Le Saviez-Vous ►Il était une fois la maladie: avez-vous déjà souffert de follette?


Connaitre l’origine, l’histoire d’une ennemie que nous connaissons, que nous entendons parler à chaque hiver. Apprendre ses différents noms a travers les siècles, le nombre de victimes pour comprendre que ce virus pernicieux est dangereux, surtout pour des personnes vulnérables
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Il était une fois la maladie: avez-vous déjà souffert de follette?

 

Jacques Beaulieu

Chroniqueur et communicateur scientifique

Avez-vous déjà souffert de follette, de tac, de dando ou de coquette? La réponse est fort probablement oui!

C’est Hippocrate lui-même qui aurait décrit les symptômes de la maladie après l’épidémie qui a sévi à Périnthe, en 412 avant Jésus-Christ. Dans ses livres, on peut lire plusieurs allusions à ce fléau:

«Toux sèche amenant des dépôts sur les membres (…) Cela appartient donc à la catégorie des fièvres que je pense avoir régné à Périnthe et avoir accompagné ou suivi la toux épidémique de cette ville. (…) Des toux sèches produisant une courte irritation, à la suite d’une fièvre très chaude, ne causant pas la soif en proportion.» (Hippocrate, Sixième livre des épidémies, par Philippe Remacle, philippe.remacle@skynet.be)

Plus tard, Tite-Live décrivit dans son œuvre Rome antique plusieurs épidémies dont les symptômes ressemblent à ceux de la grippe.

La grippe au Moyen-âge

Selon le médecin et démographe français Jean-Noël Biraben, directeur de l’Institut national d’études démographiques (INED), la première épidémie grippale à l’échelle européenne eut lieu durant l’hiver 875-876 de notre ère. Le virus serait réapparu en 926.

Flodoard de Reims, poète et historien médiéval décrit ainsi, de manière pour le moins imagée, l’épidémie de 926:

«En la même année, un dimanche du mois de mars, on vit à Reims des armées de feu se battre dans le ciel, et bientôt après s’ensuivit une peste terrible, c’était une espèce de fièvre et de toux qui était suivie de la mort, et qui exerça ses ravages sur toutes les nations de la Germanie et des Gaules.» (Flodoard, Histoire de l’Église de Reims, Guizot, 1824, p. 541-542.)

D’autres textes médiévaux citent des épidémies en 1105, 1172, 1239, 1311 et 1357.

Durant toutes ces années, la grippe adopta différents noms: peste, phlegmasiapestis, ou encore follette. Ce dernier terme aurait été emprunté à ces petits bateaux qui sillonnaient les fleuves et rivières de France, peut-être pour illustrer la propagation rapide typique de la maladie. On retrouve dans la littérature d’autres noms utilisés pour décrire la maladie comme: tac, dando, coquette ou coqueluche.

En 1357, lors de l’épidémie grippale qui frappa l’Italie, la maladie reçut le nom d’Influenza di Stelle (sous l’influence des étoiles) qui deviendra Influenza di Freddo (sous l’influence du froid). Ce qui fut à l’origine du nom influenza.

Une grippe originaire d’Asie toucha en 1580 les populations de la Chine, de l’Afrique, de l’Europe et d’Amérique du Nord. Il faut souligner que la guerre impliquant l’Espagne et son roi Philippe 1er favorisa la dissémination de la maladie à cause du mouvement des troupes. Depuis cette première pandémie reconnue officiellement comme telle, il y en aura au moins 30 autres jusqu’aujourd’hui.

Le mot grippe fit son apparition en France lors de l’épidémie de 1743. On considérait alors qu’on n’attrapait pas la grippe, mais que c’était elle qui nous agrippait tant la maladie était brusque et persistait. C’est aussi lors de cette pandémie que le terme influenza quitta l’Italie et fut adopté en Angleterre et ailleurs dans le monde.

