Néandertaliens et humains ont eu plus de rapports sexuels que prévu


Existe-t-il une race pure ? Depuis des milliers d’années, l’humain a subi plusieurs métissages et ce même avec l’homme de Néandertal
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Néandertaliens et humains ont eu plus de rapports sexuels que prévu

 

 

Crédits : Film Néandertal

par Brice Louvet

Néandertaliens et humains modernes se sont croisés géographiquement pendant plus de 30 000 ans suite à la migration humaine hors d’Afrique. Une cohabitation qui amena les deux espèces à se reproduire. Une récente étude suggère d’ailleurs que ces rapports étaient plus fréquents qu’on ne le pensait.

Il y a environ 50 000 ans, l’Homme moderne quittait l’Afrique pour l’Europe, puis l’Asie. Il tomba alors sur les Néandertaliens, présents en Europe depuis au moins 200 000 ans. Une cohabitation s’est donc installée, et nous savons aujourd’hui qu’il y a eu des rapports sexuels entre les deux espèces. En témoigne cette “petite part de Néandertal” – environ 2 % – présente dans notre ADN. Mais si l’on pensait au départ ces rapports bien réels mais plutôt rares, une récente étude propose aujourd’hui que ces rapprochements étaient en fait beaucoup plus fréquents que supposé.

De multiples “chevauchements”

Deux espèces sexuellement compatibles vivant l’une à côté de l’autre pendant environ 30 000 ans, cela entraîne forcément des rencontres intimes. Mais dans quelle mesure ? C’est la question posée par Fernando A. Villanea et Joshua G. Schraiber, de la Washington State University (États-Unis). En s’appuyant sur un vaste ensemble de données sur le génome humain moderne, les chercheurs ont comparé les modèles d’ADN de Néandertal chez des personnes d’ascendance asiatique et européenne.

Les chercheurs ont ensuite utilisé un algorithme d’apprentissage automatique pour évaluer tous les événements de croisements susceptibles d’avoir conduit aux modèles d’ADN de Néandertal observés. Il en est alors ressorti une relation plus complexe que supposée jusqu’alors. Il y aurait eu de multiples interactions entre les deux groupes, et probablement de nombreuses relations sexuelles entre les deux espèces, menant à des progénitures croisées.

Neandertal

Crédits : Wikipedia

« Nous pensons qu’une explication probable de nos résultats est que le flux de gènes entre l’Homme moderne et l’Homme de Néandertal était continu, et dans une région quelque peu restreinte géographiquement », notent les chercheurs les auteurs Nature Ecologie & Evolution.

Une histoire pleine de métissages

Rappelons par ailleurs qu’Homo Sapiens n’est pas la seule espèce avec laquelle Néandertal s’est accouplé. Un fragment d’os retrouvé dans une grotte de Sibérie il y a quelques mois – celui d’une adolescente – suggère que nos anciens cousins se sont également “entretenus” avec les Dénisoviens, engendrant des descendances.

Ainsi, le métissage semblait déjà être la norme il y a plusieurs dizaines de milliers d’années. Les relations sexuelles étaient en effet possibles à chaque fois que ces groupes interagissaient (Homo Sapiens et Dénisoviens se sont aussi accouplés). Et forcément, ça laisse des traces. Ces deux espèces hantent aujourd’hui toujours notre ADN.

Source

https://sciencepost.fr/

Ces scientifiques vont créer des « mini-cerveaux » d’Homme de Néandertal


Les anthropologues veulent créer des mini-cerveaux de la grosseur d’une lentille. Ces cerveaux n’auraient pas la faculté de pensée, ni ressentir des émotions. Ils espèrent ainsi comprendre mieux l’héritage de l’homme de Néandertal à l’homme moderne.
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Ces scientifiques vont créer des « mini-cerveaux » d’Homme de Néandertal

 

Crédits : CNRS

par  Mehdi Karam 

Le meilleur moyen d’étudier le cerveau de l’Homme de Néandertal, c’est de l’avoir sous la main.

Ça, le Pr Svante Pääbo, directeur du département de la recherche génétique à l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionniste, l’a bien compris.

Comme il l’explique au Guardian, qui relayait son projet le 11 mai, « les Néandertaliens sont les parents les plus proches des humains de tous les jours, donc si nous devons nous définir comme un groupe ou une espèce, c’est vraiment à eux que nous devrions nous comparer. »

Avec ses équipes, il va alors donner vie à des « mini-cerveaux », pas plus gros qu’une lentille, fabriqués à partir de cellules souches éditées génétiquement afin de recevoir de l’ADN de l’Homme de Néandertal.

