L’océan Arctique, cul-de-sac pour les déchets en plastique flottants


L’image me fait penser à la pub de Coca-Cola avec des ours polaires, sauf que cette image-ci représente une triste réalité de la pollution des océans. Pour les chercheurs, il est surprenant de voir autant de matières plastiques dans cette zone de la mer et qui viendrait d’assez loin
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L’océan Arctique, cul-de-sac pour les déchets en plastique flottants

 

Les scientifiques pensent qu'il pourrait y avoir jusqu'à... (ARCHIVES REUTERS)

Les scientifiques pensent qu’il pourrait y avoir jusqu’à 110 millions de tonnes de déchets en plastique dans les océans.

ARCHIVES REUTERS

 

Agence France-Presse
Washington

L’océan Arctique est un cul-de-sac pour les débris en plastique flottant dans le nord de l’Atlantique, ont déterminé des scientifiques qui mettent en garde contre les risques présentés par cette pollution d’un écosystème unique.

Cette étude, publiée dans la revue américaine Science Advances, confirme que les objets et matériaux en plastique sont abondants et répandus dans les eaux à l’est du Groenland et du nord de la Scandinavie, alors même que ces régions sont peu peuplées. Les déchets, normalement, devraient y être nettement moins importants.

Ces observations montrent l’importance de bien gérer la collecte des déchets plastiques à leur source, car une fois dans l’océan, leur destination peut être imprévisible, relèvent ces scientifiques.

Les mers semi-fermées comme la Méditerranée, dont les pourtours sont très peuplés, sont fortement polluées par du plastique.

Mais de telles accumulations n’étaient pas attendues à des latitudes polaires peu peuplées.

En 2013, pendant l’expédition Tara Oceans menée avec la goélette scientifique française, des chercheurs dont Andrés Cózar, un scientifique de l’Université de Cadiz en Espagne, ont repêché à l’aide de filets des débris en plastique.

La plus grande partie de l’océan arctique était peu polluée par ces morceaux de plastique, précise l’étude.

Mais ces débris étaient en revanche très abondants dans les eaux baignant le Groenland et dans la mer de Barents située au nord de la Norvège et de la Russie occidentale.

110 millions de tonnes 

Selon ces chercheurs, il y aurait des centaines de tonnes de déchets et fragments de plastiques flottant à la surface sans compter ce qui se trouve déjà dans les fonds marins.

La proportion de certains types de débris dans les échantillons récupérés par les membres de l’expédition leur fait penser qu’ils viennent de très loin, comme par exemple des côtes d’Europe du nord, du Royaume-Uni et de l’est des États-Unis.

Une partie de ces déchets pourrait aussi provenir des navires croisant dans les eaux locales, selon ces chercheurs.

Ces derniers ont suivi le cheminement des déchets de plastique dans le Nord de l’océan Atlantique avec 17 000 bouées qui sont des relais de satellites. Ces observations ont confirmé que cette pollution vers les régions polaires suivait un courant appelé circulation thermohaline.

Selon cette étude, les débris de plastique flottant dans l’Arctique représentent actuellement moins de 3% du total mondial mais pourrait continuer à augmenter avec ce courant marin.

Il est estimé qu’environ huit millions de tonnes de plastique sont déversés annuellement dans les océans, selon une étude publiée en 2015 dans la revue américaine Science.

Les scientifiques pensent qu’il pourrait y avoir jusqu’à 110 millions de tonnes de déchets en plastique dans les océans.

Il paraîtrait également que de petits fragments de plastiques sont absorbés par les poissons et les autres espèces marines sans que l’on sache les effets sur leur santé et celles des personnes qui les consomment.

Les scientifiques pensaient enfin que ces déchets en plastique s’accumulaient surtout dans des tourbillons subtropicaux formés par des grands courants qui convergent au milieu des bassins océaniques.

Mais en fait, il semblerait que seulement 1% de cette pollution de matière plastique se concentre dans ces grands tourbillons et d’autres endroits à la surface des océans.

