Le Saviez-Vous ► Pourquoi déteste-t-on les roux?*


Je ne déteste pas les roux, d’autant plus que j’ai une bru rousse avec qui je m’entends bien. Je suis contre toute discrimination envers la couleur de peau, son origine, les croyances (en autant qu’elles soient pacifiques) la langue, envers des handicapés et bien entendu envers la couleur des cheveux. À vrai dire, je ne comprends pas que des stéréotypes puisse encore exister envers les roux, que des mouvements anti-roux soient actifs. Il faut vraiment être ignorant et stupide de détester une personne pour sa couleur de cheveux.
Nuage

 

Pourquoi déteste-t-on les roux?*

 

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Illustration Laurence Bentz pour Slate

Christophe-Cécil Garnier

Non, Slate ne déteste pas les roux. Notre nouvelle série «Pourquoi déteste-t-on les…?» recense les préjugés courants pour mieux les démonter.

Je n’ai pas vu beaucoup de roux durant ma jeunesse, mais il y a au moins un moment gravé dans mon esprit. Je devais avoir quinze ou seize ans et j’allais à un festival vendéen appelé La Septième Vague, qui se déroule dans la charmante et bucolique commune de Brétignolles-Sur-Mer.

Mon père m’emmenait en voiture avec une amie. En arrivant dans la ville, nous fûmes pris dans un petit embouteillage –ce qui, il faut le dire, constitue un événement en Vendée. Alors qu’on attendait patiemment, un groupe de jeunes nous a dépassés. Deux garçons, puis deux filles et en bout de groupe, un autre garçon, roux, qui transportait un pack de bières.

«- Oh, c’est pas très cool, nous sommes-nous vaguement insurgés mon amie et moi.

– Ça va, répliqua mon père. Dans l’Égypte Antique, ils l’auraient tué à la naissance. Donc il n’a pas à se plaindre.»

La remarque nous interpella, avant de nous faire éclater de rire. Cette amie, qui a rencontré mon père cette seule et unique fois, m’en reparle encore.

Défiance depuis l’Antiquité

Il faut dire qu’il est assez aisé de se moquer des roux, même si personne ne connaît vraiment l’origine des clichés à leur propos.

«On a des preuves de défiance à l’égard des roux et des rousses depuis qu’il y existe des traces écrites, explique Valérie André, auteure de Réflexions sur la question rousseet de La rousseur infamante. Depuis l’apparition de l’écriture, en fait. On a l’habitude de citer la phrase de l’Esprit des Lois de Montesquieu:

“On peut juger de la couleur de la peau par celle des cheveux, qui, chez les Égyptiens, les meilleurs philosophes du monde, étaient d’une si grande conséquence, qu’ils faisaient mourir tous les hommes roux qui leur tombaient entre les mains.”

En réalité, les égyptologues ont montré que c’était faux: les Égyptiens ne faisaient pas de sacrifices humains. Mais cela révèle une croyance très ancienne selon laquelle les roux sont maltraités».

Voilà, désolé Papa, la blague tombe à l’eau. Et il est inutile de blâmer Montesquieu pour cette fake news du XVIIIe siècle, l’ensemble du texte est une succession d’ironie pour dénoncer l’esclavage.

Une personne sans ascendant roux a 3% de chance de l’être, selon Valérie André, «quelle que soit l’ethnie» –et c’est important, nous y reviendrons.

La rousseur est due à la mélanine, les pigments responsables de la couleur de nos cheveux, de nos yeux ou de notre peau. Durant la gestation, deux types de mélanine sont synthétisés: la phéomélanine et l’eumélanine.

«Chez les roux, la synthèse reste bloquée aux phéomélanines. Celles-ci sont incapables de synthétiser des ultraviolets, ce qui explique que les roux sont plus sensibles aux coups de soleil, aux brûlures…», explique Valérie André, également chercheuse au FNRS, le CNRS belge.

Le phénomène est responsable de cette carnation«particulière des cheveux et des yeux, que l’espèce ressent très rapidement comme une sorte de dégradation, puisqu’il y a une rareté physiologique, continue la chercheuse.

On peut imaginer que dans les sociétés antiques, où l’on ne possèdait pas ces explications, il était totalement impensable d’avoir un enfant de cette teinte-là, dans un milieu où aucun ancêtre n’avait cette typologie».

Judas, le feu et la prostitution

Associez à cela une succession d’éléments qui, d’un point de vue extérieur et contemporain, frôlent l’acharnement du destin. Dans l’iconographie chrétienne, et principalement sur les vitraux, Judas est présenté comme roux –et sa traîtrise avec, alors qu’il n’existe aucune mention de sa couleur de cheveux dans les Évangiles.

Trahison de Judas recevant les trente deniers, maîtresse-vitre de l’église Saint-Ouen aux Iffs (Ille-et-Vilaine) | Via Wikimedia Commons

Dans la société occidentale, la rousseur devient rapidement associée au feu, «un élément dont on sait l’ambivalence qui l’entoure: il est capable d’une destruction complète, mais est aussi vital», note Valérie André.

 Sauf que dans l’imaginaire médiéval, le feu vient avec les démons; les personnes rousses se retrouvent ainsi associées au mal satanique.

En 1254, Saint Louis (Louis IX) publie même un édit stipulant que les prostituées doivent se teindre en roux, «couleur des feux de l’enfer et de la luxure», pour se distinguer des honnêtes femmes.

La construction de stéréotypes autour de la rousseur a été constante au fil de l’histoire, mais ils diffèrent en fonction du genre. Si certains, comme le fait de sentir «mauvais», s’appliquent aux deux, (avec parfois des explications vraiment capilotractées, comme ci-dessous), les rousses et les roux ne sont pas logés à la même enseigne –ou plutôt au même cliché.

Les femmes rousses sont présentées comme des femmes fatales, dangereuses et nymphomanes quand les hommes roux sont eux censés être laids, avec un sale caractère, hypocrites et «enclin aux crimes de sang», selon Valérie André.

