Le Saviez-Vous ► Problèmes de cheveux, ennuis de santé?


Les cheveux peuvent être très bavards sur bien des choses comme par exemple notre santé.
Ils sont blancs avant 40 ans ? Ils sont fourchus ? Perte des cheveux ? La science y répond
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Problèmes de cheveux, ennuis de santé?

 

Des cheveux secs. Sans éclat. Des pointes fourchues. Au-delà des considérations esthétiques, ces soucis capillaires fréquents peuvent parfois dénoter un problème de santé.

Donna MacMullin et Michèle Mayrand

Les cheveux en ont long à raconter. Les experts médicolégaux analysent depuis longtemps les échantillons capillaires comme preuves d’ADN. Une nouvelle étude révèle que les protéines qu’ils contiennent fournissent suffisamment d’informations pour identifier une personne avec précision. Hors des laboratoires scientifiques, le cheveu peut aussi vendre la mèche sur notre état de santé. Quand faut-il réagir? Par ici, les indices!

Perte de cheveux

Quand des mèches tombent chaque fois qu’on passe la main ou la brosse dans la chevelure, on a peut-être affaire à une carence nutritionnelle, selon la Dre Sandy Skotnicki, professeure agrégée de dermatologie à l’Université de Toronto.

 «La chute des cheveux indique en général que nos réserves de fer sont basses. Elle fait partie des effets secondaires possibles de certains médicaments comme les antidépresseurs et les contraceptifs, mais elle est habituellement passagère», mentionne la dermatologue.

Une perte de cheveux abondante peut être occasionnée par le stress, des dérèglements hormonaux ou des problèmes de métabolisme. On parle alors d’alopécie.

«Il s’agit souvent d’une réaction au stress, dit la DreSkotnicki. Par exemple, beaucoup de femmes perdent leurs cheveux à la suite d’un accouchement – souvent un choc pour le corps qui a parfois pour effet de stopper la croissance des follicules pileux.»

Une chute de cheveux importante n’est pas à prendre à la légère, indique le Dr Jeff Donovan, dermatologue et spécialiste du cuir chevelu établi à Vancouver.

«Je note les antécédents du patient, j’évalue son état de santé et j’examine son cuir chevelu pour dépister d’éventuels problèmes sous-jacents.»

Pointes fourchues

Il nous arrive à toutes d’avoir de temps à autre des pointes fourchues. L’usage fréquent des fers à lisser ou à boucler, des séchoirs trop chauds et des produits chimiques fragilise la chevelure. Mais jusque-là, pas de quoi s’inquiéter. Par contre, si les cheveux deviennent extrêmement secs et fragiles, ça vaut la peine de consulter un médecin. Selon le Dr Donovan, la source du problème n’est probablement pas un manque d’hydratation, et boire plus d’eau n’y remédiera pas.

«Une sécheresse persistante peut être le signe de troubles thyroïdiens.»

Le mieux est de procéder à des analyses sanguines pour évaluer l’activité de la glande thyroïde et le taux de fer, recommande le dermatologue.

«Environ 35% des femmes en préménopause ont une carence en fer et 15% des femmes présentent des anomalies de la thyroïde qui peuvent entraîner des problèmes capillaires.»

Cheveux ternes

Une mauvaise alimentation peut également altérer le lustre des cheveux, indique le DrDonovan. Les cheveux sont composés d’une protéine, la kératine, qui leur donne leur structure. Un apport protéinique insuffisant peut fragiliser la fibre capillaire. Les multivitamines font partie des solutions pour faire regagner de l’éclat.

Pellicules et squames

Environ une personne sur deux a des pellicules un jour ou l’autre dans sa vie.

«Ce n’est pas un problème de santé à proprement parler, explique la Dre Skotnicki. Elles seraient causées par un micro-organisme qui prolifère sur le cuir chevelu.»

Selon une étude récente, leur apparition serait davantage liée à un déséquilibre bactériologique, et non à la présence d’un champignon, comme on l’a longtemps cru. Maintenir l’équilibre entre certaines bactéries du cuir chevelu serait donc une piste à explorer comme moyen de prévention. Si les squames sont jaunes et que l’irritation du cuir chevelu s’étend au visage et au dos, on a peut-être affaire à une affection inflammatoire appelée dermatite séborrhéique. Un médecin ou un dermatologue pourra alors prescrire un shampooing ou un traitement topique.

Cheveux gris avant 40 ans

Malgré les croyances populaires, les cheveux blancs ne sont habituellement pas causés par le stress. La chevelure se décolore quand les cellules appelées mélanocytes cessent de produire la mélanine – le pigment qui lui donne sa coloration. C’est un phénomène propre au vieillissement. Mais quand l’«envahisseur» apparaît avant 40 ans, c’est une affaire d’hérédité, précise la Dre Skotnicki.

«On ne peut rien y faire.»

Tout espoir n’est pourtant pas perdu: des chercheurs de l’University College de Londres ont identifié le gène responsable du grisonnement… une découverte qui pourrait mener à la mise au point de traitements pour ralentir ce processus.

http://fr.chatelaine.com

Le Saviez-Vous ► Connaissez-vous l’alopécie?


L’alopécie est souvent reliée à un problème chez les hommes, pourtant les femmes peuvent aussi en souffrir, quoique c’est moins fréquent que chez les hommes. Les remèdes pour lutter contre la perte des cheveux existent depuis au moins le Moyen-âge, d’ailleurs les recettes ressemblent beaucoup à ceux d’aujourd’hui, sauf que maintenant, on devrait se référer au médecin, car les causes peuvent être diverses comme la génétique, la pilule, carence de fer, stress, etc.
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Connaissez-vous l’alopécie?

 

«10% des femmes de 30 ans ont des problèmes de chute de cheveux diffuse» | Morgan via Flickr CC License by

«10% des femmes de 30 ans ont des problèmes de chute de cheveux diffuse» | Morgan via Flickr CC License by

Daphnée Leportois

Que les femmes subissent, elles aussi, des chutes de cheveux n’est pas nouveau. Mais l’alopécie féminine a des spécificités contemporaines et des relents moyenâgeux.

 

Il y a quelques semaines, une copine est venue me parler de ses problèmes de chute de cheveux. Elle m’a expliqué avoir d’abord consulté trois dermatologues et un institut de cosmétique soi-disant spécialisé. Tous lui assuraient qu’elle n’avait pas de problème, que les femmes ne devenaient jamais chauves… Sauf qu’un jour elle s’est retrouvée les cheveux par-dessus un bac à shampoing, chez un coiffeur qui lui a lancé: «Dites donc, vous ne perdriez pas vos cheveux?» Elle n’était donc pas la seule à penser que les touffes de cheveux sur sa brosse et ses vêtements étaient anormales.

