Épidémie d’Ebola: «On est devant l’inconnu total»


Un virus démocratique !!! Le virus Ébola ne fait pas de distinction entre les l’âge et le sexe des gens. Mais, dans les pays en voie de développement, il est difficile de sensibiliser les gens pour mieux cerner ce virus. Il faut dire que Médecins sans Frontières fait un travail remarquable, et ce, malgré toutes les précautions peuvent aussi être contaminés
Nuage

 

Épidémie d’Ebola: «On est devant l’inconnu total»

 

Devant l'ampleur de l'épidémie d'Ebola, Médecins sans frontières... (PHOTO SAMUEL ARANDA, THE NEW YORK TIMES)

Devant l’ampleur de l’épidémie d’Ebola, Médecins sans frontières a lancé des appels à l’aide au cours des dernières semaines.

PHOTO SAMUEL ARANDA, THE NEW YORK TIMES

Ariane Lacoursière
La Presse

Le Dr Marc Forget est revenu, la semaine dernière, d’un séjour de sept semaines en Guinée, où il a soigné des patients atteints du virus Ebola avec des équipes de Médecins sans frontières. Plongé au coeur de «la plus grosse épidémie d’Ebola de l’histoire», qui a fait 670 morts jusqu’à maintenant, le médecin affirme que «nul ne sait quand tout va s’arrêter».

«On est devant l’inconnu total. L’épidémie est d’une telle magnitude qu’on ne sait pas ce qui va se passer.»

Le médecin Marc Forget, qui travaille normalement dans le Grand Nord québécois et pour plusieurs projets humanitaires, a affronté pour la première fois le virus Ebola sur le terrain au cours des dernières semaines. En Guinée, il a constaté l’ampleur de l’épidémie. En plus de ce pays, le Liberia et la Sierra Leone sont touchés. Un cas a même été enregistré en fin de semaine à Lagos, au Nigeria, ce qui fait craindre une recrudescence. Un médecin du Liberia est mort dimanche, et un médecin et une infirmière américains ont contracté la maladie.

Devant l’ampleur de l’épidémie, Médecins sans frontières a lancé des appels à l’aide au cours des dernières semaines.

«On aimerait que d’autres organisations viennent nous aider sur le terrain. Après le tsunami en Indonésie, 3000 ONG s’étaient déplacées. Mais là, on est pas mal seuls sur le terrain», note le Dr Forget.

Il reconnaît toutefois que le virus Ebola «fait peur», ce qui pourrait expliquer la frilosité des organisations d’aide.

Premier contact

«Au départ, la maladie est non spécifique. Elle ressemble à une grippe. Puis, le virus se multiplie. Tellement que plusieurs patients ont des atteintes neurologiques. Ils deviennent confus. La plupart meurent d’un choc ou d’une atteinte neurologique sévère», explique-t-il.

Marc Forget... (Image tirée d'une vidéo de Médecins Sans frontières) - image 2.0

Marc Forget

Image tirée d’une vidéo de Médecins Sans frontières

Il n’existe pas de traitement pour la maladie.

«On donne des antibiotiques, des vitamines, des solutés, en espérant que le système immunitaire du patient finira par prendre le dessus», affirme le Dr Forget.

Il mentionne également que le virus est «démocratique» et touche autant les jeunes que les vieux, les hommes que les femmes.

«Le virus génère beaucoup d’insécurité et de peur. Où j’étais, en Guinée, il y a plusieurs villages de 150 habitants qui sont tous isolés. Chaque fois qu’on arrivait dans un village, il fallait expliquer ce que l’on faisait et sensibiliser la population. On perdait beaucoup de temps. Il y a un réel besoin de sensibilisation de masse», note-t-il.

Mais comme l’explique le Dr Forget, l’épidémie touche des pays pauvres, aux ressources limitées, qui ne peuvent mettre en place des systèmes d’information efficaces en peu de temps.

Durant son séjour en Guinée, le Dr Forget reconnaît qu’il a eu peur. Surtout cette journée où il a commencé à se sentir malade.

«J’espérais que je ne l’avais pas. Mais j’ai toujours suivi les protocoles. On a une façon de s’habiller. Une façon de se déshabiller. On se fait tellement asperger de chlore à longueur de journée qu’on finit par sentir la piscine. J’étais bien protégé.»

Le Dr Forget prévoit une autre mission avec Médecins sans frontières à l’automne, vraisemblablement encore auprès de patients atteints de l’Ebola.

Danger pour le Canada?

 

Le printemps dernier, le cas d’un voyageur arrivé en Saskatchewan et qu’on croyait atteint de l’Ebola a fait la manchette au Canada. Ce cas s’est finalement avéré négatif.

Questionné à savoir si le virus pourrait apparaître ici, le Dr Marc Forget se fait rassurant.