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Le Saviez-Vous ► L’iceberg qui a causé le naufrage du Titanic était vieux de 100 000 ans


Le Titanic n’avait aucune chance face au iceberg qu’il a rencontré et a causé des milliers de morts. Ce qui est encore plus surprenant, c’est que cette rencontre s’est préparée y a 100 mille ans au temps que l’iceberg s’est détaché du Groenland
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L’iceberg qui a causé le naufrage du Titanic était vieux de 100 000 ans

 

Une équipe de chercheurs britanniques a découvert que l’iceberg responsable du naufrage du Titanic s’était détaché du Groenland 100.000 ans auparavant. Selon leur étude, il était bien plus gros lors de sa formation qu’en 1912.

La tragédie du Titanic remonte à la nuit du 15 avril 1912. L’événement dramatique s’est inscrit dans l’histoire aux côtés des naufrages les plus importants et meurtriers avec plus de 1.500 victimes.

Si les coupables sont nombreux, notamment parmi les membres de l’équipage du célèbre paquebot britannique, l’élément responsable en partie de ce désastre est cet iceberg massif immergé partiellement sous les eaux de l’océan Atlantique, au large de Terre-Neuve. Plus de 100 ans après, une équipe de scientifiques dévoile certains secrets du gigantesque bloc de glace.

Un iceberg vieux de 100.000 ans

Les chercheurs dirigés par Grant Bigg de l’Université de Sheffield au Royaume-Uni, sont en effet parvenu à calculer l’âge du coupable. Les résultats, censés être dévoilés le 18 mars prochain à l’occasion de la Fête de la Science de Cambridge, ont été anticipés dans une interview accordée au Sunday Times.

Selon les propos des auteurs rapportés par le journal, la gigantesque masse de glace se serait détachée du glacier du Groenland il y a près de 100.000 ans. Ces estimations, à un siècle près, ont été réalisées à partir d’observations relevées non seulement aux alentours de 1912 mais aussi plus récemment.

« Nous avons créé un modèle mathématique sur ordinateur pour calculer les itinéraires des icebergs sur n’importe quelle année donnée », a expliqué Grant Bigg.

« Nous nous somme basés sur ce que nous savions en matière de courants océaniques et l’avons intégré à des données météorologiques de cette année calculées sur la base des vents dominants », a poursuivi le directeur des travaux de recherche.

Bien plus gros à sa naissance

C’est grâce à cette méthode que les scientifiques ont réussi à préciser l’origine de l’iceberg.

« Nous pensons que le vêlage [la séparation] de l’iceberg est survenu depuis la région de Qassimiut, sur la côte sud-ouest du Groenland », a indiqué le chercheur.

L’iceberg aurait ensuite dérivé pour terminer en 1912 au large de la côte atlantique de l’Amérique du Nord.

Ces résultats contredisent la théorie selon laquelle l’iceberg coupable se serait détaché en 1908 au cours d’un hiver doux et aurait voyagé durant l’hiver 1911-1912 où les températures ont été bien plus froides. Mais les scientifiques ne se sont pas arrêtés là, ils ont aussi estimé la taille de l’iceberg. Au moment du naufrage, le morceau mesurait un peu plus de 120 mètres dont seulement 30 mètres émergeaient au-dessus de la surface de l’eau.

Sa masse quant à elle, atteignait les 1,5 million de tonnes. Si ces mensurations peuvent sembler impressionnantes, l’iceberg était bien plus massif lors de sa formation, affirment les spécialistes. Il approchait les 500 mètres de long pour une masse de 75 millions de tonnes, d’après leurs calculs.

© Gentside Découverte

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Le requin du Groenland est l’animal vertébré le plus vieux du monde


Faut croire que le froid conserve bien les requins de cette espèce, car il semble être l’animal parmi les vertébrées qui vivraient le plus longtemps
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Le requin du Groenland est l’animal vertébré le plus vieux du monde

 

ANIMAL LE PLUS VIEUX

L’animal le plus vieux du monde vertébré est un requin qui peut atteindre les 400 ans. | Julius Nielsen

Par Grégory Rozières

    SCIENCE – Quand on pense à l’animal le plus vieux sur Terre, on pense souvent à la tortue de mer et ses plus de 250 ans d’espérance de vie. Pour commencer, sachez que le plus vieil animal est un mollusque, le qhahog nordique, qui peut dépasser les 500 ans.

