque part le temps pour former et peupler des pays avec des caractéristiques qui sont resté sur le génome de l’homme d’aujourd’hui
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Deux épisodes de croisement entre humains modernes et Dénisoviens

 

Illustration artistique d'un individu d'une espèce Homo éteinte rappelant l'homme de Denisova.

Illustration artistique d’un individu d’une espèce Homo éteinte rappelant l’homme de Denisova.  Photo : Institut Max Planck

En utilisant une nouvelle méthode d’analyse comparant les génomes des populations humaines modernes à celui des Dénisoviens aujourd’hui disparus, des scientifiques américains ont été surpris de découvrir deux épisodes distincts de croisement génétique entre les deux espèces.

Un texte d’Alain Labelle


Les humains (Homo sapiens) ont coexisté avec les hommes de Néandertal et de Denisova, et avec une autre espèce inconnue à ce jour. Dans les trois cas, il y aurait eu des croisements et des échanges génétiques entre ces espèces du genre Homo.

Le saviez-vous?

  • Les trois espèces se sont séparées il y a environ 400 000 ans;
  • Les Dénisoviens ont quitté l’Afrique vers l’Asie de l’Est;
  • Les Néandertaliens ont mis le cap vers l’Europe et l’ouest de l’Asie;
  • Les Homos sapiens, les ancêtres de l’homme, sont sortis d’Afrique il y a seulement 65 000 ans pour gagner l’Eurasie;
  • Les trois espèces se sont ensuite croisées.

Deux fois plutôt qu’une

Des chercheurs de l’Université de Washington à Seattle ont déterminé que les génomes de deux groupes d’humains modernes provenant d’Océanie et d’Asie de l’Est sont uniques en leur genre, ce qui laisse croire qu’il y a eu deux épisodes distincts d’hybridation avec les Dénisoviens.

Ces travaux publiés dans la revue Cell suggèrent donc une histoire génétique plus diversifiée qu’on ne le pensait auparavant entre les Dénisoviens et l’Homo sapiens.

Ce que l’on savait déjà, c’est que les Océaniens, notamment les Papous, ont des quantités importantes d’ascendance des Dénisoviens. Sharon Browning

En fait, le génome des Papous d’aujourd’hui provient à 5 % de celui de l’homme de Denisova.

Il était aussi connu que celui des Asiatiques en général possédait la trace, à un degré moindre, du même croisement avec les Dénisoviens.

L’hypothèse des scientifiques était que l’ascendance asiatique provenait de la migration de populations océaniennes.

Or, les présents travaux, réalisés auprès de populations humaines d’Asie de l’Est, montrent l’existence d’une deuxième période de croisement avec les Dénisoviens, distincte de celles observées chez les Asiatiques du Sud et les Papous.

Cette ascendance des hommes de Denisova chez les Asiatiques de l’Est semble être un phénomène distinct. Sharon Browning

Mme Browning et ses collègues en viennent à cette conclusion après avoir analysé plus de 5600 génomes provenant d’individus d’Europe, d’Asie, d’Amérique et d’Océanie et les avoir comparés à celui des Dénisoviens.

Ce travail a ainsi permis de déterminer que le génome de l’homme de Denisova est plus étroitement lié à la population d’humains modernes de l’Asie de l’Est qu’aux Papous actuels.

« Lorsque nous avons comparé l’ADN des Papous au génome des Dénisoviens, de nombreuses séquences étaient similaires », explique Sharon Browning.

Toutefois, certaines des séquences d’ADN retrouvées chez les Asiatiques de l’Est, notamment les Chinois Han, les Chinois Dai et les Japonais, étaient beaucoup plus proches des Dénisoviens. Sharon Browning

Notre connaissance du génome de ces hommes provient de restes fossilisés d’un individu découverts dans les montagnes de l’Altaï en Sibérie. Son génome a été publié en 2010, et d’autres chercheurs ont rapidement identifié des segments de son ADN dans plusieurs populations modernes d’Asie et d’Océanie.

Des dents de Dénisoviens.

Des dents de Dénisoviens Photo : iStock/Institut Max Planck

« L’hypothèse est que le mélange avec des Dénisoviens s’est produit assez rapidement après que les humains modernes eurent quitté l’Afrique, il y a environ 50 000 ans, mais nous ne connaissons pas l’endroit exact », affirme Mme Browning.

