Le fleuve menacé par le plastique


Alors que des matières plastiques se retrouvent dans les eaux pouvant formé des iles, voilà qui des microbilles s’ajoutent à cette pollution. Ces microbilles proviennent de produits que nous utilisons a tous les jours. C’est décevant comment nous détériorons la nature et parfois sans le savoir et risquant ainsi aussi la mort de millions animaux
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Le fleuve menacé par le plastique

 

Photo :  Beat the microbead

Un texte de Francine Plourde

Une équipe de chercheurs de l’Université McGill a découvert une nouvelle source de pollution dans le fleuve Saint-Laurent : des microbilles de plastique. Les chercheurs en ont trouvé en grande concentration dans les sédiments de notre grand fleuve.

Ces microbilles, aussi petites qu’un grain de sable, proviennent de produits cosmétiques comme les dentifrices, les démaquillants ou les exfoliants. Leur petite taille leur permet de passer à travers les filtres de nos usines d’épuration des eaux pour s’écouler directement dans nos rivières et dans le fleuve. Le problème existe aussi dans les Grands Lacs.

On pensait que ces microbilles ne faisaient que flotter dans le courant jusque vers la mer, mais ce que l’équipe de McGill a découvert, c’est qu’elles s’accumulent dans les sédiments.

Cette étude a été menée par Rowshyra Castañeda, biologiste diplômée de la Faculté des sciences de McGill. Elle a examiné des sédiments provenant de 10 endroits du Saint-Laurent entre le lac Saint-François et la ville de Québec.

Des microbilles de plastiques Photo :  5Gyres

Ces microbilles peuvent être prises pour de la nourriture par les organismes qui vivent dans le fond du Saint-Laurent et qui sont ensuite mangés par les poissons, estime le biologiste de l’Institut des sciences de la mer de Rimouski, Philippe Archambault. De plus, des polluants chimiques comme les BPC s’y collent, les rendant encore plus toxiques. Le biologiste s’inquiète de leur présence en si grand nombre.

Ces microbilles s’ajoutent à la pollution par le plastique dans les océans. Les bouteilles, les sacs, les contenants en tout genre, même les briquets et les jouets se retrouvent dans les cours d’eau qui se déversent dans les océans. Ils s’accumulent en raison des courants giratoires, pour former ce qu’on appelle les gyres, sorte de gigantesques îles flottantes. Les plastiques polluent aussi les littoraux, en quantité presque aussi importante qu’au large.

La communauté scientifique estime que ces plastiques tuent environ 1,5 million d’animaux marins chaque année.

Les oiseaux, les tortues, les baleines, les phoques et les poissons mangent le plastique et meurent de malnutrition, ou encore ils s’emmêlent dans des sacs ou des filaments de plastique et meurent étouffés. Avec le temps, les objets en plastique se dégradent aussi en particules fines.

Quoi qu’il en soit, des organismes environnementaux ont lancé la campagne Beat the microbeads pour lutter contre la pollution des microbilles plastique provenant de l’industrie cosmétique.

Suite aux pressions de ces organismes, des fabricants comme Unilever, L’Oréal, Colgate Palmolive, Johnson & Johnson et Procter & Gamble ont promis de cesser d’en mettre dans leurs produits à plus ou moins longue échéance.

L’alliance des villes des Grands Lacs et du Saint-Laurent presse les gouvernements canadien et américain d’agir pour sauvegarder cette réserve d’eau douce qui fournit de l’eau potable à 40 millions de personnes.

Cinq États américains, surtout situés autour des Grands Lacs, sont en voie d’adopter une loi interdisant les microbilles dans les cosmétiques. En Illinois, la loi est adoptée, mais elle entrera en vigueur en 2019. Même l’État fédéral des États-Unis a son projet de loi, le Microbeads free water act, qui a été déposé au Congrès américain en juin dernier.

Mais il y a fort à faire pour sauver les eaux du plastique, car seulement 5 % du plastique produit dans le monde est actuellement recyclé. Le reste se retrouve dans les décharges ou dans l’environnement.

