Succès de la première greffe des deux mains chez un enfant


Une tout jeune garçon a été amputé des mains et des pieds quand il était encore plus jeune suite à une infection. De plus il a reçu une greffe de rein, maintenant, il a pu avoir une transplantation de ses deux mains qui l’aide à devenir autonome. Mais c’est un long processus pour un si jeune enfant
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Succès de la première greffe des deux mains chez un enfant

 

Zion Harvey a été amputé des mains et... (ARCHIVES AP)

 

Zion Harvey a été amputé des mains et des pieds dans sa petite enfance à la suite d’une grave infection.

ARCHIVES AP

 

Agence France-Presse
Washington

Le premier enfant au monde à avoir reçu une greffe des deux mains était capable de manger, d’écrire et de s’habiller dix-huit mois après l’opération, ont annoncé des médecins, se réjouissant de ce «succès».

Le premier bilan de cette greffe, qui avait requis en juillet 2015 quarante médecins et une intervention de dix heures aux États-Unis, est publié mardi dans la revue médicale britannique The Lancet. C’est un point sur l’état de Zion Harvey il y a six mois.

Après des mois de thérapie et de soutien psychologique, le jeune Américain de 10 ans aujourd’hui a traversé des moments difficiles pendant les 18 premiers mois, dont des traitements agressifs contre de nombreux rejets des greffes et de longs efforts pour l’aider à apprendre à se servir de ses nouvelles mains, écrivent les auteurs de ce rapport médical.

À l’issue de cette période, il était toutefois capable d’écrire, de s’alimenter et de s’habiller seul.

«Notre étude montre qu’une transplantation des mains est possible quand elle est soigneusement préparée et soutenue par une équipe de chirurgiens, de spécialistes des greffes, de thérapeutes professionnels, de psychologues et de travailleurs sociaux», explique Sandra Amaral, de l’hôpital pour enfants de Philadelphie, dans l’est des États-Unis, où l’opération a eu lieu.

«Dix-huit mois après la greffe, l’enfant est plus indépendant et capable de conduire ses activités quotidiennes et continue à faire des progrès pour se servir de ses mains avec l’aide de thérapeutes et un soutien psychosocial», ajoute-t-elle.

«Alors que les résultats concernant le fonctionnement des mains greffées sont positifs et améliorent l’indépendance de mouvement du garçon, cette greffe a été très contraignante pour l’enfant et sa famille», relève-t-elle.

Amputé des mains et des pieds dans sa petite enfance à la suite d’une grave infection, le petit Zion avait déjà dû subir une greffe de rein il y a plusieurs années et prenait déjà des médicaments anti-rejet.

Dans les jours ayant suivi la greffe des mains, il a pu bouger ses doigts. Grâce à la repousse des nerfs, l’enfant a pu, six mois après, contracter les muscles des mains et sentir au toucher. C’est alors qu’il a pu se nourrir seul et saisir un stylo pour écrire.

Huit mois plus tard, il pouvait utiliser des ciseaux et des crayons. Un an après la greffe, il a pu saisir une batte de baseball à deux mains.

Mais il a également subi huit rejets des mains, dont de graves épisodes aux quatrième et septième mois, qui ont tous étaient inversés avec des immuno-suppresseurs.

Selon les chercheurs, davantage de données sont nécessaires pour améliorer ce type de transplantations chez les enfants.

La première greffe des mains et des avant-bras a eu lieu en janvier 2000 à Lyon, en France, sur un homme de 33 ans.

http://www.lapresse.ca/

On a implanté des yeux sur la queue de têtards (et ils arrivent à voir avec)


Une expérience qui est un peu glauque. Est-ce que cela est nécessaire ? Pourront-ils reconnecter des yeux d’un aveugle sans passer par le cerveau ? Espérons quand même que l’idée d’avoir des yeux  dans le dos, n’est qu’un blague.
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On a implanté des yeux sur la queue de têtards (et ils arrivent à voir avec)

 

Le Huffpost  |  Par Gregory Rozieres

 

« Avoir des yeux dans le dos », une expression qui sera un jour réalité? Des chercheurs de l’université américaine Tufts ont en tout cas réussi cet exploit sur des têtards, en leur greffant un oeil sur la queue, rapporte le New Scientist.

Dans une étude publiée dans Nature, ce jeudi 30 mars, les auteurs expliquent que les larves de grenouille étaient même, pour certaines, capables de voir avec cet oeil. Pourtant, les scientifiques n’ont même pas connecté l’oeil directement au cerveau.

La magie s’opère grâce à un médicament normalement utilisé contre les migraines, le Zolmitriptan. Les auteurs se sont rendu compte que celui-ci agit sur certains récepteurs du système nerveux des grenouilles. Quand ils sont activés, ils augmentent l’activité électrique de la cellule, entraînant une production de neurones, explique le New Scientist.

Un oeil connecté à la moelle épinière

Après avoir greffé un oeil sur la queue de têtards aveugles, les chercheurs ont donc injecté ce médicament sur certaines des larves. Résultat: 40% d’entre-elles pouvaient utiliser cet oeil (contre seulement 5% des têtard qui n’ont pas eu ce traitement).