Ces organes artificiels seront totalement dénués de la faculté de penser ou de ressentir des émotions, mais ils seront dotés des fonctions basiques de nos cerveaux.

L’idée est de « voir si nous pouvons trouver des différences fondamentales dans le fonctionnement des cellules nerveuses qui peuvent être à la base de la raison pour laquelle les humains semblent être si spéciaux cognitivement. »

Le Pr Pääbo et ses équipes sont à l’origine de la découverte du code génétique de l’Homme de Néandertal, en 2010, sur des échantillons prélevés sur des femmes qui vivaient en Europe il y a des dizaines de milliers d’années.

Ils ont alors réalisé plusieurs expériences, avec une question en tête :

« Existe-t-il une base biologique pour expliquer pourquoi les humains modernes sont devenus des millions et finalement des milliards de personnes, répandues à travers le monde, avec une culture ? »

Autrement dit, pourquoi avons-nous réussi là où l’Homme de Néandertal a échoué ? Les chercheurs ont notamment inséré des gènes néandertaliens liés au développement du crâne et du visage chez des souris ainsi que des gènes de la perception de la douleur dans des œufs de grenouilles.

Plusieurs découvertes ont alors été effectuées. L’Homme de Néandertal serait apparu en Europe du Nord des milliers d’années avant nous, ce qui a permis à leur teint de devenir plus pâle tandis que leur corps luttait pour absorber suffisamment de Soleil. Lors de leur croisement avec les humains modernes, ces gènes liés au teint blafard nous auraient été transmis. Nous leur devons également l’arthrite.

Toutefois, hormis ces dons, des « zones mortes génétiques » persistent. De vastes étendues du génome de l’Homme de Néandertal qui n’étaient pas héréditaires. Les chercheurs pensent que c’est tout bonnement car elles conféraient des désavantages sur la santé, la fertilité, la cognition ou l’apparence physique.

Avec ces mini-cerveaux, ils pourraient bel et bien en avoir le cœur net.

Source : The Guardian

http://www.ulyces.co/

Un os de doigt d’Homo sapiens, vieux de 85 000 ans, trouvé en Arabie saoudite


Un doigt trouvé en 1916 vient remettre en question sur l’immigration de l’homme moderne en dehors de l’Afrique serait encore beaucoup plutôt que les scientifiques pensaient. Un simple doigt trouvé en Arabie Saoudite peut changer beaucoup choses
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Un os de doigt d’Homo sapiens, vieux de 85 000 ans, trouvé en Arabie saoudite

Cet os serait le plus vieux fossile d'Homo... (Photo Associated Press)

Cet os serait le plus vieux fossile d’Homo sapiens «directement daté» découvert hors d’Afrique.

Agence France-Presse
Paris

Un os de doigt, mis au jour dans le désert de Nefud en Arabie Saoudite, suggère que les Homo sapiens avaient déjà gagné l’intérieur de la péninsule il y a 85 000 ans, selon une étude publiée lundi dans Nature Ecology & Evolution.

L’Homo sapiens, également appelé l’homme moderne, est apparu en Afrique, il y a plus de 300 000 ans. On a longtemps estimé qu’il n’avait quitté «son berceau» que bien plus tard, il y a environ 60 000 ans.

Mais depuis quelques années, des découvertes, comme celle annoncée lundi, remettent en cause cette théorie.

Selon cette dernière étude, l’os qui «appartenait incontestablement à un homme moderne», aurait au moins 85 000 ans, peut-être même 90 000 ans.

Une découverte qui implique que «notre espèce s’était dispersée hors d’Afrique beaucoup plus tôt qu’on ne le pensait auparavant», déclare Huw Groucutt de l’Université d’Oxford, coauteur de l’étude.

D’une longueur de seulement 3,2 centimètres, le fossile, probablement l’os médian d’un majeur, a été découvert en 2016.

Pour définir son âge, Huw Groucutt et son équipe ont utilisé la datation radiométrique, la mesure de la variation régulière au cours du temps d’éléments radioactifs.

Cet os serait le plus vieux fossile d’Homo sapiens «directement daté» découvert hors d’Afrique, selon l’équipe qui argue que les autres pouvant lui faire concurrence ne l’ont été que via les sédiments les entourant.

