Ce guerrier médiéval avait remplacé sa main amputée par une lame de couteau


Imaginer l’amputation au temps médiéval sans anesthésie, sans anti-douleur ouf ! Les archéologues, on trouve en Italie un guerrier lombard qui était amputé d’un bras. Ils ne savent pas trop si c’est la suite d’une infection ou un combat, mais il avait une bien drôle de prothèse pour remplacer sa main, un couteau. Très pratique pour un guerrier
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Ce guerrier médiéval avait remplacé sa main amputée par une lame de couteau

 

Crédits : Micarelli et al./Journal of Anthropological Sciences

par  Nicolas Prouillac

Une nécropole lombarde, découverte dans le nord de l’Italie à proximité de la commune de Povegliano Veronese, a réservé aux archéologues une surprise de taille.

Parmi les centaines de squelettes qu’ils y ont retrouvés, l’un d’eux appartenait à un homme qui, amputé de la main droite, s’était fait poser une prothèse terminée par une longue lame de couteau. La chercheuse Ileana Micarelli, de l’université de Rome « La Sapienza », et son équipe révèlent cette trouvaille excitante dans une étude parue dans le Journal of Anthropological Sciences.

L’homme aurait vécu entre le VIe et le VIIIe siècle et serait décédé avant d’avoir soufflé ses 50 bougies. Les observations des chercheurs les ont conduits à conclure qu’il avait perdu sa main suite à un traumatisme contondant.

S’il est impossible de déterminer avec précision la nature du choc, il est possible « que le membre ait été amputé pour des raisons médicales », indique Ileana Micarelli dans l’étude.

Peut-être avait-il souffert d’une grave fracture après une chute ayant rendu la chirurgie inévitable.

« Mais compte tenu de la culture guerrière des Lombards, il n’est pas exclu qu’il l’ait perdu au combat. »

Ce dont on est sûr, c’est que la lame mortelle qui a remplacé sa main ne lui servait pas qu’à couper le beurre. Il la portait vraisemblablement depuis longtemps au moment de sa mort. La prothèse a été retrouvée sur son torse, assortie d’une sangle et de matériau organique décomposé – probablement du cuir. Un examen approfondi des dents et de l’épaule de la dépouille indique que l’homme nouait la prothèse avec les dents, en tirant sur la sangle de cuir assez fort pour finir par s’en abîmer les dents.

Face à une telle découverte, on est tenté d’imaginer les nombreuses aventures et rixes auxquelles ce guerrier médiéval qui devait impressionner ses pairs a pu prendre part. Mais pour les archéologues, sa longévité est surtout le signe d’une communauté très unie. 

« La survie de cet homme lombard témoigne du sens de la communauté, du soutien familial et de la grande valeur [que les Lombards] accordaient à la vie humaine », conclut Micarelli.

Source : Journal of Anthropological Sciences

http://www.ulyces.co/

Le Saviez-Vous ► Connaissez-vous le Kuru ?


Le Kuru attaquait surtout des femmes d’une tribut de la Nouvelle-Guinée qui consommaient le cerveau d’un guerrier qui s’est distingué. Puis il eut la tremblante chez le mouton et la maladie de la vache folle que plusieurs d’entre nous ont entendu parler ainsi que le prion. C’est quatre maladies ont des points communs que grâce à la recherche, elles sont maintenant rarement présente dans le monde
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Connaissez-vous le Kuru ?

 

JOHN CRUX PHOTOGRAPHY VIA GETTY IMAGES

Jacques Beaulieu

Chroniqueur et communicateur scientifique

Connaissez-vous le Kuru ?

Jusqu’au milieu des années 1950 existait un rituel funèbre dans une tribu de la Nouvelle-Guinée. Pour conserver l’intelligence et la force d’un guerrier qui s’était particulièrement distingué, lorsque ce dernier mourait, les femmes mangeaient son cerveau qu’elles apprêtaient sous forme d’une soupe grisâtre et donnaient les muscles du héros aux hommes. Ainsi espérait-on léguer ces vertus aux autres membres de la tribu. Autre particularité de cette tribu, une maladie unique en son genre qui affectait surtout les femmes : le kuru. En quelques mois, des signes de paralysie apparaissaient puis suivaient une démence et finalement la mort.