Dans le futur, les chercheurs prévoient étudier davantage de populations asiatiques et d’autres dans le monde entier, y compris les Amérindiens et les Africains, afin de trouver des preuves de croisement avec d’autres humains archaïques.

L’année dernière, des anthropologues allemands avaient montré l’existence d’un croisement entre les premiers humains et une espèce « fantôme » qui aurait contribué au matériel génétique des ancêtres des personnes d’origine subsaharienne.

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/

L’Homo sapiens a quitté l’Afrique des milliers d’années plus tôt qu’on ne le pensait


L’histoire de l’humanité ne cesse d’être réécrite. Les scientifiques découvrent des fossiles qui viennent changer ce que l’on savait avant. L’apparition de l’Homo sapiens en Afrique a encore reculé de quelques milliers d’années
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L’Homo sapiens a quitté l’Afrique des milliers d’années plus tôt qu’on ne le pensait

 

Fragment de mâchoire du plus ancien Homo sapiens trouvé hors d'Afrique; ce fossile a été trouvé dans la grotte de Misliya, en Israël.

Le fragment de mâchoire a été trouvé en 2002 dans la grotte de Misliya, en Israël. Photo : Associated Press/Gerhard Weber/Université de Vienne

L’analyse du plus vieux fossile d’Homo sapiens trouvé jusqu’à ce jour hors d’Afrique amène des chercheurs à conclure que l’espèce humaine s’est aventurée à l’extérieur de ce continent des dizaines de milliers d’années plus tôt qu’on ne le pensait.

RADIO-CANADA AVEC REUTERS ET BBC

L’âge du fragment de mâchoire en question, exhumé en 2002 dans la grotte de Misliya, sur le versant occidental du mont Carmel, en Israël, aurait entre 177 000 et 194 000 ans.

Le fossile porte des signes caractéristiques de l’Homo sapiens qui ne sont pas présents chez d’autres hominidés, dont l’homme de Néandertal. Des lames et d’autres instruments en pierre, plusieurs foyers et des ossements carbonisés d’animaux ont également été retrouvés sur les lieux.

« Nous devons réécrire toute l’histoire de l’évolution humaine », a expliqué à la BBC l’un des cochercheurs, le professeur Israel Hershkovitz, de l’Université de Tel-Aviv.

Jusqu’ici, les plus anciens fossiles d’Homo sapiens hors d’Afrique, également découverts en Israël, avaient entre 90 000 et 125 000 ans.

Cette nouvelle datation laisse entrevoir davantage de découvertes d’ossements d’Homo sapiens en Asie occidentale, croit le chercheur au Musée d’histoire naturelle de Londres, Chris Stringer, qui n’a pas participé à l’étude.

La découverte permet également de croire à des interrelations précoces entre notre espèce et l’homme de Néandertal. Des tests génétiques avaient précédemment montré des signes de métissage entre les deux espèces.

L’Homo sapiens est apparu tout d’abord en Afrique, où les plus anciens fossiles de l’espèce remontent à 300 000 ans.

http://ici.radio-canada.ca

L’héritage génétique de l’homme de Néandertal se précise


L’homme de Néandertale ont disparu 30 000 à 40 000 ans, mais ils ont connu les Homo sapiens et des descendants ont suivi de ce mélange de ces deux groupes. Les chercheurs ont découvert des gènes qui ont survécu à l’homme moderne qui aurait une incidence sur certaines maladies, à la pigmentation de la peau et autres
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L’héritage génétique de l’homme de Néandertal se précise

 

L'homme de Néandertal a transmis une partie de son patrimoine génétique à l'Homo sapiens.

L’homme de Néandertal a transmis une partie de son patrimoine génétique à l’Homo sapiens. Photo : Reuters/Nikola Solic

De nouvelles mutations génétiques liées à certains traits ou à certaines maladies ont été détectées dans le génome d’un homme de Néandertal, affinant ainsi notre connaissance de la contribution de cette espèce disparue au génome humain.

Un texte d’Alain Labelle

Les Homo neanderthalensis ont disparu de la surface terrestre il y a 30 000 à 40 000 ans. Ils ont toutefois vécu en même temps que nos ancêtres Homo sapiens pendant plusieurs milliers d’années en Eurasie, si bien que les deux espèces se sont accouplées.