«Il y a eu de multiples dispersions d’êtres humains hors d’Afrique, le mouvement migratoire et la colonisation de l’Eurasie ont été beaucoup plus compliqués que ne le disent nos manuels», juge Michael Petraglia, du département d’Évolution humaine à l’Institut Max Planck en Allemagne, également coauteur.

Selon la théorie dominante, les Homo sapiens ont quitté l’Afrique en une vague majeure il y a 60 000 ans, en longeant les côtes de la mer Méditerranée vers l’Est.

Mais ce doigt montre «que les hommes modernes se déplaçaient dans les terres d’Eurasie, pas le long des côtes», déclare Michael Petraglia.

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Deux épisodes de croisement entre humains modernes et Dénisoviens


L’origine de l’humain de ce que nous sommes aujourd’hui, découle de nos premiers ancêtres qui se croiser quelque part le temps pour former et peupler des pays avec des caractéristiques qui sont resté sur le génome de l’homme d’aujourd’hui
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Deux épisodes de croisement entre humains modernes et Dénisoviens

 

Illustration artistique d'un individu d'une espèce Homo éteinte rappelant l'homme de Denisova.

Illustration artistique d’un individu d’une espèce Homo éteinte rappelant l’homme de Denisova.  Photo : Institut Max Planck

En utilisant une nouvelle méthode d’analyse comparant les génomes des populations humaines modernes à celui des Dénisoviens aujourd’hui disparus, des scientifiques américains ont été surpris de découvrir deux épisodes distincts de croisement génétique entre les deux espèces.

Un texte d’Alain Labelle


Les humains (Homo sapiens) ont coexisté avec les hommes de Néandertal et de Denisova, et avec une autre espèce inconnue à ce jour. Dans les trois cas, il y aurait eu des croisements et des échanges génétiques entre ces espèces du genre Homo.

Le saviez-vous?

  • Les trois espèces se sont séparées il y a environ 400 000 ans;
  • Les Dénisoviens ont quitté l’Afrique vers l’Asie de l’Est;
  • Les Néandertaliens ont mis le cap vers l’Europe et l’ouest de l’Asie;
  • Les Homos sapiens, les ancêtres de l’homme, sont sortis d’Afrique il y a seulement 65 000 ans pour gagner l’Eurasie;
  • Les trois espèces se sont ensuite croisées.

Deux fois plutôt qu’une

Des chercheurs de l’Université de Washington à Seattle ont déterminé que les génomes de deux groupes d’humains modernes provenant d’Océanie et d’Asie de l’Est sont uniques en leur genre, ce qui laisse croire qu’il y a eu deux épisodes distincts d’hybridation avec les Dénisoviens.

Ces travaux publiés dans la revue Cell suggèrent donc une histoire génétique plus diversifiée qu’on ne le pensait auparavant entre les Dénisoviens et l’Homo sapiens.

Ce que l’on savait déjà, c’est que les Océaniens, notamment les Papous, ont des quantités importantes d’ascendance des Dénisoviens. Sharon Browning

En fait, le génome des Papous d’aujourd’hui provient à 5 % de celui de l’homme de Denisova.

Il était aussi connu que celui des Asiatiques en général possédait la trace, à un degré moindre, du même croisement avec les Dénisoviens.

L’hypothèse des scientifiques était que l’ascendance asiatique provenait de la migration de populations océaniennes.

Or, les présents travaux, réalisés auprès de populations humaines d’Asie de l’Est, montrent l’existence d’une deuxième période de croisement avec les Dénisoviens, distincte de celles observées chez les Asiatiques du Sud et les Papous.

Cette ascendance des hommes de Denisova chez les Asiatiques de l’Est semble être un phénomène distinct. Sharon Browning

Mme Browning et ses collègues en viennent à cette conclusion après avoir analysé plus de 5600 génomes provenant d’individus d’Europe, d’Asie, d’Amérique et d’Océanie et les avoir comparés à celui des Dénisoviens.

Ce travail a ainsi permis de déterminer que le génome de l’homme de Denisova est plus étroitement lié à la population d’humains modernes de l’Asie de l’Est qu’aux Papous actuels.

« Lorsque nous avons comparé l’ADN des Papous au génome des Dénisoviens, de nombreuses séquences étaient similaires », explique Sharon Browning.