«À ces croyances et bobards, on va vouloir donner un fond de rationalité et une assise très crédible aux préjugés. Au XIXesiècle, certains médecins italiens n’hésitent pas à écrire que les femmes rousses portent en elles le syndrôme de la prostitution.»

Une idée qui se retrouve chez les auteurs naturalistes, qui souhaitaient s’appuyer sur les sciences humaines et sociales dans leurs ouvrages. Chez Émile Zola, Nana, qui représente la prostitution dans les Rougon-Macquart, est rousse. Dans la nouvelle éponyme de Maupassant, Yvetteest destinée à devenir courtisane à cause de sa chevelure.

Des préjugés persistants

«Nous sommes dans un discours qui s’entretient de manière souvent fort inconsciente. Les gens véhiculent le préjugé, détaille Valérie André. On ne s’est pas beaucoup interrogé sur les origines de la question et on se retrouve avec un héritage ancestral, qui a eu tendance à muter. S’il y a une altération du préjugé, on se rend compte qu’il n’a pas disparu. Celui sur la sexualité des femmes rousses est utilisé dans la publicité pour les montrer séduisantes. Si c’est moins difficile à vivre aujourd’hui car la société est plus libérée, on n’en sort pas pour autant».

Une étude réalisée dans les années 1980 est détaillée dans l’ouvrage Le langage du corps et la communication corporelle de Marc-Alain Descamps. Si elle n’est conduite qu’auprès de quarante personnes, à qui l’on a demandé de juger une femme brune, une rousse et une blonde, les résultats collent parfaitement aux stéréotypes.

La rousse est considérée comme «traître à 95% et langoureuse à 92%».

Elle est également considérée comme la plus infidèle et la plus méchante. Dans une étude identique portant sur des modèles masculins, le roux est considéré comme le plus fidèle, «parce qu’il n’a pas beaucoup de choix».

Bien que ces clichés soient éculés, ils ont la vie dure. Pascal Sacleux a décidé de se lancer dans un travail photographique sur les roux en 2016. Ce photographe a commencé à y réfléchir après une chronique en 2014 de Fabienne Sintes, qui officiait alors sur France Info.

«J’adorais ses chroniques le matin. Elle parlait de la mort deMickey Rooney, un acteur des années 1950. Elle commence à dire: “Petit, rondouillard, rouquin, et pourtant, il aura connu huit mariages et non des moindres”. Je me suis dit: “C’est du délire, pas elle, pas ça!”. On peut piocher dans l’inconscient collectif sur les roux et dire que “c’est notoire”, mais pas une journaliste. C’est sa responsabilité de véhiculer ou non ce genre d’idioties. Ça m’a blessé, vraiment. J’étais en colère».

Exemples de photos prises par Pascal Sacleux

Une «roussitude» à assumer

Le photographe, qui a longtemps suivi «les cultures noires, africaines, afro-américaines ou caribéennes», se dit alors qu’il va effectuer un «travail sur mes semblables, ma propre minorité». C’est en avril 2016 qu’il se rend compte qu’il tient quelque chose, alors qu’il prend en photo un enfant roux d’une famille d’amis:

«On parlait du fait d’être roux, de “roussitude”. Je n’aime pas trop les mots inventés comme “roucisme”, parfois utilisé pour parler de “racisme anti-roux”, mais celui-là me convient bien. Ça fait un parallèle avec la négritude [un courant littéraire et politique théorisé notamment par Sédar Senghor, ndlr]. Après l’avoir photographié, sa mère m’a dit que ce que je lui avais raconté allait l’aider dans son identité. Et là, j’ai eu un flash».

Le projet de Pascal Sacleux est bien accueilli; il photographie 128 personnes en un an, «en quadrillant le secteur Vitré – Saint-Malo – Nantes» –il vit en Bretagne. Très vite, on lui raconte «des histoires effrayantes» de harcèlement.

Lui n’a jamais eu de problème:

«J’ai toujours été plutôt bien dans ma peau, à part vers 17 ans, une période où l’on est vulnérable. Mais on ne m’a jamais harcelé. Je savais qu’être roux était un petit peu différent, mais je ne savais pas à quel point ça pouvait être un calvaire».

Pascal Sacleux a recueilli bon nombre de témoigagnes. Avant notre appel, il avait photographié sa 700epersonne. Après son exposition «Bretagne: Ornements de rousseur» à l’aéroport de Rennes, il photographie de plus en plus de monde, lors de week-ends: 70 personnes à Carhaix, 124 à Quimper et 159 à Saint-Brieuc. Un tel engouement l’a surpris:

«Je me suis dit qu’il y avait vraiment un truc. Les gens sortent de leur tanière pour venir se faire photographier, alors qu’on ne les entend pas, qu’on ne les connaît pas. Ils trouvent le courage de venir et de se poser devant un photographe inconnu parce qu’ils sont roux et veulent se montrer. Derrière, il y a une attente. On sent qu’ils ont pris cher dans l’enfance et leur jeunesse», détaille-t-il, le ton enjoué.

«Les roux comme les autres ont les cheveux qui changent. Certains n’osent pas m’approcher parce qu’ils ont les cheveux blancs.» | Pascal Sacleux

Ce travail a débouché sur un autre projet: la publication à venir d’un livre, en collaboration avec Élodie, blogueuse du site La Vie en rousse, et la documentariste Marie-Savine Colin.

L’ouvrage sera «un état des lieux de la condition des roux aujourd’hui en France. Des gens dont on se fout éperdument et dont on n’entend jamais parler».

Ou quand on en entend parler, c’est souvent pour perpétuer des clichés. En 2017, l’émission «Sept à Huit» accueillait le chanteur britannique Ed Sheeran. Remarque du journaliste Thierry Demai­zière:

«Vous êtes né roux, bègue, avec un problème de tympans et un problème de vision».