L’épidémie des épidémies

La fin de la Première Guerre mondiale et l’année suivante (1918-1919) marquèrent la plus célèbre et la plus meurtrière des pandémies de grippe. Parce que l’Espagne n’était pas engagée dans ce conflit, elle fut la première à fournir des données concernant cette épidémie. Les autres nations européennes ne voulaient pas en parler, de peur de dévoiler leur vulnérabilité à l’ennemi. De plus, le roi espagnol, Alphonse XIII, en fut frappé. On estima que l’épidémie se répandit à Madrid en moins de trois jours, touchant jusqu’à 70% de la population.

Ce sont les journaux français qui, les premiers, donnèrent le nom de la grippe «espagnole», en évitant bien de parler de leurs propres cas, de peur que les Allemands ne sachent que l’armée française en était affaiblie.

On ignore si le virus de la grippe espagnole (H1N1, une souche comme celle qui nous a touché en 2009 mais beaucoup plus virulente) était passé du canard au porc pour ensuite s’attaquer aux humains, ou s’il était carrément passé des oiseaux aux hommes. Mais selon toute vraisemblance, le virus originaire de Chine se serait rapidement répandu en Amérique et en Europe. Les mouvements des armées durant la dernière année de la guerre et les retours aux différents pays d’origine des soldats ont aidé largement à la dissémination de la maladie. Elle fit un milliard de malades à travers le monde et les estimations parlent de 50 à 100 millions de morts.

Cette épidémie donnera naissance au Comité d’hygiène de la Société des Nations, ancêtre de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Les découvertes sur la grippe et sur le vaccin

Le professeur Dujarric de la Rivière, de l’Institut Pasteur, à Paris, fut le premier à identifier en 1918 un virus filtrant comme étant l’agent causal de la grippe. Puis en Angleterre, le virus de type A put être transféré à partir d’un frottis rhino-pharyngé de l’humain à un furet. La nature virale de la grippe ne pouvait plus être contestée. Dès lors, les travaux pour permettre la fabrication d’un vaccin antigrippal débutèrent.

En 1931, l’Américain Ernest William Goodpasture réussit à cultiver des virus dans un œuf embryonné de poule. Ce sont ces travaux préliminaires qui permirent à Jonas Salk de préparer le premier vaccin efficace à grande échelle du virus de l’influenza. La méthode de fabrication est demeurée la même depuis ce temps.

On aura noté trois autres pandémies: la grippe asiatique (H2N2) en 1957 fit entre 1 et 4 millions de morts; la grippe de Hong Kong (H3N2) causa entre 1 et 2 millions de décès en 1968 et 1969; et, plus récemment, la grippe H1N1 en 2009-2010 dont le bilan fait état de moins d’un demi-million de morts, ceci en y incluant les grippes saisonnières. De toute évidence, cette souche affichait un très haut niveau de contagiosité (semblable à celui de la grippe espagnole) avec, fort heureusement, un niveau de virulence très faible. Elle se répandit donc aussi vite mais tua infiniment moins de personnes.

Un virus changeant

Comme on a pu le deviner au cours de cet article, le virus de la grippe est pour le moins changeant et existe sous plusieurs souches.

C’est pourquoi, chaque année, il faut répéter la vaccination, particulièrement auprès des personnes plus vulnérables: les bébés, les adultes souffrant de maladies chroniques et les personnes âgées.

D’ailleurs, au Québec, la vaccination est gratuite pour toutes les personnes faisant partie de ces groupes, et aussi pour toutes celles qui sont en contact régulier avec les personnes de ces groupes. Il est à souhaiter que le plus de gens possible profitent de ces cliniques gratuites de vaccination, car plus il y aura de personnes protégées, moins le virus disposera de place pour se multiplier et contaminer par la suite d’autres personnes. La vaccination contre la grippe représente donc une occasion idéale et unique de se protéger, tout en protégeant les siens.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Le Saviez-Vous ► L’évolution des prothèses dentaire


Déjà qu’avoir une prothèse dentaire ne doit pas être évident, on peut s’estimer chanceux de l’amélioration des matériaux et des techniques de la denturologie
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L’évolution des prothèses dentaire

 

Des techniques primitives aux plus évoluées

Des techniques les plus primitives aux techniques les plus élaborées, l’homme s’est toujours préoccupé, dans un but fonctionnel ou esthétique, de remplacer ses dents manquantes.