Les néandertaliens nous ont ainsi transmis une partie de leur patrimoine génétique.

Le néandertalien en nous

De précédents travaux ont montré qu’environ 2 % de l’ADN des populations non africaines actuelles proviennent d’Homo neanderthalensis.

Une équipe de l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionniste tente de cerner la nature de cet apport depuis quelques années. Elle a notamment réalisé en 2014 le séquençage du génome d’un homme de Néandertal, dont les restes avaient été découverts en Sibérie. Cette analyse avait permis d’établir que les Néandertaliens ont contribué à l’immunité et à la vulnérabilité des humains à certaines maladies.

La même équipe a récemment séquencé le génome d’un autre individu, une femme, dont les restes ont été découverts dans une grotte de Croatie dans les années 1980.

Tricotés très serré

En comparant les deux génomes néandertaliens, le chercheur Fabrizio Mafessoni et ses collègues ont rapidement remarqué que les deux individus étaient beaucoup plus proches sur le plan génétique que deux humains peuvent l’être de nos jours.

Une relation aussi étroite entre des individus qui vivaient à des milliers de kilomètres l’un de l’autre, et probablement à des milliers d’années d’intervalle, laisse à penser que la population néandertalienne devait être très modeste.

Fabrizio Mafessoni

Les chercheurs ont aussi comparé les deux génomes à ceux d’humains d’aujourd’hui afin de mieux comprendre comment les Néandertaliens se sont mêlés aux ancêtres des Homo sapiens non africains.

Ils ont établi que la « femme » de Néandertal de Croatie est plus proche des Néandertaliens qui se sont mêlés à nos ancêtres Homo sapiens que le Néandertalien en provenance de Sibérie. Ces travaux ont montré qu’entre 1,8 et 2,6 % des génomes des humains non africains proviennent d’un mélange avec des Néandertaliens.

De nouvelles mutations identifiées

Les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Science ont également pu identifier de nouvelles mutations « néandertaliennes » qui sont entrées dans le génome des humains modernes.

Certaines sont associées à un haut taux de cholestérol, à la schizophrénie et à l’arthrite rhumatoïde.

L’influence de l’exposition au soleil

D’autres découvertes améliorent nos connaissances. Par exemple, les précédents travaux montraient que les gènes humains impliqués dans la pigmentation de la peau ou des cheveux étaient influencés par l’ADN néandertalien.

Dans ces travaux, les chercheurs ont découvert que plusieurs allèles (différentes versions d’un même gène) contribuaient à la couleur de la peau et des cheveux des hommes de Néandertal.

Nos résultats laissent à penser que les Néandertaliens avaient différentes teintes de cheveux et de peau, un peu comme les humains actuels. Michael Dannemann

Ces traits physiques, mais également d’autres caractéristiques comme l’humeur et les rythmes circadiens, sont tous liés à l’exposition au soleil, notent les chercheurs.

Lorsque les humains sont arrivés en Eurasie il y a environ 100 000 ans, les hommes de Néandertal y vivaient depuis des milliers d’années. Ils se seraient ainsi adaptés à une quantité de rayons ultraviolets moins grande et plus variable que les nouveaux arrivants d’Afrique.

L’exposition au soleil peut avoir façonné les phénotypes [traits par lesquels se manifeste l’expression des gènes] de Néandertal et la présence de ces gènes dans l’homme moderne continue de contribuer à la variation de ces traits aujourd’hui.

Auteurs

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Ces jumeaux qui vivaient il y a 30 000 ans ont été reconstitués virtuellement


Avec la technologie d’aujourd’hui, il est possible de reconstituer des visages de crâne même s’ils sont mort depuis plusieurs milliers d’années à la condition que les ossements soient très bien conservé surtout avec les millénaires qui nous séparent. Même sans cela, il est remarquable selon les chercheurs que ces homo sapiens avec leurs décorations avaient un niveau de culture insoupçonnées
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Ces jumeaux qui vivaient il y a 30 000 ans ont été reconstitués virtuellement

Crédits : Visual Science

Un garçon et une fille qui vivaient il y a environ 30 000 ans ont été virtuellement ramenés à la vie par une collaboration entre le studio Visual Science, l’Institut d’ethnologie et d’anthropologie de l’Académie des sciences russe et le Nauka o+ Science Festival, d’après Motherboard. Les visages de ces deux enfants du peuple Sungir, décédés à 10 et 13 ans, ont été recréés en 3D.