Une culture commune exclusivement visuelle

L’avènement des réseaux sociaux a eu un effet non négligeable sur les stéréotypes, selon Valérie André:

«Cela a permis de libérer une parole qui s’est sentie totalement à l’abri du politiquement correct. Si vous notez tous les préjugés qui touchent les roux et les remplacez par “noirs” ou “juifs”, vous vous retrouverez au tribunal pour incitation à la haine raciale. Avec les roux, on se l’autorise.»

La chercheuse note également une déferlante de groupes anti-roux sur Facebook, qui ont conduit à des débordements. L’un deux avait mis en place une «journée nationale des coups de pieds aux roux». Selon son créateur, l’évènement était censé être une blague s’inspirant d’un épisode de South Park –qui traitait pourtant, comme à son habitude, le sujet de façon juste et satirique; 5.000 membres ont adhérés et le «gag» a engendré des agressions.

«Ce qui est intéressant, pointe Valérie André, c’est que la rousseur n’est pas réservée à une partie de l’humanité. Elle peut se retrouver partout: chez les Africains, les Asiatiques, les Européens. Cela empêche au fond qu’il y ait une stigmatisation par ethnie, même si les comportements anti-roux appartiennent selon moi au racisme ordinaire».

Exemples de photos prises par Pascal Sacleux

«Je n’aime pas parler de racisme anti-roux, surenchérit Pascal Sacleux. Je préfère le terme de “discriminations”. On ne forme pas une communauté; c’est ça qui peut faire la différence. Les Afro-Américains aux États-Unis ont la même histoire, via l’esclavage. Nous, on n’a pas de héros roux; on ne peut pas tous se ranger derrière Ed Sheeran. Je suis admiratif des cultures afro-américaines: elles ont eu la démarche de se sortir des clichés, des stéréotypes et des discriminations. Les communautés noires ont des cultures communes, des langues, des histoires. Les roux pas du tout. Notre culture n’est que visuelle, c’est la seule chose qui nous rallie.»

En parlant de ralliement, Pascal Sacleux va organiser en 2018, près de Rennes, un festival pour les roux et rousses, «mais ouvert à tous», précise-t-il.

«Le maire prévoit 500 personnes, je lui ai dit que ça allait plutôt être 5.000!»

Tout en sachant que cela relève «de l’ordre du fantasme», le photographe aimerait qu’il soit «aussi politiquement incorrect de se moquer d’un roux que d’un noir, d’un Asiatique ou d’un handicapé».

Pour atteindre ce but, il n’y a pas trente-six solutions. Valérie André l’illustre avec une dernière anecdote, personnelle cette fois:

«Quand je suis passée une fois à la télé, une maquilleuse italienne m’a dit que sa sœur avait eu un enfant roux, et que leurs parents ne voulaient pas le voir. Ils auraient préféré un trisomique». Elle marque une pause. «Le roux ne se sent pas roux en tant que roux, mais dans le regard de l’autre. C’est ce regard qu’il faut changer.»

https://www.slate.fr

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Le mystérieux manuscrit de Voynich enfin décodé par une IA ?


Le manuscrit de Voynich qui aurait été écrit entre 1404 et 1438 qui a toujours été un mystère total, commencerait à céder ses secrets grâce à des chercheurs canadien qui fait des algorithmes et on utilisé l’intelligence artificielle ainsi que Google Traduction et un document Déclaration universelle des droits de l’Homme qui est traduit en 230 langues.
Nuage

 

Le mystérieux manuscrit de Voynich enfin décodé par une IA ?

 

Marc Zaffagni
Journaliste

Deux informaticiens pensent être parvenus à identifier la langue du manuscrit de Voynich, un texte rédigé au XVe siècle et qui était jusqu’ici impénétrable. Pour cela, ils se sont aidés d’une série d’algorithmes et du service Google Traduction.

Depuis sa découverte au XXe siècle, de nombreux historiens et cryptographes se sont évertués, en vain, à déchiffrer le manuscrit de Voynich. C’est peut-être finalement une intelligence artificielle (IA) qui y est parvenue. Greg Kondrak et Bradley Hauer, deux chercheurs en informatique et spécialistes en traitement du langage naturel de l’université de l’Alberta (Canada), ont créé une série d’algorithmes grâce à laquelle ils ont pu analyser cet alphabet inconnu et identifier la langue utilisée.

Le manuscrit de Voynich est un codex du XVe siècle. Long de 240 pages manuscrites, il est accompagné de dessins de plantes, de nus et d’observations astronomiques. À ce jour, il est considéré comme le plus important cryptogramme non résolu. Toutes sortes d’hypothèses ont été émises quant à la langue d’origine du texte : latin, italien, arabe coranique, moldave, thaï, pinyin. Pour sa part, l’équipe de l’université de l’Alberta penchait au départ pour l’arabe.

Plusieurs analyses du manuscrit de Voynich ont penché pour un guide botanique. L’analyse pratiquée à l’aide de l’intelligence artificielle a amené les chercheurs à confirmer cette hypothèse. © DP

Plusieurs analyses du manuscrit de Voynich ont penché pour un guide botanique. L’analyse pratiquée à l’aide de l’intelligence artificielle a amené les chercheurs à confirmer cette hypothèse. © DP

    80 % des mots figurent dans un dictionnaire hébreu

    Pour vérifier leur théorie, les chercheurs ont entraîné leurs algorithmes en se servant d’échantillons du texte de la « Déclaration universelle des droits de l’Homme » dans 380 langues différentes. Et, contre toute attente, la machine a estimé que le manuscrit de Voynich avait été rédigé en hébreu. Les chercheurs se sont ensuite employés à tenter de traduire ce texte. Pour ce faire, ils sont partis de l’hypothèse de base que le cryptage reposait sur des alphagrammes, technique qui consiste à réorganiser les lettres d’un mot dans l’ordre alphabétique pour former des anagrammes. Ils ont alors conçu un algorithme capable de déchiffrer les mots.