« Avec les transports aujourd’hui, il y a bien entendu des risques de voir arriver un voyageur infecté. Mais la qualité des services de santé publique canadiens mettrait rapidement fin à la maladie. Le virus ne saute pas sur les gens. Il faut être en contact avec des fluides corporels. La population pourrait être sensibilisée rapidement et les gens infectés, rapidement isolés. »

http://www.lapresse.ca

L’épidémie d’Ebola «hors de contrôle» selon MSF


Alors que l’homme soit avancé en technologie, en armée, que les hommes qui gouvernent le monde sont puissants, ils ne peuvent pourtant rien devant ce qui est plus petit qu’une fourmi, Les virus narguent les scientifiques en attente de trouver un antidote contre des épidémies
Nuage

 

L’épidémie d’Ebola «hors de contrôle» selon MSF

 

Selon des bilans pour les trois pays communiqués... (PHOTO CELLOU BINANI, ARCHIVES AFP)

Selon des bilans pour les trois pays communiqués lundi par l’Organisation mondiale de la Santé, la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia ont enregistré depuis le début de l’année 567 cas de fièvre hémorragique.

PHOTO CELLOU BINANI, ARCHIVES AFP

Agence France-Presse
DAKAR

La Guinée, le Liberia et la Sierra Leone comptent «60 foyers actifs» de fièvre hémorragique en grande partie due au virus Ebola, aujourd’hui «hors de contrôle» et qui menace de se propager à d’autres zones, a indiqué lundi l’ONG Médecins sans frontières (MSF).

Cette épidémie «est d’une ampleur sans précédent de par sa répartition géographique, de par le nombre de cas et le nombre de victimes», a affirmé MSF dans un communiqué reçu par l’AFP à Dakar.

«60 foyers actifs ont également été identifiés dans ces trois pays», a ajouté MSF, sans préciser la répartition géographique de ces foyers.

«L’épidémie est hors de contrôle. Avec l’apparition de nouveaux foyers en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia, le risque d’une propagation à d’autres zones est aujourd’hui réel», a averti le docteur Bart Janssens, directeur des opérations de MSF.

Selon des bilans pour les trois pays communiqués lundi par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia ont enregistré depuis le début de l’année 567 cas de fièvre hémorragique, dont 385 ont été confirmés par des analyses comme étant dus au virus Ebola. On y dénombre 350 morts sur les 567 cas recensés, soit un taux de décès de près de 62%.

La Guinée, d’où la flambée est partie, est le pays le plus affecté avec 390 cas de fièvre (dont 267 mortels). Les analyses ont confirmé la présence d’Ebola dans 258 cas sur les 390. Parmi les zones les plus affectées, figurent Guéckédou, Macenta (sud) et Conakry, la capitale, ainsi que Telimélé, Boffa (ouest) et Kouroussa (est), d’après l’OMS.

De même source, la Sierra Leone a dénombré 136 cas de fièvre dont 58 mortels. 103 des 136 cas ont été confirmés comme étant dus à Ebola. L’épidémie affecte essentiellement les régions Kailahun et Kenema (est).

Depuis le 13 juin et jusqu’à nouvel ordre, les écoles du district de Kailahun sont fermées et les rassemblements publics interdits par le gouvernement.

Selon des résidents joints lundi par l’AFP dans ce district, la peur d’Ebola a poussé les populations à réduire leurs déplacements et éviter les contacts physiques au maximum.

Grâce à la campagne de sensibilisation, les habitants ont compris les risques et prennent des précautions individuelles, a indiqué Momodu Momoh, directeur d’école. Selon lui, beaucoup se promènent en permanence avec des solutions chlorées qu’ils utilisent comme désinfectant.

Au Liberia, selon l’OMS, il a été comptabilisé 41 cas (dont 24 mortels) de fièvre hémorragique et sur ce total, 25 ont été confirmés comme étant dus à l’Ebola. Les régions de Lofa (nord-ouest) et Montserrado (ouest), où est située la capitale Monrovia, font partie des régions les plus touchées. Des cas ont aussi été rapportés dans celles de Margibi (nord-ouest) et Nimba (nord).

Les humanitaires et autorités sanitaires ont expliqué faire face à un nouveau pic depuis fin mai, après avoir constaté une baisse des nouveaux cas entre avril et mai.

Selon MSF, «la recrudescence de cas d’Ebola en Afrique de l’Ouest est due à la mobilité de la population qui assiste à des funérailles où les mesures de contrôle de l’infection ne sont pas appliquées».

Le virus Ebola est hautement contagieux et mortel dans 25 à 90% des cas, selon l’OMS. Il se transmet à l’homme à partir d’animaux sauvages et se propage ensuite d’homme à homme. Il n’y a pas de vaccin ni de traitement spécifique contre la fièvre Ebola.

«La multiplication des zones touchées rend difficile la prise en charge des patients et le contrôle de l’épidémie», a affirmé MSF, qui compte «actuellement près de 300 travailleurs expatriés et nationaux» dans les trois pays où elle a pris en charge dans ses centres de traitement depuis mars «près de 470 patients dont 215 cas confirmés» d’Ebola selon son communiqué.