C’est en allant au Centre Sabouraud, centre de santé parisien spécialisé dans la peau et les cheveux, qu’elle a découvert son alopécie (terme médical, qui regroupe les chutes totales ou partielles de cheveux ou de poils, et ce, qu’elles soient congénitales ou temporaires). Elle perdait bien ses cheveux. Comme plusieurs de ses amies longtemps confrontées aux mêmes remarques –«mais non, les femmes ne deviennent pas chauves»– et qui, après s’être rendues sur ses conseils à Sabouraud, ont été diagnostiquées: le problème n’était pas dans leur tête. Car, contrairement au cliché, les hommes ne sont pas seuls à pouvoir craindre que leurs cheveux tombent au point que le cuir chevelu en devienne (trop) visible. Les femmes aussi peuvent perdre leurs cheveux, parfois de manière définitive.

Certes, l’alopécie féminine est moins fréquente que l’alopécie masculine.

«Dans la population générale, détaille le docteur Pascal Reygagne, directeur du Centre Sabouraud, centre de santé parisien spécialisé dans la peau et les cheveux, on estime que 10% des femmes de 30 ans ont des problèmes de chute de cheveux diffuse, contre 30% pour l’homme au même âge.»

Et elle ne se manifeste pas de la même façon. Rien qui rappelle la tonsure monacale: la chute de cheveux est plus éparse, ce qui rend la chevelure plus rare et clairsemée, surtout au niveau de la raie médiane, qui s’élargit.

«Au Moyen Âge, la chute de cheveux était prise au sérieux et considérée autant comme une maladie qu’une question esthétique. Et les recettes pour lutter contre l’alopécie étaient particulièrement fréquentes dans les traités de cosmétique pour les femmes, comme L’Ornement des Dames, qui date du XIIIe siècle», relève Gaëlle Monnier-Benoît, qui étudie pour son mémoire de maîtrise à l’Université de Sherbrooke (Canada) les traités cosmétiques médiévaux des XIe-XIIIe siècles.

Les recettes d’onguent, de poudre ou de décoction du Moyen Âge visant à diminuer la chute de cheveux ou à renforcer leur croissance et leur force avaient du bon (et n’étaient pas si éloignées des actuels bains d’huile pour cheveux). Les ingrédients? De l’huile de camomille ou d’amande amère, de l’écorce de saule ou de genêt, du miel ou du lait d’ânesse, qui pouvaient être mélangés avec des «produits plus originaux» comme un corps de lézard ou une tête d’oiseau, liste Gaëlle Monnier-Benoît.

Un problème qui ne date pas d’hier donc:

«À partir du XIe siècle, l’alopécie féminine était déjà un problème bien connu des médecins et de la société en général.»

Mais dont les traits peuvent aussi être accusés par notre société moderne bien que les dermatologues disent ne pas avoir constaté une augmentation du nombre de cas.

Au Moyen Âge, les recettes pour lutter contre l’alopécie étaient particulièrement fréquentes dans les traités de cosmétique pour les femmes Gaëlle Monnier-Benoît, spécialiste des traités cosmétiques médiévaux des XIe-XIIIe siècles

Pilule mal adaptée

 

Vous pensez que les perturbateurs endocriniens, qu’on retrouve en masse dans la tige capillaire, renforcent les chutes de cheveux? Possible qu’ils jouent un rôle, puisqu’ils détraquent entre autres le système thyroïdien par exemple et qu’une hypothyroïdie peut être à l’origine d’une chute de cheveux chez les femmes. Ou qu’ils ont des effets sur le système hormonal, qui influe sur le cuir chevelu.

Ce qui est sûr, c’est que, «chez la femme, la chute de cheveux peut être multifactorielle, expose le docteur Reygagne. La cause la plus fréquente est une carence en fer. Il faut alors faire une prise de sang pour vérifier s’il y a une anémie et interroger la patiente sur sa consommation de thé, qui empêche l’absorption de fer, et sur la durée de ses règles».

Sauf que si les règles abondantes peuvent être endiguées par la prise de la pilule, encore faut-il que la contraception hormonale soit adaptée et savoir doser entre œstrogènes et progestérone, surtout dans le cas des alopécies androgénétiques, des pertes de cheveux héréditaires dues à des récepteurs trop sensibles aux hormones mâles (qui portent le nom d’androgènes).

«J’adresse souvent un courrier orienté au gynécologue, précisant que la patiente a une alopécie androgénétique. Car les gynécologues ne sont pas focalisés sur ce problème et ne posent pas de questions sur l’hérédité du cuir chevelu lors de la prescription de la pilule.»

Mieux vaut alors une pilule utilisant des progestatifs peu androgéniques ou antiandrogéniques (c’est-à-dire dirigés contre les hormones masculines), et plus dosée en œstrogènes, les hormones féminines qui renforcent la protection du cuir chevelu.

«De la même façon que le gynécologue doit vérifier qu’il n’y ait pas d’hérédité de trouble circulatoire, il doit demander s’il existe dans la famille un problème capillaire que la pilule pourrait accentuer», appuie le docteur Pierre Bouhanna, chirurgien dermatologue attaché au Centre Sabouraud et auteur de l’ouvrage Soigner et préserver ses cheveux (Éditions Alpen, 2006).

Agressions mécaniques

 

Autre phénomène qui peut jouer un rôle sur la chute de cheveux diffuse de la femme: le stress.

«Il accentue la réceptivité des cheveux aux hormones mâles, indique Pierre Bouhanna, également directeur du diplôme de «Pathologie et Chirurgie du Cuir Chevelu» à l’Université Paris-VI. Il accroît également la séborrhée et favorise un état pelliculaire avec des pellicules grasses, qui provoque une chute de cheveux, lesquels sont remplacés par des cheveux plus fins, que l’on dit “miniaturisés”. En outre, la première réaction d’une femme qui va avoir des cheveux gras et plaqués va être de les laver et de leur donner du volume en les brossant. Si elle le fait en arrachant les cheveux, c’est un cercle vicieux…»

Le gynécologue doit demander s’il existe dans la famille un problème capillaire que la pilule pourrait accentuer Dr Pierre Bouhanna, chirurgien dermatologue attaché au Centre Sabouraud

Le dermatologue signale en effet une autre cause surajoutée de chute de cheveux chez les femmes, «toutes les maltraitances des cheveux par lissage, brushing, défrisage, artifices de coiffage; ce sont des agressions physiques et mécaniques».

