Momies du pic d’Orizaba : vision d’horreur au sommet du volcan!


Des alpinistes au Mexique ont eu toute une surprise de découvrir 2 corps momifiés, au plus au pic du pays. Malgré le froid et la neige, ils sont en très mauvais état. On croit que ces deux personnes sont là depuis plus 50 ans, alors comment se fait-il qu’Ötzi lui vieux de plus 5 000 ans soit mieux conserver que ces deux victimes de la montagne
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Momies du pic d’Orizaba : vision d’horreur au sommet du volcan!

 

 

Les restes d'un des deux grimpeurs emportés par une avalanche il y a plus d’un demi-siècle. © HILARIO AGUILAR / CHALCHICOMULA TOWN COUNCIL / AFP

Les restes d’un des deux grimpeurs emportés par une avalanche il y a plus d’un demi-siècle. © HILARIO AGUILAR / CHALCHICOMULA TOWN COUNCIL / AFP

Par Bernadette Arnaud

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Un groupe d’alpinistes a fait une macabre découverte au Mexique : deux corps momifiés depuis plus d’un demi-siècle. Comment ces dépouilles très dégradées n’ont-elles pas été mieux préservées dans la glace ?

DÉCOUVERTE. C’est avec une certaine stupeur qu’un groupe d’alpinistes qui s’étaient attaqués à l’ascension du pic d’Orizaba – un volcan éteint qui culmine à 5675 m d’altitude (le plus haut sommet du Mexique) – se sont retrouvés nez-à-nez avec des momies le 5 mars 2015 ! Plus exactement, avec les restes gelés de deux individus émergeant en partie du manteau neigeux.

Selon Hilario Aguila, membre de l’Association mexicaine des alpinistes, il pourrait s’agir de deux grimpeurs emportés par une avalanche survenue il y a plus d’un demi-siècle. Des tests ADN devraient être pratiqués pour tenter de les identifier. Les préparatifs de sauvetage pour la récupération de ces restes humains sont actuellement en cours. Les équipes de la protection civile du ministère de l’Intérieur, associées aux unités de sauvetage de l’état de Puebla, iront chercher les deux corps, dès que la météo le permettra.

OTZI. L’image de ces dépouilles ensevelies dans la neige ont fait irrésistiblement penser au célèbre Otzi, vieux de 5300 ans, mis au jour tout aussi fortuitement dans les Alpes par des randonneurs, en septembre 1991, dans la vallée de Similaun à la frontière austro-italienne. Un homme préhistorique pourtant en aussi bon état de conservation que ces dépouilles récentes…

Les processus de momification dépendent de plusieurs facteurs, tels le microclimat, les températures, le soleil ou le vent »

« Sciences et Avenir » a demandé à Albert Zink, qui dirige l’Institut des momies et de l’Homme des glaces (Eurac) à Bolzano (Italie), de réagir pour mieux comprendre les processus de préservation à l’œuvre.

« Les processus de momification dépendent de plusieurs facteurs, tels le microclimat, les températures, le soleil ou le vent », explique l’expert.

DÉPLACEMENTS. Observant les photographies prises des corps des alpinistes tels qu’ils ont été retrouvés au Mexique, il précise également :

 « Ces corps ont sans doute subi des déplacements liés à l’avalanche, ce qui n’a pas permis leur bonne préservation. À l’inverse d’Otzi, qui – par chance – est toujours resté au même endroit de sa mort à sa découverte plus de 5000 ans plus tard ! Otzi a été littéralement « lyophilisé » sur place via une combinaison de neige et de glace, ce qui a permis qu’il nous parvienne en si bon état ».

Des phénomènes identiques avaient été constatés sur des momies de soldats de la Première Guerre mondiale retrouvés dans les Alpes, « à peine » âgés de 100 ans.