En 1954, la Grande-Bretagne adopte une loi interdisant toute forme de cannibalisme sur ses territoires et le kuru disparaît. Pendant les 30 années qui suivirent, on n’entendit plus parler du Kuru.

L’encéphalite spongiforme

Puis, en 1982, un chercheur américain, Stanley Prusiner, qui étudiait certaines maladies du cerveau, établit un lien entre une maladie du mouton, une autre du bœuf et le kuru. En fait, dans les trois cas, si on observait le cerveau d’un sujet décédé de ces affections, celui-ci était fortement endommagé. En fait, le cerveau ressemblait alors à une éponge, d’où le nom d’encéphalite (inflammation du cerveau) spongiforme (forme d’une éponge). Or des encéphalites spongiformes, on en retrouve chez le mouton atteint d’une maladie appelée : la tremblante du mouton, chez les bovins, dans les cas de la maladie de la vache folle, et chez les humains dans une maladie rare décrite par deux chercheurs allemands dans les années 1920: la maladie de Creutzfeldt-Jacob. Prusiner découvrit même l’agent infectieux responsable de la transmission de la maladie. Il le baptisa Prionpour : Protéine Infectieuse. Ses travaux sur des hamsters l’amènent à prouver qu’il ne s’agit ni d’une bactérie, ni d’un virus, mais plutôt d’une protéine qui est à la source de l’infection. C’est une première dans le monde médical et en 1997, il se voit attribuer le prix Nobel de médecine pour sa découverte. Mais qu’est-ce donc que ce fameux prion ?

Un nouvel ennemi : le prion

Supposons que vous disposez d’une boule de plasticine et que vous la façonnez sous la forme d’un carré. Vous avez toujours la même substance, mais dans une forme différente. Si votre boule s’insérait dans un trou rond, sa nouvelle forme ne pourra plus entrer dans le même orifice. La protéine infectieuse du prion est en fait une protéine que l’on retrouve à la surface des cellules nerveuses, mais cette protéine a adopté une nouvelle forme qui fait qu’elle ne peut plus occuper la place qu’elle avait. Elle s’accumule donc sous forme de plaques à la surface des cellules nerveuses et entraîne ainsi la mort de ces cellules. La PrP (pour Protéine du Prion), transmet sa capacité de prendre une nouvelle forme aux protéines normales du sujet atteint. Mais comment se transmet-elle ? C’est ici que notre histoire du Kuru devient palpitante : elle peut se transmettre en mangeant des substances cérébrales atteintes et même par simple contact avec ces substances.

Le mode de transmission

La transmission chez les animaux trouvait donc une explication. Pour des besoins de production rapide, on avait pris l’habitude d’incorporer aux moulées que l’on servait aux animaux des restes d’autres animaux morts. Tous les abats non utilisables pour la consommation étaient broyés, desséchés et incorporés aux céréales. Ainsi, les moutons contractaient la tremblante du mouton et les bœufs, la vache folle. Chez les humains, une hormone de croissance était administrée dans certains cas. Cette hormone provenait d’une glande située dans le cerveau, la glande hypophyse. Dans d’autres cas, la maladie de Creutzfeldt-Jacob survenait après une greffe de cornée transmise par des instruments contaminés. Maintenant que l’on sait comment désinfecter adéquatement ces instruments et que les hormones de croissance sont synthétiques (elles ne sont plus fabriquées à partir des hypophyses), ces types de contamination n’ont plus cours. La maladie de Creutzfeldt-Jacob est très rare (1 cas sur 1 000 000) et affecte généralement des personnes âgées. Mais durant l’épidémie de la vache folle en Angleterre, des jeunes adultes (20-30 ans) décédèrent de cette maladie, laissant présager une transmission potentielle de l’animal infecté à l’homme.