Encore plus fou: l’oeil n’a pas eu besoin de créer des connexions jusqu’au cerveau, mais simplement de se brancher à la moelle épinière. Les têtards voyaient alors bien avec cet oeil, qui leur permettait de distinguer la couleur d’une zone ou encore d’éviter des obstacles sur leur route.

Dans leur étude, les auteurs précisent que cela devrait également fonctionner chez les souris, car les récepteurs spécifiquement ciblés par le médicament ont le même rôle sur la croissance des neurones de la rétine.

 « Si un humain avait un oeil implanté dans le dos, connecté via sa moelle épinière, est-ce qu’il pourrait voir grâce à celui-ci? Je pense que c’est probable », estime Michael Levin, co-auteur de l’étude.

Pour autant, il reste beaucoup de travail avant d’imaginer un tel scénario sur les humains. Interrogé par le New Scientist, le neurobiologiste Bernd Frizsch rappelle qu’il faudrait encore vérifier si le médicament a le même effet sur les cellules humaines des yeux. Mais aussi si cela fonctionne également chez un adulte, le têtard étant en pleine croissance.

http://quebec.huffingtonpost.ca

Des chercheurs créent pour la première fois des embryons mixtes humains et porcins


Je ne suis pas une pro sur ce sujet. Bon, travailler avec des cellules-souches me semble très prometteur. Cependant allier des cellules humaines à des cellules de porc pour créer des embryons dans le but de créer n’importe quel organe, je suis très mal à l’aise avec cette idée pour des raisons d’éthiques
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Des chercheurs créent pour la première fois des embryons mixtes humains et porcins

 

EMBRYO

Des chercheurs ont pour la première fois créé des embryons chimères contenant des cellules souches humaines et porcines, selon une étude publiée jeudi dans la revue américaine Cell.

Cette avancée scientifique constitue un premier pas vers le développement d’organes humains par des animaux, qui pourraient être récupérés et greffés à des personnes malades.

C’est « une première étape importante », a souligné Juan Carlos Izpisua Belmonte, professeur à l’Institut Salk d’études biologiques à La Jolla, en Californie, principal auteur de ces travaux.

« Le but ultime est de cultiver des tissus ou des organes humains (pancréas, foie, coeur…) chez des animaux comme des truies qui pourront être greffés sans rejet, mais nous en sommes encore loin », a-t-il tempéré, reconnaissant la grande difficulté de cette expérience menée avec quelque 1.500 embryons porcins pendant quatre ans.

Ces scientifiques ont implanté des cellules souches humaines, capables de devenir n’importe quel tissu, dans des embryons de cochons ensuite transférés dans l’utérus de truies porteuses.

Il n’y a pas de rejet des cellules humaines car elles sont injectées dans l’embryon animal à un stade très précoce, au cinquième ou sixième jour de développement.

Les chercheurs ont laissé ces embryons se développer seulement pendant quatre semaines comme le stipulent les réglementations, observant que les cellules humaines avaient commencé à former du tissu musculaire.

Cette expérience n’a pas été menée jusqu’à son terme avec la naissance de porcelets en partie humains, un sujet très controversé qui soulève d’importantes questions éthiques.

Dans le cadre de ces travaux, les chercheurs précisent que la proportion de cellules souches humaines dans leurs expériences était de toute manière faible.

Une précédente expérience avait permis de faire développer un pancréas, un coeur et des yeux de rats dans des embryons de souris, démontrant qu’il est possible de développer des organes d’une espèce dans une autre.

Bruce Whitelaw, professeur de biotechnologie animale à l’Université d’Edinbourgh au Royaume-Uni, estime que ces travaux sur les embryons chimères humains-porcins, à laquelle il n’a pas participé, sont « emballants » car « ils ouvrent la voie à des avancées importantes » dans ce domaine.

Cette étude devrait aussi aider à mieux comprendre l’évolution des différentes espèces et les maladies, estime Darren Griffin, professeur de génétique à l’Université de Kent, qui n’a pas non plus été impliqué dans cette expérience.

Celui-ci insiste également sur « l’importance que les futures études soient menées en toute transparence pour permettre une surveillance et un débat public ».

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La chirurgie esthétique peut parfois virer au cauchemar


Tout cela pour enlever quelques rides et par la suite améliorer (selon la promesse) son visage. Un vrai fiasco. Cela ne vaut pas la peine de risquer un visage pour espérer une meilleure apparence
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La chirurgie esthétique peut parfois virer au cauchemar

 

Carol Bryan sait pertinemment qu’elle ne retrouvera plus jamais son visage d’antan. © (capture d’écran).

Christophe Da Silva

Selon The Sun et The Independent, Carol Bryan (54 ans) est aujourd’hui aveugle d’un oeil à cause d’une chirurgie esthétique cauchemardesque. Grâce à son témoignage, elle espère aider d’autres personnes à surmonter ce genre d’épreuves.

Si la chirurgie esthétique réalise parfois des miracles, le résultat final peut parfois être dramatique. C’est le cas de Carol Bryan, 54 ans. Le comble de cette histoire est qu’elle travaillait dans ce domaine.

Effets secondaires terribles

Selon The Sun, Carol Bryan a commencé les injections de botox autour de 30 ans, histoire d’effacer quelques rides. Tenue au courant des produits grâce à son activité professionnelle et conseillée par les médecins, elle a a voulu donner plus de volume à ses pommettes et parfaire son front en 2009.