 Ce qui n’est pas sans rappeler les traitements utilisés par les femmes au Moyen Âge pour s’épiler, raconte Gaëlle Monnier-Benoît:

«Si des produits doux à base de miel étaient utilisés pour l’épilation des poils, on retrouvait d’autres produits agressifs comme la chaux vive et la céruse.» Or, à l’époque, les normes de beauté vantaient un front dégagé, ce qui supposait une épilation des tempes… «Dans les traités cosmétiques que j’étudie, aucune mention n’est faite de la technique employée pour l’épilation des cheveux. On ne peut donc pas être certain que ces substances toxiques étaient appliquées sur des zones du crâne pour faire tomber les cheveux. Mais on peut supposer que les femmes s’abîmaient les cheveux en les utilisant.»

Cosmétique farfelue

 

Et si le fond du problème était que, comme au Moyen Âge, la cosmétique était perçue comme une discipline médicale (par exemple, le Trotula a été rédigé au XIe siècle par Trotula de Salerne, une femme médecin, tout comme le médecin Aldebrandin de Sienne fut l’auteur au XIIIe siècle du traité Le Régime du corps), en laquelle on peut avoir toute confiance et qui soignerait toute pathologie?

Car «les individus qui ont des problèmes de chute de cheveux en parlent à leur entourage, à leur coiffeur, à leur pharmacien ou des centres capillaires où l’on ne trouve pas de médecin… mais pas à leur médecin, pointe le directeur du Centre Sabouraud. Du coup, ils sont mal conseillés et vont dépenser des sommes farfelues pour acheter des produits qui ne servent à rien car ce ne sont pas des traitements médicamenteux.»

Résultat, la route peut être longue avant d’arriver chez le médecin –et pas seulement à cause des délais d’attente–, de poser le diagnostic et de prescrire le traitement adéquat.

Bien dommage, fait remarquer le docteur Bouhanna, d’autant que «le dermatologue reçoit un enseignement, impensable il y a quelques années, spécifique sur le cuir chevelu».

Et que le Centre Sabouraud réunit tous les ans l’ensemble des dermatologues intéressés par les pathologies du cheveu et du cuir chevelu pour faire le point sur l’évolution des pathologies et les progrès des traitements. Il est peut-être temps de libérer le cheveu de ces superstitions…

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Le Saviez-Vous ► Il était une fois la maladie – Gage de sainteté ou de beauté? Une question d’époques..


On croit peut-être que l’anorexie est une maladie récente, alors qu’en fait, elle semble venir de bien plus loin dans le temps. L’histoire de l’Impératrice Sissi (qui est complétement différente du film avec Romy Schneider) démontre qu’elle aurait souffert d’anorexie, ainsi que d’autres comme des religieuses qui par soucis mystiques auraient aussi souffert de cette maladie
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Il était une fois la maladie – Gage de sainteté ou de beauté? Une question d’époques..

 

Jacques Beaulieu

Chroniqueur et communicateur scientifique

Impératrice d’Autriche, Élisabeth, mieux connue sous le pseudonyme Sissi, ne semble pas avoir connu la vie idyllique que la légende a retenu. Elle semblait très mal s’acclimater à la vie de château et à son rôle social. Avec une belle-mère qui ne l’appréciait pas beaucoup et un époux occupé par les guerres contre Napoléon III, Sissi n’était guère heureuse. Rongée par les remords pour la mort en bas âge de sa fille Sophie, elle dépérissait littéralement. Elle avait à peine 22 ans lorsqu’on lui diagnostiqua une tuberculose dont elle se remettra pourtant.

Impératrice d’Autriche Élisabeth (Sissi)

Pour combler un tant soit peu le vide laissé par son mari parti en guerre, elle ouvre un hôpital et y consacre tout son temps. Lorsqu’il n’y a pas assez de travail, elle fait de longues et épuisantes randonnées à cheval. Puis elle se met à fumer, ce qui était extrêmement mal vu pour une femme à cette époque. Mais plusieurs l’imitent, au grand dam des bonnes gens du palais. Une de ses cousines, l’archiduchesse Mathilde, voulant dissimuler sa cigarette lors de l’arrivée impromptue de son père, mit le feu a ses vêtements et mourut brûlée vive.

Au retour de la guerre qu’il perdit, son mari la délaissa aux profits de nombreuses maîtresses, et Sissi sombra encore une fois et se remit à tousser. Elle retourna en cure et commença une étrange collection de photos de femmes. Elle revint à Vienne, mais n’avait qu’un seul désir : voyager de par le vaste monde, ce qu’elle fit le plus souvent possible, négligeant ses trois enfants, son mari et ses devoirs impériaux.

C’est qu’Élisabeth cachait un secret : sa peur démesurée de prendre du poids.

Et en 1860, elle utilisa les mêmes trucs qui sont encore en vogue aujourd’hui : peu de nourriture et un maximum d’activités physiques. Ainsi, elle ne se nourrit que de lait et de bouillon de poulet. Lorsqu’on constata qu’elle manquait de vitamines, elle modifia sa diète et ne mangeait que huit oranges par jour. Elle s’astreignait à deux heures de gymnastique chaque matin et s’adonnait à la marche forcée et à l’équitation quotidiennement aussi.

Avec un tel régime, son poids ne dépassera jamais les 50 kilogrammes, elle qui mesurait tout de même 1 m 72 (indice de masse corporelle :16,9). C’est pourquoi, a posteriori, bien des gens croient qu’elle a toujours souffert d’anorexie.

L’histoire d’un miracle devenu maladie

C’est un illustre médecin iranien du XIème siècle, Avicenne, qui fit la première description de la maladie. Puis le Moyen-Âge vit apparaître ce que les médecins appelèrent anorexia mirabilis. Cette perte «miraculeuse» de l’appétit était l’apanage de jeunes religieuses faisant partie de communautés mystiques. Elles réussissaient ainsi à se couper de tout plaisir de la chair et offraient à Dieu ce sacrifice ultime. Certaines prétendaient même ne se nourrir que d’une hostie par jour lors de leur messe.

Le destin tragique de Catherine de Sienne

Catherine de Sienne 

Au XIVème siècle, naît d’une famille de vingt-deux enfants Catherine qui, suite aux décès de ses trois sœurs préférées, entre en religion dans l’ordre des sœurs de la Pénitence de saint Dominique. Elle mange très peu et jamais de viande, se fait vomir régulièrement, se flagelle et ne dort que quelques heures par jour. Elle en vient à ne pratiquement plus manger du tout et cesse même de boire. Elle meurt à 33 ans et est canonisée en 1461 : sainte Catherine de Sienne.