Enterrés l’un à côté de l’autre dans l’oblast de Vladimir, une région de l’ouest de la Russie, le corps décoré d’ocre rouge et la tombe pleine de cadeaux, ces deux enfants appartenaient au premier peuple humain à s’être installé en Europe du nord et de l’est. Par la modélisation 3D et le scan au laser des deux jeunes gens, l’équipe de scientifiques a réussi à produire des images – certes un peu confuses – de leurs adorables visages.

Les restes de Sungir 2 et Sungir 3 – grosse panne d’inspiration ce jour-là –, découverts dans les années 1960, ont été si bien préservés grâce aux vêtements à base de peau de mammouth qu’ils portaient, que les chercheurs ont réussi à mettre au point des images d’une impressionnante précision. Une vidéo de la reconstruction permet de voir l’étonnante scène de nos jeunes ancêtres ouvrir les yeux.

Pour Ivan Konstantinov, PDG de Visual Science, compagnie qui a déjà conçu des visuels 3D du virus Zika, le projet était une excellente manière de mettre en valeur ce « trésor mondial » qu’est selon lui la culture Sungir.

« Les vêtements spéciaux et les éléments décoratifs suggèrent un incroyable niveau de développement culturel parmi les Homo sapiens qui vivaient il y a 30 000 ans. »

Source : Motherboard

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Le Saviez-Vous ► Combien d’humains ont vécu sur Terre ?


Peut-on vraiment savoir comment d’humain ont vécu sur la Terre ? Des démographes ont choisi une méthode semi-scientifique, car il faut admettre qu’il manque beaucoup de donnés. L’estimation en 2011 était de 108 milliards, mais ces chiffres devraient être plus hauts surtout avec les découvertes de ces derniers mois qui font reculer l’apparition de l’homme sur Terre
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Combien d’humains ont vécu sur Terre ?

Question de la semaine : combien d'humains ont vécu sur Terre ?

Au début du 20e siècle, la population mondiale était d’environ 1,7 milliard, selon le PRB.

© LEEMAGE / AFP

En voilà une question difficile, à bien des égards. La première de toutes : quand faire débuter l’histoire de l’humanité ? Jusqu’au 7 juin 2017, l’on pensait que notre espèce, Homo sapiens, était née en Afrique de l’Est il y a environ 200.000 ans. Mais les découvertes du site de Jebel Irhoud au Maroc font désormais reculer de 100.000 ans les origines de notre espèce !

108 milliards d’êtres humains auraient foulé la Terre

Étonnamment, un centre de recherche fournit une estimation du nombre d’hommes et de femmes qui auraient vécu sur Terre : le « Population Reference Bureau » (PRB), basé à Washington, en charge de fournir des informations sur les tendances démographiques américaines et internationales et leurs implications. Selon les chercheurs du PRB, 108 milliards d’humains ont vécu sur la Terre. Mais ce nombre, dernièrement mis à jour en 2011, reste très approximatif, comme on peut facilement l’imaginer.

« L’on ne dispose d’absolument aucune donnée démographique pour 99% de l’existence de l’humanité sur la Terre », précise le PRB.

Alors comment les démographes ont-ils procédé ? Ils ont appliqué, selon leurs propres termes, une méthode « semi-scientifique », dans la mesure où il ont dû établir des suppositions sur les populations nées avant notre ère. Ils ont raisonné par « grandes périodes », en se basant sur les estimations officielles des taux de natalité (fournies par les Nations Unies, des études, etc.) et des hypothèses là où les données manquent, c’est-à-dire dans la plupart des cas.

Leur première estimation de la population remonte à 8 000 ans avant Jésus-Christ.

« À l’aube de l’agriculture, la population du monde se situe alors aux alentours de 5 millions », expliquent-ils.

Au cours de ces huit millénaires avant Jésus-Christ, le taux de croissance est très faible – de seulement 0,0512% par an – pour arriver à environ 300 millions en l’an 1 de notre ère.

« Selon toute vraisemblance, les populations humaines des différentes régions ont augmenté ou diminué suite aux famines, aux aléas des troupeaux d’animaux, aux hostilités et aux changements de conditions atmosphériques et climatiques », avancent les chercheurs.

