Les néandertaliens, des chasseurs de précision


Il y a 120 000 ans, les hommes de Néandertal chassaient en groupe en élaborant des plans d’attaques. De la façon qu’ils utilisaient leur lance, semble prouver qu’ils étaient assez proches de leur gibier
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Les néandertaliens, des chasseurs de précision

 

Les hommes de Néandertal chassaient à courte distance il y a 120 000 ans, montre l’analyse des plus anciennes blessures de chasse documentées de l’histoire du genre Homo.

Un texte d’Alain Labelle


Les marques ont été trouvées sur les squelettes de deux gros daims d’une espèce aujourd’hui éteinte tués par des néandertaliens sur les rives d’un petit lac situé près de l’actuelle ville de Halle-sur-Saale, en Allemagne.

Représentation de l'endroit de la hanche où la lance a frappé le daim.

Estimation de l’angle d’impact de la lance sur le cervidé.  Photo : RGZM/Eduard Pop

Les travaux de l’anthropologue Sabine Gaudzinski-Windheuser et de ses collègues de l’Université Johannes Gutenberg de Mayence constituent une percée importante dans notre compréhension de la niche écologique des néandertaliens.

Le saviez-vous?

Les Homo neanderthalensis ont disparu de la surface terrestre il y a 30 000 à 40 000 ans. Ils ont toutefois vécu en même temps que nos ancêtres Homo sapiens pendant plusieurs milliers d’années en Eurasie.

Des habiletés méconnues

Les aptitudes de chasse des hommes de Néandertal restent méconnues, mais la présente étude tend à montrer qu’ils n’étaient pas des chasseurs du dimanche, loin de là.

En ayant recours à une installation balistique expérimentale comprenant une technologie novatrice de détection du mouvement, les chercheurs ont été en mesure de reproduire la forme détaillée de l’une des lésions infligées aux cerfs préhistoriques.

Un examen d'imagerie montrant un objet pointu qui perfore un os.

Un examen d’imagerie a permis de reconstituer la lésion au pelvis, et la forme de l’objet pointu qui l’a perforé.  Photo : RGZM/Eduard Pop

Cette reconstitution montre qu’une lance de bois a atteint l’animal à faible vitesse.

Cela laisse à penser que ces hommes s’approchaient des cervidés et poussaient leurs lances vers eux avec précision plutôt que de les projeter avec vigueur.

Vue de face et de dos d'une lésion de chasse dans le bassin d'un daim tué par des Néandertaliens il y a 120 000 ans .

Vue de face et de dos d’une lésion de chasse dans le bassin d’un daim tué par des Néandertaliens il y a 120 000 ans.  Photo : RGZM/Eduard Pop

Une telle technique de chasse exigeait, selon les chercheurs, une grande planification, une capacité de camouflage, de même qu’une coopération étroite entre les chasseurs.

À l’époque, la zone du lac où se serait déroulée la chasse était entourée d’une étroite bande de forêt, un environnement jugé difficile pour les chasseurs-cueilleurs, même pour les humains modernes.

En outre, les fouilles menées dans cette région allemande ont permis de mettre au jour des dizaines de milliers d’os de grands mammifères, notamment des cerfs rouges, des chevaux et des bovins, ainsi que des milliers d’artefacts attestant de la capacité de survie de néandertaliens dans les environnements forestiers.

Certains, dont les présents ossements, dataient de la période interglaciaire, il y a 120 000 ans.

« Bien que les hominines aient probablement commencé à chasser avec des armes il y a plus de 500 000 ans, les preuves de l’utilisation d’objets en bois ressemblant à des lances étaient absentes avant l’identification des présentes lésions de chasse », explique Sabine Gaudzinski-Windheuser

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Nature Ecology and Evolution.

https://ici.radio-canada.ca/

Etricourt-Manancourt : 300 000 ans d’histoire mis au grand jour


De très belles découvertes archéologique sont en court en Europe, laissant entrevoir les ancêtres européens étaient présent il y a 300 000 ans. Des restes  d’outils ont été découverts et ce dans différents cycles climatiques visibles a l’oeil nu
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Etricourt-Manancourt : 300 000 ans d’histoire mis au grand jour

 

Photobiface

Ensemble de quatre bifaces trouvés dans le niveau acheuléen, datant d’au moins 300 000 ans. © David Hérisson, Inrap

Les archéologues de l’Inrap ont mit au grand jour plusieurs occupations préhistoriques, dont la plus ancienne remonte à 300 000 ans. Une découverte exceptionnelle qui nous informe sur les premiers peuplements européens.

À Etricourt, les signes des premières cultures européennes remontent à la surface. Pendant plusieurs mois, les équipes de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) se sont appliquées à fouiller les 17 hectares d’un site, qui a révélé des traces de nos ancêtres paléolithiques.

La chasse aux trésors débute en 2010. Sur prescription de l’État (Drac Picardie), l’emplacement du futur bassin de rétention du canal Seine-Nord Europe fait l’objet d’un diagnostic. Dès les premiers coups de pelle, un niveau paléolithique est mis en évidence. Deux ans plus tard, une fouille de 3200 m2 est conduite pendant 4 mois. Le chantier donne des résultats spectaculaires : le site dévoile cinq niveaux, qui s’échelonnent entre 300 000 et 80 000 ans.

Des couleurs, des climats

Trois grands cycles climatiques, dans lesquels se succèdent ères glaciaires et interglaciaires, ont pu être observés. Plus la couleur du sol est foncée, plus la période est liée à un épisode climatique chaud ou tempéré.

Dans le niveau archéologique le plus ancien (300 000 ans), des centaines de silex ont étés découverts. Parmi eux, des bifaces : outils phares de l’époque qui servaient très probablement à la découpe de la viande. Une étude tracéologique devra confirmer cette hypothèse dans les mois à venir. Quant aux restes organiques (os et bois) de ces civilisations lointaines , l’acidité des sols semble en avoir effacé les dernières traces …

L’étude complète du gisement pourrait permettre de découvrir de nouveaux éléments, qui aideraient à la reconstitution du mode de vie de ces hommes de Néandertal.

La fouille est en cours.

Sylvia Guirand

http://www.nationalgeographic.fr/