C’est en Égypte, dans des sarcophages, que furent découvertes les premières traces de prothèses dentaires. Elles étaient alors sculptées dans l’ivoire ou le sycomore (variété d’érable appelé aussi faux platane) et reliées par des fils d’or.

Les obturations, quant à elles étaient effectuées avec de l’or massif. Les phéniciens, habiles commerçants et grands voyageurs, répandirent les techniques égyptiennes à travers le bassin méditerranéen. C’est ainsi que l’art dentaire se développera dans la civilisation grecque. Hippocrate fut l’un des précurseurs et apportera de nombreux progrès.

Au Moyen Âge les progrès furent moindres. Il fallut attendre le XVI° siècle avec Ambroise Paré pour observer l’apparition de nouvelles techniques, notamment celle de la prothèse amovible; celle-ci était alors fabriquée à base de fémur de bœuf.

Au XVII° siècle Pierre Fauchard publia le premier traité de chirurgie dentaire. Il fut à l’origine de la dent à tenon. A cette époque et pour la première fois, la technique de la prise d’empreinte fut décrite par Purman.

Il faudra attendre presque deux siècles pour que le modèle en plâtre s’impose.

Au XVIII° siècle les dents métalliques et en porcelaine firent leur apparition. Les méthodologies et les techniques continuèrent d’évoluer au XIX° siècle.

C’est à cette époque que l’occluseur est apparu, facilitant le montage rationnel des dents.

La technique de la prise d’empreinte devient une pratique courante. La technique des « richmonds » ou dent sur pivot fut améliorée.

La mise au point du procédé de coulée par cire perdue permit alors la réalisation de bridges.

Au XX° siècle la prothèse connaît un essor considérable. Les techniques et les matériaux progressent très vite.

Aujourd’hui l’accent est mis sur la biocompatibilité des matériaux entrant dans la fabrication des prothèses, sur le confort pour le patient et sur l’esthétique. De nouveaux matériaux apparaissent pour réduire l’utilisation de métal en bouche.

http://laboratoire-dentaire-sinard.com/

Le Saviez-Vous ► L’Histoire du préservatif en 10 points


Le préservatif masculin a fait du chemin depuis l’Antiquité. Mais je doute, que pendant longtemps qu’il ai été efficace
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L’Histoire du préservatif en 10 points

 

 

1- Le crocodile est lié à l’histoire de la contraception:

(Source)

En effet, pour se protéger des grossesses, les femmes de l’Égypte ancienne utilisaient un pessaire, soit une boule de déjections de crocodile et de miel insérée de façon à bloquer le col de l’utérus!

2- Les Romains utilisaient l’ancêtre du condom:

(Source)

Les Romains de l’Antiquité ne voulaient pas nécessairement des familles nombreuses et plusieurs moyens étaient utilisés afin d’éviter les grossesses, dont un simple capuchon fait d’intestins ou de vessies animales. Fait à noter, il ne recouvrait toutefois que le gland!

3- Hippocrate avait quant à lui une étrange méthode:

(Source)

Le célèbre médecin de la Grèce antique recommandait aux femmes de sauter sur ses talons ou d’être secouées pour éviter une grossesse… Ouf!

4- Le condom, une invention du 16e siècle:

(Source)

C’est au médecin italien Gabriel Fallope que nous devons selon toute vraisemblance le premier condom complet. Ce dernier avait fait faire des préservatifs en lin recouvrant entièrement l’organe masculin et ajustés avec un ruban rose pour plaire aux dames!

5- D’où vient le mot condom?

L’origine du mot est source de débats, notamment parce qu’un médecin français du 17e siècle portait le nom de condom et qu’un bourg gascon s’appelle également condom. Le mot serait toutefois attribuable au mot latin « condere », qui veut dire « protéger ».

6- Le préservatif, outil essentiel de Casanova!

(Source)

Le célèbre coureur de jupons italien utilisait des préservatifs au 18e siècle, qu’il appelait des capotes anglaises ou des calottes d’assurance! Dans ses mémoires, il disait d’ailleurs

« Je dois m’enfermer dans un bout de peau morte pour prouver que je suis bel et bien vivant! »

7- Un objet réutilisable!