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Ötzi : découverte de nouveaux tatouages sur l’Homme des glaces


Ötzi, l’homme des glaces, qui a été examiné de toutes les coutures, laisse dévoiler ses secrets, des tatouages ont encore été décelés grâce à la technologie, et pour couronner le tout, on décrit tout ce que l’on sait sur cet homme qui a vécu à l’âge des Bronze
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Ötzi : découverte de nouveaux tatouages sur l’Homme des glaces

 

 

Une technique d’imagerie multispectrale (couvrant toute la gamme de longueurs d’ondes de l’infrarouge à l’ultra-violet) qui permis d’identifier ces bâtonnets de 1 à 3mm d’épaisseur, sur 4 à 7 cm de long sur le corps momifié d’Otzi, le célèbre "Homme des Glaces" © Courtesy Marco Samadelli

Une technique d’imagerie multispectrale (couvrant toute la gamme de longueurs d’ondes de l’infrarouge à l’ultra-violet) qui permis d’identifier ces bâtonnets de 1 à 3mm d’épaisseur, sur 4 à 7 cm de long sur le corps momifié d’Otzi, le célèbre « Homme des Glaces » © Courtesy Marco Samadelli

Par Bernadette Arnaud

23 ans après sa découverte, le corps momifié d’Ötzi n’en finit pas de livrer ses secrets. Sa peau, vieille de 5300 ans, porte des marques jusqu’alors insoupçonnées et révélée par une technique d’imagerie multispectrale.

La momie la plus étudiée de la planète n’en finit pas de livrer ses secrets ! Des tatouages inédits, invisibles à l’œil nu, viennent en effet d’être décelés sur le corps momifié d’Ötzi, le célèbre « Homme des Glaces » découvert en 1991 à 3210m d’altitude, dans une flaque de glace fondue au cœur des Dolomites (Alpes), à la frontière de l’Italie et de l’Autriche. Sa peau, vieille de 5 300 ans, porte ainsi des marques jusqu’alors insoupçonnées sur la partie inférieure droite de la cage thoracique.

Sur cette série d’images, on voit, dans le carré rouge, les tatouages sur le corps momifié d’Ötzi. (©Archaeological Museum Bolzano)

C’est l’utilisation d’une technique d’imagerie multispectrale (couvrant toute la gamme de longueurs d’ondes de l’infrarouge à l’ultra-violet) qui a récemment permis d’identifier ces bâtonnets de 1 à 3mm d’épaisseur, sur 4 à 7 cm de long. Ce qui porte désormais à 61 le nombre total de tatouages répartis sur 19 régions du corps de cet homme âgé de 46 ans (cf ci-dessous).

Répartition des tatouages sur le corps momifié d’Otzi. (©Archaeological Museum Bolzano)

La plupart des traces sont, dans la majorité des cas, des lignes parallèles, souvent représentées par groupe de trois ou quatre. Le plus grand nombre se trouve sur les membres inférieurs dont sept groupes sur la jambe droite, quatre sur la gauche, les autres, autour du poignet gauche et la région lombaire. Elles forment cependant une croix dans le creux du genou droit et sur la cheville gauche.

Les autres tatouages retrouvés sur le corps de la momie. (©Marco Samadelli / Eurac / Archaeological Museum Bolzano)

Au Chalcolithique (3350-3100 av. J.C), entre la fin du Néolithique et l’Age du Bronze, période charnière au cours de laquelle vivait Otzi, les tatouages étaient faits par incisions de l’épiderme, sur lequel était ensuite frotté un mélange de charbon végétal et d’herbes pour les rendre permanents.

« L’objectif de cette étude était de déterminer avec précision la quantité de tatouages ainsi que leur emplacement pour servir de base à de nouveaux travaux », explique Albert Zink, généticien et directeur du centre de recherche européen (Eurac) qui abrite l’Institut des momies et de l’Homme des Glaces.

Les signataires de l’article publié dans le Journal of Cultural Heritage, s’interrogent en effet sur le rôle qu’ont pu avoir ces tatouages à l’époque préhistorique. Lors de travaux précédents, les tatouages d’Ötzi avaient été associés à une forme primitive d’acupuncture, cette médecine traditionnelle asiatique pourtant apparue que 2000 plus tard… Les motifs tatoués semblaient en relation avec des zones portant des traces de maladies dégénératives, en particulier des lésions d’arthrose au niveau des articulations : genoux, chevilles et poignets.