Ce que Carol Bryan ne savait pas à l’époque, c’est que certains produits étaient destinés uniquement pour des zones spécifiques du visage. Sans connaître ce « petit » détail, elle a donc accepté l’injection du composé contenant du silicone et un autre produit sur les parties de son visage. Les effets secondaires ont été terribles: ecchymoses, gonflements… Trois mois plus tard, elle n’osait même plus se regarder dans un miroir. Terrifiée et défigurée, elle vivait constamment avec un chapeau, une écharpe et des lunettes de soleil. Pendant quatre ans, elle a fini par se replier sur elle-même, n’osant même plus fréquenter ses proches.

« J’avais l’impression d’avoir une tête d’un alien », a-t-elle raconté à The Independent.

UCLA et cinq opérations

En 2013, la fille de Carol Bryan a décidé de prendre les choses en main pour la sauver. Plusieurs hôpitaux ont été appelés mais seule l’UCLA (l’Université de Californie à Los Angeles) a répondu à l’appel. Le professeur Brian Boyd, un enseignant de chirurgie à la David Geffen School of Medecine à l’UCLA, a relevé le défi.

La première opération de chirurgie réparatrice a eu lieu en avril 2013. Elle a duré plus de 16 heures. Les médecins ont rencontré plusieurs difficultés car les produits injectés avaient durci avec le temps. Ils avaient aussi provoqué quelques déformations du visage. Malheureusement, le nerf optique de Carol Bryan a été touché durant cette opération. Elle est aujourd’hui aveugle d’un oeil.

Greffe et front totalement enlevé

Une seconde opération a eu lieu en octobre 2013. Après 17 heures de travail, le front de Carol Bryan a été totalement enlevé. Il a fallu une greffe de la peau en utilisant des tissus de son dos pour le reconstituer. Son front a finalement retrouvé une apparence normale après une troisième intervention chirurgicale en décembre 2013.  Deux autres opérations ont suivi en 2014 et 2015.

Si Carol Bryan sait pertinemment qu’elle ne retrouvera plus jamais son visage d’antan, elle ne se cache plus aujourd’hui. Elle espère que son témoignage aidera d’autres personnes à surmonter ce genre d’épreuves.

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Un homme né sans main bénéficie d’une greffe, "une première mondiale"


Imaginez une greffe de la main alors, que le patient est né sans main, et pourtant après la chirurgie qui a durée plusieurs heures, il a réussit à bouger les doigts.
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Un homme né sans main bénéficie d’une greffe, « une première mondiale »

 

Piotr (nom de famille non communiqué), le patient qui a reçu la greffe. © epa.

POLOGNE Les chirurgiens polonais de l’Hôpital universitaire de Wroclaw (ouest) ont annoncé jeudi avoir greffé une main à un homme de 32 ans né avec un bras s’arrêtant au poignet, déclarant qu’il s’agissait d’une première mondiale.

« C’est la première greffe au monde d’un membre supérieur chez un homme avec une malformation congénitale. On parle d’un homme adulte qui a vécu 32 ans sans ce membre« , a déclaré le docteur Adam Domanasiewicz, chef de l’équipe de chirurgiens lors d’une conférence de presse retransmise par la télévision privée Polsat News.

Le greffon provient d’un donneur décédé.

La greffe a été réalisée le 15 décembre au dessus du poignet. Quelques jours après l’opération qui a duré 13 heures, la main reste immobile, mais le patient fait déjà bouger les doigts et les médecins sont optimistes.

« Cela revêt une importance colossale pour le développement de la transplantologie et de la neurophysiologie car jusqu’à présent on considérait qu’en cas de malformation congénitale, les greffes ne pouvaient être réalisées en l’absence de représentation (de l’organe) au niveau du cortex cérébral qui dirigerait le membre greffé », a-t-il ajouté.

Cette opération « ouvre de toutes nouvelles possibilités à des centaines de milliers de gens au monde qui naissent sans membre et qui sont condamnés à des prothèses », a dit encore le docteur Domanasiewicz.

Selon lui, des greffes similaires ont été réalisées jusqu’à présent uniquement sur des nouveau-nés jumeaux siamois en Indonésie et au Canada.

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Le Saviez-Vous ► Gueules cassées, conséquences physiques de la Grande Guerre


Les gueules cassées sont un terme employé par les Français lors de la Première Guerre mondiale. Ce sont ces soldats qui ont été blessés au visage, souvent défigurés par des mitrailleuses et obus. C’est aussi l’histoire des débuts de la reconstruction faciale, car comme on le sait, dans les guerres et après-guerres, il faut aussi être inventif pour réparer le côté physique alors que le côté moral, c’est autre chose
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Gueules cassées, conséquences physiques de la Grande Guerre

PAR MARINE GASC

La guerre, c’est moche. On le sait, ce n’est pas nouveau. Mais chaque guerre apporte son lot de conséquences physiques mais aussi psychologiques. Paye ton traumatisme de prendre un obus dans la tronche… Aujourd’hui je vous parle des poilus, ceux qui ont connu le pied de tranchées, mais aussi l’horreur de la guerre et des blessures atroces, ceux qu’on appelle les Gueules cassées.