Elle ne peut plus envoyer des équipes sur les nouveaux foyers «qui nécessitent pourtant une prise en charge urgente», a dit l’ONG.

http://www.lapresse.ca/

Ebola: des malades n’attendent plus que la mort en Guinée


Une épidémie comme le virus Ebola laisse froid de le dos. Quand des enfants, des adultes sont atteint, leur survie est plus que menacée, car il ne semble pas avoir de remède
Nuage

 

Ebola: des malades n’attendent plus que la mort en Guinée

 

Ceux qui doivent entrer en contact direct avec... (Photo Christopher Black, AP)

Ceux qui doivent entrer en contact direct avec les cas suspects et confirmés pour leur parler, les soigner, les nourrir, les laver, nettoyer les pièces, revêtent des combinaisons totalement hermétiques de la tête aux pieds.

PHOTO CHRISTOPHER BLACK, AP

MOUCTAR BAH
Agence France-Presse
GUÉCKÉDOU

Totalement isolés dans le centre de Médecins sans frontières (MSF) de Guéckédou, une des villes les plus touchées par l’épidémie d’Ebola dans le sud de la Guinée, plusieurs malades n’attendent plus que la mort.

Le centre de MSF, l’une des organisations les plus actives dans le combat contre l’épidémie de fièvre hémorragique en partie provoquée par le virus Ebola – hautement contagieux et le plus souvent mortel -, a été installé dans la cour de la Direction préfectorale de la Santé de Guéckédou.

Au milieu de plusieurs tentes, l’ONG a monté deux bâtiments recouverts de tôles ondulées d’une capacité totale de vingt lits, mais qui peuvent en abriter cinquante s’il le faut. L’un accueille les «cas suspects», l’autre les «cas confirmés» du virus et où deux malades sont morts lundi.

Dans le premier bâtiment se trouve depuis six jours Rose, 12 ans, qui vient tout juste d’être confirmée positive au virus Ebola et qui va rejoindre mardi sa mère Elisabeth et sa tante Christine, elles aussi positives au virus, dans le bâtiment d’à côté.

Le virus Ebola, mortel dans 90% des cas et à l’origine d’une partie des fièvres hémorragiques qui ont fait près de 80 morts en Guinée depuis janvier, leur laisse peu de chances de survie.

«Rose va peut-être bientôt mourir et ensuite ce sera certainement mon tour», sanglote René, 18 ans, un membre de la famille admis au centre depuis deux jours, dans le bâtiment des cas suspects.

«Rose sort de temps en temps, demande du café au lait et du jus de fruit», indique Pascal Piguet, logisticien de MSF.

«Le dilemme», affirme-t-il, a été de décider de transférer Rose avec sa mère et sa tante dans le bâtiment des cas confirmés où «elle va les voir mourir», ou bien de «la garder dans son coin, au risque qu’elle contamine ceux qui ne sont pas déclarés positifs». Mais, ajoute-t-il avec gravité, «il faut choisir le moindre mal», la transférer.

Combinaisons totalement hermétiques

Sur des chaises orange, installées dans le centre, sont assis des membres et des proches des malades admis dans l’un des deux blocs.

«Notre personnel est déjà au courant qu’il doit respecter une certaine distance de sécurité», affirme Pascal Piguet, ajoutant: «Dès qu’une personne se lève, on va discrètement pulvériser (avec du désinfectant) la chaise pour éviter que d’autres se fassent contaminer».

Une trentaine de personnes, des Guinéens et des étrangers, travaillent au centre MSF de Guéckédou, la plupart vêtus de tenues bleues ou vertes, quelques-uns en civil.

Mais ceux qui doivent entrer en contact direct avec les cas suspects et confirmés pour leur parler, les soigner, les nourrir, les laver, nettoyer les pièces, revêtent des combinaisons totalement hermétiques de la tête aux pieds, avec gants, lunettes, masques et bottes.

Depuis dimanche, un laboratoire mobile installé dans le centre de MSF est opérationnel. Des spécialistes européens y effectuent les tests des échantillons prélevés sur les malades, afin d’accélérer le diagnostic jusqu’alors essentiellement établi dans des unités spécialisées d’Europe.

Un autre laboratoire est installé à Conakry, la capitale, où travaille une équipe de l’Institut Pasteur de Dakar venue avec son propre équipement.

À ce jour, 22 cas d’Ebola ont été recensés dans le Sud et à Conakry sur 122 cas suspects de fièvre hémorragique virale, selon le dernier bilan communiqué par le gouvernement guinéen.

Selon le gouvernement, le virus identifié dans le pays est «de type Zaïre», le plus mortel des cinq espèces de la famille des rétrovirus qui causent l’Ebola. C’est la première fois que l’Afrique de l’Ouest est touchée par une épidémie de ce virus.

Mais d’autres virus sont également présents, selon les épidémiologistes, dont celui de Lassa, endémique dans la région.

http://www.lapresse.ca/