    « Il s’est avéré que plus de 80 % des mots existaient dans un dictionnaire hébreu, mais nous ne savions pas si, pris ensemble, ils avaient un sens. »

    Greg Kondrak et Bradley Hauer se sont tournés vers un confrère parlant hébreu pour savoir si la première phrase du texte traduite avec cet idiome était cohérente. Réponse négative. Les chercheurs ont alors tenté de convertir la phrase hébreu en anglais en se servant tout simplement du service Google Traduction. Et là, ils ont obtenu quelque chose…

    Le manuscrit de Voynich serait un guide botanique

    Dans la langue de Shakespeare, la première phrase du manuscrit dirait :

    « She made recommendations to the priest, man of the house and me and people ».

    Traduite en français, cela signifie : « Elle a fait des recommandations au prêtre, à l’homme de la maison, à moi et aux gens ».

    Une phrase d’introduction bien curieuse, a lui-même admis le professeur Kondrak. Ce dernier estime que seule la contribution d’historiens spécialisés en hébreu ancien pourrait aider à une interprétation plus cohérente de ces traductions étant donné la syntaxe atypique qui a été employée.

    Bref, pour le moment, le manuscrit de Voynich garde encore son mystère. Cependant, les chercheurs concluent leur article scientifique paru dans Transactions of the Association for Computational Linguistics en soutenant que le texte est probablement de l’hébreu avec les lettres réarrangées pour suivre un ordre fixe. L’étude a révélé plusieurs mots pris individuellement signifiant « fermier », « air », « lumière », « feu ». Les auteurs estiment que cela conforte l’hypothèse déjà émise plusieurs fois que le manuscrit de Voynich serait en fait un guide botanique. Forts de cette première expérience, ils comptent continuer à affiner leur algorithme et l’appliquer à d’autres manuscrits anciens.

    CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Le manuscrit de Voynich est un casse-tête pour les historiens et les cryptographes, qui n’ont toujours pas réussi à percer son mystère.

  • Grâce à la puissance des algorithmes, des chercheurs de l’université de l’Alberta (Canada) pensent avoir identifié la langue du texte utilisée sous forme d’anagrammes.

  • Mais encore faut-il que des historiens spécialisés en hébreu ancien puissent trouver un sens à ces écrits.

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Pour développer le cerveau de bébé, lisez-lui les bons livres au bon moment


Souvenirs, souvenirs ! La routine du dodo avec une histoire quand gardait mon neveu David .. Puis quand mes enfants étaient petits ainsi que Mlle quand je la gardais pour le soir et la nuit. Encore une histoire, une dernière !!! Des chercheurs ont fait des recherches sur le sujet des livres d’histoire pour le développement cognitif et langagier et sans surprise cela a un très bon impact autant chez les jeunes enfants ainsi que les bébés. Mais chaque livre doit être au goût de l’enfant et adapté à leur âge. De plus nommés les personnages à un impact vraiment bénéfique pour eux
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Pour développer le cerveau de bébé, lisez-lui les bons livres au bon moment

Pause lecture | Neeta Lind via Flickr CC License by

Pause lecture | Neeta Lind via Flickr CC License by

Lisa S. Scott —

Tous les ouvrages se valent-ils dans la découverte du langage, ou votre choix fait-il une différence pour votre enfant?

Aux États-Unis, diverses initiatives comme le programme Reach Out and Read fournissent des livres aux parents lors de leurs visites de suivi chez le pédiatre, et de nombreux professionnels de l’éducation et de la santé soulignent l’importance de lire des histoires à ses enfants pour accompagner leur développement.

Ce message est bien reçu par les parents, conscients de l’importance de cette habitude. Un rapport de synthèse du centre de recherche Child Trends, par exemple, indique que 55% des 3-5 ans avaient droit à leur histoire quotidienne en 2007. D’après le ministère de l’Éducation américain, ce rituel familial avait lieu au moins trois fois par semaine en 2012 pour 83% des enfants de cette tranche d’âge.

Mais ce que cette recommandation ne nous dit pas, c’est que le contenu peut être tout aussi important que la pratique elle-même. Tous les ouvrages se valent-ils dans la découverte du langage, ou votre choix fait-il une différence? Les meilleurs livres pour bébés sont-ils les mêmes que pour les tout-petits?

Quel livre de chevet pour bébé?

Pour aider les parents en quête de la meilleure expérience de lecture pour leur progéniture, mon laboratoire de recherche en psychologie a mené une série d’études sur l’apprentissage des bébés. L’un de nos objectifs était de mieux comprendre l’impact de la lecture partagée sur le développement cognitif et comportemental.

Même les plus petits aiment qu’on leur fasse la lecture. Maggie Villiger, CC BY-ND

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Les chercheurs s’accordent sur les bienfaits de cette lecture partagée pour le développement de l’enfant. Leur lire des histoires dès le plus jeune âge a un impact positif sur leur développement cognitif et langagier: vocabulaire plus étendu, amélioration des compétences qui faciliteront l’entrée en lecture, et progrès dans l’apprentissage conceptuel.

Ces temps de partage améliorent aussi fréquemment la qualité de la relation parent-enfant en favorisant les interactions réciproques. Enfin, cette pratique vous assure un moment de tendresse quotidien, ce qui n’est pas à négliger!

Des études récentes ont montré que la qualité et la quantité de la lecture partagée avec un petit enfant influait sur la richesse de son futur vocabulaire, ses compétences en lecture et sa capacité à écrire son prénom. En d’autres termes, plus les parents lisent de livres différents et y consacrent de temps, plus les avantages seront nets chez l’enfant de quatre ans.

Cette découverte majeure est l’une des premières à mesurer les effets positifs de l’introduction de la lecture dès le plus jeune âge. Mais de nombreuses questions restent en suspens, notamment sur le type d’ouvrages les plus à même de susciter des interactions plus riches et un meilleur apprentissage.