On doit au médecin anglais Richard Morton la première description médicale de l’anorexie dans son livre paru en latin en 1689. Le livre portait surtout sur la tuberculose. Mais le Dr Morton avait noté que certaines personnes semblaient arriver à un état de dépérissement semblable à celui provoqué par la tuberculose. Il découvrit que ces personnes, sans causes apparentes, semblaient refuser de s’alimenter. Il nomma la maladie : la consomption ou phtisie nerveuse, dont les symptômes principaux sont le manque flagrant d’appétit, le refus de se nourrir, l’aménorrhée, l’hyperactivité, la constipation et la cachexie

L’inanition hystérique

Il faudra attendre près d’un siècle plus tard pour connaître de nouveaux développements. Ceux-ci viendront d’un psychiatre français, Charles Lasèque, qui décrit la maladie comme étant d’origine mentale et lui donne le nom d’inanition hystérique.

Il considère que cette maladie est une anomalie intellectuelle, un trouble central et héréditaire dû à un refoulement plus ou moins conscient d’un désir.

W. Gull propose quelques années plus tard le terme «anorexie nerveuse» (anorexia nervosa) qu’il attribue à des troubles du système nerveux central et à l’hérédité.

Au début des années 1890, le professeur Charles Huchard propose une distinction entre anorexie gastrique et anorexie mentale. Freud, quant à lui, parlera d’une association entre anorexie et mélancolie vers 1895.

Une thèse avait aussi cour à l’époque à savoir que l’anorexie pouvait être causée par une maladie de l’œsophage ou encore un rétrécissement de l’estomac.

La jeûneuse de Tutbury

Ann Moore

L’histoire de cette femme pieuse a débuté en Angleterre au début du XIXème siècle. D’abord reconnue pour sa très grande piété, cette pécheresse repentie commença en 1807 une anorexie qui allait devenir célèbre jusqu’en Amérique. Mais le fait allait fournir une lutte épique entre les tenants de l’anorexie comme étant une maladie, et ceux qui croyaient qu’elle était d’origine miraculeuse.

Après une première observation qui laissait chacun bien ancré dans son clan, on finit par découvrir en 1812 qu’Ann Moore se nourrissait en catimini en très petites quantités et laissait croire qu’elle ne prenait ni vivres, ni eau, et que seule l’intervention divine la maintenait en vie.

L’imposture démasquée fit histoire tout au long de ce siècle.

Sarah Jacob

Un autre cas similaire vit le jour au pays de Galles en 1867 avec une jeune fille de 12 ans, Sarah Jacob, dont les parents disaient qu’avec l’aide de Dieu, leur fille ne se nourrissait que d’un minuscule morceau de pomme quotidiennement. Flanqué d’infirmières incorruptibles, on se mit donc à observer la jeune Sarah 24 heures sur 24. Au bout de 6 jours, la jeune fille s’affaiblissait dangereusement et on demanda aux parents l’autorisation de cesser l’expérience et d’alimenter Sarah. Plutôt que de perdre la face, ceux-ci refusèrent. Le 10ième jour, la jeune fille mourut donc et les parents furent condamnés à des peines de prison pour leur comportement. Dès lors, l’origine mystique de l’anorexie perdit toute crédibilité.

Origines psychologiques ou physiologiques?

Le début du vingtième siècle sera marqué des descriptions de Gilles de la Tourette et Pierre Janet, qui seront les premiers à souligner l’importance de la perception de l’image corporelle chez les anorexiques. La Tourette précise que les patientes ne souffrent pas d’un manque d’appétit mais plutôt d’un refus d’appétit.

Les causes d’origines psychologiques semblent bien avoir reçu l’assentiment de toute la communauté médicale, du moins jusqu’en 1914 où un pathologiste allemand, Morris Simmonds, établit une relation entre la glande pituitaire et l’anorexie. Des causes endocriniennes alimentent alors le débat scientifique et il faudra attendre au milieu du siècle avant que la thèse psychologique ne refasse surface et que l’on comprenne que les manifestations physiologiques et endocriniennes sont des conséquences et non des causes de l’anorexie.

On estime aujourd’hui qu’environ 1 % des femmes de 15 à 35 ans souffrent d’anorexie. Les hommes sont 10 fois moins nombreux à en être atteints. L’hérédité joue un rôle puisque la fréquence de la maladie est dix fois plus élevée chez les parentes au premier degré que dans un groupe témoin.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Visible dans ses spermatozoïdes, l’obésité du père affecte ses enfants


Les futurs pères partagent l’hérédité tout comme la mère chez leurs enfants. L’obésité fait partie de ce partage, mais qui est réversible si une personne perd du poids
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Visible dans ses spermatozoïdes, l’obésité du père affecte ses enfants

 

L'obésité du père prédispose ses enfants à l'obésité et au diabète. ©West Coast Surfer / Moo/REX/SIPA

L’obésité du père prédispose ses enfants à l’obésité et au diabète. ©West Coast Surfer / Moo/REX/SIPA

Des marques épigénétiques spécifiques ont été observées dans les spermatozoïdes d’hommes obèses.

HÉRÉDITÉ. L’obésité d’un homme se voit dans ses spermatozoïdes. Des chercheurs danois de l’université de Copenhague (Danemark) ont trouvé des marques spécifiques, dites épigénétiques, qui ne sont pas présentes sur l’ADN des hommes sveltes. De plus, ces milliers de marques se révèlent réversibles puisqu’elles disparaissent rapidement chez les anciens obèses qui ont retrouvé un poids normal après avoir subi une opération visant à réduire la capacité de l’estomac. Ces modifications de l’ADN, appelées méthylations, qui portent sur des gènes liés à l’obésité ou au système nerveux, pourraient bien affecter la santé ou le comportement de la descendance.

Chez la souris, on sait déjà que l’obésité paternelle due à l’alimentation induit des troubles métaboliques et prédispose la première et la seconde génération à l’obésité et au diabète. Plus généralement, la découverte que l’ADN des spermatozoïdes est modifié par le mode de vie suggère que les recommandations faites aux femmes qui désirent concevoir un enfant pourraient être valables pour les futurs pères.

http://www.sciencesetavenir.fr/

Ce que votre père a fait avant votre naissance pourrait influer sur votre futur


Je pense que les recherches ont une bonne voie et ainsi démontré que le mode de vie du futur père et aussi important que celle de la mère. Le père laisserait probablement un héritage plus qu’on le pensait aux futurs enfants
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Ce que votre père a fait avant votre naissance pourrait influer sur votre futur

 

father and daughter | Edward Musiak via Flickr CC License by.

father and daughter | Edward Musiak via Flickr CC License by.

Paul Haggarty

On en est encore aux prémices de ce nouveau champ de recherches.