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À la conquête du «continent de plastique»


Un 7 ème continent fait de débris de plastique qui pour le moment n’intéresse que les scientifiques et écologiste, car cela n’entraine pas encore de problème pour le tourisme ou le commerce navale. Pourtant, ce problème risque d’empirer si rien n’est fait sans compter que pour les poissons, baleines et tout ce qui vit dans la mer peut subir de graves conséquences d’une pollution créer par l’homme
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À la conquête du «continent de plastique»

 

Au total, des millions de tonnes de déchets... (Photo archives Reuters)

Au total, des millions de tonnes de déchets venus des côtes et des fleuves flottent dans les cinq principaux gyres répartis dans tous les océans, la force centripète aspirant lentement les détritus vers le centre.

PHOTO ARCHIVES REUTERS

LAURENT BANGUET
Agence France-Presse
Paris, France

Un an après une tentative avortée, une expédition va repartir fin mai à l’assaut du «7e continent», une gigantesque plaque de déchets plastiques flottant sur l’océan Pacifique, plus grande que l’Inde mais encore largement méconnue.

À l’origine de l’expédition «7e continent», l’explorateur français Patrick Deixonne, 48 ans, avait découvert en 2009 le phénomène lors de sa participation à une course en solitaire à l’aviron.

«Je voyais tous ces déchets plastiques qui dérivaient autour de moi. Ca m’étonnait et je me suis demandé:  »mais ça va où tout ça? »», explique à l’AFP M. Deixonne à l’occasion d’un passage à Paris pour préparer son aventure.

Revenu à terre, l’ancien sapeur-pompier de Guyane (territoire français en Amérique du Sud) se documente et trouve la réponse: ces déchets plastiques s’amalgament au point de rencontre de courants marins qui s’enroulent sous l’effet de la rotation de la Terre et forment un immense vortex appelé «gyre».

Au total, des millions de tonnes de déchets venus des côtes et des fleuves flottent dans les cinq principaux gyres répartis dans tous les océans, la force centripète aspirant lentement les détritus vers le centre.

Problème pour les scientifiques, cette «soupe» est essentiellement composée de microdéchets de plastique décomposé en suspension sous la surface de l’eau, parfois sur 30 mètres de profondeur. Très difficilement détectable par les observations satellites, elle est seulement visible depuis des bateaux.

Selon le CNES, l’agence spatiale française qui parraine la mission «7e continent», le vortex du Pacifique nord, entre la Californie et Hawaï, est l’un des plus importants de la planète, avec une surface d’environ 3,4 millions de km2.

Mais la plaque de déchets qui y flotte est «située dans des eaux peu concernées par la navigation marchande et le tourisme, le problème n’intéresse que les écologistes et les scientifiques», déplore Patrick Deixonne.

Cartographier les zones polluées

Depuis sa découverte fortuite par l’océanographe américain Charles Moore en 1997, cette nappe de débris plastiques n’a fait l’objet que de quelques études visant à étudier l’impact de la pollution sur les océans et leur faune.

Membre de la Société des explorateurs français, Patrick Deixonne souhaite donc médiatiser cette «catastrophe écologique» en se rendant sur place pour en rapporter observations scientifiques et images.

L’expédition doit partir le 20 mai d’Oceanside (sud de la Californie) pour mettre le cap sur le gyre «en effectuant tout le long du parcours des mesures pour comparer la concentration et la nature des déchets», explique-t-il.

Grâce au guidage satellitaire fourni par ses partenaires, il compte rallier en six à sept jours la zone ayant la plus forte concentration de déchets, à environ un millier de milles nautiques des côtes.

Un capteur réalisé par des élèves ingénieurs de Toulouse avec le CNES sera également testé dans une bouée dérivante. Il doit permettre de distinguer dans l’eau les plastiques des planctons et autres particules vivantes, puis à terme de cartographier les zones polluées grâce à l’imagerie satellite, ce qui serait une première mondiale.

Ironie du sort, l’expédition programmée en mai 2012 avait capoté en raison d’incidents en série impliquant notamment des déchets plastiques.

Avant même le départ de Californie, un sac plastique avait bloqué la pompe à eau de la goélette de 1938 affrétée par Patrick Deixonne. Puis des débris d’un filet de pêche en nylon avaient brisé son gouvernail dans le Golfe du Mexique.

«Des problèmes de plus en plus courants dans cette partie du monde, et qui touchent de façon récurrente les plaisanciers californiens», assure le Guyanais.

Sensibles à cette pollution plastique et aux déboires de Patrick Deixonne en 2012, le Yacht Club d’Oceanside a décidé cette année de s’associer à l’expédition en mettant gracieusement à sa disposition un puissant bateau à moteur et trois membres d’équipage.

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