Les images peuvent heurter votre sensibilité, elles sont pour la plupart issues de la BIUSanté et vous n’êtes pas obligés de cliquer.

Les mutilés d’une guerre terrible

Durant la Première Guerre mondiale, 40% de l’armée française a été blessée de façon invalidante, au sein de ces 40%, près de 15% des soldats ont été blessés au visage. Parmi les armes de guerre, ce sont les mitrailleuses qui ont fait le plus de dégâts en occasionnant les 2/3 des blessures sur les quatre années de guerre. Mais il y a aussi les obus.

obus

Du coup, on compte alors plus d’un million et demi de morts, et trois millions de blessés de guerre, avec plus de trois cent mille mutilés, dont quinze mille blessés au visage, ce sont les fameuses Gueule cassées. Difficilement identifiables et souvent en état de choc, les soldats ont été victimes d’une balle de mitrailleuse provoquant fracture de mâchoire, perte d’un œil, des deux, du nez, ou encore d’un éclat d’obus avec perte de la peau, des muscles et même des os…

[Du fait de leur absence sur le terrain, peu de femmes ont été victimes de la Grande Guerre, mais il existe tout de même quelques preuves de femmes Gueules cassées. Souvent des infirmières qui n’ont pas eu peur d’aller dans les tranchées ou à proximité]

La prise en charge des blessés

Au départ, pendant la guerre, on met en place un système d’ambulances avec des brancardiers qui viennent chercher les blessés une fois la nuit tombée (pour pas devenir la nouvelle cible). Parfois les mecs sont restés, une, deux, six ou huit heures la gueule en vrac, le bras arraché… Souvent ils sont morts. Alors on change de méthode et on met des médecins et des infirmières sur place pour faire le plus de soins possibles avant de les convoyer à l’arrière du front, ou dans les hôpitaux. Les premiers soins retardent les hémorragies et empêchent certaines asphyxies.

poste de secours

Lorsque les hommes sortent des tranchées, blessés, mutilés, ils sont envoyés dans les camps médicaux pour être soignés par les médecins et infirmières. Défigurés, ils doivent faire preuve d’une grande force pour affronter la vie, le regard des autres et une société qui les rejette. Et puis la douleur aussi…

Les difficultés sociales des Gueules cassées

Alors que la guerre n’est pas terminée, les mutilés et autres Gueules cassées sont envoyés dans des hôpitaux, on tente de leur reconstruire un visage, c’est compliqué, mais c’est un contexte de guerre. Alors qu’à la fin de celle-ci, c’est explosion de joie dans le pays entier, ce sont les Années Folles et rapidement ces Gueules cassées deviennent le reflet de ce que l’on souhaite oublier. Ils font presque honte. Alors les mecs, non seulement ils ont la gueule en vrac d’avoir servi leur pays, mais en plus, ce pays ne tient pas tellement à les remercier…

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Voici une anecdote tirée du livre de Henriette Remi :

« Et elle est venue, la bonne, la douce petite femme. Mais devant ce front sillonné de cicatrices, devant cette absence de nez, devant cette face ravagée, elle s’effondre. Lui, de ses mains maladroites, la cherche. Et les yeux suppliants se tournent vers elle, et les lèvres gonflées se tendent : – Embrasse-moi, embrasse-moi ! Mais elle, affolée, se dégage et se sauve : – Je ne peux pas… je ne peux pas ! »

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Ou encore l’histoire de Lazé qui retrouve son fils, Gérard, après plusieurs mois…

» Un cri perçant ! Gérard agite ses bras, ses jambes. Son père, déconcerté, le pose à terre. Et Gérard s’enfuit, plus vite encore qu’il n’est venu, en criant d’une voix terrifiée :  » Pas papa ! Pas papa !  » Lazé est atterré, anéanti comme figé sur place. Tout à coup, il saisit sa tête dans ses mains :  » Imbécile, imbécile !  Mais aussi est-ce que je pouvais savoir que je suis si horrible ! (…) Avoir été un homme, avoir mis toutes ses forces à réaliser en plein ce que ce mot veut dire et n’être plus que ça. Un objet de terreur pour son propre enfant, une charge quotidienne pour sa femme, une honte pour l’humanité. Laissez-moi mourir «

Lazé s’est suicidé en sortant de l’hôpital. Et il n’est pas le seul. Certains familles n’acceptent pas le retour des Gueules cassées à la maison. Certains lieux vont jusqu’à leur interdire l’entrée (théâtre, cabaret, bistrot, restaurant…). Pour ne pas choquer les enfants mais surtout les gros cons (à mon avis). Les Gueules cassées vivent la nuit, les hommes restent reclus chez eux, de peur qu’on les juge et puis certains vont essayer la reconstruction faciale.