(Source)

En Angleterre, la vente (souvent clandestine) de condoms a connu un essor dès le 18e siècle. Ils portaient parfois le nom de « redingote d’Angleterre », étaient réutilisables et pour cette raison, étaient souvent agrémentés de dessins!

8- Une histoire liée à une compagnie de pneus:

(Source)

La véritable révolution dans l’histoire du condom est venue avec la commercialisation du caoutchouc et un procédé le rendant plus élastique et résistant appelé la vulcanisation. C’est la compagnie Goodyear qui en a commencé la vente en 1843-44.

9- Couleurs, textures, saveurs!

Le caoutchouc a donc permis le développement de toutes sortes de préservatifs. En 1901, une condomerie d’Amsterdam commence à rendre l’objet plus ludique en l’offrant avec différentes couleurs, des nervures et… très osé pour l’époque, des saveurs!

10- Un usage militaire:

Pendant la 2e guerre mondiale, les condoms ont été utilisés pour protéger les fusils du sable et de l’eau, notamment en Normandie! 

Spécialisée en histoire ancienne, Evelyne Ferron enseigne l’histoire de l’Antiquité à l’Université de Sherbrooke et à l’Université du Québec à Chicoutimi, ainsi que l’histoire générale au Collège Mérici, à Québec. Chroniqueuse-historienne à la radio et  intervenante à la télévision sur des sujets historiques très  variés, elle a le nez constamment plongé dans l’actualité  afin de faire des liens entre le passé et aujourd’hui.

http://www.historiatv.com/

Le Saviez-Vous ► Le cancer à travers les âges


On a longtemps cru que le cancer est lié à notre environnement, c’est probablement vrai pour certains cancers, d’ailleurs John Hunter avait émit l’hypothèse dans les années 1700, mais nos lointains ancêtres, quoique probablement plus rares pouvaient être atteints de cette terrible maladie. Au fil des siècles, des érudits ont pu observer différents cancers et le cancer du sein revient souvent dans leurs études
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    Le cancer à travers les âges

    LE CANCER, UNE MALADIE AUSSI VIEILLE QUE L’HUMANITÉ….

    LES TRACES LES PLUS ANCIENNES

    Elles se trouvent dans des fragments de squelettes humains datant de la préhistoire.

    La grotte de Lazaret, près de Nice, a livré les restes fossilisés d’un enfant de 9 ans, décédé, il y a 120 000 ans, des suites d’une tumeur osseuse.

    Des stigmates de la maladie, ont été, aussi, retrouvés sur des momies découvertes dans des pyramides égyptiennes

    Sur les tablettes en caractères cunéiformes de la bibliothèque de Ninive, ancienne ville de l’Assyrie, dans le nord de la Mésopotamie située sur la rive est du Tigre, au confluent du Khosr, on parle également du cancer.

    Lors de la découverte de monuments funéraires étrusques ou sur des momies péruviennes, des traces de la maladie sont mises en évidence.

    LE TEXTE LE PLUS ANCIEN CONNU…

    Le papyrus Ebers est l’un des plus anciens traités médicaux qui nous soit parvenu. Il aurait été rédigé entre 1500 et 1600 avant J-C, pendant le règne d’Amenhotep I er

    Hérodote nous apprend qu’Atossa, fille de Cyrus et femme de Darius, fit appeler vers 525 avant J-C, Démocedès, pour une tumeur ulcérée du sein qu’il réussit à guérir !

    Durant l’antiquité

    ONCOS, CARCINOS, CARCINOMA

    Déjà dans l’antiquité, le traitement du cancer est associé au degré d’avancement de la maladie et comme aujourd’hui, toutes proportions gardées. Il est l’ancêtre lointain d’un système de « stadification » de la maladie.

    Hippocrate (460-370 av. J.-C.)

    Il donne le nom de « carcinome », mot dérivé de crabe, à des grosseurs qui  deviennent progressivement fatales.