    Dix demi-siècles, mais ce n’est qu’un mollusque. Or, une équipe internationale de chercheurs a découvert l’espèce vertébrée la plus vieille du monde: le requin du Groenland, qui pourrait vivre plus de 400 ans. Dans leur étude publiée vendredi 12 août dans Science, les scientifiques expliquent avoir réussi à dater pour la première fois ces requins bien spécifiques, dont plusieurs spécimens sont toujours en vie, que l’on soupçonnait depuis des années d’être

    très, très vieux.

    animal le plus vieux
    Un requin du Groenland dans la baie de Disko, à l’ouest du Groenland

    En effet, ceux-ci peuvent dépasser les 5 mètres de long alors qu’ils grandissent de moins d’un centimètre par an. Mais les méthodes de datation utilisées habituellement ne fonctionnaient pas avec le requin du Groenland. Les chercheurs ont donc essayé une autre technique: ils ont daté des cellules prélevées sur le cristallin de l’oeil des requins grâce à la datation au carbone 14.

    Sur les 28 spécimens analysés, deux (les plus grandes femelles) étaient incroyablement âgées. L’une faisait 4,93 mètres et était âgée de 335 ans environ. L’autre, pour 5,02 mètres, atteignait l’honorable âge de 392 ans. Attention, il y a une marge d’erreur de 120 ans sur ce dernier chiffre. Cela veut dire que les chercheurs sont certains que ce requin avait au moins 272 ans, soit plus que tous les vertébrés connus à ce jour. Cela veut aussi dire que le requin pourrait être âgé de 512 ans!

    animal le plus vieux
    Un requin du Groenland capturé par un bateau de recherche dans le sud-ouest du Groenland.

    En conclusion de leur étude, les auteurs appellent à être plus vigilants concernant la conservation de cette espèce, qui est parfois pris dans les filets de pêche dans les régions arctique et subarctique.

    Or, s’ils vivent très longtemps, les requins du Groenland mettent également beaucoup de temps avant d’atteindre la maturité nécessaire pour se reproduire. Selon les travaux des chercheurs, les femelles ne peuvent pas se reproduire avant d’avoir atteint 156 ans environ.

    animal le plus vieux
    Un requin marqué et suivi par les scientifiques

    animal le plus vieux
    Un requin du Groenland qui vient d’être relâché par le navire de recherche Sanna au nord-est du Groenland


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Un deuxième site viking en Amérique du Nord ?


Je me demande si on enseigne encore aux enfants que Christophe Colomb serait celui qui aurait découvert l’Amérique, alors qu’en fait, ce sont probablement les Vikings qui seraient venu par le Nord du Canada.
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Un deuxième site viking en Amérique du Nord ?

 

Gravée d'un navire Viking, la pierre de Tjängvide, en Suède (1,70m de haut), a été découverte au Gotland en 1844. CREDIT: Statens Historiska Museum de Stockholm / B. Wallace collection

Gravée d’un navire Viking, la pierre de Tjängvide, en Suède (1,70m de haut), a été découverte au Gotland en 1844. CREDIT: Statens Historiska Museum de Stockholm / B. Wallace collection

Par Bernadette Arnaud

Un nouveau site viking aurait été découvert sur le continent américain, 500 ans avant l’arrivée de Christophe Colomb

TERRE-NEUVE. Par Odin, des archéologues auraient-ils mis au jour un nouveau site viking, au sud-ouest de l’île de Terre Neuve, au Canada ? Cet établissement scandinave, s’il était confirmé, serait le second trouvé sur le continent, prouvant – s’il en était encore besoin – que les Européens ont foulé le sol du Nouveau Monde au moins 500 ans avant que Christophe Colomb n’y parvienne en 1492. Sur ce gisement de Pointe Rosée, à l’extrémité de Terre-Neuve là où les eaux du Saint-Laurent rencontrent celles de l’Atlantique nord, les fouilles ont révélé des traces de charbons de bois et surtout 9 kilos de scories, des résidus de fer, les Vikings recourant à la tourbe pour produire du fer. Les datations radiocarbones obtenues par les chercheurs font remonter la fréquentation de ces lieux entre 800 et 1300 ans, période au cours de laquelle, comme le racontent les sagas* scandinaves, les navigateurs vikings sillonnaient l’Atlantique Nord. Des voyages sporadiques sur la côte orientale canadienne auraient même eu lieu pendant trois siècles au moins après la première visite du chef viking Leif  Eriksson. 