Les casques EEG permettent aux chercheurs d’enregistrer l’activité cérébrale de leurs petits sujets. Matthew Lester, CC BY-ND

Bébé au labo

Dans le cadre de notre enquête, mes collègues et moi-même avons suivi des enfants en bas âge tout au long du deuxième semestre de leur vie. Lorsque leurs parents leur montraient des livres où figuraient des visages ou des objets nommés individuellement, ils apprenaient davantage, généralisaient ces acquis à de nouvelles situations et montraient des réponses cérébrales plus spécialisées. Ce n’était pas le cas des livres qui ne comportaient aucune légende, ou une légende commune pour chaque image. L’apprentissage dès la petite enfance débouchait également sur des bénéfices au bout de quatre ans.

Notre étude la plus récente sur le sujet, financée par la National Science Foundation, vient d’être publiée dans la revue Child Development. En voici les grandes lignes.

Lors d’une première étape en laboratoire, nous avons observé le niveau d’attention prêté par des enfants de six mois à des personnages qui leur étaient inconnus. Les réactions de leur cerveau étaient mesurées par électroencéphalographie (EEG). Les petits portaient un casque constitué d’un réseau de 128 capteurs, qui enregistraient l’électricité naturellement émise par l’activité cérébrale à travers leur cuir chevelu. Nous avons donc pu suivre ces réactions neuronales pendant que les enfants observaient des images affichées sur un écran d’ordinateur, ce qui nous a permis de récolter des informations sur leurs connaissances et leur capacité à faire la différence entre les personnages qu’on leur montrait.

Les systèmes de suivi du regard permettent aux chercheurs de savoir où va l’attention des enfants. Matthew Lester, CC BY-ND

Noms distincts

Grâce à des instruments dédiés, nous avons aussi analysé leurs mouvements oculaires afin de mesurer leur durée d’attention et de repérer les parties des images sur lesquelles ils se concentraient le plus.

Les données collectées lors de cette première visite nous ont servi de point de comparaison pour évaluer les mesures suivantes, prises après avoir laissé aux familles des livres sur ces mêmes personnages.

Exemple de pages d’un livre montré aux petits sujets, où chaque personnage avait un nom. Lisa Scott

Nos sujets étaient répartis en trois groupes. Dans le premier, les parents ont lu aux petits des livres contenant six personnages qui leur étaient inconnus, et dont chacun avait un nom. Le deuxième groupe disposait des mêmes livres, mais les personnages y étaient tous désignés par le même nom, choisi au hasard (Hitchel, par exemple). Le reste des familles, notre groupe contrôle, n’a rien lu de particulier pendant la durée de l’étude.

Au bout de trois mois, nos volontaires sont revenus au laboratoire pour une nouvelle mesure de l’attention portée aux personnages par les enfants. Le résultat: seuls ceux qui avaient reçu des livres où les personnages portaient des noms distincts avaient fait des progrès. L’activité cérébrale des bébés ayant appris une variété de noms témoignait également de leur capacité à faire la différence entre les différents personnages. Ces effets n’apparaissaient pas chez les enfants du groupe contrôle, ni ceux dont les livres ne comportaient que des dénominations génériques.

Ces conclusions suggèrent que les enfants sont capables dès le plus jeune âge de faire appel à des représentations mentales pour découvrir le monde qui les entoure, et que la lecture partagée est un outil très efficace pour soutenir leur développement dans la première année de leur vie.

Le meilleur livre pour un enfant dépend en grande partie de son âge. Penn State, CC BY-NC-ND

Adapter ses choix pour optimiser les bienfaits

Alors, quelles implications pour les parents désireux de rendre leur temps de lecture le plus utile possible? D’abord, tous les livres ne se valent pas. On ne lira pas la même chose à un enfant de 6 ou de 9 ans et à un bambin de 2 ans. De même, à 4 ans, quand on se prépare à apprendre à lire seul, les besoins sont encore différents. Autrement dit, pour que la lecture puisse porter ses fruits, il faut choisir les bons ouvrages au bon moment.

Pour ce qui est des nourrissons, les livres qui nomment différents personnages peuvent fournir une expérience de meilleure qualité, avec les bénéfices pour l’apprentissage et le développement cérébral que nous avons constatés. Chaque enfant étant unique, les parents doivent avant tout trouver le livre qui intéressera le plus leur bambin.

Ma fille adore la série Pat the Bunny, ainsi que les histoires d’animaux du type Cher Zoo. Quand certains personnages n’avaient pas de nom, nous leur en donnions un.

Il est possible que les livres qui nomment leurs personnages vous forcent tout simplement à parler davantage. On sait qu’il est essentiel de parler aux bébés pour assurer leur bon développement. Notre conseil aux parents de tout-petits: intégrez la lecture partagée dans vos habitudes quotidiennes, et donnez un nom aux personnages! Pour les guider dans leur fantastique découverte du monde, parlez à vos bambins le plus et le plus tôt possible, et appuyez-vous sur les histoires pour vous y aider.

The ConversationTraduit de l’anglais par Guillemette Allard-Bares pour Fast for Word.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

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Le Saviez-Vous ► Qui étaient les troubadours au Moyen Âge ?


Quand j’étais plus petite, on chantait avec des voisins, une chanson de troubadour. On en voit parfois dans des films médiévaux. C’était des artistes qui étaient musiciens et chanteurs sur des sujets variés tels que des scandales, des exploits du Moyen-Âge et de l’amour
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Qui étaient les troubadours au Moyen Âge ?

 

À la fois poètes et musiciens, les troubadours au Moyen Âge s’expriment dans la langue d’oc pour raconter des histoires et chanter des chansons, souvent axées sur l’amour courtois.

Les troubadours sont issus aussi bien de la noblesse que des milieux les plus modestes. Ils ont pour habitude de réaliser de nombreux voyages pour parfaire leur culture.

Les troubadours du Moyen Âge, des artistes aux multiples facettes

Les troubadours du Moyen Âge sont connus pour leur maîtrise de la poésie et leur mise en scène de la musique. Véritables artistes médiévaux, les troubadours sont apparus vers l’an 1000 de notre ère. Ils s’expriment uniquement en langue occitane, une des plus employées à l’époque et qui s’avère un dérivé du latin. Dans la rue, dans la cour du Seigneur ou lors de certaines festivités, ces poètes animent de par leurs histoires et leurs chansons. Ils informent par ailleurs le peuple des récents scandales et partagent les contes les plus populaires.