Ce ne sont pas seulement les femmes enceintes qui doivent se soucier de leur mode de vie. Une nouvelle étude publiée dans la revue Science donne du grain à moudre à un ensemble de recherches examinant la façon de vivre et l’environnement des futurs pères. Et en quoi ces facteurs pourraient influer sur la vie de leurs enfants et de leurs petits-enfants.

Nous savons que de nombreuses caractéristiques –le poids, la taille, la prédisposition aux maladies, la longévité ou l’intelligence– peuvent être en partie héréditaires. Mais jusqu’à présent, les chercheurs ont toujours eu du mal à identifier une assise génétique précise. La raison? Notre incapacité, pour partie, à comprendre comment fonctionne l’ensemble. Désormais, on s’intéresse de plus en plus à un nouveau champ de recherche appelé «épigénétique», qui pourrait expliquer cette héritabilité.

L’épigénétique fait référence à l’information dans le génome contenue dans la séquence ADN. Cette information prend des formes diverses, mais les plus couramment étudiées par les chercheurs se rapportent à la modification clinique (connue sous le nom de méthylation et acétylation) de l’ADN et des protéines (on les appelle histones) qui, mises ensemble, composent le génome humain.

Cette information épigénétique –qui influence le choix de celles des copies de gènes qui «s’expriment» ou sont utilisées– peut se transmettre d’une génération à l’autre pendant la reproduction. Elle peut même persister dans les tissus et les organes d’une personne, tout au long de sa vie, cela même quand ses cellules se renouvellent.

Une hypothèse a suscité beaucoup d’intérêt ces dernières années: durant la reproduction, l’environnement d’une personne, par exemple la façon dont elle se nourrit, jouerait sur les signatures épigénétiques de ses enfants avec des possibles conséquences sur leur santé future. La plupart des travaux scientifiques se sont concentrés sur les signatures épigénétiques transmises à travers la lignée maternelle. Mais le capital génétique de la mère n’intervient que pour la moitié du génome de l’enfant et les chercheurs font de plus en plus attention au rôle joué par les pères dans le processus de l’héritage épigénétique. La nouvelle étude de Science affirme que la manipulation du processus épigénétique, pendant la production de sperme chez les souris, influence le développement de leur descendance pendant de multiples générations.

Ce que les pères transmettent

Nous le savons déjà, des signatures épigénétiques spécifiques dans le sperme du père ont été liées à un risque d’autisme chez les enfants. On a également associé l’âge du père, au moment de la conception, à des changements épigénétiques du sperme et au risque de voir ses enfants exposés à certaines maladies.

On a également observé des changements épigénétiques chez les enfants nés par insémination artificielle, quand le sperme du père n’était pas fonctionnel. Des expériences pratiquées sur des souris ont prouvé que l’administration d’éthanol chez les mâles affecte les signatures épigénétiques du cerveau de leur progéniture. Cela, conjugué à d’autres études, démontre les effets que le mode de vie paternel peut avoir sur la santé de l’enfant. Et l’étude de la revue Science ouvre de nouveaux horizons sur ce qui pourrait se passer à l’avenir.

Dans leurs derniers travaux, les chercheurs de l’université McGill, au Canada, ont utilisé le génie génétique pour modifier, pendant la production de sperme chez les souris, l’activité de l’une des protéines «histones» qui contrôle les processus épigénétiques (baptisée KDM1A histone lysine 4 demethylase). Ils ont montré que ce changement a influé sur la santé et le développement de leur progéniture et que cet effet a persisté pendant un certain nombre de générations.

Signatures épigénétiques

L’étude ne prouve pas que cet effet provoqué artificiellement pourrait être reproduit chez l’homme via l’exposition à un environnement particulier ou bien dans le cas d’une spécificité génétique chez un individu. Mais, à en croire les chercheurs qui l’ont étudiée, cette variation génétique des histones qui commandent l’épigénétique pourrait très bien produire des effets semblables chez les humains.

Toujours selon eux, si, chez l’homme, certains facteurs environnementaux altèrent ce même processus épigénétique au cours de la production de sperme, voilà qui pourrait constituer un facteur sous-jacent de malformations congénitales et de maladies imputables au père. Il s’agit certes de conditions médicales sérieuses, mais beaucoup de chercheurs s’intéressent aussi à des effets plus subtils parmi la population.

Les scientifiques ont formulé une hypothèse. Selon eux, des effets épigénétiques plus modérés seraient utiles du point de vue de l’évolution.

Ils permettraient aux futurs descendants de ressentir en quelque sorte l’«environnement métabolique» (comme la famine, ou la trop grande abondance de nourriture) dans lequel ils viennent au monde, en fonction de quoi ils programmeront alors leur propre métabolisme afin de s’adapter à cet environnement. Pour arriver à ce résultat, le «programme génétique»devrait être remis à jour à chaque génération, mais cette nouvelle étude semble démontrer la stabilité d’un changement épigénétique au fil des générations.

Il faudra davantage d’études pour comprendre comment cette nouvelle découverte se rapporte à l’héritage épigénétique humain, mais elle a amélioré notre connaissance de la façon dont tout cela se met en place. On en est encore aux prémices de ce nouveau champ de recherches, mais si ces processus peuvent s’appliquer à l’homme, les retombées pourraient être conséquentes. Des caractéristiques que nous pensions autrefois être inéluctables pourraient être modifiées. Et notre façon de vivre pourrait se répercuter non seulement sur notre propre santé, mais aussi potentiellement, sur celle de nos enfants, voire de nos petits-enfants.

http://www.slate.fr/

Pourquoi vieillit-on?


Avec une population vieillissante, depuis quelques années, des chercheurs s’intéressent du pourquoi et du comment on l’on vieillit pour ajouter à ce que l’on sait déjà. Pourquoi les gens vieillissent moins bien que d’autres ? Comment ralentir l’effet vieillissement ? Les bonnes habitudes de vie sont des atouts importants pour mieux vieillir
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Pourquoi vieillit-on?

 

Le vieillissement est un domaine d'étude relativement jeune.... (Photo Masterfile)

Le vieillissement est un domaine d’étude relativement jeune.

PHOTO MASTERFILE

CATHERINE HANDFIELD
La Presse

Quand nous vieillissons, notre masse musculaire diminue, nos sens s’émoussent, notre mémoire décline et nos cellules changent. Certaines personnes vieillissent vite, d’autres, moins. Pourquoi? Des recherches sont en cours pour mieux comprendre le phénomène, dont la plus vaste étude canadienne menée à ce jour sur le vieillissement.