Et à l’époque, la vie est de très courte durée : par exemple, en France, durant l’Âge de Fer (de 1.100 à 700 avant JC), l’espérance de vie à la naissance est en moyenne de… 10 à 12 ans ! 

La mortalité infantile est très élevée, « peut-être de 500 décès de nourrissons pour 1.000 naissances, voire davantage », estiment les démographes.

 Vers l’an 1 de l’ère chrétienne, le nombre total d’êtres humains vivant sur la planète est évalué à 300 millions. Vers 1650, la population mondiale augmente probablement jusqu’à 500 millions environ, ce qui ne représente pas une forte hausse depuis plus de 1.000 ans, entre autres parce qu’en Asie occidentale puis en Europe, la peste noire sévit. Enfin, vers 1800, la population mondiale dépasse le cap du milliard de personnes et continue de s’accroître depuis, atteignant un peu près de 7,5 milliards en 2017. Les estimations du PRB sont récapitulées dans le tableau ci-dessous.

6,5 % des personnes nées sur Terre seraient toujours en vie

Première grande limite de l’exercice : les démographes n’ont pas pris en compte les naissances antérieures à 50.000 avant notre ère, faute d’informations.

 Toutefois, selon eux, cela pourrait augmenter le nombre de naissances final, « mais probablement pas de beaucoup ».

La deuxième problématique majeure qu’ils ont rencontrés est l’absence de données sur le taux de natalité avant l’époque moderne, les obligeant donc à appliquer un même taux sur une longue période : 80 naissances pour 1.000 habitants par an jusqu’à la première année de l’ère chrétienne, 60 pour 1.000 de l’an 2 à 1750, puis au-dessus de 30 pour 1.000 à l’époque moderne, et encore plus bas dans les années récentes (ce taux était de 12 pour 1.000 en France en 2015). Une méthode qui pourrait sous-estimer le nombre de naissances total, supposent les démographes.

Selon le PRB, la population actuelle représente donc 6,5% de toute celle née dans l’histoire de l’humanité.

Ce qui « démonte une bonne fois pour toutes un mythe persistant depuis les années 1970, à savoir que 75 % de toutes les personnes nées sur la Terre depuis l’histoire de l’humanité étaient en vie à ce moment-là », ajoutent les démographes.

Cette statistique, qui semble très peu vraisemblable avec un peu de réflexion, « n’était pas si facile que cela à démonter, faute de données », font-ils remarquer.

C’est désormais chose faite.

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Les secrets des mains de la Préhistoire en Europe


Les mains peintes sur des parois des grottes intriguent encore les scientifiques. Certaines hypothèses sont émises, mais encore le doute existe. Il y aura en Europe 36 grottes qui ont été découvertes soit en France, en Espagne et l’Italie, du travail qui ne sera probablement jamais résolu
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Les secrets des mains de la Préhistoire en Europe

 

Selon l'archéologue espagnol Hipolito Collado, ces mains peintes... (HANDPAS PROJECT via AFP)

Selon l’archéologue espagnol Hipolito Collado, ces mains peintes ont été découvertes dans 36 grottes d’Europe réparties entre la France, l’Espagne et l’Italie. Certaines comprennent aussi des dessins d’animaux et des fossiles, mais le projet Handpas se concentre sur les mains, la connexion la plus humaine avec notre passé reculé.

HANDPAS PROJECT VIA AFP

 

MARIANNE BARRIAUX
Agence France-Presse
Caceres

Une grotte de l’ouest de l’Espagne, comme d’autres en Italie ou en France, abrite notre lien le plus intime avec la Préhistoire : des silhouettes de mains datant d’il y a plusieurs dizaines de milliers d’années.

Il fait noir et étonnamment chaud dans cette petite grotte sinueuse de Maltravieso, à Caceres en Estrémadure. L’archéologue espagnol Hipolito Collado et son équipe n’y étaient pas entrés depuis près d’un an, pour éviter d’endommager les 57 mains décolorées ornant les murs.

Pourquoi ces mains furent-elles peintes, dans cette grotte comme dans d’autres ? Était-ce un simple moyen de laisser une empreinte ou un rituel de communion avec les esprits ?

Que peuvent-elles révéler sur le rôle de la femme au Paléolithique, l’époque de l’usage de la pierre taillée, achevée il y a environ 10 000 ans ?