Et l’élimination

En réalité, une série de mesures mirent cette maladie en échec: cessation de toute forme de cannibalisme, surveillance ce qui est incorporé dans les moulées animales, administration d’hormones de croissance synthétiques, désinfection adéquate des instruments utilisés lors d’une greffe de cornée et élimination toutes les bêtes atteintes dans le bétail destiné à la consommation. Comme quoi, la recherche scientifique permet de belles réalisations.

http://quebec.huffingtonpost.ca

Le Saviez-Vous ► 3 armures célèbre de l’Histoire


À travers l’Histoire, les armures ont été créées pour protéger le corps pour les guerriers et les chevaliers. Me semble que cela devait être défi de porter ces protections pour éviter la mort..
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3 armures célèbre de l’Histoire

 


Allemagne, 16e siècle
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Source)

 Les armuriers, dédiée à ce très ancien métier qu’était la forge. Épées, couteaux, boulets de canon… la forge est un métier complexe et pourtant essentiel depuis l’Antiquité afin de certes fabriquer des armes, mais aussi afin de bien protéger les hoplites, les guerriers et les chevaliers au combat en fabriquant également les armures. Profitons de l’occasion pour nous intéresser brièvement à trois armures célèbres de l’Histoire.

1- L’armure de Dendra, XVe siècle av. J.-C. :


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Source)

Les plus anciennes armures de l’Histoire ressemblaient très peu à ce que nous voyons dans les films de nos jours. Oubliez en effet les morceaux qui étaient forgés de manière à bien épouser les bras, le torse ou les jambes des combattants à l’époque des guerriers mycéniens! Ancêtres des Grecs qui ont colonisé et développé des cités-États autour de la Mer Égée, les Mycéniens étaient une civilisation guerrière qui protégeait ses populations tant par d’impressionnants palais-forteresses que des armées bien entraînées entre les années 1600-1200 av. J.-C. environ.


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Source)

Bien que nous connaissions la nature guerrière de cette civilisation, nous avons très peu d’exemples d’armures de cette époque. C’est ce qui rend celle découverte sur le site archéologique de Dendra si unique! Cette armure, faite de plusieurs lattes de bronze martelées par un forgeron et formant une protection relativement rigide autour du corps du guerrier, a été découverte en 1960 par des archéologues suisses. Elle nous montre que les guerriers mycéniens étaient quelque peu limités dans leurs mouvements avec ce type d’armure et que la tête était à l’époque protégée… par un casque en dents de sangliers!

2- Le destin tragique du roi Henri II :


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Source)


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Sources)

Le roi de France Henri II a possédé quelques superbes armures au XVIe siècle, dont celle-ci, réalisée par des armuriers milanais vers l’an 1536. Armure royale, elle est faite de fer dit damasquiné, soit avec des incrustations d’argent et les lettres H pour Henri et C pour sa femme, Catherine de Médicis, sont intégrées dans les complexes décorations. 


Gravure allemande du XVIe siècle illustrant l’accident d’Henri II
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Source)

Malheureusement pour lui, l’armure et le casque portés lors d’une joute organisée le 30 juin 1559 à Paris pour célébrer le mariage de sa fille avec Philippe II d’Espagne, n’ont pas pu le protéger d’un accident fatal. Bien qu’encore en forme à l’âge de 44 ans, il a subi en effet ce jour-là une blessure dont il mourut quelques jours plus tard, soit le 10 juillet. Son adversaire, Gabriel de Lorges, comte de Montmorency, l’avait blessé accidentellement à l’œil avec sa lance, qui est passée à travers le casque, une blessure qu’aucun médecin, même pas le célèbre Amboise Paré, n’a hélas réussi à soigner.

L’évolution corporelle d’Henry VIII d’Angleterre :


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Source)


Amure de 1520

(Source)

Les armures du roi Henry VIII d’Angleterre (1509-1547) sont elles aussi passées à l’histoire en raison non seulement de la qualité exceptionnelle de leur conservation, mais aussi parce qu’elles témoignent de la constante prise de poids du souverain entre l’âge de 23 ans et 55 ans. En effet, si Henry VIII est connu pour ses six épouses, son mode de vie faste et son amour de la nourriture, ses changements corporels au gré des décennies font encore les manchettes de nos jours.


Armure de 1540
Photo :
Gary Ombler/Royal Armouries

Cette armure en particulier retient l’attention car elle présente une coquille proéminente à l’entre-jambe, ce qui était peu commun pour les armures de cette époque. Constamment inquiet quant aux rumeurs sur son manque de virilité car il avait de la difficulté à enfanter des héritiers mâles, Henry VIII a, tant dans ses tableaux que sur cette armure, constamment mis ses organes génitaux en évidence afin de démontrer sa vigueur. Henry VIII avait à son service parmi les meilleurs armuriers d’Europe, qui sont su travailler avec son physique grossissant au fil du temps afin de lui faire des armures de grande qualité… qui protégeaient absolument toutes les parties de son anatomie!