Paysage de la Pointe Rosée à Terre-Neuve, où aurait été découvert un nouveau site viking. © Greg Mumford

 Ce gisement avait été repéré en juin 2015. En se servant de relevés satellites, l’Américaine Sarah Parcak, chercheuse de l’université de l’Alabama et récente lauréate du prix Ted -pour son travail de détection des sites antiques grâce à un traitement particulier des images satellite-, avait localisé ce qui lui semblait être des restes de murs en terre d’un bâtiment viking.

Le premier site du genre connu jusque-là en Amérique est celui de l’Anse-aux-Meadows, toujours à Terre-Neuve, à 500km au nord de l’actuel Pointe Rosée et classé sur la liste du patrimoine mondial. Sur ce site étudié pendant plusieurs années par Helge Instad, un explorateur norvégien aujourd’hui décédé, un petit groupe de bâtiments en tous points identiques à ceux occupés par les Vikings en Islande et au Groenland avait été mis au jour en 1960 : les fondations de six habitations et les restes d’une forge, ainsi que de nombreuses scories, prouvant là aussi que du fer avait été fabriqué sur place. Plus de 130 objets avaient été collectés (rivets en fer, lampes, ustensiles en pierre à savon…) sur ce site occupé pendant au moins une trentaine d’années.

Le site viking de l’Anse-aux-Meadows, à Terre-Neuve (Canada) est classé sur la liste du patrimoine mondial © UNESCO

Les spécialistes ont établi que les Vikings du Groenland sont allés encore plus au nord encore que la colonie occidentale qu’ils avaient implantés. Des cairns (sortes de tumulus) ont en effet été découverts dans l’île d’Irving au-dessus du 79°degrés de latitude nord. D’autres traces ont également été localisées dans l’Arctique canadien, comme l’a établi l’archéologue canadien Peter Schledermann sur l’île d’Ellesmere, non loin du détroit de Davis.

« Des barils, du bois, du fer, du cuivre et des rivets de bateau ont été découverts. Il s’agit probablement des restes d’un bateau naufragé ».

Une pièce de monnaie viking du 11e siècle, à l’effigie du roi Olaf Kyrre de Norvège, a même été trouvée sur la côte du Maine.

De multiples preuves de contact

Pourquoi les colonies vikings ne sont-elles pas restées sur place? La question de l’éclipse assez brutale des Vikings est l’une des grandes énigmes que tentent de résoudre les archéologues aujourd’hui. Car de nombreuses preuves de contact existent bel et bien avec les populations locales, tant au Groenland – avec les implantations d’Erik le Rouge au 10esiècle – qu’en Amérique. Les Vikings du Groenland ont par exemple établi des trocs avec les cultures du Dorset et de Thulé ( les « Skraelings » des Sagas, les Petites Personnes). Des contacts qui auraient bien pu dégénérer en conflits tant avec les Esquimaux,(On dit Inuit, non esquimaux nldr ) au Groenland, qu’avec les indiens (on dit amérindiens, les Indiens sont en Inde nldr) en Amérique.

Néanmoins, de toutes les raisons invoquées pour expliquer l’abandon de ces implantations par les Vikings, celle évoquant leur disparition par une trop importante modification des conditions climatiques est la plus largement acceptée, en particulier concernant le Groenland. Des carottages effectués en 1998 dans les glaces par la North Atlantic Biocultural Organization (NABO) ont ainsi révélé qu’entre 1343 et 1362, la température moyenne y a terriblement chuté. La vie serait alors devenue impossible pour les colons. Avec le froid, les glaciers ont commencé à envahir les terres, drainant des tonnes de sable et de gravier et réduisant les surfaces de pâturages. Plusieurs années sans récolte et sans fourrage pour les animaux pourraient avoir eu eu raison d’eux. L’abandon de la colonie occidentale du Groenland aurait d’ailleurs été tragique.

« Désespérés, les derniers habitants ont mangé tout leur bétail, jusqu’aux sabots. Ils ont même dévoré leurs chiens. Ce qui prouve à quel point ils étaient affamés… », expliquait Thomas McGovern, du Collège Hunter, à New York s’appuyant sur les fouilles de la ferme de Nipaatsoq.