Pour aider à percer ces mystères qui passionnent les chercheurs du monde entier, M. Collado a entrepris de cataloguer toutes les empreintes de main préhistoriques d’Europe.

Prêts à descendre en rappel le long de parois escarpées ou à se glisser sous des rochers, lui et d’autres archéologues sont allés de grotte en grotte, scanner et photographier en haute résolution toutes les mains qu’ils pouvaient trouver.

« J’étais là »

Objectif : constituer une base de données en accès libre en ligne, dans le cadre du projet Handpas financé par l’Union européenne, pour que ces images détaillées en 3D puissent être examinées par n’importe quel chercheur, comme s’il avait lui-même exploré les grottes.

« Il s’agit de rendre accessible un art inaccessible », dit M. Collado.

Dans la grotte où l’on tient à peine debout par endroits, il contrôle des capteurs, pour vérifier si le niveau de CO2, de température ou d’humidité, ont changé depuis sa dernière visite.

Selon lui, ces mains peintes ont été découvertes dans 36 grottes d’Europe réparties entre la France, l’Espagne et l’Italie. Certaines comprennent aussi des dessins d’animaux et des fossiles, mais le projet Handpas se concentre sur les mains, la connexion la plus humaine avec notre passé reculé.

Des mains peintes ont aussi été découvertes en Amérique du sud, en Australie et encore en Indonésie, où de récentes recherches ont révélé qu’une silhouette cachée dans une grotte de l’île des Célèbes, datait d’il y a 40 000 ans, devenant la trace de main la plus vieille du monde.

Soit à peu près l’époque où les Homos Sapiens – premiers « hommes modernes » – arrivèrent en Europe après être apparus en Afrique et avoir vécu dans certaines parties de l’Asie.

Les théories et conjectures abondent sur la signification de ces mains et sur le fait que des doigts manquent parfois.

Était-ce un rituel ? Les peintres ont-ils perdu ces doigts à cause du gel par froid intense ? Ou – ce qui est le plus souvent avancé – pliaient-ils un doigt quand ils peignaient ?

Et si les chercheurs concluaient que toutes les mains, à un certain endroit, avaient été peintes par des femmes ?

« On penserait à une société matriarcale », répond un des collègues de M. Collado, Jose Ramon Bello Rodrigo.

Autre question en suspens : est-il possible que les Homo sapiens – ou les Néandertaliens avant eux – aient simplement vagabondé dans les grottes et laissé leurs marques en passant, comme pour dire « j’étais là » ?

Escalade dans l’obscurité

Paul Pettitt, professeur d’archéologie du Paléolithique à l’université anglaise de Durham, ne le pense pas.

Au fil de ses recherches, qui portent sur les endroits où ces mains peintes ont été trouvées, il a découvert que les doigts étaient parfois placés au-dessus d’une bosse dans la paroi, comme s’il s’agissait d’une prise.

De nombreuses mains apparaissent aussi dans les renfoncements les plus profonds.

« Cela devait être très effrayant, (et requérir) un important effort, beaucoup d’escalade dans l’obscurité », commente M. Pettitt. « Vous ne faites pas ça pour vous amuser ».

Pourquoi alors en faire autant pour peindre des mains – « négatives » quand elles sont dessinées selon le principe du pochoir avec des pigments tout autour, ou « positives » quand elles sont enduites directement de colorant ?

Le préhistorien français Jean Clottes, spécialiste de l’art pariétal, estime qu’il pourrait s’agir d’une forme de chamanisme.

« Le fait de mettre de la peinture – qu’on pourrait appeler peinture sacrée – contre la paroi, cela crée un lien entre la personne qui le fait et la paroi, et par conséquent avec les puissances qu’il peut y avoir dans cette paroi », dit-il.

M. Collado estime que certaines mains ont valeur de mise en garde :

« Dans la grotte de la Garma (Cantabrie, nord de l’Espagne), il y a un panneau avec des mains à côté d’un grand trou qui peut être mortel (si l’on y tombe). Elles voulaient certainement dire : « Stop » »

Le projet se heurte à un obstacle : l’équipe n’a pas reçu l’autorisation d’accéder aux grottes en France, 18 mois après avoir envoyé une première demande au ministère français de la Culture.

« Nous sommes en stand-by », dit M. Collado, impatient.

http://www.lapresse.ca/