Si les armuriers travaillaient avant tout pour fournir des armes et des armures de qualité à leurs clients, il n’en demeure pas moins qu’ils étaient aussi de grands artistes! 

Spécialisée en histoire ancienne, Evelyne Ferron

http://www.historiatv.com/

Les enfants malades, ces guerriers


Les enfants malades sont souvent plus forts que les adultes. Ils sont prêts à lutter contre l’adversité malgré les handicaps, les maladies, les traitements …
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Les enfants malades, ces guerriers

 

 

C’est une vidéo qu’a réalisé une association canadienne en hommage à tous les enfants qui se battent avec force et courage contre une maladie.

« Les enfants malades ne sont pas faibles », c’est le message fort de cette vidéo coup de poing réalisée par le SickKids Foundation.

Au rythme de la chanson du rappeur Donnie Daydream « Undeniable », les enfants se préparent au combat. Une lutte qu’ils mènent contre le cancer, contre le temps, contre la douleur, contre la maladie, contre le handicap.

On découvre de vrais petits guerriers enfiler leur tenue de combat, donner des coups, boxer, envahir le champ de bataille et se battre contre leur maladie.

Une vidéo utile qui change des images souvent touchantes d’enfants malades, affaiblis et attendrissants. Une manière de rendre hommage à ceux qui se battent au quotidien avec courage et détermination.

http://www.7sur7.be/

Temps et Patience


Nous devons cultiver la patience et prendre le temps pour accomplir nos projets. Souvent ce que nous faisons sans réfléchir et trop vite, n’est pas voués à la réussite
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Temps et Patience

 

Les deux guerriers les plus puissants sont la patience et le temps. Les grandes réalisations prennent du temps, et il n’y a pas de succès du jour au lendemain

Léon Tolstoï

Les Vikings, au-delà des clichés et des mythes


Cela promet d’être une belle exposition au Musée des Civilisations à Gatineau. Le thème des Vikings pour apprendre un peu mieux ces ancêtres scandinaves.
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Les Vikings, au-delà des clichés et des mythes

 

Photo : Radio-Canada/Catherine François

Un texte de Catherine François

Ils sont les ancêtres des peuples scandinaves et leur civilisation a régné sur ces terres nordiques de 750 à 1100 après Jésus-Christ. C’est pour nous les faire découvrir en les présentant sous un autre jour, hors des clichés et mythes auxquels ils sont associés, que cette exposition nous est offerte au Musée canadien de l’histoire à Gatineau.

Tout d’abord, il paraitrait que le mot « Viking » n’identifiait pas au départ des populations, mais plutôt des activités, comme aller faire du commerce ou aller faire la guerre. On disait alors qu’on allait faire « viking ».

Ensuite, parcourir cette exposition nous permet de déboulonner certains mythes sur ces fameux Vikings que l’on associe spontanément au féroce guerrier moustachu avec un casque à cornes. Eh bien non, les casques des Vikings n’avaient pas de cornes!

Aucun des rares casques retrouvés lors de fouilles ne portait de cornes. Par contre, oui, les Vikings étaient un peuple de guerriers et de conquérants. Ils partaient en exploration à bord de leurs célèbres drakkars et ils sont allés loin, en Afrique du Nord, en Orient, et jusqu’aux côtes de Terre-Neuve.

Photo : Radio-Canada/Catherine François

De leurs expéditions, ils ramenaient des esclaves et des objets que les artisans vikings transformaient avec adresse. Car l’artisanat était très développé : orfèvrerie – bijoux finement ciselés en argent, perles semi-précieuses -, travail du fer, du fer forgé et du bronze avec, bien sûr, les armes pour les guerriers, travail du bois et fabrication de cornes, de loupes, de vêtements colorés en lin et en soie.

Photo : Radio-Canada/Catherine François

Une civilisation raffinée

Quand on se promène dans cette exposition, on réalise que la civilisation viking était raffinée. Ils prenaient soin d’eux, de leur hygiène et de leur apparence et ils aimaient les vêtements colorés.