Toutefois, certaines des séquences d’ADN retrouvées chez les Asiatiques de l’Est, notamment les Chinois Han, les Chinois Dai et les Japonais, étaient beaucoup plus proches des Dénisoviens. Sharon Browning

Notre connaissance du génome de ces hommes provient de restes fossilisés d’un individu découverts dans les montagnes de l’Altaï en Sibérie. Son génome a été publié en 2010, et d’autres chercheurs ont rapidement identifié des segments de son ADN dans plusieurs populations modernes d’Asie et d’Océanie.

Des dents de Dénisoviens.

Des dents de Dénisoviens Photo : iStock/Institut Max Planck

« L’hypothèse est que le mélange avec des Dénisoviens s’est produit assez rapidement après que les humains modernes eurent quitté l’Afrique, il y a environ 50 000 ans, mais nous ne connaissons pas l’endroit exact », affirme Mme Browning.

Dans le futur, les chercheurs prévoient étudier davantage de populations asiatiques et d’autres dans le monde entier, y compris les Amérindiens et les Africains, afin de trouver des preuves de croisement avec d’autres humains archaïques.

L’année dernière, des anthropologues allemands avaient montré l’existence d’un croisement entre les premiers humains et une espèce « fantôme » qui aurait contribué au matériel génétique des ancêtres des personnes d’origine subsaharienne.

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/

Les Néandertaliens, créateurs des plus anciennes fresques rupestres


Avec les nouvelles technologies pour dater des vestiges du passé, les archéologues se sont aperçus que l’art rupestre n’était pas juste réalisé par l’homme moderne. En effet, l’homme du Néandertal était beaucoup plus intelligent que l’on pense. En Espagne, ils ont pu découvrir des fresques rupestres qui aurait été fait par l’homme de Néandertal.
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Les Néandertaliens, créateurs des plus anciennes fresques rupestres

 

GETTY IMAGES/ISTOCKPHOTO

«C’est une découverte absolument exaltante qui suggère que les hommes de Néandertal étaient beaucoup plus évolués que ce que l’on pense d’ordinaire», souligne Chris Standish, archéologue à l’université britannique de Southampton

 

Les plus anciennes peintures rupestres connues ont été créées par des hommes de Néandertal plus de 20 000 ans avant l’arrivée de l’homme moderne en Europe, preuve que nos cousins disparus étaient dotés d’une pensée symbolique comme la nôtre, selon une étude publiée jeudi.

Ces travaux, présentés dans la revue Science, s’appuient sur une nouvelle technique qui a permis de dater plus précisément des peintures ornant les parois de trois sites archéologiques en Espagne.

« C’est une découverte absolument exaltante qui suggère que les hommes de Néandertal étaient beaucoup plus évolués que ce que l’on pense d’ordinaire », souligne Chris Standish, archéologue à l’université britannique de Southampton

« Nos résultats démontrent que les peintures que nous avons datées sont, de loin, les fresques rupestres connues les plus anciennes du monde », a-t-il dit.

Puisqu’elles ont été élaborées il y a quelque 64 000 ans –soit au moins 20 000 ans avant l’arrivée de l’homme moderne en Europe depuis l’Afrique–, « elles doivent avoir été peintes par des Néandertaliens », poursuit-il.

Employant surtout des pigments rouges et parfois noirs, des groupes d’animaux, empreintes de mains, points, cercles et autres motifs géométriques ornent les parois de ces grottes espagnoles situées à La Pasiega (nord-est), Maltravieso (ouest) et Ardales (sud).

Ces représentations dénotent une intelligence que l’on n’attribuait jusqu’ici qu’à l’homme moderne.

« L’émergence d’une culture matérielle symbolique marque une avancée fondamentale dans l’évolution de l’humanité », explique Dirk Hoffmann, de l’Institut allemand Max Planck.

Avancées technologiques

De nombreux signes indiquaient déjà que les hommes de Néandertal n’étaient pas les brutes primitives un temps imaginées mais qu’ils étaient au contraire capables de mener des rituels élaborés, comme par exemple enterrer leurs morts.

Mais, jusqu’à cette étude internationale, les peintures rupestres étaient l’un des derniers bastions séparant les humains modernes des Néandertaliens, qui ont disparu il y a quelque 35 000 ans.