    D’après ses nombreuses descriptions très précises des différentes maladies, soignait des patients cancéreux. Il décrivit des lésions touchant la peau, le sein, l’estomac, le col de l’utérus et le rectum et en établit une classification. Il y eut peu de progrès dans l’étude du cancer pendant les trois siècles après Hippocrate.

    Aretaeus (2 ème  av. J.-C)

    Ce médecin de Cappadoce décrivit le cancer de l’utérus comme des ulcères superficiels et profonds, infiltrant ensuite l’utérus. Il décrivit également une autre espèce de cancer ne présentant, celui-là, pas d’ulcération mais correspondant plutôt à une grosseur dans l’utérus. Il fit la distinction entre les deux lésions et reconnaissait que les cancers à ulcérations avaient les symptômes et le pronostic les plus péjoratifs.

    Aulus Cornelius Celsus (25 av. J.-C. – 50 ap. J.-C.)

    Ce médecin romain, expliqua que le cancer apparaissait surtout dans les parties supérieures du corps, comme le visage, le nez, les oreilles, les lèvres, mais aussi au niveau des seins. Il décrivit, aussi précisément, les différents degrés dans l’évolution de la maladie :

  • Le premier degré est appelé, en grec, « cacoethes ». Les cacoethes pouvaient être traités par excision

  • Le second degré est définit par un carcinome sans ulcération

  • L’étape ultime est une lésion exubérante. Celcus déconseillait, déjà de traiter les lésions plus avancées : ni onguents, ni cautérisation, ni excision !

Leonides (180 ap. J.-C.)

Ce médecin d’Alexandrie, décrivit la rétraction du mamelon comme étant un signe de cancer. Il fit des mastectomies, avec un scalpel, en découpant autour du mamelon dans le tissu encore sain; la plaie était ensuite cautérisée pour éviter l’hémorragie et tuer les tissus cancéreux résiduels. Il déconseillait la mastectomie pour des lésions avancées.

Galien (130-201 ap. J.-C.)

Ce médecin, né en Asie Mineure étudia à Alexandrie et fut plus tard médecin à Rome. Ses théories furent valables pendant un millénaire. Pour lui, les tumeurs étaient dues à un excès « d’humeur », en particulier de bile noire. Celle-ci se « solidifiait » dans certaines parties du corps comme les lèvres, la langue, les seins. Son traitement consistait en l’administration de purges pour dissoudre la bile solidifiée. Si la lésion ne régressait pas, il pratiquait alors l’excision.

La médecine arabe de la fin du premier millénaire…

L’ÉMERGENCE DES NOTIONS MODERNES DE CANCÉROLOGIE

Avicenne (980-1037)

Médecin de Bagdad observa que le cancer augmentait lentement et qu’ensuite il envahissait et détruisait les tissus avoisinants pour aboutir à une absence de sensation dans la partie atteinte.

Albucasis (1013-1106)

Médecin de Cordoue recommanda l’excision lorsque le cancer était en début d’évolution et situé dans une partie accessible. De plus, il préconisait de cautériser les tissus avoisinant la tumeur enlevée. De même, il conseillait de ne rien faire pour les lésions avancées.

Avenzoar (1070-1162)

Savant de Cordoba, il décrivit le cancer de l’œsophage et de l’estomac.

DU 16 AU 17ème SIÈCLE

LES GRANDES DÉCOUVERTES

Les autopsies n’étant plus interdites, les connaissances anatomiques augmentèrent rapidement, notamment en Italie.

Fallopius (1523-1562)

C’est l’élève de Vésale, décrivit plusieurs variétés de cancers. Il pratiquait l’excision et la cautérisation pour les lésions récentes et traitait les lésions avancées avec différents onguents. La découverte du système lymphatique constitua une étape essentielle dans la compréhension de l’évolution de la maladie.

Gaspard Aselli (1581-1625)

Ce savant découvrit le système lymphatique. Cette découverte est très importante car le système lymphatique joue un rôle important dans la dissémination (développement de métastases) de beaucoup de cancers

Jean Pecquet (1622-1674)

Ce médecin, originaire de Dieppe, découvrit le canal thoracique, collecteur principal des vaisseaux lymphatiques. Il fallut attendre longtemps avant de comprendre que le système lymphatique a son rôle dans l’évolution du cancer et que prévenir les maladies métastatiques en retirant les ganglions lymphatiques locorégionaux est une partie importante dans la thérapie du cancer. Durant cette période, l’étude du cancer évolua peu car on se basait, uniquement, sur l’observation clinique des différentes formes de cancer.