Photo : Radio-Canada/Catherine François

Et dans cette société d’artisans, de commerçants et de paysans, les femmes tenaient une place importante.

« Elles s’occupaient de la ferme, d’élever les enfants. Elles avaient le droit d’hériter et elles avaient aussi le droit de divorcer », explique Bianca Gendreau, gestionnaire au Musée canadien de l’histoire.

Voilà qui pourrait expliquer en partie pourquoi les sociétés des pays nordiques sont parmi les plus égalitaires dans le monde entre les hommes et les femmes. On a notamment retrouvé dans les tombes de femmes issues de l’aristocratie des bijoux attestant de leur rang dans la société, ainsi que des clés en bronze ou en argent qui symbolisaient leur statut et le fait qu’elles régentaient l’ensemble de la vie domestique et la vie dans les fermes, qui étaient au cœur de la société.

Photo : Radio-Canada/Catherine François

Rites et croyances vikings

Les femmes étaient aussi présentes dans la mythologie viking. Frigg était la femme du puissant Odin et sur le champ de bataille se promenaient les « Valkyries », qui décidaient qui, des guerriers en train de combattre, allaient survivre ou allaient rejoindre le « Valhalla », le paradis où règne Odin.

Photo : Radio-Canada/Catherine François

Les Vikings cultivaient leurs propres cultes, alors que le christianisme commençait à s’implanter dans ces régions, avant de devenir la religion dominante en 1100.

Les drakkars

Peu de bateaux drakkars ont été retrouvés intacts. On présente donc dans l’exposition une sorte de squelette avec les rivets qui composaient ces légendaires navires

Photo : Radio-Canada/Catherine François

Le visiteur peut aussi s’amuser à construire virtuellement un drakkar, une opération qui était complexe et demandait de nombreux matériaux, dont du bois, bien sûr, mais aussi du fer pour les rivets, du lin et de la laine de mouton pour les voiles et des crins de chevaux.

Photo : Radio-Canada/Catherine François

À noter que les Vikings étaient des marins exceptionnels, car ils naviguaient sans instruments, se fiant uniquement à leur connaissance des marées, des vents, des courants, des astres et des conditions météorologiques. Des connaissances qui se transmettaient de génération en génération.

Photo : Radio-Canada/Catherine François

Interactive afin de plaire aux jeunes visiteurs, l’exposition est le fruit d’un partenariat avec le Musée de l’histoire de Stockholm (Statens historika museet) et a déjà été présentée dans plusieurs capitales dans le monde. Une bonne occasion de découvrir cette civilisation qui a imprégné les sociétés des pays nordiques, en laissant également des traces partout où ils sont passés.

http://ici.radio-canada.ca/

Le Saviez-Vous ► Le Seppuku : suicide des guerriers japonais


Un rituel qui consiste à se suicider dans le but de fuir l’humiliation, l’éche, sde désaccord avec l’autorité ou encore, de prouver sa sincérité, sa loyauté envers un maître. Heureusement, cette tradition a disparu, mais probablement certain évènement la fait ressurgir de temps à autre
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Le Seppuku : suicide des guerriers japonais

Les origines :

Cette pratique, provient de Chine, elle était employée par les femmes afin de prouver qu’en n’étant pas enceinte, elles gardaient leurs vertus intacte.

Au Japon, selon la légende, c’est Minamoto no Tametomo qui fût le premier a avoir commis la première éventration après avoir tenté un coup d’état contre la capitale.

Le Seppuku apparaît donc à l’époque de Kamakura, dans une période de guerre où l’on tue et torture, il valait parfois mieux se tuer soi-même pour échapper à la souffrance et l’humiliation.

En 1716, le livre «Hagakure» va donner un sens encore plus dramatique au Seppuku en en faisant l’une des seules voies de réalisation pour le samouraïs qui sera résumé par la phrase célèbre: «La voie du samouraï, c’est la mort».

La valeur d’un tel geste:

Démontrer l’honneur, le courage, la loyauté, la sincérité et la volonté d’un samouraï. Un geste unique et radical, lourd de symbole et d’une grande valeur.

