Une nouvelle espèce de hibou découverte en Indonésie


Les cris des hiboux sont différents selon l’espèce, ils ont donc leur propre langage ce qui permet de mieux distinguer chaque espèces et découvrir ceux qui ne sont pas encore répertorié
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Une nouvelle espèce de hibou découverte en Indonésie

 

L'espèce, qui pourrait être baptisée <i>Otus jolandae</i>, fait la taille d'un merle.
L’espèce, qui pourrait être baptisée Otus jolandae, fait la taille d’un merle. Crédits photo : Philippe Verbelen/Plos One

Un nouveau rapace nocturne a été identifié sur l’île de Lombok grâce à son hululement par plusieurs chercheurs indépendants.

Une nouvelle espèce de hibou du genre des petit ducs (Otus) a été découverte par des chercheurs indépendants qui ont publié mercredi dernier un article dans la revue scientifique Plos One . Cette espèce endémique ne vit qu’au nord de l’île volcanique de Lombok, près de Bali en Indonésie. Ce petit rapace nocturne fait la taille d’un merle.

On connaissait cet oiseau par des dessins et des spécimens empaillés rapportés par des collectionneurs d’animaux à la fin du 19e siècle, mais il n’avait jamais été considéré comme une espèce à part entière. Il faut dire que les espèces de hiboux sont difficiles à distinguer les unes des autres par le simple physique. Leur plumage et leur mode de vie se ressemblent beaucoup d’une espèce à l’autre au sein d’un même genre.

On sait en revanche depuis les années 70 que chaque espèce hulule de façon spécifique. Ce caractère est inné, c’est-à-dire qu’il est inscrit dans les gènes. Ces sons caractéristiques permettent aux individus d’une même espèce de se reconnaître entre eux, notamment pour trouver un partenaire.

Trois découvertes indépendantes

 

En 2003, le Suédois George Sangster et la Néerlandaise Jolanda A. Luksenburg, deux biologistes venus à Lombok pour enregistrer entre autres le chant d’une espèce d’engoulevent découvrent un hululement inconnu dans leurs enregistrements. En diffusant ce son via des enceintes, ils réussissent alors à attirer plusieurs hiboux qui semblent appartenir à une même espèce. Une observation minutieuse démontre qu’ils ont bien découvert une espèce inconnue.

En 2008, les Belges Philippe Verbelen et Bram Demeulemeester, puis, en 2011 le Néerlandais Jan van der Laan, refont indépendamment la même découverte. Lorsqu’ils découvrent leurs travaux communs, tous les chercheurs décident de s’associer pour publier ensemble leurs résultats dans la revue Plos One.

Ils proposent de lui donner le nom scientifique Otus jolandae, en hommage à sa découvreuse. Avant d’entrer en vigueur, cette proposition doit être accréditée par la Commission internationale de nomenclature zoologique (ICZN) basée à Londres. Pour un usage plus courant, les chercheurs proposent le nom de «hibou de Rinjani», du nom du volcan située au nord de l’île de Lombok.

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