Fabricius Hildanus, (1560-1634)

Cet auteur allemand, fit des descriptions détaillées d’opérations larges de cancer. Il fit la dissection de ganglions lymphatiques axillaires de patientes atteintes de cancer du sein.

Marco Aurelio Severini (1580-1656)

Il décrivit les différentes tumeurs bénignes et malignes du sein avec leur diagnostic différentiel. Il fut le premier à illustrer ses descriptions avec des dessins. Il fit également des descriptions claires de fibroadénome et conseillait d’enlever les tumeurs bénignes car elles risquaient de dégénérer. Dans son ouvrage « Synopseos Chirurgicae » toutes les variétés de gonflement son t appelées alors, abcès.

A la suite du décès d’Anne d’Autriche, mère de Louis XIV, d’un cancer du sein, ce médecin décrira en détail, les tumeurs du sein.

AU 17ème SIÈCLE, LE CANCER DEVIENT UNE MALADIE CONTAGIEUSE…

Daniel Sennert (1572 – 1637)

Ce célèbre professeur de Wittenberg remis en questions les théories précédantes en affirmant que le cancer est une maladie contagieuse. Cette théorie aboutira à ce que, pendant près de deux siècles, les malades souffrant d’un cancer seront exclus de nombreux hôpitaux.

Face à cette situation, le chanoine Jean Godinot (1661-1739) fit construire, à Reims en 1740, un des premiers hôpitaux destinés exclusivement aux cancéreux. Il est fait mention également, en 1592, d’un établissement à Varsovie pour patients présentant des tumeurs,  l’hôpital St Lazare. Ce fut fort probablement le premier établissement pour cancéreux dans le monde…

LA THÉORIE DES HUMEURS DE GALIEN….

PAS ENCORE REMISE EN CAUSE…

Elle est, à cette époque, encore acceptée par tous les médecins.

Henri François le Dran (1685-1770)

Ce médecin décrivit que le cancer débutait localement et s’étendait ensuite par les canaux lymphatiques vers les ganglions lymphatiques. Cette théorie est très importante car elle explique pourquoi le cancer du sein, par exemple, peut atteindre les poumons. Dés cette époque, il préconisait l’excision de la tumeur et des ganglions lymphatiques axillaires. Il comprit que si les ganglions axillaires étaient envahis, le cancer était grave.

Xavier Bichat (1771-1802)

Ce savant français découvrit que les différentes localisations du cancer ne sont qu’une seule et même maladie touchant le même tissu mais dans différents organes. Il précise le concept de métastase à distance.

L’AVÈNEMENT DE L’ANATOMO-PATHOLOGIE

Les progrès en matière de  traitement du cancer sont aussi associés au progrès de l’anatomopathologie et de la recherche expérimentale.

Giovanni Battista Morgagni (1682-1771)

Ce médecin de Padoue, fut le créateur de l’anatomie pathologique par ses dissections réalisées non plus dans le but de localiser les différents organes mais dans le but de connaître les lésions ayant provoqué la mort du sujet. Son ouvrage « De Sedibus et Causis Morborum », réalisé à partir de 700 cas répertoriés à partir d’autopsies pratiquées sur des victimes de cancer du sein, de l’estomac, du rectum et du pancréas, constitue le premier traité cohérent d’anatomie pathologique.

Percival Pott (1714 -1788)

Ce chirurgien anglais, né le 6 janvier 1714 à Great Yarmouth, en 1775 met en évidence le premier cancer professionnel ; le cancer du scrotum des ramoneurs. Ce cancer était provoqué par le frottement sur le scrotum de la corde imprégnée de suie qui servait aux petits ramoneurs à descendre dans les conduits de cheminée.

Matthew Baillie (1761-1823)

Ce médecin anglais, dans un atlas « The Morbid Anatomy of Some of the Most Important Parts of the Human Body » fit des descriptions anatomiques détaillées.