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La reconstruction des Gueules cassées

Il faut attendre la fin de la guerre pour que la prise en charge des Gueules cassées soit… un peu moins mauvaise… Parce que sur le moment, dans la panique avec le manque de connaissances des armes et des blessures bin… C’est plutôt moche. Sur place, il y a toujours des chirurgiens et des infirmières, mais ils manquent clairement de moyens, de places et ils ne sont pas bien aux faits des techniques chirurgicales de réparation. Déjà, été comme hiver, les soignants sont obligés de travailler les fenêtres ouvertes tant les odeurs de plaies, chairs vivantes et nécrosées, embaument les pièces. C’est une horreur. Sans parler du sang.

gueules cassées

Une fois les premiers soins terminés et la cicatrisation des plaies, certains médecins vont tenter de reconstruire le visage des Gueules cassées. Franchement, c’est pas gagné d’avance, mais ça se tente. Il existe différentes manières pour différentes blessures, les appareils, les greffes et les prothèses. La plupart des reconstructions ont pu se faire grâce à la mise en place de l’Union des Blessés de la Face et de la tête.

Les appareillages, solutions ou tortures des Gueules cassées ?

Le plus connu est le casque de Darcissac. C’est aussi un des procédés les plus douloureux… Et pour cause… Lorsqu’un mec doit porter le casque, c’est que grosso modo, son visage n’est plus à sa place, il a des fractures multiples au niveau des mâchoires. Le casque est très contraignant et très douloureux, la bouche est toujours ouverte, et ça fait baver. Beaucoup baver. Il nécessite entre 15 et 30 jours de contention, le temps que les os se recalcifient entre eux. C’est pas une méthode pour un résultat fin et élégant. C’est plutôt le gros du travail, faire que les os se touchent, et c’est déjà pas mal. Ensuite, il faut utiliser d’autres méthodes pour affiner la reconstruction.

sac des gueules cassées

Afin de replacer les mâchoires, le procédé des sacs est efficace… Il suffit pour les médecins de mettre deux baguettes de bois dans la bouche du mec, et d’y attacher des sacs (jusqu’à 3kg) pour que la bouche et le menton retrouvent leurs places.

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Outre les sacs, pour ouvrir la bouche, il existe différents appareils spécialisés… Une sorte de machine que tu tiens entre les dents et qui par un système de crans te permet d’étirer les muscles faciaux et buccaux et ainsi retrouver une certaine amplitude des mâchoires.

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Concrètement, il faut entre 10 jours et plusieurs mois pour obtenir des résultats moindres. C’est un peu naze. Dans le même genre, il existe aussi la gouttière de contention. Tu la mets dans la bouche et ça replace les maxillaires. Enfin, théoriquement.Parfois, c’est pas mal !

Les différentes greffes

Autre recours pour les Gueules cassées, les greffes… Il y a la greffe osseuse un peu classique dite ostéo-périostique, on l’utilise depuis quelques temps déjà. Ça consiste à prendre un petit greffon sur le tibia et de le poser là où c’est nécessaire. Le greffon est malléable, donc on peut lui donner la forme qu’on veut. L’idée c’est pas d’avoir un tibia au milieu du front ou sur le menton hein, c’est plus subtil que ça. Le greffon permet de combler les trous et de créer une continuité osseuse. C’est assez efficace, et c’est le docteur Henry Delagenière qui a étendu son utilisation pour les Gueules cassées, dans son centre de chirurgie maxillo-faciale du Mans. Merci Riri ! Parfois, on utilise aussi des os de nourrissons morts… Après les os, il faut faire revenir la peau

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C’est la greffe de Léon Dufourmentel. Le mec il a un peu fait des merveilles. L’idée c’est de prélever un morceau de cuir chevelu sur le crâne des Gueules cassées et de combler les trous de chair sur le visage et particulièrement au niveau du menton. Vu que c’est du cuir chevelu du même mec, bin il peut pas faire de rejet. Les résultats sont satisfaisants. Clairement satisfaisants. L’idéal reste de combiner les deux greffes pour obtenir un bon résultat ! 

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Enfin, il reste la greffe italienne. Une méthode du XVIe siècle. C’est chelou un peu. L’idée vient de Gaspare Tagliacozzi. Pour réparer le visage, il faut découper un lambeau de peau du bras et le poser sur le visage. Pour ne pas que le lambeau meure, il faut qu’il reste vascularisé, du coup, le bras (ensanglanté) est collé sur la plaie au visage. Ça évite les rejets. Faut que le mec soit bien maintenu pendant minimum 15 jours, mais ça marche bien !

Lorsque la chirurgie ne peut plus rien faire pour les Gueules cassées et pour terminer la reconstruction, il reste les prothèses des yeux et du nez, des oreilles…

On place un faux œil sous la paupière, on masque un peu avec des lunettes et on espère que ça passe. Pareil pour la région nasale. Quand la peau va bien, on laisse pousser la moustache, ça donne du volume et on suspend un faux nez attaché sur des lunettes. On peut aussi mettre une prothèse dans le nez (lorsqu’il y en a un), ça permet de lui donner une forme « normale ». Mais, c’est lourd, ça fait mal, et c’est pas super discret. De loin, ça fait illusion, mais de loin seulement. Alors certains préfèrent encore un simple bandage ou exposer leur visage…

 

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Cinq ans après avoir reçu un nouveau visage, il se confie


Il y a quelques années cela aurait été impossible d’imaginer qu’une greffe d’un visage complet soit possible. Heureusement pour cet homme qui a pu recevoir une greffe pour reprendre une vie presque normale
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Cinq ans après avoir reçu un nouveau visage, il se confie

 

Cinq ans après avoir reçu un nouveau visage, il se confie

Mitchell Hunter après sa greffe (à gauche) et avant (à droite).Captures d’écran YouTube

Un Américain qui a reçu une greffe complète du visage après un terrible accident s’est confié à une chaîne de télé américaine, cinq ans après, racontant comment cette opération a changé sa vie pour le mieux.