L’amour courtois, valeur prônée par les troubadours du Moyen Âge

Parmi les troubadours les plus connus et les plus sollicités à cette période de l’Histoire, on retrouve notamment Guillaume de Poitiers, mais aussi Raimbaut d’Orange ou Béatrice comtesse de Die. Accompagnés de leur instrument, le plus souvent le luth ou la flûte, ils prônent l’amour courtois, une thématique incontournable du Moyen Âge. S’ils s’inspirent souvent de chants religieux, ils n’hésitent pas non plus à s’engager dans la vie sociale et politique en clamant des valeurs chères à leur cœur.

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21 Photos Qui Vous Feront Connaître Les Détails De L’histoire


Les photos sont des souvenirs de notre vie et de ceux que nous aimons. C’est notre histoire. Il y a d’autres photos qui font partie de l’Histoire du monde. Des sites historiques qui ont marqué un peuple, des évènements qui a changer beaucoup de choses dans la vie des gens
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21 Photos Qui Vous Feront Connaître Les Détails De L’histoire

 

1. Les propriétaires de cet appartement avaient accumulé 130 tonnes d’ordures.

2. La procédure pour porter une robe de soirée.

3. La tradition chinoise qui serrait les pieds des femmes pour une question de beauté.

4. Un facteur avec, probablement, son fils.

5. La princesse Dagmar et le fils de Nicolas II Nikolaï Alexandrovitch.

6. Elin Wagner devant la pile de registres contenant les signatures pour obtenir le vote des femmes.

7. L’alcool est jeté pendant la période de prohibition.

8. Conditions de travail des mineurs belges.

9. Le gang entièrement féminin qui semait la peur à Londres.

10. L’enchevêtrement de câbles à New York City recouverts de neige après une tempête.

11. La foule sur le Golden Gate Bridge, le 24 mai 1987, à l’occasion du 50e anniversaire.

12. Peinture vivante, Nouveau Mexique, 1915.

13. Pratique dentaire ancienne.

14. Fouilles sur l’île de Pâques.

15. La curieuse tenue des médecins de la peste, qui cachaient dans le long bec des herbes parfumées pour dissimuler les odeurs.

16. École de danse en Russie.

17. Trafic à Berlin après la chute du mur.

18. Un des navires arrivant au port de New York, rempli de soldats revenant de la Seconde Guerre mondiale.

19. Orphelins de la guerre du Vietnam amenés aux Etats-Unis.

20. Enfants à vendre en raison de la famine.

21. New York, 14 août 1945: célébration de la fin de la guerre.

Tags: PhotographieHistoire

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Le Saviez-Vous ► Prostitution, les sanctions au fil des siècles [Histoire]


Je suis contre la prostitution et la pornographie plus que jamais, ce que je déteste le plus c’est qu’on appelle ces femmes de pute, putain … Alors que les hommes qui profitent ces femmes n’ont pas de tel nom. Certains prétendent que ces femmes le font par choix, peut-être pour certaines, mais pas toutes, c’est une question de survie ou d’esclavage sexuelle. On prétend aussi encore aujourd’hui, si la prostitution était légalisée, il y aurait moins de viols, moins d’enlèvement, c’est de la foutaises, ( a voir nos rues, elles est vraiment tolérée) juste à entendre les nouvelles, les enlèvements d’enfants, etc. En plus à travers, l’histoire, la vie des prostituées n’a pas été rose, a une époque, elles étaient marquées au fer, ou mutilées et les choses ne changent guère aujourd’hui à voir comment elles sont traitées et les hommes qui n’ont que fait assouvir leurs désirs, eux, sans sorte bien sauf s’ils ont contrâtes une MST En plus des problèmes des drogues et l’alcool qui s’ajoutent.
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Prostitution, les sanctions au fil des siècles [Histoire]

 

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On dit souvent que la prostitution est « le plus vieux métier du monde », bon, c’est une connerie mais ça veut bien dire qu’elle ne date pas d’hier. Certains se plaisent à penser que dès la préhistoire, les femmes vendaient leur corps en échange de nourriture.

Ce que l’on sait, et on en est certain, c’est que dès les premières heures de l’Antiquité, les politiques et la religion ont tenté de légiférer sur la prostitution afin de la contrôler ou de l’interdire. La dernière loi date de 2016.

Voici un aperçu non exhaustif des mesures et souvent des sanctions visant les prostituées.

 L’Antiquité, de la liberté de se vendre à la sanction

Loin de vouloir interdire la prostitution, en Mésopotamie aux alentours du Ve siècle avant notre ère, Hérodote écrit qu’à Babylone, il existe une pratique qu’il juge honteuse. Les femmes doivent se prostituer au moins une fois dans leur vie pour rendre hommage à la déesse de la fertilité. Le procédé est bien rodé, on ne peut pas faire ça n’importe comment. La femme doit entrer dans le temple d’Inanna et attendre qu’un homme lui donne de l’argent et « s’unisse à elle à l’intérieur du temple » pour qu’elle s’acquitte de son devoir. C’est seulement après s’être prostituée qu’elle peut retourner chez elle, avec en prime la bénédiction de la déesse. En Lydie, toutes les filles sont amenées à se prostituer avant leur mariage (elle est encore loin l’idée de se marier vierge) afin de constituer leur dot. De plus, elles sont libres d’épouser qui elles souhaitent, les familles n’ont pas leur mot à dire. C’est plutôt classe. Certaines décident d’ailleurs de ne jamais se marier et deviennent des courtisanes, d’autres se découvrent être infertiles et ne pouvant fonder de famille et intégrer un foyer, elles redeviennent ou restent femmes « publiques », gagnant leur vie grâce à la prostitution.