« Ces dernières années, des études ont montré que les hommes de Néandertal avaient fait un usage intensif d’objets de décoration, avaient peut-être construit des structures et, plus généralement, semblaient être bien plus capables de conduire des processus cognitifs symboliques que ce qui avait été historiquement avancé jusqu’ici », explique à l’AFP Adam Van Arsdale, professeur d’anthropologie au Wellesley College, un établissement américain.

« Ces résultats suggèrent que, également, les peintures rupestres ne distinguent pas l’homme de Néandertal des hommes modernes », poursuit M. Van Arsdale, qui n’a pas participé à cette étude.

Pour lui, ces travaux révèlent aussi « des avancées technologiques impressionnantes dans les techniques de datation dans les grottes », ce qui représentait « un défi pour notre compréhension d’événements clés dans l’évolution de l’homme ».

115 000 ans

Jusqu’à présent, déterminer l’époque d’une peinture rupestre sans la détruire était difficile.

La nouvelle méthode cherche à déterminer leur âge minimum « en utilisant l’uranium-thorium qui date les croûtes de carbonate recouvrant les pigments », explique M. Hoffmann.

Se basant sur la radioactivité restante d’isotopes d’uranium dans le thorium, elle peut remonter jusqu’à 500 000 ans en arrière.

« Selon nos nouvelles données, les Néandertaliens et les hommes modernes ont partagé une pensée symbolique et devaient être cognitivement impossibles à distinguer », a estimé Joao Zilhao, de l’Institut catalan de recherche et d’études avancées à Barcelone, impliqué dans l’étude.

Pour Paul Pettitt, de l’Université Durham, de futures études pourraient révéler que l’art néandertalien était présent dans beaucoup plus de grottes.

Selon lui, « les Néandertaliens ont créé des symboles importants dans des lieux significatifs. L’art n’est pas un accident de parcours ».

http://quebec.huffingtonpost.ca

L’origine de l’homme moderne nous réserve-t-elle d’autres surprises?


Pour ceux qui s’intéressent comme moi à l’archéologie, dans le domaine de l’évolution humaine, ces quelques mois ont été vraiment fructueuse. Avec des nouvelles technologies, la collaboration internationale fait reculer l’apparition de l’homme de plusieurs milliers d’années
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L’origine de l’homme moderne nous réserve-t-elle d’autres surprises?

 

L'évolution humaine représentée par une illustration

Illustration de l’évolution humaine Photo : iStock

En quelques mois seulement, 2017 a étonné les anthropologues de la planète : l’analyse d’outils et d’ossements fossilisés a fait reculer à au moins trois reprises l’apparition de notre espèce sur Terre et en Amérique. Une année exceptionnelle pour la science puisqu’elle bouleverse les théories acquises à ce jour.

Un texte de Daniel Blanchette Pelletier

Des restes humains, des outils en pierre et des ossements d’animaux fossilisés, retrouvés sur le site archéologique de Djebel Irhoud, au Maroc, ont permis de situer l’être humain sur le continent africain il y a environ 315 000 ans, soit 100 000 ans plus tôt qu’on le croyait.

La conclusion de l’équipe de chercheurs à l’origine de cette découverte sans précédent se retrouve dans de nouvelles études publiées récemment dans la revue Nature.

La datation des sédiments a été obtenue par thermoluminescence, une méthode qui consiste à dater d’autres objets retrouvés sur le site, plutôt que les ossements, comme des morceaux de galets brûlés par le feu à l’époque.

« En les chauffant à nouveau, l’énergie emmagasinée dans le silex est libérée. Et on peut la comparer, en calculer l’irradiation, et déterminer l’âge de l’occupation du site archéologique », explique Daniel Richter, de l’Institut allemand Max-Planck d’anthropologie évolutionniste, qui a daté les fossiles retrouvés au Maroc.

« C’était la seule façon de procéder pour dater d’aussi vieux ossements », ajoute le chercheur, qui se dit surpris d’en être arrivé à un chiffre aussi reculé dans le temps.

Les dents ont pour leur part été datées grâce à la résonance de spin électronique (une autre méthode de datation) pour contre-vérifier les résultats obtenus.

Un bond de 100 000 ans

Reconstruction faciale réalisée à partir des fragments d'un crâne d’Homo sapiens trouvé à Jebel Irhoud, au Maroc.