Mitchell Hunter avait été gravement brûlé au visage et avait perdu sa jambe dans un accident de la route en 2001, a rapporté la chaîne WISH-TV. L’homme dont le véhicule avait frappé un poteau électrique a reçu une décharge de plus de 10 000 volts pendant plusieurs minutes.

 

Dès lors, cet ancien officier de l’armée américaine a passé plusieurs années à vivre avec un visage déformé.

«Imaginez marcher dans une salle et tomber, et que tout le monde s’en rende compte. C’est comme ça que c’était à chaque fois que j’entrais dans une salle en raison de l’apparence de mon visage», a raconté ce père de 35 ans à la chaîne locale de l’Indiana.

En 2011, il a toutefois eu la chance d’être l’un des premiers patients au monde à recevoir un visage entier d’un donneur.

L’opération a duré 14 heures durant lesquelles on lui a greffé de nouvelles paupières, un nez, des nerfs et muscles faciaux, selon le site Medical Daily.

Les procédures chirurgicales ont visiblement été couronnées d’un grand succès. L’homme dit pouvoir maintenant percevoir tous les types de sensations sur son visage.

Mais c’est surtout la différence dans le regard des étrangers qui a changé sa vie.

«C’est beaucoup plus facile de se montrer en public, je vous le dis», s’est-il réjoui, en entrevue avec WISH-TV.

«Je me sens tout aussi en santé que lorsque j’avais 21 ans», avant l’accident, a-t-il affirmé.

http://fr.canoe.ca/

Un cœur humain quasi transplantable créé à partir de cellules souches


Une personne qui peut recevoir un nouveau coeur a le risque de subir un rejet de l’organe étranger. La médecine semble faire des grands pas pour créer un nouveau coeur avec les cellules souches du malade et éviter le rejet. La technique n’est pas encore totalement au point, mais on peut espérer que dans un proche avenir, un coeur in vitro transplantable sera possible
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Un cœur humain quasi transplantable créé à partir de cellules souches

 

Un cœur nettoyé des cellules du donneur et repeuplé par les cellules souches du receveurLEGENDE | Bernhard Jank, MD, Ott Lab, Center for Regenerative Medicine, Massachusetts General Hospital via Eurekalert

Un cœur nettoyé des cellules du donneur et repeuplé par les cellules souches du receveurLEGENDE | Bernhard Jank, MD, Ott Lab, Center for Regenerative Medicine, Massachusetts General Hospital via Eurekalert

Repéré par Peggy Sastre

La bio-ingénierie n’a jamais été aussi près d’offrir une nouvelle solution thérapeutique aux malades.

Dans le monde, plus de 25 millions de personnes souffrent actuellement d’insuffisance cardiaque. En France, en 2014, 361 personnes étaient en attente d’une transplantation cardiaque ou cardio-pulmonaire et un peu plus de 20% d’entre elles sont mortes faute de greffe. Mais le manque de donneurs n’est pas le seul obstacle que doivent surmonter les malades. Une fois l’organe remplacé, ils courent encore le risque d’un rejet du greffon, mortel dans un peu moins de 5% des cas.

Pour lutter contre tous ces problèmes, la médecine œuvre depuis plusieurs années à la conception d’un cœur synthétique créé à partir des propres cellules du patient. Et selon une étude publiée début 2016 dans la revue Circulation Research, une équipe du Massachusetts General Hospital –l’hôpital de la faculté de médecine de Harvard–, c’est un cœur humain quasi transplantable qui vient d’être généré en laboratoire.

En vidant l’organe d’un donneur de ses cellules les plus dangereuses en matière d’histocompatibilité, les chercheurs ont pu concevoir une armature-matrice conservant les structures les plus essentielles –et les moins facilement copiables– d’un cœur fonctionnel, avant de la repeupler par les cellules souches du receveur, générées à partir de cellules cutanées.

«Machine à cœur»

Menée par Harald Ott, cette même équipe avait mis au point en 2008 la procédure permettant de «nettoyer» les cellules vivantes de l’organe du donneur et de la recellulariser avec des cellules parfaitement compatibles avec le receveur. Une technique éprouvée avec succès sur des cœurs, des poumons et des reins de souris mais aussi de plus grands mammifères. L’étude publiée dans Circulation Research est la première à en détailler la réussite sur des cœurs humains.

Pour ce faire, les scientifiques ont dû concevoir un bioréacteur capable de contenir un cœur humain entier pendant tout le processus de recellularisation. Cette «machine à cœur» aura été testée avec succès sur soixante-treize organes collectés par l’agence de biomédecine de Nouvelle-Angleterre. Chaque organe est resté en culture pendant 120 jours et les études de compatibilité effectuées à la fin du processus montrent une absenced’antigènes HLA, molécules responsables des réactions de rejet.