Mais attention, si en Mésopotamie, c’est une action sacrée ou au moins complètement acceptée dans la société, la prostitution dans les civilisations gréco-romaines n’est pas aussi bien vue. Pour autant, durant l’antiquité grecque la prostitution est largement répandue et elle n’est pas interdite. On tente ceci-dit de la contrôler et surtout, on ne mélange pas les mamans et les putains. Démosthène écrit au IVème siècle,

« Nous avons les courtisanes en vue du plaisir, les concubines pour nous fournir les soins journaliers, les épouses pour qu’elles nous donnent des enfants légitimes et soient les gardiennes fidèles de notre intérieur ».

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Pour trouver des putes, c’est assez simple, il suffit d’aller dans les ports des grandes cités grecques (comme aujourd’hui autour des gares et des grands axes de circulation) ou dans des bordels low-cost mis en place et autorisés par Solon. En effet, il s’agit de maisons de passes étatiques dont les revenus tombent directement dans la caisse de l’état. Pratique. En revanche, la prostitution prend plusieurs formes en Grèce : il y a les esclaves pornai (qui appartiennent souvent à l’Etat et se retrouvent dans les bordels de Solon), les indépendantes, les hétaïres…

A Rome, il existe une loi contre le proxénétisme mais pas contre la prostitution. Une esclave ne peut pas, en théorie, être prostitué par son maître. Dans les faits, très difficile à contrôler et la loi est assez inefficace. Les prostituées de basse condition ont l’habitude de racoler devant chez elles, alors qu’il faut aller dans une maison close pour trouver un service plus qualitatif et surtout plus discret. A partir du IIème siècle avant notre ère, les prostituées doivent obtenir une licence d’exercice (il suffit de l’acheter) ainsi, l’Etat taxe la profession et le trésor public se porte bien.

Avec l’arrivée du monothéisme, c’est mort, tout le monde veut supprimer la prostitution et l’opprobre apparaît de manière assez forte.

L’Ancien Testament, qui correspond à la chrétienté et au judaïsme est très clair à ce propos, on peut lire dans le Deutéronome(23,17)

« Il n’y aura pas de prostituée sacrée parmi les filles d’Israël, ni de prostitué sacré parmi les fils d’Israël. »

Les choses sont dites, et si jamais certaines femmes ne respectent pas, des sanctions sont prévues dans le Livre des Roi ou le roi Josias démolit les maisons des prostituées. En effet, la prostitution représente une infidélité envers le Dieu d’Israël.

Dans les Evangiles (qui ne concernent que la chrétienté), les putes n’ont pas bonne réputation, certes, mais Jésus, dans sa grande bonté leur accorde le salut. Selon Saint Matthieu, la prostituée, peut quitter le statut de pécheresse en se repentant. Est-ce le cas de Marie-Madeleine ?

Aux balbutiements de l’Église catholique, les sanctions sur les prostituées sont plus morales que physiques mais au fil des siècles, les mesures prises pour supprimer la prostitution sont de plus en plus dures.

La prostitution médiévale, un mal nécessaire…

Jusqu’au XIVe siècle, la prostitution n’est pas encouragée mais elle est considérée comme naturelle et permet de contrôler les désirs des hommes, ça évite les forcements (les viols) et les rapts. Mais elle permet aussi de les former aux gestes de l’amour Les seigneurs qu’ils soient laïcs ou religieux en profitent pour se faire un peu de pognon, ben oui, business is business hein.

La prostitution médiévale autorisée est la prostibulum publicum Les bordels sont tenus par des abbesses ou un cabaretier qui paie de lourdes taxes à la municipalité. Les filles doivent attirer les hommes puis les faire picoler et manger, en général au rez-de-chaussée d’une maison ou d’une auberge, tout est au frais du client. Ensuite, si l’homme le désire et moyennant finance, il monte à l’étage avec la fille publique, encore appelée clostière, de son choix. Les filles ont un règlement à respecter, genre pas de baise pendant les fêtes religieuses comme Noël ou Pâques, ou la semaine sainte.

En théorie, selon le règlement, les clients doivent être des jeunes hommes non mariés.

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Les filles qui souhaitent se prostituer de manière indépendante ont de nombreuses astuces, comme celle de se retrouver dans des lieux propices comme les étuves, ces endroits chauds et humides, où tout le monde est nu… ou encore dans des bordelages, des petits bordels privés. Les clients peuvent alors être mariés, vieux, et même les deux. Les filles publiques sont contraintes à différentes règles, déjà, la tenue, elles doivent porter des rayures jaunes et rouges. Il faut savoir distinguer les putes des honnêtes femmes, alors le racolage doit être notoire. Enfin, si une prostituée tombe enceinte, elle a deux solutions : se marier et élever son gamin ou abandonner son gamin à un hôpital public mais en aucun cas elle a le droit d’élever son enfant tout en continuant à se prostituer. Aussi, malignes, elles pratiquent le coït interrompu ou des rapports anaux et buccaux pour prendre le moins de risques possibles.

Le pieux Moyen-Age lutte contre les putains

En 1254, Saint Louis, qui comme son nom l’indique est très pieux, souhaite interdire officiellement la prostitution avec une ordonnance. En vain. Personne n’y croit et personne ne veut vraiment l’appliquer. L’ordonnance vise à éliminer la prostitution en interdisant les hôtels et les particuliers d’accueillir les putes chez eux (même contre un loyer). Saint Louis veut saisir les biens et expulser des villes toutes les prostituées du royaume. Y’a pas à dire, c’est ambitieux. Mais c’est surtout un échec car en 1256 soit, deux ans plus tard, une nouvelle ordonnance vient annuler celle de 1254 et rétablit la prostitution permettant la réouverture des bordels dans certaines rues.