«A l’époque féodale, nous croyions que la sincérité résidait dans nos entrailles; et s’il nous fallait montrer notre sincérité nous devions nous trancher le ventre pour en sortir notre sincérité visible. C’était aussi le symbole de la volonté du soldat, le samouraï; tout le monde savait que c’était le moyen le plus douloureux de mourir. Et si l’on préférait mourir de la façon la plus atroce, c’est qu’elle prouvait le courage du samouraï [1] »

La différence entre le «seppuku» et le «Hara-kiri» :

En France (ou ailleurs ndl) on a pour habitude d’employer l’expression «hara-kiri» bien que les japonais ne l’emploient presque jamais. Pourtant nous n’avons pas entièrement tord d’utiliser ce terme, le mot «seppuku» étant chinois et non japonais. Ces derniers refusent de parler d’hara-kiri, le mot étant devenu à leurs lèvres vulgaire. On parle d’hara-kiri si le geste est pratiqué par les petits gens du peuple, par contre si ce sont les samouraïs qui se tranchent le ventre, on peut parler de seppuku.

Quant à l’étymologie du mot, c’est bien dans le « hara-kiri » que l’on va trouver une signification . En japonais, « hara » signifie « ventre ». Mais il est souvent employé pour parler du centre de gravité, le point d‘équilibre du corps, où sont concentrées les forces vitales. Ce centre se trouve à l’intérieur de l’abdomen: entre, d’une part, quatre centimètres environ (2 ou 3 doigts) sous le nombril et, d’autre part, la cinquième vertèbre lombaire. Le «Hara» est le noyau de l’énergie vitale, de la force instinctive ou ki. Dynamiser l’instinct commande de vivre en harmonie, avec la nature, en chacun de nous comme à l’extérieur, car je suis dans la nature et la nature est en moi.

 

Les obligations :

Il existe quatre grandes raisons de faire seppuku pour les samouraïs :

La défaite au combat : C’est le cas le plus connu, à la fin d’une bataille, plutôt que d’être capturé, le samouraï préfère se donner la mort lui-même. Ainsi il peut à la fois prouver son courage, et réparer l’échec de sa défaite. Il évite également, avec la torture, de livrer des secrets militaires de son clan.

Les remontrances: (KANSHI) Souvent pratiqué par les vassaux du shogun qui accompagnait leurs critiques au gouvernement par leur propres suicide. Cette tradition remonte à l’empereur Nobunaga Oda qui un jour reçu une lettre de reproche d’un de ses vassaux  qui en commettant le seppuku attira son attention sur la situation catastrophique du Japon.On trouve un autre exemple en 1933, où le capitaine de corvette Kusuhara s’éventra dans un train parce que le gouvernement refusait de construire deux croiseurs. Après la mort de celui-ci, les croiseurs furent construits.

La sanction pénale: (TSUMEBARA) Instituée par les shogun Tokugawa, elle permettait d’éviter l’exil ou la prison pour les samourais.

A l’époque Edo, il y avait deux catégories de supplices, « les sublimes et les atroces. Les gens du commun étaient, selon la gravité de la faute, exposés au pilori, tatoués, fouettés, bannis et pour la peine de mort, décapités, brûlés ou crucifiés…Ces exécutions avaient lieu en public, alors que le tsumebara se déroulait en silence, à huit-clos.2 »

L’accompagnement dans la mort: (JUNSHI) Directement inspiré de la Chine, cette pratique était la seule raison qui ne faisait pas suite à un échec. Lors de la mort de son seigneur, les samouraïs prouvaient leur fidélité et leur attachement en suivant leur maître dans la mort. Comme on peut l’imaginer, cette pratique causa la perte de nombreuse vie, un seppuku collectif pouvant rassembler jusqu’à 500 guerriers.

Le «jigai»

C’est le seppuku féminin, il porte un autre nom car les pratiques de cérémonies n’étaient pas les mêmes. La femme devait préalablement se nouait les jambes pour garder une attitude décente puis, elle se coupait la veine jugulaire avec un poignard (le tantô) qu’elle possédait toujours sur elle. Cette pratique était réservée aux femmes nobles et de samouraïs.

Les seppukus célèbres:

L’histoire du Japon est parsemée de personnages célèbres morts par Seppuku. La légende populaire en fait souvent des héros, émut par le caractère désespéré et tragique de leur destins.
On peut citer quelques exemples qui ont chacun marqué une époque :

Minamoto no Yoshitune : Frère du premier shogun, général des armées, il se donne la mort suite à la jalousie maladive de son frère devant sa célébrité et ses succès à la guerre.