Pour le magazine Popular Science, nous n’avons jamais été aussi loin dans la conceptionin vitro de cœurs humains transplantables –et la bio-ingénierie jamais été aussi près d’offrir une nouvelle solution thérapeutique aux malades, capable, cerise sur le gâteau, de contourner bien des obstacles bioéthiques. 

http://www.slate.fr/

Transmissible Alzheimer ? L’hypothèse se précise


Une drôle d’hypothèse, mais qui semble que la théorie pourrait bien être plausible sous certaines conditions
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Transmissible Alzheimer ? L’hypothèse se précise

 

 

Dépôt de protéine amyloïde-bêta (en marron) dans le cerveau d'un patient ayant développé la maladie de Creutzfeldt-Jakob. après une greffe de méninges. ©Frontzek K, Lutz MI, Aguzzi A, Kovacs GG, Budka H.

Dépôt de protéine amyloïde-bêta (en marron) dans le cerveau d’un patient ayant développé la maladie de Creutzfeldt-Jakob. après une greffe de méninges. ©Frontzek K, Lutz MI, Aguzzi A, Kovacs GG, Budka H.

Par Hugo Jalinière

De nouveaux éléments renforcent l’hypothèse selon laquelle une transmission inter-humaine de la maladie d’Alzheimer serait possible.

La maladie d’Alzheimer peut-elle se transmettre entre humains ? Si la question aurait pu paraître saugrenue il y a quelques années, c’est désormais une hypothèse de travail tout ce qu’il y a de plus sérieuse. Moins de 5 mois après les premiers soupçons émis par l’University College London dans une étude publiée par Nature, de nouveaux éléments publiés par une équipe de chercheurs suisses et autrichiens dans la revue Swiss Medical Weekly viennent renforcer cette théorie.

En examinant le cerveau de 7 patients décédés de la maladie de Creutzfeldt-Jacob (MCJ), les chercheurs ont observé la présence de plaques de peptides bêta-amyloïdes, une protéine dont l’accumulation anormale dans les tissus du cerveau est un signe caractéristique de la maladie d’Alzheimer. Or, les cerveaux autopsiés appartenaient à des personnes âgées de 28 à 63 ans ; âges auxquels le développement de telles plaques est pour le moins inhabituel. Il se trouve que chez ces 7 patients décédés, la MCJ avait été déclenchée par une greffe de dure-mère, l’une des membranes – méninges – qui enveloppent le système nerveux central. Une pratique qui servait à combler la perte de cette enveloppe du cerveau et qui a été interdite en France en 1994 en raison des risques de transmission de la MCJ.

La greffe a-t-elle transmis la maladie d’Alzheimer ?

Intrigués, les chercheurs ont comparé les résultats d’autopsie de ces 7 personnes avec les observations faites sur 21 cerveaux de personnes décédées d’une MCJ dite sporadique, dont on ne connaît pas exactement l’origine. Aucun d’eux n’avaient reçu de greffe. Or, chez ces derniers, aucune trace de plaques amyloïdes. Ce qui laisse penser aux chercheurs que la présence de signes caractéristiques d’Alzheimer pourrait être due à cette greffe. Autrement dit, en plus de provoquer une MCJ, la greffe de dure-mère aurait également semé les prémisses d’Alzheimer. Et si la maladie d’Alzheimer n’avait jamais été soupçonnée chez les patients autopsiés, c’est essentiellement parce que celle-ci est d’évolution lente. Au contraire de la MCJ qui, elle, peut évoluer beaucoup lus rapidement.

L’hypothèse d’une transmission inter-humaine de la maladie d’Alzheimer prend donc un poids de plus en plus important, comme le relève l’auteur de l’étude publiée en septembre 2015, le Pr John Collinge :

« Le fait que cette nouvelle étude montre que la même pathologie survienne après une procédure thérapeutique complètement différente (de celle étudiée par son équipe, ndlr) accentue notre inquiétude. »

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Une greffe de tête réalisée chez le singe


Un greffe de coeur, de poumon, de peau, c’est une chose, mais une greffe de tête sur un autre corps !!! Frankenstein sera bientôt chose du possible. Je comprends que des personnes ont besoin d’une grande avancée médicale pour améliorer leur vie, peut-être que si j’étais a leur place, je voudrais tenter l’expérience, je ne sais pas, mais sur le plan psychologique, je me demande bien quelle sera les conséquences.. Bref, je suis mal à l’aise devant ce genre d’expérience
Nuage

 

Une greffe de tête réalisée chez le singe

 

L'opération actuelle a été inspirée des travaux du Dr Robert White, neurochirurgien américain qui a tenté des greffes de têtes de chien et de singe dans les années 1970. © Image courtesy of Dr. White

 

Par Elena Sender

L’opération actuelle a été inspirée des travaux du Dr Robert White, neurochirurgien américain qui a tenté des greffes de têtes de chien et de singe dans les années 1970. © Image courtesy of Dr. White

La greffe d’une tête de singe sur le corps d’un autre a été réalisée en Chine, après quantité de greffes réussies de têtes de souris. La preuve que cette transplantation de l’extrême est prête pour être appliquée à l’humain, selon les auteurs.