Reconstruction faciale réalisée à partir des fragments d’un crâne d’Homo sapiens trouvé au Maroc   Photo : Hublin/Ben-Ncer/Bailey

Le plus vieil être humain moderne connu à ce jour remontait à environ 200 000 ans. Ses restes avaient été retrouvés en Éthiopie. L’Afrique de l’Est était depuis considérée comme le berceau de l’humanité.

Les travaux effectués au Maroc bouleversent donc deux fois plutôt qu’une : l’être humain est non seulement beaucoup plus âgé qu’on le croyait, mais il était aussi présent dans toute l’Afrique.

D’autres surprises en Amérique

Au début de l’année, des travaux menés à l’Université de Montréal ont permis de chiffrer la présence de l’humain en Amérique à plus de 20 000 ans, grâce à l’analyse au radiocarbone d’artéfacts provenant de grottes dans le nord du Yukon.

L’être humain aurait donc peuplé le continent 10 000 ans plus tôt qu’on le croyait au départ. Sauf que, peu après, des travaux, cette fois menés aux États-Unis, ont donné lieu à une autre théorie, selon laquelle les premiers hommes avaient plutôt foulé le sol de l’Amérique il y a 130 000 ans.

Les os du mastodonte découverts en 1993 près de San Diego

Les os du mastodonte découverts en 1993 près de San Diego Photo : La Presse canadienne

La professeure au département d’anthropologie de l’Université de Montréal Ariane Burke qualifie de formidables les avancées de la science depuis le début de l’année, bien qu’il ne soit pas si étonnant, selon elle, que des artéfacts et des sites archéologiques soient redatés.

Ce qui fait l’éclat et attire l’attention en 2017, c’est qu’on repousse encore plus loin les origines de l’homme. Ariane Burke, archéologue et anthropologue

« Au fil des années, on ajoute des précisions sur des dates imprécises avec l’objectif d’affiner notre chronologie », ajoute-t-elle.

Les fragments de Djebel Irhoud, au Maroc, ont été retrouvés en 2004. Il a ensuite fallu plus de 10 ans pour les dater et contrevérifier les résultats obtenus avant d’être présentés la semaine dernière.

Le site archéologique avait révélé ses premiers secrets dans les années 60, mais c’est justement parce que les chercheurs de l’Institut Max-Planck doutaient des chiffres obtenus à l’époque qu’ils ont repris les fouilles. Les sédiments qui y étaient restés ont donc fait l’objet de nouvelles analyses.

« Depuis une vingtaine d’années, on a vu beaucoup de progrès dans les méthodes de datation, explique Ariane Burke. Les sites fouillés plus récemment peuvent être repris, parce que des sédiments ont été laissés en place en prévoyant qu’il y aurait peut-être des avancés dans les techniques archéologiques qui nous permettraient de revenir sur les lieux et de poser de nouvelles questions ».

Faire le point

L’archéologie n’a pas fini de révéler tous ses secrets sur l’être humain. Daniel Richter concède lui-même qu’avec le perfectionnement des technologies, d’autres découvertes pourraient le surprendre à nouveau.

De très vieux fossiles se cacheraient d’ailleurs toujours en Afrique, ce qui s’explique, selon plusieurs archéologues, par le manque de fouilles sur le continent.

La professeure Burke cite d’ailleurs un quatrième cas, en 2017, qui a cependant moins retenu l’attention : celui de la découverte, en Afrique du Sud, de nouveaux restes de l’Homo naledi, un cousin de l’Homo sapiens. Si on estimait à l’origine qu’il avait vécu il y a environ un ou deux millions d’années, il a plutôt été daté récemment entre 236 000 et 335 000 ans et aurait donc cohabité avec l’homme moderne, bouleversant l’ordre établi dans la chaîne de l’évolution.

« Je pense qu’on peut s’attendre à d’autres nouveautés et découvertes. On a une espèce qui a une portée géographique très vaste », poursuit Ariane Burke, en rappelant que des collaborations internationales et le perfectionnement des technologies permettent justement d’écrire l’histoire de l’être humain avec plus de précision.

« C’est ça la science, résume-t-elle. On émet des hypothèses, on les teste, puis on les ajuste. C’est un domaine très enrichissant et en plein mouvement ».

Les découvertes de cette année en archéologie et en anthropologie montrent qu’une chose est certaine : l’histoire de l’humain réserve encore des surprises.