Tatouages sur les poignets d’Otzi. (©Archaeological Museum Bolzano)

    « Ces tatouages auraient pu être associés à des traitements destinés à soulager la douleur », poursuit Albert Zink. « Nous souhaitons mieux discerner le rôle thérapeutique, prophylactique, religieux ou symbolique qu’ils ont pu avoir ».

    Même si les momies ne reviennent pas à la vie comme au cinéma, elles essaient toujours de nous dire quelque chose. Même Brad Pitt a succombé à ses charmes. L’acteur américain s’est fait tatouer l’Homme des Glaces sur l’avant-bras gauche !

    Ce que l’on sait d’Ötzi

    Rarement une momie aura suscité autant de curiosité et d’investigations ! Ce corps incroyablement préservé venu du fond des âges est ainsi devenu au fils des ans l’un des vestiges humains les plus étudiés de la planète. Vingt-trois ans après sa découverte, voici ce que l’on sait de lui :

  • Il gisait dans un ravin. L’Homme des Glaces, découvert par hasard par deux randonneurs allemands dans la passe de Tisenjoch, entre le mont Similaun et le Finailspitze, le 19 septembre 1991, se trouvait dans un petit ravin alpin. Son corps, nu et congelé, était à moitié pris dans la glace où il s’est momifié naturellement. Il a été dégagé à coups de piolet 4 jours plus tard… et en a conservé quelques traces. Les objets qui l’accompagnaient ont été retrouvés plus tard, lors de fouilles archéologiques.

  • Il avait les yeux bruns et les cheveux noirs Décrit comme un berger, puis ensuite un chasseur, des analyses génétiques réalisées en 2012 à partir d’échantillons d’ADN prélevés dans la profondeur de ses hanches, ont permis d’établir le séquençage de son génome complet. On a ainsi appris qu’Otzi était de type sanguin O, avait les yeux bruns – et pas bleu comme cela avait été dit dans un premier temps -, les cheveux noirs, et qu’il appartenait à un très ancien fond de populations arrivés en Europe, avec des ancêtres en Sardaigne et sans doute dans le Caucase.

  • Il était intolérant au lactose, comme l’indique les mutations observées sur son  gène MCM6.

  • Il était prédisposé à une maladie cardiaque. D’importantes quantités de graisse ont été découvertes dans ses artères.

  • Il souffrait de la maladie de Lyme, une pathologied’origine bactérienne (Borrelia borgdorferi ) transmise pas des tiques, dont Ötzi serait le plus ancien cas connu. Elle aurait pu être à l’origine de ses problèmes d’arthrite.

  • Il avait une parasitose. Otzi était porteur de parasites intestinaux du genre nématode (Trichuris trichuria),

  • Il avait mangé du bouquetin lors de son dernier repas. L’analyse du contenu de son estomac a permis d’identifier les composants de son dernier diner, des céréales, de la viande de chevreuil et de bouquetin.

  • Il portait un arc et une hache en cuivre. Parmi les 70 objets retrouvés à proximité de son corps, par les archéologues figuraient  une panoplie de vêtements, une pèlerine en fibres végétales, des jambières de cuir, un pagne en peau de chèvre, un bonnet en peau d’ours, un arc en if (Taxus baccata) d’1,80m, un carquois en peau renforcé de noisetier avec 14 flèches en bois de cornouiller et viorne, certaines empennées de plumes d’aigles prêtes à servir, une hache en cuivre à manche en frêne, ainsi qu’un petit couteau en silex, et plus émouvant encore, un petit seau d’écorce dans lequel il transportait à 3200m d’altitude, des braises pour son feu.

  • Il serait mort assassiné. Parmi les hypothèses expliquant son décès, les principales évoquées ont été: une mort par hypothermie et épuisement, suite à une tempête de neige… puis un assassinat ! Cette dernière version s’appuie sur la découverte par tomographie d’un fragment de pointe de flèche logé dans sa région dorsale. Après avoir perforé l’épaule, le projectile aurait tranché l’artère et déclenché une infection. En 2007, des analyses ont confirmé que la mort d’Ötzi avait été causée par une forte hémorragie interne. Les images produites montraient une lacération de la paroi postérieure de l’artère sous-clavière gauche due à la pénétration de la pointe de flèche toujours visible à l’intérieur du corps.