EXPLOIT. Ils l’ont fait ! Une greffe de tête de singe (vivant) sur le corps (vivant) d’un autre singe a été accomplie par le groupe du professeur XiaoPing Ren, de l’Université médicale de Harbin (Chine), spécialiste jusqu’ici de la greffe de tête… de souris. Avec succès : le singe a été maintenu en vie pendant 20 heures, le cerveau préservé ! L’opération a été réalisée en collaboration avec Sergio Canavero, professeur de neurosciences de cette même université. De quoi, selon ses auteurs, tester avec succès la méthode afin de rendre bientôt l’opération possible… pour l’homme ! Et ce… dès 2017.

« C’est une vraie victoire pour l’humanité », s’enthousiasme Sergio Canavero qui savoure ce moment après avoir été décrié il y a quelques années.

Une « greffe de tête », c’est-à-dire la transplantation d’une tête humaine (vivante) sur le corps d’un donneur (vivant en mort cérébrale), permettrait en effet selon lui de redonner par exemple l’usage d’un corps valide à des tétraplégiques, ces personnes paralysées des quatre membres. Voilà maintenant trois ans que le neurochirurgien d’origine italienne travaille à ce protocole nommé Heaven (head anastomosis venture) / AHBR (allogenic head body reconstruction), dont il a eu l’initiative alors qu’il était neurochirurgien à l’hôpital de Turin (Italie). Un projet qui, à son annonce, avait fait couler beaucoup d’encre tant il pose de questions éthiques autant – sinon davantage – que techniques.

Une procédure chirurgicale innovante

Inspiré des travaux du Dr Robert White, neurochirurgien américain qui tenta des greffes de têtes de chien et de singe dans les années 1970, Sergio Canavero a revisité la procédure chirurgicale. Pour rappel, elle consiste à détacher dans un premier temps les têtes des corps, puis à faire fusionner la moelle épinière du corps du donneur avec celle de la tête du receveur. Pour cela, Sergio Canavero propose un protocole (GEMINI) mettant en oeuvre le « raboutage » des nerfs du donneur et receveur associé aux propriétés extraordinaires du polyéthylène glycol (PEG), une substance qui induit la fusion des fibres nerveuses (axones) coupées. Puis une stimulation électrique permet de reconnecter les deux cordons nerveux. Parallèlement, une autre méthode vise à « protéger » le cerveau du donneur le temps de l’opération.

Notre objectif était de prouver que l’on pouvait protéger le cerveau. »

L’étape qui vient d’être franchie est déterminante. Prouvée chez la souris par le professeur XiaoPing Ren, la validité de l’opération vient en effet d’être démontrée chez le singe, autrement dit chez un primate très proche de l’homme, grâce aux apports de chercheurs venus d’horizons différents.

« Nous avons maintenu en vie le singe durant 20 heures, assure le professeur Ren. Notre objectif était de prouver que l’on pouvait protéger le cerveau. » C’est apparemment chose faite. 

Le professeur apporte quelques éclairages sur la technique employée.

« La stratégie de protection du cerveau a consisté en une hypothermie, et à l’établissement d’une circulation sanguine croisée entre donneur et receveur par un système de canules ».

Circulation croisée qui n’avait pas été mise en place Robert White en son temps. Par ailleurs une molécule, le perfluorocarbone (Perftoran), étudié par les professeurs russes Orlova et Maevsky de l’ITEP (Institute of theoretical and experimental physics) de Moscou, aurait été utilisée pour son action neuroprotectrice.

Selon Sergio Canavero, au contraire des souris, le singe n’a pas reçu, lui, la procédure Gemini, « en raison des lois éthiques qui ne permettent plus de garder plus d’un certain temps un animal dans ces conditions d’expérimentation. »

Selon le communiqué de Heaven, sept articles scientifiques ayant trait au protocole global auraient été acceptés simultanément dans deux revues universitaires prestigieuses, Surgery et SNC Neurosciences & Therapeutics et en voie de publication.

Soutenus par le rédacteur en chef Michael Sarr, ancien président de la société internationale de chirurgie qui y voit un réel intérêt pour « les implications en ce qui concerne la réparation neuronale chez des patients qui ont eu une section traumatique de la moelle épinière pour laquelle il n’y a encore aucun traitement et qui les maintien paralysés à vie. » 

Pour parer les questions éthiques que cette opération ne va pas manquer de soulever, Sergio Canavero a fait aussi appel à un philosophe, historien des idées, Guiliano Mori, qui travaille notamment  sur le changement d’identité après réception d’un nouveau corps.

Un Russe volontaire pour recevoir un nouveau corps

Car l’équipe n’a pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin ! Les premières études sur des cadavres humains ont déjà commencé en Chine et permis d’affiner le protocole. Déjà un patient, Valery Spriridonov, jeune russe de trente ans souffrant d’une grave maladie dégénérative est volontaire pour recevoir un nouveau corps. Reste que l’intervention exceptionnelle sera extrêmement coûteuse. Aussi l’équipe Heaven / AHBR cherche d’ores et déjà des bailleurs de fonds indépendants, « comme Mark Zuckerberg« , selon le communiqué, pour financer la procédure, en Russie ou ailleurs. Dans l’intervalle, le Vietnam a lui-même offert d’accueillir les futures greffes de tête. La première du genre pourrait avoir lieu fin 2017…

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