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Avec la Réforme de l’Eglise et l’importance du protestantisme, les normes changent à nouveau. Le rigorisme religieux veut faire interdire la prostitution, et la pression morale qu’il exerce sur la population marche assez bien dans certaines régions (le sud-ouest par exemple).  Autre raison qui pousse les autorités à prendre des mesures contre la prostitution, c’est la syphilis qui à la fin du XVe siècle fait des ravages ! Aussi, en 1485, les filles publiques peuvent avoir le nez coupé mais aussi être marquées au fer rouge d’une lettre P (comme PUTE) sur le front, le bras ou la fesse. Les maquerelles ont la même peine, mais avec un M (comme Maquerelle) ou d’une fleur de lys. Charles IX, qui n’est pas un mec drôle, maintient l’interdiction et les sanctions physiques humiliantes et discriminantes, avec un édit royal qui stipule

« Que toutes filles de joie et femmes publiques deslogent de nostre dite cour, dans ledit temps, sous peine de fouet et de la marque (…) »

 Louis XIV devient dévot, qu’on enferme les putains !

Au début du règne de Louis XIV, c’est pas la grosse fiesta de la prostitution mais dans l’ensemble, on tolère. Au fil des années, rappelons que Loulou a régné pendant environ 100 ans (72 en théorie.. 60 années effectives), les choses ont évolué. Depuis qu’il fricote avec la Maintenon et qu’il voit son heure arrivée, Louis XIV se rapproche de l’Église, de ses valeurs et de sa morale. De fait, il trouve que la prostitution n’a pas sa place dans son royaume et il ordonne par édit royal que toutes les putains soient emprisonnées. Oui, toutes celles qui sont prises en flagrant délit de racolage sont envoyées à la Salpêtrière ou en prison.

C’est seulement lorsque le personnel de santé, souvent des prêtres et des religieuses, estime que la femme est redevenue saine d’esprit et qu’elle s’est repenti qu’elle peut sortir de prison ou de l’hôpital. Mais en cas de récidive, on peut lui couper le nez ou les oreilles, comme un siècle avant. A la mort de Louis XIV, Louis XV adoucit un peu les mesures, il tolère la prostitution et préfère réglementer la pratique plutôt que de l’interdire. Et pour cause, le Loulou XV, c’est un sacré coquin et s’il ne fréquente pas les bordels, c’est uniquement parce qu’il a une peur panique des maladies. Il préfère de loin jouir de son privilège de tête couronné pour pécho des jeunes filles vierges non vérolées ! En revanche, Louis XVI est de l’avis de Louis XIV et à nouveau les sanctions contre les prostituées sont plus lourdes. Mais encore, l’histoire n’a pas dit son dernier mot !

La tolérance post-révolutionnaire

Au début du XIXe siècle, comme je vous en ai parlé dans cet article, la prostitution n’est pas interdite, en revanche elle est très réglementée. Les femmes doivent s’inscrire à la préfecture en tant que prostituées pour avoir le droit de pratiquer leur activité de manière légale. Elles sont alors enregistrées et doivent se soumettre à des visites médicales tous les 15 jours pour ne pas refiler des maladies vénériennes à la moitié de la population.

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La loi interdit le racolage (même s’il est largement pratiqué dans certains quartiers et dans les petites villes) donc théoriquement, toutes les filles de joie se retrouvent dans des bordels.

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Le Saviez-Vous ► Cette tapisserie du XIᵉ siècle serait la première BD au monde


 

Cette tapisserie est une broderie qui raconte l’histoire d’un combat entre deux hommes pour avoir accès au trône d’Angleterre On la considéré comme la première bande dessinée a cause des 58 scènes accompagné de 2 000 mots en latin
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Cette tapisserie du XIᵉ siècle serait la première BD au monde

 

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Nous sommes nombreux à avoir chéri les histoires de nos héros préférés en relisant encore et encore les pages écornées de nos bandes dessinées ultra-colorées. Peut-être avez-vous une magnifique collection de BD Tintin ou Superman qui campe encore fièrement sur une étagère et qui vous inspire un tendre sentiment de nostalgie. Mais vous êtes-vous déjà demandé à quand remontent les débuts du « neuvième art » ? Pour certains, une broderie du XIᵉ siècle inscrite au patrimoine de l’UNESCO en 2007 en serait l’ancêtre !

Cette broderie, c’est la Tapisserie de Bayeux que certains aiment également appeler la Tapisserie de la reine Mathilde. Bien que les origines de cette œuvre en laine restent encore troubles, une légende voudrait en effet que ce soit la reine Mathilde et ses dames de compagnie qui se soient attelées à ce travail titanesque. Car là où une bande dessinée tient aisément dans un cartable d’écolier, la tapisserie en question affiche des dimensions pour le moins impressionnantes : 68,30 mètres de long sur 50 centimètres de haut (le tout pour pas moins de 350 kg). Mais les historiens spécialistes de la période médiévale se posent encore la question de son origine, notamment suite à des recherches menées par l’université de Caen dont les conclusions penchent plutôt pour une création anglaise faisant suite aux événements qui y sont narrés.

En effet, le sujet de cette œuvre didactique souvent considérée comme de la propagande raconte la conquête héroïque de l’Angleterre entre 1064 et 1066 par Guillaume duc de Normandie accompagné d’Odon, son demi-frère et évêque de Bayeux qui aurait commandité cette tapisserie. Guillaume est en effet celui qui a été désigné pour prendre le trône d’Édouard le Confesseur (1004-1066), le roi d’Angleterre. Mais le beau-frère du roi et comte de Wessex, Harold, est son rival et souhaite également devenir le nouveau roi. La tapisserie retrace cette histoire et la confrontation entre les deux hommes.

La broderie est découpée en 58 scènes qui se suivent avec dynamisme et accompagnées de légendes en latin (2000 mots). C’est pour ces raisons qu’on la considère comme la première bande dessinée de l’histoire.

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Vue d’ensemble d’une partie de la tapisserie. (Crédit : Bayeux.fr)

La scène 51 : la célèbre bataille de Hastings (octobre 1066)

La scène 51 : la célèbre bataille de Hastings (octobre 1066) au cours de laquelle Harold meurt.

Sources : MarieLebert ; BayeuxMuseum ; Wikipédia

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