Les Sagas sont des récits mythologiques de la littérature médiévale scandinave. Les plus célèbres concernant l’Amérique et le Vinland (Amérique) sont celles évoquées dans une description d’Adam de Breme « Gesta Hammaburgensis Ecclesiae Pontificum », en 1075, ainsi que dans la saga de l’ « Islendingabok », d’Ari Thorgilsson.

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Fonte accélérée d’un important glacier du Groenland depuis 2012


Même si l’on croit que ce n’est pas pour demain, il faut penser aux générations avenir qui eux devront y faire face. Si l’eau continue à se réchauffer, c’est l’Antarctique le suivra et l’eau continua à monter au cours des années. Même si l’on croit que ce n’est pas pour demain, il faut penser aux générations avenir qui eux devront y faire face. En attendant, nous subissons quand même les conséquences des changements climatiques
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Fonte accélérée d’un important glacier du Groenland depuis 2012

 

Le glacier Zachariae Isstrom est situé au nord-est... (Capture d'écran sur Google Earth)

Le glacier Zachariae Isstrom est situé au nord-est du Groenland (photo).

CAPTURE D’ÉCRAN SUR GOOGLE EARTH

JEAN-LOUIS SANTINI
Agence France-Presse
WASHINGTON

Un vaste glacier du nord-est du Groenland avec assez d’eau pour faire monter les océans d’un demi-mètre connaît une fonte accélérée ces dernières années sous l’effet du réchauffement climatique et risque de déstabiliser une autre grande calotte glaciaire voisine, révèle une étude jeudi.

Ce glacier, le Zachariae Isstrom, était stable jusqu’au début des années 2000 mais perd depuis cinq milliards de tonnes de glace par an, entraînant une disparition de sa partie qui flotte sur l’océan dont le rythme a triplé depuis 2012, précisent ces scientifiques. Leur recherche paraît dans la revue américaineScience.

Ainsi de 2002 à 2014, la plateforme flottante du glacier s’est réduite de 95 %.

Ce recul rapide menace aussi de déstabiliser un autre grand glacier plus au nord, le Nioghalvfjerdsfjorden, encore protégé par une colline.

« C’est la première fois qu’on voit un énorme glacier dans le nord du Groenland, une région froide, qui jusque-là ne montrait pas de changement, qui se met à perdre de sa masse de manière accélérée », souligne Jérémie Mouginot, chercheur au département de géophysique de l’Université de Californie à Irvine, principal auteur de cette étude.

« Le glacier se désintègre et lâche de nombreux icebergs qui en fondant vont faire monter le niveau des océans au cours des prochaines décennies », ajoute-t-il dans un entretien avec l’AFP, soulignant qu’il s’agit « juste du début ».

« Il a perdu 40 milliards de tonnes de glace depuis 2003 à raison de 5 milliards de tonnes par an et il pourrait doubler cette perte, voire davantage », estime ce scientifique, précisant que 40 milliards de tonnes équivaut déjà à une montée du niveau de la mer de 0,1 millimètre.

Mais, « si les deux glaciers étudiés dans cette étude, qui représentent ensemble 12 % des glaces du Groenland, fondaient complètement, cela ferait monter les océans d’un mètre. Avec de la chance cela prendra plusieurs siècles », ajoute le glaciologue.

Utilisant des mesures obtenues avec des observations aériennes et par satellites fournies par plusieurs agences spatiales dont la Nasa, ces chercheurs ont pu déterminer que le socle du glacier Zachariae Isstrom s’érode rapidement au contact des eaux plus chaudes de l’océan. La température de l’eau a augmenté de plus d’un degré Celsius entre 1997 et 2010.

« Le réchauffement de l’océan a probablement joué un rôle majeur pour déclencher le recul de ce glacier », pointe Jérémie Mouginot.

Scénario préoccupant

Toutefois, « nous avons besoin de davantage d’observations et de mesures océanographiques dans ces zones sensibles du Groenland pour pouvoir faire des projections », estime-t-il.