Bernard Peyrilhe (1735-1804)

Ce médecin observa que le cancer était d’abord local et qu’ensuite il se dispersait dans tout le corps via les canaux lymphatiques. Il préconisa comme traitement du cancer du sein, la chirurgie avec l’excision du « muscle grand pectoral » et la dissection des ganglions lymphatiques axillaires.

John Hunter (1728-1793)

Il fut le premier à évoquer des prédispositions au cancer comme l’hérédité, l’âge et peut-être le climat. Il estima l’âge moyen d’avoir un cancer, entre 40 et 60 ans et constata qu’un cancer du sein, chez une femme de moins de 40 ans, était très rapidement fatal. Il observa que les sites les plus atteints étaient : le sein, l’utérus, les lèvres, le nez, le pancréas, le pylore gastrique et les testicules.

Sir James Paget (1814-1899)

Ce médecin anglais décrivit plusieurs maladies qui portent son nom. La « maladie de Paget » des os (ostéite déformante) et la « maladie de Paget » du mamelon, forme d’eczéma du mamelon, associée à un cancer du sein.

PAR LA SUITE, LES DÉCOUVERTES S’ACCÉLÈRENT…

René Théophile Hyacinthe Laennec (1781-1826)

Au 19 ème siècle, il débuta la classification de diverses tumeurs et étudia leurs évolutions. Il décrivit aussi les métastases.

Johannes Peter Müller (1801 – 1858)

Grâce à l’invention du microscope, cet anatomiste allemand, donna la première définition valable du cancer :

« Il s’agit d’une tumeur constituée de cellules. Elle bouleverse la structure des tissus. Elle est, dès le début, constitutionnelle. Elle récidive après l’extirpation et elle tue »

Roentgen en 1895, puis Pierre Curie en 1889

Ils découvrirent les rayons X et le radium qui fût à l’origine de la radiothérapie. En 1904, Danlos, à l’hôpital St-Louis de Paris, expérimenta pour la première fois cette méthode sur des tumeurs humaines.

Léo Loeb (1869-1959)

Ce médecin américain d’origine allemande, commença à transmettre aux animaux le cancer, grâce aux premières greffes de cellules en 1901.

Katsusaburo Yamagiwa (1863 – 1930) et Koichi Itchikawa (1888-1948)

Ils furent les premiers à induire des cancers de la peau avec des substances chimiques (goudron) entre 1918 et 1921. Ils ont démontré que l’application de goudron (uniquement avec des variétés de goudron contenant de l’anthracène) induisait des tumeurs cutanées.

Deals (1931-1933)

Il  démontra le rôle cancérigène des radiations.

Paul Ehrlich (1854-1915)

Ce biologiste allemand, ouvre l’ère de la chimiothérapie qui ne fût effective qu’à partir de 1940 après, époque à laquelle ont découvrit l’effet thérapeutique du gaz moutarde. On trouva enfin les premières substances chimiques s’opposant à la division cellulaire. Ces substances sont aujourd’hui le fondement de la chimiothérapie.

C Higgins

Ce futur Prix Nobel de médecine, en 1950 mis en évidence le rôle des hormones  féminines sur certains cancers humains.

De nos jours, les scientifiques continuent leurs multiples recherches concernant les relations entre le cancer et l’ADN avec les différentes techniques de la génomique, de la proteinomique…..

http://www.arcagy.org/

Le Saviez-Vous ► L’étonnante histoire de la théorie de « l’utérus mobile »


Wow !! Je suis bien contente que la médecine féminine a évolué à notre époque. Non, mais les femmes avaient le dos large quand tout était une question d’anatomie féminine pour leurs maux physique et psychologique
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L’étonnante histoire de la théorie de « l’utérus mobile »

 

"Une leçon clinique à la Salpêtrière" de André Brouillet.

Une leçon clinique à la Salpêtrière, d’André Brouillet.

Dans sa chronique hebdomadaire « Fantastically Wrong » (« fantastiquement faux »),le site Wired se livre à une analyse historique des théories les plus farfelues qui ont fait autorité dans la science d’hier.