«On a tous des exemples de gens qui vieillissent très vite, et d’autres exemples de gens qui, à 95 ans, sont encore forts, se déplacent, vivent chez eux, vaquent à leurs occupations quotidiennes comme ils l’ont toujours fait. Pourquoi? C’est la grande question.»

Cette grande question, Hélène Payette et quelque 160 chercheurs aux quatre coins du Canada tenteront de l’approfondir dans le cadre de l’Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement, la plus vaste étude du genre jamais réalisée au pays.

L’équipe de chercheurs (dirigée par le Dr Parminder Raina, de l’Université McMaster) suivra sur une période d’au moins 20 ans quelque 50 000 Canadiens de 45 à 85 ans. Le recrutement, qui a cours depuis trois ans, sera fini dans les prochaines semaines. Les chercheurs pourront dès lors entreprendre le premier suivi.

L’objectif: mieux comprendre les processus de vieillissement pour aider les gens à mieux vieillir et aider les organisations de la santé et des soins à leur offrir les services adéquats.

«C’est [l’étude sur le vieillissement] la plus importante au Canada et l’une des plus importantes internationalement, tant par le nombre de sujets que par l’ampleur des thèmes qu’on va rechercher», indique la Dre Hélène Payette, professeure au département des sciences de la santé communautaire de l’Université de Sherbrooke et cochercheuse responsable du thème habitudes de vie dans l’étude longitudinale.

Tous les trois ans, les participants devront répondre à un questionnaire sur leurs habitudes de vie, tant sur les plans physique, social que psychologique. Plusieurs devront aussi passer une panoplie de tests: mesure de la masse musculaire et de la densité osseuse, échantillon de sang et d’urine, qualité de l’ouïe, du goût et de l’audition… Les résultats – anonymes, bien sûr – seront accessibles à tous les chercheurs qui en font la demande.

«Quoi qu’on fasse, en vieillissant, on perd du goût et de l’odorat. Par contre, certains en perdent plus vite que d’autres. Ce qu’on veut déterminer, ce sont les facteurs qui l’expliquent et comment on peut agir sur ces facteurs.»

La Dre Hélène Payette
professeure au département des sciences de la santé communautaire de l’Université de Sherbrooke

Si les participants sont recrutés dès l’âge de 45 ans, c’est pour mieux cerner les changements majeurs qui surviennent à la retraite.

«Est-ce que certains aspects de la retraite peuvent influencer la qualité du vieillissement plus tard?, demande la Dre Payette. C’est infini à quel point on pourra questionner la banque de données.»

Beaucoup à découvrir

Le vieillissement est un domaine d’étude relativement jeune. Comme les populations vieillissent, un nombre grandissant de chercheurs s’y intéressent depuis 20 ans, souligne Hélène Payette, qui qualifie ce domaine d’«extrêmement stimulant».

Les changements qui surviennent après 65, 75 ans sont majeurs, dit-elle, d’une importance «que l’on ne soupçonnait pas avant». Perte de masse musculaire, diminution des sens, déclin cognitif…

«En fait, les changements sont à peu près similaires, en matière de quantité et de vitesse, à ceux d’un petit enfant dans ses deux premières années de vie, souligne Hélène Payette. Un enfant est dans les gains, et, à la fin de la vie, on est plus dans les pertes.»

La manière dont on encadre nos tout-petits nous donne d’ailleurs de bons indices sur la façon de mieux vivre son vieillissement.

«Quand les petits enfants grandissent, on met tellement d’importance sur leur alimentation, sur l’exercice, sur les jeux qu’ils font avec d’autres enfants, dit la Dre Payette. Ça revient à des choses aussi simples que celles-là. Ce parallèle avec la fin de vie, ça nous donne des pistes, souvent. Et ce qu’on découvre, plusieurs fois, confirme ces pistes-là.»

«Nous avons l’âge de nos cellules»

 

Certes, l’hérédité compte pour beaucoup. Cela dit, les habitudes de vie ont un impact direct sur la vitesse, la qualité du vieillissement… et même l’expression des gènes.

Les télomères 

Le vieillissement est complexe et implique de nombreux processus. Mais d’un point de vue fondamental, pourquoi vieillit-on? Les chromosomes possèdent à leurs extrémités des télomères, des structures qui agissent comme des horloges biologiques.

«Chaque fois que la cellule se divise, un bout de télomère disparaît, explique Richard Béliveau, docteur en biochimie et directeur scientifique de la Chaire en prévention et traitement du cancer de l’UQAM. Quand les télomères sont rendus trop petits, les enzymes responsables de la réplication de l’ADN ne sont plus capables de répliquer l’ADN et la cellule meurt.»

De nombreuses maladies seraient associées au raccourcissement des télomères, indique le Dr Gaétan Brouillard dans son livre La santé repensée. Athérosclérose, hypertension artérielle, accidents vasculaires cérébraux, cancer, maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson: la liste est longue.

Ralentir le processus

De plus en plus d’études le démontrent: l’adoption de saines habitudes de vie – alimentation riche en légumes et en protéines, exercice physique, diminution du stress – permet de diminuer la vitesse à laquelle nos télomères raccourcissent.

«Ça veut dire qu’on augmente notre longévité et notre qualité de vie pour autant », résume le Dr Brouillard.

À l’opposé, l’obésité, le tabac et l’alimentation industrielle riche en gras trans causent de l’inflammation chronique, un désordre physiologique qui s’établit dans les tissus à la suite d’un déséquilibre de l’homéostasie, soit l’équilibre physiologique des systèmes.

«L’inflammation amène un climat qui fait en sorte que certaines cellules vont mourir plus rapidement», vulgarise le Dr Béliveau.

Épigénétique

Certaines personnes vieillissent bien sans trop y mettre d’effort parce qu’elles ont de bons gènes.

«Mais il y a aussi des gens qui, même avec une mauvaise hérédité, vont pouvoir vivre en santé en modulant l’expression de leurs gènes», explique le Dr Richard Béliveau.

Il s’agit de l’épigénétique, l’étude de l’influence de l’environnement – incluant les habitudes de vie – sur l’expression des gènes. Ce domaine d’étude en pleine croissance contraste avec la fatalité longtemps associée à l’hérédité.

«Par exemple, en faisant de l’exercice, vous inhibez les gènes associés aux protéines liées à l’inflammation», explique le Dr Béliveau.

Le Dr Gaétan Brouillard souligne pour sa part que, selon certaines études, 40% des maladies chroniques pourraient être évitées si on adoptait un bon mode de vie.