« Le dessus du glacier fond sous l’effet d’une augmentation régulière des températures de l’air depuis des décennies tandis que sa base est affaiblie par des courants marins transportant des eaux plus chaudes. Cela a pour résultat de le désintégrer morceau par morceau et de provoquer sa retraite plus en profondeur à l’intérieur du Groenland », résume Eric Rignot, professeur de géophysique à l’Université de Californie à Irvine, principal co-auteur de la recherche.

Selon lui, « il ne fait plus aucun doute après des observations directes pendant plusieurs décennies des résultats du réchauffement sur les glaciers polaires, et les changements sont stupéfiants, affectant les quatre coins du Groenland ».

Comme le montre cette nouvelle étude, le changement climatique érode de plus en plus des glaciers situés près du pôle Nord où il fait le plus froid, relève Jérémie Mouginot.

« Si les températures du globe continuent à grimper il y a un risque que des régions encore plus froides comme l’Antarctique de l’est se mettent aussi à fondre », craint-il.

Un tel scénario serait encore plus préoccupant car l’Antarctique contient beaucoup plus de glace, avec la capacité de faire monter le niveau des océans de plusieurs mètres au cours des prochains siècles, dit-il.

Selon une autre recherche publiée la semaine dernière aux États-Unis, les grands glaciers de l’ouest de l’Antarctique s’effondreraient si ceux du bassin Amundsen, plus petits, étaient totalement déstabilisés sous l’effet du réchauffement.

Or ces chercheurs de l’Institut Potsdam en Allemagne estiment que les glaciers de l’Amundsen perdent déjà de leur stabilité.

Ils seraient le premier « verrou » à sauter dans le système climatique de l’Antarctique, ont-il expliqué montrant pour la première fois les conséquences inévitables d’un tel effondrement.

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Quand un iceberg fait un tonneau dans l’océan


Ce n’est pas comme les glaciers du Groenland, mais cela montre la force de l’impact quand un iceberg s’effondre et fait des fortes vagues
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Quand un iceberg fait un tonneau dans l’océan

 

Un vidéaste amateur a capturé des images d’un énorme iceberg qui a causé un petit tsunami en roulant sur lui même près de King’s Point, à Terre-Neuve-et-Labrador, mardi.

L’iceberg, dont la pointe supérieure avait fondu, entame d’abord un premier roulement sur lui même, puis des bruits de glace qui casse sont captés par la vidéo et la partie émergée éclate en morceaux.

L’énorme bloc de glace a alors entièrement roulé sur lui même et a provoqué de grandes vagues qui ont incité un des témoins du spectacle à crier pour dire aux gens sur la plage en contrebas de quitter les lieux.

De nombreux icebergs ont été aperçus au large de King’s Point cet été.

 

Le saviez-vous?

La dérive des icebergs depuis leur lieu d’origine, sur la côte ouest du Groenland, jusqu’aux côtes de Terre-Neuve est d’environ 1800 milles marins et dure, en moyenne, de deux à trois ans.

Les icebergs qui atteignent les Grands Bancs auront perdu environ 85 % de leur masse initiale.

Le vêlage des glaciers du Groenland est si fréquent en raison de la forme physique du Groenland, qui ressemble à un bol. L’île comme telle se situe en dessous du niveau de la mer et est surplombée d’un gigantesque dôme de glace; c’est ce dernier, en fait, qui s’élève au-dessus du niveau de la mer. Ce dôme de glace s’apparente quelque peu à une boule de crème glacée sur un cornet et s’écoule dans l’océan. Le poids du dôme de glace, jumelé à l’érosion par les vagues au niveau de l’eau, provoque la formation de crevasses dans le dôme de glace, ce qui engendre le vêlage et la fracture des glaces.