« Parce que quand il s’agit de comprendre le monde, les erreurs sont un moyen de voir nos progrès », explique le site.

Cette semaine, Wired s’intéresse à l’étonnante théorie des « utérus mobiles ».

« Désolée d’être de si mauvaise humeur, mon utérus n’arrête pas de bouger dans mon torse depuis hier. »

Voilà ce qu’une femme née dans la Grèce ancienne pouvait expliquer pour justifier ses sautes d’humeur.

« Car en ce temps, il n’y avait pas de pire affliction qu’un utérus qui spontanément migrait vers la région abdominale », explique Wired.

Les médecins grecs, parmi lesquels l’illustre Platon ou l’assermenté Hippocrate, se figuraient en effet que l’utérus était la clé de la différence entre les hommes et les femmes, autant physiquement que mentalement.

Le médecin Arétée de Cappadoce écrivait ainsi que l’utérus était « un animal dans l’animal », un organe qui « bouge de lui-même ici et là dans le corps ». Il pouvait ainsi aller s’associer au foie, provoquant la mélancolie, ou encore grimper dans le corps pour causer indolence, fatigue physique et vertiges. En revanche, quand l’utérus redescendait dans le corps féminin, il provoquait dès lors « une grande impression d’étouffement, une perte de la parole et de la sensibilité » qui pouvait résulter parfois en une « mort soudaine et imparable ».

Pour guérir ces maux, les médecins de l’époque affirmaient que l’utérus était attiré par les bonnes odeurs. Dès lors, il suffisait d’appliquer des fragrances au vagin de la patiente, ou lui faire respirer des odeurs nauséabondes pour que l’utérus reprenne sa position traditionnelle dans le corps.

Cette théorie permettait également d’asseoir la domination masculine dans la société grecque.

Selon la spécialiste de la médecine antique Helen King, auteure d’un essai intitulé Il était un texte : l’hystérie chez Hippocrate, les médecins conseillaient en effet aux femmes d’être le plus souvent enceinte possible, afin de garder l’utérus occupé et l’empêcher de se balader dans le corps.

Plus tard, les sociétés prirent leurs distances avec cette théorie.

Les Romains découvrirent ainsi grâce au médecin Galien que l’illusion d’un utérus mobile était en fait due « aux tensions dans les membranes qui composent le corps humain ».

Selon lui, le problème principal venait de la « suffocation » de l’utérus par l’accumulation des sangs, qui produisait des vapeurs internes et influaient sur les autres organes, précise Wired.

Chez les Byzantins, le médecin Paul d’Egine avait trouvé un remède aux maux féminins : l’éternuement et les cris. Une technique de soin qui fut importée par le monde musulman, et se perpétua jusqu’au Moyen Age.

Ce n’est que vers 1500 qu’émergea la « conception traditionnelle de l’hystérie féminine », note Helen King dans son ouvrage, c’est-à-dire « la conception qui met en cause l’utérus pour justifier l’irrationalité des femmes ».

« En quelques siècles, l’utérus était devenu de moins en moins une manière de justifier de maladies physiques, mais de plus en plus un manière de justifier des dysfonctionnements psychologiques », note la spécialiste.

Il faudra attendre le XVIIIe siècle pour que les scientifiques affirment que l’hystérie était davantage due à des problèmes cérébraux qu’en lien avec l’utérus. Les traitements de l’utérus – incluant l’hypnose, des outils vibrants ou encore des jets d’eau virulents sur l’abdomen des femmes – se poursuivirent tout de même jusqu’au XIXe siècle. La littérature victorienne est ainsi peuplée de femmes« touchées par des vapeurs », contraintes de respirer des sels pour se remettre de leurs émotions, dans la droite lignée des préceptes d’Hippocrate.

L’émergence de la psychiatrie moderne a permis de comprendre qu’hommes et femmes sont indifféremment touchés par l’hystérie. Reste que le terme même d’hystérie conserve en son sein l’histoire de cette théorie farfelue, car il vient étymologiquement du latin hystera (« matrice »), et du grec ancien ὑστέρα,hustéra (littéralement « qui est en bas »).

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