Jamais trop tard

On ne le répétera jamais assez: il n’est jamais trop tard pour changer son mode de vie. L’être humain, à tout âge, a une grande capacité d’adaptation. Le Dr Richard Béliveau cite en exemple une étude américaine publiée en 2008 et réalisée auprès d’hommes de 62 ans en moyenne.

«On les a fait bouger 30 minutes par jour, on a augmenté leur consommation de végétaux, et après trois mois seulement, l’activité de la télomérase (l’enzyme qui protège l’intégrité des télomères) avait augmenté de près de 30% chez les participants», résume le Dr Richard Béliveau.

Malheureusement, note le Dr David Lussier, de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal, certaines personnes font tout ce qu’il faut, mais vieillissent quand même moins bien, parce qu’elles souffrent d’arthrose, par exemple. Cela dit, mieux vaut mettre toutes les chances de son côté.

« Il y a juste une chose importante dans la vie: être heureux. Et c’est impossible d’avoir une vieillesse heureuse si la santé n’est pas dans l’équation», conclut Richard Béliveau.

Retarder les effets du temps

Vous voulez mettre toutes les chances de votre côté pour vivre une belle et longue vieillesse? Voici 10 grands conseils offerts par les chercheurs et intervenants à qui nous avons parlé.

CESSEZ DE FUMER. MAINTENANT.

«Quand vous fumez, vous vous préparez une vieillesse exécrable. Les gens pensent qu’ils vont tomber comme des chênes coupés à la hache lorsqu’ils fument, mais ce n’est pas ça: on fait un AVC, on devient paraplégique, on est aphasique, on perd des capacités et on traîne 10, 15, 20 ans extrêmement handicapé.» – Richard Béliveau, docteur en biochimie et directeur scientifique de la Chaire en prévention et traitement du cancer de l’UQAM

MAINTENEZ UN POIDS SANTÉ

«L’embonpoint est associé à une perte de fonctions. Pas juste physiologiques, pas juste métaboliques, mais aussi musculo-squelettiques  – arthrose, arthrite, etc. Si vous êtes en surcharge de poids, vous imposez une usure prématurée à vos articulations.» – Richard Béliveau

PERSONNES ÂGÉES: MANGEZ…

«On a toujours pensé qu’en vieillissant, les gens devaient manger moins, parce que c’est mieux d’être menu quand on est vieux. Or, ce qu’on voit, c’est que les gens qui ont un peu de surpoids par rapport aux normes pour les populations âgées vieillissent mieux. On ne comprend pas exactement pourquoi encore, mais on continue la recherche.» – Hélène Payette, professeure au département des sciences de la santé communautaire de l’Université de Sherbrooke

… ET AUGMENTEZ VOTRE APPORT EN PROTÉINES

«On suggère maintenant aux personnes de 65 ans et plus d’augmenter leur apport en protéines pour contrer un peu l’inéluctable perte de masse musculaire. Le problème, c’est qu’en vieillissant, les personnes vivent seules et, la plupart du temps, ce sont les protéines qui écopent.» – Hélène Payette

ENTRETENEZ VOTRE RÉSEAU SOCIAL

«Au moment de la retraite, c’est important de se refaire un réseau social et de garder ses amis. C’est un gage de santé mentale. C’est un gage, aussi, de préparer des repas entre amis – donc, de bien manger, de faire de l’activité physique avec eux. Ça aide aussi à préserver le déclin de la cognition.» – Hélène Payette

MANGEZ BIEN

«Le Guide alimentaire canadien nous dit très bien ce qu’on devrait manger. Quand on mange de 7 à 10 portions de fruits et légumes par jour – frais, le plus possible -, c’est sûr qu’on prend nos antioxydants. C’est beaucoup mieux de manger des aliments que d’aller chercher un pot de vitamines à la pharmacie.» – Hélène Payette

PRENEZ DE LA VITAMINE D

«En prévention, dès l’âge de 50 ans, c’est important, à mon avis, de prendre un supplément de vitamine D. Elle joue un rôle sur le plan cognitif en augmentant la qualité de nos neurotransmetteurs. Elle est aussi bénéfique pour l’appareil vasculaire, le sommeil et la dépression saisonnière.» – Gaétan Brouillard, médecin en médecine intégrative et globale

FAITES DE L’EXERCICE ET DORMEZ

«Si on fait de l’exercice de façon régulière, on augmente notre masse musculaire. En ayant plus de force et plus d’équilibre, on peut prévenir les chutes. L’exercice prévient aussi le déclin de la mémoire. Le sommeil, lui, a plusieurs fonctions de restauration […]. Quand on dort mal, on a plus de douleurs le lendemain. C’est important aussi pour l’humeur. Et il faut dormir sans médicament, le plus possible.» – David Lussier, directeur scientifique d’AvantÂge, le centre de promotion de la santé des personnes âgées de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal

http://www.lapresse.ca/

Je grossis pour un rien et pas elle… Pourquoi ?


Certaines femmes prennent du poids à cause de mauvaises habitudes alimentaires, manque d’exercices, mais aussi l’hérédité, la ménopause … Alors que d’autres arrivent à garder leur poids pendant toute leur vie. Quelle injustice. ! Sans être obsédé par les kilos en trop, il est préférable d’apporter une bonne hygiène de vie, et surtout ne pas tomber dans des régimes miracles, ni au découragement
Nuage

 

Je grossis pour un rien et pas elle… Pourquoi ?

 

Malgré tous leurs efforts, il y en a qui sont tout le temps en train de lutter contre les kilos tandis que d’autres engouffrent n’importe quoi et restent obstinément minces.

La justice n’est pas toujours de mise en matière de poids. Mais le comportement joue aussi. Décryptage

Le poids de l’hérédité

Depuis très longtemps, on sait qu’un enfant né de deux parents de poids normal a seulement 10 % de risque de devenir obèse. Si c’est Papa ou Maman, ce risque monte à 40 %. Et si c‘est Papa et Maman, ce risque double.

Au fil des années, les scientifiques ont identifié des gènes responsables de la prise de poids et ils ne cessent d’en trouver de nouveaux. Mais, en pratique, cela ne change rien au problème : on ne peut pas modifier ses gènes, on est obligé de faire avec.

Conclusion : s’il y a un gros ou une grosse dans votre famille proche, vous n’avez pas d’autres choix que de vous bouger le plus possible pour augmenter votre dépense énergétique et vous accrocher à une alimentation équilibrée.

L’obsession des kilos

Les minces ignorent le plus souvent la balance. Parfois, elles n’en ont même pas une chez elles, et elles ne se pèsent que lors d’une visite médicale.