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Chez l’Homme de Néandertal, l’esthétique avait aussi sa place


L’homme de Néandertal semble avoir eu le sens de l’esthétique selon des os retrouvé qui ont été taillés avec un silex. Les chercheurs avaient trouvé des griffes de rapaces et des plumes pour en faire des perruques. Pourquoi, sûrement comme parure, mais peut-être aussi comme symbolisme
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Chez l’Homme de Néandertal, l’esthétique avait aussi sa place

 

Les Néandertaliens sont apparus en Eurasie il y... (ILLUSTRATION FOURNIE PAR AP)

Les Néandertaliens sont apparus en Eurasie il y a environ 200 000 ans et ont cohabité avec l’homme moderne pendant quelque 10 000 ans.

ILLUSTRATION FOURNIE PAR AP

 

JEAN-LOUIS SANTINI
Agence France-Presse
Washington

Un fragment d’os de corbeau gravé, datant de 40 000 ans, laisse penser que les Néandertaliens, proches cousins de l’homme moderne disparus il y a 38 000 ans, avaient bien un sens esthétique voire du symbolisme, conclut une étude française publiée mercredi aux Etats-Unis.

Ce bout d’os d’un centimètre et demi de long mis au jour sur un site archéologique de Crimée, en Ukraine, compte huit entailles régulières faites avec un silex.

Une analyse au microscope a montré que l’auteur de ces marques profondes en avait fait initialement six avant de réaliser qu’il avait laissé trop d’espace entre certaines.

Il en a rajouté deux mais de manière à ce que la distance entre toutes les entailles reste égale, a expliqué à l’AFP Francesco d’Errico, un paléontologue de l’Université de Bordeaux, principal auteur de ces travaux parus dans la revue Plos One.

Les chercheurs ont ensuite demandé à un groupe de volontaires de faire huit marques équidistantes sur des os de dinde de la même taille.

L’analyse a montré qu’ils avaient espacé et creusé les huit entailles exactement de la même manière que l’Homme de Néandertal.

«On a pu ainsi démontrer que le Néandertalien a bien fait des entailles avec l’intention de créer un motif harmonieux visuellement et peut-être symbolique», explique le scientifique.

«Il y avait au moins un but esthétique derrière ces marques en raison de leur régularité et du fait de produire cette régularité de façon délibérée (…), qui a d’ailleurs nécessité une certaine expertise», ajoute-t-il.

Des ossements d’oiseaux portant des marques régulières, découverts sur plusieurs sites néandertaliens en Europe, avaient déjà conduit de nombreux chercheurs à penser que ces objets étaient des parures et que ces encoches ne résultaient pas du découpage des carcasses avec des silex pour récupérer la viande.

Des cultures plus complexes

«Cette recherche est la première à produire une indication directe confortant l’hypothèse d’une intention symbolique dans ces modifications volontaires d’un os d’oiseau (…), ce qui est une avancée», souligne le professeur d’Errico.

Il s’agissait peut-être de marques de propriété de l’objet, qui dans ce cas symbolisaient la personne le possédant, suppute-t-il.

L’étude est aussi nouvelle dans le sens qu’elle met des hommes modernes dans les mêmes conditions que les Néandertaliens pour voir s’ils produisent la même chose, relève l’anthropologue.

Au cours des dernières années, poursuit-il, on s’est rendu compte que les Néandertaliens avaient des cultures plus complexes que ce qu’on pensait initialement.

Il cite notamment le fait que les Néandertaliens s’intéressaient aux oiseaux et ramassaient les griffes des gros rapaces comme des aigles ainsi que les plumes pour peut-être en faire des parures, selon les vestiges mis au jour sur une demi-douzaine de sites en Europe, dont le plus récent en Croatie. On connaissait aussi leurs sépultures.

Mais on ne pouvait pas vraiment savoir avant les résultats de cette dernière étude si ce cousin de l’Homme moderne, dont les capacités cognitives sont toujours débattues, pouvait avoir un sens esthétique voire du symbolisme.

Les Néandertaliens sont apparus en Eurasie il y a environ 200 000 ans et ont cohabité avec l’homme moderne pendant quelque 10 000 ans, ce dernier étant arrivé d’Afrique voilà 50 000 ans.

Selon les anthropologues, les dernières traces de l’Homme de Néandertal remontent à 38 000 ans, selon les plus récentes estimations publiées en 2014.

Mais il n’a pas totalement disparu puisque, à la suite de croisements, les humains ont hérité de 2 à 4% de ses gènes.

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