Une surveillance de tous les instants : Transféré dès 1998 au musée d’archéologie du Tyrol, à Bolzano, dans le Haut-Adige (Italie), le corps gelé d’Ötzi est actuellement conservé à -6°C dans une double chambre froide spécialement aménagée pour lui. Otzi fait l’objet, via des écrans de contrôle, d’une surveillance constante. En cas de panne dans la première salle (hygrométrie, luminosité, etc), il peut être transféré immédiatement dans la seconde pièce. Une troisième est réservée aux chercheurs pour effectuer leurs analyses. Exposée au Musée du Tyrol, une dermoplastie complète du chasseur préhistorique d’1,59m a été réalisée par les Frères Kennis, deux artistes plasticiens d’Arnhem (Pays-Bas), à partir du corps d’Ötzi.

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Le génome d’Ötzi séquencé


Grâce a l’étude du génome d’Ötzi, l’homme de glace, ils ont pu apprendre un peu plus de son état de santé malgré qu’il a été prisonnier pendant des millénaires dans des glaces avant d’être découvert.
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Le génome d’Ötzi séquencé

 

Reconstitution d’Ötzi © South Tyrol Museum of Archaeology

Le génome complet d’Ötzi a été décrypté par une équipe européenne. Cette momie, vieille de 5300 ans, a été découverte dans les Alpes en 1991 sous une couche de glace à 3200 mètres d’altitude, à la frontière entre l’Autriche et l’Italie.

Les chercheurs avaient déjà établi que l’individu de 1,60 mètre était mort à 45 ans au bout de son sang après qu’une pointe de flèche eut traversé son omoplate pour atteindre une artère du bras. Il était ensuite resté prisonnier de la glace pendant 5000 ans. Les premières analyses avaient aussi montré qu’il avait des caries et présentait un durcissement des artères.

L’analyse de son génome permet d’approfondir les connaissances de l’homme de glace.

En 2008, des scientifiques avaient réalisé le séquençage du génome mitochondrial de l’homme et avaient établi qu’il contenait des mutations génétiques qui ne sont pas présentes dans les populations actuelles, ce qui laisse penser qu’il appartenait à un peuple qui a disparu de l’Europe.

Afin d’obtenir plus de détails sur l’ancêtre et les caractéristiques génétiques d’Ötzi, l’équipe du Dr Albert Zink a étudié l’ADN prélevé à partir d’un os de son bassin. Cet ADN compte pour environ 96 % du génome d’Ötzi.

Les données montrent qu’il avait les yeux bruns, qu’il était du groupe sanguin 0 et qu’il était in#tolérant au lactose. De plus, il possédait des variations génétiques liées au durcissement des artères, ce qui explique peut-être les dépôts de calcium observé lors des examens par imagerie magnétique.

« Il n’était pas obèse et était très actif, ce qui laisse penser qu’il n’avait pas beaucoup de risques de développer une calcification. Il aurait probablement développé ce problème en raison d’une prédisposition génétique. » — Dr Albert Zink

Sur ses ancêtres

Le brouillard entourant son arbre généalogique n’est pas complètement levé. Son chromosome Y possède des mutations qui se rapprochent de celles retrouvées chez les hommes vivant en Corse et en Sardaigne. Peut-être que son peuple aurait vécu dans toute l’Europe avant de s’éteindre ou de se métisser avec d’autres groupes, sauf sur ces deux îles.

Le détail de ces travaux est publié dans le magazine Nature.

 

En 2010, deux experts néerlandais avaient reconstitué le visage et le corps d’Ötzi. Les frères Adrie et Alfons Kennis ont ainsi répondu à l’invitation du Musée archéologique du Tyrol du Sud, en Italie, qui consacre une exposition à l’homme des glaces.

 

http://www.radio-canada.ca