Source : Environnement Canada

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Des icebergs en Floride, il y a 21.000 ans


La technologie d’aujourd’hui, permet de prévoir le scénario de l’avenir. Cela est possible quand on comprend mieux ce qui s’est passé dans le passé alors que la Terre avait un tout autre visage.
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Des icebergs en Floride, il y a 21.000 ans

 

Alan Condron a développé l'un des premiers modèles à haute résolution de la circulation de l'océan au cours du dernier maximum glaciaire, il y a environ 21.000 ans, alors que le niveau des océans était inférieur de 120 m à celui d’aujourd’hui. L'image ci-dessus montre les températures de surface des océans à cette époque, pendant l'hiver. © Alan Condron

Alan Condron a développé l’un des premiers modèles à haute résolution de la circulation de l’océan au cours du dernier maximum glaciaire, il y a environ 21.000 ans, alors que le niveau des océans était inférieur de 120 m à celui d’aujourd’hui. L’image ci-dessus montre les températures de surface des océans à cette époque, pendant l’hiver. © Alan Condron

Par Laurent Sacco,

Que pourrait-il se passer si le réchauffement climatique déstabilisait fortement l’inlandsis du Groenland en provoquant la formation d’un grand nombre d’icebergs ? Pour le savoir, un océanographe a modélisé un phénomène similaire survenu lors de la dernière glaciation. Sa simulation de la circulation océanique concorde avec des traces retrouvées au fond de l’océan Atlantique : des icebergs dérivaient jusqu’au Keys de Floride, il y a 21.000 ans.

Il existe sans nul doute des marges de progressions dans la précision de la modélisation du climat et la compréhension des facteurs susceptibles de le déstabiliser. La montée en puissance de calcul des ordinateurs et l’augmentation de la quantité de données de nature diverses que l’on peut utiliser pour nourrir les modèles numériques du climat vont nous permettre de mieux prédire ce qui peut arriver à notre planète d’ici la fin de ce siècle. On a ainsi acquis récemment une meilleure connaissance de la topographie du fond des océans via des mesures altimétriques satellitaires.

On sait que l’inlandsis du Groenland est en train de fondre. Que nous réserve l’avenir à ce sujet ? Pour le savoir, l’océanographe Alan Condron de l’université de Massachusetts Amherst a modélisé ce qui s’est passé dans l’Atlantique nord lorsque l’inlandsis laurentidien a libéré des quantités importantes d’icebergs et d’eau douce froide, voici 21.000 ans. Il recouvrait une bonne partie du continent nord-américain, notamment la région des Grands Lacs lors de la dernière glaciation dite de Wisconsin. Il a publié le résultat de ces travaux dans un article de Nature Geosciences en compagnie de sa collègue Jenna Hill de la Coastal Carolina University.

 

Des scènes magnifiques de survols de paysages arctiques. On peut notamment voir le Groenland, l’Islande et le Canada. © dabb, YouTube 

La chercheuse a notamment analysé des images haute résolution des fonds marins bordant la côte est des États-Unis du cap Hatteras, une avancée de terre insulaire située dans l’état de Caroline du Nord, jusqu’en Floride. Elle a identifié environ 400 marques d’affouillement dans les sédiments qui ont été formées par des icebergs dérivant dans l’atlantique nord au moment où elle était plus basse d’environ 100 km, lors de la dernière glaciation. La profondeur de certain de ces affouillements indique que les icebergs qui les ont laissés avaient une hauteur de 300 m, ce qui est comparable avec ceux que l’on retrouve au large du Groenland de nos jours.

Des icebergs aux Bahamas

Ces observations sont en plein accord avec les simulations les plus précises, conduites à ce jour par Alan Condron, quant à la circulation océanique en atlantique nord, il y a 21.000 ans. A ce moment là, alors que la Terre était en train de se réchauffer, d’immenses lacs d’eau de fonte glaciaire se formaient en Amérique du Nord. Des barrages de glace cédaient périodiquement injectant de grandes quantités d’eau douce et de glace dans l’Atlantique au niveau de la baie d’Hudson et du golfe du Saint-Laurent, au Canada. Les calculs conduits par le chercheur montrent que les icebergs résultant de ce phénomène obliquaient rapidement sur la droite pour se diriger en direction des tropiques. Parcourant 5.000 km en moins de quatre mois, certains d’entre eux finissaient par rejoindre les eaux des Bahamas.

Selon Condron, les résultats des travaux qu’il a conduits avec Hill montrent qu’une grande partie des eaux de fonte de la calotte glaciaire du Groenland peut être redistribuée par des courants côtiers étroits circulant d’abord dans des régions subtropicales avant d’atteindre l’océan subpolaire. Cela rend plus compliquée la prévision d’une éventuelle instabilité du climat qui serait abruptement déclenchée par la fonte des glaces du Groenland.

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