Vous êtes de celles qui commencent leur journée en se pesant ou pire encore, qui se confrontent à leur balance plusieurs fois par jour ? Vous avez une balance hyper sophistiquée qui vous indique le gras, la masse musculaire, et, – horreur ! – qui vous parle et donc vous culpabilise dès une différence de 200 g ?

Dans une même journée, votre poids peut varier de 1 à 3 kg, et ce pour différentes raisons : degré d’hydratation, composition des aliments, etc.

Quand votre poids augmente de quelques centaines de grammes, vous vous privez de manger, consciemment ou inconsciemment. Quand il n’a pas bougé ou qu’il a diminué, vous levez le pied sur les privations.

Conséquence ? Vous déséquilibrez votre alimentation et surtout, vous n’êtes plus à l’écoute de vos sensations de faim et de satiété. C’est la meilleure façon de grossir.  Plus vous êtes obsédée par votre poids, plus vous accumulez les (mal)chances d’en prendre !

La solution ? Notez votre poids un matin, à jeun, après avoir fait pipi. Puis rangez votre balance au fond d’un placard (que vous devrez vider pour la récupérer). Ressortez-la un mois plus tard et pesez-vous dans les mêmes conditions. Alors, la différence, en plus ou en moins, sera vraiment valable.

Le manque de sommeil

Vous vous couchez tard, vous vous levez tôt, vous avez du mal à vous endormir ? Bref, vos nuits sont trop courtes. Et vous rattrapez votre manque de sommeil pendant le week-end.

Il n’est pas impossible que ces kilos que vous prenez si facilement viennent de cela. Des chercheurs de l’Université de Washington ont constaté que dormir moins de sept heures par nuit favorisait la prise de poids : les gènes de l’obésité se mettent au repos pendant le sommeil. Donc, plus on dort, moins ils fonctionnent.

D’autre part, le manque de sommeil, ça fatigue. Pour lutter contre cette fatigue, on a beaucoup plus tendance à grignoter des trucs gras et sucrés, à boire des sodas bien sucrés plutôt que de l’eau, et tout ceci bouleverse l’équilibre alimentaire et fait grossir.

La solution ? Des nuits de 8 heures au moins ! Bouclez la télé, l’ordi, la tablette, le smartphone de bonne heure (de façon à calmer votre cerveau) et couchez-vous plus tôt avec un livre.

« Et pourtant, je ne mange rien ! »

C’est ce que l’on entend souvent dans la bouche des trop grosses (ou de celles qui se croient trop grosses) qui râlent après les minces qui mangent ce qu’elles veulent.

Mais lorsqu’on les soumet à un bilan alimentaire serré, établi jour par jour pendant une semaine, on s’aperçoit alors qu’elles multiplient inconsciemment les erreurs alimentaires.

Trop d’huile et/ou de beurre (selon les régions) pour cuisiner, des repas irréguliers, un manque flagrant de légumes et de fruits. Elles ne grignotent pas car elles se surveillent, ou alors, elles craquent de temps en temps en culpabilisant.

La solution ? Pendant une semaine, inscrivez tous les jours (sur un cahier ou sur un fichier dans votre smartphone) tout, absolument tout, ce que vous avalez dès que vous l’avalez. Et comparez ensuite avec un régime équilibré à 1800/2000 calories (si vous n’avez pas d’activité physique) et 2000/2200 calories, si vous faites un peu de sport.  

Faites aussi le compte de ce que vous achetez comme corps gras (huile, beurre, margarine) et ensuite calculez la consommation moyenne sur une semaine. Si vous dépassez les 200 à 300 g hebdomadaires, tous corps gras confondus, c’est trop. Et cela peut être une des raisons de votre facile prise de poids.

« Il faut que je fasse régime »

C’est ce que vous vous dites et faites souvent. Depuis des années, depuis même peut-être votre adolescence, vous avez accumulé des périodes de restriction plus ou moins sauvages qui vous ont fait perdre 2 ou 3 kg très vite repris.

Résultat ? Vous avez complètement déséquilibré votre organisme. À force d’être ainsi bousculé, votre corps a perdu ses repères.

Il se défend physiologiquement – il est équipé pour cela – en faisant des provisions en vue de la prochaine famine : il ralentit sa dépense de calories quand vous ne lui en apportez pas assez et il fabrique un maximum de gras pendant les périodes d’abondance.

La solution ? Adoptez un régime équilibré en fonction de votre taille et de votre poids et oubliez cette obsession des kilos. Vous les perdrez lentement, mais définitivement.

Manger lentement

A quelle allure mangez-vous ? Combien de temps restez-vous à table ?

Si vous avalez tout rond, si vos repas sont expédiés en 15 à 20 minutes, il y a de grandes chances pour que vous ne vous sentiez jamais vraiment rassasiée.

Vingt minutes, c’est le temps qu’il faut à votre centre de satiété pour se mettre en route et vous envoyer les bénéfiques signaux de rassasiement. Quand vous mangez vite, il n’a pas le temps de bien fonctionner et n’enregistre pas ce que vous venez d’avaler.

Résultat ? Vous ne vous sentez jamais vraiment bien, vous avez tout le temps envie de manger quelque chose. Vous résistez mais vous craquez souvent.

Les minces mangent lentement : elles prennent le temps d’apprécier ce qu’elles ont dans leur assiette (ou le sandwich de midi), elles sont naturellement à l’écoute de leurs sensations, elles s’arrêtent spontanément lorsqu’elles sont rassasiées. Ainsi, elles ne mangent pas au-delà de leurs besoins énergétiques.

La solution ? Obligez-vous coûte que coûte à manger lentement. Cela va vous demander un gros effort, cela va vous énerver mais, que vous soyez ou non prédisposée génétiquement à la prise de poids, c’est la bonne solution pour ne plus grossir

Article publié par Paule Neyrat, Diététicienne

Sources : Allison DB, Faith MS, Nathan JS. Risch’s lambda values for human obesity. Internal Journal of Obesity and Related Metabolism Disorder. 1996;20:990-9. leep Duration and Body Mass Index in Twins: A Gene-Environment Interaction http://dx.doi.org/10.5665/sleep.1810. Nathaniel F. Watson, MD, MSc1,2,3; Kathryn Paige Harden, PhD6; Dedra Buchwald, MD4; Michael V. Vitiello, PhD3,5; Allan I. Pack, MB ChB, PhD7; David S. Weigle, MD4; Jack Goldberg, PhD8. Hypothalamic Angptl4/Fiaf Is a Novel Regulator of Food Intake and Body Weight. Diabetes;59:2772–2780 Kim HK, Youn BS, Shin MS, Namkoong C, Park KH, Baik JH, Kim JB, Park. JY, Lee KU, Kim YB, Kim MS.

http://www.e-sante.fr/