Hôjô Nakatori:En 1333, ce seigneur de la guerre commit le seppuku après une défaite. Ses 432 vassaux se tuèrent avec lui.

Les 47 Rônins: (voir «légende des 47 Rônins»)

Mishima: écrivain japonais qui pratiqua le Kanshi publiquement en 1970 après avoir échoué son coup d’état.

Le général Nogi: Après la première guerre mondial, il pratique le Junshi dés qu’il apprends la mort de l’empereur survenu en 1912. Sa femme l’accompagnera en se poignardant la gorge.

Les géneraux Ushijima et Chô: En 1945, ces deux hommes commettent le seppuku face à leurs officiers, suite à le défaite du Japon.

La fin d’une coutume:

La pratique du Junshi disparaît en 1663, interdite par le shogun actuel devant l’ampleur des pertes humaines. Quant au seppuku, à part quelque rares cas exceptionnels, la pratique disparaît à l’ère Meiji.

UNE MISE EN SCENE : LE SEPPUKU

Tout comme une pièce de théâtre classique, la pratique du seppuku nécessite une mise en scène.
Toujours la même, c’est une sorte de cérémonie que l’on exécute selon des codes très précis.

Les caractéristiques de ce rituel :

1) Les préparatifs avant l’exécution:

Le condamné doit d’abord se vêtir d’un kimono blanc; s’il le souhaite, il peut écrire un poème, réciter des prières ou méditer derrière un paravent. Bien sûr, tout dépend de la situation du moment; par exemple sur le champ de bataille où le temps presse, le guerrier n’a pas le temps d’enfiler un costume, encore faut-il qu’il en est un, il peut donc se limiter à un discours ou un poème d’adieu.

2) La salle:

Le plus souvent, on pratique le seppuku dans un endroit assez calme, généralement un sanctuaire.
La taille de la salle va dépendre de l’importance du samouraï.

3)Le public:

Le seppuku se pratique dans la majorité des cas, devant une assemblée restreinte de personnes, spectateurs et témoins, leur présence est indispensable.

4) Les acteurs:

Deux acteurs pour cette mise en scène :
Le héros (l’homme qui va se faire seppuku)
Le personnage secondaire, tenu par l’assistant.

Avant l’exécution, le condamné doit choisir un Kaishaku, qui aura pour rôle de lui trancher la nuque une fois que celui-ci aura fini de s’éventrer. Le choix de l’assistant est généralement confié à des amis du condamné.

«Beaucoup hésitaient à accepter:
il n’y a aucune gloire à gagner,
même si le travail est impeccable,
et si par hasard on s’y prend pas bien,
c’est une honte ineffaçable!
Il fallait être sûr de son geste.»

5) Les codes d’exécutions :

Avec un poignard spécial, le Kusungobu, d’environ 25 centimètres,le condamné entoure sa lame d’un bout de tissu blanc,sans crier et en regardant toujours fixement droit devant,il l’introduit lentement sur le côté gauche de son abdomen dans l’axe du nombril, il fait une longue incision jusqu’a l’autre extrémité d’environ 15 à 20 centimètre,puis une deuxième incision de haut en bas pour former un X, enfin l’assistant décolle la tête d’un coup de sabre. Si le condamné n’a pas de Kaishaku alors, il doit laisser sortir ses intestins et se laisser mourir.

LE SEPPUKU:
UN OBJET SPECTACULAIRE

La pratique du seppuku fut reprise dans presque toutes les activités artistiques reconnues. Du Théâtre au cinéma, de la littérature à la peinture, on n’a cessé de la représenter.Ce n’est pas un hasard, mais la confirmation que cette activité dégage une force spectaculaire de part son geste sanguinaire et courageux qui dévoile toute la valeur de l’homme qui l’exécute.Le spectacle, mis en scène de surcroît, ne laisse indifférent personne, dégoût ou admiration, il reste unique et exceptionnel.

[1] Propos recueillis dans le livre d’Henry Scott Thomas, « Mort et vie de Mishima »

[2 « La mort volontaire au japon » p :151

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